Cumbre Vieja (La Palma) La lave a atteint la mer // Lava reached the sea

7 heures: La lave du Cumbre Vieja a finalement atteint la mer sur le coup de 23 heures (heure locale), dix jours après le début de l’éruption le 19 septembre 2021. Elle a commencé à se déverser dans l’océan à Playa de los Guirres, une zone de falaise d’une centaine de mètres de hauteur. L’entrée de la masse incandescente dans la mer a provoqué d’intenses panaches noirs et blancs, ainsi que l’ébullition de l’eau.
L’arrivée de la lave dans la mer aura des conséquences. Elle modifiera, au moins provisoirement, la configuration du littoral, avec un impact sur l’écosystème marin de la région concernée. En s’écroulant dans la mer, la coulée de lave a formé une sorte de pyramide de plus de 50 mètres de haut.
Source: El Pais.

Les habitants de la zone de Tazacorte restent confinés et il est demandé à la population de rester à au moins 3,5 kilomètres de la zone où la lave arrive dans la mer.

Le dernier décompte officiel indique que 585 bâtiments ont été affectés par l’éruption. On estime qu’il y a encore une centaine de maisons et de propriétés qui se trouvent sur la trajectoire de la lave dans sa progression vers la mer.

L’effet de la lave sur la faune marine inquiète les pêcheurs qui, par sécurité, n’ont pu se rendre ces derniers jours dans les zones de pêche habituelles. Le navire océanographique Ramón Margalef de l’Institut océanographique espagnol (IEO) est à La Palma pour étudier les effets de l’éruption sur l’écosystème marin.

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8 heures: Le Conseil des ministres a approuvé hier la déclaration de catastrophe naturelle pour l’île de La Palma et a autorisé l’allocation d’une première aide de 10,5 millions d’euros pour répondre aux besoins les plus urgents des personnes affectées par l’éruption.

Les autorités scientifiques demandent à la population d’être extrêmement prudente dans un rayon de cinq kilomètres du cratère du volcan d’où sont émis de la lave, des cendres et des gaz toxiques.

Pour le moment, par manque de sécurité, il n’y a pas de liaison aérienne avec La Palma. Dans les prochaines heures, la cendre du Cumbre Vieja devrait également affecter l’espace aérien de Tenerife et, dans une moindre mesure, La Gomera. On sait que les cendres volcaniques contiennent des particules hautement abrasives très dangereuses pour les aéronefs, car elles peuvent sérieusement affecter les moteurs et les instruments de navigation. Aucune solution n’a été trouvée depuis l’éruption islandaise de l’Eyjafjöll en 2010.

Source: Presse espagnole.

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La situation à midi: Comme indiqué précédemment, la lave émise par le Cumbre Vieja a atteint la mer le 28 septembre à 23 heures à Playa Nueva, au nord de la plage de Los Guirres dans la municipalité de Tazacorte. L’entrée de la lave dans la mer génère des panaches de vapeur et de gaz. Il est donc demandé aux habitants de la zone de rester chez eux. Une zone d’exclusion de 3,5 km a été mise en place autour du point d’entrée de la lave. L’arrivée de la lave en mer aura des conséquences sur l’écosystème marin. Après l’éruption du volcan El Hierro, la faune marine a mis environ trois ans à se régénérer

Avant d’entrer dans l’océan, la lave avançait à environ 300 m par heure. Elle a coupé la route de Costa (LP-2132) à la jonction du Camino Pampillo. C’était la dernière route qui reliait les quartiers du sud et du nord d’El Paso, Los Llanos de Aridane et Tazacorde.
Enaire et Aena ont signalé que les aéroports des îles Canaries fonctionnent actuellement, bien qu’il soit recommandé de vérifier l’état des vols, en particulier ceux qui ont pour origine et destination l’île de La Palma. De son côté, la compagnie Binter, qui opère entre les îles Canaries, confirme que jusqu’à 13h00 ce mercredi, il n’y aura pas de vols avec La Palma. La suite du trafic se fera en fonction de la situation volcanique.
On estime que 70 % de la production bananière de la vallée de l’Aridane sera anéantie si la question des réseaux d’irrigation n’est pas résolue.
Au 28 septembre, les coulées de lave avaient détruit 656 bâtiments et plus de 19 km de routes.

Source: médias d’information espagnols.

Les images de la webcam montrent que deux bouches sont particulièrement actives, avec de fortes émissions de cendres et des dynamismes apparemment différents:

 

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20 heures: L’éruption du Cumbre Vieja continue ce soir. Depuis le 19 septembre, la lave a recouvert 267,5 hectares, détruit 21,5 km de routes,et affecté 744 bâtiments, dont 656 sont détruits. Ces chiffres ont été mis à jour le 28 septembre. Sans oublier que plus de 6000 personnes ont été évacuées.

Le nuage de vapeur et éventuellement de gaz toxiques généré par le contact de la lave et de l’eau a, pour le moment un effet limité, sans conséquences significatives pour la population. En effet, le nuage et poussé vers le large en ce moment et ne s’est pas propagé latéralement. De plus, la zone d’interaction entre la lave et l’eau de mer est relativement réduite. Il a toutefois été décidé de maintenir les mesures concernant l’évacuation de la population des zones touchées par la lave, ainsi que les mesures de confinement des zones menacées par les gaz émis par le contact de la lave avec la mer, et ce jusqu’à ce qu’il y ait des résultats définitifs garantissant que ces zones sont hors de danger.
Les compagnies aériennes Binter et CanaryFly ont repris ce mercredi leurs activités qui étaient interrompues depuis le 24 septembre en raison de la cendre volcanique.
Source: médias espagnols.

La NASA a mis en ligne une photo de l’éruption du Cumbre Vieja prise le 26 septembre. On voit parfaitement la coulée de lave qui s’échappe du volcan ainsi que les panaches de cendres. La plupart des éléments rectangulaires blancs près de la côte sont des serres. Les zones vert foncé le long de la côte sont des cultures, probablement des champs de bananiers.

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07:00 am: The lava from Cumbre Vieja finally reached the sea around 11 p.m. local time, ten days after the eruption began on September 19th, 2021. It began to flow into the ocean at Playa de los Guirres, a cliff area about a hundred meters high. The entry of the glowing mass into the sea caused intense black and white plumes, as well as the boiling of the water.
The arrival of lava in the sea will have consequences. It will modify, at least temporarily, the configuration of the coastline, with an impact on the marine ecosystem of the region. As it collapsed into the sea, the lava flow formed a sort of pyramid more than 50 meters high. (see video above)
Source: El Pais.

The residents of theTazacorte area remain confined and the population is asked to stay at least 3.5 kilometers from the area where lava enters the sea.
The latest official count indicates that 585 buildings were affected by the eruption. It is estimated that there are still a hundred houses and properties that lie in the path of the lava as it progresses towards the sea.
The effect of the lava on the marine fauna worries the fishermen who, for safety reasons, have not been able to visit their usual fishing areas. The oceanographic vessel Ramón Margalef of the Spanish Oceanographic Institute (IEO) is in La Palma to study the effects of the eruption on the marine ecosystem.

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8:00 am: The Council of Ministers has approved the declaration of natural disaster for the island of La Palma and authorized the allocation of a first aid of 10.5 million euros to meet the most urgent needs of the people affected by the eruption.

Scientific authorities ask the population to be extremely careful within a radius of five kilometers from the crater which emits lava, ash and toxic gases.

For the moment, due to lack of security, there is no air connection with La Palma. In the coming hours, the ash from Cumbre Vieja is also expected to affect the airspace of Tenerife and, to a lesser extent, La Gomera. It is known that volcanic ash contains highly abrasive particles that are very dangerous to aircraft, since they can seriously affect engines and navigation instruments. No solution has been found since the Icelandic eruption of Eyjafjöll in 2010.

Source: Spanish news media.

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The situation at 12:00 pm: As previously reported, the lava emitted by Cumbre Vieja reached the sea on September 28th at 11 p.m. in Playa Nueva, north of Los Guirres beach in the municipality of Tazacorte. The entry of lava into the sea generates gas and steam plumes. The residents of the area are therefore asked to stay at home. A 3.5 km exclusion zone has been set up around the lava entry. The arrival of lava in the sea will have consequences for the marine ecosystem. After the eruption of El Hierro volcano, marine life took about three years to regenerate
Before entering the ocean, the lava was advancing at about 300 m per hour. It cut the road to Costa (LP-2132) at the Camino Pampillo junction. It was the last road that connected the southern and northern neighborhoods of El Paso, Los Llanos de Aridane and Tazacorde.
Enaire and Aena have reported that airports in the Canary Islands are currently operating, although it is recommended to check the status of flights, especially those originating from and arriving at La Palma. For its part, Binter, which operates between the Canary Islands, confirms that until 1:00 p.m. this Wednesday, there will be no flights with La Palma. The rest of the traffic will depend on the volcanic situation.
It is estimated that 70% of the banana production in the Aridana Valley will be wiped out if the issue of irrigation networks is not resolved.
As of September 28th, lava flows had destroyed 656 buildings and more than 19 km of roads.
Source: Spanish news media.

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8 p.m .: The eruption of Cumbre Vieja continues this evening. Since September 19th, lava has covered 267.5 hectares, destroyed 21.5 km of roads, and affected 744 buildings, of which 656 are destroyed. These figures were updated on September 28th. Let’s not forget that more than 6,000 people have been evacuated. .
The cloud of vapour and possibly toxic gases generated by the contact of lava and sea water has, for the moment, a limited effect, without significant consequences for the population. Indeed, the cloud did not spread laterally and the zone of interaction between the lava and the sea water is relatively small. It was however decided to maintain the measures concerning the evacuation of the population from the areas affected by the lava, as well as the containment measures of the areas threatened by the gases emitted by the contact of the lava with the sea, until definitive results have proved that these areas are out of danger.
The airlines Binter and CanaryFly resumed on Wednesday their activities which had been interrupted since September 24th due to volcanic ash.
Source: Spanish media.

NASA has posted a photo of the Cumbre Vieja eruption (see above) taken on September 26th. One can clearly see the lava flow emitted by the volcano as well as the ash plumes. Most of the white rectangular elements near the coast are greenhouses. The dark green areas along the coast are crops, probably banana fields.

Crédit photo: Geosciencias Marinas

Le danger des gaz sur les volcans actifs // The danger of gases on active volcanoes

Selon INVOLCAN, le volcan Cumbre Vieja à La Palma a émis entre 6 000 et 9 000 tonnes de SO2 par jour au cours de la dernière éruption. Les gaz qui sont initialement dissous dans le magma se séparent du magma pendant l’éruption et sont libérés dans l’atmosphère à des températures et des vitesses élevées. Il ne faut pas oublier que les gaz sont le moteur des éruptions et leur étude est essentielle à la compréhension du dynamisme éruptif.
Les gaz peuvent également s’échapper de petites fissures dans l’édifice volcanique et dans la zone environnante. Les scientifiques surveillent attentivement ces fumerolles car certains gaz, comme le dioxyde de carbone, sont lourds et peuvent se déplacer à quelques centimètres au-dessus du sol avant de se disperser dans l’atmosphère.
Les gaz éjectés dans l’atmosphère peuvent provoquer des pluies acides en se condensant ou pendant un épisode pluvieux. Ils peuvent alors endommager les cultures mais aussi provoquer des maux de tête, des irritations de la peau et des yeux. Cela se produit essentiellement à proximité du volcan en éruption. Plus on s’en éloigne, plus les gaz se diluent dans l’atmosphère et deviennent beaucoup moins agressifs.
On a beaucoup parlé dans les médias du nuage de SO2 de l’éruption de La Palma. Il devait atteindre l’Espagne continentale puis la France, mais le risque de problèmes de santé ou de pluies acides dans ces pays est très faible. En effet, le nuage de SO2 dilué passe à environ 5 km au-dessus de nos têtes et la seule indication de sa présence sera un léger voile de brume dans le ciel.
La lave est encore loin de l’océan à La Palma. Le front de coulée le plus proche doit encore parcourir plus de deux kilomètres pour atteindre le littoral. Au début de l’éruption, certaines personnes s’inquiétaient de ce qui se passerait si la lave pénétrait dans la mer.
Ce phénomène s’est produit à plusieurs reprises à Hawaii et l’Observatoire des volcans d’Hawaii (le HVO) a mis en garde à plusieurs reprises les gens contre les dangers des entrées de lave dans l’océan. Malgré ces avertissements, les populations locales et les touristes se mettent souvent en danger en s’approchant trop près de l’entrée de lave dans l’océan.
Le panache blanc produit par l’interaction de la lave et de l’eau de mer peut sembler inoffensif, mais il ne l’est pas. Le contact brutal entre la lave très chaude (1100°C) et l’eau froide (25°C) génère une brume volcanique baptisé « laze » (abréviation de lava haze) par les Hawaiiens; il est composé de vapeur d’eau de mer condensée mêlée d’acide chlorhydrique et de minuscules éclats de verre volcanique.
Ce panache se forme lorsque la lave chaude porte l’eau de mer à ébullition jusqu’à vaporisation. Le processus génère une série de réactions chimiques qui entraînent la formation d’un nuage blanc que les visiteurs doivent éviter car il peut provoquer une irritation de la peau et des yeux, voire des difficultés respiratoires. De plus, les vagues de l’océan qui déferlent sur une entrée de lave active peuvent projeter de l’eau de mer bouillante loin à l’intérieur des terres, avec un risque de brûlure pour quiconque se trouverait sur son passage. S’approcher trop près d’une entrée de lave est risqué. Sur la base de décennies d’expérience, le HVO conseille aux touristes de rester à 400 m de l’endroit où la lave pénètre dans la mer.
La direction du vent doit elle aussi être prise en compte. Lorsque le vent vient de la mer, il entraîne le panache nocif vers l’intérieur des terres et il peut devenir un réel danger pour les visiteurs.
Jusqu’à présent, quatre décès sur le Kilauea ont été liés à des entrées de lave dans l’océan.
Source : HVO, INVOLCAN.

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According to INVOLCAN, the Cumbre Vieja volcano in La Palma has emitted between 6,000 and 9,000 tons of SO2 a day. The gases that are initially dissolved in magma separate from the magma during the eruption and are released into the atmosphere at high temperatures and speeds. One should not forget that the gases are the motor of the eruption.

The gases can also escape from small fissures in the volcanic edifice and in the surrounding area. Scientists carfully monitor these fumaroles as some gases, such as carbon dioxide are heavy and can create a cloud that moves just a few centimeters above the ground before boing dispersed in the atmosphere.

Gases ejected into the atmosphere can cause acid rain when they meet with condensation or the beginning of rainfall. They can damage crops but also cause headaches, skin and eye irritation. This happens in the vicinity of the erupting volcano. Farther away, the gases get diluted in the ambient air and become far less aggressive.

A lot has been said in the media about the SO2 cloud from the La Palma eruption. It was expected to reach continental Spain and then France, but the risk of health problems or acid rain in these countries is very low. Indeed, the diluted SO2 cloud travels about 5 km above our heads and the only indication that id exists would be a slight veil of mist in the sky.

Lava is still far from the ocean in La Palma. The nearest flow front still has to travel more than two kilometres to reach the coastline. In the early phase of the eruption, some people worried about what would happen if lava entered the sea.

This phenomenon occured several times in Hawaii and the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has repeatedly cautioned people about the hazards of ocean entries. However, local people and tourists often put themselves at risk by approaching the ocean entry too closely.

The white plume produced when lava enters the sea may look harmless, but it is not. The vigorous interaction between very hot (1100°C) lava and cold (25°C) water generates a voluminous white « laze » (short for lava haze) composed of condensed seawater steam laced with hydrochloric acid and tiny shards of volcanic glass.

This laze is formed as hot lava boils seawater to dryness. The process leads to a series of chemical reactions that result in the formation of a billowing white cloud that visitors should avoid as it can cause skin and eye irritation and breathing difficulties. Moreover, ocean waves washing over an active entry can send boiling seawater farther inland than expected, scalding anyone in its path. Approaching a lava entry too closely is risky. Based on decades of experience observing ocean entries, HVO advises people to stay 400 m away from where lava enters the sea.

The wind direction should be taken into account. When the wind blows from the sea, it carries the noxious plume inland and it can become a real danger to visitors.

Until now, four deaths on Kilauea have been related to ocean entry hazards.

Source: HVO, INVOLCAN.

Panache de vapeur et de gaz sur le site d’arrivée de la lave dans l’océan à Hawaii

Explosion littorale à Hawaii

(Photos: C. Grandpey)

Premiers réfugiés climatiques américains // First American climate refugees

Il faut vraiment bien connaître l’Alaska pour avoir entendu parler de Kivalina, une bourgade de 450 habitants située à l’extrémité d’une île de 13 kilomètres de long, face à la Mer des Tchouktches et la Sibérie russe, à 130 km de Kotzebue.

A 134 kilomètres du Cercle Arctique, la localité est loin de tout et il faut plusieurs vols pour l’atteindre depuis le reste des Etats-Unis. Kivalina est une communauté Inupiat, une branche des Inuit. C’est le seul village de la région où les habitants chassent – ou plutôt chassaient – la baleine boréale. Aujourd’hui, cette tradition fait partie du passé car l’épaisseur trop mince de la glace ne permet plus de se livrer à cette activité.

Depuis 10 ans, à cause d’hivers de plus en plus courts et de la hausse de la température, le village est régulièrement envahi par les eaux de l’océan. La construction en 2008 d’une digue censée ralentir l’érosion provoquée par les tempêtes n’a pas servi à grand-chose. Elle est beaucoup moins efficace que la barrière de glace de mer qui protégeait le village des tempêtes en hiver. L’année 2019 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée en Alaska. Pour la première fois, la moyenne des températures est passée au-dessus de 0°C.

L’érosion affecte aussi la piste d’atterrissage, unique porte d’entrée et de sortie de l’île. Des travaux sont en cours pour déménager le village et ses habitants et les reloger dès 2025 dans une zone moins vulnérable. Une route d’évacuation de 10 km financée par l’Etat fédéral est en cours de construction. Le chantier doit être terminé d’ici le 31 octobre 2020.

De ce fait, les Inupiats seront les premiers réfugiés climatiques du continent américain. Ce sera forcément une déchirure pour cette population qui vit d’une économie de subsistance basée sur la mer.

En 2008, le village a attaqué en justice les compagnies pétrolières pour leur contribution au réchauffement climatique. Le tribunal a rejeté la plainte, estimant qu’il n’était pas compétent sur cette problématique.

Voici un excellent document qui résume bien la situation à Kivalina :

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/climat-en-alaska-une-ile-risque-d-etre-engloutie-par-les-flots_3860663.html

Source : France Info.

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You really need to know Alaska very well to have heard of Kivalina (pop. 450) located at the end of a13-kilometre-long island facing the Chukchi Sea and Russian Siberia, 130 km from Kotzebue (see map above).

Located 134 kilometres from the Arctic Circle, the town is far from everything and it takes several flights to reach it from the rest of the United States. Kivalina is an Inupiat community, a branch of the Inuit. It is the only village in the region where the inhabitants hunt – or rather hunted – bowhead whales. Today, this tradition is a thing of the past because the ice is too thin and no longer allows to engage in this activity (see photo above).

In the past 10 years, due to increasingly short winters and rising temperatures, the village has been regularly invaded by ocean waters. The construction in 2008 of a seawall supposed to slow down the erosion caused by storms did not help much. It is far less effective than the sea ice barrier that protected the village from winter storms. 2019 was the warmest year on record in Alaska. For the first time, the average temperature has risen above 0°C (see photo above).

Erosion also affects the airstrip, the island’s only entry and exit gate. Work is underway to relocate the village and its inhabitants in 2025 to a less vulnerable area. A 10 km federal-funded evacuation route is under construction. The site must be completed by October 31st, 2020 (see map above)

As a result, the Inupiat will be the first climate refugees on the American continent. It will inevitably be a tear for this population which lives on a subsistence economy based on the sea.
In 2008, the village sued the oil companies for their contribution to global warming. The court dismissed the complaint, saying it had no jurisdiction over the issue.
Here is an excellent document that sums up the situation in Kivalina well:
https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/climat-en-alaska-une-ile-risque-d-etre-engloutie-par-les-flots_3860663.html

Source: France Info.

L’ « acqua alta » à Venise, dans la logique du réchauffement climatique

Une marée haute d’une ampleur sans précédent a noyé Venise le 12 novembre 2019. L’« acqua alta » est un événement qui se produit régulièrement dans la Cité des Doges à cette époque de l’année, mais elle a atteint cette fois-ci des proportions extraordinaires, favorisée par un puissant sirocco qui a fait déferler les vagues sur la Place Saint-Marc, jusqu’à l’intérieur de la basilique.

Cette marée haute exceptionnelle a atteint une hauteur de 1,87 m, le plus haut niveau enregistré depuis 53 ans. C’est la deuxième plus haute marée à Venise depuis le début des relevés en 1923, derrière celle de 1,94 m le 4 novembre 1966. Ce qui est le plus préoccupant, c’est qu’une inondation comme celle du 12 novembre 2019 s’est seulement produite cinq fois dans l’histoire de la basilique San Marco érigée en 828 et reconstruite après un incendie en 1063. Sur les 5 épisodes précédents, trois ont eu lieu au cours des 20 dernières années, la dernière fois l’an dernier, en 2018. Les événements sont donc en train de s’accélérer, ce qui n’est guère une surprise au vu du contexte climatique actuel. A noter que dans le même temps, des pluies torrentielles accompagnées de très fortes rafales de vent se sont abattues sur tout le Veneto.

L’eau montante a submergé les terrasses des cafés, emportant les tables et les chaises. Les passerelles des hôtels situés le long du Grand Canal ayant été emportées par les flots, les clients des vaporetti ont été contraints d’entrer dans les établissements par les fenêtres.

La hauteur de l’eau (1,87 mètre) indiquée précédemment ne signifie pas que toute la ville ait été recouverte de cette façon. Il faut retrancher de cette hauteur le niveau moyen de la ville, qui se trouve entre 1 mètre et 1,30 mètre.

Pour protéger la ville de cette « acqua alta » qui endommage le patrimoine artistique, il existe le projet Mose (acronyme de MOdulo Sperimentale Elettromeccanico). Il s’agit d’un ouvrage en cours de réalisation qui prévoit un système de protection formé de rangées de vannes mobiles escamotables permettant d’isoler la lagune de Venise de la Mer Adriatique durant les phénomènes de hautes marées dépassant un niveau établi (110 cm) et jusqu’à un niveau maximum de 3 mètres. Le système est en cours de construction depuis 2003, mais le surcoût et les malfaçons ont entraîné de nombreux retards. La livraison du MOSE est à l’heure actuelle prévue pour une inauguration en 2020

Ce qui se passe actuellement à Venise devrait nous faire réfléchir. C’est l’exemple même du phénomène qui menacera les côtes françaises à très court terme. Chez nous, les dernières grandes marées ont eu lieu par beau temps et sans vent. Si la houle s’était manifestée, les côtes auraient inévitablement subi les assauts des vagues. Les prévisions concernant l’élévation du niveau des océans pour les prochaines décennies sont particulièrement alarmistes mais, hormis des enrochements ici et là, aucune politique d’envergure n’a été mise en place dans notre pays. On connaît la suite : le jour où les événements vont se déchaîner, on commencera par pleurer devant le nombre de victimes et devant les dégâts subis par les habitations. Ensuite on cherchera les responsables, en se gardant bien d’accuser le réchauffement climatique qui, lui, ne saurait être mis en examen…

lmage d’archive montrant le Palazzo Ducale au cours de l' »acqua alta  » record du 4 novembre 1966