Paroles, paroles… // These are only words!

Selon un nouveau rapport de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), si nous voulons trouver une solution à la crise climatique actuelle, nous devons cesser d’utiliser des voitures à essence dans les 14 prochaines années, ne pas ouvrir de nouvelles mines de charbon, mettre fin à l’exploration pétrolière et se lancer dans «une transformation totale des systèmes énergétiques qui sous-tendent nos économies».

Intitulé «Zéro net d’ici 2050», le rapport, publié le 18 mai 2021, examine les promesses faites par les gouvernements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et conclut que l’objectif de maintenir l’augmentation des températures globales à 1,5 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels sera « extrêmement difficile » et exigera des efforts importants.

Le rapport confirme ce que j’ai écrit à plusieurs reprises : «Le nombre de pays qui se sont engagés à atteindre des émissions nulles d’ici le milieu du siècle continue d’augmenter, mais il en va de même pour les émissions de gaz à effet de serre et leur concentration dans l’atmosphère. Cet écart entre la rhétorique et l’action doit se combler si nous voulons avoir une chance d’atteindre le ‘zéro net’ d’ici 2050 et de limiter la hausse des températures mondiales à 1,5°C. »

Dans son rapport, l’AIE présente 400 mesures qui, si elles étaient prises immédiatement, permettraient de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et de les ramener à presque zéro en 2050. Si de telles mesures étaient prises avec succès, les températures de la planète pourraient être maintenues en dessous du niveau qui provoquera inévitablement une extinction massive, une élévation désastreuse du niveau de la mer, une hécatombe avec la multiplication des vagues de chaleur, et d’autres conséquences que l’Agence de Protection de l’Environnement a déjà constatées.

Les conclusions du rapport de l’AIE rejoignent celles d’une étude publiée en avril par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) qui rappelait qu’il est grand temps d’enrayer la hausse des températures de la planète.

En 2018, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) a publié son rapport sur la nécessité d’ « empêcher les températures de dépasser 1,5°C pour éviter les pires conséquences du changement climatique.»

Lors d’un sommet sur le climat réunissant des chefs de gouvernements en avril, le président Biden a annoncé un nouvel objectif des Etats Unis visant à réduire d’ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52% par rapport aux niveaux de 2005. La Chine, qui représentait 27% des émissions mondiales en 2019, s’est engagée à devenir neutre en carbone d’ici 2060.

Selon l’AIE, même si les engagements pris par les deux pays qui ont les émissions les plus élevées, ainsi que par d’autres pays industrialisés dans le cadre de l’Accord de Paris, sont pour la plupart des objectifs ambitieux et non contraignants, « il existe encore une marge de manoeuvre pour atteindre le ‘zéro net’ d’ici 2050, même si « cette marge reste étroite et extrêmement difficile. Elle oblige toutes les parties prenantes – gouvernements, entreprises, investisseurs et citoyens – à agir dès cette année et chaque année suivante pour que l’objectif ne devienne pas hors de portée. »

Selon le rapport, les actions nécessaires pour transformer la consommation et la production d’énergie à l’échelle de la planète sont les suivantes :

– Augmentation de l’utilisation des sources d’énergie renouvelables de 29% en 2020 à 90% en 2050

– Arrêt de la construction de nouvelles centrales au charbon dès cette année, sauf si elles sont construites avec une technologie de captage du carbone

– Interdiction, dès 2025, de la vente de nouvelles chaudières au mazout et au gaz pour chauffer les bâtiments

– Élimination progressive de la vente d’automobiles à essence d’ici 2035

– Transformation des flottes de véhicules actuels en véhicules électriques ou à hydrogène d’ici 2050

– Orientation des centrales électriques vers des sources d’énergie renouvelables d’ici 2035

– Fermeture de toutes les centrales au charbon non équipées de technologie de captage du carbone d’ici 2040

– Transition de la moitié du transport aérien vers l’hydrogène ou les biocarburants d’ici 2040

Le rapport de l’AIE reconnaît qu’il sera extrêmement difficile d’atteindre ces objectifs. Les émissions et les concentrations de dioxyde de carbone rebondissent fortement en ce moment avec la reprise économique suite à la pandémie de Covid-19.

Il est grand temps que les gouvernements agissent de manière décisive pour accélérer la transition vers des énergies propres. Comme je l’ai écrit précédemment, il appartient aux Conférences des Parties (les COP) d’imposer des mesures réelles et obligatoires, au lieu de mesures non contraignantes.

Source: Yahoo News.

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According to a new report by the International Energy Agency (IEA), if human beings want to solve the climate change crisis, they must stop using gasoline-powered cars within 14 years, abandon the pursuit of new coal mines, end oil exploration and set about « a total transformation of the energy systems that underpin our economies. »

Titled « Net Zero by 2050, » the report, released on May 18th, 2021, examines the pledges made by world governments to dramatically reduce greenhouse gas emissions and concludes that the goal of keeping global temperatures from rising 1.5 degrees Celsius above preindustrial levels will prove « extremely challenging » and demand significant efforts.

The report confirs wha I have indicated in previous posts: « The number of countries that have pledged to reach net-zero emissions by mid-century or soon after continues to grow, but so do global greenhouse gas emissions and their concentration in the atmosphere.This gap between rhetoric and action needs to close if we want to have a chance of reaching net zero by 2050 and limiting the rise in global temperatures to 1.5 °C. »

In its report, the IEA lays out 400 steps that, if taken immediately, would meet the goal of cutting current greenhouse gas emissions in half by 2030 and down to nearly zero in 2050. In the event that such a massive, united global undertaking were successful, global temperatures could be kept below a level that would cause mass extinction, devastating sea level rise, unprecedented death from worsening heat waves, and other consequences that the Environmental Protection Agency has found are already occurring.

The findings in the report by the IEA are nearly the same as those of a study released in April by the United Nations World Meteorological Organization (WMO) warning that “time is fast running out” to keep global temperatures in check.

In 2018, the U.N.’s Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) issued its landmark report on the need to keep global temperatures from rising above 1.5°C to avert the worst consequences of climate change.

At an April climate summit of world leaders, President Biden announced a new U.S. target to cut greenhouse gas emissions by 50 to 52 percent over 2005 levels by the year 2030. China, which accounted for 27 percent of global emissions in 2019, has pledged this year to become carbon-neutral by 2060.

According to IEA, even though the pledges made by the two countries with the highest emissions, as well as those of other industrialized nations in the Paris Agreement, are mostly nonbinding, aspirational goals, « there are still pathways to reach net zero by 2050, even though « that pathway remains narrow and extremely challenging, requiring all stakeholders – governments, businesses, investors and citizens – to take action this year and every year after so that the goal does not slip out of reach. »

According to the report, the actions required to transform global energy consumption and production include:

 – Increasing the use of renewable sources of energy from 29 percent in 2020 to 90 percent in 2050

– Halting construction of all new coal plants this year, unless they are built with carbon-capture technology

– Implementing a ban in 2025 on the sale of new oil and gas furnaces to heat buildings

– Phasing out the sale of automobiles that use gasoline by 2035

– Conversion of vehicle fleets to either electric or hydrogen fuel sources by 2050

– Shifting power plants away from carbon emissions to renewable sources of energy by 2035

– Closing all coal-fired power plants not fitted with carbon-capture technology by 2040

– Transitioning half of all plane-travel energy sources to hydrogen or biofuels by 2040.

The report, however, is quick to acknowledge that meeting the goals it lays out will be enormously difficult. Global carbon dioxide emissions and concentrations are already rebounding sharply as economies recover from the Covid-19 pandemic. It is high time for governments to act, and act decisively to accelerate the clean energy transformation.

As I put it previously, it is up to the Conferences of Parties (COPs) to impose real, compulsory measures, instead of nonbinding ones.

Source: Yahoo News.

L’évolution des concentrations de CO2 dans l’atmosphère n’incite guère à l’optimisme. Il y a vraiment du pain su la planche!

Etna (Sicile) : nouveau paroxysme ! // Mt Etna (Sicily) : new paroxysm !

24 mai – 23 heures (heure locale) : Fidèle à son rendez-vous, 48 heures après l’événement précédent, l’Etna s’est lancé dans un nouveau paroxysme. A partir de 21 heures (heure locale), une activité strombolienne est apparue dans le Cratère SE. Comme d’habitude, elle s’est transformée en fontaines de lave vers 22h30 avec un panache éruptif qui s’est dirigé vers l’ENE. Le panache a caché en grande partie les fontaines de lave sur les images en direct de la webcam des guides. Comme d’habitude, une coulée de débordement est apparue sur le flanc SO. Il est 23 h30; le tremor ne devrait pas tarder à entamer son déclin, mais il est l’heure d’aller au lit. Buona notte!

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25 mai – 7 heures : Finalement, j’ai bien fait d’aller dormir car la crise éruptive n’a pas réservé e surprise. Comme je le pressentais, le tremor a chuté vers minuit pour retrouver son niveau habituel. Rendez-vous dans 48 heures pour un nouveau paroxysme?

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24 May – 23:00 (local time) : True to its date, 48 hours after the previous event, Mt Etna has started a new paroxysm. From 9 p.m. (local time), Strombolian activity appeared in the SE Crater. As usual, it turned into lava fountains at about 10:30 p.m. with an eruptive plume that headed towards ENE. The plume largely hid the lava fountains on the live pictures of the guides’ webcam. As usual, lava is overflowing from the crater with a lava flow on the SO flank. It is 23:30; the tremor will probably soon start to decline, but it is time to go to bed! Good night !

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25 May – 7 am : Finally, I was rightto go to bed because the eruptive crisis did not show anysurprise. As I anticipated, the tremor dropped around midnight to return to its usual level. See you in 48 hours for a new paroxysm?

Fontaine de lave vue par la caméra thermique

Le tremor montre la belle régularité des quatre derniers paroxysmes, mais jusqu’à quand….?

Autres nouvelles de Goma (RDC) // More news from Goma (DRC)

Comme je l’ai écrit précédemment, la sismicité reste présente autour du Nyiragongo, en particulier à Goma, ce qui angoisse la population. Un survol du volcan a été effectué le 24 mai, mais le brouillard a empêché de voir l’intérieur du cratère. Le directeur de l’OVG explique que « s’il y a de la lave dans le cratère, les fracturations causées par séismes seraient le signe d’une nouvelle activité. Dans le cas contraire, s’il n’y a pas de lave dans le cratère, ces tremblements de terre se produisent puisque la terre est en train de reconstituer son équilibre. »

Lors d’une réunion de crise suite à l’éruption du Nyiragongo, le gouvernement de la RDC a décidé d’appuyer l’OVG afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle dans la surveillance des volcans. Le plus urgent est de donner les moyens à l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) de surveiller les volcans de la région.

Le directeur scientifique de l’Observatoire a expliqué pourquoi l’alerte n’a pas été donnée plus tôt concernant le risque d’éruption volcanique. « Avec le Covid-19, il y a un projet soutenu par la Banque Mondiale qui finançait le fonctionnement de l’OVG. Le projet s’est arrêté le 30 juin 2020 [voir les raisons dans mes notes précédentes]. D’octobre 2020 à avril 2021, il n’y avait plus d’Internet à l’Observatoire.  C’est grâce à un partenaire américain que nous avons pu rétablir Internet. Pendant tout ce temps, nous n’avions plus de données en temps réel. Il n’y avait pas de frais de fonctionnement. Nos stations sont éloignées, certaines à 150 kilomètres. Nous avons passé ce temps sans avoir des données. »

Source : Presse congolaise.

Selon certains organes de presse français, au moins cinq personnes ont été retrouvées mortes le 24 mai, asphyxiées par « les émanations toxiques de la lave ». Elles auraient été  asphyxiées par le gaz émis par la lave  en train de se refroidir et qu’ils tentaient de traverser à environ 13 km au nord de Goma, là où la coulée a coupé un important axe routier reliant Goma au nord de la province. Le 24 mai au soir, le bilan provisoire faisait état de 32 morts.

Source : Presse française.

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As I put it previously, seismicity can still be felt around Nyiragongo, in particular in Goma, which worries the population. An overflight of the volcano was carried out on May 24th, but the clouds made it impossible to see the interior of the crater. The director of the OVG explains that « if there is lava in the crater, the fracturing caused by earthquakes would be a sign of new activity. Otherwise, if there is no lava in the crater, these earthquakes occur as the earth is recovering its balance. « 

During a crisis meeting following the eruption of Nyiragongo, the government of the DRC decided to support the OVG in order to allow it to fully play its role in monitoring volcanoes. What matters right now is to provide the Observatory with the means to monitor the volcanoes in the region.

The scientific director of the Observatory explained why the alert was not given earlier about the risk of a volcanic eruption. “With Covid-19, there was a project supported by the World Bank which financed the operation of the OVG. The project ended on June 30th, 2020 [see the reasons in my previous posts]. From October 2020 to April 2021, there was no Internet at the Observatory. It was thanks to an American partner that we were able to restore the Internet. During that time, we had no real-time data. There were no running costs. Our stations are far away, some 150 kilometres away. We spent this time without having any data.”

 Source: Congolese press.

According to some French media outlets, at least five people were found dead on May 24th, suffocated by “toxic fumes from lava”. They were reportedly suffocated by gas emitted by the cooling lava that they attempted to cross about 13 km north of Goma, where the flow cut a major road connecting Goma to the north of the province. On May 24th in the evening, the death toll had risen to 32.

Source: French news media.

Pas sûr que le lac de lave existe encore au fond du cratère du Nyiragongo. Un groupe de touristes aura eu la chance de le voir une dernière fois le 22 mai au matin avant que la lave perce les flancs du volcan  (Crédit photo : Wikipedia)

Eruption du Nyiragongo (suite / continued)

L’éruption du Nyiragongo le 22 mai 2021 a pris tout le monde de court, que ce soit l’Observatoire Volcanologique de Goma – privé de financement pendant plusieurs mois – ou les autorités qui ont ordonné l’évacuation de la ville.

La précédente éruption majeure du Nyiragongo, le 17 janvier 2002, avait fait une centaine de morts. L’éruption du 22 mai ressemble fortement au scénario d’il y a dix-neuf ans. Deux coulées de lave sont descendues, l’une vers l’est, dans des zones habitées mais non urbaines, vers la frontière toute proche avec le Rwanda, et l’autre vers le sud, pour atteindre la limite de Goma dans la nuit.

Même si la ville de Goma proprement dite a été épargnée, on se rend compte aujourd’hui que la coulée de lave qui a ravagé le secteur de Buhene a causé de très gros dégâts matériels et humains (voir vidéo ci-dessous). 17 villages ont été affectés, plus de 500 habitations ont été détruites. La coulée de lave présente une largeur de  800 mètres et de 9 mètres de hauteur par endroits. La sismicité reste présente autour du Nyiragongo et on redoute de nouvelles coulées de lave.

Le bilan humain va probablement s’aggraver car de nombreuses personnes sont portées disparues. Selon l’Unicef, plus de 150 enfants ont été séparés de leurs familles et l’organisation craint que plus de 170 autres ne soient disparus.

Source : Presse congolaise.

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The Nyiragongo eruption on May 22nd, 2021 caught everyone off guard, whether it was the Goma Volcanological Observatory – deprived of funding for several months – or the authorities who ordered the evacuation of the city.

The previous major eruption of Nyiragongo, on January 17th, 2002, killed around 100 people. The May 22nd eruption strongly resembles the scenario of nineteen years ago. Two lava flows descended, one eastwards, toward inhabited but non-urban areas of the nearby border with Rwanda, and the other towards the south, reaching the limit of Goma during the night.

Even if the city of Goma itself has been spared, one now realizes that the lava flow which ravaged the Buhene sector caused huge material and human damage (see video below). 17 villages were affected, more than 500 homes were destroyed. The lava flow is 800 metres wide and 9 metres high in places. Seismicity is still felt around Nyiragongo and new lava flows are feared.

The human toll is likely to worsen as many people are missing. According to Unicef, more than 150 children have been separated from their families and the organization fears more than 170 others may be missing.  .

Source: Congolese press.

 Un drone survole la zone affectée par l’éruption. Les dégâts sont considérables :

 https://youtu.be/IH7En_zw2rY

Source : Virunga Alliance