Islande : l’éruption le 14 août 2022 // Iceland : the eruption on August 14th, 2022

Spectacle étonnant sur le site de l’éruption le 14 août 2022 sur le coup de midi: des voitures (4X4 probablement) garées et l’arrivée d’un hélicoptère. Difficile de dire ce que tous ces gens sont venus faire en véhicule motorisés, pendant que de milliers d’autres n’avaient pas d’autre choix que d’emprunter le sentier de 7 km conduisant au spectacle.

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’éruption semble en perte de vitesse. La hauteur des gerbes de lave dépasse de moins en moins souvent la lèvre du cratère (il est vrai que les parois sot plus hautes) qui s’est formé dans la Meradalir, et on n’observe plus les rideaux de lave des jours derniers.

La lave continue à s’écouler par l’échancrure ouverte dans la bouche active, mais le débit semble, lui aussi, moins impressionnant. D’ailleurs, plus personne ne parle d’un possible débordement dans une vallée adjacente et d’une éventuelle menace de la lave pour la route côtière.

Il n’est donc pas certain que l’éruption dure encore très longtemps, à moins que le magma trouve une autre porte de sortie, mais cette hypothèse me semble peu probable au vu de la faible sismicité sur la péninsule de Reykjanes. Dans le même temps, le tremor éruptif se maintient à un niveau relativement stable.

Personnellement – mais je peux avoir tout faux – je reste persuadé que cette éruption a lieu dans la continuité e celle de 2021 au Fagradalsfjall. Il serait vraiment intéressant d’avoir une comparaison chimique des laves émises sur les deux sites qui ne sont pas très éloignés l’un de l’autre.

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Amazing pictures on the site of the eruption on August 14th, 2022 around noon: cars (probably 4-wheel drive) parked on the site and the arrival of a helicopter. Hard to say what all these people came to do in motorized vehicles, while thousands of others had no choice but to take the 7 km path leading to the show.
As I put it before, the eruption seems to be losing momentum. The height of the lava projections exceeds less and less often the rim of the crater (whose walls are higher) which formed in Meradalir, and we no longer observe the lava fountains of the last days.
Lava continues to flow through an opening into the active vent, but the flow also seems less impressive. Moreover, no one is talking about a possible overflow in an adjacent valley and a possible threat of lava to the coastal road.
It is therefore not certain that the eruption will last very long, unless magma finds another way out, but this hypothesis seems unlikely to me given the low seismicity on the Reykjanes peninsula. At the same time, the eruptive tremor remains at a relatively stable level.
Personally – but I may be completely wrong – I remain convinced that this eruption takes place in the continuity of that of 2021 at Fagradalsfjall. It would be really interesting to have a chemical comparison of the lavas amitted on the two sites which are not very far from each other.

 Le site éruptif cet après-midi

Gros plan sur le cratère en fin d’après-midi le 14 août 2022 (Images webcam)

Eruption dans la Meradalir (Islande)

Un visiteur de mon blog actuellement en Islande m’a envoyé quelques photos de l’éruption. Il recommande de partir très tôt (à 5h ou 6h) vers le site pour bien profiter du spectacle. Il n’y a presque personne de bon matin. Par contre à partir de 10h et pire après c’est Disneyland avec un flux non stop de visiteurs et des hélicos sans arrêt dans le ciel. Il est vrai que l’éruption a eu la mauvaise idée (ou la bonne pour les intérêts commerciaux) de se déclencher au mois d’août…

Après une baisse d’activité en début de journée le 13 août, l’éruption semble avoir retrouvé une certaine vitesse de croisière. La lave continue à s’évacuer abondamment par le chenal qui s’est ouvert dans le cratère en formation.

Crédit photo: Alexandre Dauzeres que je remercie chaudement

Le lac de lave au sommet du Kilauea (Hawaii) // Kilauea’s summit lava lake (Hawaii)

L’éruption du Kilauea se poursuit. La lave continue d’être émise par une bouche dans la partie ouest du cratère de l’Halema’uma’u. Les émissions de SO2 restent importantes, à environ 1 900 tonnes par jour. La sismicité est élevée mais stable, avec peu de séismes et la présence du tremor volcanique.
L’éruption n’a pas fait la Une des journaux récemment, mais cela ne signifie pas que l’activité n’est pas intéressante. Elle se poursuit sans fluctuations importantes.
Le modèle d’activité qui a caractérisé le comportement du sommet du Kilauea pendant des siècles, se résume à un cycle d’effondrement et de remplissage. Le plancher de la caldeira s’effondre et/ou s’affaisse – souvent en raison d’une éruption sur la zone de rift – et les éruptions qui surviennent par la suite au sommet remplissent d’une nouvelle lave la dépression ainsi formée. Destruction et reconstruction se succèdent de manière répétitive.
De nombreux cycles d’effondrement et de remplissage du cratère sommital se sont produits au cours des années 1800 et au début des années 1900. Dans chaque cas, la lave a fini par revenir au sommet et a rempli une grande partie ou la totalité de la dépression.
L’effondrement du fond du cratère en 2018 a été l’un des plus grands événements de ce type au cours des 200 dernières années. Au cours des 18 derniers mois, la lave a fait sa réapparition dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu et a lentement rempli la nouvelle dépression. Depuis son retour en décembre 2020, la lave a rempli environ 17% du volume de la dépression creusée par l’éruption de de 2018.
Ce qui est intéressant dans l’activité actuelle, c’est la manière dont la lave remplit le cratère. Dans le scénario le plus simple, on pourrait imaginer que la lave se déverse simplement dans l’Halema’ma’u et recouvre les coulées précédentes, pour finalement remplir le cratère. Si une partie du remplissage se fait de cette manière, une grande partie est «endogène». En d’autres termes, la lave émise par la bouche éruptive arrive sous la croûte de surface, de manière invisible, et elle soulève le fond du cratère. C’est un peu comme si on gonflait un matelas pneumatique géant
Cette évolution de l’éruption peut être suivie à l’aide d’outils modernes. Un télémètre laser mesure en continu la surface de la lave toutes les secondes, avec une précision centimétrique. Les webcams installées sur la lèvre de l’Halemaʻumaʻu montrent parfaitement comment se produit le soulèvement du fond du cratère. Le processus de croissance endogène est bien illustré par la webcam postée sur la lèvre est de l’Halemaʻumaʻu. Les images en accéléré fournies par cette webcam montrent que la partie centrale du fond du cratère est soulevée comme un piston, sans pratiquement se fracturer.
Le lac de lave actif qui occupe une partie relativement réduite du fond du cratère, se soulève progressivement avec le reste du fond du cratère. Le télémètre laser montre des fluctuations du niveau de la lave active dans le lac, qui vient se superposer à une tendance à la hausse progressive du fond du cratère sous l’effet de ce soulèvement lent.
De grandes fissures se sont développées autour de cette partie centrale du fond du cratère. Au-delà des fissures, le long des parois, le comportement de la lave est plus complexe. Cette région externe est souvent déformée par la croissance endogène en dessous.
Ce type de croissance endogène du fond du cratère a déjà été observé dans les années 1800 et au début des années 1900, mais on ne l’a pas vraiment observé au cours du dernier siècle sur le Kilauea.
On peut observer le comportement du sommet du Kilauea grâce aux webcams accessibles sur le site Web du HVO (www.usgs.gov/hvo).
Source : USGS, HVO

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The eruption of Kilauea continues. Lava keeps erupting from the western vent within Halemaʻumaʻu crater. SO2 emission rates remain elevated at about 1,900 tonnes per day. Seismicity is elevated but stable, with few earthquakes and ongoing volcanic tremor.

The eruption has not made the news recently, but that does not mean activity is not noteworthy. It is continuing with no significant fluctuations.

The pattern of activity has typified Kilauea’s summit behaviour for centuries, with a cycle of collapse and refilling. The caldera floor collapses and/or subsides – often due to an eruption on the rift zone – and subsequent summit eruptions fill the depression with new lava. Destruction and reconstruction follow each other in a retetitive way.

Numerous cycles of collapse and refilling occurred during the 1800s and early 1900s. In each instance, lava eventually returned to the summit and filled much or all of the depression.

The collapse of the crater floor in 2018 was one of the largest such events in the past 200 years. Over the past year and a half, lava has been erupting in Halemaʻumaʻu crater and slowly refilling the new depression. Since its return to Halemaʻumaʻu in December 2020, lava has refilled about 17% of the volume of the 2018 collapse.

What is also interesting about the current activity is the manner in which the lava is refilling the crater. In the simplest scenario, we might imagine the lava in Halemaʻumaʻu simply pouring in over earlier flows, stacking up and filling the crater. While a portion of the refilling is being done in this manner, a major amount of the refilling is “endogenous.” In other words, lava from the eruptive vent is supplied beneath the solidified surface crust, out of view, lifting the crater floor. It’sa bit like inflating a giant air mattress

This growth can be tracked using modern tools. A continuous laser rangefinder measures the lava surface every second, with centimeter precision. Webcams operating on the rim of Halemaʻumaʻu show the nature of uplift clearly. The process of endogenous growth is well illustrated with the webcam on the east rim of Halemaʻumaʻu. Timelapse images from this webcam show the central portion of the crater floor is being lifted like a piston, largely without fracturing.

The active lava lake which forms a relatively small portion of the crater floor, has essentially been lifted up gradually with the remainder of the crater floor. The laser rangefinder shows short-term fluctuations in the level of the active lava in the lake, superimposed on a gradual upward trend of the crater floor due to this slow uplift.

Around the perimeter of this central portion of the crater floor, a series of large cracks have developed. Beyond the cracks, along the margins of the crater floor, the behaviour is more complex. This outer region is often tilted and deformed from the endogenous growth below.

This type of endogenous growth was already observed in the 1800s and early 1900s. But it has not been observed so much in the past hundred years on Kilauea.

The behaviour of the Kilauea summit can be observed through the webcams on the HVO website (www.usgs.gov/hvo).

Source: USGS, HVO.

 

Cette photo est prise depuis la lèvre Ouest. On peut voir que la surface du lac est composée de grandes plaques crustales séparées par des zones d’accrétion incandescentes. On aperçoit aussi des projections de lave le long de la bordure Est. Le lac et le fond du cratère tout autour, formés de lave solidifiée, sont progressivement soulevés par l’apport endogène de lave sous la surface. (Crédit photo : USGS)

Ça gronde à Stromboli (Sicile) !

Un orage le 11 août 2022 au soir a causé un spectacle de désolation sur l’île de Stromboli. Des rues et des maisons ont été inondées, des cyclomoteurs immergés dans parfois un mètre de boue. De gros rochers se sont également détachés du Stromboli et ont dévalé la pente. Certaines personnes ont été évacuées tandis que les volontaires de la Protection civile et les pompiers travaillaient sans relâche pour nettoyer les maisons et les rues envahies par la boue.
La colère monte parmi les habitants de Stromboli. Ils pointent du doigt l’échec de la mise en sécurité de la montagne après l’incendie qui s’est déclaré il y a trois mois lors du tournage d’une fiction. Le feu a détruit la végétation et mis en danger la stabilité du terrain. Pour la population de Stromboli, il s’agit d’une catastrophe annoncée. Rien n’a été fait depuis l’incendie, malgré les demandes faites auprès des autorités compétentes. Aucune réponse n’est arrivée à Stromboli, que ce soit verbalement ou par écrit. De plus, les auteurs potentiels de l’incendie – autrement dit la RAI – n’ont pas été inquiétés à ce jour
Des volontaires de la Protection civile, des carabiniers et des habitants de l’île ont travaillé dès les premières lueurs de l’aube le 12 août pour tenter de nettoyer les rues et les maisons envahies par la boue. À Stromboli, il n’y a pas de caserne des pompiers. Lors de l’incendie du mois de mai, la population a dû en grande partie se débrouiller seule pour éteindre les flammes. Les débris de l’incendie, qui n’ont jamais été enlevés, se sont retrouvés dans les rues et dans les maisons. Pour les habitants, c’est une catastrophe qui aurait pu et aurait dû être évitée. Ils se sentent abandonnés par les autorités.
Le directeur général de la Protection civile sicilienne est arrivé à Stromboli en hélicoptère pour une inspection de l’île et une réunion avec le commandement opérationnel avancé. Tout le système de protection civile a été activé; des renforts ont été envoyés, mais il faudrait des outils qu’on ne trouve plus sur l’île : des pelles, des balais et des pelles à donner aux habitants. Au moins une centaine de volontaires sont nécessaires pour évacuer la boue des maisons et des rues.

La catastrophe servira-t-elle de leçon? Pas sûr!

Source: presse sicilienne.

Stromboli après l’incendie du mois de mai (Crédit photo: presse italienne)