Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Un séisme de M 4,3 a été enregistré sur le Grímsvötn (Vatnajökull / Islande) le 11 janvier 2024. Il s’agit du plus puissant séisme enregistré sur le volcan depuis le début des mesures en 1991. Le niveau de l’eau de la rivière Gígjukvísl a commencé à monter le 10 janvier. Le Met Office a indiqué qu’un jökulhlaup, ou crue glaciaire, avait probablement commencé et que le séisme correspondanit à la chute de la pression causée par la crue. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Jaune.
Le niveau d’eau de la Gígjukvísl a augmenté de manière constante et significative les 11 et 12 janvier avant de se stabiliser les 13 et 14 janvier, signe que la crue glaciaire avait atteint son maximum. Le 15 janvier vers minuit, le sismo du Grímsfjall a commencé à enregistrer une augmentation de la sismicité, probablement due à une hausse de l’activité géothermale, phénomène couramment observé à la fin d’un jökulhlaup.

Crédit photo: IMO

L’éruption qui avait débuté le 14 janvier 2024 sur la péninsule de Reykjanes a pris fin le 16 janvier mais un soulèvement du sol est à nouveau observé dans le secteur de Svartsengi. La probabilité d’une nouvelle éruption à plus ou moins long terme ne peut être exclue. De plus, le Met Office indique le 18 janvier 2024 que, selon  les modèles informatiques, le magma se trouve à faible profondeur à l’extrémité sud de l’intrusion, là où la terre semble être fortement fracturée, ce qui permettrzit au magma d’atteindre plus facilement la surface. Il est donc à craindre que de nouvelles fissures éruptives s’ouvrent sans prévenir.
Source : Met Office islandais.

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Le Marapi (Indonésie) est de nouveau entré en éruption le 14 janvier 2024, avec un volumineux panache de cendres, mais aucune victime n’est à déplorer. La colonne de cendres a atteint environ 1 300 mètres de hauteur, et les retombées de cendres ont recouvert les routes et les véhicules des villages voisins.
Une centaine de personnes avaient été évacuées depuis le 12 janvier, après que les autorités indonésiennes ont relevé le niveau d’alerte du volcan de 2 à 3.
Environ 1 400 personnes vivent sur les pentes du Marapi à Rubai et Gobah Cumantiang, les villages les plus proches, à environ 5 à 6 kilomètres du volcan.
Source : CVGHM.

Panache éruptif du Marapi le  14 janvier 2024 Crédit photo; Magma Indonesia)

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L’activité éruptive a démarré à Ambrym (Vanuatu) les 13 et 14 janvier 2024, conduisant les autorités à relever le niveau d’alerte volcanique de 1 à 3 (éruption mineure) le 14 janvier. L’éruption avait lieu à l’intérieur du Benbow. La zone zone de danger B s’étend actuellement sur environ 2 km autour du Benbow et 4 km autour des cratères du Marum.
De plus, une zone de danger s’étend sur 500 m autour des fractures au sud-est d’Ambrym, qui se sont ouvertes lors de l’éruption de 2018.
A la mi-janvier, l’activité volcanique se caractérisait par une forte incandescence au niveau du Benbow, de puissantes explosions et l’émission de gaz et de vapeur. La probabilité que l’activité évolue vers une éruption modérée (niveau 4) était considérée comme faible.

L’activité a diminué du 15 au 17 janvier 2024 au vu des images webcam, des données sismiques et des observations sur le terrain. Le niveau d’alerte a été abaissé à 2 le 17 janvier.
Les épisodes d’activité récents incluent des événements survenus en octobre 2021 au cratère Marum et en janvier 2022 au cratère Benbow. Dans les deux cas, on a observé des coulées de lave à l’intérieur des cratères actifs.
Source : GeoHazards.

Source : VMGD

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Des signes d’activité ont été observés au niveau du volcan sous-marin Ahyi (Îles Mariannes / USA) ces dernières semaines. Des zones d’eau décolorée s’étendant jusqu’à 10 km de la bouche active ont été observées dans les données satellitaires le 24 décembre 2023 et de nouveau les 4 et 10 janvier 2024. La couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) et le niveau d’alerte volcanique a été relevé à Advisory – surveillance conseillée – (niveau 2 sur une échelle de quatre niveaux) le 14 janvier en raison de la probabilité d’une éruption. Aucune activité significative n’a été observée dans les données satellitaires du 15 au 17 janvier.
Source : U.S. Geological Survey.

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L’éruption se poursuit au niveau du cratère Laki-laki du Lewotobi (Île de Flores / Indonésie). Des panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du sommet. Des coulées de lave de deux kilomètres de longueur émises par le cratère sommital continuent de progresser sur le flanc N. Le 14 janvier, quatre coulées pyroclastiques ont parcouru jusqu’à 1 km sur les flancs NE, N et NNO et des avalanches de matériaux ont parcouru 1,5 à 2 km sur le flanc NE. La zone d’exclusion a été étendue à 5 km du cratère Laki-laki et à 6 km sur les flancs N et NE dans la soirée du 16 janvier. Le niveau d’alerte reste à 4 (le plus élevé sur une échelle de 1 à 4).
Source : PVMBG.

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De petites éruptions phréatiques sont encore observées sur le Poás Costa Rica). Les projections de sédiments ne dépassent pas 200 m au-dessus de la surface du lac et produisent des panaches de vapeur et de gaz qui ne dépassent pas 500 m de hauteur. Dans un bulletin spécial, l’OVSICORI a indiqué que les émissions de gaz et de vapeur ainsi que la sismicité avaient commencé à augmenter au cours du second semestre 2023. Le niveau du lac a baissé depuis octobre 2023 et les événements éruptifs sont devenus plus fréquents et plus puissants en décembre. Une éruption phréatique le 11 janvier 2024 a été l’événement le plus significatif enregistré entre décembre 2023 et janvier 2024.
Source : OVSICORI.

Exemple d’éuption phréatique sur le Poas

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Trinité-et-Tobago est le pays insulaire le plus méridional des Caraïbes. Trinidad est connue depuis longtemps pour ses volcans de boue, et plusieurs d’entre eux sont devenus des attractions touristiques. Une vingtaine de volcans de boue ont été identifiés dans la partie sud de Trinidad, à proximité des réserves de pétrole et de gaz, mais aucun volcan de boue n’est observé dans l’île sœur de Tobago. L’un des volcans de boue les plus connus de Trinidad, Piparo, est entré en éruption en 1997 et a obligé l’évacuation de centaines d’habitants.
Aujourd’hui, des scientifiques s’intéressent à un nouvel ensemble de petits volcans de boue découverts récemment dans la partie orientale de Trinidad, ce qui a incité les autorités à préparer des plans d’évacuation. L’un de ces volcans de boue est entré en éruption le 11 janvier 2024 dans la région de Cascadoux Trace. Aucun blessé ni dégât n’a été signalé, même si quelques familles ont été évacuées.
Au moins cinq nouveaux cratères de volcans de boue ont été découverts depuis l’éruption du 11 janvier.
Source : ABC News.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

An M 4.3 earthquake occurred at Grímsvötn (Iceland) on 11 January 2024. Itt was the largest earthquake recorded at the volcano since measurements started in 1991. The water level in the Gígjukvísl River began to rise on 10 January. The Met Office indicated that a jökulhlaup, or glacial outburst flood, had likely begun and that the earthquake was in response to pressure release from the flood. The Aviation Color Code was raised to Yellow.
Water levels in the Gígjukvísl River steadily and significantly increased during 11-12 January and stabilized during 13-14 January, signifying that the glacial flood had reached its peak. Around midnight on 15 January the seismometer at Grímsfjall began recording increased tremor, which was likely due to increased geothermal activity and is commonly observed at the end of a jökulhlaup.

The eruption that started on January 14th, 2024 on the Reykjanes Peninsula came to an end of 16 January but ground uplift is again observed in the Svartsengi area. The likelihood of another eruption sooner or later cannot be excluded. According to the Met office’s latest report (January 18th, 2024),  computational models show that magma lies shallow at the southern end of the conduit, where the land appears to be heavily fractured, making it easier for the magma to reach the surface. Therefore, there is a continued likelihood that new eruptive fissures may open without warning.

Source : Icelandic Met Office.

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Mount Marapi (Indonesia) erupted again on January 14th, 2024, spewing an ash plume high into the air, but no casualties were reported. The ash column reached about 1,300 meters, with ashfall blanketing roads and vehicles in nearby villages.

At least 100 residents had been evacuated since January 12th,after Indonesian authorities raised the alert level of the volcano from Level 2 to Level 3,

About 1,400 people live on Marapi’s slopes in Rubai and Gobah Cumantiang, the nearest villages about 5 to 6 kilometers from the volcano.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity started at Ambrym (Vanuatu) on January 13th-14th, 2024, leading authorities to raise the Volcanic Alert Level from 1 to 3 (Minor eruption) on January 14th. The eruption was taking place inside the Benbow crater, with a Danger Zone B extending approximately 2 km around Benbow and 4 km around Marum craters.

Additionally, a hazard zone currently extends 500 m from major cracks to the southeast of Ambrym, which opened during the 2018 eruption.

The volcanic activity was characterized by a strong glow, loud explosions, and the emission of gas and steam. The likelihood of volcanic activity escalating to a moderate eruption (Level 4) was considered low.

Activity decreased during 15-17 January 2024 based on webcam images, seismic data, and field observations. The Alert Level was lowered to 2 on January17th.

Recent episodes of unrest include events in October 2021 at Marum crater and January 2022 at Benbow crater, both resulting in lava flows within the active craters.

Source : GeoHazards.

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Signs of unrest at Ahyi Seamount (Mariana Islands / USA) were observed during the past few weeks. Plumes of discolored water drifting as far as 10 km from the vent were identified in satellite data on 24 December 2023 and again on 4 and 10 January 2024. The Aviation Color Code was raised to Yellow (level 2 on a four-color scale) and the Volcano Alert Level was raised to Advisory (level 2 on a four-level scale) on 14 January because the likelihood of an eruption had increased. No unusual activity was observed in satellite data during 15-17 January.

Source: US Geological Survey.

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The eruption at Lewotobi’s Laki-laki volcano (Flores Island / Indonesia) continues. Dense ash plumes rise as high as 2 km above the summit. Two-kilometer-long lava flows from the summit crater continue to advance down the N flank. On 14 January, four pyroclastic flows traveled up to 1 km down the NE, N, and NNW flanks and lava avalanches traveled 1.5-2 km down the NE flank, The exclusion zone was increased to 5 km from the Laki-laki Crater and 6 km from the crater on the N and NE flanks during the evening of 16 January. The Alert Level remains at 4 (the highest level on a scale of 1-4).

Source : PVMBG.

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Small phreatic eruptions are still observed at Poás Costa Rica). They eject sediment no more than 200 m above the lake’s surface and produce steam-and-gas plumes that rise no higher than 500 m. In a special report OVSICORI noted that both gas-and-steam emissions and seismicity began to increase during the second half of 2023. The lake level had been decreasing since October 2023 and eruptive events became more frequent and powerful in December. A phreatic eruption on 11 January 2024 was the largest event recorded during December 2023-January 2024.

Source : OVSICORI.

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Trinidad and Tobago is the southernmost island country in the Caribbean. Trinidad has long been known to have mud volcanos, and several of them have become tourist attractions. A total of nearly two dozen mud volcanoes have been identified in the southern region of Trinidad near oil and gas reserves, although none in the sister island of Tobago. One of Trinidad’s most well-known mud volcanoes, Piparo, erupted in 1997 and forced the evacuation of hundreds of residents.

Today, experts are analyzing a new set of small mud volcanoes discovered in recent days in the eastern part of Trinidad that have prompted authorities to prepare evacuation plans. One of these mud volcanoes erupted on January 11th, 2024 in the Cascadoux Trace area. No injuries or damage were reported, although a handful of families were evacuated.

At least five other new mud volcano craters have been discovered since the 11 January eruption.

Source : ABC News.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Eruptions en Islande : pas d’impact sur le tourisme // Eruptions in Iceland : no impact on tourism

Il aurait été hasardeux d’acheter un billet d’avion pour l’Islande pour assister aux éruptions de décembre 2023 et janvier 2024. Le temps d’arriver sur l’île et l’éruption était terminée ! Les derniers événements ont été très brefs (pas plus de deux jours). De plus, l’accès aux sites éruptifs était dangereux, restreint ou totalement interdit. Les événements du 14 janvier menaçaient Grindavik – qui avait été évacuée quelques heures auparavant – et toutes les routes menant à la ville étaient fermées. Le point positif est que l’on a pu suivre le déroulement de l’éruption depuis son fauteuil grâce aux caméras judicieusement installées qui fournissaient d’excellentes images en direct et en streaming. Si seulement les autorités françaises pouvaient s’en inspirer lors des prochaines éruptions du Piton de la Fournaise à la Réunion !
Grindavik n’étant pas une destination touristique de premier plan, les éruptions n’ont pas eu peu d’impact sur les projets de voyage en Islande. De plus, les vols à destination ou en provenance de l’Islande n’ont pas été affectés. Le gouvernement continue de demander aux Islandais et aux touristes étrangers de ne pas s’approcher de la zone éruptive qui est toujours en état d’urgence et fermée à toutes les personnes non autorisées.
Contrairement à l’éruption de 2010 qui a cloué au sol des milliers de vols, les éruptions dans la région de Grindavik ne devraient pas générer de gros nuages de cendres en raison de la situation géographique des fractures.
Suite à l’éruption de janvier, l’un des pôles touristiques emblématiques d’Islande a de nouveau fermé ses portes. Le Blue Lagoon, situé sur la péninsule de Reykjanes à moins de 5 kilomètres de Grindavik, est fermé aux visiteurs jusqu’au 18 janvier 2024. Le site a été fermé par intermittence depuis qu’une menace d’éruption a été détectée pour la première fois en novembre.
La Croix-Rouge collecte des fonds pour les habitants de Grindavik victimes de l’éruption. Les dons seront alloués directement aux habitants pour les aider à reconstruire leurs maisons et à répondre à des besoins immédiats. Un comité spécial a été mis en place, avec des représentants de la Croix-Rouge, de la ville de Grindavik et le prêtre de Grindavik, pour s’assurer que les fonds parviennent bien aux personnes dans le besoin.
Personne ne sait comment évoluera la situation sur la péninsule de Reykjanes. Le Met Office indique qu’un soulèvement du sol est à nouveau observé dans le secteur de Svartsengi, ce qui tend à montrer que le magma s’accumule à une profondeur de quatre à cinq kilomètres dans la même chambre magmatique. Si tel est le cas, il faut s’attendre tôt ou tard à une nouvelle éruption .

Les webcams ont permis de suivre les éruptions en direct

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It would have been hazardous to buy plane tickets to Iceland to go and watch he December and January eruptions. The time to arrive on the island and the eruption was over ! The events were very short (not more than two days) and access to the eruption sites was dangerous, restricted or totally forbidden. The January 14th event was threatening Grindavik – which had been evacuated a few hours before – and all roads leading to the town were closed. The good point was that the judiciously installed cameras allowed to get excellent live views of the eruption. If only Fench authorities could imitate the Icelanders when eruptions occur at Piton de la Fournaise on Reunion Island !

Because Grindavik is not a popular tourist destination, the eruptions have had little impact on travel plans to Iceland. Additionally, flights into or out of Iceland have not been affected. The government is still warning people not to approach the area, which is still under a state of emergency and closed to all civilians and residents.

Unlike Iceland’s 2010 eruption that grounded thousands of flights, eruptions in the Grindavik area are not expected to produce large clouds of ash due to the geographic location of the fissures.

Following the January eruption, one of Iceland’s iconic tourist attractions has shut down once again. The Blue Lagoon, which is located on the Reykjanes peninsula less than 5 kilometers from Grindavik, is closed to visitors until January 18th, 2024. The lagoon has been closed on and off since the threat of an eruption was first detected in November.

The Red Cross is raising money for the affected residents. Donations will be allocated directly to residents in Grindavik to help rebuild homes and meet other immediate needs. The organization has assembled a special allocation committee—made up of representatives from the Red Cross, the town of Grindavik, and the local priest in Grindavik—to ensure the funds reach people in need.

No one knows how the situation on the Reykjanes Peninsula will evolve. The Met Office indicates that ground uplift is again observed in the Svartsengi area, which tends to show that magma is accumulating at a depth of four to five kilometers in the same magma chamber. If that is the case, one should expect another eruption sooner or later.

Islande, la Terre en mouvement 

France 2 a diffusé un document intéressant intitulé « Islande, la Terre en mouvement » qui nous montre la situation sur la péninsule de Reykjanes entre le début de l’activité sismique en novembre 2023 et l’éruption du 18 décembre de cette même année.

https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-le-samedi-islande-la-terre-en-mouvement_6268131.html

Le début du document, avec les témoignages des habitants de Grindavik et les vues des fractures qui parcourent la ville est particulièrement émouvant. On se rend parfaitement compte de l’épée de Damoclès au-dessus de ce petit port de pêche. On comprend comment une fissure éruptive a pu s’ouvrir le 14 janvier 2024 aux portes de la ville qui avait été évacuée avant cet événement. L’avenir de Grindavik est très incertain car les instruments de mesure indiquent que l’intrusion magmatique reste active sous la ville. De nouvelles émissions de lave ne sont pas impossibles au milieu des maisons. On comprend la tristesse des habitants qui sont désemparés devant les forces de la nature et ont abandonné leurs habitations.

Pour le reste, le document montre de belles images de l’île. On nous explique que les glaciers fondent, ce qui pourrait avoir une influence sur l’activité volcanique. En s’allégeant, la masse de glace qui recouvre les volcans pourrait favoriser leur réveil. Le conditionnel est de mise car nous ne possédons pas suffisamment de recul pour savoir si ce ‘rebond isostatique » augmentera le nombre des éruptions.

Pour le moment, la véritable question est de savoir comment va évoluer la situation éruptive sur la péninsule de Reykjanes. Grindavik est-elle une ville condamnée à jamais ?

Crédit photo : médias islandais

1783 : une année sans été en Alaska // 1783 : a year without a summer in Alaska

L’une des éruptions les plus dévastatrices de l’histoire a été celle du Laki, dans le sud-est de l’Islande. Pendant huit mois en 1783, cette éruption fissurale a émis des coulées de lave et vomi des gaz nocifs dans l’atmosphère. Un quart de la population islandaise a péri. Les gaz riches en soufre qui se sont répandus à la surface de la Terre ont réfléchi les rayons du soleil, provoquant une baisse des températures dans de nombreux endroits.

Vue de Lakagigar, la fissure éruptive du Laki (Photo: C. Grandpey)

Des chercheurs ont analysé les cernes de troncs d’épinettes blanches en Alaska et ont conclu que l’éruption du Laki avait aussi été une catastrophe pour les habitants du nord-ouest de cet Etat. Ces gens ne savaient pas pourquoi juillet avait pris des allures de novembre cette année-là.
Une scientifique du laboratoire d’analyse des cernes des arbres de l’Observatoire Lamont-Doherty à New York a raconté l’histoire de l’année sans été en Alaska. Elle a montré une photo des cernes sur le tronc d’une épinette blanche prélevée en Alaska. Au milieu d’une série de lignes sombres, on en distingue une plus claire qui correspond à l’année 1783.

Forêt d’épinettes (spruce trees), arbres emblématiques de l’Arctique (Photo: C. Grandpey)

En juin 1940, un archéologue et ingénieur des mines prit l’avion entre Fairbanks et Allakaket. Une fois arrivé dans ce petit village, il se dirigea vers le cours supérieur de la rivière Kobuk où il a confectionna un radeau en rondins. Il descendit la rivière, tout en prélevant des échantillons d’arbres en cours de route et en s’arrêtant sur des sites archéologiques.
À l’embouchure de la Kobuk, il tourna à droite et remonta la rivière Noatak. Il atteignit ensuite la péninsule de Seward et termina son expédition scientifique dans la ville de Haycock, non loin du village actuel de Koyuk. À l’automne 1940, l’archéologue rédigea sa thèse qui mettait en évidence ses remarquables travaux sur le terrain à partir des centaines d’échantillonsd’arbres qu’il avait collectés.
Un demi-siècle plus tard, les scientifiques de Lamont-Doherty ont utilisé certains de ses échantillons. Avec d’autres enregistrements de cernes d’arbres recueillis en Alaska et les données fournies par des stations météorologiques archivées à l’Université d’Alaska et ailleurs, les chercheurs ont reconstitué les températures estivales de l’Alaska de la fin des années 1600 à nos jours. Ils ont estimé que la moyenne des températures en Alaska de mai à août était normalement d’environ 11,6°C pendant la majeure partie de cette période. En 1783, la température moyenne de mai à août était d’environ 6,6°C.
Pour montrer l’aspect exceptionnel de l’année 1783, les scientifiques de Lamont-Doherty ont également cité un livre dans lequel sont répertoriées des traditions orales de peuples autochtones du nord-ouest de l’Alaska. L’ouvrage raconte quatre vieilles légendes, chacune liée à la quasi-extinction de tous les êtres vivants dans le nord-ouest de l’Alaska. Les deux premiers événements décrits dans le livre étaient trop anciens pour que les chercheurs puissent en tenir compte. Le quatrième événement était l’épidémie de grippe espagnole qui, en 1918, frappa durement l’Alaska et le reste du monde. La troisième calamité dans le nord-ouest de l’Alaska était liée à l’éruption islandaise. Cette année-là (probablement 1783), au printemps, les oiseaux migrateurs étaient revenus en Alaska et tout semblait normal… jusqu’à la fin du mois de juin. On peut lire que  » tout d’un coup, le temps est devenu froid… et les gens ne pouvaient plus aller chasser ni pêcher. » En quelques jours, les lacs et rivières, récemment dégelés, ont gelé de nouveau. Le temps chaud n’est revenu qu’au printemps (début avril) de l’année suivante.
Source : Anchorage Daily News.

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One of the most devastating eruption in history was that of Laki Volcano in south-east Iceland. For eight months in 1783, a fissure eruption spewed lava and belched noxious fumes into the atmosphere. One-quarter of the Icelandic population died. The sulfur-rich gases that spread worldwide reflected the sun’s rays, causing temperatures to drop and making many places on Earth cooler.

Using evidence held in white spruce trees, researchers think the Laki eruption was a catastrophe for northwest Alaska residents who had no idea why July turned into November that year.

A scientist from the tree-ring lab at Lamont-Doherty Earth Observatory in New York told the story of Alaska’s year without a summer. She displayed a photo of tree rings from a white spruce tree from Alaska. Amid a series of dark lines is a faint one that lines up with the year 1783.

In June of 1940, an archaeologist and mining engineer, flew from Fairbanks to Allakaket. Once in that small village, he travelled to the headwaters of the Kobuk River where he lashed together a log raft. He floated it down the river, taking tree cores along the way and stopping at known and possible archaeological sites.

At the mouth of the Kobuk, he turned right and traveled up the Noatak River. Then, he went on to the Seward Peninsula and finished his scientific journey in the town of Haycock, not far from today’s village of Koyuk. In the autumn of 1940, the archaeologist wrote his master’s thesis, detailing his remarkable season of fieldwork and the hundreds of tree cores he acquired.

Half a century later, scientists at Lamont-Doherty used some of his samples. With other tree-ring records gathered in Alaska and the real weather-station data gathered at the University of Alaska and other places, the researchers reconstructed Alaska summer temperatures from the late 1600s to the present. They figured average Alaska temperatures from May to August were about 11.6°C for most of that time. In 1783, the May to August average temperature was about 6.6°C.

To further show the weirdness of 1783, the Lamont-Doherty scientists also cited a book of oral traditions from Natives of northwest Alaska. It describes four ancient legends, each linked to the near-extinction of everyone living in northwest Alaska. The first two events were too far back for the researchers to imagine what they might have been. The fourth and most recent disaster was the influenza epidemic of 1918 that hit Alaska and the rest of the world so hard. In between, the third calamity in northwest Alaska was linked to the Iceland eruption. That year (perhaps 1783), in the springtime migratory birds had returned to Alaska and all seemed normal, until after June passed. Then, on can read in the book : “suddenly it turned into cold weather … and people could not go out hunting and fishing. In a few days, the lakes and rivers, recently thawed, froze over. Warm weather did not return until spring (early April) of the next year.”

Source : Anchorage Daily News.