Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Après une longue pause dans son activité, il semble que l’Erta Ale (Ethiopie) ait à nouveau décidé de se donner en spectacle. En effet, un important débordement de lave, provenant vraisemblablement du cratère nord, s’est produit au niveau du sommet du volcan le 29 octobre 2024, avec la formation d’un lac de lave éphémère et une activité de spattering, comme on peut le voir sur cette vidéo :.

https://youtu.be/he4Nkiwrtxs

Source : The Watchers.

Vue du sommet de l’Erta Ale (Source: Wikipedia)

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Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, le Marapi (Sumatra occidental) est entré en éruption le 27 octobre 2024, avec des coulées pyroclastiques qui se sont propagées sur plusieurs kilomètres, recouvrant les localités voisines d’une épaisse couche de débris volcaniques. Il a également envoyé des colonnes de cendres jusqu’à 2 000 mètres de hauteur.

Le niveau d’alerte du Marapi est à 2 (Waspada) sur une échelle de 4 niveaux, depuis janvier 2024, avec un périmètre de sécurité de 3 kilomètres.

Épisode éruptif sur le Marapi (Crédit photo: médias indonésiens)

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Toujours en Indonésie, de fortes explosions dans le cratère Laki-laki du Lewotobi (Île de Florès), le 31 octobre 2024, ont généré des panaches de cendres jusqu’à 2,5 km au-dessus du niveau de la mer, avec des retombées sur les localités proches du volcan. Cette série d’épisodes éruptifs a commencé fin octobre 2024, avec des explosions régulières qui se produisaient 3 à 4 fois par jour. 59 084 personnes vivent dans un rayon de 10 km du Lewotobi, et 906 184 dans un rayon de 100 kilomètres, avec un possible impact de l’activité volcanique sur un grand nombre de personnes.
Le volcan montre une hausse de son activité depuis le 13 juin 2024, date à laquelle le niveau d’alerte a été relevé à 3 (Siaga).

Source : CVGHM.

Activité éruptive sur le Lewotobi le 31 octobre 2024 (Source: MAGMA Indonesia)

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Le complexe de dômes Caliente du Santiaguito(Guatemala) connaît en ce moment une hausse d’activité, avec de fréquentes explosions, de petites coulées pyroclastiques et des avalanches de blocs. Les épisodes éruptifs produisent des panaches de cendres atteignant 3,5 km d’altitude et s’étirant sur une trentaine de kilomètres. Une forte sismicité signale en outre une activité thermique intense, avec une incandescence observée depuis plusieurs kilomètres de distance.
L’INSIVUMEH et la CONRED ont émis des bulletins d’alerte, exhorté la population à appliquer les protocoles de sécurité et restreint l’accès au volcan dans un rayon de 5 km. De fortes pluies peuvent augmenter le risque de lahars. Les autorités aéronautiques ont également été alertées car les nuages ​​de cendres générés par les explosions atteignent jusqu’à 5 km d’altitude, ce qui présente un risque pour le trafic aérien.
Voici une vidéo montrant l’activité éruptive actuelle du Santiaguito :
https://twitter.com/i/status/1848357928044024191

 

Image extraite de la vidéo

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Il est très intéressant de regarder les graphiques illustrant l’inflation dans la région de Svartsengi (Islande). Ils montrent que les dernières éruptions sur la péninsule de Reykjanes ont suivi un scénario répétitif. Le magma s’accumule dans la même zone sous Svartsengi et l’inflation suit la même trajectoire avant les éruptions. On peut remarquer que l’espace temporel entre les éruptions s’allonge. On peut en conclure que des volumes de magma de plus en plus importants s’accumulent entre les événements. La dernière éruption s’est terminée le 6 septembre 2024. Elle a duré deux semaines et a été la troisième plus longue des six qui se sont produites le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar depuis décembre 2023.
Les volcanologues islandais pensent que la situation devrait rester calme jusqu’à la mi-novembre. Selon mes calculs personnels, une éruption pourrait se produire vers le 20 novembre. Mais j’ai peut-être tout faux… !

 

Source: Met Office

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L’activité de surface a augmenté sur le Copahue (Chili-Argentine) au cours de la deuxième quinzaine d’octobre 2024. Les signaux de tremor se sont légèrement intensifiés le 15 octobre. Les émissions de SO2 ont également augmenté le 15 octobre. À partir du 16 octobre, l’intensification épisodique d’une anomalie thermique dans le cratère El Agrio a été identifiée dans les données satellitaires. Les émissions de gaz et de vapeur atteignaient au maximum 300 m au-dessus du cratère, avec la présence de cendres à partir du 17 octobre. Le 19 octobre, des panaches de gaz et de cendres ont provoqué des retombées de cendres dans une zone s’étendant à 2,9 km au SE de la bouche éruptive. L’activité a commencé à diminuer le 24 octobre. Le SERNAGEOMIN a précisé qu’une nouvelle hausse d’activité pourrait se produire et a relevé le niveau d’alerte au Jaune (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs).
Source : SERNAGEOMIN.

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Le Taal (Philippines) a continué à montrer des signes d’activité du 22 au 29 octobre 2024. Deux événements phréatiques ont été enregistrés le 22 octobre. Des remontées de fluides chauds dans le lac ont été observées pendant cette période tandis que des panaches de vapeur et de gaz s’élevaient à 1,5 km au-dessus du cratère. Des épisodes de tremor de quatre minutes ont été enregistrés les 24 et 27 octobre. Le niveau d’alerte reste à 1. Il est rappelé au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ). Le cratère principal (Main Crater) et les zones le long de la fissure Daang Kastila restent interdits d’accès.

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon. Des séismes sont enregistrés quotidiennement. Les émissions de SO2 continuent d’être élevées. Un bulletin spécial publié le 28 octobre indiquait qu’elles s’élevaient en moyenne à 10 074 tonnes/jour, soit le cinquième niveau le plus élevé jamais enregistré sur le volcan. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est prié de rester en dehors de la zone de danger permanent d’un rayon de 4 km. Il est conseillé aux pilotes de ne pas voler à proximité du volcan.
Source : PHIVOLCS.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour l’Ebeko, le Karymsky et le Sheveluch. Elle est maintenue au Jaune pour le Bezymianny.
Source : KVERT.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

After a long pause in its activity, it looks as if Erta Ale (Ethiopia) is again giving a show. Indeed, a significant lava overflow, presumably from the North Pit Crater, occurred at the volcano’s summit vent on October 29th, 2024, resulting in the formation of a temporary lava lake and high lava spattering as can be seen on this video :.

https://youtu.be/he4Nkiwrtxs

Source : The Watchers.

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As I put it in a previous post, Mount Marapi (West Sumatra) erupted on October 27th, 2024. It unleashed pyroclastic flows that spread for several kilometers, covering nearby villages and towns with thick volcanic debris. It also sent ash columns as high as 2,000 meters.

Mt Marapi has stayed at level 2, on a scale of 4 levels, since January 2024, with a 3-kilometer safety perimeter around the volcano.

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Still in Indonesia, intense explosions at Lewotobi‘s Laki-laki Crater (Flores Island), on October 31st, 2024 generated ash plumes up to 2.5 km above sea level, impacting nearby communities. This series of eruptions began in late October 2024, with regular explosions occurring 3 to 4 times per day. About 59 084 people live within a 10-km radius from Lewotobi, and up to 906 184 within 100 kilometers, with the potential impact of volcanic activity on a large number of people.

The volcano has shown an increase in activity since June 13th, 2024, when the alert level was raised to 3 (Siaga).

Source : CVGHM.

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The Santiaguito Caliente dome complex (Guatemala) is experiencing increased eruptive activity, with frequent explosions, short pyroclastic flows and lava block detachment. The eruptive episodes produce ash plumes reaching 3.5 km a.s.l. and drifting as far as 30 km. Elevated seismicity and strong avalanches further signal intense thermal activity, with visible incandescence observed several kilometers away.

INSIVUMEH and CONRED have issued warnings, urged surrounding municipalities to implement safety protocols, and restricted access within a 5 km radius from the volcano. Heavy rains may increase the risk of lahars. Local aviation authorities have also been alerted, as ash clouds from explosions reach up to 5 km, posing hazards to air traffic.

Here is a video showing the current activity at Santiaguito :

https://twitter.com/i/status/1848357928044024191

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Looking at the graphs illustrating inflation in the Svartsengi area (Iceland) is very interesting. Il shows that the latest eruptions on the Reykjanes Peninsula followed a repeat scenario. Magma accumulates in the same area under Svartsengi and inflation behaves in the same way before the eruptions. One can notice that the time space between eruptions is getting longer. One my conclude that magma volumes are increasingly accumulating between events. The last eruption ended on September 6th, 2024. It lasted for two weeks and was the third longest of the six that have occurred in the Sundhnúkagígar crater row since December 2023.

Icelandic volcanologists say the situation is likely to be quiet until the middle of November. According to my personal calculations, an eruption might occur arounr November 20th. But I may be completely wrong… !

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Shallow activity at Copahue (Chile-Argentina) increased during the second half of October 2024. Tremor signals slightly intensified on 15 October. SO2 emissions also increased on 15 October. Beginning on 16 October episodic intensifications of a thermal anomaly in El Agrio Crater were identified in satellite data. Gas-and-steam emissions rose no higher than 300 m above the crater rim and contained ash starting on 17 October. Gas-and-ash plumes on 19 October deposited ash in an area extending 2.9 km SE of the vent. Activity brgan to decrease on October 24th. SERNAGEOMIN noted that an increase could occur again and raised the Alert Level to Yellow (level 2 on a four-color scale).

Source : SERNAGEOMIN.

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Unrest at Taal (Philippines) continued during 22-29 October 2024. Two phreatic events were recorded on 22 October. Hot fluids upwelling in the lake were observed during that period and steam-and-gas plumes rose 1.5 km above the crater rim. Four-minute-long tremor episodes were recorded on 24 and 27 October. The Alert Level remains at 1. The public is reminded that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ). The Main Crater and areas along the Daang Kastila fissure remain prohibited.

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Still in the Philippines, unrest continues at Kanlaon. Daily volcanic earthquakes are recorded. SO2 emissions continue to be high. A special notice issued on 28 October noted that they averaged 10,074 tonnes/day, the fifth highest ever recorded at the volcano. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to remain outside the 4-km-radius Permanent Danger Zone. Pilots are advised not to fly close to the volcano.

Source : PHIVOLCS.

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In Kamchatka, the aviation color code remains Orange for Ebeko, Karymsky and Sheveluch. It id kept at Yellow for Bezymianny.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Événements extrêmes et réchauffement climatique

Devant les événements climatiques dévastateurs, la presse catastrophage et nécrophage a un formidable don de dualité. D’un côté, les journalistes décrivent avec force détails la destruction causée par les phénomènes atmosphériques extrêmes. D’un autre côté, devant la peur suscitée au sein de la population par les images de désolation (est-ce que ça peut nous arriver?) la presse se veut rassurante et se trouve parfois à la limite du déni du réchauffement climatique.

C’est ce qui vient de se passer à l’issue des pluies torrentielles qui se sont abattues sur le sud-est de l’Espagne. D’un côté, on nous parle de dégâts immenses et de dizaines de victimes, avec des images parfois difficilement soutenables. D’un autre côté, on nous explique que « tous les épisodes (extrêmes] ne sont pas liés au réchauffement » climatique.

Cela s’appelle jouer avec les mots. Tous les intervenants (scientifiques et secouristes) sont d’accord pour dire que les phénomènes météorologiques sont en train de devenir de plus en plus violents. Certains diront que les épisodes cévenols ou méditerranéens ont toujours existé. C’est indéniable, mais le réchauffement climatique les rend plus intenses et donc plus destructeurs. Dans le cas des tempêtes qui ont affecté le sud de la France et l’Espagne, c’est le réchauffement rapide de la Mer Méditerranée (mer fermée) qui est la cause des extrêmes. L’eau se réchauffe très vite et, par évaporation, l’air chaud se charge d ‘humidité et déverse des déluges de pluie en arrivant au contact des reliefs.

Il suffit d’évoquer quelques uns des derniers événements extrêmes pour se rendre compte de leur violence :

Le 2 octobre 2020, la tempête Alex déclenchait un déluge dévastateur sur plusieurs vallées des Alpes-Maritimes, provoquant une catastrophe aux lourdes conséquences : dix morts, huit disparus, des maisons dévastées, des routes emportées par les eaux, des ponts détruits et des centaines de sinistrés. Selon Météo-France, on a eu affaire à « une véritable bombe météo ». Les inondations d’octobre 2020 ont fait 217 millions d’euros de dégâts.

Les 14 et 15 juillet 2021, l’est de la France, l’ouest de l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg ont fait face à un phénomène météorologique lié à la dépression « Bernd », qui a entraîné des inondations exceptionnelles, un grand nombre de victimes, et d’importants dégâts.

Après une année 2022 historiquement sèche, la situation pluviométrique s’est totalement inversée en seulement deux ans, à cause des pluies incessantes sur le territoire depuis la fin de l’année 2023. L’année 2023 a été marquée par des pics de chaleur record et des inondations hors norme en Europe, L’agence Copernicus parle de précipitations « très au-dessus de la moyenne » et d’inondations dévastatrices, comme dans le Pas-de-Calais. Les débits des rivières européennes ont atteint des records en décembre. En tout, ces inondations ont touché près de deux millions d’Européens et sont responsables à 80% des pertes économiques liées aux catastrophes naturelles.

Six personnes sont décédées dans le Gard et en Ardèche les 9 et 10 mars 2024 après de violentes intempéries provoquées par la tempête Monica. Elles ont gonflé les cours d’eau et provoqué de graves inondations. Depuis début février 2024, la France a été frappée par trois « épisodes méditerranéens », pourtant rares en hiver. Là encore, l’air chaud chargé d’humidité provenant notamment de la mer Méditerranée s’est refroidi en heurtant les reliefs montagneux, avec la formation de fortes précipitations.

Les 25-27 octobre 2024, un double épisode méditerranéen inondait le quart Sud-Est de la France et le Nord de l’Italie Dans la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 octobre 2024, des orages diluviens ont affecté une partie du Var. La station de Cannet-des-Maures a mesuré 197 mm dont 101,3 mm en l’espace de 30 minutes, record absolu de pluie sur 30 minutes en France métropolitaine.

Moins de 48 heures après, de nouveaux violents orages ont frappé à nouveau le Var. Entre le 25 et le 26 octobre, les cumuls de pluie ont atteint par endroit autour de 100 mm, correspondant à 3 semaines de pluie d’un mois d’octobre.

Le déluge dans la région de Valence (Espagne) est venu couronner le mois d’octobre.

A l’occasion de chacun de ces événements extrêmes, une expression est récurrente : « Du jamais vu !». Cela montre bien que, si ces événements sont habituels, leur violence est inhabituelle et c’est là qu’il faut se tourner vers le réchauffement climatique. Il ne sert à rien de chercher et trouver des excuses plus ou moins crédibles. Les faits sont là pour le prouver : nous nous dirigeons vers d’autres épisodes extrêmes dont nous ne connaissons pas l’ampleur. Ne pas oublier la tempête de décembre 1999 !

La seule solution pour éviter que des dizaines de personnes périssent chaque fois est d’éduquer la population et de mettre en place des mesures de prévention. Ce ne sera pas facile car l’Europe avec son climat tempéré n’est pas habituée à de telles situations. Comme le faisait remarquer très justement le colonel Besson des Pompiers de l’Urgence Internationale (PUI) sur France Info, les pays asiatiques habitués aux typhons et autres événements naturels extrêmes savent comment réagir. Pourquoi pas nous ? Éducation et prévention prendront du temps et demanderont des sommes colossales. Une première étape consistera peut-être à changer les mentalités…

Crécy-la-Chapelle (Seine-et-Marne) après le passage de la tempête Kirk, le 11 octobre 2024 (Source: presse nationale).

Les glaciers à Cognac le 4 novembre 2024 !

Je présenterai le lundi 4 novembre 2024 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique » dans le cadre de l’Université Inter-Âges de COGNAC ( Charente). Elle aura lieu à 14h45 à l‘Auditorium de la Salamandre, rue du 14 juillet.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du réchauffement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer un CD de 160 photos de glaciers à travers le monde, ainsi que l’ouvrage « Dans les Pas de l’Ours » écrit conjointement avec Jacques Drouin.

Photo: C. Grandpey

La fonte des glaciers italiens

La CIPRA est une organisation à but non lucratif, non gouvernementale et indépendante qui œuvre depuis 1952 pour la protection et le développement durable des Alpes. On peut lire sur son site web qu’en août et septembre 2024, la 5ème Caravane des Glaciers a visité douze glaciers en Italie et au-delà, dont le glacier éteint Flua dans le massif du Mont-Rose ou les glaciers du Canin dans le Frioul et du Triglav en Slovénie, réduits à des champs de neige et d’éboulis. Elle a fait également halte à la Mer de glace en France, dont l’épaisseur a diminué de 300 mètres en 100 ans. La fameuse Marmolada dans les Dolomites est aussi concernée : comme les autres rivières de glace au-dessous de 3 500 mètres, elle aura disparu d’ici 2040, laissant place à des éboulis, de la roche et de nouveaux écosystèmes. On se souvient que le 3 juillet 2022 l’effondrement d’un sérac a tué 11 personnes et blessé huit autres. Le glacier Fellaria sur le versant italien de la chaîne de la Bernina recule lui aussi à une vitesse impressionnante. En deux décennies, la glace s’y est transformée en un lac géant d’une taille équivalent à 30 terrains de football.

Avec un réchauffement global de 2,7°C, ces glaciers disparaîtront tous d’ici la fin du siècle. C’est le constat alarmant de la Caravane des Glaciers 2024. C’est pourquoi l’association environnementale italienne Legambiente a publié un manifeste qui se réfère avant tout aux nouveaux dangers et aux mesures d’adaptation nécessaires en raison du recul des glaciers. Le manifeste explique qu’il est urgent de mettre en place une stratégie européenne et internationale accompagnée d’un aménagement du territoire.

Le glacier de la Marmolada après l’effondrement du 3 juillet 2022 (presse italienne)