Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Une éruption modérément explosive s’est produite au niveau du cratère sommital du Kanlaon (Philippines) dans la matinée du 9 juillet 2026. L’événement a duré environ trois minutes, générant un panache de cendres qui s’est élevé entre 2 000 et 3 000 mètres au-dessus du sommet. Des coulées pyroclastiques, difficilement visibles, ont dévalé les pentes sud-est où elles ont parcouru probablement une distance inférieure à un kilomètre depuis le cratère sommital.
Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Au moins huit vols intérieurs ont été annulés à l’aéroport international de Mactan-Cebu en raison de l’éruption. Les autorités locales ont commencé à distribuer des masques aux habitants afin de réduire l’exposition aux cendres volcaniques, susceptibles de provoquer des problèmes respiratoires.
Le niveau d’alerte 2 reste en vigueur pour le Kanlaon. L’accès à la zone de danger permanent (PDZ), définie par un rayon de 4 kilomètres autour du volcan, demeure interdit.
Source : PHIVOLCS.

Activité explosive sur le Kanlaon en décembre 2025 (Crédit photo: PHIVOLCS)

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Une puissante éruption explosive sur le Sheveluch (Kamtchatka) le 5 juillet 2026 a propulsé un panache de cendres jusqu’à 12,2 km d’altitude et a conduit les autorités à relever au Rouge la couleur de l’alerte aérienne. L’explosion a duré une dizaine de minutes. Aucune nouvelle explosion n’a été observée par la suite et la couleur de l’alerte aérienne a été ramenée à l’Orange. Toutefois, la survenue d’autres épisodes explosifs ne peut être exclue.
Cet événement faisait suite à une hausse d’activité le 3 juillet, date à laquelle la couleur de l’alerte aérienne avait déjà été portée au Rouge avant d’être abaissée à l’Orange.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’éruption sommitale du Kīlauea (Hawaï) est en pause. La nuit, les images des webcams montrent une lueur au niveau des bouches éruptives nord et sud, tandis que l’inflation sommitale se poursuit. Les modèles de prévision laissent supposer que l’Épisode 51 et ses fontaines de lave se produira entre le 11 et le 15 juillet 2026.

Source: HVO.

Image webcam de l’Épisode 50

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Vers la fin du mois de juin 2026, l’INGV a signalé le début d’une activité effusive sur l’Etna (Sicile) dans la partie supérieure de la Valle del Leone et de la Valle del Bove, à une altitude d’environ 3 000 mètres, Cette activité produisait une petite coulée de lave faiblement alimentée. Au cours de la nuit du 25 au 26 juin 2026, une faible activité strombolienne était également observée à partir de la bouche située sur le versant supérieur de la Voragine. L’alerte aérienne VONA émise par l’INGV restait alors à l’Orange, mais l’activité éruptive de l’Etna n’avait pas d’impact sur le fonctionnement de l’aéroport de Catane.

Cette situation a évolué le 5 juillet vers 7h45 (heure locale) quand de volumineux panaches de cendres sont apparus sur l’Etna au niveau de la bouche située dans la partie supérieure du flanc est de la Voragine. Ces émissions se sont intensifiées vers 8 h 45, générant un nuage éruptif à environ 1,5 km au-dessus du sommet du volcan et dirigé vers les secteurs sud et sud-sud-est. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge.

Image webcam du panache de cendres le 5 juillet 2026

La SAC qui gère l’aéroport a mis en œuvre une série de restrictions progressives : d’abord, la fermeture de l’espace aérien en direction du nuage de cendres, avec une limitation à cinq vols par heure ; puis l’arrêt total de tout trafic aérien à l’arrivée. L’activité de l’aéroport de Catane a ensuite été totalement interrompue jusqu’au 7 juillet à midi. Les émissions de cendres de l’Etna ayant décliné de manière significative, les avions ont pu à nouveau décoller et atterrir.

À noter que pendant ces fortes émissions de cendres, la lave de la Voragine se déversait dans le Cratère Nord-Est.

Source: réseaux sociaux

L’INGV a indiqué le 7 juillet que l’épisode éruptif était terminé.

Source : INGV, journal La Sicilia.

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Rien de nouveau en Islande. L’accumulation de magma et le soulèvement du sol se poursuivent dans le secteur de Svartsengi. La vitesse moyenne d’accumulation magmatique est restée stable au cours des dernières semaines. Selon le Met Office, le scénario le plus probable demeure une accumulation lente et continue de magma, conduisant à terme à une nouvelle intrusion de dyke et éventuellement à une éruption. Toutefois, le Met Office ne fait plus de prévision quant au moment où une éruption pourrait se produire !
L’activité sismique le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur et près de Grindavík reste relativement faible et comparable à celle des semaines précédentes. Aucune variation significative de l’activité sismique n’a été observés ces dernières semaines.
Source : Met Office.

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La plateforme littorale qui s’est formée lors de l’éruption dr Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) en février-avril 2026 subit les assauts des vagues et s’érode.

Entre le 16 et le 24 mars 2026, l’île de La Réunion avait gagné 8,7 hectares grâce à l’arrivée de la lave à l’océan.

Source : OVPF

10 campagnes de cartographie par drones ont été menées en 3 mois et demi par l’OVPF, l’Université de La Réunion et la CIREST pour suivre l’érosion de la plateforme qui se réduit comme peau de chagrin. Entre le 24 mars et le 7 avril, elle a perdu 871 m² par jour. Depuis le 7 avril, elle perd-151 m²/jour et son recul est constant. L’OVPF précise que les vagues creusent la base de la pré-falaise, provoquant sa fragilisation et puis des effondrements. Les blocs, réduits en taille, sont emportés par les vagues et accélèrent l’érosion.

Source : OVPF.

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Un demi-siècle après l’éruption de la Soufrière (8 juillet 1976) qui a profondément marqué l’histoire de la Guadeloupe et de la volcanologie mondiale, l’archipel est devenu, durant une semaine, le centre d’échanges internationaux sur les volcans actifs et la gestion des risques naturels.

Le colloque SOUFRIÈRE_50, organisé par l’IPGP et l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe (OVSG) s’est déroulé du 6 au 10 juillet 2026 sur le campus de Saint-Claude. L’événement a réuni des chercheurs de neuf nationalités Le but de ce colloque était pour les chercheurs, experts, autorités publiques et acteurs du territoire de partager leurs connaissances afin de tirer les leçons de la crise de 1976 et de renforcer la préparation face aux futurs phénomènes volcaniques.

La directrice de l’OVSG a rappelé l’importance historique de l’éruption de 1976. Il ne faudrait pas oublier que la Soufrière est un volcan actif, en phase de réactivation depuis 1992. La directrice a également déclaré : « L’objectif est de revenir sur tout ce que nous avons appris depuis 1976. Cette éruption a permis de mieux comprendre les volcans du type Soufrière, d’améliorer les réseaux de surveillance et de mieux anticiper les futures éruptions. » [NDLR : On peut ajouter ajouter qu’à l’avenir, il faudrait éviter les erreurs d’interprétation commises par certains en 1976 et tenir compte honnêtement des observations scientifiques avant de prendre une décision d’évacuation de la population.]

Tout au long de l’année 2026, d’autres manifestations seront proposées avec les communes de Saint-Claude, Basse-Terre et Pointe-à-Pitre afin de transmettre la mémoire de l’éruption de 1976 et de rappeler l’importance de la prévention face aux risques volcaniques.

Source : Guadeloupe la 1ère.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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A moderately explosive eruption occurred at the summit crater of Kanlaon (Philippines) on the morning of July 9, 2026. The event lasted approximately three minutes, generating an ash plume that rose 2 000 to 3 000 m above the summit. Poorly visible pyroclastic flows descended the southeastern slopes, possibly travelling less than 1 km from the summit crater.

Ashfall was reported in several municipalities. At least eight domestic flights were canceled at Mactan-Cebu International Airport due to the eruption. The local government has begun distributing face masks to residents to minimize exposure to volcanic ash, which may cause respiratory problems.

Alert Level 2 remains in effect dor Kanlaon. Entry into the 4 km-radius Permanent Danger Zone (PDZ) remains prohibited.

Source : PHIVOLCS.

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A powerful explosive eruption at Sheveluch (Kamchatka) on July 5, 2026, sent an ash plume as high as 12.2 km and prompted authorities to raise the Aviation Color Code to Red after video observations confirmed an approximately 10-minute explosion. No new ash explosions has been observed and the aviation color code was lowered to Orange. However, more explosive events cannot be excluded..

The event followed elevated activity beginning on July 3 when the aviation color code was already raised to Red, then lowered to Orange.

Source : KVERT.

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The summit eruption of Kīlauea (Hawaii) is paused. At night, webcam views show glow at both the north and south eruptive vents, while summit inflation continues. Current forecast models suggest that lava fountaining Episode 51 will occur sometime between July 11 and 15, 2026.

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Towards the end of June 2026, the INGV reported the onset of effusive activity on Mt Etna (Sicily), in the upper part of the Valle del Leone and Valle del Bove, at an elevation of approximately 3,000 meters; this activity produced a small, poorly-fed lava flow. During the night of June 25–26, 2026, weak Strombolian activity was also observed from the vent located on the upper slope of the Voragine. The VONA aviation color code issued by the INGV remained at « Orange, » and Etna’s eruptive activity did not impact operations at Catania Airport.
The situation changed on July 5 at approximately 7:45 a.m. (local time) when large ash plumes appeared at Mt Etna, originating from the vent on the upper eastern flank of the Voragine crater. These emissions intensified around 8:45 a.m., generating an eruption cloud that rose to about 1.5 km above the volcano’s summit and drifted toward the south and south-southeast. Consequently, the aviation color code was raised from Orange to Red. SAC, the airport operator, implemented a series of progressive restrictions: initially closing airspace in the direction of the ash cloud and limiting traffic to five flights per hour, followed by a complete halt to all incoming air traffic. Operations at Catania Airport were subsequently suspended entirely until noon on July 7. As Etna’s ash emissions subsided significantly, aircraft were able to resume takeoffs and landings.

Notably, during this period of intense ash emission, lava from the Voragine crater was spilling into the Northeast Crater.

INGV indicated on 7 July that the eruptive episode was over.

Source: INGV, La Sicilia.

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Nothing new in Iceland. Magma accumulation and ground uplift continue beneath Svartsengi. The average rate of magma accumulation over the past few weeks has remained steady. According to the Met Office, the most likely scenario remains continued slow magma accumulation, eventually leading to a new dike intrusion and possibly a volcanic eruption. However, no more prediction is made about the moment when an eruption might occur.

Seismic activity along the Sundhnúkur crater row and near Grindavík remains relatively low and is similar to previous weeks. No significant changes in seismic activity have been observed in recent weeks.

Source : Met Office.

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The coastal platform formed during the Piton de la Fournaise eruption (Réunion Island) between February and April 2026 is being battered by the waves and is eroding.
Between March 16 and March 24, 2026, Réunion Island gained 8.7 hectares as lava reached the ocean.
Over a period of three and a half months, the OVPF, the University of Réunion, and CIREST conducted ten drone-based mapping campaigns to monitor the erosion of the platform, which is rapidly shrinking. Between March 24 and April 7, it lost 871 m² per day. Since April 7, it has been losing 151 m² per day, and its retreat is constant.
The OVPF notes that waves are undercutting the base of the incipient cliff, causing it to weaken and eventually collapse. The resulting smaller blocks are swept away by the waves, further accelerating erosion.
Source: OVPF.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Mégaséismes : un excellent documentaire

Voici un document comme je les aime. Intitulé MégaséismesSuperbeben en allemand – il a éré réalisé par Fabian Wolf en 2026 et est actuellement visible sur la chaîne ARTE en cliquant sur ce lien :

.https://www.arte.tv/fr/videos/126206-000-A/megaseismes/

Dans le descriptif, on peut lire que le film fait le tour du monde des zones les plus à risque, où différentes approches préventives sont mises en place en concertation avec les scientifiques.

Les séismes d’une magnitude supérieure à M8,5 sur l’échelle de Richter font partie des catastrophes naturelles les plus dévastatrices qui frappent la planète. Certaines métropoles comme Los Angeles et San Francisco pourraient être réduites à néant. Elles sont situées de part et d’autre de la faille de San Andreas qui traverse la Californie.

Au Japon, où la population reste profondément marquée par le mégaséisme de Tohoku – magnitude M9.0 – qui a touché le pays en 2011, et qui a déclenché un tsunami puis l’accident nucléaire de Fukushima, le gouvernement a mis en place des mesures collectives avec des exercices régulièrement pratiqués dès la maternelle.
Le documentaire explore les différentes stratégies suivies pour protéger les populations et met en lumière les défis auxquels sont confrontés les chercheurs qui développent des systèmes d’alerte précoce. Les témoignages présentés sont précieux. Des hommes et des femmes ayant vécu des mégaséismes racontent comment cette expérience a changé leur perception des tremblements de terre.

Faille de San Andreas (Image extraite du film)

Alpinisme et réchauffement climatique

Concentrations de CO2 : 429,79 ppm (08 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises sur ce blog, le réchauffement climatique impacte profondément nos Alpes. Éboulements et laves torrentielles se multiplient avec le dégel du permafrost de roche. Plusieurs événements de ce type ont été recensés le 18 juin 2026 dans les départements de l’Isère et des Hautes-Alpes (voir ci-dessous).

Les canicules à répétition ont également des conséquences sur la pratique de l’alpinisme. Les guides de haute montagne en France, en Suisse et en Italie arrêtent de fréquenter certaines voies devenues trop dangereuses ou difficiles ; des sentiers sont fermés ou sont fortement déconseillés ; des refuges ferment par manque d’eau, etc. L’effondrement dramatique du glacier de la Marmolada dans les Alpes italiennes le 3 juillet 2022, qui a tué 11 randonneurs, est particulièrement représentatif de la situation.

Le glacier de la Marmolada après l’effondrement (Source: presse italienne)

La thèse de Jacques Mourey (Université Grenoble Alpes) permet de mieux comprendre ce qui se joue avec le réchauffement climatique. Elle est intitulée L’alpinisme à l’épreuve du changement climatique : Évolution géomorphologique des itinéraires, impacts sur la pratique estivale et outils d’aide à la décision dans le massif du Mont Blanc. Vous pourrez la lire en cliquant sur ce lien :

https://theses.hal.science/tel-03510607

Avec la hausse des températures, la moitié des surfaces couvertes par des glaciers ont fondu depuis la fin du Petit Age Glaciaire. Les déstabilisations rocheuses en lien avec la dégradation du permafrost sont plus fréquentes et volumineuses. Comme je l’ai indiqué plus haut, les amas de roches et de sol récemment libérés par ces phénomènes de désenglacement s’érodent et donnent notamment lieu à des glissements de terrains et des laves torrentielles.

Photo: C. Grandpey

Face à ces modifications des milieux, les acteurs professionnels, politiques et scientifiques concernés par la haute montagne ont mis en place une démarche de diagnostic de l’évolution des itinéraires d’alpinisme.

Les impacts du réchauffement climatique sur les itinéraires d’alpinisme et leurs conditions d’ascension ont été étudiés par une comparaison, entre les années 1980 et la période actuelle, avec référence aux courses décrites dans les topo-guides emblématiques de la collection Rebuffat « Les 100 plus belles courses ». Au total, 201 itinéraires répartis dans le massif du Mont-Blanc, les Alpes valaisannes et les Écrins ont été étudiés.

Dans un premier temps, 26 processus géomorphologiques et glaciologiques, liés au réchauffement climatique, qui affectent les itinéraires, ont été identifiés. La traversée des dômes de Miage (3666 m, massif du Mont-Blanc), course classique souvent réalisée en préparation d’une ascension du mont Blanc est par exemple sujette à 20 processus différents. Ainsi, les crevasses y sont de plus en plus présentes, l’arête sommitale est plus fine, la descente ne se fait plus sur de la neige mais sur de la glace. En moyenne, un itinéraire d’alpinisme est affecté par 9 processus différents liés au réchauffement climatique. Les alpinistes doivent donc prendre en considération de plus en plus de paramètres lors de leur préparation à une ascension.

Photo: C. Grandpey

D’une manière générale, les effets du réchauffement climatique sur la haute montagne alpine changent les caractéristiques des itinéraires. Ces modifications les rendent plus dangereux et/ou plus difficiles techniquement ou moins intéressants d’un point de vue esthétique ou technique pour un alpiniste.

Dans chacun des trois massifs, 25 % des itinéraires étudiés ne sont plus fréquentables pendant la période estivale. En été, les conditions sont plus aléatoires, notamment en raison des périodes caniculaires plus précoces, nombreuses et intenses.

Les écroulements et les chutes de pierres sont souvent mis en avant dans la presse comme des processus qui affectent beaucoup les itinéraires d’alpinisme et effectivement ils sont plus fréquents et volumineux en lien avec la dégradation du permafrost. Toutefois, la fonte et l’augmentation de la pente des glaciers et des tabliers de glaces sont les processus qui modifient le plus les conditions d’ascension des itinéraires. Les itinéraires en neige sont les plus affectés par le réchauffement climatique. Les itinéraires rocheux sont, en général, plus préservés. Le report vers des voies rocheuses est d’ailleurs une stratégie d’adaptation régulièrement mise en place par les guides de haute montagne.

Source : Écho Sciences Grenoble.

Le 18 juin, un épisode orageux a provoqué d’importantes coulées de boue et de pierres dans la vallée du Véneon sur la commune de Saint-Christophe-en-Oisans (Isère). A environ 200 mètres après le hameau des Etages, cinq coulées de boue ont coupé la route d’accès à la Bérarde, hameau déjà fortement impacté par une lave torrentielle dans la nuit du 20 au 21 juin 2024 . L’événement n’a pas fait de victimes mais la circulation a été coupée dans les deux sens avant d’être rétablie.

Lave torrentielle de la Bérarde en 2024 (Source: presse régionale)

Ce même jour, un violent orage a causé un éboulement qui a coupé la route du col du Lautaret à Monêtier-les-Bains (Hautes-Alpes). Une voiture a été emportée par la coulée de boue, mais, heureusement, son conducteur est sain et sauf.

Source:presse régionale

Glaciers rocheux et glaciers de glace // Rock glaciers and ice glaciers

Le 24 mai 2026, j’ai publié une note concernant l’affaissement rapide du réservoir de la Loze, en amont d’un hameau de Courchevel (Savoie). Selon les experts, ce problème est en partie dû à la fonte d’un glacier rocheux sur lequel le réservoir a été construit.
J’expliquais dans mon article qu’un glacier rocheux est une masse de débris rocheux contenant de la glace. Qui dit glacier dit mouvement. C’est le fluage de la glace interstitielle qui est à l’origine du mouvement et donc des morphologies spectaculaires souvent rencontrées sur ce type de glacier.

Il faut toutefois noter que la vitesse de progression d’un glacier rocheux est beaucoup plus lente que celle d’un glacier fait uniquement de glace. Elle de l’ordre de quelques décimètres à quelques mètres par an, contre 100 à 200 mètres par an pour les ‘vrais’ glaciers des Alpes. À noter que les glaciers rocheux ne voient pas leur front reculer ; ils ne peuvent que progresser vers l’aval. Il est bien évident que la vitesse de progression d’un glacier rocheux varie en fonction du pourcentage de la pente. Les experts nous expliquent aussi que les glaciers rocheux peuvent “mourir” en s’immobilisant si la glace interne fond, par exemple à cause du réchauffement climatique.

Glacier rocheux du Laurichard, au-dessus du col du Lautaret (Photo : C. Grandpey)

Un article publié sur le site The Conversation révèle l’existence d’au moins 1 500 glaciers rocheux dans l’ouest des États-Unis. Ils revêtent une importance particulière. En effet, alors que les ‘vrais’ glaciers et leur glace blanche rétrécissent et disparaissent avec le réchauffement climatique, une nouvelle étude publiée dans Science Advances montre que les glaciers rocheux et leur réserve d’eau gelée demeurent globalement stables malgré la hausse des températures.
L’épaisse couche de débris protège la glace du rayonnement solaire et la maintient à une température plus basse. Résultat : les glaciers rocheux continuent d’alimenter les cours d’eau en eau de fonte durant l’été, sans pour autant disparaître comme leurs homologues de glace.

Coupe d’un glacier rocheux (Source : Utah Geological Survey)

Les auteurs de cette nouvelle étude examinent l’évolution de différents types de glaciers sous les sommets de la chaîne Teton – aussi appelée Chaîne des Tetons – dans le Wyoming.

Crédit photo : National Park Service

Entre 2014 et 2022, les glaciers de glace des Tetons ont perdu environ 0,85 mètre d’épaisseur par an, soit une vitesse sept fois supérieure à celle observée au cours du demi-siècle précédent. À l’inverse, les glaciers rocheux sont restés quasiment stables, ne perdant qu’environ 5 centimètres par an sur la période 2014-2022, sans changement notable par rapport à la période 1967-2014.
Chaque année, les glaciers classiques fondent partiellement avant de se reconstituer grâce aux chutes de neige hivernales. Toutefois, avec la hausse des températures, ils perdent davantage de glace qu’ils n’en accumulent. On prévoit que la grande majorité des glaciers situés dans des massifs montagneux tempérés, comme les Tetons, auront totalement fondu d’ici la fin du siècle. Ce sera une catastrophe, car avec eux, ce sera une source d’eau cruciale pour les cours d’eau et les lacs de montagne qui disparaîtra. En revanche, là où sont présents des glaciers rocheux, la glace qu’ils abritent continuera de libérer de l’eau de fonte dans les cours d’eau en aval, ce qui les protégera du réchauffement et de l’assèchement.
C’est pourquoi les cours d’eau alimentés par des glaciers rocheux apparaissent comme des refuges climatiques potentiellement essentiels. Ce sont des lieux susceptibles de rester frais alors que leur environnement se réchauffe.
Une grande variété d’espèces peuple déjà les eaux froides issues de la fonte des glaciers rocheux, depuis les plécoptères jusqu’aux ombles à tête plate (salvelinus confluentus) qui s’en nourrissent. À mesure que les glaciers classiques disparaissent, les liens entre ces espèces d’eaux froides et les glaciers rocheux ne feront probablement que se renforcer.
Cette nouvelle étude démontre que l’alimentation d’un cours d’eau par une source de glace importante a permis de limiter son réchauffement au cours de la dernière décennie. Les cours d’eau alimentés par des glaciers rocheux se réchauffent lentement – d’environ 0,6 degré Celsius sur une décennie – , tandis que ceux alimentés par des glaciers classiques se réchauffent d’environ 0,9 °C. En revanche, les cours d’eau alimentés par le manteau neigeux saisonnier, de petites plaques de glace et les eaux souterraines se réchauffent plus rapidement, soit de 3,4 °C sur la même période.
Les glaciers rocheux ne remplaceront pas les glaciers de glace et les champs de neige actuellement en voie de disparition. Une étude récente estime que les glaciers rocheux de la chaîne Teton renferment l’équivalent de 2,5 kilomètres cubes d’eau, soit environ un cinquième du volume contenu dans les glaciers de montagne.
Les projections climatiques indiquent que même les glaciers rocheux ne sont pas épargnés par le réchauffement climatique. Nombre d’entre eux pourraient perdre toute leur glace d’ici la fin du siècle si les tendances actuelles de réchauffement se poursuivent. Il est crucial de déterminer la quantité de glace contenue dans ces glaciers rocheux ainsi que leur vitesse de fonte probable, afin de permettre aux gestionnaires des ressources naturelles d’anticiper l’évolution des paysages dont ils auront la charge dans les prochaines années.
Les glaciers rocheux constituent également des modèles comparatifs uniques pour étudier ce qui semble être des glaciers recouverts de débris sur Mars. Mais est-ce vraiment la priorité pour notre propre planète ?
Source : The Conversation

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On 24 May 2026, I wrote a post about the Loze reservoir, located upslope from a hamlet in Courchevel (Savoie), is rapidly subsiding. According to experts, the problem is parly due to the melting of a rock glacier on which the reservoir was built.

I explained in my post that a rock glacier is a mass of rocky debris containing ice. Glaciers are inherently dynamic, and the movement of interstitial ice is what causes this movement and, consequently, the spectacular formations often found on this type of glacier. It should be noted, however, that the rate of advance of a rock glacier is much slower than that of a glacier composed solely of ice. Its rate is on the order of a few decimeters to a few meters per year (compared to 100 to 200 meters per year for the ‘true’ glaciers of the Alps). It should be noted that rock glaciers do not have their terminus retreating; they can only advance downhill. It is quite clear that the rate of advance of a rock glacier varies depending on the percentage of the slope. Experts explain that rock glaciers can also « die » by coming to a standstill if the internal ice melts, for example, due to global warming.

An article published in The Conversation informs us that there are at least 1,500 active rock glaciers across the western U.S. They’re important because while the icy white glaciers have been shrinking and even disappearing, a new study published in Science Advances shows that rock glaciers and their frozen water are remaining mostly stable despite rising temperatures.

The thick debris mantle shades the ice, keeping it colder. The result is that rock glaciers continue to provide meltwater for streams in summer as they always have, but they aren’t disappearing.

The authors of the new study examine how different types of glaciers are changing beneath the soaring peaks of the Teton Range of Wyoming.

The Tetons’ icy glaciers thinned by about 0.85 meters per year between 2014 and 2022, about seven times faster than in the previous half-century. Rock glaciers, on the other hand, were close to stable, losing only about 5 centimeters per year in 2014-2022, with no change relative to the 1967-2014 period.

Every year, mountain glaciers partially melt and then rebuild again as snow falls in winter. But as temperature rise, glaciers are losing more ice than they gain. The vast majority of glaciers in temperate mountain ranges like the Tetons are projected to melt away completely by the end of the century, meaning a critical source of water for mountain streams and lakes will disappear. However, where rock glaciers are present, their protected ice will continue to release meltwater into the streams below, buffering the streams against warming temperatures and drying.

Because of this, streams fed by rock glaciers have emerged as potentially critical climate refugia – places likely to stay cooler while everything around them warms.

A wide array of species already live in the cold meltwater that emerges from rock glaciers, from stoneflies to the bull trout that eat them. As glaciers fade, the ties between cold-water animals and rock glaciers will likely only become tighter.

The new study shows that having a major ice source feeding a stream has limited the warming of that stream over the past decade. Streams fed by rock glaciers warm slowly, by about 0.6 degrees Celsius over the decade, while icy glaciers warm by about 0.9 C. Streams that are fed by seasonal snowpack, small patches of ice and groundwater warm more rapidly, by 3.4 C over the same period.

Rock glaciers will not replace the glaciers and snowfields that are disappearing. A recent study estimates that rock glaciers in the Teton Range hold the equivalent of 2.5 cubic kilometers of water, about one-fifth the amount in mountain glaciers.

Climate projections show that even rock glaciers are not immune to a warming climate. Many could become ice-free by the end of the century under current warming projections. Understanding how much ice is contained in rock glaciers and how fast they are likely to melt is vital to help natural resource and land managers plan for the landscapes they will be managing later this century.

Rock glaciers also offer unique analogs for studying what appear to be debris-covered glaciers on Mars. But is that really the priority for our own planet?

Source : The Conversation,