De nouvelles îles à proximité de l’Anak Krakatau (Indonésie) // New islands close to Anak Krakatau (Indonesia)

Selon un article paru dans le South China Morning Post, deux nouvelles îles sont apparues au large de l’Anak Krakatau ; il s’agit des premières à émerger, en près d’un siècle, au sein de la caldeira laissée par l’éruption catastrophique du Krakatau en 1883.
D’après l’Agence Géologique Indonésienne, ces formations, découvertes suite à une éruption de 25 heures survenue début septembre 2026, se situent à quelques centaines de mètres de part et d’autre de l’Anak Krakatau (l’une au nord-ouest, l’autre au sud-est), quasiment alignées de part et d’autre du cratère. L’une des îles se trouve à environ 760 mètres de la côte nord-ouest de l’Anak Krakatau, et l’autre à environ 495 mètres au sud-est. Leurs dimensions ainsi que leur altitude n’ont pas encore été mesurées.

Image satellite de la dernière éruption (Sentinal-3 / ESA)

Selon l’interprétation préliminaire de l’Agence Géologique, du magma relativement fluide, émis lors de l’éruption continue du mois de septembre, aurait atteint la surface via une fissure orientée nord-ouest/sud-est, permettant ainsi à la lave d’émerger et de former deux monticules insulaires au large de l’île principale.
Depuis 96 ans, l’histoire de la caldeira de l’Anak Krakatau se résume à des formations et des transformations successives. Il n’est toutefois fait état d’aucune autre île dans la caldeira depuis que l’Anak Krakatau s’est stabilisé au-dessus du niveau de la mer en 1930.
Ces deux nouvelles îles ont été découvertes par hasard près de deux semaines après l’éruption de septembre, alors que des bénévoles recherchaient un groupe de journalistes et d’autres personnes portés disparus en mer. Ils utilisaient un drone pour scruter les rivages et les eaux peu profondes autour de la caldeira, à la recherche de tout signe de leur présence ou de celle de leur vedette rapide, disparue lors d’un reportage sur l’Anak Krakatau. Sur les images du dernier vol de la journée, on voit le drone traverser le chenal séparant l’île de Sertung de l’Anak Krakatau, et on voit des vagues déferler sur une masse sombre et basse. Ces images semblent montrer la nouvelle île située au nord-ouest.
L’Anak Krakatau — ou « l’Enfant du Krakatau » — était resté calme pendant plus de deux ans avant que son activité ne reprenne en juillet 2026. Cette activité a culminé avec une éruption continue de 25 heures, débutée dans la soirée du 4 septembre ; les coulées de lave et les matériaux pyroclastiques ont alors ajouté près de 33 hectares à la superficie de l’île. Quelques semaines plus tard, des marins et des bénévoles qui naviguaient dans la zone ont signalé l’apparition de nouvelles formations ressemblant à des îles. Ces formations sont également visibles sur les images du satellite Sentinel depuis l’éruption.
L’Agence Géologique indique que des questions essentielles concernant ces nouvelles îles restent en suspens ; les géologues ne peuvent confirmer ni l’origine ni la composition de ces deux structures en se basant uniquement sur l’imagerie satellitaire. Ils ne peuvent notamment pas encore dire si des matériaux volcaniques ont été directement émis et s’il s’agit de nouvelles bouches éruptives.
L’une des principales questions concerne la composition de ces formations. Deux hypothèses sont envisagées : il pourrait s’agir de nouvelles bouches éruptives, ou bien de matériaux d’éruption qui se sont accumulés dans la zone peu profonde de l’ancienne caldeira. Toutefois, si ces nouvelles îles correspondent à de nouvelles bouches par lesquelles le magma est remonté, cela signifie que l’activité ne se limite plus au conduit central de l’Anak Krakatau.
Quelle que soit l’origine de ces nouvelles terres, leur pérennité en tant qu’îles dépendra de leur capacité à résister à l’érosion. L’Anak Krakatau lui-même a dû s’y reprendre à plusieurs fois pour devenir une île. Les premières éruptions sous-marines observées sur le site ont débuté fin 1927. Les matériaux émis ont d’abord émergé en 1928 avant de disparaître sous les flots. Ce cycle s’est répété jusqu’à ce que l’île finisse par se stabiliser en 1930. La forme de l’île a beaucoup évolué durant ces premières années. Elle était constituée de matériaux meubles issus d’éruptions explosives ; ces matériaux se déposaient sur le fond marin, édifiant progressivement une masse terrestre autour de la bouche éruptive jusqu’à ce qu’elle émerge au-dessus du niveau de la mer.

L’aspect de l’île peut changer très rapidement. En décembre 2018, un effondrement majeur du flanc du volcan, couplé à une éruption, a réduit la hauteur de son sommet de plus de 330 mètres à environ 110 mètres.
L’Anak Krakatau d’aujourd’hui est très différent de celui que j’ai visité dans les années 1990. Sur les photos récentes, je n’ai pas reconnu l’île ni le cratère dans lequel je m’étais plus ou moins prudemment aventuré….

Source : South China Morning Post.

Le Krakatau aujourd’hui…

et dans les années 1990.

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According to an article released in the South China Morning Post, two new islands have appeared off Anak Krakatau, potentially the first in nearly a century to emerge within the caldera left by Krakatau’s catastrophic 1883 eruption.

According to Indonesia’s Geological Agency, the formations, discovered following a 25-hour eruption in early September, sit hundreds of metres off opposite sides of Anak Krakatau, one to the northwest and the other to the southeast, almost on a straight line through the volcano’s crater. One island lies about 760 metres off Anak Krakatoa’s northwest coast and the other about 495 metres to the southeast. Their dimensions or elevation above sea level have not been measured yet. .

The Geological Agency’s preliminary interpretation is that relatively fluid magma released during the continuous eruption reached the surface via a northwest-southeast fissure that allowed material to reach the surface and form two island-like mounds offshore.

For 96 years, the caldera’s story has been the making and remaking of Anak Krakatau. No other separate island is known to have emerged in the caldera since Anak Krakatau became permanently established above sea level in 1930.

The two new islands were discovered by accident nearly two weeks after the eruption, as volunteers searched for a group of journalists and others missing at sea. They flew a drone over shorelines and shallow water around the caldera looking for any signs of them or their speedboat, which had disappeared on a reporting trip to Anak Krakatau. In footage from his final flight of the day, the drone crossed the channel between Sertung island and Anak Krakatau, where it captured waves breaking over a low, dark mass. The footage appears to show the new northwestern island.

Anak Krakatau – or “Child of Krakatau” – had been quiet for more than two years until activity resumed in July. That culminated in 25 hours of continuous eruption beginning late on September 4, with lava flows and pyroclastic material adding nearly 33 hectares to the island’s area.

Weeks later, there were reports of new island-like formations from mariners and volunteers who had sailed through and photographed the area. The formations are also visible in Sentinel satellite imagery since the eruption.

The Geological Agency says that key questions about the land masses remain unresolved and local geologists cannot confirm the origin or composition of the two features based on satellite imagery alone. In particular, they cannot yet confirm whether volcanic material was directly erupted at these locations or whether they represent new eruptive vents.

One of the main questions is what the formations are made of. There are two possibilities: new vents or eruption materials may be just piling up in the shallow part of the old caldera. However, if the new islands corresmond to new vents where magma is erupting, this means activity is no longer confined to Anak Krakatau’s central conduit.”

Whatever the origin of the new land masses, their survival as islands will depend on whether they remain above water at high tide and withstand erosion. Anak Krakatau itself took multiple attempts to become an island. The first clearly observed submarine eruptions at the site began in late 1927. Erupted material initially broke the surface in 1928, then disappeared beneath the waves. The sequence repeated until the island was finally established in 1930. The form of the island changed a lot in those early years. It was composed of loose material produced by explosive eruptions, which deposited material on the sea floor and then gradually built up the land mass around the vent, eventually emerging above sea level. This material was then eroded outside eruptive periods, so the land mass appeared and then disappeared. The island’s appearance can change vry rapidly. In December 2018, a major flank collapse and eruption cut its peak from more than 330 metres to roughly 110 metres.

Anak Krakatau tody is very diffrent from what it was when I visited it in the 1990s. In recent photos, I could not recognize the island and the crater in which I walked.

Source : South China Morning Post.

https://www.scmp.com/?module=masthead&pgtype=article

Volcans du monde // Volcanoes of the world

 Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution. La principale actualité concerne le Kilauea (Hawaï) et l’Etna (Sicile).

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A Hawaï, le HVO semble persuadé qu’un Épisode 55 de l’éruption du Kilauea est susceptible de se produire, même si l’Observatoire reconnaît que toute prévision est impossible. Pour rappel, l’Épisode 54 avec ses fontaines de lave s’est terminé le 25 août 2026. Dans un message envoyé le 29 septembre 2026, l’Observatoire indique que de petits débordements de lave au niveau des bouches éruptives nord et sud pourraient bien annoncer un tel événement. Il se pourrait aussi que l’activité observée en ce moment débouche sur l’ouverture d’une nouvelle bouche éruptive car une inflation significative est toujours observée dans la zone sommitale et la pression des gaz est très forte.

Seule Madame Pélé connaît la suite des événements !

Les dernières mises à jour du HVO confirment cette dernière hypothèse. En effet, l’activité sismique s’est intensifiée dans la zone sommitale du Kīlauea, sous l’Halemaʻumaʻu et dans la région sud de la caldeira. Le séisme le plus important a atteint une magnitude de M3,4 et a été localisé à 1,4 km de profondeur, dans la partie nord-est de l’Halemaʻumaʻu. Les données de déformation du sol ont tendance à montrer une intrusion magmatique dans cette zone, selon un axe est-ouest, à proximité de la partie ouest ou sud du cratère de l’Halemaʻumaʻu.

Pour l’heure, aucun changement n’est observé en surface ; le complexe de bouches éruptives continue de projeter des fragments de lave par intermittence, accompagnés d’une forte lueur et de flammes. Toutefois, la situation pourrait évoluer rapidement. Il se peut que la possible intrusion s’arrête sans que le magma atteigne la surface, ou que l’on assiste à une éruption fissurale ailleurs dans la caldeira sommitale.

Image webcam

Vue aérienne des bouches éruptives nord (en bas à droite de la photo), sud (à gauche) et ouest (au centre, vers le haut) nors d’un survol du cratère de l’Halema‘uma‘u le 1er octobre 2026. Les trois bouches présentaient une forte incandescence. La lave était visible à environ 30 mètres de profondeur. Une très importante quantité de magma sous pression s’agite sous la surface. Pour le moment, le HVO n’est pas en mesure de dire comment la situation va évoluer. Plusieurs scénarios sont possibles.

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L’Etna (Sicile) n’est pas en éruption, mais le volcan traverse toujours une phase de débourrage, autrement dit de nettoyage de ses conduits éruptifs. Les panaches de cendres en provenance du Cratère Nord-Est circulent à 4 km d’altitude et l’alerte VONA (Volcano Observatory Notice to Aviation) passe souvent au Rouge, ce qui cloue les avions au sol. La conséquence est particulièrement gênante pour l’aéroport de Catane où les retards et surtout les annulations de vols se multiplient. Des vols sont déroutés vers Palerme et Comiso avec des services de bus, mais la situation est compliquée.

Image webcam

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L’éruption sur l’île d’Ambrym (Vanuatu) se poursuit. Une anomalie thermique est détectée sur les images satellites, bien que son intensité diminue progressivement. Lors d’un survol effectué le 28 septembre 2026, des observateurs ont aperçu une lueur intense à travers la couverture nuageuse et au sein du panache volcanique s’élevant du Marum. Des observations plus rapprochées ont révélé une activité explosive projetant des matériaux incandescents au-dessus d’une bouche éruptive. Le niveau d’alerte reste fixé à 2 (sur une échelle de 0 à 5).

Source : VMGD.

Carte de risque à Ambrym (Source: VMGD)

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L’activité éruptive continue sur le Sangay (Equateur). Le réseau sismique enregistre des explosions quotidiennes, quelques séismes longue période (LP) et des épisodes de trémor harmonique. Les panaches de cendres et de gaz s’élèvent jusqu’à 1,5 km au-dessus du cratère. De nuit, l’incandescence au sommet est visible ainsi que la descente de matériaux incandescents jusqu’à 400 m sur le flanc du volcan. Plusieurs projections de matériaux incandescents au sommet sont également visibles sur les images de la webcam. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).

Source : IG-EPN.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité éruptive s’est intensifiée sur le Nevados de Chillán (Chili) fin septembre 2026, en particulier au niveau du centre d’émission 3 (EC3), situé sur la bordure ouest du complexe sommital ; toutefois, les mauvaises conditions météorologiques ont empêché toute confirmation visuelle de l’activité. Une explosion survenue le 25 septembre a généré un panache de cendres s’élevant à 700 m au-dessus du sommet. Le 27 septembre, des explosions ont projeté des blocs vers le nord-ouest et généré des panaches de cendres atteignant 900 m au-dessus du sommet. Une incandescence du cratère, associée à ces événements, a également été observée. Le 29 septembre, une explosion a produit un panache de cendres s’élevant à 600 m au-dessus du sommet ainsi qu’une coulée pyroclastique. Le niveau d’alerte reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).

Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: Wikipedia

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network. The main news concerns Kilauea (Hawaii) and Mount Etna (Sicily).

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In Hawaii, the HVO seems convinced that Episode 55 of the Kilauea eruption is likely to occur, even though the Observatory acknowledges that any prediction is impossible. As a reminder, Episode 54, with its lava fountains, ended on August 25, 2026. In a message sent on September 29, 2026, the Observatory indicated that small lava flows from the north and south vents could well herald such an event. It is also possible that the current activity will lead to the opening of a new eruptive vent, as significant inflation is still being observed in the summit area and the gas pressure is very high.
Only Madame Pele knows what will happen next!

The HVO’s latest updates are confirming this last hypothesis. Inded, seismic activity has increased in the summit region of Kīlauea beneath Halemaʻumaʻu crater and the south caldera region.  The largest event had a magnitude M3.4 earthquake, 1.4 km beneath the surface in the northeast part of Halemaʻumaʻu. Ground deformation patterns recorded by summit tiltmeters suggest that magma is intruding beneath the ground in this area, in an east-west orientation, near the western or southern part of Halemaʻumaʻu crater.

Currently, there are no signs of a change at the surface as the existing eruptive vent complex continues to intermittently spatter with strong glow and flames; however, conditions could change quickly. It is possible that this event ends without reaching the surface or it produces a fissure eruption in a new location within the summit caldera region.

 Source: HVO.

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Mount Etna (Sicily) is not erupting, but the volcano is still undergoing a clearing phase, meaning the cleaning of its eruptive conduits. Ash plumes from the Northeast Crater are circulating at an altitude of 4 km, and the VONA (Volcano Observatory Notice to Aviation) alert is frequently raised to Red, grounding aircraft. This is particularly problematic for Catania airport, where flight delays and, above all, cancellations are multiplying. Flights are being diverted to Palermo and Comiso with bus services, but the situation is complicated.

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The eruption at Ambrym (Vanuatu) continues. A thermal anomalyis identified in satellite images, though it is gradually decreasing in intensity. During an overflight on 28 September 2026 observers saw an intense glow through weather clouds and from within the volcanic plume in Marum Crater. Closer observations revealed explosive activity ejecting incandescent material high above a vent. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5).

Source: VMGD.

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Volcanic activity at Sangay (Ecuador) continues. The seismic network records daily explosions, a few long-period earthquakes, and periods of harmonic tremor. Daily ash-and-gas plumes rise as high as 1.5 km above the crater. During dark hours incandescence at the summit is visible along with the occasional descent of incandescent material as far as 400 m down the flank of the volcano. Several ejections of incandescent material at the summit are also visible in webcam images. The Alert Level is kept at Yellow (the second highest level on a four-color scale).

Source: IG-EPN.

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Eruptive activity increased at Nevados de Chillán (Chile) in late September, particularly at Emission Center 3 (EC3) on the W margin of the summit complex, but weather conditions prevented visual confirmation on most days; an explosion on 25 September produced an ash plume that rose 700 m above the summit. Explosions on 27 September ejected ballistics towards the NW and generated ash plumes that rose 900 m above the summit. Crater incandescence associated with the events was visible. On 29 September an explosion generated an ash plume that rose 600 m above the summit, as well as a pyroclastic flow. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source: SERNAGEOMIN.

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La disparition des glaciers de Papouasie-Nouvelle-Guinée // The disappearance of the glaciers of Papua New Guinea

La fonte des glaciers touche la planète entière, quelle que soit la latitude, qu’il s’agisse des régions polaires, des zones tropicales ou de l’équateur. J’ai consacré plusieurs notes (février 2021, octobre 2023, avril 2024) à la disparition des glaciers en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ainsi, le parc national de Lorentz abritait le dernier glacier tropical de la région. Certains le surnomment le « glacier de l’Éternité », mais il risque de ne plus exister bien longtemps.
Le sommet du Puncak Jaya (4 884 m), également appelé Pyramide Carstensz, est dépourvu de glace, mais il est entouré de plusieurs masses glaciaires ; celles-ci constituaient autrefois une vaste calotte glaciaire formée il y a 5 000 ans. Une calotte glaciaire antérieure a également existé dans la région, il y a entre 15 000 et 7 000 ans.

 Vue de la Pyramide Carstenz (Crédit photo : Alfindra Primaldhi / Wikipédia)

Les sommets de cette région indonésienne ont fourni aux scientifiques une multitude d’informations sur l’histoire climatique de la Terre. Ils constituent également le cœur de l’univers spirituel de nombreux Papous. Pourtant, la neige a aujourd’hui presque entièrement disparu.
Il y a un siècle, la chaîne Sudirman, qui s’étend sur 300 kilomètres, était recouverte de neige et de glace permanente sur ses quatre sommets principaux. Aujourd’hui, il ne subsiste que de petites zones autour du Puncak Jaya. Ces dernières devraient disparaître totalement d’ici un an ou deux.
La couverture glaciaire entourant le sommet est passée de près de 1 900 hectares au 19ème siècle à environ 16 hectares aujourd’hui. Des glaciers entiers ont pratiquement disparu à l’échelle d’une vie humaine.

 Derniers glaciers de Puncak Jaya en 2010 (Crédit photo : Robert Cassady)

Restes de glace sur la Puncak Jaya en 2023 (Crédit photo : BMKG)

Les carottes de glace prélevées sur les pentes du Puncak Jaya conservent la mémoire de l’histoire climatique. Les scientifiques peuvent les utiliser pour recueillir des données sur les conditions atmosphériques de la région et comprendre l’évolution des eaux océaniques les plus chaudes de la planète, qui entourent l’île. Toutefois, ces archives sont en train de disparaître avant même que les chercheurs n’aient eu le temps de les étudier complètement.
Le recul des glaciers de Papouasie est provoqué par les mêmes phénomènes qui affectent ceux du monde entier. Le responsable est le réchauffement de l’atmosphère dû aux activités humaines, notamment la combustion d’énergies fossiles. À mesure que les températures augmentent, l’altitude du point de congélation remonte le long des versants des montagnes ; en conséquence, les précipitations tombent davantage sous forme de pluie que de neige, y compris dans des zones qui connaissaient autrefois des chutes de neige régulières.

Crédit photo : Universitas Gadjah Mada

Les épisodes El Niño peuvent accélérer ce processus, tandis que des facteurs locaux tels que la couverture nuageuse, les chutes de neige et le relief en influencent le rythme.
Les montagnes de Papouasie se situent à seulement 450 km au sud de l’équateur ; à cette latitude, les glaces permanentes ne peuvent subsister qu’à très haute altitude et dans des conditions climatiques très spécifiques. Une légère hausse des températures, une remontée du point de congélation ou le remplacement de la neige par la pluie font la différence entre la survie et la disparition d’un glacier.
Au moins cinq groupes autochtones entretiennent depuis des générations des liens spirituels étroits avec le Puncak Jaya. Le peuple Moni le nomme « Mbainggela » et croit que ses ancêtres veillent sur la montagne. Pour le peuple Amungme, ce massif est connu sous le nom de « Nemangkawi », ou la « Flèche blanche ». Selon les croyances traditionnelles Amungme, le Nemangkawi incarne un modèle de vie pour les êtres humains.
Pour de nombreux Papous autochtones, la disparition du glacier ne constitue pas un événement isolé. La découverte d’immenses gisements de cuivre et d’or a transformé la région au cours du 20ème siècle, et le développement de projets industriels extractifs a remodelé une partie du paysage. Des versants entiers ont été excavés, tandis que des routes, des infrastructures industrielles et des zones d’habitation ont métamorphosé les vallées environnantes. Si les Papous reconnaissent que ce développement a apporté emplois, routes, éducation et opportunités économiques, ils soulignent également la dégradation de l’environnement et des décennies de conflits sociaux qui en ont découlé. Certains ont perdu l’accès à leurs terres ancestrales à mesure que l’activité minière s’étendait.
Alors que les communautés locales voient leurs paysages sacrés se transformer, les scientifiques se livrent à une course contre la montre pour documenter ce qu’il en reste. À l’aide de drones et de techniques de cartographie en trois dimensions, une équipe scientifique danoise a élaboré un modèle détaillé des vestiges glaciaires. Entre le début des années 2000 et 2025, la surface couverte par les glaces a reculé de 95 %. Les chercheurs s’accordent tous à dire que les glaciers constituent des indicateurs « incroyablement puissants » du réchauffement climatique.
Source : BBC News.

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The entire planet is affected by the melting of glaciers, whatever the latitude, whether in the polar regions, in the tropics or under the equator. I have written several posts (February 2021, October 2023, April 2024) about the disapperance of glaciers in Papua New Guinea. Thus, Lorentz National Park was home to the region’s last tropical glacier. Some call it the Eternity Glacier, but it might not be there for much longer.

Puncak Jaya (4884 m), also called Carstenz Pyramid, does not have ice on the peak, but around it there are several ice masses, that used to be one large icecap that developed 5,000 years ago. At least one previous icecap also existed in the region between 15,000 and 7,000 years ago.

The peaks in this Indonesian region have offered scientists countless insights into the Earth’s climate history. They are also the epicentre of the spiritual universe for many Papuans. But now, nearly all the snow is gone.

A century ago, the 300-km stretch of the Sudirman Range had snow and permanent ice on all four of its major peaks. But now there are only small areas around Puncak Jaya. These are expected to entirely disappear in a year or two.

Glacier cover around the peak has shrunk from nearly 1,900 hectares in the 19th century to about 16 hectares today. Almost entire glaciers have vanished within a human lifetime.

Ice cores taken from the slopes of Puncak Jaya preserve a record of climate history. Scientists can use them to obtain information about atmospheric conditions in the region and understand changes in the planet’s warmest ocean waters that surround the island. But this archive is disappearing before scientists have had time to fully study it.

The retreat of Papua’s glaciers is driven by the same forces affecting ice around the world, a warming atmosphere caused by human activity, including the burning of fossil fuels. As temperatures rise, the freezing point moves higher up mountains, so more precipitation falls as rain instead of snow, even in places that once saw regular snowfall.

El Niño events can accelerate this process, while local factors such as cloud cover, snowfall and mountain topography influence its pace.

The mountains in Papua are just 450km south of the equator, where permanent ice can survive only at very high altitudes and within a narrow range of climatic conditions. A small increase in temperature, a higher freezing point or shift from snowfall to rainfall can determine whether a glacier survives.

At least five groups of Indigenous people have had strong spiritual ties to Puncak Jaya for generations. The Moni people refer to it as Mbainggela, and believe their ancestors watch over the mountain. To the Amungme people, the range is known as Nemangkawi, or the « White Arrow ». According to traditional Amungme beliefs, Nemangkawi symbolises how people should live.

For many Indigenous Papuans, the disappearance of the glacier is not an isolated event. The discovery of vast copper and gold deposits transformed the region during the 20th century, and the development of extractive industrial projects have reshaped parts of the landscape. Entire mountain faces have been excavated and roads, industrial infrastructure and settlements have transformed surrounding valleys. Papuans say the development has brought jobs, roads, education and economic opportunities, but also environmental degradation and decades of social conflict. Some have lost access to their ancestral lands as mining expanded.

As local communities watch their sacred landscapes change, scientists and explorers are racing to document what is left. Using drones and three-dimensional mapping techniques, a Danish scientific team has created a detailed model of what remains. From the early 2000s to 2025, the glaciated area has receded by 95%. The researchers all agree that glaciers are « incredibly powerful » as indicators of climate change.

Source : BBC News.

Le Vésuve à Châtellerault (Vienne) le 1er octobre 2026 !

J’aurai le plaisir de présenter à CHÂTELLERAULT– dans le cadre de l’Université du Temps Libre – une conférence intitulée « La Campanie, des Champs Phlégréens à Pompéi »  le jeudi 1er octobre 2026 à 15 heures dans la Salle Velbert (ex Salle de la Gornière).

Au départ de Pouzzoles, je conduirai le spectateur à travers la Campanie avec une première étape dans la Solfatara, une cocotte-minute prête à exploser. Puis, nous escaladerons les pentes du Vésuve dont la prochaine éruption pourrait être dévastatrice. Nous déambulerons ensuite dans les rues de Herculanum, Pompéi, mais aussi Oplontis et Stabies, détruites par le volcan en l’an 79.

Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, intitulé « La Java des Volcans». Il fait voyager à travers l’île indonésienne de Java qui héberge plusieurs volcans aussi explosifs que le Vésuve.

A l’issue de la conférence, le public pourra se procurer le dernier livre « Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions » que j’ai écrit avec Dominique Decobecq,

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Prochaines conférences :

Contes, Mythes et Légendes volcaniques : le 26 novembre 2026 à CAHORS (Lot), ainsi que le 16 mars 2027 à ROYAN (Charente-Maritime).

– Conférences Volcans à bord de ‘La Belle de l’Adriatique’ du 30 novembre au 7 décembre 2026 entre Malte et Naples.