Le pouvoir destructeur des coulées de lave // The destructive power of lava flows

Un récent article « Volcano Watch » diffusé par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (le HVO) explique que la dernière éruption en Islande, en janvier 2024, est un rappel des dangers liés aux coulées de lave. Les scènes de destruction observées en Islande ressemblent à celles subies par les habitants d’Hawaii, à plus grande échelle, lorsque leur vie a été bouleversée par l’éruption dévastatrice du Kilauea en 2018, avec la destruction de quelque 700 structures.

 

Crédit photo: HVO

Un scénario identique s’est déroulé en janvier 2024 en Islande. Une éruption a débuté le 14 janvier sur la péninsule de Reykjanes, avec une menace pour le port de pêche de Grindavik. Des fissures se sont ouvertes à quelques centaines de mètres en amont de la ville. Elles ont émis une coulée de lave qui est entrée dans une zone habitée et a détruit plusieurs maisons.

 

Image webcam

Le lendemain, le front de coulée s’est arrêté et l’éruption a pris fin. Le système magmatique a immédiatement provoqué un nouveau soulèvement du sol, signe qu’une nouvelle éruption pourrait se produire dans un avenir proche.
Ce n’est pas la première fois que l’Islande est confrontée à des coulées de lave destructrices. En 1973, une éruption a envoyé de la lave à travers Heimaey, dans les îles Vestmann, et la coulée a atteint le rivage. Cette éruption a été particulièrement remarquable par l’utilisation de canons à eau pour tenter de refroidir la lave et d’arrêter sa progression avant qu’elle ne bloque l’entrée du port de pêche. Près de la moitié de la ville a été détruite et aujourd’hui, il existe un « cimetière » de maisons à la surface de la coulée de lave de 1973, avec des bornes en pierre, illustrées d’un petit croquis, pour indiquer l’emplacement de chacune des habitations.

 

Crédit photo : HVO

L’éruption de janvier 2024 en Islande n’est pas la seule activité éruptive récente dans ce pays. Au cours des trois dernières années, cinq éruptions se sont produites sur la péninsule de Reykjanes. La plupart d’entre elles ont eu lieu loin des zones habitées. Des milliers de touristes ont pu admirer de très près les fontaines de lave.

 

Image webcam

Malheureusement, les données géologiques montrent que d’autres éruptions sont susceptibles de se produire dans un avenir proche sur la péninsule. La dernière phase éruptive dans cette partie de l’Islande s’est produite il y a 800 ans, avec des phases éruptives qui ont duré des décennies ou plus. Les éruptions des cinq dernières années pourraient n’être que le début d’une activité qui pourrait persister pendant plusieurs années. Cette perspective ne peut qu’angoisser encore davantage les habitants de Grindavik.

 

Crédit photo: Iceland Review

D’une certaine manière, la dernière activité éruptive sur la péninsule de Reykjanes n’est pas sans rappeler celle observée sur le Kilauea. La caldeira sommitale de ce volcan est dans une phase de remplissage qui fait suite à l’effondrement et à l’affaissement du plancher de la caldeira lors de l’éruption de 2018. Cinq éruptions ont eu lieu depuis 2020. La différence avec l’Islande, c’est que sur le Kilauea, cette phase éruptive est restée confinée à la caldeira sommitale, sans menace pour les zones habitées.
L’éruption de 2024 en Islande et celle du Kilauea en 2018 sont deux exemples récents qui mettent en évidence la nature destructrice des coulées de lave. En 2021, l’éruption du Cumbre Vieja à La Palma, dans les îles Canaries, a , elle aussi, produit des fontaines et des coulées de lave qui ont atteint l’océan, en traversant des zones habitées et en détruisant plus d’un millier de bâtiments.

 

Eruption de la Cumbre Vieja (image webcam)

Plus tôt la même année, une éruption latérale du Nyiragongo, en République Démocratique du Congo, a envoyé des coulées de lave dans plusieurs villages, détruisant environ un millier de maisons et tuant 32 personnes. Des milliers d’habitants ont été déplacés.
Que ce soit en Islande, à Hawaï, aux îles Canaries ou au Congo, l’impact des éruptions s’étend bien au-delà des seules coulées de lave. De nombreux habitants ont été déplacés et leur vie a été gravement perturbée, même si la lave a épargné leurs biens. Il faut du temps pour s’adapter à un paysage modifié. Les effets des coulées de lave peuvent persister des années après la fin de l’éruption.

Photo: C. Grandpey

Les progrès en matière de surveillance et de prévision de l’activité éruptive ont, certes, amélioré notre capacité à avertir les populations, mais les zones habitées restent vulnérables. Que la dernière éruption ait eu lieu il y a 800 ans ou 5 ans, il est important de connaître les aléas volcaniques susceptibles d’impacter les habitants qui doivent prendre les mesures nécessaires pour se protéger eux-mêmes, mais aussi leur famille et de leurs biens.
Source : USGS/HVO.

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A recent ‘Volcano Watch‘ article by the Hawaiian Volcano Observatory explains that Iceland’s recent eruption is a reminder of lava flow hazards. The scenes of destruction observed in Iceland are similar to those suffered by Hawaii residents, at a larger scale, when their lives were affected by the destructive 2018 eruption of Kilauea, with the destruction of 700 structures or so.

A similar scenario occurred in January 2024 in Iceland. A new eruption on the Reykjanes Peninsula began on January 14th, threatening the small fishing village of Grindavik. Fissures opened just a few hundred meters upslope of the town, sending a lava flow into residential areas. The flow inched into the edge of town and destroyed several houses.

By the next day, the flow front had stalled, and the eruption was ending. But the magmatic system has been reinflating beneath the surface, indicating another eruption could happen in the near future.

This is not the first time that Iceland has dealt with destructive lava flows. In 1973, an eruption sent lava right through Heimaey in the Vestmann Islands, with the flow creeping into the nearby bay. That eruption was most notable for the use of water cannons to try to cool the flow and arrest its advance before it blocked the entrance to the fishing harbor. Nearly half of the town was destroyed and today, a house “graveyard” is present on the surface of the 1973 lava flow that covered the town, with stone markers showing the location of each owner’s house accompanied by a small sketch of the residence.

The eruption of January 2024 in Iceland has not been the only recent eruptive activity there. Over the last three years, five different eruptions have occurred on the Reykjanes Peninsula. Most of these have been a safe distance from residential areas. Thousands of tourists were drawn to the up-close views of spectacular lava fountaining.

Unfortunately, the geologic record suggests that more eruptions could occur in the near future on the peninsula. The last eruptive phase in this part of Iceland occurred 800 years ago, but eruptive phases have lasted decades or longer. This suggests that the past five eruptions may be just the start of activity that could persist for years. This adds to the anxiety of Grindavik residents.

In a way, this recurrent eruptive phase in the Reykjanes Peninsula is reminiscent of the current era that is observed at Kilauea. The summit caldera of the volcano has been in a multi-year phase of crater refilling, following the collapse and subsidence of the caldera floor during the 2018 eruption. Five eruptions have occurred since 2020. However, at Kilauea, this multi-year eruptive phase has been safely contained within the summit caldera, with no threat to residential areas.

The 2024 eruption in Iceland and the 2018 Kilauea eruption are just two of several recent examples that highlight the destructive nature of lava flows. In 2021, the eruption of Cumbre Vieja at La Palma, in the Canary Islands, produced lava fountains and flows that reached the ocean, cutting through residential areas and destroying over a thousand buildings.

Earlier that same year, a flank eruption of Nyiragongo volcano, in the Democratic Republic of the Congo, sent lava flows through several villages, destroying about a thousand homes and killing 32 people. Thousands of residents were displaced.

In each of these places, whethze in Iceland, in Hawaii, in the Canary Islands, or in Congo, the impact of the eruption extends far beyond the margins of the lava flow. Large numbers of nearby residents have been displaced, and their lives severely disrupted, even if the flow spared their property. Residents and communities take time to adjust to a changed landscape. The effects of the lava flows can linger for years after the eruption ends.

While advances in monitoring and forecasting of eruptive activity have improved our ability to provide warning to stakeholders before an eruption; residential areas around the world are still vulnerable. Whether it’s been 800 years or 5 years since the last eruption where you live, it is important to know the volcanic hazards that could impact you and make a plan for taking care of yourself, your family, and your property.

Source : USGS / HVO.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Indonésie, le Merapi (Java) est entré en éruption le 21 janvier 2024, avec des coulées pyroclastiques qui ont parcouru jusqu’à 2 km le long de ses pentes. Une colonne de cendres s’est élevée à 100 mètres dans les airs et les cendres ont recouvert plusieurs villages sans faire de victimes. L’éruption du 21 janvier est la dernière en date depuis le passage du niveau d’alerte à 3 (sur une échelle de 4 niveaux) en novembre 2020. Il est conseillé à la population de rester à au moins 7 kilomètres du cratère. Voici une petite vidéo de l’événement mise en ligne sur les réseaux sociaux : https://twitter.com/i/status/1748983947281998314

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Toujours en Indonésie, le cratère Laki Laki du Lewotobi a émis des nuages de cendres atteignant 700 mètres de hauteur le 21 janvier. Plus de 6 500 personnes s’étaient alors réfugiées dans des abris. Les coulées de lave en provenance du cratère sommital avançaient sur près de 4 km sur le flanc N le 23 janvier. Des avalanches de lave et des coulées pyroclastiques dévalaient parfois les flancs N, NO et SO. Le niveau d’alerte reste à 4 (le niveau le plus élevé sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion : d’un rayon de 5 km autour du cratère Laki-laki et 6 km du cratère sur les flancs N et NE.

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Le 21 janvier également, le Marapi (Sumatra) est de nouveau entré en éruption, pour la troisième fois ce mois-ci. Environ 500 habitants vivant à proximité du volcan ont été évacués.

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Le Semeru (Java Est) a vomi des nuages de gaz et des rivières de lave le 20 janvier, tout comme le mont Ibu (île Halmahera) qui a envoyé une colonne de cendres jusqu’à 1 300 mètres au-dessus du sommet.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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Aucune nouvelle éruption n’a eu lieu sur la péninsule de Reykjanes (Islande). Le soulèvement du sol, signe d’une accumulation du magma sous la surface, s’est accéléré dans la région de Svartsengi ces derniers jours. Il atteint jusqu’à 8 mm par jour, ce qui est légèrement plus rapide qu’avant l’éruption du 14 janvier 2024. L’activité sismique reste faible et se concentre principalement autour de Hagafell. Les volcanologues islandais pensent qu’il faudra probablement des semaines, et non des jours, pour atteindre le même volume de magma accumulé qu’avant la dernière éruption. L’évaluation des risques pour Grindavík a été mise à jour par le Met Office et le niveau de risques a été abaissé à Orange, avec un risque très élevé d’« effondrement de fractures ». Ce risque spécifique fait référence au danger potentiel représenté par les fractures qui se cachent sous des surfaces instables qui peuvent céder soudainement. En revanche, le risque lié aux « mouvements de fissures » au sein de Grindavík a été réduit. Les données GPS ont montré des mouvements minimes ces derniers jours.
Source : Met Office.

Suite aux dégâts subis par Grindavik (3 800 habitants) qui a été évacuée, le gouvernement islandais envisage de racheter les logements des habitants qui souhaitent déménager en raison de la menace qui pèse en permanence sur la ville. Lors d’une conférence de presse le 22 janvier 2024, le gouvernement islandais a annoncé que des mesures à long terme étaient en train d’être prises pour soulager les habitants de Grindavík « du fardeau financier lié à la possession de maisons dans lesquelles ils ne peuvent pas vivre. » Les mesures sont en cours de finalisation et seront présentées dans un projet de loi début février.
Lors de la conférence de presse, la Première ministre a clairement indiqué que le gouvernement envisageait à la fois de racheter les logements de Grindavík à leurs propriétaires afin qu’ils disposent des fonds nécessaires pour se loger ailleurs, et de prendre en compte les intérêts de leurs prêts hypothécaires pour les soulager de ce fardeau financier. .
Source  : médias d’information islandais.

Crédit photo: Iceland Review

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Les signes d’activité persistent au niveau du volcan sous-marin Ahyi (Îles Mariannes / USA). Des panaches d’eau décolorée s’étendant jusqu’à 4-4,5 km de la zone sommitale du volcan ont été observés sur des images satellite. La couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) et le niveau d’alerte volcanique reste à Advisory – surveillance conseillée – (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : USGS.

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Une hausse de la sismicité est observée sur le Bulusan (Philippines). Des séismes volcano-tectoniques associés à la fracturation de roches ont été localisés à des profondeurs de 2 à 4 km sous le flanc sud-ouest les 22 et 23 janvier. Les flancs SE et SO sont en phase d’inflation depuis février 2023. Il est rappelé au public de ne pas pénétrer dans la zone de danger permanente (PDZ) d’un rayon de 4 km autour du volcan.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: Wikipedia

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De plus en plus de touristes visitent les parcs nationaux aux États-Unis. Afin de préserver la beauté de ces espaces naturels, le National Park Service a mis sur pied un système de régulation des entrées. Aujourd’hui, pour se rendre dans certains des parcs nationaux les plus populaires, il faut faire une réservation à l’avance. Deux secteuts populaires du Parc national du Mont Rainier viennent de rejoindre cette liste.
À partir du 24 mai 2024, les visiteurs auront besoin d’une réservation pour pénétrer dans le Paradise Corridor par les entrées Nisqually ou Stevens Canyon de 7 h à 15 h. À partir de juillet, les visiteurs pénétrant dans le Sunrise Corridor par l’entrée de White River devront également avoir une réservation. Les réservations coûtent 2 $ par véhicule en plus des droits d’entrée habituels et seront valables pendant une fenêtre de deux heures. Le système de réservation sera effectif jusqu’au 2 septembre, date à laquelle la saison estivale commence à tirer à sa fin. Les réservations pour Paradise Corridor ouvriront le 21 février 2024, tandis que celles pour Sunrise Corridor seront disponibles à partir du 1er avril.
D’autres parcs nationaux ont déjà mis en place ce système de réservation, comme Glacier, Arches, Yosemite, Rocky Mountain, Zion et Muir Woods.
Source : National Park Service.

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In Indonesia, Mount Merapi (Java) erupted on January 21st, 2024, with pyroclastic flows travelling as far as 2 km down its slopes. An ash column rose 100 meters into the air as ash blanketed several villages without casualties. The 21 January eruption is the latest since authorities raised its alert level to the third highest (on a scale of 4 levels) in November 2020. Residents are advised to stay 7 kilometers away from the crater. Here is a short video of the event posted on the social networks : https://twitter.com/i/status/1748983947281998314

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Still in Indonesia, Mount Lewotobi‘s Laki Laki Crater spewed ash clouds as high as 700 meters on on January 21st,, as more than 6,500 people fled to shelters. Lava flows from the summit crater continued down the N flank and were almost 4 km long by 23 January. Lava avalanches and pyroclastic flows occasionally descended the N, NW, and SW flanks. The Alert Level remains at 4 (the highest level on a scale of 1-4) and the public is asked to stay outside of the exclusion zone : a 5-km radius around Laki-laki Crater and 6 km from the crater on the N and NE flanks.

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Also on January 21st, Mount Marapi (West Sumatra) erupted again, its third biggest eruption this month. About 500 residents living near the volcano were evacuated.

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Mount Semeru (East Java) released gas clouds and rivers of lava on January 20th,, as did Mount Ibu (Halmahera island) which shot an ash column as high as 1,300 meters above the summit.

Source : CVGHM.

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No new eruption has occurred on the Reykjanes Peninsula (Iceland). Ground uplift, the sign of magma accumulation beneath the surface has accelerated in the Svartsengi area in recent days. The uplift reached up to 8 mm per day, a rate slightly faster than what was observed prior to the volcanic eruption on January 14th, 2024. Seismic activity remains low and is mostly concentrated around Hagafell. Local volcanologists think that reaching the same magma levels as before the last eruption may take weeks, not days.The risk assessment for Grindavík has been updated by the Met Office and downgraded to Orange, with a continued very high risk for ‘crack collapse’.This specific hazard refers to the potential danger posed by hidden cracks under unstable surfaces that could suddenly give way. In contrast, the risk related to ‘fissure movements’ within Grindavík has been reduced. GPS data have shown minimal movement in recent days.

Source : Met Office.

Following the damage undergone by Grindavik (pop. 3,800) whch has been evacuated, the Icelandic government is considering buying out Grindavík homeowners who want to relocate in light of the ongoing volcanic threat to the town. At a press conference ton January 22nd, 2024,, government ministers announced long-term measures are in the works « to relieve Grindavík residents of the financial burden of owning homes in which they cannot live. » The measures are still being finalised but will be put forth in a legislative bill in early February.

At the press conference, the Prime Minister made it clear that the government was considering both buying out Grindavík homeowners so they would have the funds to purchase housing elsewhere, as well as taking on the interest payments on their mortgages to relieve them of that financial burden.

Source : Icelandic news media.

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Signs of unrest continue at Ahyi Seamount (Mariana Islands / USA). Plumes of discolored water extending 4-4.5 km from the summit area have been identified in satellite images. The Aviation Color Code remains at Yellow (level 2 on a four-color scale) and the Volcano Alert Level remains at Advisory (level 2 on a four-level scale).

Soiurce : USGS.

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Increased seismicity is observed at Bulusan (Philippines). Volcano-tectonic earthquakes, associated with rock fracturing have been located at depths of 2-4 km beneath the SW flank on 22-23 January. Both the SE and SW flanks have been inflated since February 2023. PHIVOLCS reminds the public not to enter the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

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As more and more people visit national parks across the U.S., the National Park Service has had to adapt its entry system to ensure the preservation of outdoor spaces. To go to some of the most popular national parks, people are required to make a reservation in advance, and two popular areas of Mount Rainier National Park have just joined that list.

Starting May 24th, 2024,, visitors will need a reservation to enter the Paradise Corridor through the park’s Nisqually or Stevens Canyon entrances from 7 a.m. to 3 p.m.; beginning in July, visitors entering the Sunrise Corridor through the White River entrance will also need to have a reservation. Reservations cost $2 per vehicle on top of the usual park entrance fees and will be valid for a two-hour window. The program runs through September 2nd, when the summer season begins to die down. Bookings for Paradise Corridor will open on February 21st, while reservations for Sunrise Corridor will be available starting April 1st.

Other national parks that have been using this system include Glacier, Arches, Yosemite, Rocky Mountain, Zion, and Muir Woods.

Source : National Park Service.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Grindavik : un casse-tête pour le gouvernement islandais // Grindavik : a headache for the Icelandic government

Grindavik a été évacuée le 10 novembre 2023. En raison de la sismicité, des fissures et de l’éruption du 14 janvier qui a détruit trois maisons, le petit port de pêche est devenu trop dangereux. L’état d’incertitude sur la péninsule de Reykjanes pourrait encore durer plusieurs années.
Les volcanologues préviennent qu’Hafnarfjörður est un autre secteur susceptible d’être menacé par des éruptions qui pourraient aussi survenir dans la région de Hengill, avec une sérieuse menace pour Hveragerði. Ce serait un problème plus grave que la situation actuelle sur la péninsule de Reykjanes, car les centrales électriques de Hellisheiði et de Nesjavellir se trouveraient dans la zone sensible. Cela pourrait affecter l’arrivée d’eau chaude et donc le chauffage dans la région de Reykjavik. C’est la raison pour laquelle il a été conseillé au gouvernement islandais de commencer à planifier des mesures au cas où une éruption se produirait dans ces régions.

Canalisation à Hellisheiði (Photo: C. Grandpey)

En ce qui concerne Grindavík, l’avenir à long terme de la ville reste incertain. C’est pourquoi certains habitants ont choisi de vivre ailleurs en Islande. Beaucoup vivent chez des proches, dans des résidences d’été ou même dans des caravanes en plein hiver. Le gouvernement islandais envisage de racheter les habitations à leurs propriétaires afin qu’ils disposent des fonds nécessaires pour acheter un logement ailleurs.
La situation à Grindavík est une situation inédite pour les autorités islandaises. En termes de menace volcanique pour les habitations, la dernière catastrophe de ce type fut l’éruption de l’Eldfell en janvier 1973, sur l’île d’Heimaey. A cette époque, la lave et les cendres ont détruit quelque 400 maisons et déplacé 5 300 personnes. Pour rappel, Grindavík héberge quelque 3 700 habitants. Les opérations d’arrosage de la lave visant à l’empêcher d’atteindre le port d’Heimaey ont duré des mois, et les opérations de déblaiement des scories ont duré longtemps après. Les opérations de refroidissement de la lave ont pris fin en juillet 1973 et, à la fin de 1975, la population d’Heimaey représentait 85 % de ce qu’elle était avant l’éruption de l’Eldfell. Aujourd’hui, on compte 4 500 habitants.

Source: Wikipedia

La population de Grindavik, quant à elle, représente 1 % de la population islandaise. Il est à craindre que le projet du gouvernement de racheter les habitations ou les prêts immobiliers ne déclenche une vague d’augmentation des prix. Après l’éruption dans les îles Westman en 1973, l’inflation est devenue incontrôlable. S’agissant de la situation de Grindavik, la Première ministre a déclaré : «Notre objectif est de résoudre ce problème d’une manière qui ne menace pas la stabilité des prix.»
L’inflation en Islande est actuellement de 7,7 %, soit plus de trois fois l’objectif de la banque centrale. Le marché immobilier est tendu ; la banque centrale a relevé ses taux à 9,25 % et on craint que les prochains accords salariaux ne déclenchent une spirale salaires-prix. L’immobilier résidentiel souffre toujours d’un manque d’investissement suite à la crise financière qu’a connue l’Islande il y a 15 ans. Les problèmes sont désormais exacerbés par le tourisme qui est une source clé de devises étrangères pour le pays. De nombreux appartements ont été transformés en résidences Airbnb, ce qui contribue à la hausse des prix de l’immobilier. L’augmentation annuelle d’environ 2 % des prix de l’immobilier peut être attribuée au nombre croissant appartements Airbnb au cours des trois dernières années, ce qui représente 15 % de la hausse des prix des logements résidentiels au cours de cette période.
Source  : médias d’information islandais.

Grindavik reste sous la menace d’une éruption (Crédit photo: Iceland Review)

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Grindavik was evacuated on November 10th, 2023. Because of the seismicity, the fissures and the 14 January eruption that destroyed three houses, the small fishing port has become very unsafe. The state of uncertainty in the Reykjanes Peninsula may still last several years.

It is believed that another challenging area in the future might be Hafnarfjörður. Another hypothesis is that eruptions may occur in the Hengill area, which would mean that Hveragerði could be at risk. It would be a bigger problem than it is now on the Reykjanes Peninsula because Hellisheiði Power Station and Nesjavellir Power Station would be in the danger zone. It could affect the heating supply in the capital area. This is the reason why the Icelandic government is advised to start planning measures in case an eruption occurs in these regions.

As far as Grindavík is concerned, the long-term future of the town remains uncertain. As a consequence, some residents have opted to live elsewhere in Iceland. Many are staying with relatives, in summer houses or even in trailers in the middle of winter. The Icelandic government is considering buying out Grindavík homeowners so they would have the funds to purchase housing elsewhere.

The situation in Grindavík is one Icelandic authorities have not seen before. In terms of volcanic threats to human habitations, the last such disaster was the January 1973 eruption of Eldfell, on the island of Heimaey in the Westmann Islands. At that time, lava and ash destroyed some 400 homes, displacing 5,300 people. For context, Grindavík is home to some 3,700 people. Cooling operations to keep the lava from reaching the island’s harbour lasted for months, and digging operations for long after that. Cooling operations ended by July 1973, and by the end of 1975, the population of Heimaey was 85% of what it was before Eldfell erupted. Today, it is home to 4,500 people.

The population of Grindavik makes up 1% of Iceland’s population. It is feared that the government’s plan to buy out homeowners might set off a spout of price increases. After the 1973 Westman Islands eruption, inflation went out of hand. As far as the situation of Grindavik is concerned, the Prime Minister said :“Our goal is that we tackle this in a manner which will not threaten the price stability.”

The current inflation in Iceland is at 7.7%, more than three times the central bank’s target. The housing market is already strained, the central bank has raised rates to 9.25% and there are concerns upcoming pay deals could spark a wage-price spiral. Residential property still suffers from a lack of investment following the country’s financial meltdown 15 years ago. Problems are now exacerbated by tourism, which has since become a key source of foreign currency for the small Nordic country. Many apartments have been turned into Airbnb residences, which contributes to rising real estate prices. About 2% annual increase in real house prices can be attributed to the growth in Airbnb apartments over the past three years which accounts for 15% of the rise in real prices of residential housing during the period.

Source : Icelandic news media.

Grindavik reste sous la menace d’une éruption (Crédit photo: Iceland Review)

Islande : intrusion magmatique, déplacement et affaissement du sol // Iceland : magma intrusion, ground displacement and subsidence

Comme je l’ai écrit précédemment, le soulèvement du sol a repris dans le secteur de Svartsengi après l’éruption du 14 janvier 2024, tout comme après celle du 18 décembre 2023. Cela signifie que le magma continue d’alimenter l’intrusion qui a provoqué les éruptions. La vitesse de soulèvement du sol semble être plus significative qu’avant la dernière éruption et il est fort probable que le magma continue de s’accumuler dans la même chambre magmatique. Le Met Office explique que, tant que le magma continue de s’accumuler, il y a le risque d’une nouvelle intrusion et, par conséquent, d’une autre éruption. Cependant, les volcanologues islandais ne savent pas combien de temps mettra la lave pour percer la surface. Depuis le début de l’intrusion le 10 novembre 2023, il a fallu attendre environ un mois pour qu’une éruption se déclenche le 18 décembre 2023, puis le 14 janvier 2024. Est-ce à dire qu’une nouvelle éruption se produira vers la mi-février ? L’avenir le dira.
Le Met Office explique que si le magma s’accumule en quantité suffisante sous le secteur de Svartsengi – la source probable de l’intrusion – il commencera à s’écouler vers l’est sous la chaîne de cratères de Sundhnúksgígaröð. Les scientifiques rappellent que le 10 novembre, il y a eu la formation d’un impressionnant dyke magmatique de 15 km de long. Le 18 décembre, le magma s’est déplacé vers le nord le long du dyke et le 14 janvier, vers le sud.

 

Eruption du 18 décembre 2023

Eruption du 14 janvier 2024

Des déplacements et des affaissements du sol sont observés là où le magma se rapproche de la surface. Ce phénomène a été constaté lors d’une campagne de mesures aériennes effectuée le 15 janvier au-dessus de la région de Grindavik. Sur une nouvelle carte publiée par le Met Office le 16 janvier 2024, un nouveau graben – ou vallée d’affaissement – est visible à l’est de l’ancien graben du 10 novembre. Ce nouveau graben, d’une largeur de 800-1000 mètres avec un affaissement atteignant 30 centimètres, s’étire dans la partie orientale de la ville, vers le sud et jusqu’à la mer. L’éruption du 14 janvier s’est produite à l’ouest de ce graben.

 

Source : Met Office islandais.

Les résultats des mesures aériennes démontrent que des fissures se sont également formées dans la partie orientale de Grindavik. Il y a des fissures anciennes, mais elles ont subi des contraintes. Un affaissement de plus d’un mètre s’est produit dans la partie est de la ville. L’élargissement du nouveau graben est estimé à 1,40 mètres.

 

Les scientifiques pensent que la même quantité de magma s’est écoulée sous Svartsengi lors de l’intrusion du 14 janvier que lors de l’éruption du 18 décembre.
Personne ne sait ce qui va se passer maintenant en cas de nouvelle intrusion magmatique. A noter que la rupture d’un câble électrique sous la lave  câble a provoqué une panne de courant à Grindavík le 19 janvier. Des efforts ont été déployés pour rétablir le courant à l’aide d’un générateur de secours.
On se souvient que l’électricité et l’eau chaude ont été coupées à Grindavík le week-end dernier lorsqu’une éruption a commencé près de la ville. L’eau chaude et l’électricité ont été rétablies dans la majeure partie de la ville, mais l’électricité a de nouveau été coupée le 19 janvier.
La formation de nouvelles crevasses à Grindavík rend la situation de la ville de plus en plus précaire.
Source : Met Office islandais.

Carte de risques actualisée le 19 janvier 2024 (Source: Met Office)

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As I put it before, the ground uplift started again in the Svartsengi area after the January14th, 2024 eruption, just like it did atter the December 18th, 2023 event. This means that more magma is feeding the intrusion that caused the eruptions. The speed of the land rise seems to have become higher than before the last eruption and it is most likely that magma continues to accumulate in the same magma chamber as before. The Met Office informs us that as long as magma continues to accumulate, there is a chance of another magma intrusion, and, thereby, another eruption. Howeever, Icelandic volcanologists do not know how long it will take for lava to pierce the surface. This has been a fairly regular event since about November 10th, 2023. It took about a month for an eruption to occur on December 18th, 2023, and then on January 14th, 2024. Does this mean that a new eruption will occur around mid-February? Time will tell.

The Met Office explains that if enough magma accumulates under Svartsengi – the likely source of the intrusion – it will begin to flow eastward under the Sundhnúksgígaröð range. The scientists remind us that on November 10th, there was the formation of an impressive magma dyke, 15 km long. On December 18th, the magma moved north along the dyke, and on January 14th it moved south.

Displacement and subsidence have been observed where the magma moves closer to the surface. This could clearly be seen during an aerial measurement carried out on January 15th over the Grindavik area. On a new map released by the Met Office on January 16th, 2024, a new subsidence valley can be seen to the east of the older subsidence valley that appeared on November 10th. This graben, 800-1000 meters wide with a subsidence reaching 30 centimeters, stretches over the eastern part of the town, southward, and down into the sea. The 14 January eruption occurred to the west of this subsidence valley.

The results of the aerial measurement demonstrate that there are cracks that have also formed in the eastern part of Grindavik. These are also old cracks, but they have been strained. And there has been a subsidence of over a metre in the eastern part of the town.

The widening in the new subsidence valley amounts to 1.4 metres. Scientists believe that as much magma flowed under Svartsengi into the magma dyke on January 14th as happened in the eruption on December 18th.

Nobody knows what will happen next in the event of another magma intrusion. A main cable failure under lava caused a power outage in Grindavík on January 19th. Efforts were made to restore power using a backup generator.
Electricity and hot water were cut off from Grindavík last weekend when an eruption began near the town. Hot water and electricity had been restored to most of the town, but the power went out again on January 19th.
The formation of new crevasses in Grindavík has made the situation increasingly precarious in the town.

Source : Icelandic Met Office.