Eruption islandaise : 5ème fracture ! // Icelandic eruption // 5th fissure !

J’attendais la confirmation officielle de ce que j’avais discerné sur les webcams: une 5ème fracture avec de nouvelles bouches éruptives s’est ouverte sur le site de l’éruption. Cette fracture se trouve dans la même zone que les quatre précédentes. L’ouverture de nouvelles fractures n’est pas impossible. C’est la raison pour laquelle les touristes ne doivent pas entrer dans la zone de danger. L’ouverture de la nouvelle fracture n’a pas changé le comportement des précédentes. Il ne fait aucun doute que les cinq fissures appartiennent au même système et qu’elles sont alimentées par le dyke d’origine. Les scientifiques islandais pensent que chaque bouche possède son propre conduit d’alimentation avec des racines dans la partie continue du dyke. En fait, plus que de 5 fractures, on devrait plutôt parler d’une fracture éruptive de 100 mètres de longueur.

Source: Iceland Monitor.

———————————-

I was waiting for the official confirmation of what I had discerned on the webcams : A new fissure with new eruptive vents has opened at the eruption site. The fissure is in the same area as the previous four. The opening of more fissures could occur. This is the reason why visitors should not get into the danger zone.

The opening of the new fissure did not change the behaviour of the previous ones.

There is little doubt that the five fissures belong to the same system and their lava is supplied by the original dyke. Icelandic scientists think each vent is an independent channel with roots in a continuous part of the dyke. One should rather speak of a 100-meteer-long fissure erupting.

Source: Iceland Monitor.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : du déjà vu…

9 heures : Comme indiqué précédemment, le magma a percé sur le flanc Sud Est du Piton de la Fournaise. L’éruption semble assez faible en intensité. D’ailleurs le tremor éruptif est en baisse depuis hier soir. Les fontaines de la lave ne dépassent pas une vingtaine de mètres de hauteur. On peut profiter du spectacle depuis le Piton de Bert, quand la couverture nuageuse le permet.

L’activité se concentre sur deux bouches éruptives principales. La fissure éruptive fait environ 150 mètres de long et la coulée de lave un peu moins d’un kilomètre. La lave avance lentement en ce moment car elle se situe sur un replat de pente faible. Ce matin, les scientifiques de l’OVPF estimaient que cette coulée est quasiment figée.

L’Observatoire affirme avoir déjà observé ce genre d’éruption une douzaine de fois depuis 1981. En général, elles durent 18 à 20 jours en moyenne. Autrement dit, du déjà vu…

Des photos ont été mises en ligne sur le site web « Réunion la 1ère » :

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/les-premieres-images-aeriennes-de-l-eruption-du-piton-de-la-fournaise-980419.html

++++++++++

11h30 : Comme indiqué précédemment, l’éruption se déroule à l’intérieur de l’Enclos, sur le flanc sud-est du massif, à 700 m au SO du Château-Fort. En conséquence, elle est visible depuis le Piton de Bert. Le sentier d’accès est facile et il faut marcher environ 1h30 pour assister au spectacle. Malgré la météo incertaine, il y avait une foule de voitures ce samedi matin sur le parking de Foc-Foc.

Ce matin, les fontaines de lave étaient bien visibles, même si l’éruption a connu une perte de vitesse, comme le confirme le tremor, mais ce phénomène est tout à fait normal. Deux bouches éruptives alimentent actuellement plusieurs fontaines de lave d’environ 20 à 30 mètres de hauteur, donc l’intensité est plutôt faible..

Comme l’indique Aline Peltier, directrice de l’Observatoire, personne ne sait si cette éruption est susceptible de durer longtemps. La phase pré-éruptive a duré près de trois semaines, ce qui tend à montrer que la recharge de magma a été importante. Reste à savoir si ce magma va sortir en une fois ou en plusieurs fois..

Source : Journal de l’Ile, Réunion la 1ère.

Vue de l’éruption lors d’un survol par l’OVPF

Source : OVPF

——————————————-

9:00 am : As previously indicated, magma pierced on the south-eastern flank of Piton de la Fournaise. The eruption appears to be fairly weak in intensity. The trelor has been decreasing since last night. The lava fountains do not exceed twenty metres in height. Hikers can enjoy the show from Piton de Bert, when cloud cover allows.

The activity focuses on two main eruptive vents. The eruptive fissure is about 150 metres long and the lava flow is just under a kilometre. Lava is advancing slowly at this time because it is located on a low slope ledge. This morning, scientists from the OVPF estimated that this flow had come to a standstill. The Observatory explains they have observed this kind of eruption a dozen times since 1981. In general, they last 18 to 20 days on average. In other words, deja vu … Photos have been posted on the “Réunion la 1ère” website:

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/les-premieres-images-aeriennes-de-l-eruption-du-piton-de-la-fournaise-980419.html

++++++++++

11:30 am : As previously indicated, the eruption is taking palce place inside the Enclos, on the south-eastern flank of the volcano, 700 m SW of the Château-Fort. As a result, it can be seen from the Piton de Bert. The access path is easy and hikers need to walk about 1.5 hours to see the show. Despite the uncertain weather, there was a crowd of cars this Saturday morning in the Foc-Foc parking lot.

This morning, the lava fountains were clearly visible, although the eruption has slowed down, as confirmed by the tremor, but this phenomenon is quite normal. Two eruptive vents are currently supplying several lava fountains about 20 to 30 metres high, so the eruptive intensity is rather low.

As Aline Peltier, Head of the Observatory, indicates, no one knows if this eruption is likely to last for a long time. The pre-eruptive phase lasted nearly three weeks, which tends to show that the magma recharge was significant. It remains to be seen whether this magma will come out in one go or in several times.

Source: Journal de l’Ile, Réunion la 1ère..

Péninsule de Reykjanes : une éruption fissurale de longue durée? // Reykjanes Peninsula : a long-lasting fissure eruption ?

La carte géologique qui accompagnait ma note à propos de la 3ème fracture éruptive sur la Péninsule de Reykjanes montre parfaitement à quel point cette région est fracturée. Elle n’est que le reflet de la position de l’Islande sur la dorsale médio-atlantique et du phénomène d’accrétion généré par l’écartement des plaques tectoniques Eurasienne et Nord-Américaine.. Il n’est donc guère surprenant que le magma parvienne à d’infiltrer dans ces fractures et donne naissance à des éruptions fissurales comme celle qui se déroule en ce moment dans la Geldingadalur. Personne se sait pendant combien de temps la lave va s’écouler à la surface de la péninsule. Certains scientifiques avaient misé sur une éruption de courte durée. D’autres ont évoqué des éruptions beaucoup plus longues dans d’autres régions de l’Islande comme celles du Krafla dans le nord de l’île.

Le Krafla se situe lui aussi sur le rift médio-atlantique, à une dizaine de kilomètres au nord-est du lac Myvatn. La région est très active d’un point de vue volcanique et hydrothermal. Les nombreux panaches de vapeur visibles dans la région proviennent des forages géothermiques qui alimentent la centrale électrique toute proche.

Le Krafla est discret en altitude, ce qui s’explique par ses épanchements de laves basaltiques de type aa et plus rarement pahoehoe.

Le volcan a connu 29 éruptions historiques depuis le 17 mai 1724. La lave s’écoule en général le long d’une fissure orientée nord-sud, de plusieurs dizaines de kilomètres de long, dans une zone d’effondrement ou graben. La chambre magmatique se trouve à  3-7 km seulement sous la zone de la faille Elle est si peu profonde que la lave a jailli d’un forage géothermique profond de 1138 m, le 27 avril 1977.

Le 17 mai 1724, a débuté une éruption appelée  » Les feux de Myvatn  » qui a duré 5 ans jusqu’en 1729, en particulier à partir de Leirhnjúkur. Une longue fissure s’est ouverte le 11 janvier 1725 avec des coulées qui ont atteint Reykjahlíð. Trois fermes ont été détruites, mais l’église, construite sur une petite éminence a été épargnée.

En 1746 une nouvelle éruption a eu lieu au nord de Leirhnjúkur. La lave est sortie d’une fissure de 11 km de long. La surface totale recouverte par cette éruption a été de 35 km².

Plus récemment, de 1975 à 1984, une nouvelle série d’éruptions fissurales et de séismes a été observée dans la caldeira du Krafla, en particulier à Leirhnjúkur. Les coulées ont atteint une longueur de 19 km et une épaisseur maximale de 8 mètres. Pendant cette phase éruptive, on a pu mesurer plusieurs épisodes d’inflation et de déflation du plancher de la caldeira. Certains terrains se sont affaissés de 2 à 3 mètres après l’éruption. On a aussi mesuré un écartement des bords est et ouest de la caldeira de 900 mm pendant les 9 ans du cycle, démontrant ainsi que l’ouverture du rift est un processus discontinu.

Reste à savoir maintenant comment évoluera l’éruption sur la Péninsule de Reykjanes. Evénement de courte durée ? Ouverture de nouvelles fractures ? Fontaines de lave ? Eruption s’étendant sur plusieurs mois, voire plusieurs années ? Au stade actuel, les volcanologues n’ont malheureusement pas la réponse. Il faudrait peut-être s’adresser au petit peuple des elfes qui ont élu domicile dans certaines fractures et certaines cavernes. ..

Source : L.A.V.E., Guide des Volcans d’Europe (Krafft, De Larouzière).

————————————————-

The geological map that accompanied my post about the 3rd eruptive fracture on the Reykjanes Peninsula perfectly shows how fractured this region is. It corresponds to Iceland’s position on the mid-Atlantic ridge and the accretion phenomenon generated by the separation of the Eurasian and North American tectonic plates. It is therefore hardly surprising that the magma should manage to creep into these fissures and trigger fissure eruptions like the one happening now in Geldingadalur. No one knows how long the lava will flow over the surface of the peninsula. Some scientists said it would be a short-lived eruption. Others have referred to much longer eruptions in other parts of Iceland such as the Krafla eruption in the north of the island.

Krafla is located on the mid-Atlantic rift too, about ten kilometers northeast of Lake Myvatn. The region is very active from a volcanic and hydrothermal point of view. The many steam plumes that can be seen in the area come from geothermal boreholes that feed the nearby power station.

Krafla is not a high volcano, which is explained by its basaltic lava type aa and more rarely pahoehoe effusions.

The volcano has gone through 29 historical eruptions since May 17th, 1724. Lava generally flows along a north-south oriented fissure, several tens of kilometres long, in a collapse zone called graben by geologists. The magma chamber is only 3-7 km beneath the fault zone.It is so shallow that lava gushed out of a 1,138 m deep geothermal borehole on April 27th, 1977.

On May 17, 1724, began an eruption called « The Myvatn Fires » which lasted 5 years until 1729, starting  from Leirhnjúkur. A long crack opened on January 11th, 1725 with lava flows that reached Reykjahlíð. Three farms were destroyed, but the church, built on a small hill, was spared.

In 1746 a new eruption took place north of Leirhnjúkur. Lava erupted from an 11 km long fissure. The total surface covered by this eruption was 35 km².

More recently, from 1975 to 1984, a new series of fissure eruptions and earthquakes were observed in the Krafla caldera, in particular at Leirhnjúkur. The lava flows reached a length of 19 km and a maximum thickness of 8 metres. During this eruptive phase, several episodes of inflation and deflation of the caldera floor were measured. Some land subsided 2 to 3 meters after the eruption. Scientists also measured a separation of the east and west edges of the caldera by 900 mm during the 9 years of the cycle, thus demonstrating that the opening of the rift is a discontinuous process.

There remains to be seen how the eruption will develop on the Reykjanes Peninsula now. Will it be a short-lived event? Will there be the opening of new fractures? Lava fountains? Will the eruption last several months or several years? At this stage, volcanologists unfortunately do not have the answer. Perhaps they should address the little elven people who have made their home in some fractures and caverns. ..

Source: L.A.V.E., Guide des Volcans d’Europe (Krafft, De Larouzière).

Vue de l’éruption dans la Geldingadalur (Capture image webcam)

Champ de lave du Krafla (Photo : C. Grandpey)

Site de Leirhnjúkur (Photo : C. Grandpey)

Energie hydrothermale dans la région du Krafla (Photo : C. Grandpey)

Islande: ouverture d’une 3ème fracture éruptive // Iceland: Opening of a 3rd eruptive fissure

J’attendais les bulletins des autorités islandaises pour confirmer ce que les webcams montraient ce matin: Une troisième fracture s’est ouverte sur le site de l’éruption! Vers minuit, le sol s’est ouvert entre les deux autres. L’événement était prévisible car un affaissement du sol avait été observé hier entre les deux éruptions.

Une deuxième webcam avait été installée en direction des éruptions 1 et 2 lorsque la troisième fracture s’est ouverte au centre de l’image.

La nouvelle fracture se trouve à environ 420 mètres au nord de la première éruption et la coulée de lave avance dans la Geldingadalur.

Le site de l’éruption a de nouveau ouvert aux randonneurs à 6 heures le matin du 7 avril. Les visiteurs doivent s’habiller chaudement, faire preuve de prudence, suivre les instructions et respecter les règles de distanciation imosées par la Covid-19. Ils doivent aussi être prêts à évacuer rapidement la zone si la situation éruptive devait empirer. Sauf problème inattendu, le site restera ouverte jusqu’à 18 heures.

Source: Iceland Monitor.

°°°°°°°°°°

Mécontentement à Grindavik!

Les éruptions dans la Geldingadalur perturbent la vie jusqu’à Grindavik qui se trouve à quelques encablures de l’événement. Les autorités locales se plaignent du trafic intense généré par le grand nombre de personnes qui veulent assister au spectacle. Selon certains, le volcan «détruit littéralement l’infrastructure de la ville […] C’est comme si toute la ville était prise en otage. Ça ne peut plus durer.»

Les centaines de bénévoles de l’équipe locale de secouristes ont ​​beaucoup à faire avec l’éruption qui a débuté le 19 mars. Non seulement ils ont dû sécuriser la zone, mais des milliers de personnes sont venues voir le volcan. Cette situation a généré des complications inattendues. Ainsi, les habitants de Grindavík ne pouvaient plus aller nulle part à cause de la circulation. Les gens ne pouvaient plus se rendre dans les magasins le 5 avril tellement il y avait de circulation. Certains habitants se sont retrouvés bloqués près du mont. Þorbjörn et les équipes d’intervention, dont une ambulance, ont eu du mal à se rendre sur place.

L’histoire semble loin d’être terminée pour l’équipe de secouristes avec l’ouverture de nouvelles fractures sur le site de l’éruption….

Source : Iceland Monitor.

————————————–

I was waiting for the authorities’confirmation to inform about what the webcams revealed this morning: A third fissure has opened on the eruption site! Around midnight a new fissure opened between the other two. The event ha been expected after land subsidence was noticed between the two eruptions yesterday.

A second webcam had been installed with a view of eruptions one and two when the third fissure appeared, conveniently located at the center of the frame.

The new fissure is about 420 metres north of the original eruption, and the lava stream flows into Geldingadalur.

The eruption site opened to hikers at 6 am on April 7th. People are asked to dress warmly, to exercise caution, follow directions, and to respect disease prevention rules. They must, too, be ready to evacuate the area at short notice, should conditions change for the worse. Provided there are no unexpected developments, the area will remain open until 6 pm.

Source: Iceland Monitor.

°°°°°°°°°°

 Discontent at Grindavik!

The eruptions in Geldingadalur are causing disruptions to life in Grindavik which lies at a short distance from the event.  Local authorities complain that the heavy traffic because of the volcano goers “is literally breaking the infrastructure of the town.” They say “it’s like a hostage situation for the whole town. It can’t go on like this any longer.”

The hundreds of volunteers for the search and rescue (SAR) team in Grindavík have had a lot to do with the eruption that started on March 19th. Not only did they have to secure the area, but thousands of people have hiked to see the volcano since it erupted. This has had many unexpected complications. One of them is that the residents of Grindavík can’t get anywhere because of traffic. For instance, people couldn’t get to the store on April 5th because of the heavy traffic. Some were stuck close to Mt. Þorbjörn for a longer time and response parties have been in trouble getting through traffic, for example, the ambulance.

The story seems to be far from over for the SAE team with the opening of new fissures on the eruption site….

Source : Iceland Monitor.

L’ensemble du site ce matin, avec les 3 fractures éruptives

(Capture image webcam)

Le système fissural sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The fissure system on the Reykjanes Peninsule (Iceland)

Compte tenu de la situation éruptive actuelle sur la Péninsule de Reykjanes et de l’ouverture de plusieurs fissures éruptives, il est intéressant de jeter un œil aux cartes géologiques de la région. J’en ai choisi deux proposées par Dominik Pałgan du Département de géophysique de l’Institut d’océanographie de l’Université de Gdansk.

(A) La carte A propose la topographie de la péninsule basée sur le modèle numérique d’élévation (DEM) quadrillé à 100 m. La zone est un prolongement direct sur terre de la Dorsale de Reykjanes. Sept séismes majeurs (M l> 4) se sont produits dans la région entre 1950 et 2015 (points rouges). D’une manière générale, la Péninsule de Reykjanes possède 4 grands champs géothermiques à haute température (étoiles rouges) et 4 champs géothermiques beaucoup plus petits (étoiles orange). Les quatre champs à haute température sont: 1-Reykjanes, 2-Krýsuvík, 3-Brennisteinsfjöll et 4-Nesjavellir (Hengill).

(B) La carte B est une présentation géologique simplifiée de la péninsule basée sur les travaux de Saemundsson et al. (2010). La zone se caractérise par quatre essaims distinctifs survenus sur des fissures. Chaque site présente de multiples fissures éruptives, failles, fractures, édifices volcaniques, ainsi qu’un champ géothermique à haute température.

L’éruption actuelle se trouve sur le système volcanique de Krysuvik, au sud du mont Fagradalsfjall

——————————————

Considering the current eruptive situation on the Reykjanes Peninsula and the opening of several eruptive fissures, it is interesting to have a look at geological maps of the region. I have chosen two of them as suggested by Dominik Pałgan from the Department of Geophysics, Institute of Oceanography at the University of Gdansk.

(A) Map A shows the topography of the peninsula based on the Digital Elevation Model (DEM) gridded at 100 m. The area is a direct, onshore prolongation of the Reykjanes Ridge. Seven major earthquakes (M l >4) occurred here between 1950 and 2015 (red dots). In general, the Reykjanes Peninsula has 4 major high-temperature (red stars) and 4 much smaller geothermal fields (orange stars). The four high-temperature fields are: 1-Reykjanes, 2-Krýsuvík, 3-Brennisteinsfjöll and 4-Nesjavellir (Hengill). (B) Simplified geological map of the peninsula based on Saemundsson et al. (2010). The area is characterized by four distinctive fissure swarms (named underneath each swarm) each with multiple eruptive fissures, faults, fractures, volcanic edifices and an associated high-temperature geothermal field.

The current eruption is located on the Krysuvik volcanic system, south of Mt Fagradalsfjall.

Islande : nouvelles de la double éruption // Iceland : news of the double eruption

11h30 (heure française) : La situation n’a guère évolué en ce 6 avril 2021. La lave continue à percer la surface dans la Geldingadalur où le double cône reste très actif. Le débit reste soutenu, sans être énorme. Il reste probablement à 5-7 mètres cube par seconde. Les images proposées par la webcam sont superbes.

L’éruption dans la Geldingadalur ne semble donc pas avoir perdu de sa vigueur après l’ouverture des fissures dans le secteur de la Meradalir où s’écoule la lave de l’éruption qui a débuté le 5 avril.

La grande question est de savoir si les deux éruptions sont alimentées par le même dyke. Que ce soit dans la Geldingadalur ou dans la Meradalir, l’intensité éruptive est relativement faible. Le géophysicien Páll Einarsson expliquait hier que la nouvelle fissure principale est une extension d’une fracture qui a été active tout le temps. Il a indiqué qu’il s’agissait d’ « une très petite éruption », mais il s’est empressé d’ajouter que l’on ne sait jamais comment elle peut évoluer…

++++++++++

17h00: Comme je l’ai écrit précédemment, les volcanologues islandais s’accordent pour dire que l’éruption actuelle est mineure mais ils ne savent pas comment elle peut évoluer. Ils se demandent si de nouvelles fissures sont susceptibles de s’ouvrir. L’ouverture de la fracture d’hier les a surpris, et ils se demandent maintenant si d’autres ne peuvent pas faire de même. Les scientifiques qui surveillent la zone ont détecté une activité sismique significative dans la Geldingardalur et au niveau de la nouvelle fissure. De plus, la coulée de lave émise par la nouvelle fissure n’a pas montré de signes de ralentissement.

Le site de l’éruption dans la Geldingadalur a été fermé aux visiteurs en raison des gaz toxiques. La zone pourrait rouvrir bientôt, en fonction de la direction du vent. Lors de la réouverture du site, il est probable que des précautions supplémentaires seront prises en raison du risque d’ouverture de nouvelles fissures.

Source: The Reykjavik Grapevine.

Vue du site éruptif dans la Geldingadalur (nouvelle webcam)

++++++++++

22h30 : Les géologues de l’Université d’Islande indiquent ce soir que l’éruption a augmenté en intensité et produit désormais environ 10 mètres cubes de lave par seconde. Les scientifiques ont conduit de nouvelles observations sur le champ de lave dans la Geldingadalur. À l’aide de la photogrammétrie verticale depuis un avion, ils ont découvert que la nouvelle fissure qui s’est ouverte le 5 avril 2021 laisse échapper 7 mètres cubes de lave par seconde. Dans le même temps, les cratères jumeaux de l’éruption initiale continuent de vomir de la lave. En tout, les scientifiques estiment que l’ensemble du site de l’éruption déverse une dizaine de mètres cubes par seconde

Les analyses de la lave ne montrent aucun changement dans sa composition chimique. Elles révèlent que le magma provient d’un «réservoir magmatique profond qui se trouve probablement près de la limite entre la croûte et le manteau sous la Péninsule de Reykjanes». Les scientifiques expliquent que le magma provenant d’une source aussi profonde n’a pas été observé en Islande depuis 7 000 à 8 000 ans.

Le site de l’éruption est resté fermé aux visiteurs aujourd’hui. Les autorités cartographient la zone afin de déterminer comment rouvrir en toute sécurité le site au public.

Source: Iceland Review.

Vue de l’éruption dans la Meradalir ce soir

———————————–

11:30 am (French time) : The situation has hardly changed on April 6th, 2021. Lava continues to pierce the surface in Geldingadalur where the double cone remains very active. The lava output remains sustained, without being enormous. It probably averages 5-7 cubic meters per second. The images offered by the webcam are superb.

The eruption in Geldingadalur therefore does not appear to have lost its vigour after the fissures opened in the Meradalir area where one can see the lava flows from the eruption that began on April 5th.

The big question is to know whether the two eruptions are fed by the same dyke. Whether in Geldingadalur or Meradalir, the eruptive intensity is relatively low. Geophysicist Páll Einarsson explained yesterday that the new main fissure was an extension of a fracture that has been active all the time. He daid it was « a very small eruption », but he was quick to add that you never know how it can evolve …

++++++++++

5:00 pm : As I put it before, Icelandic geologists agree to say that the current eruption is a small one but they do not know how it could evolve. They wonder whether new fissures might open. Yesterday’s fissure came as a surprise, raising questions as to whether there might be more on the way. Scientists monitoring the area have now detected significant seismic activity at the Geldingardalur and the new fissure, and the lava flow from the new fissure has not showed signs of slowing down.

The eruption site in Geldingadalur has been closed to visitors because of the toxic gases. The area might reopen soon, depending on the wind direction. When the site opens again, it is likely that further precautions will be taken due to the risk of new fissures.

Source: The Reykjavik Grapevine.

++++++++++

10:30 pm : Geologists from the University of Iceland indicate this evening that the ongoing eruption has grown in intensity and is now producing around 10 cubic metres of lava per second. Scientists have conducted a new survey of the lava flowing from the eruption in Geldingadalur. With the help of vertical aircraft photogrammetry, they have found the new fissure that opened on April 5th, 2021 was producing 7cubic metres of lava per second. Meanwhile, the eruption’s original twin craters continue to spew lava. All in all, the rough estimate of the full discharge rate at the eruption site is about 10 cubic metres per second

Studies conducted on the lava show no changes in its chemical composition. The measurements indicate that magma is coming from a “deep magma reservoir that probably lies close to the boundary between the crust and mantle below the Reykjanes peninsula.” Scientists explain that magma from such a deep source has not reached Iceland’s surface for around 7,000-8,000 years.

The eruption site is closed to visitors today. Authorities are mapping the area with the help of experts in order to determine how to safely reopen the popular destination to the public.

Source: Iceland Review.

Une récente activité éruptive sur la planète Mars ? // Recent eruptive activity on Mars ?

Les dernières expéditions sur Mars ont montré qu’il n’y avait pas de vie sur la Planète Rouge qui est donc bel et bien une planète morte. Mars hébergeait autrefois des mers et des océans, et peut-être même la vie, mais tout est fini ; l’atmosphère de la planète est impropre à la vie et l’activité sous sa surface a cessé depuis longtemps.

Des recherches ont montré que des éruptions volcaniques se sont produites sur Mars il y a environ 2,5 millions d’années. Une étude plus récente révèle pourtant qu’une éruption se serait produite il y a 53 000 ans dans une région appelée Cerberus Fossae. Ce serait la plus jeune éruption volcanique connue sur Mars. Si l’information était confirmée, cela signifierait qu’une activité volcanique pourrait encore apparaître à la surface de la planète à de rares intervalles. Il faut bien sûr utiliser le conditionnel et d’autres études seront nécessaires pour confirmer cette découverte.

Au vu des images en provenance de Mars, le site de cette éruption potentielle se trouve à proximité du grand volcan Elysium Mons. Il se situe à environ 1600 kilomètres à l’est de l’endroit où le robot InSight de la NASA a atterri sur Mars en 2018 pour étudier l’activité tectonique sur la Planète Rouge. [InSight est l’acronyme du nom de la mission : Interior Exploration Using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport].

Le site éruptif a l’aspect d’une fissure qui se serait formée récemment à la surface de la planète. Cette fissure aurait émis des cendres volcaniques à très haute température. On se retrouve face à des dépôts pyroclastiques semblables à ceux que les scientifiques ont déjà observés sur la Lune, sur Mercure et sur Terre. Les matériaux émis lors de l’éruption ont probablement atteint une hauteur de plusieurs kilomètres avant de retomber au sol.

C’est la présence d’une zone plus sombre et l’aspect symétrique de la fissure qui laissent supposer qu’une éruption a effectivement eu lieu. En dénombrant le nombre de cratères visibles autour de la fissure et dans les dépôts proprement dits qui couvrent une surface d’environ 9 kilomètres de diamètre, les scientifiques pourraient dater l’éruption qui a pu se produire il y a 53000 à 210000 ans. De toute façon, ce serait la plus jeune éruption volcanique connue sur Mars.

Si elle était confirmée, la découverte aurait de grandes implications. En termes géologiques, 53000 ans, c’est hier, ce qui laisse supposer que Mars pourrait être encore active d’un point de vue volcanique. Une telle découverte pourrait également avoir de grandes implications pour la recherche de la vie sur Mars. L’activité volcanique a pu faire fondre la glace sous la surface de la planète, avec à la clé un environnement potentiellement habitable pour des êtres vivants. Il ne faut pas oublier que pour que la vie soit possible, on a besoin d’énergie, de carbone, d’eau et de nutriments, des éléments qu’un système volcanique est susceptible de fournir.

Le robot InSight de la NASA a peut-être enregistré une forme d’activité liée à ce site. Il a en effet détecté de la sismicité à la surface de Mars, et deux séismes ont été localisés dans le secteur du Cerberus Fossae. Les chercheurs n’excluent pas un lien entre cette sismicité et l’activité volcanique.

Des questions restent en suspens et certains scientifiques ont émis des doutes sur la méthode utilisée pour la datation de l’éruption. Ils regrettent le manque d’étude de l’ensemble des petits cratères d’impact dont la base de données reste insuffisante.

Source: The New York Times.

———————————————-

Recent expeditions on Mars have shown theat there was no life on the Red Planet which is definitely a dead planet. Mars harboured once seas and oceans, and perhaps even life, it is all over and the planet’s atmosphere has been blown away and activity beneath its surface has ceased for a long time.

Research has shown that volcanic eruptions occurred on Mars 2.5 million years ago. A more recent study suggests that an eruption may have happened as recently as 53,000 years ago in a region called Cerberus Fossae. This would be the youngest known volcanic eruption on Mars. This might also mean some volcanism still erupts to the surface at rare intervals. Of curse, the conditional should be used and more studies will be need to confirm this piece of news.

The site of the potential eruption, seen in images from Martian orbit, is near a large volcano called Elysium Mons. It is about 1,600 kilometres east of the place where NASA’s InSight lander touched down on Mars in 2018 to study tectonic activity on the red planet. [Editor’s note: InSight is a compression of the mission’s full name, Interior Exploration Using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport].

Appearing like a crack in the surface, the site of the eruption looks like a recent fissure out of which subsurface volcanic activity caused superheated volcanic ash and dust to burst through the surface. It is similar to deposits caused by pyroclastic eruptions that scientists have spotted on the Moon, Mercury and Earth. The erupted material probably reached a height of several kilometres before falling back to the ground.

It is the presence of darker material coupled with the symmetrical appearance around the fissure that hints at an eruption. By counting the number of craters visible around the feature and in the deposit itself, which is roughly 9 kilometres across, the scientists could date the potential eruption ranging from 53,000 to 210,000 years ago. This would be the youngest known volcanic eruption on Mars.

If it were confirmed, the discovery would have large implications for Mars. In geological terms, 53,000 years is yesterday, suggesting Mars might still be volcanically active now. It could also have big implications for the search for life on Mars. Such volcanic activity could melt subsurface ice, providing a potential habitable environment for living things. One should not forget that to have life, we need energy, carbon, water and nutrients and a volcanic system provides them.

NASA’s InSight lander may have already recorded activity linked to this site. Using a seismometer, it has detected seismicity in the Martian surface, and two quakes have been localized in the Cerberus Fossae area. Researchers do not exclude a link between this seismicity and volcanic activity.

Questions still remain and some scientists have expressed doubts about the dating method of the eruption. They regret the lack of study of the population of small impact craters whose database is not sufficient yet.

Source : The New York Times.

Dépôts pyroclastiques peut-être produits par une éruption dans le secteur de Cerberus Fossae sur Mars (Source : NASA)