Eruption du Kilauea en 2018 : Le dyke de la Lower East Rift Zone

Même si l’éruption dans la Lower East Rift Zone (LERZ) du Kilauea est terminée depuis environ un an, de la vapeur s’échappe du sol dans de nouveaux endroits ou réapparaît dans d’autres. De plus, la végétation continue de mourir en raison de la chaleur et de la vapeur qui persistent dans les zones fracturées. Certains habitants redoutent la poursuite ou la réapparition d’une nouvelle activité volcanique, car ils perçoivent en permanence la chaleur, la vapeur et les odeurs dans la zone de l’éruption.

Dans un article récent, le HVO a donné des explications sur la profondeur possible du dyke à l’origine de l’éruption de 2018 dans la LERZ. En géologie, un dyke est une structure tabulaire allongée parallèle à la zone de rift. Elle est alimentée par le magma en provenance des profondeurs dans la partie centrale de la zone de rift.
Entre le 5 et le 7 mai 2018, alors que les fractures 7 à 12 s’ouvraient dans les Leilani Estates, le revêtement de la Highway 130 s’est fissuré et a commencé à s’affaisser. La zone a immédiatement été envahie par des nuages très denses de vapeur et de SO2.
Lorsque le magma pénètre dans un dyke, il fait s’écarter les roches environnantes pour atteindre la surface. Cela fait s’affaisser le sol directement au-dessus du dyke et se soulever le sol situé de part et d’autre.
Tandis que le dyke continue de se déplacer vers la surface, l’affaissement au-dessus progresse et forme une dépression linéaire avec des parois bien définies. C’est ce que les géologues appellent un graben. En 2018, la Highway 130 a connu un affaissement, mais aucun graben ne s’est formé en travers de la route.
Dès que la Highway 130 s’est affaissée et que l’on a observé une augmentation des émissions de chaleur et de gaz, les équipes du HVO sur le terrain ont dénombré 10 fractures majeures en train de s’ouvrir sur la route. L’extension maximale mesurée sur ces 10 fractures a été de 21,5 centimètres sur deux jours. Les géologues n’ont plus été en mesure de continuer à mesurer la largeur des fractures car des plaques d’acier ont été disposées sur les fractures pour maintenir la route ouverte et permettre aux véhicules de circuler.
L’affaissement de la route et l’apparition de fractures, ainsi que l’augmentation des émissions de chaleur et de gaz, signifiaient que le magma remontait vers la surface sous la Highway 130. Parallèlement, de nouvelles fractures se sont ouvertes à proximité de la route.
Même si les fractures étaient dissimulées par les plaques d’acier, les géologues du HVO ont eu recours à d’autres moyens pour déterminer ce qui se passait sous la route. L’affaissement du sol au niveau de la Highway 130 et dans les terrains environnants a fourni aux scientifiques des informations précieuses sur la localisation du magma.
Les volcanologues procèdent depuis des décennies à des calculs théoriques sur la déformation du sol autour d’un dyke. Les modélisations déjà effectuées montrent que la distance horizontale entre deux sections de sol surélevées au-dessus d’un dyke est directement liée à la profondeur du dyke sous la surface du sol.
Sur la Highway 130, le sol s’est légèrement surélevé dans la zone des fractures 3 et 8, distantes d’environ 100 mètres. Entre ces deux fractures, le sol s’est affaissé. La fracture 5 se trouvait au milieu de l’affaissement, à environ 50 mètres de la fracture 8 au nord et de la fracture 3 au sud.
En utilisant le modèle susmentionné, on peut déterminer à quelle distance le magma s’est approché de la surface là où la Highway 130 s’est fracturée et affaissée en 2018. Sur la base d’une distance de 100 mètres entre les parties surélevées de part et d’autre de la zone d’affaissement, le bord supérieur du dyke devait se situer entre 50 et 100 mètres environ sous la route.
Heureusement, la partie du dyke située sous la Highway 130 n’a pas eu assez d’énergie pour atteindre la surface. Maintenant que la partie supérieure du dyke est probablement solidifiée, le magma de 2018 situé juste sous la surface de la route et des terrains environnants restera en place sous forme de roche dans le sol.

Source : USGS / HVO.

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Even though Kilauea Volcano’s Lower East Rift Zone (LERZ) eruption has been over for about a year, steam continues to appear in new places or reappear in old places, and vegetation continues to die because of lingering heat and steam in areas of the 2018 fissures. Some residents are concerned about continuing, or potentially new, volcanic activity because they are feeling, seeing and smelling the heat, steam and odours that remain in the area.

In a recent article, USGS HVO examined how deep the intrusive body of magma – or dike – that fed the 2018 LERZ eruption might be. Geologists define a dike as an elongated, tabular body that runs parallel to the rift zone. It is fed by magma from deeper within the rift zone core.

Between May 5th and 7th, 2018, when fissures 7 through 12 were opening in the Leilani Estates, the pavement on Highway 130 cracked and began to sag. As it did, the area was immediately engulfed in steam and SO2 gas, so much so that you could not see across the road.

As magma rises in a dike, it pushes the surrounding rock apart to reach the surface. This causes the ground directly above the dike to sink and ground on either side of the dike to lift.

As a dike continues moving toward the surface, the sagging above it can progress to form a linear depression with well-defined walls, a feature that geologists call a graben. In 2018, Highway 130 experienced sagging, but a graben did not form across the road.

As soon as Highway 130 sagged and increased heat and gas were observed, HVO field crews numbered 10 major cracks opening across the road. The total extension measured across these 10 cracks was 21.5 centimetres over two days. Geologists were later unable to continue measuring crack widths when steel plates were placed on top of them to keep the road open and allow the safe flow of traffic.

Sagging and cracks in the road, as well as increased heat and gas output, meant that magma was rising closer to the surface under Highway 130. At the same time, new fissures were opening closer to the highway.

Although steel plates concealed the growing cracks, HVO geologists had other ways to determine what was happening below the road. Sagging ground on Highway 130 and in neighbouring properties provided valuable information about where the magma was located.

Theoretical calculations of ground deformation around a dike have been known to volcanologists for decades. Previous modelling shows that the horizontal distance between two uplifted sections of ground above a dike is directly related to dike depth below the surface.

On Highway 130, the ground rose slightly in the area of cracks 3 and 8, which were about 100 metres apart. Between those two cracks, the ground sagged. Crack 5 was in the middle of the sag, about 50 metres from crack 8 to the north and crack 3 to the south.

Using the aforementioned model, one can determine how close magma came to reaching the surface where Highway 130 cracked and sagged in 2018. Based on a 100-metre distance between uplifts on either side of the down-dropped area, the upper edge of the dike must be only about 50 to 100 metres below the highway.

Thankfully, the portion of the 2018 dike below Highway 130 did not have enough energy to reach the surface. Now that the uppermost dike is probably solidified, the 2018 magma just below the surface of the highway and neighbouring properties will remain frozen in the ground as solid rock.

Source: USGS / HVO.

Le 10 mai 2018, la Highway 130 s’est fracturée, avec des émissions de vapeur, suite à l’intrusion du dyke dans la LERZ. Les deux tréteaux orange et blanc se trouvent sur des zones légèrement surélevées de la route, distantes d’environ 100 mètres. À mi-chemin entre les zones surélevées, la route est en train de s’affaisser à cause de l’intrusion magmatique en dessous. (Crédit photo: USGS)

Dykes déchaussés par l’érosion sur les berges de Crater Lake (Etats Unis) [Photo: C. Grandpey]

Réchauffement climatique : Lacanau (France) en danger // Global warming : Lacanau (France) in danger

Avec le réchauffement climatique et la hausse du niveau des océans qui s’ensuit, les côtes françaises sont de plus en plus exposées à l’assaut des vagues, en particulier au moment des tempêtes avec des marées de forts coefficients. Aujourd’hui, plusieurs municipalités de la côte atlantique s’inquiètent de voir leur littoral mangé par l’océan et craignent de voir des habitations disparaître dans la mer

Le problème est particulièrement visible à Lacanau, le paradis des surfeurs, mais un paradis fragile menacé par l’érosion. Selon les prévisions, la côte pourrait reculer de 65 mètres d’ici 2040 et 165 mètres d’ici 2100. Les grandes tempêtes de 2013-2014 ont causé de gros dégâts et il a fallu renforcer l’enrochement de la plage. Cette parade revient à mettre un emplâtre sur une jambe de bois car on sait que l’océan a le potentiel de détruire cet ouvrage en moins de temps qu’il faut pour le construire.

À l’horizon 2050, la municipalité de Lacanau envisage deux solutions. La première consisterait à construire une énorme digue, un ouvrage coûteux qu’il faudra entretenir. L’autre projet, beaucoup plus radical, consisterait à détruire une partie du front de mer et le reconstruire dans les terres. Cela concernerait 1200 logements et une centaine de commerces. Ce sont de belles paroles, mais il faudra trouver le financement pour un tel projet et la loi française ne prévoit rien dans le cadre d’une relocalisation à grande échelle à cause du changement climatique. Personnellement, je ne serais par surpris de voir un jour l’accès à Lacanau devenir payant pour aider à financer la reconstruction, de la même façon que l’on fait payer pour emprunter le pont de l’île de Ré…

Il y a quelques jours, en contemplant la majesté et la puissance des vagues de l’Atlantique à proximité de Lacanau, je me disais que nos côtes ont bien du souci à se faire. Au bord de la mer comme sur les volcans, c’est la Nature qui commande et nous devons lui obéir…

Source : France Info.

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With global warming and the subsequent rise in the level of the oceans, the French coast is increasingly exposed to the constant pounding of the waves, especially during storms with tides of high coefficients. Today, many municipalities on the Atlantic coast are worried when they see their shoreline eaten away by the ocean and afraid of seeing homes disappear into the sea
The problem is particularly visible in Lacanau, a surfer’s paradise, but a fragile paradise threatened by erosion. According to forecasts, the coast could retreat by 65 metres by 2040 and 165 metres by 2100. The major storms of 2013-2014 caused great damage and it was necessary to reinforce the riprap of the beach. This protection amounts to putting a plaster on a wooden leg because we know that the ocean has the potential to destroy this work in less time than it takes to build it.
By 2050, the municipality of Lacanau is considering two solutions. The first would be to build a huge dyke, an expensive work that will need to be maintained. The other, much more radical project would be to destroy part of the waterfront and rebuild it on the land. This would involve 1200 homes and a hundred shops. These are fine words, but it will be necessary to find the money to finance such a project and the French law does not foresee anything in the context of a relocation on a large scale because of climate change. Personally, I would not be surprised to see one day a paying access to Lacanau to help finance the reconstruction, in the same way that we have to pay to drive on the bridge of the Ile de Ré. ..
A few days ago, contemplating the majesty and power of the waves of the Atlantic near Lacanau, I told myself that our coasts have much to worry about. At the seaside as on the volcanoes, Nature has all the powers and we must obey …
Source: France Info.

La plage de Lacanau-Océan après la tempête de 2013-2014 (Crédit photo: Wikipedia)

Une côte où les dunes subissent les assauts de l’océan (Photo: C. Grandpey)

Axial Seamount (suite / continued)

drapeau-francaisDepuis de nombreuses années, les scientifiques américains de la Scripps Institution of Oceanography (Université de Californie à San Diego) étudient l’Axial Seamount, un volcan sous-marin situé à environ 400 km au large de la côte de l’Oregon, sur la dorsale Juan de Fuca (voir mes notes des 11 et 23 août 2011, 17 août 2013 et 4 août 2014). Ce volcan présente une structure complexe et ses origines sont encore mal comprises.

Dans une note rédigée le 3 mai 2015, j’expliquais qu’à partir du jeudi 23 avril 2015, les capteurs récemment mis en place dans le secteur de l’Axial avaient enregistré 8000 petits séismes sur une période de 24 heures. La caldeira, qui avait gonflé sous la poussée d’une montée de magma, s’était ensuite effondrée rapidement. Les scientifiques se sont demandés si une éruption avait effectivement eu lieu, avec écoulement de la lave sur le plancher océanique.

Une étude effectuée par des chercheurs de l’Université de Washington et publiée la semaine dernière dans la revue Science montre comment l’Axial Seamount s’est comporté au cours de son éruption du printemps 2015. L’étude apporte de nouveaux éléments sur le comportement des volcans situés en zone d’accrétion, là où deux plaques océaniques se séparent. L’étude fournit également les premières analyses des relevés sismiques, des mouvements des fonds marins et des roches émises lors de l’éruption d’avril 2015 au large de la côte de l’Oregon.
L’étude s’appuie sur des données recueillies par le Cabled Array, un observatoire financé par la National Science Foundation, qui dispose d’une connexion électrique et informatique sur le plancher océanique. Achevé quelques mois avant l’éruption, le Cabled Array fournit de nouveaux outils pour comprendre le volcanisme de notre planète
Le sommet de l’Axial Seamount se trouve à environ 1 360 mètres sous la surface de l’océan. Sa situation sous-marine présente certains avantages. En effet, la croûte océanique n’a, en moyenne, que 6 km d’épaisseur, soit environ cinq fois moins que la croûte continentale qui se trouve sous les volcans terrestres. De plus, la chambre magmatique est moins profonde et la roche dure de la croûte océanique génère des images sismiques plus nettes.
L’observatoire Cabled Array est un véritable progrès pour étudier les volcans sous-marins. L’analyse des signaux avant et pendant l’éruption d’avril 2015 a montré un nombre croissant de petits séismes, avec parfois plusieurs milliers d’événements par jour. Les données sismiques ont également montré une profonde influence des marées, avec six fois plus de séismes pendant les marées basses que pendant les marées hautes au moment où le volcan allait entrer en éruption. Une fois que la lave est sortie, elle a commencé à suivre le dyke nouvellement formé à l’intérieur de la caldeira qui mesure 3 km de large sur 8 km de long. Les deux éruptions précédentes avaient envoyé la lave vers le sud du cratère rectangulaire du volcan alors que la dernière éruption l’a envoyée vers le nord. L’analyse sismique montre qu’avant l’éruption, la lave avançait le long de fractures annulaires à l’extérieur de la caldeira. Un nouveau dyke s’est alors formé, tout d’abord en empruntant une fracture sous le versant est de la caldeira. La lave s’est ensuite déplacée vers l’ouest et a suivi une ligne au nord de la caldeira, jusqu’à environ 15 km au nord du volcan, en produisant des milliers de petites explosions en cours de route. L’activité s’est poursuivie tout au long du mois de mai, puis la lave a cessé de couler et les signaux sismiques ont disparu. Un mois plus tard, on n’enregistrait plus qu’une vingtaine de séismes par jour.
L’Axial Seamount n’a pas montré de nouvelle activité sismique, bien qu’il soit probablement entré dans une nouvelle phase pré-éruptive. Les éruptions se produisent généralement tous les dix ans. L’observatoire Cabled Array sur l’Axial Seamount est conçu pour fonctionner pendant au moins 25 ans.

Source: The Seattle Times.

Voici une petite vidéo montrant l’installation d’un sismomètre sur l’Axial Seamount:

https://youtu.be/z8jtMmdAgeA

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drapeau-anglaisFor quite a long time, US scientists at Scripps Institution of Oceanography at UC San Diego and their colleagues have been studying Axial Seamount, an undersea volcano located about 400 km off the Oregon coast, at the Juan de Fuca Ridge (see my notes of August 11th and 23rd 2011, August 17th 2013 and August 4th 2014). The seamount is geologically complex, and its origins are still poorly understood.

In a note released on May 3rd 2015, I explained that, beginning Thursday, April 23rd 2015, the sensors recently set up in the seamount area had recorded 8,000 small earthquakes in a 24-hour period. The volcano’s caldera, which had been swelling rapidly from an influx of magma, had collapsed like a deflated balloon. Scientists were debating whether to describe what transpired as an eruption, which means lava flowed onto the seafloor.

A University of Washington study published last week in Science shows how the volcano behaved during its spring 2015 eruption, revealing new clues about the behaviour of volcanoes where two ocean plates are moving apart. The new network allowed to see in incredible detail where the faults are, and which were active during the eruption The new study provides the first formal analyses of the seismic vibrations, seafloor movements and rock created during the April 2015 eruption off the Oregon coast.

The study is based on data collected by the Cabled Array, a National Science Foundation-funded observatory that brings electrical power and internet to the seafloor. Completed just months before the eruption, it provides new tools to understand Earth’s volcanism.

Axial Seamount rises above the seafloor with its summit about 1,360 metres below the ocean’s surface. Axial’s submarine location has some advantages. Typical ocean crust is just 6 km thick, roughly five times thinner than the crust that lies below land-based volcanoes. The magma chamber is not buried as deeply, and the hard rock of ocean crust generates crisper seismic images.

The Cabled Array observatory is a real progress to study submarine volcanoes. Analysis of vibrations leading up to and during the April 2015 eruption showed an increasing number of small earthquakes, up to thousands a day, in the previous months. The vibrations also showed strong tidal triggering, with six times as many earthquakes during low tides as high tides while the volcano approached its eruption. Once lava emerged, movement began along a newly formed dike inside the 3-km-wide by 8-km-long caldera. The two previous eruptions had sent lava south of the volcano’s rectangular crater. The last eruption produced lava to the north. The seismic analysis shows that before the eruption, the movement was on the outward-dipping ring fault. Then a new dike formed, initially following a fault below the eastern wall of the caldera. It then moved to the west and followed a line north of the caldera to about 15 km north of the volcano, with thousands of small explosions on the way. The activity continued throughout May, then lava stopped flowing and the seismic vibrations shut off. Within a month afterward the earthquakes dropped to just 20 per day.

Axial Seamount has not yet started to produce more earthquakes as it gradually rebuilds toward another eruption, which typically happen every decade or so. The observatory centered on Axial Volcano is designed to operate for at least 25 years.

Source : The Seattle Times.

Here is a short video showing a seismometer being installed on Axial Seamount:

axial

Système de surveillance de l’Axial Seamount (Source: University of Washington)

Islande: Que de questions! // So many questions!

drapeau francaisEn raison du risque d’éruption sous-glaciaire et des inondations qu’elle pourrait causer, la Protection Civile a décidé de fermer le site de l’éruption. L’équipe scientifique s’est repliée vers le QG de Drekagil. Les instruments révèlent que la pression augmente dans le dyke au nord de Dyngjujökull et qu’un graben (=dépression) d’un kilomètre de large s’est formée sous le glacier. Il est à craindre qu’une éruption sous-glaciaire provoque une inondation qui balayerait les ponts sur la Jökulsá á Fjöllum. La dépression est si profonde qu’elle apparaît à travers la calotte glaciaire. Elle entaille la bordure du glacier. Les scientifiques disent que c’est le sol qui est en train de s’affaisser, pas le glacier.
Ce matin, la sismicité long du dyke n’est pas très élevée et les événements sismiques sont encore assez profonds. Le plus important a été de nouveau enregistré dans la caldeira du Bárðarbunga. Au fil des heures, je me pose une question: La nouvelle dépression n’est-elle pas le signe d’une évacuation du magma qui se trouvait dans le dyke? Il ne faudrait pas oublier que la sismicité enregistrée au niveau du Bárðarbunga jusqu’à présent est probablement due à l’affaissement du plancher de la caldeira depuis la migration du magma vers le nord-est. S’il y avait une nouvelle intrusion magmatique, je pense que le sol aurait tendance à gonfler, pas à s’affaisser. Quelqu’un va me dire que la pression augmente. Ok, mais quelle pression? Si le sol s’affaisse, des pressions vont également apparaître lors de sa rétraction!
Les heures à venir  apporteront peut-être une réponse à ces questions. Pour l’instant, personne ne sait ce qui se passe dans le secteur du Vatanjökull!

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drapeau anglaisDue to the risk of a subglacial eruption and the flooding it might cause, the Civil Protection has decided that the eruption site shall remain closed. The scientific team has retreated to the headquarters at Drekagil. Instruments reveal that the pressure in the intrusive dike north of Dyngjujökull is increasing and a 1-km wide depression has formed under the glacier. It is feared that a subglacial eruption might cause a flood that would sweep the bridges off Jökulsá á Fjöllum glacial river. The depression is so deep that it appears through the icecap. It’s breaking the glacier’s edge. Scientists say the earth itself is sinking, not the glacier.
This morning, seismicity along the dike is not very high and the seismic events are still quite deep. The most significant one was again recorded in the Bárðarbunga caldera. As time passes, I’m asking another question: Isn’t the new graben a sign that magma has moved out of the dike? We need to remember that the seismicity recorded at Bárðarbunga until now is probably due to the sinking of the caldera floor since the migration of magma to towards the north-east. If there was a new influx of magma within the dike, I think the ground would have a tendency to inflate, not deflate. Someone will tell me that pressure is increasing. Ok, but what pressure? If the ground is subsiding, strong pressure movements are sure to appear!
The coming hours will probably give an answer to these questions. For the moment, nobody knows what is happening in the Vatanjökull area!

Vatna

La séismicité montre parfaitement la trajectoire de l’intrusion magmatique. (Source: Met Office islandais)

Vatnajökull (Islande): Rien de très nouveau // Nothing really new

drapeau francaisAucun changement significatif n’a été observé aujourd’hui. Un séisme de M 5,4 a été enregistré sur la lèvre sud du Bárðarbunga à 8h03 ce matin. Plusieurs événements similaires ont été observés autour de la caldeira de ces derniers jours. Comme je l’ai déjà écrit, ils sont probablement liés à l’affaissement du plancher du volcan après l’évacuation du magma qui se trouvait dans la chambre sous le volcan.
La plupart des autres séismes détectés aujourd’hui étaient situés dans la partie nord du dyke dont la partie active s’étend depuis environ 4 km au sud de la bordure du Dyngjujökull jusqu’à l’endroit où s’est produite l’éruption fissurale hier. Seuls quelques petits séismes ont été localisés au nord du site de l’éruption et il n’y a actuellement aucun signe de la migration de l’intrusion vers le nord.
Par ailleurs, quelques petits événements sismiques ont été enregistrés autour de l’Askja.

Source : Met Office islandais.

A noter qu’une caméra rotative balaye désormais tout le glacier Barðarbunga. Vous la verrez en cliquant sur ce lien :

http://www.livefromiceland.is/webcams/bardarbunga-2/

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drapeau anglaisNo significant changes have been observed today. An M 5.4 earthquake occurred at the S rim of Bárðarbunga at 8.03 this morning. Several events of similar size have occurred around the caldera rim in recent days. As I put it before, they can be interpreted as being related to the subsidence of the volcano due to volume decrease in the magma chamber beneath.

Most other earthquakes detected today were located in the northern part of the dike intrusion whose active part extends from about 4 km south of the glacier margin of Dyngjujökull to the location of yesterday’s fissure eruption. Only a few small earthquakes have been located north of the eruption site and there is no sign now of northwards migration of the intrusion.

A few small events were detected around Askja volcano.

Source : Met Office islandais.

A rotating webcam giving a wide view of Barðarbunga can be accessed with this link:

http://www.livefromiceland.is/webcams/bardarbunga-2/

Vatnajökull (Islande) : Et maintenant ? // What next ?

drapeau francaisPlusieurs événements d’une magnitude supérieure à M 5 ont affolé les sismographes…et les médias au cours des dernières heures. La plupart de ces secousses avaient pour origine la caldeira du Barðarbunga où se produisent probablement des effondrements suite à la vidange de la chambre magmatique et la migration du magma vers le NE puis le nord. Les séismes se produisent à des profondeurs qui montrent qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle montée de magma et ils ne s’accompagnent d’aucun autre indice (tremor harmonique, par exemple) allant dans ce sens. De tels événements sont susceptibles de se reproduire dans les prochains jours et je ne serais pas surpris que l’énorme masse de glace qui appuie sur le plancher du volcan provoque des événements encore plus spectaculaires. Des fractures sont apparues ces dernières heures à la surface du glacier.

Pour le reste, toute prévision est impossible et on ne peut que formuler des hypothèses. L’intrusion magmatique est de grande envergure, comme le montre la sismicité intense qui l’accompagne. La longueur actuelle du dyke est estimée à une quarantaine de kilomètres, ce qui est considérable. La seule chose que l’on puisse faire est de suivre sa trajectoire qui se maintient actuellement vers le nord. Atteindra-t-elle le réseau magmatique de l’Askja comme le suggèrent certains scientifiques ? Bien malin serait celui qui pourrait le prouver. Ces mêmes scientifiques rappellent les éruptions de l’Askja en 1961 et surtout en 1875, quand l’éruption du volcan a anéanti l’agriculture de la région et provoqué une migration de la population. Mais nous n’en sommes pas encore là. Il se peut très bien que le magma emprunte un autre réseau de fractures. Il se peut aussi, comme cela s’est déjà produit dans le passé, qu’il cristallise sur place et qu’il ne se passe rien d’autre en surface. Quoi qu’il en soit, quelle que soit l’issue de cette intrusion magmatique, les sismomètres vont continuer à s’agiter pendant encore pas mal de temps !

Comme je l’ai déjà indiqué, les événements actuels illustrent parfaitement l’accrétion qui se produit en Islande. Les instruments montrent qu’un écartement de 50 centimètres s’est produit entre les stations GPS de Dyngjuháls et de Kverkfjöll depuis le début de la crise sismique!

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drapeau anglaisSeveral events with a magnitude greater than M 5 have panicked … seismographs and the media in recent times. Most of these tremors were located beneath the  caldera of  Barðarbunga volcano where collapses are probably taking place after the emptying of the magma chamber and the migration of magma NE and north. Earthquakes occur at depths that do not suggest any new magma ascent and they are not accompanied by any other evidence (harmonic tremor, for instance) to that effect. Such events are likely to happen again in the next few days and I would not be surprised if the huge mass of ice that rests on the floor of the volcano should cause more dramatic events. Fractures have appeared these last hours at the surface of the glacier.
Otherwise, any prediction is impossible and we can only make assumptions. There is a large-scale magma intrusion, as shown in the accompanying intense seismicity. The current length of the dyke has been estimated at about forty kilometres, which is huge. The only thing we can do is follow its path which currently goes north. Will it reach the Askja magma network as suggested by some scientists? Nobody can prove it. These same scientists remind us of the eruptions of Askja in 1961 and above all in 1875, when the eruption destroyed agriculture in the region and led to a migration of the population. The magma may also find its way in another fracture network. It may also crystallize, as already happened in the past, with no visible event on the surface. Anyway, whatever the outcome of this magmatic intrusion, seismometers will continue to be active for some time!

As I put it before, the current events illustrate the accretion process in Iceland. The instruments reveal a horizontal spreading of about 50 centimetres between the Dyngjuháls and Kverkfjöll GPS stations!

Vatna-carte

Le dyke continue sa progression vers le nord…  (Source:  Met Office islandais)

Vatnajökull (Islande): Dernières nouvelles // Latest news

drapeau francais22 heures : Les scientifiques du Met Office islandais, de l’Institut des Sciences de la Terre et des représentants de la Protection Civile ont assisté à une réunion à 10 heures ce matin.
Les scientifiques ont indiqué que la sismicité intense continue. Plus de 700 événements ont été comptabilisés depuis minuit. Ils continuent à migrer vers le nord et se concentrent maintenant sur ​​10 km à l’extrémité du dyke qui s’étend sur 5 km au-delà du glacier Dyngjujökull.
On estime que le dyke sous le Dyngjujökull a maintenant une longueur de près de 35 km. La modélisation des données GPS indique qu’il contient environ 300 millions de mètres cubes de magma. D’autres stations de surveillance GPS en continu seront installées dans quelques jours au nord de Vonarskarð et sur ​​Urðarháls.
Rien ne montre que l’intensité de l’activité est en baisse. Actuellement, trois scénarios sont considérés comme les plus probables:
– La migration du magma pourrait arrêter, avec une réduction progressive de l’activité sismique.
– Le dyke pourrait atteindre la surface de la croûte terrestre, avec une éruption qui se produirait probablement près de l’extrémité nord du dyke. Ce serait probablement une éruption effusive avec une activité explosive limitée générant peu de cendre.
– Dans un autre scénario le dyke atteindrait la surface sous une partie importante ou sous la totalité du glacier. Cela produirait probablement une inondation de la Jökulsá á Fjöllum et peut-être une activité explosive avec production ce cendre.
D’autres scénarios ne sauraient être exclus. Par exemple, une éruption à l’intérieur de la caldeira du Bárðarbunga, mais actuellement ce scénario est considéré comme le moins probable.

Source: Iceland Review.

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drapeau anglais22 :00 : Scientists from the Icelandic Met Office, Institute of Earth Sciences and representatives of the Civil Protection Department attended a meeting at 10 am this morning.

The scientists indicated that intense seismicity continues. Over 700 events have been recorded since midnight. It continues to migrate northward and is now concentrated on the 10 km long tip of the dike extending 5 km beyond the edge of the Dyngjujökull glacier.

The dike beneath Dyngjujökull is now thought to be close to 35 km long. Modeling of GPS data indicates that it contains about 300 million cubic metres of magma. Additional stations for continuous GPS monitoring will be installed north of Vonarskarð and on Urðarháls within a few days.

There are no indications that the intensity of the activity is declining. Currently, three scenarios are considered most likely:

– The migration of magma could stop, with a gradual reduction in seismic activity.

– The dike could reach the surface of the crust, starting an eruption which would probably occur near the northern tip of the dike. This would most likely produce an effusive lava eruption with limited explosive, ash-producing activity.

– An alternate scenario would be the dike reaching the surface where a significant part, or all, of the fissure is beneath the glacier. This would most likely produce a flood in Jökulsá á Fjöllum and perhaps explosive, ash-producing activity.

Other scenarios cannot be excluded. For example, an eruption inside the Bárðarbunga caldera is possible but presently considered to be less likely.

Source: Iceland Review.