Eruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) !

7 heures (heure métropole) – 9 heures (heure locale) : Le Piton de la Fournaise est entré en éruption ce lundi 19 septembre 2022. Une crise sismique a été enregistrée à partir de 6h23. Cette crise, accompagnée de déformations rapides, indiquait que le magma quittait son réservoir pour se propager vers la surface

Moins de deux heures après le début de cette crise sismique, le Piton de la Fournaise est entré en éruption sur le flanc sud-ouest, dans le secteur du cratère Rivals, à environ 2200 m d’altitude.

L’accès à l’ensemble de l’Enclos est interdit. La RN2 reste ouverte à la circulation.

Rappelons qu’une première crise sismique avait été enregistrée le 7 septembre, mais n’avait duré que 2 heures. L’éruption prévue dans les minutes ou les heures suivantes n’avait pas eu lieu. Comme lors de précédents événements semblables, les scientifiques de l’OVPF n’écartaient alors aucune hypothèse quant à la suite.

Au vu des hésitations du magma pour atteindre la surface, on peut raisonnablement penser qu’il ne s’agira pas d’une éruption de grande ampleur. Les conditions météorologiques sont mauvaises ce matin sur le volcan et on ne voit absolument rien sur les webcams. L’Observatoire se veut prudent « Nous ne pouvons pas confirmer l’arrivée de la lave en surface. Néanmoins la présence d’un tremor montre l’émission de gaz chauds et incandescents en surface, et de la possibilité d’émission de lave à court terme. »

Le Journal de l’Ile propose une première vidéo de l’éruption :

https://www.clicanoo.re/article/volcan/2022/09/19/decouvrez-les-premieres-images-de-leruption

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11 heures (heure métropole) – 13 heures (heure locale) : Il a fallu attendre quelques minutes avant 12 heures (heure locale) ce lundi 19 septembre 2022 pour avoir une confirmation visuelle de l’éruption. Les mauvaises conditions météorologiques sur le volcan entravent considérablement les observations. Selon Météo-France, le temps ne devrait pas s’améliorer ce lundi après-midi. Une amélioration est possible mercredi.

La première observation directe de cette nouvelle éruption, depuis le sentier du Piton de Bert, a pu être rapportée peu avant midi par un des scientifiques de l’OVPF. Il a confirmé la localisation de l’éruption à l’intérieur de l’Enclos sur le flanc Sud Sud-Ouest, aux alentours de 2 200 m d’altitude, non loin du cratère Rivals, à l’Est du Piton Kalla et Pelé.

L’accès à l’Enclos est interdit. Pour espérer entrevoir l’éruption, il faudra se rendre sur le Piton de Bert, sur la bordure Sud de l’Enclos. Elle se trouvera alors juste en face.

Cette éruption était attendue depuis la fin de la dernière le 17 janvier dernier car des signaux indiquaient que du magma s’accumulait dans le réservoir magmatique. Une première intrusion a été constatée le 7 septembre dernier, avec une crise sismique mais sans éruption faute de pression suffisante pour permettre au magma d’arriver en surface. C’est ce qui explique le raté de la prévision éruptive à ce moment-là.

Cette fois-ci, la nouvelle intrusion de ce lundi est arrivée en surface Faute de confirmation visuelle, l’OVPF s’est d’abord montré très prudent dans ses communiqués. Selon la directrice, « il est impossible à dire si ce magma va sortir en une seule éruption de grande ampleur et de longue durée, ou par plein de petites éruptions. »

Même sur un volcan effusif bien surveillé comme le Piton de la Fournaise, la prévision éruptive reste fort complexe. On comprend pourquoi elle est quasiment impossible sur les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique.

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17 heures (heure métropole – 19 heures (heure locale) : L’éruption se poursuit. Après une phase d’augmentation en début d’éruption, l’intensité du tremor volcanique est en baisse progressive depuis 8h00, une évolution habituelle au début de chaque éruption du Piton de la Fournaise.

Les conditions météo restent médiocres, ce qui est fort dommage car c’est souvent au début de l’éruption que les fontaines de lave sont les plus spectaculaires. Voici l’une des rares images de l’éruption, diffusée par le Peloton de Gendarmerie de haute Montagne: (PGHM).

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7 am (Paris time) – 9 am (local time) : Piton de la Fournaise erupted on Monday September 19th, 2022. A seismic crisis was recorded from 6:23 a.m. This crisis, accompanied by rapid deformations, indicated that magma was leaving its reservoir to ascend towards the surface
Less than two hours after the start of this seismic crisis, Piton de la Fournaise erupted on the southwest flank, in the Rivals crater area, about 2200 m above sea level.
Access to the Enclos is prohibited. RN2 remains open to traffic.
A first seismic crisis was recorded on September 7th, but only lasted 2 hours. The eruption expected in the following minutes or hours had not taken place. As in previous similar events, OVPF scientists did not rule out any hypothesis as to the next events.
In view of the hesitations of magma to reach the surface, it is reasonable to think that it will not be a large-scale eruption. The weather conditions are bad this morning on the volcano and we cannot see anything on the webcams. The Observatory wants to be cautious « We cannot confirm the arrival of lava on the surface. Nevertheless the presence of a tremor shows the emission of hot and incandescent gases on the surface, and the possibility of lava emission in the short term. »

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11 a.m. (Paris time) – 1 p.m. (local time): A few minutes before 12 p.m. (local time) this Monday, September 19th, 2022, one could have visual confirmation of the eruption. Poor weather conditions at the volcano significantly hamper observations. According to Météo-France, the weather should not improve this Monday afternoon. An improvement is possible on Wednesday.
The first direct observation of this new eruption, from the Piton de Bert trail, was reported shortly before noon by one of the OVPF scientists. He confirmed the location of the eruption inside the Enclos on the South South-West flank, around 2,200 m above sea level, not far from the Rivals crater, east of Piton Kalla and Pelé .
Access to the Enclosure is prohibited. To hope to catch a glimpse of the eruption, people will have to go to Piton de Bert, on the southern rim of the Enclos. It will then be right in front of them.
This eruption was expected since the end of the last one on January 17th because signals indicated that magma was accumulating in the reservoir. A first intrusion was observed on September 7th, with a seismic crisis but without an eruption due to lack of sufficient pressure to allow magma to reach the surface. This explains the failure of the eruptive prediction at that time.
This time, the new intrusion has come to the surface. For lack of visual confirmation, OVPF was initially very cautious in its press releases. According to the director, « it is impossible to say whether this magma will come out in one large and long-lasting eruption, or in many small eruptions. »
Even on a well-monitored effusive volcano like Piton de la Fournaise, eruptive prediction remains very complex. It is easy to understand why it is almost impossible on the explosive volcanoes of the Pacific Ring of Fire.

Here is a first video of the eruption on the Journal de l’Ile :

https://www.clicanoo.re/article/volcan/2022/09/19/decouvrez-les-premieres-images-de-leruption

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5 p.m. (Paris time – 7 p.m. (local time): The eruption continues. After a phase of increase at the start of the eruption, the intensity of the volcanic tremor has been gradually decreasing since 8:00 a.m., a usual evolution at the beginning of each eruption of Piton de la Fournaise.
The weather conditions remain poor, which is a shame because it is often at the beginning of the eruption that the lava fountains are the most spectacular. See above one of the rare images of the eruption, released by the High Mountain Gendarmerie Peloton: (PGHM):

Photo: C. Grandpey

Approche scientifique de l’éruption islandaise de 2021 // Scientific approach of the 2021 Icelandic eruption

Nous ne savons pas prévoir les éruptions, mais nous savons décrire le déroulement des événements éruptifs.
Des scientifiques de l’Université d’Islande et du Met Office islandais (IMO) ont publié deux articles dans la revue Nature, dans lesquels ils présentent le fruit de leurs observations lors de l’éruption de Fagradalsfjall en 2021. C’était la première éruption sur la péninsule de Reykjanes après 800 ans de calme volcanique.
Les études montrent que les précurseurs de l’éruption islandaise étaient différents de ceux qui ont précédé de nombreuses autres éruptions à travers le monde, et que la composition de la lave a évolué au fur et à mesure que l’éruption progressait.
Les chercheurs ont analysé l’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes. Elle a commencé en décembre 2019, a culminé avec l’éruption du 19 mars 2021 et s’est poursuivie pendant environ six mois.

L’un des articles – intitulé « La déformation et le déclin de la sismicité avant l’éruption de Fagradalsfjall de 2021 » – s’attarde sur les précurseurs de l’éruption et montre dans quelle mesure ils diffèrent des précurseurs de nombreuses autres éruptions dans le monde.
Il y a eu une activité sismique intense sur la péninsule de Reykjanes dans les semaines qui ont précédé l’éruption de 2021, avec une libération de contraintes tectoniques dans la croûte terrestre. Cependant, pendant plusieurs jours avant l’éruption, la déformation du sol et l’activité sismique ont diminué dans la zone autour du site de l’éruption. Ce schéma précurseur est donc différent de ceux qui précèdent de nombreuses autres éruptions dans le monde, qui montrent souvent une augmentation de la déformation du sol et de la sismicité peu de temps avant le début de l’éruption, signe que le magma se fraye un chemin vers la surface.
Les auteurs de l’article expliquent que la situation observée sur le Fagradalsfjall a été provoquée par l’interaction entre le flux magmatique et les contraintes au niveau des plaques tectoniques. Lorsque le magma se fraye un chemin à travers la croûte avant une éruption, une contrainte tectonique est parfois libérée, ce qui provoque des séismes et une déformation du sol. Un déclin de la sismicité et de la déformation peut indiquer que ce processus touche à sa fin et que le magma est prêt à percer la surface.
Au cours de la période de trois semaines qui a précédé l’éruption de Fagradalsfjall, il y a eu à la fois une déformation de surface considérable et une forte sismicité. La cause était la mise en place d’un dyke magmatique vertical entre la surface et 8 km de profondeur. Dans le même temps, des contraintes tectoniques dans la croûte ont été libérées. Des séismes d’une magnitude pouvant atteindre M 5,6 ont été enregistrés dans les zones voisines.
Les scientifiques pensent que la baisse de la sismicité dans les jours qui ont précédé l’éruption peut s’expliquer par le fait que le magma avait alors presque atteint la surface, là où la croûte est la plus faible et où il y a donc moins de résistance.
Cette situation montre qu’il faut tenir compte de la relation entre les volcans et les contraintes tectoniques dans la prévision des éruptions. Une libération des contraintes tectoniques, suivie d’une diminution de la déformation et de la sismicité, peut précéder un certain type d’éruption.

Le deuxième article – intitulé « Déplacement rapide d’une source magmatique profonde sur le volcan Fagradalsfjall » – traite des changements dans la composition de la lave dans la Geldingadalir au cours de l’éruption.
Les scientifiques ont fréquemment échantillonné la lave au cours des 50 premiers jours de l’éruption et ils ont mesuré les gaz volcaniques autour du site éruptif. Ces mesures ont révélé que la lave du Fagradalsfjall provenait directement d’un réservoir magmatique à grande profondeur, à la frontière entre la croûte et le manteau, autrement dit la zone proche du Moho.
Une éruption avec du magma provenant directement de la zone proche du Moho n’a pas été observée dans d’autres éruptions en temps réel. Dans ces cas précédents, le magma provenait de profondeurs moindres de la croûte terrestre. On manque d’informations sur les parties les plus profondes des systèmes magmatiques. L’éruption du Fagradalsfjall a fourni à la communauté scientifique de nouvelles connaissances sur les processus impliqués.
Au début de l’éruption de 2021, la lave était relativement riche en magnésium, comparée à la lave d’autres éruptions historiques en Islande, ce qui révèle un apport de magma particulièrement chaud. Il y avait aussi beaucoup de dioxyde de carbone (CO2) dans les gaz volcaniques émis par la bouche éruptive, ce qui confirme un apport de magma très profond. Selon les scientifiques, cela montre que le magma a subi peu de refroidissement en remontant à travers la croûte jusqu’à la surface. On pense que le réservoir magmatique se trouvait à une quinzaine de kilomètres sous la surface.

L’étude de l’éruption révèle également que la composition de la lave du Fagradalsfjall a radicalement changé au fur et à mesure que l’éruption progressait. Cela laisse supposer que pendant l’éruption un nouveau magma est arrivé en provenance de profondeurs plus importantes que le magma déjà présent dans le réservoir.
Les scientifiques expliquent que l’on sait depuis longtemps que différents types de magma peuvent se mélanger en profondeur, dans les systèmes magmatiques, avant une éruption. Cette éruption présente des preuves en temps réel que ces processus se produisent.
De plus, les modifications de la composition des produits volcaniques montrent que du nouveau magma peut s’introduire rapidement dans un réservoir profond, dans un délai d’environ 20 jours, et se mélanger au magma déjà présent dans le réservoir, en déclenchant potentiellement l’éruption.
Ces découvertes peuvent aider à mieux comprendre les volcans et la géochimie du manteau et pourraient contribuer à l’élaboration de modèles de systèmes magmatiques partout dans le monde.

Source: Met Office islandais, Université d’Islande, The Watchers.

Il sera maintenant intéressant de comparer les conclusions de l’éruption de 2021 avec celles de l’éruption de 2022. Il faudra voir si la dernière éruption se situe dans le prolongement de celle de 2021 ou s’il s’agit de deux événements indépendants l’un de l’autre.

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We are not good at predicting eruptions, but we are dood at describing what happened.

Scientists from the University of Iceland, the Icelandic Met Office (IMO) have published two papers in the journal Nature, presenting new findings from the 2021 eruption at Fagradalsfjall. It was the first eruption on the Reykjanes Peninsula after 800 years of dormancy.

The studies show that the precursors to the eruption were unusual compared to many other eruptions across the world and that the composition of the lava changed as the eruption continued.

Researchers closely observed the seismic activity on Reykjanes Peninsula, which began in December 2019, culminated with the eruption on March 19th, 2021 and continued for around half a year.

One of the papers – titled “Deformation and seismicity decline before the 2021 Fagradalsfjall eruption” -discusses the precursors to the eruption and how they differ from the precursors of many other eruptions around the world.

There was a significant seismic activity on the Reykjanes Peninsula in the weeks leading up to the 2021 eruption, marked by tectonic stress release in the crust. However, for several days before the eruption, deformation and seismic activity declined in the area around the eruption site. This precursory pattern is different from those preceding many other eruptions around the world, which often show escalating rates of ground displacement and seismicity shortly before the eruption onset, as the magma forces its way to the surface.

The scientists behind the paper explain that the behaviour at Fagradalsfjall was caused by the interplay between magma flow and plate tectonic stress. As magma forces its way through the crust before an eruption, tectonic stress may be released, causing earthquakes and ground deformation in the early stages. A decline in seismicity and deformation may indicate that this process is coming to an end and that the magma may erupt.

During the three-week period preceding the eruption at Fagradalsfjall, there was both considerable surface deformation and a large number of earthquakes. This was caused by the emplacement of a vertical magma-filled dyke between the surface and a depth of 8 km. At the same time, tectonic stress in the crust was released. Earthquakes occurred in nearby areas, up to magnitude M 5.6.

The scientists also suggest that the decline in seismicity in the days before the eruption could be explained by the fact that the magma had then almost reached the surface, where the crust is weakest and there is therefore less resistance.

This situation shows that consideration must be given to the relationship between volcanoes and tectonic stress in eruption forecasting. A release of tectonic stress followed by a decline in deformation and seismicity rate may be a precursory activity for a certain type of eruption.

The second paper – titled “Rapid shifting of a deep magmatic source at Fagradalsfjall volcano, Iceland” – discusses the changes to the composition of the lava that flowed through Geldingadalir and the surrounding area as the eruption continued.

Scientists sampled the lava frequently during the first 50 days of the eruption and measured the volcanic gases around the eruption site. This revealed that the lava at Fagradalsfjall was directly sourced from a magma reservoir at great depth, at the boundary between the crust and the mantle – the near-Moho zone.

Eruption directly from the near-Moho zone has not been observed in other eruptions with real-time investigation. In these previous cases, the magma came from shallower levels in the crust. Until now, there has therefore been a lack of information about the deepest parts of magmatic systems. The eruption at Fagradalsfjall has provided the scientific community with new knowledge of the processes involved.

At the start of the eruption, the lava was relatively rich in magnesium in comparison with lava from other historical eruptions in Iceland, indicating an unusually hot magma supply. There was also a lot of carbon dioxide in the volcanic gases emitted from the eruption vent, indicating an unusually deep magma supply. The scientists explain that this suggests that the magma underwent little cooling on its way up through the crust to the surface. It is believed that the magma reservoir was located about 15 km from the surface.

The research also revealed that the composition of the lava at Fagradalsfjall radically changed as the eruption progressed. This suggests that during the eruption, a new magma was generated at greater depths than the magma already present in the reservoir.

The scientists point out that it has long been argued that different kinds of magma can mix deep in magmatic systems before an eruption. This study presents real-time evidence that these processes do occur.

Furthermore, changes to the composition of volcanic products show that new magma can flow into a deep reservoir rapidly, in a timescale of around 20 days, mixing with the magma already in the reservoir and potentially triggering the eruption.

These findings may aid our understanding of volcanoes and the geochemistry of the mantle and could support the development of models of magmatic systems all over the world.

Source: Icelandic Met Office, University of Iceland, The Watchers.

It will now be interesting to compare the conclusions of the 2021 eruption with those of the 2022 eruption. It will be particularly interesting to see if the last eruption is a continuation of that of 2021 or if they are two distinct events.

Captures d’écran de l’éruption de 2021

Réchauffement climatique: des journalistes signent une charte…

Le 14 septembre 2022, plus de 500 journalistes ont signé une charte pour un meilleur traitement de «l’urgence écologique.» Une telle initiative a de quoi surprendre. Elle montre clairement que,, jusqu’à présent, la presse n’a pas fait son travail et n’a pas traité le réchauffement climatique comme il se doit. Elle se sent aujourd’hui dans l’obligation de modifier sa politique d’information sur le sujet. Reste à savoir si cette initiative sera suivie d’effets.

Les quelque 500 journalistes, issus de divers médias, ont signé la charte à titre individuel et ont invité la profession à modifier sa façon de travailler.

La charte liste une dizaine d’engagements, auxquels ont également adhéré une trentaine de rédactions. On peut lire que les journalistes sont incités à « traiter le climat, le vivant et la justice sociale de manière transversale », l’écologie ne devant « plus être cantonnée à une simple rubrique » mais « devenir un prisme au travers duquel considérer l’ensemble des sujets ». Les journalistes sont également invités à « faire œuvre de pédagogie », « s’interroger sur le lexique et les images utilisées » qui devraient être plus percutantes

La charte encourage ses signataires à faire le lien entre les catastrophes et le changement climatique. Là encore, cela signifie que le lien n’a pas, ou presque pas, été fait jusqu’à présent!

Pour informer « sur les origines des bouleversements en cours » et « sur les réponses à la crise », les journalistes devraient pouvoir « se former en continu. » Il est aussi demandé aux rédactions de verdir leurs pratiques en réduisant leur bilan carbone, en s’opposant « aux financements issus des activités les plus polluantes » et en « consolidant leur indépendance ».

Comme pour les mesures proposées par les COP, les différentes suggestions de la charte n’ont rien de contraignant. Elles ont pour but de définir une orientation de la presse face au réchauffement climatique. Autant dire que cette charte ne servira pas à grand-chose. La presse continuera sa politique de « bisounours » face au réchauffement climatique, expression à laquelle beaucoup préfèrent les mots « changement  » ou « dérèglement » climatique qui sont un peu moins traumatisants.

Il ne faut surtout pas faire trop peur!

De mon côté, je continuerai à informer et à alerter objectivement et sans retenue, comme je viens de le faire à propos des Alpes et comme je l’ai fait à maintes reprises à propos d’autres régions du monde.

Vouloir cacher ou atténuer la vérité relève à mes yeux de la malhonnêteté.

2022 : l’été de tous les records et de tous les dangers // 2022: the summer of all records and all dangers

L’été 2022 a de nouveau été marqué par des vagues de chaleur historiques, une sécheresse généralisée et des pluies torrentielles. La NASA et la NOAA viennent de révéler que l’été écoulé se classe parmi les plus chauds jamais enregistrés.
Les données de la NASA indiquent que la période juin-août 2022 est à égalité avec 2020 pour l’été le plus chaud dans le monde, avec référence à des archives remontant à 1880. L’été 2022 dans l’hémisphère nord a égalé celui de 2019 et a été le plus chaud jamais enregistré.
De leur côté, les données de la NOAA indiquent que l’été 2022 se situe au cinquième rang mondial et que l’hémisphère Nord a connu son deuxième été le plus chaud de tous les temps.
La différence entre les ensembles de données proposés par les deux agences s’explique par la façon dont chacune traite les températures dans les régions polaires. Les données de la NASA contiennent plus de données concernant les régions arctique et antarctique qui se réchauffent à un rythme plus rapide que d’autres parties du globe.
Quelle que soit les différences entre la NASA et la NOAA, une chose est sure : l’été 2022 a été anormalement chaud et notre planète se réchauffe de façon spectaculaire, en particulier depuis 1980. En effet, les étés ont connu une hausse de température de 0,26 degrés Celsius par décennie depuis 1980. La NASA et la NOAA sont d’accord pour affirmer que 2022 se classera très certainement parmi les 10 années les plus chaudes jamais enregistrées.
L’été 2022 a été chaud dès le début. Les données de la NASA indiquent le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré, juillet a été le troisième plus chaud, tandis que le mois d’août a été le deuxième plus chaud dans le monde. De son côté, la NOAA a déclaré que les mois de juin, juillet et août, pris individuellement et collectivement, ont été les sixièmes plus chauds jamais enregistrés.
Les cinq périodes juin-août les plus chaudes au monde se sont produites depuis 2015, signe indéniable que le réchauffement climatique continue de s’accélérer.
Une vague de chaleur a balayé le Japon au milieu de sa saison des pluies, avec la pire chaleur observée en juin depuis 1875. Dans le même temps, des précipitations record affectaient le sud de la Chine, provoquant de graves inondations et des évacuations. La ville norvégienne de Tromsø, située au-dessus du cercle polaire arctique, a établi un record de température pour le mois de juin.
Juillet a été marqué par des vagues de chaleur record en Europe. La température à Londres a atteint 40°C, établissant un record national. La France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Irlande ont également établi des records mensuels. La canicule a provoqué des incendies un peu partout et la pire fonte des glaciers dans les Alpes, avec une avalanche mortelle sur le glacier de la Marmolada en Italie. La plus grande partie des États-Unis a également connu des températures supérieures à la normale ou record en juillet. La chaleur a déclenché des incendies de forêt, comme le McKinney qui est l’incendie le plus important et le plus meurtrier de l’année en Californie.
Août 2022 a été le mois d’août le plus chaud en Amérique du Nord et en Europe et le deuxième août le plus chaud dans le monde. Au cours de ce mois, la moitié de l’Europe a connu des alertes sécheresse, avec la pire sécheresse sur le continent depuis au moins 500 ans. Le mois d’août a également apporté une chaleur plus intense dans certaines régions des États-Unis, en particulier dans certaines parties de l’Ouest.
La Chine a connu son mois d’août et son été les plus chauds jamais enregistrés. Le pays a été confronté à une vague de chaleur et à une sécheresse record cet été. Le volume d’eau du lac Poyang, la plus grande masse d’eau douce du pays, s’est réduit de plus des deux tiers.
La Nouvelle-Zélande a connu son deuxième mois d’août le plus chaud jamais enregistré, tandis que la Belgique a enregistré son mois d’août le plus chaud avec référence à des données remontant à 1833.
La chaleur du mois d’août a également eu un effet néfaste sur la glace de mer, qui a affiché sa cinquième plus faible étendue jamais enregistrée. En Antarctique, l’étendue de la banquise est tombée à 4,2% en dessous de la moyenne d’août, un record pour le mois. L’Antarctique voit son record mensuel chuter pour le troisième mois consécutif. Dans l’Arctique, l’étendue de la glace de mer en août 2022 était de 16,2 % inférieure à la moyenne de 1981 à 2010; c’est la 13ème plus petite étendue jamais enregistrée.
S’agissant des précipitations, août 2022 a été marqué par une saison de mousson plus humide que la normale qui a apporté des précipitations intenses au Pakistan. Une grande partie des plaines inférieures dans le sud du pays ont été victimes de crues, avec des inondations qui ont tué près de 1 500 personnes.
L’été 2022 s’inscrit dans une année globalement plus chaude. Selon les données de la NOAA, 2022 a été jusqu’à présent la sixième année la plus chaude jamais enregistrée, de janvier à août. Les 10 années les plus chaudes se sont toutes produites depuis 2010. Si la chaleur continue, 2022 devrait également entrer dans le top 10.
Source : NASA, NOAA.

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Summer 2022 was marked again by historic heat waves, widespread drought and torrential rains. NASA and NOAA have just revealed that it ranks among the hottest on record.

For its part, NASA data indicate June through August 2022 tied 2020 for the warmest summer worldwide in records dating back to 1880. Summer in the Northern Hemisphere also tied 2019 for the warmest on record.

NOAA data indicate that summer 2022 tied for the fifth warmest worldwide in 143 years of records, and the Northern Hemisphere experienced its second-warmest summer on record.

The disparity between the two data sets is explained by how each treats temperatures in the polar regions of the globe. NASA’s data set has more inputs from the Arctic and Antarctic regions, an area of the planet that is warming at a faster rate than other parts of the globe.

Whatever the disparity, both sets of data show that summer 2022 was abnormally warm and that the world has warmed dramatically over the past century, especially since 1980. Summers have warmed by 0.26 degrees Celsius per decade since 1980. Both NASA and NOAA affirm 2022 will almost assuredly rank in the top 10 warmest years on record.

Summer 2022 was hot from the start. NASA data indicate June tied for the hottest June on record, July tied for the third warmest and August ranked as the second warmest globally. NOAA said June, July and August, individually and collectively, were the sixth warmest on record.

All five of the warmest worldwide June-August periods have occurred since 2015, a sign of how the world’s warming continues to accelerate.

A heat wave swept across Japan in the middle of its rainy season, marking the worst streak of hot weather in June since 1875. Meanwhile, record rainfall fell across southern China and caused severe flooding and evacuations. The Norwegian city of Tromsø, located above the Arctic Circle, set a temperature record for the month.

July was marked by record heat waves in Europe. London hit 40°C, setting an all-time national temperature record. France, Germany, Spain, Ireland also set monthly records. The heat wave caused widespread fires and the worst glacier melt in the Alps, one of which triggered a fatal avalanche on Marmolada Glacier in Italy

Most of the United States experienced above-normal to record-warm temperatures in July as well. The heat ignited wildfires, including the McKinney Fire that grew into California’s largest and deadliest fire of the year to date.

August 2022 was the hottest August recorded in North America and Europe and the second warmest August globally. By this month, around half of Europe was under drought warnings, the continent’s worst drought in at least 500 years. August also brought more intense heat to parts of the United States, especially in parts of the West.

China saw its warmest August and its warmest summer on record. The country was confronted with a record-breaking heat wave and drought this summer, shrinking Poyang Lake, usually the largest freshwater body in the country, by more than two-thirds.

New Zealand saw its second warmest August on record, while Belgium recorded its hottest August ever, with data going back to 1833.

The heat also made August a bad month for sea ice which showed its fifth-lowest extent on record. In Antarctica, the sea ice extent fell to 4.2 percent below the August average, a record for the month. This is the third month in a row that Antarctica has seen its monthly record fall. In the Arctic, the August 2022 sea ice extent was 16.2 percent below the 1981-2010 average, the 13th-smallest on record.

As far as precipitations are concerned, August 2022 was a wetter-than-normal monsoon season that brought intense rainfall to Pakistan. Much of the lower-lying plains were covered by floodwaters, with the floods killing nearly 1,500 people.

The summer 2022 fits in with a generally warmer year overall. Per NOAA’s data, 2022 has been so far the sixth-warmest year on record from January through August. All of the 10 warmest years on record have occurred since 2010. If the heat keeps up, 2022 is likely to enter the top 10 as well.

Source: NASA, NOAA.

L’effondrement du glacer italien de la Marmolada (11 morts) est une conséquence du réchauffement climatique dans les Alpes (Photo: presse transalpine)