Le risque sismique sur la Grande Ile d’Hawaii // The seismic hazard on Hawaii Big Island

Hawaii est bien connu pour ses volcans actifs. Les éruptions du Mauna Loa et du Kilauea sont souvent spectaculaires et peuvent être destructrices. Il ne faudrait pas oublier non plus que l’Etat d’Hawaï est aussi sujet à des tremblements de terre. C’est l’un des endroits les plus sismiques des États-Unis, avec des milliers de secousses chaque année. Pas plus tard que le 28 avril 2019, la Grande Ile a été secouée par un séisme de M 4,2 dont l’épicentre se trouvait sous le flanc sud de Kilauea, à environ 20 km au sud-est du sommet et à une profondeur de 7 km. L’événement a été largement ressenti dans toute la partie orientale de Big Island. Il n’a toutefois causé aucune modification d’activité sur le Kileaua.
Les séismes du passé ont causé des dégâts structurels de plusieurs millions de dollars à la petite ville de Hilo. Le tremblement de terre de M 6,2 en 1973 avait une intensité VIII sur l’échelle de Mercali, avec 11 blessés et 5,6 millions de dollars de dégâts.
Le séisme de M 7,7 à Kalapana, en 1975 a été enregistré avec une intensité VIII à Hilo, et il a causé pour 4,1 millions de dollars de dégâts.
Hilo est la quatrième ville de l’État en termes de population, avec environ 43 000 habitants. On compte au moins 40 bâtiments historiques dans cette ville, y compris des écoles, des hôpitaux, des postes de police, des immeubles de bureaux, des magasins et des églises. L’architecture de Hilo lui donne souvent l’aspect d’une ville d’avant la seconde guerre mondiale. Elle est souvent considérée comme la plus ancienne ville de l’État. En fait, son histoire remonte à  l’année 1100. Les bâtiments historiques sont particulièrement vulnérables aux séismes, en particulier ceux construits avant l’adoption des normes parasismiques.
Selon le HVO, c’est l’intensité des ondes sismiques dans une zone donnée qui détermine le risque de dégâts. Une secousse avec une intensité «très forte» de VII peut causer des dégâts considérables aux structures mal construites, mais endommage généralement peu des structures bien conçues. Une secousse avec une intensité «sévère» de VIII causera des dégâts considérables à la plupart des bâtiments ordinaires. Avec une intensité «violente» de IX, même des structures spécialement conçues pour résister aux tremblements de terre peuvent subir des dégâts considérables. L’intensité «extrême» X détruira la plupart des structures. Il a été admis que des séismes de magnitude M 6,0 à Hawaii peuvent causer des dégâts sur de vastes zones.
L’État d’Hawaï a pris des mesures pour remédier aux problèmes de construction. En outre, un rapport de 2017 indique que 29% des routes hawaiiennes sont en mauvais état. Hawaii se situe au cinquième rang des pires villes du pays pour son réseau routier. Pour ce qui est du financement des routes dans le budget fédéral, Hawaii est le 10ème plus bas des Etats Unis. Près de 6% des routes hawaïennes ont été jugées en mauvais état. Les barrages constituent également le plus grand danger à Hawaii, comparés aux autres États.
Compte tenu de ces informations, certains habitants ne se sentent pas en sécurité sur leur lieu de travail et redoutent les séismes. Ils font remarquer que ce qui s’est passé à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en 2011 pourrait aussi se produire à Hilo.
Les autorités expliquent que la Grande Ile doit s’attendre à de nouveaux séismes et s’y préparer. Les habitants doivent être conscients que des événements majeurs se produisent de temps en temps, même s’il n’y en a pas eu de secousse d’une magnitude supérieure à M6.9 depuis assez longtemps. Un sismologue du HVO a déclaré: «Le tout n’est pas de savoir si un puissant séisme se produira, mais de savoir quand il se produira. »
Source: Big Island Now.

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Hawai‘i is well known for its active volcanoes. The eruptions of Mauna Loa and Kilauea are often spectacular and can be setructive. One should not forget either that Hawaii is also an earthquake country. It is one of the most seismically active states in the US, experiencing thousands of earthquakes  each year. As recently as April 28th, 2019, Big Island residents experienced an M 4.2 earthquake beneath Kilauea’s south flank, roughly 20 kilometres SE of the summit at a depth of 7 kilometres. The quake was widely felt across East Hawaii. It did not cause any changes on Kileaua Volcano.

Earthquakes in the past have caused millions of dollars in structural damage to the small town of Hilo. The 1973 M 6.2 earthquake produced shaking of intensity VIII on the Mercali scale, injuring 11 people and causing 5.6 million dollars of damage.

The 1975 M 7.7 Kalapana earthquake caused a shaking with an intensity VIII in Hilo, causing 4.1 million dollars in damage.

Hilo is the state’s fourth largest city by population with approximately 43,000 residents. There are at least 40 historic buildings in this town, including schools, hospitals, police stations, office buildings, storefronts and churches. Hilo’s architecture gives it a pre-World War II persona. The city is often considered to be the state’s oldest one. In fact, oral history can be traced back to 1,100 AD. Historic buildings are especially vulnerable to seismic events, particularly those built before seismic codes were adopted.

According to the Hawaiian Volcano Observatory, what determines the potential for damage is how intense the seismic waves generated by the earthquake are in any given area. Shaking with ‘very strong’ intensities of VII can cause considerable damage to poorly-built structures but generally little damage to well-designed structures. It takes shaking at ‘severe’ intensity VIII to cause considerable damage to most ordinary buildings. At ‘violent’ intensity IX, even specially designed earthquake-tolerant structures can have considerable damage. ‘Extreme’ intensity X can destroy most structures. It has been admitted that earthquakes above magnitude M 6.0 in Hawai‘i generally can produce damages over large areas.

The state of Hawaii has taken some action to address building concerns. Besides, a 2017 report indicates that 29% of the state’s roads are in poor condition, ranking Hawaii the fifth worst in the nation. For highway funding as a percentage of the total government spending, Hawaii is the 10th lowest in the nation. Nearly 6% of Hawai‘i roads were deemed deficient. Dams posed the most hazard in Hawaii than any other state.

Given these reports, some residents feel unsafe in their workplace during earthquakes. They say that what happened in Christchurch (New Zealand) in 2011 that could so easily happen in Hilo.

Authorities explain that the Big Island needs to be prepared for earthquakes. Residents need to be aware there are big ones now and then, even though it has been there has not been an event above M6.9 for quite a long time. Said one HVO seismologist “It’s not a matter of if, but when a strong earthquake will occur.”

Source: Big Island Now.

Des séismes sont souvent enregistrés sur le flanc sud du Kilauea (Source: USGS)

Kilauea (Hawaii) : Délocalisation du Jaggar Museum et du HVO // Relocation of the Jaggar Museum and HVO

Dans une note diffusée le 7 septembre, j’écrivais que le Jaggar Museum ne pourrait pas rouvrir ses portes le 21 septembre comme le Parc National des Volcans d’Hawaii, à cause des dégâts subis lors de la dernière éruption du Kilauea. Le bâtiment a été endommagé par des dizaines de milliers de séismes et les autorités du parc ont annoncé qu’elles prévoyaient de transférer le Jaggar Museum vers un bureau de tourisme situé dans le centre de Paoha.  Il faudra probablement des années et des fonds supplémentaires pour rouvrir le musée sur un nouveau site.
D’autre part, le bâtiment du Hawaiian Volcano Observatory (HVO) sur la lèvre du cratère de l’Halema’uma’u est actuellement vide de ses occupants. Les secousses sismiques ont – comme pour le Jaggar museum – trop endommagé le bâtiment et la sécurité des scientifiques qui y travaillent serait menacée. Dans un premier temps, le personnel (une trentaine de personnes) a été transféré dans les bâtiments de l’Université d’Hawaii à Hilo. Le problème, c’est que l’année universitaire a repris et les locaux (en particulier les laboratoires) ne sont plus disponibles. En conséquence, le personnel du HVO va devoir passer les six prochains mois dans les locaux des douanes (Customs and Border Protection) à proximité du port de Hilo. Il n’est pas du tout certain que l’Observatoire au sommet du Kilauea soit réutilisé car les réparations sont coûteuses et l’argent manque. Les scientifiques continuent à surveiller le volcan, mais depuis Hilo. Ils ont certes les instruments mais pas la vue sur le volcan!

Source : Presse hawaiienne.

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In a post released on September 7th, 2018, I wrote that the Jaggar Museum would not reopen with the rest of the Hawaiian Volcanoes National park because of the damage it sustained during Kilauea’s last eruption, especially the tens of thousands earthquake that shook the volcano’s summit area. Park authorities have announced that they plan to relocate the Jaggar Museum to a proposed visitor center in downtown Pahoa. It will probably take years, plus additional funding, to reopen at a new site.

On the other hand, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) building on the rim of Halema’uma’u Crater is currently empty of its occupants. Earthquakes have – like the Jaggar Museum – damaged the building and the safety of the scientists was threatened. At first, the staff (about thirty people) was transferred to the buildings of the University of Hawaii in Hilo. The problem is that the academic year has resumed and the premises (especially laboratories) are no longer available. As a result, HVO staff will have to spend the next six months in the premises of the Customs and Border Protection near the port of Hilo. It is not at all certain that the Observatory at the summit of Kilauea will be operational again because repairs are expensive and money is missing. Scientists continue to monitor the volcano, but from Hilo. They have the instruments but not the view of the volcano!
Source: Hawaiian Press.

(Photo: C. Grandpey)

Hawaii : Un itinéraire de secours pour la Route 11 // An alternate route for Highway 11

Comme je l’ai expliqué à maintes reprises, la forte sismicité qui accompagne les explosions suivies d’effondrements dans le cratère de l’Halema’uma’u a fortement endommagé la Route 11 (Highway 11), une importante voie de communication entre Volcano et Hilo. Si la route devenait impraticable, ce serait un réel problème pour les habitants de la région.
C’est la raison pour laquelle des travaux ont déjà commencé pour ouvrir une route alternative. Ce sera une route en terre battue parallèle à la Route 11. Elle reliera l’extrémité sud de Piimauna Drive à Volcano Road, près de l’école des arts et des sciences de Volcano. Les organismes fédéraux et locaux  feront tout leur possible pour rendre cette route de secours praticable le plus rapidement possible. Les travaux devraient durer au maximum deux semaines, à moins que l’ouragan Hector ne retarde les travaux.
La route de secours ne sera ouverte que si la Highway 11 est complètement fermée à la circulation. Si une voie de la Highway 11 reste ouverte, l’autre route restera fermée.
Un deuxième itinéraire alternatif est prévu pour relier l’extrémité nord de Piimauna Drive à Mahiai Road, puis de Mahiai Road à Wright Road et à la Highway 11, mais il faudrait plus de temps pour tracer une telle route car elle traverserait des propriétés privées.
A l’origine, il était aussi prévu de rouvrir la Crater Rim Drive qui passe dans le Parc National des Volcans d’Hawaï, mais les secousses sismiques ont dégradé les routes du parc plus que prévu.
Source: Presse hawaiienne.

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As I explained it many times before, the strong seismicity that accompanies the explosion-collapse events on Kimauea has much damaged Highway 11, a majot communication link between Volcano and Hilo. If the road became impassable, it would be a real problem for residents of the area.

This is the reason why work has begun to open an alternate road. The primary option is a mostly gravel road running closely parallel to Highway 11, connecting the south end of Piimauna Drive to Volcano Road near the Volcano School of Arts and Sciences. County, state, federal and private agencies will work to make the route passable for general traffic as quickly as possible. The work should take at most two weeks to finish it, unless work is delayed by Hurricane Hector.

The alternate route will only be opened to general traffic if Highway 11 is completely closed. If only one lane of Highway 11 remains open, then the alternate route will remain closed.

A second potential alternate route is planned to connect the north end of Piimauna Drive across private property to Mahiai Road, and then from Mahiai Road to Wright Road back to Highway 11, but the legal issues required to build a roadway along that route would take longer to negotiate as it would intrude on private property. .

Initial plans for an alternate route included possibly opening Crater Rim Drive within Hawaii Volcanoes National Park, but the volcano’s frequent tremors have degraded the park’s roads to a greater degree than expected.

Source : Hawaiian newspapers.

La Highway 11 est une voie de communication essentielle sur la Grande Ile. Elle relie par le sud Hilo à Kailua-Kona, en passant par Volcano et le Parc National des Volcans d’Hawaii (Source: Google Maps).

Hector est un ouragan actuellement de Force 4 qui pourrait sérieusement menacer le sud de la Grande Ile en début de semaine prochaine. (Crédit photo: NASA)

Détournement des coulées de lave // Diversion of lava flows

Au cours de l’histoire, les hommes on tenté à plusieurs reprises de détourner des coulées de lave qui devenaient une menace pour les zones habitées. La première tentative de ce genre a eu lieu en 1669, lorsqu’un flot de lave en provenance de l’Etna menaça la ville de Catane. Cette tentative fut largement infructueuse, en partie à cause de l’opposition des citoyens de Paterno. Des tentatives pour détourner la lave du Mauna Loa sur l’île d’Hawaii ont été réalisées en 1935 et 1942. Des digues de terre ont été construites à la hâte pour détourner des coulées du Kilauea en 1955 et 1960, sans grand succès.
Le premier détournement de lave positif a eu lieu en 1973 sur l’île d’Heimaey en Islande quand une coulée de lave a’a a pu être stoppée et un port sauvé en envoyant d’importantes quantités d’eau de mer sur la coulée de lave pour entraver sa progression.
Lors de l’éruption de l’Etna en 1983, des scientifiques ont réussi, pour la première fois, à utiliser des explosifs pour détourner une importante coulée de lave. Ces efforts ont été couronnés de succès mais ont posé un problème juridique. Comme me l’a expliqué H. Tazieff un jour, «sommes-nous autorisés à envoyer la lave sur une terre qui serait autrement épargnée?
Au cours de l’éruption de l’Etna de 1991 à 1993 qui menaçait la ville de Zafferana Etnea, des explosifs ont été installés dans des tunnels de lave dans la haute Valle del Bove. Il semble que l’opération ait été un succès, même si au moment où elle a eu lieu, l’éruption avait bien baissé d’intensité. Le succès de l’opération n’a jamais vraiment été prouvé.
Comme je l’ai écrit ci-dessus, une coulée de lave a été bombardée pendant l’éruption du Mauna Loa en 1935 à Hawaii car elle aurait pu menacer la ville de Hilo. Il se dit souvent que Thomas Jaggar, fondateur de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï, a été capable d’arrêter la coulée de lave, mais tout le monde n’en est pas aussi sûr!

L’éruption a commencé le 21 novembre 1935. Six jours plus tard, l’ouverture d’une bouche à une altitude de 2 550 mètres sur le flanc nord du Mauna Loa a envoyé une coulée de lave a’a vers le nord. Dans le même temps, de la lave pahoehoe s’accumulait pendant deux semaines à la base du Mauna Kea, puis commençait à avancer vers Hilo à une vitesse d’environ 1,6 km par jour.
Le 23 décembre, craignant que la coulée atteigne le cours supérieur de la rivière Wailuku qui alimentait en eau la ville de Hilo, Jaggar appela les responsables de la base de l’armée de l’air américaine à Oahu et leur demanda de bombarder la source de la coulée de lave. Il espérait que les tunnels ou les chenaux de lave seraient détruits, empêchant ainsi la coulée de progresser, tout en alimentant une autre coulée qui recouvrirait la même zone. Le bombardement a eu lieu le 27 décembre et la lave a cessé de couler pendant la nuit du 1er au 2 janvier 1936.
Jaggar a publiquement félicité l’armée pour sa réactivité et sa précision technique pour le largage des bombes sur les cibles sélectionnées. À son tour, Jaggar a été félicité pour la réussite de sa tentative pour sauver Hilo.
Ce que l’on sait moins, c’est qu’un géologue de l’USGS, Harold Stearns, était à bord du dernier avion qui a largué les bombes sur les zones choisies par Jaggar. A 12h40 le 27 décembre, son avion a largué deux bombes de 270 kilogrammes (chacune avec 135 kilogrammes de TNT), mais elles ont raté leur cible d’une centaine de mètres.
Dans une lettre adressée à Jaggar en janvier 1936, Stearns s’est interrogé sur l’efficacité de la tentative de bombardement. Jaggar a répondu que l’examen de la source de la coulée montrait que « ce chenal a été brisé par les bombardements et de nouvelles coulées se sont déversés sur les flancs de l’amoncellement de matériaux …. Je n’ai aucun doute que cette perforation du  tunnel source [par les bombes] a ralenti la progression du front … »
Stearns ne fut pas convaincu par la réponse de Jaggar. Dans son autobiographie parue en 1983, il a écrit au sujet du bombardement de la coulée du Mauna Loa: « Je suis sûr que c’était une coïncidence …. »
Aujourd’hui, la plupart des scientifiques sont d’accord avec les conclusions de Stearns. Le bombardement a-t-il, oui ou non, arrêté la coulée de lave du Mauna Loa en 1935 ? C’est toujours un sujet très controversé !
Source: USGS / HVO.

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Throughout history, men have tried several times to divert lava flows that were becoming a threat to populated areas. The first attempt was this kind occurred in 1669, when a flow from Mount Etna volcano threatened the city of Catania. This attempt was largely unsuccessful, in part due to opposition by citizens of another town, Paterno. Attempts to divert lava flows from Mauna Loa Volcano on the island of Hawaii by aerial bombing were made in 1935 and 1942. Earthen barriers were hurriedly constructed in attempts to divert flows from Kilauea Volcano, Hawaii in 1955 and 1960, with little success.

The first successful lava diversion took place in 1973 on the island of Heimaey (Iceland), when a thick lava flow was impeded and a harbour saved by pumping massive quantities of seawater over advancing aa lava.

During the 1983 eruption of Etna, Italian scientists managed, for the first time, to use explosives to divert a major lava flow. These efforts were fairly successful, although they posed a legal problem. As H. Tazieff told me one day, “are we allowed to send lava on a land that would otherwise pe spared?”

During the 1991-93 eruption of Mt Etna that was becoming a threat to the city of Zafferana Etnea, explosives were lowered in tunnels in the upper Valle del Bove. It seems the operation was a success, but by the time it occurred, the eruption was far less intense and the success of the operation has never really been proved.

As I put it above, bombings of a lava flow were performed during the 1935 eruption of Mauna Loa in Hawaii in an attempt to stop a lava flow that might have threatened the city of Hilo. A widely-held belief is that Thomas Jaggar, founder of the Hawaiian Volcano Observatory, was able to stop the lava flow. But everybody is not so sure !

The eruption began on November 21st, 1935. Six days later, an unusual breakout at an elevation of 2,550 metres on the north flank of Mauna Loa sent a’a lava to the north. Pahoehoe lava ponded at the base of Mauna Kea for two weeks before advancing toward Hilo at a rate of about 1.6 km per day.

On December 23rd, fearing that the flow would reach the headwaters of the Wailuku River, which supplied water for the town of Hilo, Jaggar called on the United States Army Air Corps, based on Oahu, to bomb the lava flow source. His hope was that the lava tubes or channels could be destroyed, thereby robbing the advancing flow while feeding another flow that would re-cover the same area. The flow was bombed on December 27th, and lava stopped flowing during the night or early morning of January 2nd, 1936.

Jaggar publicly praised the Army for its responsiveness and technical accuracy in delivering the bombs to his selected targets. In turn, Jaggar was praised for his successful experiment and saving Hilo.

What is not widely known is that a USGS geologist, Harold Stearns, was on board the last plane to deliver bombs to Jaggar’s targeted areas. At 12:40 p.m. on December 27th, his plane dropped two 270-kilogram bombs (each with 135 kilograms of TNT), but they hit a hundred metres from their target.

In a letter to Jaggar in January 1936, Stearns questioned the effectiveness of the bombing. Jaggar wrote back that later examination of the flow’s source showed that “This channel was broken up by the bombing and fresh streams poured over the side of the heap…. I have no question that this robbing of the source tunnel slowed down the movement of the front….”

Stearns remained unconvinced. In his 1983 autobiography, he wrote about bombing the Mauna Loa flow: “I am sure it was a coincidence….”

Modern thinking mostly supports Stearns’ conclusion. Whether or not the bombing stopped the 1935 Mauna Loa lava flow remains a controversial topic today.

Source : USGS / HVO.

Préparation de l’opération « Thrombose » sur l’Etna en 1993.

(Photos: C. Grandpey)

Hilo (Hawaii) et le séisme de 1960 au Chili // Hilo (Hawaii) and the 1960 earthquake in Chile

drapeau francaisLe 22 mai 1960, un puissant séisme de M 9,5 a secoué le Chili et généré un énorme tsunami qui a atteint Hawaï quelque 15 heures plus tard, avec des effets dévastateurs pour Hilo où 61 personnes ont perdu la vie.
Un photographe anonyme a pris des photos en noir et blanc de cette scène de destruction. Il ya des raisons de croire que c’était un militaire car la série de clichés contient des images d’avions de l’US Air Force qui sont allés au Chili dans le cadre d’une aide internationale. Plus de 50 ans plus tard, un bénévole de la bibliothèque de Providence (Rhode Island) a retrouvé les photos et les a apportées au Tsunami Museum de Hilo. Ces photos représentent désormais une pièce du puzzle qui retrace l’histoire de la ville de Hilo.
Après le tsunami, le centre de Hilo a été transformé en un espace vert dont les Liliuokalani Gardens constituent la pièce maîtresse.
Si un puissant séisme semblable à celui survenu au Chili devait se reproduire, le nombre de morts à Hawaï ne serait probablement pas aussi élevé. Des balises ont été mises en place sur l’Océan Pacifique; elles permettraient d’observer la vitesse de déplacement du raz de marée. Aujourd’hui, le Centre d’Alerte aux Tsunamis dans le Pacifique (PTWC) basé à Hawaï donne des informations et évalue le risque de tsunami pour l’archipel.
Vous pouvez avoir accès au PTWC en cliquant sur ce lien: http://ptwc.weather.gov/
Des images de la ville de Hilo après le tsunami peuvent être vues à cette adresse:
http://westhawaiitoday.com/news/local-news/photos-1960-chile-earthquake-donated-pacific-tsunami-museum

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drapeau anglaisOn May 22nd 1960, a powerful M 9.5 earthquake shook Chile and generated a huge tsunami that reached Hawaii some 15 hours later and wreaked havoc in Hilo where 61 people died.
An unknown photographer came to the scene of destruction and documented the wreckage in stark black-and-white images. There are reasons to believe he was a military as the collection contains photographs of United States Air Force planes, which came to Chile as part of an international aid coalition.
More than 50 years later, a library volunteer in Providence, Rhode Island, came across the photographs and brought them to the Tsunami Museum in Hilo. Now the photos represent a puzzle piece that fits into the story of Hilo itself.
After the tsunami, Hilo downtown area was rebuilt as a green space, with Liliuokalani Gardens as its centerpiece.
Should a similar powerful earthquake occurred again in Chile, the death toll in Hawaii would probably not be so high. Beacons have been set up over the Pacific ocean, which would help to see haw fast the tidal wave is moving. Today, the Pacific Tsunami Warning Center (PTWC) in Hawaii is giving information and assessing the risk of a tsunami for the archipelago.
You can have access to the PTWC by clicking on this link: http://ptwc.weather.gov/
Photos of Hilo after the 1960 tsunami can be seen at this address:
http://westhawaiitoday.com/news/local-news/photos-1960-chile-earthquake-donated-pacific-tsunami-museum

Hawaii: La peur du tsunami // Hawaii: the fear of tsunamis

drapeau francaisMême si les volcans sont très actifs sur la Grande Ile d’Hawaii, ils ne sont pas le principal danger pour l’ensemble de l’archipel qui se trouve aussi sous la menace de tsunamis. Les événements passés ont montré que le risque doit être pris très au sérieux. C’est la raison pour laquelle le Pacific Tsunami Warning Center (PTWC), Centre d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique, a été créé en 1949, à la suite du séisme qui a frappé les Iles Aléoutiennes en 1946 et généré un tsunami qui a tué 165 personnes à Hawaï et en Alaska. Aujourd’hui, si nous ne sommes pas en mesure de prévoir les tremblements de terre (pas plus que les éruptions volcaniques), nous sommes capables de suivre la trajectoire des vagues énormes générées par les grands tremblements de terre et d’avertir les populations. Bien sûr, cela dépend de la localisation de l’épicentre du séisme. Si l’événement se produit près de la côte – ce qui est souvent le cas en Amérique du Sud –  il sera très difficile de prendre des mesures et d’empêcher les populations d’être frappées par un tsunami.

Avril 2014 est de nouveau un mois de sensibilisation dans l’État d’Hawaï. Comme les années précédentes, des exercices et autres activités sont menés à travers tout l’Etat afin de sensibiliser et de préparer la population à d’éventuels tsunamis.
Ainsi, le 1er avril, un service a eu lieu au mémorial de Wailoa Park en souvenir des victimes du tsunami de mai 1960. Le 1er avril a également marqué le 68ème anniversaire du tsunami de 1946 qui a frappé Laupahoehoe et coûté la vie à 159 personnes à Hawaii.

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Dégâts causés à Hilo par le tsunami de 1946  (Source:  Pacific Tsunami Museum)

Ce même 1er avril, les sirènes de la Protection Civile ont été activées dans le cadre de leur test mensuel. Deux heures à peine après ce test, une alerte était déclenchée au Pacific Tsunami Warning Center  – « Séisme en Amérique du Sud ! » – venant confirmer l’importance de la campagne de sensibilisation.

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Sirènes sur la côte sud de la Grande Ile  (Photo:  C. Crandpey)

L’alerte au séisme du PTWC a été suivie de la diffusion d’une foule d’e-mails, sms, tweets, et autres pages Web dédiées à ce tremblement de terre de M 8.2 qui a frappé la côte nord du Chili, au large de la ville d’Iquique le 1er avril. Grâce aux données recueillies, le PTWC a pu déterminer la localisation préliminaire et l’ampleur du séisme moins de trois minutes après la secousse initiale.
Du fait de la localisation de l’archipel, la population d’Hawaii a besoin d’être informée sur les séismes susceptibles de déclencher des tsunamis dans l’Océan Pacifique. Les expériences tragiques du passé à Hawaï, les puissants séismes le long des îles Aléoutiennes (où un séisme a provoqué un tsunami en 1946) ou au Chili (où un séisme de magnitude 9,6 a déclenché un tsunami en1960) ont fait naître un sentiment d’inquiétude dans l’archipel hawaiien. Le séisme de 1960 au Chili a développé 30 fois plus d’énergie que celui enregistré le 1er avril de cette année.

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Effets du séisme de 1960 au Chili sur l’ensemble de la zone Pacifique (Source:  USGS)

Moins d’une demi-heure après le séisme du 1er avril de cette année, un tsunami a frappé la ville d’Iquique au Chili, et d’autres régions proches. Pour le PTWC, il fallait savoir rapidement comment les vagues allaient évoluer.

L’analyse des événements historiques offre des indices précieux pour interpréter les observations et les données du moment. Un séisme avait déjà frappé Iquique en 1877 et généré un tsunami qui avait détruit des dizaines de maisons à Hilo, tuant 5 personnes. De l’autre côté du Pacifique, des centaines de personnes avaient été tuées au Japon par ce même tsunami.
Il est difficile de comparer les deux tremblements de terre d’Iquique dans le détail. Le séisme de cette année a eu lieu essentiellement dans la même région qu’en 1877, mais l’événement de 1877 était un peu plus puissant. Le fait que la région de la source du séisme de 2014 avait déjà produit un tsunami dévastateur se devait d’être pris en compte par le PTWC pour formuler les bulletins d’alerte.

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Les séismes les plus puissants en Amérique du sud  (Source:  USGS)

Depuis le tsunami de l’océan Indien en 2004, les progrès des instruments et des moyens d’observation ont permis d’élaborer des modèles plus détaillés permettant de mieux comprendre le comportement des tsunamis. C’est ainsi qu’en contrôlant la trajectoire du tsunami du 1er avril pendant les heures qui ont suivi le séisme, le PTWC a pu établir des modèles informatiques montrant le mode de propagation des vagues à travers l’Océan Pacifique. A l’aide des données fournies par les sondes placées au fond de l’océan et de ses propres modélisations, le PTWC a pu conclure que la probabilité d’un tsunami dévastateur à Hawai’i était faible et qu’un ordre d’évacuation était inutile. Toutefois, dans le même temps, il a été recommandé à la population de ne pas fréquenter les rivages de l’île pendant plusieurs heures après l’arrivée des premières vagues. Les sirènes n’ont pas retenti.

Source : Presse hawaiienne.

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En cas de tsunami, suivez la flèche  (Photo:  C. Grandpey)

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drapeau anglaisEven if volcanoes are quite active on Hawaii Big Island, they are not the main danger to the whole archipelago which is under the threat of tsunamis. Past events have shown that the risk needs to be taken very seriously. This is the reason why a Pacific Tsunami Warning Center (PTWC) was established in 1949, following the 1946 Aleutian Island Earthquake and a tsunami that resulted in 165 casualties in Hawaii and Alaska. Today, if we are not able to predict earthquakes (and volcanic eruptions either) we are able to track the huge waves generated by major earthquakes and warn the populations. Of course, this depends on the location of the earthquake’s epicentre. If the quake occurs close to the coast – which is often the case in South America – it will be very difficult to take measures and prevent the populations from being struck by a tsunami.

April 2014 is again Tsunami Awareness Month in the State of Hawaii. As in previous years, groups across the state are conducting exercises and other activities to increase awareness of, and preparedness for, tsunami hazards.

On April 1st, at the Wailoa Park memorial, a service was held in memory of the May 1960 tsunami casualties. April 1st also marked the 68th anniversary of the 1946 tsunami that struck Laupahoehoe and claimed a total of 159 lives in Hawaii.

On that same day, the Civil Defense warning sirens were sounded as part of their monthly test. Just two hours after the siren test, however, an ominous alert flashed at the Pacific Tsunami Warning Center – “Earthquake: South America” – underscoring the importance of recognition and preparedness efforts.

The earthquake alert at PTWC was followed by the creation and dissemination of a stream of emails, text messages, tweets, and web pages relating to this M 8.2 earthquake that struck the northern coast of Chile, offshore from the city of Iquique, on April 1st. Owing to the availability of data collected in the vicinity of the earthquake, PTWC determined preliminary location and magnitude of the earthquake in less than three minutes following the initial shaking.

In Hawai‘i, people need to be informed about potential tsunami-triggering earthquakes occurring anywhere in the Pacific basin; however, because of past tragic experiences in Hawai‘i, large earthquakes along the Aleutian Islands to the north (where the earthquake occurred and produced the 1946 tsunami) or in Chile (where a magnitude 9.6 earthquake caused the 1960 tsunami) might create a little more anxiety here. The 1960 Chile earthquake released more than 30 times the energy released by this year’s April 1st earthquake.

Within half an hour of this year’s April 1st earthquake, a tsunami wave was reported to have struck Iquique, Chile, and other nearby areas. Concerns quickly shifted to how the tsunami would proceed.

Historical experience offers important clues to go along with modern observations and data. An earthquake struck Iquique in 1877 and sent a tsunami that destroyed dozens of homes in Hilo and killed 5 people. On the other side of the Pacific Ocean, hundreds of people were killed in Japan by this tsunami.

It is difficult to compare the two Iquique earthquakes in detail. This year’s earthquake occurred in essentially the same source region as the 1877 earthquake, but the 1877 earthquake was somewhat stronger. The fact that the source region of the 2014 earthquake had previously produced a devastating tsunami was also of concern to PTWC with regard to their advisories and warnings.

Since the Indian Ocean tsunami disaster in 2004, along with advances in instrumental monitoring and observation, considerable effort has been dedicated to developing more detailed and improved models of tsunami behaviour.

While monitoring the progress of the tsunami through the hours following the earthquake, PTWC also ran computer models of how the tsunami would spread across the ocean. Armed with data from deep-ocean water gauges and their model calculations, PTWC became confident that the likelihood of a devastating tsunami hitting Hawai‘i was low and decided to hold back orders to evacuate. At the same time, because they were still tracking the waves, they stood by their advisory for people to keep out of the ocean for hours after the first tsunami wave arrivals. No sirens were sounded.

Source : Hawaiian press.