La fonte des glaciers fait le bonheur des archéologues // Archaeologists enjoy glacier melting

Les archéologues profitent de la fonte des glaciers en Norvège sous l’effet du réchauffement climatique pour récupérer des milliers d’objets révélateurs des modes de vie pendant un âge de glace.
Un article publié dans la revue Royal Society Open Science nous apprend qu’une équipe de scientifiques norvégiens et britanniques travaillant sur les glaciers des montagnes de l’Oppland en Norvège, a découvert plus de 2 000 objets, dont des armes de l’âge du fer et de l’âge de bronze, des ossements de chevaux, et même des skis préhistoriques. Beaucoup sont fabriqués à partir de matériaux organiques comme le bois ou la peau d’animal que les archéologues ont rarement eu l’occasion d’étudier ailleurs dans le monde; en effet, dans d’autres environnements plus chauds, ils se seraient décomposés.
Le Carbone 14 a permis de dater certains objets, comme 200 flèches, à 4000 ans avant notre ère. Les communautés de chasseurs-cueilleurs de la région vivaient de la chasse au renne et étaient de bons agriculteurs, même à plus de 2 400 mètres d’altitude.
Selon l’étude, les skis diffèrent considérablement de ceux d’aujourd’hui. Ils sont plus larges et ont probablement été partiellement couverts de fourrure à un moment donné. Les chercheurs ont également trouvé une tunique de l’âge du fer, une chaussure de l’âge de bronze et les restes de traîneaux.
Selon les archéologues, il faut considérer ces découvertes dans une perspective large plutôt qu’individuellement. Cette perspective plus large inclut une découverte surprenante à propos d’une période de refroidissement dans l’hémisphère nord entre les années 536 et 660. Au cours de cette période, la planète s’est refroidie, les récoltes ont été très mauvaises et la population a décliné. Cependant, ce profond changement climatique a entraîné une hausse surprenante de l’activité humaine,  confirmée par le nombre d’objets récupérés par les archéologues. La difficulté à cultiver les champs a forcé les habitants à intensifier tous leurs autres moyens de subsistance. Cette situation révèle une adaptation précoce et remarquable au changement climatique.
Source: Newsweek.

En lisant l’étude des archéologues norvégiens, j’ai repensé à Ötzi – L’homme des glaces – dont le corps momifié fut découvert en septembre 1991 par des randonneurs allemands sur le glacier Schnatsal, à la frontière entre l’Autriche et l’Italie. L’homme vivait il y a quelque 5300 ans. La momie fut l’objet de nombreuses études afin de déterminer la cause de sa mort..

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Glacial archaeologists are racing melting ice in Norway to rescue thousands of ancient artifacts exposed by climate change, revealing something surprising about an ice age.

In a paper published in the journal Royal Society Open Science, we learn that a team of scientists from Norway and the United Kingdom working in the mountains of Oppland, Norway, have discovered more than 2,000 artifacts, including Iron Age and Bronze Age weapons, remains of pack horses and even prehistoric skis. Many are made from organic materials (like wood or animal hide) that archaeologists rarely have a chance to study; in other environments, they would have decomposed.

Radiocarbon dating during the course of the research placed some of the objects, like the nearly 200 arrows, as far back as 4000 B.C. Ancient hunter-gatherer communities in the region lived off reindeer and became proficient farmers, even at an elevation of more than 2,400 metres.

According to the study, the skis differ from the modern-day version considerably. They are broader and might have at one point been partly covered in fur. The researchers also found an Iron Age tunic, a Bronze Age shoe and the remains of sleds.

According to the researchers, the discoveries should be considered in a wide perspective rather than individually. That larger perspective includes a counterintuitive discovery by the researchers about a period known as the Late Antique Little Ice Age, which lasted from around 536 AD to 660 AD. During that period, the planet grew colder, harvests failed and populations fell. However, that profound environmental change led to a surprising spike in output. The sheer volume of artifacts the archaeologists recovered from that period suggests that human human activity and production actually increased. Their compromised ability to grow crops forced the inhabitants to intensify all their other means of livelihood. It reveals an early and remarkable display of climate adaption.

Source: Newsweek.

While reading the article about the Norwegian archaeologists, I thought about the Iceman, or Oetzi, the well-preserved natural mummy of a man who lived about 5,300 years ago. The mummy was found in September 1991 by two German hikers in the Schnalstal glacier, on the border between Austria and Italy. Studies have been made to try and determine the cause of his death.

Reconstitution de la momie d’Ötzi.  Elle est conservée dans une chambre froide du Musée Archéologique du Haut-Adige à Bolzano (Italie).

Le point rouge indique le lieu de découverte de la momie (Source: Wikipedia)

 

Le réchauffement climatique tue aussi les rennes dans l’Arctique // Global warming also kills reindeer in the Arctic

drapeau-francaisA côté des phénomènes naturels comme la foudre, le changement climatique peut tuer les rennes (également appelés caribous) dans l’Arctique. En août 2016, la foudre a anéanti un troupeau de plus de 300 rennes en Norvège. En juillet de cette même année, une épidémie de charbon – que les autorités russes ont attribuée à des microbes qui se sont décongelés après être restés dans un cadavre de renne – a provoqué une épidémie parmi plusieurs populations autochtones de Sibérie (voir ma note du 2 août 2016). La maladie a tué un garçon de 12 ans, et les rennes sont morts par centaines. Au lendemain de la maladie, le gouvernement régional a proposé d’exterminer 250 000 rennes avant Noël cette année.
La toundra arctique, qui se réchauffe à un rythme plus rapide que le reste du globe, pose des problèmes aux animaux pourtant bien adaptés aux rigueurs du climat.
En novembre 2013, 61 000 rennes mouraient de faim sur la péninsule de Yamal en Russie. Ce fut le plus grand «épisode de mortalité animale» à l’échelle d’une région jamais enregistré dans ce pays. 20 000 autres rennes avaient déjà succombé à la famine en novembre 2006. Selon l’équipe de chercheurs d’Europe, des États-Unis et d’Asie dépêchée sur place, la cause immédiate de cette mortalité était une couche de glace inhabituelle qui recouvrait et étouffait les pâturages des rennes.
Au début du mois de novembre 2013, il a plu en permanence et de façon anormale pendant 24 heures. Après la pluie, les températures ont chuté. Le 10 novembre, plus de 16 000 kilomètres carrés de la partie sud de la péninsule de Yamal étaient couverts de glace. Les températures sont restées très basses jusqu’au printemps 2014. À cette époque, les bergers qui avaient perdu la plupart ou la totalité de leurs animaux à cause de la famine étaient bloqués dans la toundra. Sans rennes pour transporter les éléments de leurs campements, ils ont dû avoir recours à la pêche pour se nourrir et ont emprunté des reproducteurs pour reconstruire leurs troupeaux, processus qui demande plusieurs années.
Les observations et les modèles historiques ont démontré que l’effet du changement climatique est plus prononcé aux pôles. La glace de mer avec sa couleur blanche reflète la lumière du soleil tandis que, lorsque la couverture de glace diminue, l’eau de l’Océan Arctique, plus sombre, est capable d’absorber plus d’énergie. Le résultat est une boucle de rétroaction appelée amplification arctique. Les climatologues de la NASA font également remarquer que les forts orages tropicaux au niveau de l’équateur font remonter la chaleur dans la haute atmosphère où elle circule vers les pôles.
À mesure que le climat sibérien se réchauffe, les modèles mathématiques prédisent que les pluies deviendront plus fréquentes et plus intenses. Dans un proche avenir, il est souhaitable que des abattoirs mobiles soient déployés en temps utile dans les zones à risque d’englacement de la toundra afin que les rennes puissent être abattus dans de bonnes conditions. De cette façon, les éleveurs pourront recevoir une compensation pour la perte de leurs animaux.
Source: Alaska Dispatch  News.

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drapeau-anglaisBeside natural phenomena like lightning, climate change may kill reindeer (also called caribou) in the Arctic. In August 2016, a lightning blast claimed the lives of more than 300 reindeer in Norway. In July, an anthrax epidemic – which Russian officials blamed on microbes that thawed after spending time frozen inside a reindeer corpse – sickened several indigenous people in Siberia (see my note of August 2nd 2016). Anthrax killed a 12-year-old boy, and reindeer died by the hundreds. In the disease’s aftermath, the regional government proposed to terminate 250,000 reindeer by Christmas this year.

Even the Arctic tundra has turned against the animals, so well-adapted to the climate, as the area warms at a faster rate than the rest of the globe.

In November 2013, 61,000 reindeer starved to death on Russia’s Yamal Peninsula. It marked the largest regional « mortality episode » of reindeer ever recorded. An additional 20,000 had succumbed to famine in November 2006. The immediate cause, according to the team of researchers from Europe, the United States and Asia, was an unusual ice barrier that smothered the reindeer pastures.

In early November 2013, it rained for a continuous and anomalous 24 hours. After the rain, temperatures plummeted. By November 10th, more than 16,000 square kilometres of the southern part of the Yamal Peninsula were blanketed in ice. The temperatures remained below freezing until spring 2014. By that time, the private herders who had lost most or all of their animals to starvation were functionally stranded in the tundra. With no draft reindeer to haul their camps, they resorted to full-time subsistence fishing and borrowed breeding stock to rebuild their herds, a multiyear process.

Historical observations and models indicate the effect of climate change is more pronounced at the poles. White sea ice reflects sunlight, whereas when ice cover diminishes, the darker Arctic water is able to absorb more energy. The result is a feedback loop known as Arctic amplification. NASA climatologists also note that strong tropical thunderstorms at the equator draw heat into the upper atmosphere, where it is circulated toward poles.

As the Siberian climate warms, mathematical models predict rains will become more frequent and intense. It is recommended in the near future that mobile slaughterhouses could be deployed in time to the herds at risk out on the tundra, so that reindeer can be slaughtered humanely. At least that way, herders could receive compensation for the loss of their reindeer.

Source: Alaska Disptch News.

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Rennes dans la toundra (Photo: C. Grandpey)

 

L’ours blanc et le sous-marin noir // The white bear and the black submarine

drapeau francaisLes eaux de l’Arctique ne sont pas seulement menacées par l’exploration pétrolière et gazière; leur faune est également méprisés par l’armée, comme le prouve une photo publiée par le journal norvégien Barents Observer.
Réalisé dans un lieu indéterminé de l’Arctique, le cliché montre les membres de l’équipage d’un sous-marin nucléaire russe en train de jeter des déchets, principalement du vieux pain et des emballages en plastique afin d’attirer l’attention d’un ours polaire. On remarque aussi d’autres denrées alimentaires, des sacs en plastique, des bouteilles et d’autres déchets, à la fois dans l’eau et sur la banquise.
Ni la date, ni le lieu, ne sont connus. La scène se situe probablement quelque part dans le nord de la Mer de Barents ou au nord de l’archipel de Svalbard, dans l’Océan Arctique. Ce sont des eaux couvertes de glace où les sous-marins russes patrouillent régulièrement. Les eaux au large de la côte sibérienne ne sont pas assez profondes pour les sous-marins.
Le journal norvégien tient la photo d’Aleksandr Serebryanikov, bien connu sous le nom de Blogger51 à Mourmansk, capitale arctique de la Russie et centre administratif de la péninsule de Kola où sont basés les sous-marins nucléaires.
Le comportement de l’équipage du sous-marin a été critiqué à la fois par les autorités russes et norvégiennes qui reconnaissent qu’il faudra très longtemps avant que le plastique jeté dans la mer se décompose. Le processus de dégradation impliquera des fragments de plastique de différentes tailles que les oiseaux, les poissons et autres animaux marins confondent souvent avec leur proie et qui, une fois ingérés, peuvent entraîner la mort des animaux car leur système digestif se bloque.
La photo n’a pas été prise dans les eaux norvégiennes près de Svalbard. Si c’était le cas, la scène serait clairement une violation du Svalbard Environmental Protection Act, une loi sur la protection de l’environnement qui interdit «toute tentative pour attirer, poursuivre ou perturber les ours polaires ».

Toutefois, il n’existe pas de lois internationales concernant la décharge d’ordures à l’extérieur de la zone économique d’un pays. Tous les pays de l’Arctique ont leur propre interprétation. Par exemple, en Norvège, la législation sur la pollution interdit un tel acte dans ses eaux nationales. En ce qui concerne l’alimentation des ours polaires avec des ordures, ce n’est pas illégal, même si un tel comportement n’est pas jugé raisonnable.
En Russie, le président Vladimir Poutine est connu pour son soutien à la protection des ours polaires. Une partie du site Internet du Kremlin est même dédiée au programme de protection des ours polaires.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisArctic waters are not only threatened with oil and gas exploration ; their fauna is also despised by the military, as a photo released by the Norwegian newspaper Barents Observer proves it.

Taken at an unknown location in the Arctic, it shows crew members of a Russian nuclear-powered submarine throwing out loads of garbage, mainly old bread and plastic packaging, into the water to attract a polar bear’s attention. There are apparently also other foodstuffs, plastic bags, bottles and other garbage, both in the water and on the ice-floe.

Neither the date nor the location of the photo are known. It is likely somewhere in the northeastern Barents Sea or north of Svalbard in the Arctic Ocean. Those are the ice-covered waters where Russian submarines normally patrol. Waters outside the coast of Siberia are too shallow for submarines.

The Norwegian paper got the photo from Aleksandr Serebryanikov, well known as Blogger51 in Murmansk, Russia’s Arctic capital and the administration centre of the Kola Peninsula where the nuclear powered submarines are based.

The behaviour of the submarine crew was criticised both by Russian and Norwegian authorities who admit it will take a very long time before the plastic thrown into the sea decomposes. The degradation process will involve plastic fragments of different sizes that seabirds, fish and other animals often confuse with their prey and, if eaten, can cause death to the animals because their digestive system is blocked.

The photo of the Russian submarine crew was not taken within Norway’s waters near Svalbard. If it had happened at Svalbard, it would clearly violate the Svalbard Environmental Protection Act which bans “any attempt to lure, pursue or otherwise disturb polar bears”.

However, there are no international rules for dumping trash outside of a country’s exclusive economic zone. All Arctic nations have their own version. For example, Norway’s pollution legislation will prohibit this in its own national waters. As far as feeding trash to wild polar bears is concerned, it is not illegal, although not considered as a wise behaviour. .

In Russia, President Vladimir Putin is known for supporting the protection of polar bears. He even runs a dedicated site for the polar bear program at his Kremlin portal.

Source : Alaska Dispatch News.

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Crédit photo:   Aleksandr Serebryanikov, via le  Barents Observer.

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Qu’il soit sur la banquise ou sur le terre ferme, l’ours polaire doit être protégé  (Photo:  C. Grandpey)

Le volcanisme norvégien // Norwegian volcanism

drapeau francaisLe quotidien norvégien Nyheter nous apprend que des chercheurs de l’Université de Bergen ont découvert des centaines de volcans dans la mer autour de la Norvège, le long de la dorsale atlantique entre Jan Mayen et le détroit de Fram. Ces volcans sont à une très faible profondeur et les scientifiques norvégiens sont convaincus qu’ils peuvent apparaître à la surface de la mer à tout moment et éventuellement former un nouveau groupe d’îles. Cette zone active – baptisée Loki’s Castle – recèle un grand nombre de « fumeurs » dont la température se situe autour de 300° C. Comme souvent dans ce cas, des organismes ont colonisé les sources chaudes. Ces « extrêmophiles » sont capables de subsister dans des conditions considérées comme impropres à la vie.

Une belle vidéo illustre le travail des chercheurs norvégiens:

http://www.dagbladet.no/2013/08/01/nyheter/innenriks/forskning/vulkan/28490961/

 

drapeau anglaisThe Norwegian daily Nyheter informs us that researchers from the University of Bergen have discovered hundreds of undersea volcanoes around Norway, along the Atlantic ridge between Jan Mayen and the Fram Strait. These volcanoes are very shallow and Norwegian scientists believe they might break the surface of the sea at any moment and form a new group of islands. The active area – Loki’s Castle – harbours a large number of “smokers” whose temperature averages 300°C. Organisms have colonised the hydrothermal vents. These “extremophiles” are able to survive in conditions considered as too difficult to live in.

A nice video illustrates the Norwegian researchers’ work:

http://www.dagbladet.no/2013/08/01/nyheter/innenriks/forskning/vulkan/28490961/