Pélé participe à la bénédiction du nouveau site du HVO (Hawaii) // Pele takes part in the blessing of the new site for HVO (Hawaii)

« Si Pélé, la déesse hawaiienne du feu et des volcans, peut façonner la terre et faire tomber les barrières, nous le pouvons aussi ». C’est par ces mots qu’un professeur d’études hawaïennes à Hilo a accueilli une foule nombreuse parmi laquelle se trouvait le secrétaire américain à l’intérieur. Elle a ajouté : « Soyons innovants. Soyons transformateurs, comme Pélé. »
Alors que la foule observait en silence le kīpaepae, une cérémonie traditionnelle d’accueil hawaïenne, le ‘āina (la terre) les a accueillis avec un ciel parfaitement bleu. Une végétation luxuriante, des chants d’oiseaux et, à l’occasion, le passage d’une libellule, ont également servi de cadre à des chants, de la musique et du hula.
La cérémonie faisait partie d’un événement de bénédiction de la terre destiné à recevoir un nouveau centre de recherche de l’U.S. Geological Survey (USGS) sur la Grande île. Il abritera l’Observatoire des volcans d’Hawaii (le HVO) et le Centre de recherche sur les écosystèmes des îles du Pacifique. Cette cérémonie montre l’importance des mythes et des traditions dans la culture hawaiienne.
Le centre de recherche sera situé sur un terrain de 2,75 hectares appartenant à l’État, près de Nowelo Street à Hilo, sur le campus de l’Université d’Hawaii. Il s’agira d’un nouveau site pour le HVO, qui surveille et évalue les risques liés aux volcans actifs et aux séismes à Hawaii. L’Observatoire a été contraint de quitter l’endroit où il avait élu domicile depuis les années 1940, près de la lèvre du Kilauea, en raison des dégâts causés par l’effondrement partiel du sommet du volcan lors de l’éruption de 2018. Depuis cette époque, le personnel de l’Observatoire a travaillé dans plusieurs sites temporaires.
La bénédiction du sol marque donc le début du processus de construction de la nouvelle structure scientifique. Elle facilitera également les partenariats et la collaboration avec de nombreuses agences et institutions, y compris l’Université d’Hawaii à Hilo, ce qui n’aurait peut-être pas été possible auparavant.
L’USGS a choisi le site de la nouvelle structure en raison de ses qualités uniques et des possibilités de partenariat. Le nouveau bâtiment de 5500 mètres carrés comprendra des laboratoires et d’autres installations pour environ 100 membres du personnel, et sera un lieu où l’on pourra se concentrer sur la science de notre monde en perpétuelle évolution. La construction devrait être achevée à la fin de l’année 2025.
Source : Big Island Now.

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“If Pele, the Hawaiian goddess of fire and volcanoes, can shape the land and break down barriers, so can we.” It was with those words that a professor of Hawaiian Studies in Hilo welcomed a large crowd that included the U.S. Secretary of the Interior. She added : “Let’s be innovative. Let’s be transformative just like her.”

While the crowd watched in silence during the kīpaepae, or traditional Hawaiian welcoming ceremony, the ‘āina (land) embraced them. A bright blue sky, lush greenery, singing birds and an occasional dragonfly zooming by provided the stage for chants, music and hula.

The ceremony was part of a ground blessing event meant to prepare the land for a new U.S. Geological research facility on the Big Island that will house the Hawaiian Volcano Observatory and Pacific Island Ecosystems Research Center. It shows the importance of myths and traditions in the Hawaiian culture.

The research facility will sit on 2 ,75 hectares of state-owned land off Nowelo Street in Hilo, on the campus of the University of Hawail. It will be the new permanent location for the Hawaiian Volcano Observatory, which monitors and assesses hazards from active volcanoes and earthquakes in Hawaii. The observatory was forced to move from the place it had called home since the 1940s, near the rim of Kilauea volcano, because of structural damage to the facility caused by the partial collapse of the volcano’s summit during the 2018 eruption. Observatory staff has since worked out of multiple temporary locations.

The ground blessing marks the beginning of the construction process for the new facility. It also will facilitate partnerships and collaboration with multiple agencies and institutions, including the University of Hawaii at Hilo, that might not have been possible before.

The U.S. Geological Survey (USGS) selected the site for the new facility because of its unique qualities and partnership opportunities. The new 5,500-square-meter building will include lab space and other facilities for about 100 staff members and, more importantly, be a place that can focus on the science of a changing world. Construction is expected to be completed in late 2025.

Source : Big Island Now.

 

Cérémonie d’hommage à Pélé au sommet du Kilauea (Photo : C. Grandpey)

Vue d’artiste du nouveau bâtiment du HVO

Séismes sous le Myrdalsjökull (Islande) : rien d’inquiétant // Earthquakes beneath Myrdalsjökull (Iceland) : nothing to worry about

Dès qu’une hausse de la sismicité est enregistrée sur le Myrdalsjökull, un glacier dans le sud de l’Islande, de nombreuses personnes craignent qu’elle soit liée au Katla, un volcan situé sous la calotte glaciaire, et qu’elle soit le signe d’une prochaine éruption.
Le 30 juin 2023, à 1h18 du matin, un essaim sismique s’est déclenché sous le Mýrdalsjökull. Plus de 70 secousses ont été signalés, dont six d’une magnitude supérieure à M 3,0. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 4,4.
La première séquence de l’essaim a duré environ 45 minutes, puis il y a eu une légère pause et l’essaim a recommencé. Il a inclus quelque 70 événements, dont certains ont été ressentis principalement à Þórsmörk.
Selon les scientifiques islandais, cette sismicité est liée au système hydrothermal situé sous le glacier Mýrdalsjökull, et il ne devrait pas y avoir « une éruption ou quoi que ce soit de ce genre ». Elle est très superficielle (environ 0,1 km de profondeur) et rien n’indique une augmentation de la conductivité électrique ou du niveau de l’eau.
La sismicité est présente sous le Mýrdalsjökull depuis plusieurs semaines, et c’est cette même activité qui se poursuit. Elle pourrait encore fluctuer pendant un certain temps.
Source : Icelandic Met Office.

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As soon as an increase in seismicity is recorded at Myrdalsjökull in southern Iceland, many people fear it might be related to Katla, a volcano that lies beneath the icecap, and that it might be the sign of an upcoming eruption.

At 1.18 AM on June 30th, 2023, a seismic swarm started beneath the Mýrdalsjökull glacier. More than 70 quakes have been reported and six quakes of more than M 3.0 have been reported. The largest event had a magnitude M 4.4.

The first sequence of the swarm lasted about 45 minutes, then there was a slight pause, and then it started again. The swarm included about seventy quakes, some of which were felt mainly in Þórsmörk..

According to Icelandic scientists, this seismicity is related to a geothermal system located under Mýrdalsjökull glacier, and they are not expecting « an eruption or anything like that. » Nothing indicates an increase in electrical conductivity or water level

There has been activity in Mýrdalsjökull glacier for a few weeks now, it’s just the same activity that continues. It is very shallow (about 0.1 km deep) and might still fluctuate some time.

Source : Icelandic Met Office.

Photo: C. Grandpey

2022 : nouveau record d’émissions de gaz à effet de serre // 2022 : new record for greenhouse gas emissions

C’est ce qui s’appelle enfoncer une porte ouverte. Le site web de la radio France Info nous apprend ce que l’on savait déjà : les plus gros pollueurs, autrement dit les entreprises du secteur de l’énergie, n’ont pas réduit leurs émissions de gaz à effet de serre en 2022 ; elles les ont même augmentées de +0,8%. En France, les deux sites industriels qui émettent le plus sont détenus par Arcelor Mittal à Dunkerque et à Fos-sur-Mer. À eux deux, ils représentent 25% des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie française.

Cette hausse des émissions de dioxyde de carbone est liée notamment aux procédés industriels utilisés à travers la planète, en particulier celui qui consiste à brûler les gaz que l’on produit pour faire de l’énergie en pompant du pétrole. La hausse est également due aux concentrations de méthane.

A côté de ces statistiques très négatives, il faut tout de même noter que la part d’électricité issue des énergies renouvelables n’a jamais été aussi élevée, avec 12% de la production totale en 2022, contre 10% en 2021.

La hausse des émissions de gaz à effet de serre est due en grande partie à la Chine. Le pays brûle la moitié du charbon utilisé dans le monde chaque année pour faire tourner son économie. Le premier pollueur mondial s’est fixé comme objectif de doubler sa capacité d’énergie éolienne et solaire d’ici à 2025 pour tenir ses engagements dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat. L’objectif semble difficile à atteindre dans ce pays où les carburants fossiles représentent 82% du total des énergies consommées.

Cette situation montre que les promesses, les engagements politiques – en particulier ceux formulés pendant les COP – ne sont pas suivis d’effets. Tant que rien ne sera contraignant pendant ces réunions, il ne faut pas espérer assister à une réduction significative des gaz à effet de serre. Pour le moment, on ne peut que constater que ces réunions coûtent un argent fou et présentent un bilan carbone désastreux.

Comme je l’ai indiqué à maintes reprises, il suffit de regarder la Courbe de Keeling pour se rendre compte à quel point la situation est préoccupante. Les relevés effectués par la Scripps Institution sur le Mauna Loa à Hawaii montrent une hausse constante des concentratins de CO2. Même si, par un coup de baguette magique, les émissions de ce gaz cessaient d’un seul coup, il faudrait des décennies pour que l’atmosphère de notre planète retrouve un semblant d’équilibre.

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That’s what you call kicking an open door. The France Info radio website tells us what we already knew: the biggest polluters, in other words companies in the energy sector, did not reduce their greenhouse gas emissions in 2022; in fact, they increased them by +0.8%. In France, the two industrial sites with the highest emissions are owned by Arcelor Mittal in Dunkirk and Fos-sur-Mer. They account for 25% of greenhouse gas emissions from the French industry.
This rise in carbon dioxide emissions is linked in particular to the industrial processes used across the planet, especially the one that involves burning the gases produced to make energy by pumping oil. The increase is also due to methane concentrations.
Alongside these very negative statistics, it should be noted that the proportion of electricity generated by renewable energies has never been so high, with 12% of total production in 2022, compared with 10% in 2021.
The rise in greenhouse gas emissions is largely due to China. The country burns half of the world’s coal each year to power its economy. The world’s biggest polluter has set itself the target of doubling its wind and solar energy capacity by 2025 to meet its commitments under the Paris climate agreement. This target seems hard to achieve in a country where fossil fuels account for 82% of total energy consumption.
This situation shows that political promises and commitments – particularly those made during the COPs – are not being followed up. As long as nothing binding is agreed at these meetings, we cannot expect to see any significant reduction in greenhouse gases. For the moment, all we can say is that these meetings cost an incredible amount of money and have a disastrous carbon footprint.
As I have said on many occasions, you only have to look at the Keeling Curve to see how worrying the situation is. Readings taken by the Scripps Institution on Mauna Loa in Hawaii show a steady rise in CO2 concentrations. Even if, by some magic wand, emissions of this gas were to cease all at once, it would take decades for our planet’s atmosphere to regain a semblance of equilibrium.

Evolution des concentrations de CO2 sur un an, avec un niveau exceptionnellement haut en juin 2023.

Dernières nouvelles du Kilauea (Hawaii) // Latest news of Kilauea (Hawaii)

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii vient de m’envoyer un message indiquant que « le Kīlauea n’est plus en éruption. L’alimentation en lave du lac de lave dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu a cessé le 19 juin. Les émissions de SO2 ont diminué pour atteindre des niveaux proches de ceux d’avant l’éruption.
En conséquence, l’Observatoire a abaissé le niveau d’alerte volcanique de WATCH (Vigilace ) à ADVISORY (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne d’ORANGE à JAUNE.
L’activité sismique – y compris le tremor éruptif – dans la zone sommitale est restée faible depuis la fin de l’éruption. Au cours de cette période, les tiltmètres au sommet ont enregistré une inflation progressive. L’activité éruptive peut reprendre dans un avenir proche au sommet du Kilauea ou à proximité, sans prévenir, ou presque. »

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The Hawaiian Volcano Observatory has just sent me a message saying that « Kīlauea is no longer erupting. Lava supply to the Halemaʻumaʻu lava lake ceased on June 19th. SO2 emissions have decreased to near pre-eruption background levels.

Accordingly, the Observatory is lowering the Volcano Alert Level from WATCH to ADVISORY and the Aviation Color Code from ORANGE to YELLOW.

Seismic activity—including eruptive tremor—in the summit region has been low since the eruption ceased. Over that period, gradual inflation has been recorded at summit tiltmeters.There remains the potential for eruptive activity to resume in the near future at or near the summit of Kilauea with little or no warning. »

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Très belle activité de la bouche active le 16 juin 2023….

…et soudain plus rien le 17 juin!