Nouvelles coulées de lave au large de Mayotte ? // New lava flows off Mayotte island ?

Depuis deux ans, l’île de Mayotte fait face à une importante crise sismo-volcanique. Elle se traduit par la présence d’un essaim sismique très actif qui a débuté le 10 mai 2018 à l’Est des côtes de Mayotte. Plusieurs milliers d’événements ont été enregistrés et plusieurs centaines de secousses ont été ressenties par la population mahoraise. Le séisme le plus significatif, d’une magnitude de M 5,9, a eu lieu le 15 mai 2018 et a fortement inquiété les habitants.

Les scientifiques ont découvert que la cause de cette intense sismicité était l’éruption d’un volcan sous-marin d’une hauteur de 800 mètres et d’un diamètre de 4-5 km à sa base. Il est situé à 3500 mètres de profondeur.

Le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA) a lancé deux campagnes de surveillance du volcan sous-marin au mois de mai.

La première campagne, Mayobs 13-2, s’est déroulée du 4 au 11 mai. Opérée par l’IFREMER, l’IPGP, le BRGM et le CNRS elle a permis « d’acquérir des relevés du fond marin et des images de la colonne d’eau sur une surface d’environ 1500 km2 à l’Est de l’île de Mayotte« .
Grâce à ces relevés, les scientifiques ont constaté que le volcan sous-marin découvert en mai 2019 à 50 km à l’est des côtes de Mayotte « ne montre pas d’évolution majeure depuis le mois d’août dernier ». En revanche, le relief du fond marin a été modifié sur un secteur de 5 km2 au Nord-Ouest du volcan et cela pourrait résulter de nouvelles coulées de lave, d’autant plus que deux nouveaux panaches de fluides chauds à 1400 m de profondeur ont été identifiés.
La deuxième campagne, Mayobs 13-1 s’est déroulée du 6 au 19 mai à bord du Champlain de la Marine nationale. Elle a consisté à récupérer des sismomètres disposés au fond de la mer. Ceux-ci ont pour mission d’affiner la surveillance du volcan en complément de sismomètres disposés à terre. Leurs donnés vont être rendues publiques à la fin du mois de juin. D’autres sismomètres ont été immergés pour une nouvelle série de mesure qui durera 6 mois.

Depuis le mois de juillet 2018, conséquence de l’éruption sous-marine, l’île de Mayotte s’est déplacée vers l’Est de 20 à 23 cm et s’est enfoncée de 9 à 17cm selon la localisation.

Source : La 1ère France Info, Le Journal de Mayotte.

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For the past two years, Mayotte has faced a major seismic-volcanic crisis. The island went through a very active seismic swarm that started on May 10th, 2018 off the eastern coast. Several thousand events have been recorded and several hundred tremors have been felt by the Mahoran population. The largest earthquake with a magnitude M 5.9 occurred on May 15th, 2018 and caused a wave of anxiety among the population.
Scientists have discovered that the cause of this intense seismicity was the eruption of an underwater volcano 800 meters high and 4-5 km in diameter at its base. It is located 3500 meters deep.
The Mayotte volcanological and seismological monitoring network (REVOSIMA) launched two underwater volcano monitoring campaigns in May.
The first campaign, Mayobs 13-2, ran from May 4th to 11th. Operated by IFREMER, IPGP, BRGM and CNRS, it « enabled the acquisition of seabed surveys and images of the water column over an area of ​​approximately 1,500 km2 east of  Mayotte Island « .
Thanks to these surveys, scientists have found that the underwater volcano discovered in May 2019 50 km east of the coast « has not shown any major evolution since last August ». On the other hand, the relief of the seabed has been modified over an area of ​​5 km 2 to the northwest of the volcano and this could result from new lava flows, especially since two new plumes of hot fluids at 1400 m deep have been identified.
The second campaign, Mayobs 13-1, took place from May 6th to 19th on the French Navy ship Champlain. It consisted in recovering seismometers set up at the bottom of the sea. Their mission is to refine the monitoring of the volcano in addition to seismometers on land. Their data will be made public at the end of June. Other seismometers have been submerged for a new series of measurements which will last 6 months.
Since July 2018, as a result of the underwater eruption, the island of Mayotte has moved east 20 to 23 cm and sank 9 to 17 cm depending on the location.
Source: La 1ère France Info, Le Journal de Mayotte.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Un séisme a secoué le Kawah Ijen (Indonésie) le 29 mai 2020, ce qui a provoqué une libération de gaz toxiques ainsi qu’un tsunami de 3 mètres de haut à la surface du lac d’acide. L’un des mineurs de soufre a été tué. Le nom de seiche a été donné par les volcanologues à ce type de vague. Elle est observée généralement lorsque des activités au fond d’un océan ou d’un lac perturbent la colonne d’eau à la surface. Un tel tsunami peut être déclenché par un séisme, un glissement de terrain ou une activité volcanique.
Au moment de l’événement, la victime travaillait au fond du cratère avec un autre mineur. Ce dernier a réussi à s’enfuir, tandis que son collègue disparaissait. Son corps a été retrouvé le 30 mai.
L’agence de gestion des catastrophes (BPBD) a demandé que soit conduite une investigation sur l’activité volcanique dans la région, ainsi que la mise en place de mesures de prévention, telle que l’installation de systèmes d’alerte précoce, afin d’éviter de nouvelles victimes dans te relles circonstances. En temps normal, le Kawah Ijen est fréquenté par de nombreux touristes.
Ce n’est pas la première fois que des mineurs sont tués sur le Kawah Ijen. En 1976, une cinquantaine de personnes se sont faites surprendre par une énorme bulle de gaz qui est apparue sans prévenir la surface du lac. 11 mineurs ont été asphyxiés.
Source: The Jakarta Post, mon livre Killer Volcanoes.

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Il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Un essaim sismique incluant une douzaine d’événements a été enregistré dans la région de West Yellowstone, près du Parc National de Yellowstone le 29 mai 2020. La secousse la plus forte avait une magnitude de M 3,1. Les autres se situaient entre M 1,6 et M 3,1, à une profondeur d’environ 5 km. On avait déjà enregistré 34 séismes dans la région au cours du mois d’avril.
Les essaims sismiques sont relativement fréquents dans la région. Yellowstone est l’un des endroits les plus actifs sur le plan sismique aux États-Unis, avec environ 700 à 3 000 événements enregistrés chaque année.
Les séismes ont tendance à se produire sous formes d’essaims incluant un petit nombre d’événements (« clusters* » en anglais) . Le plus important s’est produit en 1985 lorsque plus de 3 000 secousses ont été enregistrées en trois mois dans la partie nord-ouest du parc.
Source: YVO.

*Le mot «cluster» est devenu très populaire en France ces dernières semaines car il a été utilisé pour désigner de petits groupes de personnes contaminées par covid-19. En français, la meilleure traduction dans ces circonstances est «foyer épidémique». Alors, pourquoi devrions-nous recourir au mot anglais?

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Le Stromboli (Sicile) traverse en ce moment une période calme. Les instruments de surveillance révèlent une activité strombolienne peu intense accompagnée de dégazage. On observe en moyenne 2 événements explosifs par heure, avec une intensité faible à moyenne. Le 23 mai, l’activité a toutefois été un peu plus soutenue avec une dizaine d’explosions strombolienne chaque heure. Cette activité se situe essentiellement dans les zones cratèriques Nord et Centre-Sud.
La sismicité ne montre pas de variations significatives. Il en va de même des données de déformation du volcan. Les émissions de SO2 restent à un niveau moyen.
Source : INGV.

Suite à cette baisse d’activité du volcan, le niveau d’alerte a été abaissé de l’Orange au Jaune. C’est une très bonne nouvelle pour le tourisme sur l’île car les excursions vont pouvoir reprendre, au moins jusqu’à à 400 mètres de hauteur.

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Une activité strombolienne est toujours observée dans la Voragine, le cratère central de l’Etna (Sicile), accompagnée d’émissions sporadiques de cendre. Le Nouveau Cratère SE émet parfois des panaches de cendre tandis que le Cratère NE fait entendre des grondements. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été enregistrée.

Source : INGV.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange sur le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch, ainsi que sur l’Ebeko dans les Iles Kouriles. Elle est Jaune sur le Bezymianny.

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La situation est restée remarquablement calme en mai sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). L’OVPF indique que « la réalimentation en magma et la pressurisation du réservoir magmatique superficiel qui avaient repris suite à la fin de l’éruption du 2-6 avril a cessé fin avril. Parallèlement la sismicité est restée faible en mai, avec moins d’un séisme par jour enregistré sous les cratères sommitaux.»

Comme je l’ai indiqué précédemment, la très épaisse couche de lapilli déposée autour du cratère nouvellement baptisé Piton Voulvoul ainsi que l’abondance de cheveux de Pélé sur toute la zone sommitale semblent montrer qu’il y a eu une purge du réservoir magmatique superficiel. Il faudra probablement pas mal de temps pour que la réalimentation ait lieu et on peut raisonnablement penser qu’il n’y aura pas d’éruption dans ce secteur du volcan dans les prochaines semaines. L’OVPF indique que « depuis 2016, les réalimentations du réservoir magmatique superficiel se font par impulsions. De telles phases d’accalmie dans les déformations et la sismicité ont déjà été observées à plusieurs reprises entre 2016 et 2019, sur des périodes allant de 15 à 80 jours environ.»

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Une explosion mineure a été détectée par le réseau de surveillance du Cleveland (Aléoutiennes / Alaska) dans la matinée du 1er juin 2020. Aucune autre activité significative n’a été enregistrée. Un petit panache de cendre a été observé à 6600 mètres d’altitude, en train de se diriger vers le sud. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.

Source : AVO.

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En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez un très bon documentaire proposé par la chaîne ARTE sur le Merapi (Indonésie). Intitulé dans sa version française « Vigilance volcanique au cœur de Java », il nous fait explorer le volcan aux côtés d’une équipe du GFZ, Centre de recherches en géosciences de Postdam. Le film de 54 mn offre des vues très intéressantes de la balafre qui entame le sommet du Merapi et du dôme de lave qui s’y développe. En dépit des progrès réalisés, on se rend compte qu’il reste un long chemin à parcourir pour percer les secrets du processus éruptif. L’application du principe de précaution reste donc la meilleure solution pour épargner des vies humaines en cas d’éruption.

https://www.arte.tv/fr/videos/053957-000-A/vigilance-volcanique-au-coeur-de-java/

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Here is some news of volcanic activity around the world.

An earthquake shook Mount Ijen (Indonesia) on May 29th 2020 and triggered the release of poisonous gas and a 3-metre high tsunami in the acid lake which killed one of the sulphur miners. Such a wave is known as a seiche among experts. It typically occurs when activities at the bottom of an ocean, gulf or lake disturb the column of water on the surface. A tsunami may be triggered by an earthquake, landslide or volcanic activity.

The victim was said to be working with another miner when the incident occurred. The latter managed to run and survive, while the former disappeared and was eventually found dead on May 30th.

The Disaster Mitigation Agency (BPBD) has been urged to conduct an investigation into volcanic activities in the region and develop mitigation plans, such as setting up early warning systems, to avoid further losses and damage in the event of a seiche. In normal time, Kawah Ijen is visited by many tourists.

This is not the first time miners have been killed on Kawah Ijen volcano. In 1976, about 50 persons were caught by surprise by a huge bubble of gas that broke the surface of the lake. In all, 11 miners were asphyxiated.

Source: The Jakarta Post, my book Killer Volcanoes.

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This is nothing to worry about. A swarm including nearly a dozen earthquakes was recorded in the West Yellowstone area, close to Yellowstone National Park on May 29th, 2020. The strongest event had a magnitude of M 3.1. The other quakes ranged between M 1.6 and M 3.1 and were about 5 km deep. The area had been hit by an additional 34 quakes in the past month.

A swarm of earthquakes is not unusual for the area. Yellowstone is one of the most seismically active places in the US, experiencing around 700 to 3,000 earthquakes every year.

The earthquakes tend to occur in clusters*. The largest occurred in 1985 when more than 3,000 earthquakes were recorded in three months on the northwest side of the park.

Source : YVO.

* The word « cluster » has become very popular in France in recent weeks as it has been used to refer to small groups of persons contaminated by covid-19. In French, the best translation in these circumstances is “foyer épidémique”. So, why should we resort to the English word?

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 Stromboli (Sicily) is currently going through a calm period. The monitoring instruments reveal minor strombolian activity accompanied by degassing. On average 2 explosive events re recorded per hour, with low to medium intensity. On May 23rd, however, activity was a little more sustained with a dozen Strombolian explosions each hour. This activity is mainly located in the North and Center-South crater areas.
Seismicity does not show significant variations. Neither do the deformation data. SO2 emissions remain at a medium level.
Source: INGV.

Following this decrease in volcano activity, the alert level has been lowered from Orange to Yellow. This is very good news for tourism on the island because the excursions will be allowed to resume, at least up to 400 metres above sea level.

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Strombolian activity is still observed in Voragine, the central crater of Mt Etna (Sicily), accompanied by sporadic ash emissions. The New SE Crater sometimes emits ash plumes while rumblings can be heard in the NE Crater. No significant deformation of the volcanic edifice has been recorded.
Source: INGV.

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In Kamchatka, the aviation colour code is kept at Orange on Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch, as well as on Ebeko in the Northern Kuriles. It is Yellow on Bezymianny.

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The situation has remained remarkably calm in May on Piton de la Fournaise (Reunion Island). OVPF indicates that « the magma recharge and the pressurization of the shallow magma reservoir which had resumed following the end of the eruption of 2-6 April ceased at the end of April. At the same time, seismicity remained low in May, with less than one earthquake per day recorded under the summit craters. »
As I put it previously, the very thick layer of lapilli around the newly baptized Piton Voulvoul as well as the abundance of Pele’s hair all over the summit area seem to show that there was a drainage of the shallow magma reservoir . It will likely take a long time for the recharge to take place and it is reasonable to assume that there will be no eruption in this area of ​​the volcano in the coming weeks. OVPF indicates that « since 2016, the recharge of the shallow magma reservoir occurred in pulses. Such phases of lull in deformation and seismicity were already observed several times between 2016 and 2019, over periods ranging from around 15 to 80 days. »

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A small explosion was recorded by the monitoring instruments of Cleveland Volcano (Aleutians / Alaska) in the morning of June 1st, 2020. No other significant activity was detected. A small ash plume was observed at 6,600m. drifting to the south. The aviation colour code has been raised to Orange.
Source : AVO.

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By clicking on the link below, you will see a very good documentary released by the ARTE TV channel on Mount Merapi (Indonesia). Entitled in its French version « Vigilance volcanique au cœur de Java », it makes us explore the volcano alongside a team from GFZ, Postdam Geoscience Research Center. The 54-minute film offers very interesting views of the gash that slashes the summit of Mt Merapi and the lava dome that develops inside. In spite of the progress made, we realize that there is still a long way to go to unlock the secrets of the eruptive process. The application of the precautionary principle therefore remains the best solution to spare human lives in the event of an eruption.

https://www.arte.tv/fr/videos/053957-000-A/vigilance-volcanique-au-coeur-de-java/

Kawah Ijen (Photos : C. Grandpey)

 

Péninsules de Reykjanes (Islande): Déclin de la sismicité // Reykjanes Peninsula (Iceland): Seismicity has decreased

La Péninsule de Reykjanes n’apparaît plus dans l’actualité volcanique depuis quelque temps. Cela signifie qu’il ne se passe rien de spécial. La sismicité intense enregistrée au cours des dernières semaines a diminué et est maintenant revenue à un niveau normal pour cette partie de l’Islande. Simple pause ou arrêt définitif ? Personne ne peut répondre à cette question. L’activité sismique passée a été la plus intense jamais enregistrée dans la région depuis le début de l’instrumentation numérique en 1991
Personne ne connaît vraiment la cause de cette hausse de la sismicité. Comme on pouvait le lire à l’époque sur le site web de l’Icelandic Met Office (IMO), « davantage de recherches sont nécessaires pour comprendre dans sa globalité l’activité dans la Péninsule de Reykjanes ».
Depuis le début de l’année 2020, plus de 6000 séismes ont été enregistrés sur la péninsule. Les volcanologues islandais pensent que l’intrusion magmatique est l’explication la plus probable de l’activité sismique observée au nord de Grindavík. La raison qui pousse les scientifiques à cette conclusion est le soulèvement du sol juste à l’ouest du Mont Thorbjorn, avec une déformation de plusieurs centimètres par jour, notamment entre janvier et mars 2020. Le Conseil Scientifique Islandais a expliqué que ce soulèvement était probablement provoqué par une intrusion magmatique horizontale qui était également responsable de la sismicité.

En ce qui concerne les émissions de gaz, seule une augmentation de CO2 a été enregistrée dans des grottes de la région. Cela ne semble pas suffisant pour expliquer une intrusion magmatique qui s’accompagne en général de l’émission d’autres gaz.
La modélisation montre que des fissures peuvent s’ouvrir dans la couche supérieure de la croûte terrestre, à 1-2 km de profondeur, en raison des contraintes induites par le soulèvement proprement dit. Cependant,  cette interprétation des événements est incertaine ; il semble toutefois qu’un processus sous-jacent soit à l’origine de l’activité sismique et de déformation sur une zone aussi étendue en si peu de temps.
La difficulté à comprendre les causes de la sismicité et de l’inflation du sol vient du fait que la Péninsule et la Dorsale de Reykjanes se trouvent à la frontière de plaques tectoniques, situation compliquée par la présence de systèmes volcaniques dans cette même zone.

Deux principaux scénarios ont été définis par les scientifiques islandais:.
1) Si l’inflation est due à l’accumulation de magma, le phénomène peut cesser rapidement sans autre activité. C’est peut-être ce qui se passe ces jours-ci.

L’accumulation de magma peut aussi conduire à une intrusion magmatique, avec ou sans éruption.
2) Si l’inflation n’est pas causée par l’accumulation de magma, elle peut être liée à l’activité tectonique et conduire à des séismes plus importants (jusqu’à M6.0).
Quelles que soient les causes et leurs conséquences, les autorités islandaises ont décrété un état de vigilance. Des réunions scientifiques régulières sont organisées et la population est tenue informée.
Source: IMO.

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The Reykjanes Peninsula is no longer mentioned in the volcanic news these days. This means nothing special is happening. The intense seismicity recorded during the past weeks has declined and has now gone back to background levels. Is it just a pause our the definitive end of the seismicity? Nobody is able to answer this question. It was the most intense activity ever recorded in the region since the beginning of digital monitoring in 1991

Nobody is quite sure of the cause of the increase in seismicity. As the Icelandic Met Office (IMO) put it one day, “more research is needed to decipher the on-going activity at the Reykjanes Peninsula as a whole.”

From the beginning of 2020, over 6000 earthquakes have been recorded on the Reykjanes Peninsula. Icelandic volcanologists think magmatic intrusion is the most likely explanation for the earthquake activity north of Grindavík. The reason that pushes scientists to think so is the uplift that was observed just west of Mt. Thorbjorn, with ground deformation of several centimetres per day, especially between January and March  2020.The Scientific Advisory Board explained that the uplift was probably triggered by a horizontal magma intrusion which was also responsible for the seismicity.

As far as gas emissions are concerned, an increase in CO2 was recorded in several caves of the region, but this is not sufficient to account for a magma intrusion which is usually accompanied by the emission of other gasas.  .

Modelling shows that fissures can open in the uppermost layer of the crust, at 1-2 km, because of the tensional stress induced by the uplift itself. However, the interpretation of the events is uncertain, but there are indications that a common underlying process is the cause of the activation of such a widespread area in such a short timeframe.

The difficulty to understand the causes both of the seismicity and the ground inflation comes from the fact that the Reykjanes peninsula and the Reykjanes ridge are composed of plate boundaries, with volcanic systems lying right across the boundaries.  .

Two major possible scenarios have been defined by Icelandixc scientists: .

1) If the inflation is due to magma accumulation, the phenomenon may cease soon without further activity. This is perhaps what is happening these days.

Magma accumulation may lead to a magma intrusion, with or without an ereuption.

2) If the inflation is not caused by magma accumulation, it may be linked to tectonic activity and lead to larger earthquakes (up to M6.0).

Whatever the causes and their consequences, Icelandic authorities have declared a state of uncertainty. Regulatr scientific meetings are being held and the population is kept informed.

Source: IMO.

Source : IMO

Nouvelle carte sismique des Etats Unis // New seismic map of the United States

Des scientifiques de l’Université de Stanford ont compilé la carte la plus détaillée à ce jour des contraintes sismiques en Amérique du Nord. La carte et l’étude qui l’accompagne fournissent des informations précises sur les régions les plus exposées aux séismes ainsi que les types de séismes susceptibles de se produire.
La nouvelle carte est apparue dans une étude publiée le 22 avril 2020 dans la revue Nature Communications. Grâce à l’incorporation de près de 2 000 «orientations de contraintes» (mesures indiquant la direction dans laquelle la pression s’exerce sous terre) ainsi que 300 mesures non incluses dans les études précédentes, la carte fournit une image de bien meilleure résolution de l’activité sismique régionale.
Pour élaborer la carte, les chercheurs ont compilé des mesures nouvelles et anciennes obtenues à partir de forages, puis ils ont utilisé des informations relatives aux séismes passés pour en déduire quels types de failles étaient susceptibles de se trouver en différents endroits.
Connaître l’orientation d’une faille et le niveau de contrainte à proximité permet de savoir dans quelle mesure elle est susceptible de s’activer et si les gens doivent s’inquiéter, que ce soit dans le cadre de scénarios de séismes naturels ou de ceux déclenchés par l’industrie. L’expression « séismes déclenchés par l’industrie» fait référence à l’activité sismique causée par l’homme, en particulier dans certaines parties de l’Oklahoma et du Texas où la fracturation hydraulique est monnaie courante. Il est utile de rappeler que cette méthode d’extraction du pétrole et du gaz consiste à injecter de l’eau en profondeur dans des couches de roches pour forcer l’ouverture de crevasses et extraire le pétrole ou le gaz qui se trouve à l’intérieur. Le risque, c’est que cette technique déstabilise le sol. En 2018, l’USGS a constaté que le niveau de risque sismique dans l’Oklahoma était à peu près le même qu’en Californie.
Tout en confirmant les connaissances existantes, certaines caractéristiques de la nouvelle carte donnent des indications supplémentaires sur les types de séismes les plus susceptibles de se produire à travers le continent. Ces informations peuvent jouer un rôle majeur dans la façon dont les régions se préparent aux catastrophes. Dans l’ouest des États-Unis, par exemple, les chercheurs ont observé que la direction des contraintes sous la surface de la Terre avait changé jusqu’à 90 degrés sur des distances de seulement 10 kilomètres. Cela signifie que les fluides injectés dans le sol dans le processus de fracturation hydraulique peuvent être chahutés, même à une courte distance de l’endroit où ils sont injectés.

Sur la carte ci-dessous, des lignes noires indiquent la direction de la pression dans les zones de contrainte maximale. Les zones bleues représentent des failles d’extension où la croûte s’étire horizontalement. Les zones vertes représentent des failles transformantes, comme la faille de San Andreas. Les zones rouges représentent les failles de chevauchement, où la Terre se déplace sur elle-même.
Source: Business Insider.

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Scientists at Stanford University have compiled the most detailed map to date of seismic stress across North America. The map and accompanying study offer precise information about the regions most at risk of earthquakes, and which types of quakes are likely to occur.

The new map was described in a study published on April 22nd, 2020 in the journal Nature Communications. By incorporating nearly 2,000 « stress orientations » (measurements indicating the direction that pressure gets exerted underground in high-stress areas) as well as 300 measurements not included in previous studies, the map provides a higher-resolution picture of regional seismic activity than ever before.

To make the map, the researchers compiled new and previously published measurements from boreholes, then used information about past earthquakes to infer which types of faults were likely to be found in different locations.

Knowing the orientation of a fault and the state of stress nearby allows to know how likely it is to fail and whether people should be concerned about it in both naturally triggered and industry-triggered earthquake scenarios. The term « industry-triggered » earthquakes refers to seismic activity caused by humans, which is most common in parts of Oklahoma and Texas where hydraulic fracturing, or « fracking, » commonly occurs. This method of oil and gas extraction involves injecting water deep into the Earth’s layers of rocks to force open crevices and extract the oil or gas buried inside. But it destabilizes the ground. In 2018, USGS found that Oklahoma’s earthquake threat level was roughly the same as California’s.

While some of the researchers’ findings in the new map reaffirm existing knowledge, they also reveal new discoveries about the types of earthquakes that are most likely to occur across the continent. That information could have profound implications for how regions prepare for disasters. In the Western US, for example, the researchers observed that the direction of pressure under the Earth’s surface changed by up to 90 degrees over distances as short as 10 kilometres. That means the fluids injected into the ground in the fracking process could get pushed around in completely different ways even just a short distance from where they get injected.

In the map below, black lines indicate the direction of pressure in maximum stress areas. Blue areas represent extensional, or normal faulting, where the crust extends horizontally. Green areas represent strike-slip faulting, where the Earth slides past itself, like the San Andreas fault. Red areas represent reverse, or thrust faulting, where the Earth moves over itself.

Source: Business Insider.

Source : Stanford University