Goma sous la menace du Niyragongo…et du Lac Kivu // Goma under the threat of Nyiragongo…and Lake Kivu

Suite à l’éruption du Nyiragongo, les importants dégâts matériels et les quelque 35 victimes, des voix se font entendre pour que l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) soit enfin doté de moyens dignes de ce nom pour surveiller les volcans de la région. Il ne faudrait pas  oublier le Nyiamragira qui entre, lui aussi, régulièrement en éruption. Un député congolais a recommandé au gouvernement la réforme de l’OVG et il a insisté pour que ce dernier soit doté des moyens et matériels adéquats afin de prévenir d’éventuels risques.

L’éruption du Nyiragongo a également rappelé qu’une autre menace plane sur la région et ses 2 millions d’habitants, dont 600 000 dans la ville de Goma. Il s’agit du méthane du lac Kivu. En 2002, les scientifiques redoutaient que la coulée de lave entre dans le lac et provoque de redoutables explosions. Heureusement, il n’en a rien été et la lave s’est arrêtée à temps.

Selon des scientifiques, le lac Kivu contient mille fois plus de gaz dissous que le lac Nyos au Cameroun (1700-1800 morts en août 1986). Si la lave du Nyiragongo atteignait les profondeurs du lac Kivu, il pourrait se produire une déstabilisation de ses eaux stratifiées. Le gaz pourrait s’échapper brusquement et asphyxier les hommes et les animaux.

Le gaz du lac Kivu est composé pour un cinquième de méthane et pour quatre cinquièmes de gaz carbonique. Michel Halbwachs (Université de Savoie) que je salue ici explique que « le méthane représente le vrai danger, car il est vingt fois moins soluble que le C02 : avec vingt fois moins de gaz, on approche plus vite de la saturation. » Des mesures réalisées sur le lac Kivu ont montré que le taux de méthane avait augmenté de 15 % depuis trente ans et que la saturation serait acquise d’ici à la fin du siècle. Danger !!

Pour mettre les populations environnantes à l’abri du risque d’explosion gazeuse, le gouvernement de la RDC avait entrevu l’option de l’élimination du gaz carbonique par le dégazage progressif dans une couche comprise entre 12 et 50 mètres de profondeur du lac Kivu. Le dégazage devrait permettre de diminuer environ 160 millions de mètres cubes de CO2. Mais rien n’a été fait jusqu’à présent.

De plus, le méthane du lac Kivu n’est pas exploité par la RDC, ce qui représente une perte économique énorme pour le pays. Il y a des projets, mais ils n’ont pas encore abouti. Pendant que la RDC tarde, le Rwanda gagne énormément d’argent dans l’exploitation de ce gaz. Le pays a construit la première centrale électrique au monde qui fonctionne grâce à l’exploitation du gaz méthane.

Voir mes notes du 20 mai 2016 et du 8 août 2020 à propos du projet KivuWatt au Rwanda.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/05/20/le-methane-du-lac-kivu-eclaire-le-rwanda-lake-kivus-methane-brings-light-to-rwanda/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/08/08/le-methane-du-lac-kivu-rwanda-rdc-entre-menace-et-legende/

——————————

Following the eruption of Nyiragongo, the significant material damage and some 35 dead, voices are heard asking the Volcanological Observatory of Goma (OVG) to be given real means to monitor the volcanoes in the region. One should not forget Nyiamragira which also frequently erupts. A Congolese MP has advised the government to reform the OVG and insisted that the observatory be provided with adequate means and equipment to prevent possible risks.

The Nyiragongo eruption also served as a reminder that another threat hangs over the region and its 2 million inhabitants, including 600,000 in the city of Goma. This threat is the methane from Lake Kivu. In 2002, scientists feared that the lava flow might enter the lake and cause dreadful explosions. Fortunately, it didn’t and the lava stopped in time.

According to scientists, Lake Kivu contains a thousand times more dissolved gas than Lake Nyos in Cameroon (1,700-1,800 dead in August 1986). If the lava from Nyiragongo reached the depths of Lake Kivu, there could be a destabilization of its stratified waters. The gas could suddenly escape and suffocate people and animals.

One-fifth of the gas from Lake Kivu is methane and four-fifths carbon dioxide. Michel Halbwachs (University of Savoy) whom I greet here explains that “methane represents the real danger because it is twenty times less soluble than C02: with twenty times less gas, we approach saturation more quickly. Measurements carried out on Lake Kivu have shown that the methane rate had increased by 15% over the past thirty years and that saturation would happen by the end of the century. There is a real danger !!

To protect the surrounding populations from the risk of a gas explosion, the DRC government had envisaged the option of eliminating carbon dioxide by gradual degassing a layer between 12 and 50 metres deep in Lake Kivu. Degassing would eliminate around 160 million cubic metres of CO2. But nothing has been done so far.

In addition, the non-exploitation of methane from Lake Kivu, a huge economic loss for the DRC. There are plans, but they haven’t come to fruition yet. While the DRC is late, Rwanda is earning a lot of money in the exploitation of this gas. The country has built the world’s first power plant that runs on the exploitation of methane gas. See my posts of May 20th, 2016 and August 8th, 2020 about the KivuWatt project in Rwanda.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/05/20/le-methane-du-lac-kivu-eclaire-le-rwanda-lake-kivus-methane-brings-light-to-rwanda/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/08/08/le-methane-du-lac-kivu-rwanda-rdc-entre-menace-et-legende/

Le lac Kivu vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Confinement mondial et CO2 : rien n’a changé ! // Worldwide lockdown and CO2 : nothing has changed !

Trois milliards d’êtres humains ont été confinés au printemps 2021 pour freiner la pandémie de COVID-19. On aurait pu imaginer qu’une telle situation exceptionnelle aurait pu avoir un impact sur les concentrations (je parle des concentrations, pas des émissions) de CO2 dans l’atmosphère. Que nenni ; rien n’a changé !

Certes, le changement soudain dans notre mobilité a eu un effet direct dans notre impact sur la nature. La pollution mondiale a également chuté, avec des paysages dépourvus de l’habituel voile de brume dû à la pollution de l’air. En avril 2020, 17 millions de tonnes de CO2 de moins ont été rejetées dans l’atmosphère par rapport à avril 2019. Au total, les émissions de carbone ont été réduites de 7 %.

Le dernier rapport de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) refroidit sérieusement ces nouvelles qui se veulent optimistes. Selon le rapport, la chute des émissions n’aura pas freiné la hausse globale des concentrations de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) dans l’atmosphère. La courbe de Keeling, qui rend compte des concentrations de CO2 au sommet du volcan Mana Loa à Hawaii, reste malheureusement à la hausse. La NOAA explique que « les niveaux des deux principaux gaz à effet de serre d’origine anthropique, le dioxyde de carbone et le méthane, ont continué à augmenter de manière ininterrompue en 2020, malgré le ralentissement économique provoqué par la réponse à la pandémie de coronavirus. » Autrement dit, sans les confinements, «  l’augmentation qui a eu lieu en 2020 aurait été la plus haute jamais enregistrée ».

D’après le NOAA, cela fait 3,6 millions d’années (époque dite du Pliocène) que l’atmosphère terrestre n’avait pas connu une telle charge en dioxyde de carbone. Au Pliocène, la concentration de CO2 dans l’atmosphère se situait entre 380 et 450 ppm (parties par million). Cette concentration était de 280 ppm à l’ère pré-industrielle. En 2020, la courbe de Keeling a montré qu’elle était de 412 ppm, soit une hausse de 2,6 par rapport à 2019, et la cinquième hausse la plus importante en 63 ans de mesures.

Avant le confinement, en février 2020, la concentration de CO2 atteignait 414 ppm. Ensuite, le ralentissement économique l’a faite tomber à 412 ppm en fin d’année. Mais, en février 2021, on enregistrait un niveau de 416 ppm.

Le constat n’est pas meilleur pour le méthane. Ce gaz à effet de serre est moins présent que le dioxyde de carbone, mais il a un impact plus fort sur la concentration en chaleur. L’année 2020 a connu une augmentation annuelle de 14,7 ppb (parties par milliard), ce qui constitue 6 % de plus qu’en 2000 et la plus forte hausse annuelle enregistrée depuis le début des mesures en 1983.

Le rapport de la NOAA montre – confirme, devrais-je dire – que la crise climatique ne pourra être résolue avec des mesures à court terme et uniquement à une échelle globale. Ce devrait être le rôle des Conferences of Parties, les célèbres COP, qui, jusqu’à présent, n’ont pas tenu le rôle qui leur était dévolu. Si nous voulons atténuer les pires impacts du réchauffement climatique, il faut se concentrer délibérément sur la réduction des émissions de combustibles fossiles jusqu’à un niveau proche de zéro, en sachant que la concentration actuelle prendra des décennies pour se résorber

En 2017, un rapport de la Carbon Disclosure Project (CDP) montrait qu’à elles seules 100 entreprises sont responsables de 71 % des émissions de gaz à effet de serre. Le problème, c’est que profit et rentabilité ne font pas bon ménage avec protection de l’environnement !

Cette responsabilité des entreprises commence toutefois à être reconnue par certains patrons dont les activités sont à l’origine du problème comme a voulu le montrer Bill Gates à travers son livre How to Avoid a Climate Disaster (‘Comment éviter un désastre climatique) publié en février 2021.

Si les grands industriels doivent faire évoluer leur comportement, les citoyens doivent eux aussi réagir pour éviter de se retrouver (eux et les générations futures) confrontés à une situation insoluble. C’est peut-être au niveau du transport et des déplacements que les solutions sont les plus accessibles, même si elles ne sont pas dépourvues de défauts. Les véhicules électriques et hybrides feront chuter les émissions de gaz polluants, mais l’extraction du lithium nécessaire à la fabrication des batteries entraîne d’autres problèmes. .

Un étude a tout de même montré que si les citadins remplaçaient certains trajets motorisés par des trajets actifs avec la marche et le vélo, cela pourrait contribuer à réduire d’environ 8 % les émissions liées au trafic routier dans les villes européennes. Mais marcher et pédaler, cela demande un  effort physique…. !

Inspiré d’un article paru sur le site web Numerama.

https://www.numerama.com/

———————————————

Three billion people were confined in the spring of 2021 to curb the COVID-19 pandemic. One would have imagined that such an exceptional situation could have had an impact on the concentrations (I am talking about the concentrations, not the emissions) of CO2 in the atmosphere. Nothing has changed !

Sure, the sudden change in our mobility has had a direct effect in our impact on nature. Global pollution has dropped, with landscapes devoid of the usual haze of air pollution. In April 2020, 17 million tonnes of CO2 less were released into the atmosphere compared to April 2019. In total, carbon emissions were reduced by 7%.

The latest report from the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) seriously chills this optimistic news. The report says the drop in emissions has not dampened the overall rise in carbon dioxide (CO2) and methane (CH4) concentrations in the atmosphere. The Keeling curve, which reports CO2 concentrations at the top of the Mana Loa volcano in Hawaii, unfortunately remains on the rise. NOAA explains that “the levels of the two main anthropogenic greenhouse gases, carbon dioxide and methane, continued to rise uninterruptedly in 2020, despite the economic slowdown caused by the response to the pandemic of coronavirus. In other words, without the lockdowns, « the increase that took place in 2020 would have been the highest on record. »

According to NOAA, the last time the Earth’s atmosphere experienced such a load of carbon dioxide was 3.6 million years ago (known as the Pliocene epoch). In the Pliocene, the CO2 concentration in the atmosphere was between 380 and 450 ppm (parts per million). This concentration was 280 ppm in the pre-industrial era. In 2020, the Keeling curve showed it to be 412 ppm, an increase of 2.6 from 2019, and the fifth largest increase in 63 years of measurements.

Before the lockdown, in February 2020, the CO2 concentration reached 414 ppm. Then, the economic downturn brought it down to 412 ppm by the end of the year. But, in February 2021, a level of 416 ppm was recorded.

The situation is no better for methane. This greenhouse gas is less present than carbon dioxide, but it has a stronger impact on heat concentration. The year 2020 saw an annual increase of 14.7 ppb (parts per billion), which is 6% more than in 2000 and the largest annual increase recorded since the start of measurements in 1983.

The NOAA report shows – confirms, should I say – that the climate crisis cannot be resolved with short-term measures and only on a global scale. This should be the role of the Conferences of Parties, the famous COPs, which, until now, have not fulfilled the role that was assigned to them. If we are to mitigate the worst impacts of global warming, we must deliberately focus on reducing fossil fuel emissions to near zero, knowing that the current concentration will take decades to reverse

In 2017, a report by the Carbon Disclosure Project (CDP) showed that 100 companies alone are responsible for 71% of greenhouse gas emissions. The problem is that profit and profitability don’t mix with environmental protection! However, this corporate responsibility is starting to be recognized by some bosses whose activities are at the origin of the problem as Bill Gates wanted to show through his book How to Avoid a Climate Disaster published in February. 2021.

If large industrialists need to change their behaviour, simple citizens must also react to avoid finding themselves (and future generations) confronted with an insoluble situation. It is perhaps in the area of ​​transport and travel that the solutions are most accessible, even if they are not without flaws. Electric and hybrid vehicles will reduce polluting gas emissions, but extracting the lithium needed to make batteries leads to other problems. . However, a study has shown that if city dwellers replace certain motorized journeys with active journeys involving walking and cycling, it could help reduce road traffic emissions by around 8% in European cities. But walking and pedaling requires physical effort…. !

Based on an article on the Numerama website. https://www.numerama.com/

La Courbe de Keeling reste à un niveau désespérément haut (Source : NOAA)

Pollution de l’air à Pékin (Source : Wikipedia)

Gaz à effet de serre: Les derniers chiffres de l’OMM // Greenhouse gases: WMO’s latest figures

Suite à ma note du 1er décembre 2019 qui alertait sur l’urgence climatique, voici les derniers chiffres publiés pa l’Organisation météorologique mondiale (OMM) concernant les niveaux de CO2 et autres gaz à effet de serre au niveau mondial. Comme le montraient déjà les relevés publiés en temps réel par la NOAA, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint 407,8 ppm, un record. Ce chiffre a encore progressé puisque on relève actuellement une concentration supérieure à 410 ppm au sommet du Mauna Loa (Hawaii) où sont effectuées les mesures.
Le dernier bulletin d’information sur les gaz à effet de serre de l’OMM montre que la moyenne globale des principaux gaz à effet de serre a atteint des sommets en 2018 :
Dioxyde de carbone (CO2) : 407,8 ppm
Méthane (CH4) : 1869 ppb
Protoxyde d’azote (N2O) : 331,1 ppb
Comme je l’indiquais dans ma note du 1er décembre, cela représente 147% du niveau préindustriel (avant 1750) pour le CO2, 259% pour le méthane et 123% pour le N2O.

La concentration de CO2 a donc atteint 407,8 ppm en 2018, des chiffres quasi-identiques à ce qui a été publié par la NOAA. Le pic a eu lieu en mai 2019 avec une concentration de CO2 de 415 parties par million, soit 100 ppm de plus qu’en 1958. C’est évidemment un record. On notera que la hausse de la concentration est continue depuis le début des mesures instrumentales.
Le CO2 atmosphérique augmente principalement en raison des émissions provenant des combustibles fossiles et de la production de ciment (environ 36,6 ± 2 GtCO2 en 2018), de la déforestation et autres changements d’affectation des sols (5,5 GtCO2 par an en moyenne pour la période 2009-2018).
Du total des émissions provenant des activités humaines au cours de la période 2009-2018, environ 44% du CO2 s’est accumulé dans l’atmosphère, 22% dans l’océan et 29% sur terre, avec un reste non attribué de 5%.

Pour le CH4, l’augmentation de 2017 à 2018 est plus élevée que celle observée de 2016 à 2017 et que la moyenne de la dernière décennie. Environ 40% du méthane est émis dans l’atmosphère par des sources naturelles (les zones humides notamment) et environ 60% est d’origine anthropique (bovins, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges et combustion de biomasse). Globalement, le CH4 moyen calculé à partir des observations in situ en 2018 a atteint un nouveau sommet à 1869 ppb en 2018, soit une augmentation de 10 ppb par rapport à l’année précédente .
Le CH4 atmosphérique augmente depuis 2007 pour atteindre 259% du niveau préindustriel. Les mesures du CH4 indiquent que ces émissions de méthane plus élevées proviennent probablement de zones humides sous les tropiques et de sources anthropiques aux latitudes moyennes de l’hémisphère nord.

Pour le N2O, l’augmentation de 2017 à 2018 est également plus élevée que celle observée de 2016 à 2017 et que le taux de croissance moyen des 10 dernières années. Le protoxyde d’azote contribue pour environ 6% au forçage radiatif des gaz à effet de serre à longue durée de vie, ce qui en fait le troisième contributeur le plus important.
Le N2O émis dans l’atmosphère vient de sources naturelles (environ 60%) et anthropiques (environ 40%). Globalement, la concentration moyenne de N2O en 2018 a atteint 331,1 ppb, soit 1,2 ppb de plus que l’année précédente. Les causes probables de l’augmentation de N2O dans l’atmosphère sont une utilisation plus large des engrais dans l’agriculture et une plus grande libération de N2O des sols due à un excès de dépôt d’azote atmosphérique lié à la pollution atmosphérique.

Au total, le forçage radiatif des gaz à effet de serre a augmenté de 43% de 1990 à 2018, le CO2 représentant environ 80% de cette augmentation.

Source: OMM, via global-climat.

—————————————-

Following my post of December 1st, 2019, which warned of the climate emergency, here are the latest figures published by the World Meteorological Organization (WMO) concerning the levels of CO2 and other greenhouse gases on our planet. As NOAA’s real-time readings showed, the atmospheric CO2 concentration reached 407.8 ppm, a record high. This figure has progressed, with a current concentration above 410 ppm on Mauna Loa (Hawaii) where measurements are being made.
The latest WMO greenhouse gas information bulletin shows that the global average of major greenhouse gases has peaked in 2018:
Carbon dioxide (CO2): 407.8 ppm
Methane (CH4): 1869 ppb
Nitrous oxide (N2O): 331.1 ppb
As I iput it in my note of December 1st, this represents 147% of the pre-industrial level (before 1750) for CO2, 259% for methane and 123% for N2O.

The CO2 concentration reached 407.8 ppm in 2018, almost identical to what was reported by NOAA. The peak occurred in May 2019 with a CO2 concentration of 415 parts per million, or 100 ppm more than in 1958. This is obviously a record. It should be noted that the increase in concentration has been continuous since the beginning of the instrumental measurements.
Atmospheric CO2 is increasing mainly due to emissions from fossil fuels and cement production (around 36.6 ± 2 GtCO2 in 2018), deforestation and other land-use changes (5.5 GtCO2 per year) on average for the period 2009-2018).
Of the total emissions from human activities during the period 2009-2018, approximately 44% of CO2 accumulated in the atmosphere, 22% in the ocean and 29% on land, with an unallocated residual of 5%. %.

For CH4, the increase from 2017 to 2018 is higher than that observed from 2016 to 2017 and the average of the last decade. About 40% of methane is emitted into the atmosphere from natural sources (especially wetlands) and about 60% is anthropogenic (cattle, rice, fossil fuel exploitation, landfills and biomass burning). Overall, the mean CH4 calculated from in situ observations in 2018 reached a new high of 1869 ppb in 2018, an increase of 10 ppb over the previous year.
Atmospheric CH4 has been increasing since 2007 to reach 259% of the pre-industrial level. CH4 measurements indicate that these higher methane emissions are likely from tropical wetlands and anthropogenic sources at mid-latitudes in the northern hemisphere.

For N2O, the increase from 2017 to 2018 is also higher than that observed from 2016 to 2017 and the average growth rate of the last 10 years. Nitrous oxide contributes about 6% of the radiative forcing of long-lived greenhouse gases, making it the third largest contributor.
N2O emitted to the atmosphere comes from natural sources (about 60%) and anthropogenic sources (about 40%). Overall, the average N2O concentration in 2018 reached 331.1 ppb, 1.2 ppb more than the previous year. The probable causes of the increase in N2O in the atmosphere are a wider use of fertilizers in agriculture and a greater release of N2O from soils due to an excess of atmospheric pollution deposition of atmospheric nitrogen.

In total, the radiative forcing of greenhouse gases increased by 43% from 1990 to 2018, with CO2 accounting for about 80% of this increase.

Source: WMO, via global-climat

Courbe de Keeling. No comment! (Source: Scripps Institution)

C’est catastrophique et tout le monde s’en fout ! // It’s disastrous, and everyone does not care!

En ce moment, les relevés de la Scripps Institution of Oceanography sur le Mauna Loa à Hawaii indiquent une concentration de CO2 dans l’atmosphère supérieure à 410 parties par million (ppm), ce qui est considérable. C’est 147% de plus que le niveau préindustriel de 1750. Le méthane (CH4), dont 60% des émissions sont d’origine humaine (élevage de bétail, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges…), et le protoxyde d’azote (N2O), dont 40% des émissions sont d’origine humaine (engrais, processus industriels…), ont aussi atteint des pics de concentration.

Le plus inquiétant, c’est que la courbe de Keeling qui y est liée ne montre aucun signe de fléchissement, bien au contraire. Comme le fait remarquer l’ONU dans son dernier rapport émis le 25 novembre 2019, les principaux gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique ont franchi de nouveaux records de concentration en 2018 et « aucun signe de ralentissement » n’est visible. Ce cri d’alarme intervient à quelques jours de l’ouverture de la COP25, qui se tiendra du 2 au 13 décembre à Madrid (Espagne).

Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) ne cesse de tirer la sonnette d’alarme. Sa dernière déclaration ne saurait laisser indifférent : « La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années. La température était de 2 à 3°C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel. »

Source : France Info.

Selon l’ONU, pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C – ambition fixée par l’accord de Paris – il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an jusqu’à 2030, soit un total de 55% de baisse entre 2018 et 2030. Tout retard au-delà de 2020 rendrait « rapidement l’objectif de 1,5 °C hors de portée ». Ces émissions, générées en particulier par les énergies fossiles, ont augmenté de 1,5% par an ces dix dernières années, avec un nouveau record de 55,3 gigatonnes de CO2 en 2018. Si les émissions se poursuivent au rythme actuel, la planète pourrait se réchauffer de 3,4 à 3,9°C d’ici la fin du siècle.

L’ONU assure malgré tout qu’il est encore possible de rester sous la barre des 2°C si les signataires de l’accord de Paris acceptent de mettre en place des actions immédiates. Le rapport de l’ONU suggère des pistes mais qui semblent tout à fait illusoires au vu de l’état d’esprit de nos dirigeants aujourd’hui : interdiction des nouvelles centrales à charbon en Chine, développement massif d’un réseau de transport public en Inde, nouvelles voitures « zéro émission » d’ici 2030 aux Etats-Unis… Il est bien évident que ces conseils ne seront pas suivis et que la Chine, l’Inde et les Etats-Unis continueront de polluer notre planète. Il y a fort à parier que la COP 25 de Madrid sera un vaste brassage de vent, comme les précédentes. D’ailleurs, Emmanuel Macron brillera par son absence. Il sera remplacé par le Premier Ministre.  La plaisanterie se terminera en 2020 par la COP 26 à Glasgow. Inutile de dire que ces différentes conférences se solderont par un fiasco et une gabegie financière. Avec un peu de chance, Donald Trump sera réélu et il signera le retrait définitif des Etats Unis de l’Accord de Paris. Tout va bien!

————————————————–

At this moment, the Scripps Institution of Oceanography measurements on Mauna Loa in Hawaii indicate a concentration of CO2 in the atmosphere of more than 410 parts per million(ppm), which is considerable. This is 147% more than the pre-industrial level of 1750. Methane(CH4), of which 60% of the emissions are of human origin (cattle breeding, rice cultivation, exploitation of fossil fuels, landfills …), and protoxide of nitrogen(N2O), of which 40% of the emissions are of human origin (fertilizers, industrial processes …), have also reached peaks of concentration.
Most disturbing is the fact that the Keeling Curve shows no sign of a decline, quite the contrary. As noted by the UN in its latest report issued on November 25th, 2019, the main greenhouse gases causing global warming have reached new concentration records in 2018 and « no sign of slowing down » is visible. This cry of alarm comes just days before the opening of COP25, which will be held from December 2nd to 13th in Madrid (Spain).
Petteri Taalas, Secretary General of the World Meteorological Organization (WMO), keeps sounding the alarm. His last statement can not be ignored: « The last time the Earth had a comparable CO2 content was 3 to 5 million years ago. The temperature was 2 to 3°C higher than today, and the level of the sea was 10 to 20 metres higher than the current level. »
Source: France Info.

According to the UN, to limit global warming to 1.5°C – the ambition set by the Paris agreement – greenhouse gas emissions should be reduced by 7.6% per year until 2030, which means a 55% decline between 2018 and 2030. Any delay beyond 2020 would « quickly target 1.5°C out of reach ». These emissions, generated in particular by fossil fuels, have increased by 1.5% per year over the past ten years, with a new record of 55.3 gigatonnes of CO2 in 2018. If emissions continue at the current rate, the planet could heat up from 3.4 to 3.9°C by the end of the century.
The UN still ensures that it is still possible to stay below 2°C if the signatories of the Paris agreement agree to implement immediate actions. The UN report suggests some leads but they seem utterly illusory given the state of mind of our leaders today: ban on new coal power plants in China, massive development of a public transport network in India, new « zero emission » cars by 2030 in the United States … It is obvious that this advice will not be taken into account and that China, India and the United States will continue to pollute our planet. It’s a safe bet that the COP 25 in Madrid will be a mixture of empty words, like the previous ones. Moreover, Emmanuel Macron will not participate. He will be replaced by the Prime Minister. The joke will end in 2020 with COP 26 in Glasgow. Needless to say these different conferences will result in a fiasco and a huge waste of money. At that, Donald Trump might be re-elected and he will then sign the definitive withdrawal of the United States from the Paris Agreement. Everything is fine!

 

La Courbe de Keeling sur une année. On voit parfaitement la hausse entre décembre 2018 et 2019 (Source: Scripps Institution).