Quelques nouvelles de Vulcano et de l’Etna (Sicile) // Some news of Vulcano and Mt Etna (Sicily)

Dans une note précédente, j’expliquais que la mer avait changé de couleur dans le secteur de Levante sur l’île éolienne de Vulcano. D’après les premières analyses de l’INGV, le phénomène aurait été causé « par la baisse du Ph ». L’inspection du site a été réalisée par des chercheurs à bord d’une embarcation pour « les observations macroscopiques du phénomène, les mesures physico-chimiques sur le terrain et l’échantillonnage ».
Les prélèvements d’eau de mer sur le fond marin à proximité des sites d’émissions gazeuses ont été réalisés au moyen d’une rosette actionnée depuis le bateau. Une rosette est une espèce de barillet portant des bouteilles de prélèvement qui peuvent être déclenchées depuis la surface. Les scientifiques ont également procédé au prélèvement des gaz qui provoquent des bouillonnements à la surface de l’eau. D’autres prélèvements de gaz ont également été effectués au niveau de la mare de boue qui, rappelons le, est interdite d’accès depuis trois ans.

La baignade sur la plage de Levante est interdite pendant au moins deux semaines. L’accès au cratère de la Fossa reste interdit lui aussi.

Source: médias italiens.

Dans une publication sur Facebook, j’avais indiqué le 28 mai 2022 qu’une nouvelle bouche s’était ouverte sur l’Etna (Sicile), dans la partie haute de la Valle del Bove. Une deuxième bouche est également apparue à 06h05 (UTC) le 29 mai 2022. Les points d’émission de la lave se trouvent à 3250 m et 2800 m au-dessus du niveau de la mer. La lave se déplace lentement vers le Monte Simone. Le front de coulée le plus avancé se situe à environ 2100 m d’altitude.
Après une chute rapide observée dans l’après-midi du 28 mai, le tremor éruptif fluctue actuellement sur des valeurs moyennes-élevées. Sa source a été localisée dans la zone du Cratère Sud-Est à une profondeur d’environ 3000 mètres.
Source : INGV.

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In a previous post, I explained that the sea had changed colour in the Levante area, on the Aeolian island of Vulcano. According to the first analyzes by INGV scientists, the phenomenon was probably caused « by the drop in Ph ». The site inspection was carried out by researchers aboard a boat for « macroscopic observations of the phenomenon, physico-chemical measurements in the field and sampling ».
Sampling of seawater on the seabed near the sites of gaseous emissions was carried out using a rosette operated from the boat. A rosette is a kind of barrel carrying sampling bottles that can be triggered from the surface. The scientists also took samples of the gases that cause bubbling on the surface of the water. Other gas samples were also taken from the mud pool which, it should be remembered, has been off-limits for three years.

Bathing at the Levante beach is forbidden at least for the next two weeks. Access to the La Fossa crater is prohibited too.

Source: Italian news media.

In a post on Facebook, I indicated on May 28th, 2022 that a new vent had opened on Mt Etna (Sicily), in the upper part of the Valle del Bove. A second vent also appeared at 06:05 (UTC) on May 29th, 2022. The lava emission points are at 3250 m and 2800 m above sea level. The lava is slowly moving towards Monte Simone . The most advanced flow front is located at approximately 2100 m altitude.
After a rapid drop observed in the afternoon of May 28th, the eruptive tremor is currently fluctuating on medium-high values. Its source was located in the area of ​​the Southeast Crater at a depth of about 3000 meters.
Source: INGV.

Les bains de boue de Vulcano sont un lointain souvenir (Photo: C. Grandpey)

Le changement climatique provoque-t-il des divorces d’albatros? // Climate change could be causing albatross divorces

Le changement climatique et le réchauffement de la planète affectent les régions arctique et antarctique. Une étude publiée en août 2021 prévient qu’en Antarctique, les manchots empereurs disparaîtront d’ici 2100 si la banquise antarctique continue de se rétrécir au rythme actuel.
Toujours dans l’hémisphère sud, une étude récente a révélé que la hausse de température de la mer est liée à une augmentation des « divorces » chez les albatros. L’étude, publiée en novembre 2021 par la Royal Society de Nouvelle-Zélande, a révélé une augmentation des divorces chez les albatros – qui s’accouplent généralement pour la vie – pendant les années où la température de surface de la mer est plus élevée.
Les scientifiques ont observé 15 500 couples reproducteurs d’albatros à sourcils noirs sur New Island dans les Malouines sur une période de 15 ans. L’étude montre un « lien direct entre l’augmentation de température de surface de la mer et l’augmentation de la probabilité de divorce chez les oiseaux. »
Les chercheurs ont découvert que le taux de divorce moyen parmi les albatros était de 3,7%. Mais ce taux augmente les années où la température de surface de la mer est plus élevée. Il a atteint 7,7 % en 2017. Le divorce est principalement causé par une incapacité à se reproduire avec succès.
Pour leur étude, les scientifiques ont contrôlé l’établissement des couples et déterminé si au cours de la saison de reproduction suivante, les deux membres du couple ont survécu, et si au moins l’un des oiseaux s’est accouplé avec un autre individu. C’est ainsi que se définit le divorce d’un point de vue scientifique.
Les chercheurs expliquent qu’une température de surface plus basse de la mer est le signe d’eaux avec plus de nourriture, tandis que des eaux plus chaudes indiquent des conditions de ressources pauvres. En conséquence, lorsque la température de surface de la mer est plus chaude, les albatros doivent fournir plus d’efforts pour trouver de la nourriture et parcourir une plus grande zone.
Cette situation a deux impacts majeurs sur les populations d’albatros. D’une part, les oiseaux doivent passer plus de temps à faire le plein de nourriture dans ces conditions. Cela signifie qu’ils regagnent plus tard leurs colonies de reproduction, ce qui risque de provoquer une « asynchronie » entre les deux membres du couple. D’autre part, une nourriture moins abondante peut générer du stress chez les femelles. Les albatros femelles, qui initient généralement les divorces, peuvent interpréter cet excès de stress comme une mauvaise performance du partenaire et donc aller voir ailleurs et choisir un partenaire plus efficace.
Les chercheurs font remarquer que le taux de divorce parmi les albatros cités dans l’étude n’est pas forcément pas le signe que leur population va s’effondrer dans les années à venir. Cependant, d’autres études ont montré que les populations d’oiseaux marins sont en chute libre dans le monde entier.
Source : USA Today.

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Climate change and global warming are affecting both the Arctic and Antarctic regions. A study released in August 2021 warns that in Antarctica Emperor penguins will become effectively extinct by 2100 if Antarctic sea ice continues to decline at current rates,

Still in the Southern hemisphere, a recent study revealed that waming sea temperatures are linked to an increase in “divorces” among albatrosses. The research, published in November 2021 by New Zealand’s Royal Society, found an increase in the probability of divorce among albatrosses – which usually mate for life – during years with warmer sea surface temperatures.

The research examined 15,500 breeding pairs of black-browed albatrosses on New Island in the Falklands over 15 years. It shows a “direct link between the increase in sea surface temperatures and the increase in the probability of divorce.”

Researchers found that the average divorce rate among the birds was 3.7%. But the divorce rates increased in years when the sea surface temperatures were warmer, rising to 7.7% in 2017. Divorce is mainly caused by an inability to successfully reproduce.

For their study, the scientists were able to monitor the establishment of the pairs, and investigate whether in the following breeding season, both members of the pair survived, and if at least one of them mated with another individual. This is how they define divorce.

The scientists explain that lower sea surface temperatures are indicative of waters with more food, while warmer waters are indicative of resource-poor conditions. Therefore, when sea surface temperatures are warmer, the albatrosses have to struggle to find food at sea and search over a greater area.

This situation has two major impacts on the albatross populations. First, the birds have to spend longer fueling up under the conditions, which meant they return to their breeding colonies later, potentially introducing « an asynchrony » between the two members of the pair. Second, less plentiful food can induce the females to be more stressed. Some female albatrosses, which usually initiate divorces, might interpret this higher stress as a poor performance by the partner and therefore decide to go for an alternative mate.

The researchers emphasize that the divorce rates among the albatrosses cited in the study are not a signal that their immediate population will plummet in the coming years. However, other research has found that populations of the seabirds around the world are collapsing.

Source: USA Today.

Photo: C. Grandpey

 

Cumbre Vieja (La Palma) La lave a atteint la mer // Lava reached the sea

7 heures: La lave du Cumbre Vieja a finalement atteint la mer sur le coup de 23 heures (heure locale), dix jours après le début de l’éruption le 19 septembre 2021. Elle a commencé à se déverser dans l’océan à Playa de los Guirres, une zone de falaise d’une centaine de mètres de hauteur. L’entrée de la masse incandescente dans la mer a provoqué d’intenses panaches noirs et blancs, ainsi que l’ébullition de l’eau.
L’arrivée de la lave dans la mer aura des conséquences. Elle modifiera, au moins provisoirement, la configuration du littoral, avec un impact sur l’écosystème marin de la région concernée. En s’écroulant dans la mer, la coulée de lave a formé une sorte de pyramide de plus de 50 mètres de haut.
Source: El Pais.

Les habitants de la zone de Tazacorte restent confinés et il est demandé à la population de rester à au moins 3,5 kilomètres de la zone où la lave arrive dans la mer.

Le dernier décompte officiel indique que 585 bâtiments ont été affectés par l’éruption. On estime qu’il y a encore une centaine de maisons et de propriétés qui se trouvent sur la trajectoire de la lave dans sa progression vers la mer.

L’effet de la lave sur la faune marine inquiète les pêcheurs qui, par sécurité, n’ont pu se rendre ces derniers jours dans les zones de pêche habituelles. Le navire océanographique Ramón Margalef de l’Institut océanographique espagnol (IEO) est à La Palma pour étudier les effets de l’éruption sur l’écosystème marin.

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8 heures: Le Conseil des ministres a approuvé hier la déclaration de catastrophe naturelle pour l’île de La Palma et a autorisé l’allocation d’une première aide de 10,5 millions d’euros pour répondre aux besoins les plus urgents des personnes affectées par l’éruption.

Les autorités scientifiques demandent à la population d’être extrêmement prudente dans un rayon de cinq kilomètres du cratère du volcan d’où sont émis de la lave, des cendres et des gaz toxiques.

Pour le moment, par manque de sécurité, il n’y a pas de liaison aérienne avec La Palma. Dans les prochaines heures, la cendre du Cumbre Vieja devrait également affecter l’espace aérien de Tenerife et, dans une moindre mesure, La Gomera. On sait que les cendres volcaniques contiennent des particules hautement abrasives très dangereuses pour les aéronefs, car elles peuvent sérieusement affecter les moteurs et les instruments de navigation. Aucune solution n’a été trouvée depuis l’éruption islandaise de l’Eyjafjöll en 2010.

Source: Presse espagnole.

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La situation à midi: Comme indiqué précédemment, la lave émise par le Cumbre Vieja a atteint la mer le 28 septembre à 23 heures à Playa Nueva, au nord de la plage de Los Guirres dans la municipalité de Tazacorte. L’entrée de la lave dans la mer génère des panaches de vapeur et de gaz. Il est donc demandé aux habitants de la zone de rester chez eux. Une zone d’exclusion de 3,5 km a été mise en place autour du point d’entrée de la lave. L’arrivée de la lave en mer aura des conséquences sur l’écosystème marin. Après l’éruption du volcan El Hierro, la faune marine a mis environ trois ans à se régénérer

Avant d’entrer dans l’océan, la lave avançait à environ 300 m par heure. Elle a coupé la route de Costa (LP-2132) à la jonction du Camino Pampillo. C’était la dernière route qui reliait les quartiers du sud et du nord d’El Paso, Los Llanos de Aridane et Tazacorde.
Enaire et Aena ont signalé que les aéroports des îles Canaries fonctionnent actuellement, bien qu’il soit recommandé de vérifier l’état des vols, en particulier ceux qui ont pour origine et destination l’île de La Palma. De son côté, la compagnie Binter, qui opère entre les îles Canaries, confirme que jusqu’à 13h00 ce mercredi, il n’y aura pas de vols avec La Palma. La suite du trafic se fera en fonction de la situation volcanique.
On estime que 70 % de la production bananière de la vallée de l’Aridane sera anéantie si la question des réseaux d’irrigation n’est pas résolue.
Au 28 septembre, les coulées de lave avaient détruit 656 bâtiments et plus de 19 km de routes.

Source: médias d’information espagnols.

Les images de la webcam montrent que deux bouches sont particulièrement actives, avec de fortes émissions de cendres et des dynamismes apparemment différents:

 

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20 heures: L’éruption du Cumbre Vieja continue ce soir. Depuis le 19 septembre, la lave a recouvert 267,5 hectares, détruit 21,5 km de routes,et affecté 744 bâtiments, dont 656 sont détruits. Ces chiffres ont été mis à jour le 28 septembre. Sans oublier que plus de 6000 personnes ont été évacuées.

Le nuage de vapeur et éventuellement de gaz toxiques généré par le contact de la lave et de l’eau a, pour le moment un effet limité, sans conséquences significatives pour la population. En effet, le nuage et poussé vers le large en ce moment et ne s’est pas propagé latéralement. De plus, la zone d’interaction entre la lave et l’eau de mer est relativement réduite. Il a toutefois été décidé de maintenir les mesures concernant l’évacuation de la population des zones touchées par la lave, ainsi que les mesures de confinement des zones menacées par les gaz émis par le contact de la lave avec la mer, et ce jusqu’à ce qu’il y ait des résultats définitifs garantissant que ces zones sont hors de danger.
Les compagnies aériennes Binter et CanaryFly ont repris ce mercredi leurs activités qui étaient interrompues depuis le 24 septembre en raison de la cendre volcanique.
Source: médias espagnols.

La NASA a mis en ligne une photo de l’éruption du Cumbre Vieja prise le 26 septembre. On voit parfaitement la coulée de lave qui s’échappe du volcan ainsi que les panaches de cendres. La plupart des éléments rectangulaires blancs près de la côte sont des serres. Les zones vert foncé le long de la côte sont des cultures, probablement des champs de bananiers.

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07:00 am: The lava from Cumbre Vieja finally reached the sea around 11 p.m. local time, ten days after the eruption began on September 19th, 2021. It began to flow into the ocean at Playa de los Guirres, a cliff area about a hundred meters high. The entry of the glowing mass into the sea caused intense black and white plumes, as well as the boiling of the water.
The arrival of lava in the sea will have consequences. It will modify, at least temporarily, the configuration of the coastline, with an impact on the marine ecosystem of the region. As it collapsed into the sea, the lava flow formed a sort of pyramid more than 50 meters high. (see video above)
Source: El Pais.

The residents of theTazacorte area remain confined and the population is asked to stay at least 3.5 kilometers from the area where lava enters the sea.
The latest official count indicates that 585 buildings were affected by the eruption. It is estimated that there are still a hundred houses and properties that lie in the path of the lava as it progresses towards the sea.
The effect of the lava on the marine fauna worries the fishermen who, for safety reasons, have not been able to visit their usual fishing areas. The oceanographic vessel Ramón Margalef of the Spanish Oceanographic Institute (IEO) is in La Palma to study the effects of the eruption on the marine ecosystem.

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8:00 am: The Council of Ministers has approved the declaration of natural disaster for the island of La Palma and authorized the allocation of a first aid of 10.5 million euros to meet the most urgent needs of the people affected by the eruption.

Scientific authorities ask the population to be extremely careful within a radius of five kilometers from the crater which emits lava, ash and toxic gases.

For the moment, due to lack of security, there is no air connection with La Palma. In the coming hours, the ash from Cumbre Vieja is also expected to affect the airspace of Tenerife and, to a lesser extent, La Gomera. It is known that volcanic ash contains highly abrasive particles that are very dangerous to aircraft, since they can seriously affect engines and navigation instruments. No solution has been found since the Icelandic eruption of Eyjafjöll in 2010.

Source: Spanish news media.

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The situation at 12:00 pm: As previously reported, the lava emitted by Cumbre Vieja reached the sea on September 28th at 11 p.m. in Playa Nueva, north of Los Guirres beach in the municipality of Tazacorte. The entry of lava into the sea generates gas and steam plumes. The residents of the area are therefore asked to stay at home. A 3.5 km exclusion zone has been set up around the lava entry. The arrival of lava in the sea will have consequences for the marine ecosystem. After the eruption of El Hierro volcano, marine life took about three years to regenerate
Before entering the ocean, the lava was advancing at about 300 m per hour. It cut the road to Costa (LP-2132) at the Camino Pampillo junction. It was the last road that connected the southern and northern neighborhoods of El Paso, Los Llanos de Aridane and Tazacorde.
Enaire and Aena have reported that airports in the Canary Islands are currently operating, although it is recommended to check the status of flights, especially those originating from and arriving at La Palma. For its part, Binter, which operates between the Canary Islands, confirms that until 1:00 p.m. this Wednesday, there will be no flights with La Palma. The rest of the traffic will depend on the volcanic situation.
It is estimated that 70% of the banana production in the Aridana Valley will be wiped out if the issue of irrigation networks is not resolved.
As of September 28th, lava flows had destroyed 656 buildings and more than 19 km of roads.
Source: Spanish news media.

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8 p.m .: The eruption of Cumbre Vieja continues this evening. Since September 19th, lava has covered 267.5 hectares, destroyed 21.5 km of roads, and affected 744 buildings, of which 656 are destroyed. These figures were updated on September 28th. Let’s not forget that more than 6,000 people have been evacuated. .
The cloud of vapour and possibly toxic gases generated by the contact of lava and sea water has, for the moment, a limited effect, without significant consequences for the population. Indeed, the cloud did not spread laterally and the zone of interaction between the lava and the sea water is relatively small. It was however decided to maintain the measures concerning the evacuation of the population from the areas affected by the lava, as well as the containment measures of the areas threatened by the gases emitted by the contact of the lava with the sea, until definitive results have proved that these areas are out of danger.
The airlines Binter and CanaryFly resumed on Wednesday their activities which had been interrupted since September 24th due to volcanic ash.
Source: Spanish media.

NASA has posted a photo of the Cumbre Vieja eruption (see above) taken on September 26th. One can clearly see the lava flow emitted by the volcano as well as the ash plumes. Most of the white rectangular elements near the coast are greenhouses. The dark green areas along the coast are crops, probably banana fields.

Crédit photo: Geosciencias Marinas

Le danger des gaz sur les volcans actifs // The danger of gases on active volcanoes

Selon INVOLCAN, le volcan Cumbre Vieja à La Palma a émis entre 6 000 et 9 000 tonnes de SO2 par jour au cours de la dernière éruption. Les gaz qui sont initialement dissous dans le magma se séparent du magma pendant l’éruption et sont libérés dans l’atmosphère à des températures et des vitesses élevées. Il ne faut pas oublier que les gaz sont le moteur des éruptions et leur étude est essentielle à la compréhension du dynamisme éruptif.
Les gaz peuvent également s’échapper de petites fissures dans l’édifice volcanique et dans la zone environnante. Les scientifiques surveillent attentivement ces fumerolles car certains gaz, comme le dioxyde de carbone, sont lourds et peuvent se déplacer à quelques centimètres au-dessus du sol avant de se disperser dans l’atmosphère.
Les gaz éjectés dans l’atmosphère peuvent provoquer des pluies acides en se condensant ou pendant un épisode pluvieux. Ils peuvent alors endommager les cultures mais aussi provoquer des maux de tête, des irritations de la peau et des yeux. Cela se produit essentiellement à proximité du volcan en éruption. Plus on s’en éloigne, plus les gaz se diluent dans l’atmosphère et deviennent beaucoup moins agressifs.
On a beaucoup parlé dans les médias du nuage de SO2 de l’éruption de La Palma. Il devait atteindre l’Espagne continentale puis la France, mais le risque de problèmes de santé ou de pluies acides dans ces pays est très faible. En effet, le nuage de SO2 dilué passe à environ 5 km au-dessus de nos têtes et la seule indication de sa présence sera un léger voile de brume dans le ciel.
La lave est encore loin de l’océan à La Palma. Le front de coulée le plus proche doit encore parcourir plus de deux kilomètres pour atteindre le littoral. Au début de l’éruption, certaines personnes s’inquiétaient de ce qui se passerait si la lave pénétrait dans la mer.
Ce phénomène s’est produit à plusieurs reprises à Hawaii et l’Observatoire des volcans d’Hawaii (le HVO) a mis en garde à plusieurs reprises les gens contre les dangers des entrées de lave dans l’océan. Malgré ces avertissements, les populations locales et les touristes se mettent souvent en danger en s’approchant trop près de l’entrée de lave dans l’océan.
Le panache blanc produit par l’interaction de la lave et de l’eau de mer peut sembler inoffensif, mais il ne l’est pas. Le contact brutal entre la lave très chaude (1100°C) et l’eau froide (25°C) génère une brume volcanique baptisé « laze » (abréviation de lava haze) par les Hawaiiens; il est composé de vapeur d’eau de mer condensée mêlée d’acide chlorhydrique et de minuscules éclats de verre volcanique.
Ce panache se forme lorsque la lave chaude porte l’eau de mer à ébullition jusqu’à vaporisation. Le processus génère une série de réactions chimiques qui entraînent la formation d’un nuage blanc que les visiteurs doivent éviter car il peut provoquer une irritation de la peau et des yeux, voire des difficultés respiratoires. De plus, les vagues de l’océan qui déferlent sur une entrée de lave active peuvent projeter de l’eau de mer bouillante loin à l’intérieur des terres, avec un risque de brûlure pour quiconque se trouverait sur son passage. S’approcher trop près d’une entrée de lave est risqué. Sur la base de décennies d’expérience, le HVO conseille aux touristes de rester à 400 m de l’endroit où la lave pénètre dans la mer.
La direction du vent doit elle aussi être prise en compte. Lorsque le vent vient de la mer, il entraîne le panache nocif vers l’intérieur des terres et il peut devenir un réel danger pour les visiteurs.
Jusqu’à présent, quatre décès sur le Kilauea ont été liés à des entrées de lave dans l’océan.
Source : HVO, INVOLCAN.

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According to INVOLCAN, the Cumbre Vieja volcano in La Palma has emitted between 6,000 and 9,000 tons of SO2 a day. The gases that are initially dissolved in magma separate from the magma during the eruption and are released into the atmosphere at high temperatures and speeds. One should not forget that the gases are the motor of the eruption.

The gases can also escape from small fissures in the volcanic edifice and in the surrounding area. Scientists carfully monitor these fumaroles as some gases, such as carbon dioxide are heavy and can create a cloud that moves just a few centimeters above the ground before boing dispersed in the atmosphere.

Gases ejected into the atmosphere can cause acid rain when they meet with condensation or the beginning of rainfall. They can damage crops but also cause headaches, skin and eye irritation. This happens in the vicinity of the erupting volcano. Farther away, the gases get diluted in the ambient air and become far less aggressive.

A lot has been said in the media about the SO2 cloud from the La Palma eruption. It was expected to reach continental Spain and then France, but the risk of health problems or acid rain in these countries is very low. Indeed, the diluted SO2 cloud travels about 5 km above our heads and the only indication that id exists would be a slight veil of mist in the sky.

Lava is still far from the ocean in La Palma. The nearest flow front still has to travel more than two kilometres to reach the coastline. In the early phase of the eruption, some people worried about what would happen if lava entered the sea.

This phenomenon occured several times in Hawaii and the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has repeatedly cautioned people about the hazards of ocean entries. However, local people and tourists often put themselves at risk by approaching the ocean entry too closely.

The white plume produced when lava enters the sea may look harmless, but it is not. The vigorous interaction between very hot (1100°C) lava and cold (25°C) water generates a voluminous white « laze » (short for lava haze) composed of condensed seawater steam laced with hydrochloric acid and tiny shards of volcanic glass.

This laze is formed as hot lava boils seawater to dryness. The process leads to a series of chemical reactions that result in the formation of a billowing white cloud that visitors should avoid as it can cause skin and eye irritation and breathing difficulties. Moreover, ocean waves washing over an active entry can send boiling seawater farther inland than expected, scalding anyone in its path. Approaching a lava entry too closely is risky. Based on decades of experience observing ocean entries, HVO advises people to stay 400 m away from where lava enters the sea.

The wind direction should be taken into account. When the wind blows from the sea, it carries the noxious plume inland and it can become a real danger to visitors.

Until now, four deaths on Kilauea have been related to ocean entry hazards.

Source: HVO, INVOLCAN.

Panache de vapeur et de gaz sur le site d’arrivée de la lave dans l’océan à Hawaii

Explosion littorale à Hawaii

(Photos: C. Grandpey)