Glaciers : rien ne va plus

Concentrations de CO2 : 429,11 ppm (30 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Le 28 juillet 2026, l’isotherme 0° se situait à 5000 m d’altitude, ce qui signifie que la température dépassait le 0° au sommet du Mont Blanc à 4810 m d’altitude. Ce niveau d’altitude pour l’isotherme 0°C est extrêmement rare et ne constitue pas la norme, même en plein été : Le premier record majeur enregistré en Suisse datait du 20 juillet 1995 (5117 m). Ce record a été battu en juillet 2022 (5184 m) puis de nouveau en août 2023 (5298 m), montrant une tendance à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces pics. À noter que tous ces pics ont été enregistrés après les années 1970 quand s’est accéléré le réchauffement climatique

Une telle température à très haute altitude empêche le regel nocturne. Le permafrost de roche dégèle en profondeur, augmentant considérablement les risques d’éboulements et de chutes de pierres, dans le Couloir du Goûter, par exemple.

Le 28 juillet 2026, la température a atteint 13,2 degrés Celsius au sommet de l’Aiguille du Midi (3842 m) où beaucoup de Chamoniards viennent se réfugier pour échapper à la canicule à 1000 mètres d’altitude.

Comme je l’ai écrit fans le titre de cette note, rien ne va plus.

Vue du Mont Blanc depuis l’Aiguille du Midi (image webcam)

L’année 2026 s’annonce particulièrement difficile pour les glaciers. Avec la succession de vagues de chaleur depuis le mois de mai, les rivières de glace des Alpes et des Pyrénées sont en grande souffrance. Le chef du service de surveillance des glaciers en Suisse (Glamos) explique que lors de la canicule du mois de juin, les glaciers alpins ont perdu en eau l’équivalent d’une piscine olympique toutes les six secondes pendant deux semaines.

Alors que l’été 2026 est encore loin d’être terminé, on peut déjà dire que cette année est la deuxième pire année pour la fonte des glaciers, derrière 2022, à cause des trois vagues de chaleur qu’ils viennent de subir. C’est aussi la faute à un hiver dont l’enneigement a été moyen et auquel est venue s’ajouter la poussières du Sahara en mars, avec un effet négatif sur l’albédo.

Selon les glaciologues, les chaleurs de mai ont été particulièrement décisives dans la situation actuelle car les glaciers n’ont pas connu la phase habituelle d’accumulation qui leur permet de se régénérer. Une telle situation avait déjà été observée en 2022. La conséquence a été immédiate. Faute d’une nouvelle couverture de neige blanche indispensable, les glaciers ont accéléré leur fonte. Cette tendance s’est poursuivie en juillet et continuera forcément en août, avec des glaciers à nu face aux fortes chaleurs.

Au final, on peut dire que les glaciers ont non seulement utilisé toutes leurs réserves accumulées durant l’hiver, mais ils perdent désormais leur glace « historique » et se retrouvent en recul. Le « Jour de recul des glaciers » qui marque habituellement le début de fonte des glaciers a eu lieu le 29 juin 2026. La seule année où il était survenu plus tôt était l’année record de 2022. Les glaciologues s’accordent pour dire que tous les ingrédients sont réunis cet été pour que les glaciers vivent une saison apocalyptique. La situation pourrait aussi se trouver aggravée par les cendres des incendies qui secouent la France et qui pourraient venir se déposer sur leur surface, amplifiant leur fonte à cause de la perte d’albédo.

Ceux qui, comme moi, connaissent le Glacier des Bossons depuis leur tendre enfance ont envie de pleurer en voyant son front déchiqueté aujourd’hui (Photo : réseaux sociaux)

L’Europe, avec la France, la Suisse et l’Italie, n’est pas la seule région du monde confrontée à la fonte des glaciers ; le problème est global. Depuis 2022, on assiste à un enchaînement des années catastrophiques, et 2026 pourrait franchir un nouveau cap. C’est la période la plus chaude jamais enregistrée dans l’ouest des Alpes. La situation est donc particulièrement inquiétante. Il ne faudrait pas oublier que les glaciers sont les zones les plus sensibles au réchauffement climatique en Europe. Ils ont été les pionniers dans l’alerte avec un écosystème qui est en train de disparaître. Il est donc grand temps que des mesures soient prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre qui sont le cœur du problème.

Depuis 1850 qui marque la fin de la fin du petit âge glaciaire et qui est considérée comme le début du dérèglement climatique d’origine anthropique, avant son accélération dans les années 1970, les glaciers des Alpes françaises ont déjà perdu près des deux tiers de leur surface initiale, soit entre 65 et 70% des 700 km² qu’ils représentaient alors.

Cette perte de glace est catastrophique car les glaciers sont les meilleurs châteaux d’eau de l’Europe, mais aussi d’une grande partie du monde. Des fleuves comme le Rhône en Europe dépendent des glaciers. J’ai insisté à plusieurs reprises sur ce blog sur la dépendance des populations asiatiques vis à vis des glaciers himalayens pour leur alimentation en eau potable. Comme l’a rappelé un glaciologue suisse, « nous sommes tous en aval de cette cryosphère, il faut arrêter d’être dans le déni et tout faire pour ralentir la fonte. Pour chaque kilo de CO2 émis, ce sont en moyenne 16 kg de glaciers de montagne qui fondent. »

Source : presse française, suisse et italienne.

Menace sur la Camargue et les marais côtiers en Méditerranée

Dans une note publiée sur ce blog le 10 novembre 2022, j’écrivais que la Camargue est une destination touristique populaire en raison de sa biodiversité. Aujourd’hui, la région est menacée par la montée du niveau de la mer, les canicules et les sécheresses qui polluent les sources d’eau douce et rendent les terres infertiles. Le niveau de la mer autour de la ville de Saintes-Marie de la Mer s’est élevé de 3,7 millimètres par an de 2001 à 2019, soit près du double de l’élévation moyenne du niveau de la mer sur le reste de la planète au cours du 20ème siècle. Les scientifiques expliquent que la présence croissante du sel dans le sol rendra la terre stérile et inhabitable bien avant que la mer l’engloutisse. Certains pâturages touchés par le phénomène sont déjà dénudés avec peu de végétation. La teneur anormalement élevée en sel présente des risques pour la santé des organismes qui ne la tolèrent pas.

 Source : Wikipedia

Avec l’élévation constante du niveau de la Méditerranée, les marais côtiers sont grignotés, « un risque critique » selon une étude publiée le 20 février 2025 dans la revue Nature. Si on prend en compte le scénario moyen proposé par le GIEC d’un réchauffement de la Terre de 2,5 degrés d’ici la fin du siècle, les marais côtiers reculeront de 70% au moins d’ici 2100 dans de nombreuses régions méditerranéennes. Les chercheurs prévoient même leur quasi disparition en Algérie, Égypte et en France, si rien n’est fait pour sauver ces zones humides.

En Méditerranée, et encore plus en France, les marais côtiers sont très vulnérables, victimes de la « compression côtière ». Ils sont coincés d’une part par la mer qui avance, et d’autre part, par une impossibilité de s’étendre à cause du relief naturel, mais aussi de l’envahissement par notre civilisation (routes, constructions, digues, etc.). L’idéal serait de pouvoir désartificialiser des zones pour laisser de la place aux marais. On pourrait aussi rétablir le cours naturel des fleuves car les barrages, sur le Rhône par exemple, retiennent les sédiments qui n’arrivent pas jusqu’aux côtes, ce qui accélère l’érosion de ces zones humides. Dans ma note du 10 novembre 2022, j’expliquais que le Rhône constitue depuis longtemps une source de vie pour la Camargue car il apporte l’eau douce des Alpes et atténue la salinité de la région. À mesure que la pluie et les chutes de neige diminuent, il en va de même du débit du fleuve qui a diminué de 30 % au cours des 50 dernières années et la situation ne peut qu’empirer. Les scientifiques ne cessent de répéter que les glaciers qui sont en train de fondre à un rythme incroyablement élevé ont déjà dépassé le point de non-retour. Il est donc quasiment certain que, dans les années à venir, les 40% de débit des rivières qui arrivent en Camargue se réduiront comme peau de chagrin.

Il y a urgence à protéger ces marais qui abritent une biodiversité très riche. De plus, elles servent d’amortisseurs en absorbant les fortes précipitations ou les ondes de choc des tempêtes. Elles purifient l’eau, en filtrant certaines pollutions. Et puis ce sont aussi des puits de carbone ; elles captent une partie du CO2 que nous rejetons dans l’atmosphère.

Dans une autre note publiée le 20 mai 2024, j’écrivais qu’une étude à laquelle a participé le Muséum d’Histoire Naturelle montre que lorsqu’on simule la montée du niveau marin dans 938 zones humides de huit pays bordant la Méditerranée, entre un tiers et la moitié des habitats des 145 espèces d’oiseaux risquent d’être inondés d’ici à 2100, avec une réelle menace pour leur survie. Comme celle publiée dans la revue Nature, l’étude explique qu’il est hors de question de construire des digues pour protéger l’ensemble des marais ou des estuaires. L’idée serait plutôt d’envisager des sites de repli pour ces oiseaux, en restaurant des zones humides ailleurs, plus à l’intérieur des terres. On pourrait aussi aider la mer à envahir de nouvelles surfaces non habitées pour recréer des zones gorgées d’eau en permanence. Au-delà de la préservation des oiseaux, ces zones humides pourraient jouer le rôle de tampon lors des crues, tout en filtrant l’eau et en étant des puits de carbone intéressants.

Source ; presse nationale.

 

Les flamants roses font partie des espèces menacées (Photo : C. Grandpey)

Mauna Loa: une éruption à court terme ? // A short-term eruption ?

34 séismes ont de nouveau été enregistrés sur le Mauna Loa le 11 avril 2021. Bien qu’ils n’aient que de faibles magnitudes, les scientifiques ont prévenu la population que la hausse de l’activité sismique observée depuis quelque temps peut annoncer une éruption dans un proche avenir. On a enregistré 155 séismes d’une magnitude supérieure à M 1,5 au cours des sept derniers jours et 740 événements au cours du mois dernier, dont une secousse de M 4,3 le 3 avril.

Le séisme le plus important du 11 avril avait une magnitude de M 3,2, avec son épicentre à Pahala, au sud du sommet du Mauna Loa. Un séisme de M 3.0 a également été enregistré dans l’après-midi de ce même jour.

En mars, au vu de la sismicité, l’USGS a déclaré que ce serait le bon moment pour la population de mettre à jour les plans d’urgence personnels en cas d’éruption. Les données historiques montrent que, lors des éruptions précédentes, les coulées de lave n’ont mis que quelques heures pour atteindre les zones habitées. On se trouve dans la même situation que celle qui précède la saison des ouragans. Il est conseillé d’avoir un plan d’urgence en cas d’éruption. Un «go-bag» (sac d’urgence) avec des articles essentiels et les documents importants est recommandé si des évacuations sont ordonnées dans l’urgence en cas d’éruption.

Les éruptions du Mauna Loa ont tendance à produire de grandes coulées de lave rapides qui peuvent avoir un impact sur les localités dans les parties est et ouest de la Grande Ile, de Kona à Hilo. Hilo, à l’est d’Hawaï, s’est trouvée sous la menace de sept coulées de lave depuis les années 1850. En 1984, la lave s’est arrêtée à environ 6 kilomètres de la ville. Sur les côtés sud et ouest de l’île, des coulées de lave ont atteint la côte à huit reprises, dont trois fois en 1950.

Source: Presse hawaiienne.

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34 earthquakes were again recorded on Mauna Loa on April 11th, 2021. Though only registering small magnitudes, scientists have warned citizens that the mounting seismic activity could signal that an eruption may be possible in the near future. There have been 155 earthquakes greater than M 1.5 in the past seven days, and 740 in the past month, including an M 4.3 event on April 3rd.

The most significant quake on April 11th had a magnitude of M 3.2, with its epicentre in Pahala, south of the summit of Mauna Loa. An M 3.0 tremor also struck in the afternoon of that same day.

In March, USGS said that as the volcano continues to awaken from its slumber, it would be a good time for people to revisit their personal emergency plans in the event of an eruption. Historical data shows that in previous eruptions it could take just hours for lava flows to reach populated areas. Similar to preparing for hurricane season, having an eruption plan in advance helps during an emergency. A “go-bag” with essential items and important documents is recommended, should evacuations be ordered in the event of an eruption.

Mauna Loa eruptions tend to produce large, fast-moving lava flows that can impact communities on both the east and west sides of the Big Island from Kona to Hilo.

Hilo in the east of Hawaii has been threatened by seven lava flows since the 1850s. In 1984, the lava stopped approximately 6 kilometres from the city. On the south and west sides of the island, lava flows have reached the coast eight times, including three times in 1950.

Source : Hawaiian news media.

Impact prévisible des coulées de lave du Mauna Loa (Source : USGS)

Quelques nouvelles de Bali (Indonésie) // Some news of Bali (Indonesia)

L’île de Bali est actuellement en état d’urgence en raison du risque d’une éruption imminente de l’Agung. La décision permet aux autorités locales de Bali de prendre des mesures pour venir en aide aux personnes évacuées ces dernières semaines. L’état d’urgence, qui a débuté officiellement le 29 septembre, se terminera le 12 octobre, mais il peut être prolongé ou réduit en fonction de la situation. Une disposition clé de l’état d’urgence est que les autorités locales sont autorisées à débloquer des fonds pour financer l’aide dont ont besoin les personnes évacuées.
L’Agung est en alerte depuis le 22 septembre, après une augmentation de l’activité sismique.
Le PVMBG indique que l’activité sismique a diminué au cours des deux derniers jours. Des panaches de vapeur et de gaz s’élèvent à une cinquantaine de mètres au-dessus du cratère, mais il n’y a toujours pas de signe d’éruption. Cependant, le volcan reste à AWAS, le niveau d’alerte maximum.
54 panneaux ont été installés autour du périmètre de sécurité de l’Agung pour interdire à la population de s’approcher du volcan. Six sirènes mobiles pour alerter rapidement la population en cas d’éruption sont également disposées près du volcan depuis la semaine dernière. Des plans visant à détourner les avions de Bali ont été élaborés dans le cas où les nuages ​​de cendre du volcan affecteraient les vols .
Source: The Straits Times.

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The island of Bali is currently in a state of emergency because of the risk of an impending eruption of Mount Agung. The decision was taken to ensure that the provincial, district, and municipal governments in Bali take steps to provide assistance to people evacuated from their homes in recent weeks. The state of emergency, which officially started on September 29th, will end on October 12th, but it can be extended or cut short based on the situation. A key provision for areas in a state of emergency is that local governments can disburse funds to pay for aid that evacuees need.

Mount Agung has been high alert since September 22nd, after an increase in seismic activity.

PVMBG indicates that seismic activity has decreased in the past two days. Plumes of white smoke are rising 50 metres above the crater but there are no signs of an eruption yet. However, the volcano remains in AWAS, the highest alert level.

54 warning signs have been put up around the perimeter of Mount Agung to warn people to stay away. Six mobile emergency sirens to provide early warning to people in the event of an eruption have also been standing by around the volcano since last week, while plans to divert aircraft away from Bali have been drawn up in the event ash clouds from the volcano affects flights.

Source : The Straits Times.

Sismicité en ce moment sur l’Agung.  (Source: PVMBG)