L’aide des satellites dans la prévision éruptive // The help of satellites in eruptive prediction

Lorsque le Mont Ontake au Japon est entré en éruption sans prévenir en 2014 et a tué plus de 60 personnes, les volcanologues japonais ont réalisé que la surveillance du volcan était loin d’être parfaite.

Un article publié sur le site Internet «Wired» explique que des techniques modernes de surveillance volcanique sont apparues ces dernières années. Par exemple, les satellites sont susceptibles de participer à la prévision éruptive. La chaleur est un important paramètre à prendre en compte. Au lieu de mesurer la température en des endroits précis avec des thermomètres, les satellites permettent une approche thermique plus globale. C’est la raison pour laquelle une équipe scientifique du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de Pasadena (Californie) s’est tournée vers les données de rayonnement thermique fournies par les satellites Terra et Aqua de la NASA. En survolant les zones potentiellement actives deux fois par jour, ces deux satellites fournissent des mesures précises intégrées sur des pixels de 1 kilomètre au carré.

Cinq volcans ont connu des éruptions importantes depuis 2002: Ontake au Japon, Ruapehu en Nouvelle-Zélande, Calbuco au Chili, Redoubt en Alaska et Fogo au Cap-Vert. Des hausses de température avaient été observées au cours des deux à quatre ans précédant chaque éruption, y compris l’éruption surprise de l’Ontake en 2014. La température n’avait augmenté que de 1 degré Celsius ou moins avant chaque événement, mais il s’agissait de tendances statistiquement significatives et pas seulement de bruit de fond.

Selon les chercheurs, la hausse de température observée par les satellites peut s’expliquer par la combinaison de deux processus. D’une part, le magma pendant son ascension vers la surface peut stimuler la circulation hydrothermale, ce qui génère une migration de la chaleur vers la surface. D’autre part, cet apport d’humidité peut émettre un rayonnement thermique facilement capté par les satellites. Ces variations subtiles sont facilement détectables dans les données satellitaires.

Source: Wired.

S’agissant des satellites, il faut ajouter que les paramètres InSAR sont d’une grande aide pour mesurer la déformation de surface, comme on l’a vu récemment sur la Péninsule de Reykjanes en Islande.

Cependant, ne considérer que la chaleur de surface d’un volcan comme le fait l’article ci-dessus n’est pas suffisant pour tenter de prévoir une éruption. Le regretté Maurice Krafft comparait un volcan sur le point d’entrer en éruption avec une personne malade ou blessée: la fièvre monte; la personne a des frissons, une mauvaise haleine et la zone autour de la blessure enfle. C’est la même chose pour un volcan. Il est très utile de mesurer la température, mais la sismicité, les émissions de gaz et l’inflation doivent également être prises en compte. Le seul paramètre thermique n’est pas suffisant.

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When Japan’s Mount Ontake erupted in 2014 without warning, killing more than 60 people, Japanese volcanologists realised that the monitoring of the volcano was far from perfect.

An article published on the website “Wired” explains that modern techniques for volcano surveillance have appared these last years. For instance, satellites could provide an entirely new way to warn of eruptions.

Heat is a relevant parameter for volcanic activity. Instead of measuring it at individual spots with thermometers, satellites allow to get a more global thermal view. This is the reason why a scientificteam at the Jet Propulsion Laboratory (JPL) in Pasadena (California) turned to thermal radiation data from NASA’s Terra and Aqua satellites. Combined, these two provide twice-daily passes with global coverage, and each measurement is integrated over a 1 kilometre by 1 kilometre pixel.

Five volcanoes have had significant eruptions since 2002 : Ontake in Japan, Ruapehu in New Zealand, Calbuco in Chile, Redoubt in Alaska, and Fogo in Cape Verde.

Increasing temperature trends were observed over the two- to four-year periods preceding each eruption—including Ontake’s surprise 2014 eruption. Temperatures only increased by 1 degree Celsius or less in the lead-up to each event, but these were statistically significant trends and not just noise. The peak temperatures in each record were associated with an eruption.

The researchers say this might represent a combination of two processes. First, magma progressing closer to the surface could stimulate hydrothermal circulation, carrying heat to warm the surface from below. Second, if this pushes more moisture into the soil layer, the ground could emit thermal radiation more efficiently and so appear “brighter” to the satellites. Either way, these subtle changes seem easily detectable in the satellite data.

Source : Wired.

As far as satellites are concerned, id should be addes that InSAR parameters are of a great help to measure surface deformation, as could recently be seen on the Reykjanes Peninsula in Iceland.

However, considering only the surface heat of a volcano is not a sufficient parameter to try and predict an eruption. The late Maurice Krafft compared a volcano about to erupt with an ill or injured person: the fever goes up; the person has shivers, bad breath and the area around the injury inflates. It is the same with a volcano. It is very useful to measure the temperature, but seismicity, gas emissions and inflation should also be taken into account. The sole heat parameter is far from sufficient.

Image InSaR fournie le 1er mars 2021 par le satellite Sentinel-1. L’image montrait alors une intensification des déformations dans la zone la plus active d’un point de vue sismique.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

La Covid-19 occupant l’essentiel de l’actualité, on ne parle plus guère du volcan sous-marin en éruption au large de Mayotte. Il reste pourtant sous surveillance. En 2021, deux nouvelles campagnes Mayobs vont continuer l’étude de la situation au fond de l’océan. En avril, le Pourquoi-Pas? de Genavir va se rendre sur zone. Ensuite, à l’automne, ce sera au tour du Marion Dufresne à avoir des scientifiques à son bord. Toutefois, ces campagnes ne mettront pas en oeuvre, comme initialement prévu, le nouveau robot sous-marin Ulyx mis au point par l’Ifremer qui demande des perfectionnements. Ce robot est conçu pour plonger en toute autonomie jusqu’à 6000 mètres, scanner les fonds et inspecter visuellement des sites d’intérêt, tout en pouvant recueillir un certain nombre de données et d’échantillons dans la colonne d’eau. Ce sont donc le robot Victor 6000 et le drone sous-marin IdefX qui participeront aux missions scientifiques.   .
Source : Mer et Marine.

https://www.meretmarine.com/fr

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La série de paroxysmes continue sur l’Etna (Sicile). Le n°14 a eu lieu pendant la nuit du 16 au 17 mars 2021. Le déroulement reste le même : hausse du tremor, activité strombolienne évoluant en fontaines de lave dans le Cratère SE, débordements et coulées de lave dans le Valle del Bove et sur le versant SO du volcan. Les retombées de cendres sont fréquentes autour de l’Etna. Voir ma note du 15 mars 2021 à ce sujet.

 

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L’éruption du Kilauea (Hawaï) continue dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave est émise par une bouche dans la paroi nord-ouest du cratère et se jette dans le lac de lave. Le lac a une profondeur d’environ 221 mètres. Les émission de SO2 restent élevés à 800 t / jour.

Un séisme de M 4,1 a été enregistré sous le flanc sud du Kilauea le 14 mars 2021. L’épicentre a été localisé à environ 11 km au sud-est de Volcano, près du secteur de Hōlei Pali, à une profondeur de 6,4 km. La secousse n’a eu aucun effet apparent sur le Kilauea et le Mauna Loa.

Source: HVO.

 

Vue de l’éruption le 14 mars 2021

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L’activité sismique a diminué ces dernières heures sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) avec certains événements ont atteint ou dépassé M 5.0 au cours de la semaine écoulée. Es fractures sont apparues sur la péninsule. Les volcanologues islandais pensent qu’un dyke se déplace sous la surface. Une éruption ne saurait être exclue. Des caméras sont pointées vers le site possible de sortie de la lave, mais pour le moment il ne se passe rien.

Dernières nouvelles (18 mars 2021) Selon des scientifiques de l’Université d’Islande, la zone de la Péninsule de Reykjanes où est susceptible de se produire une éruption est plus grande que celle définie auparavant. Elle comprend désormais Fagradalsfjall et ses environs, mais pas la zone au sud de la montagne.

À en juger par les dernières images satellites, il semble que le dyke ait rencontré un obstacle ou un passage plus étroit sous la région de Nátthagi, au sud de Fagradalsfjall. Une expansion régulière est enregistrée dans le secteur et le magma continue d’alimenter le dyke.

La comparaison des images satellites prises ces dernières semaines montre une divergence tectonique atteignant jusqu’à 10 cm de part et d’autre du dyke qui s’est formé entre les montagnes de Keilir et Fagradalsfjall.

Les scientifiques ont remarqué que depuis le 24 février 2021, du nouveau magma pénètre chaque jour dans le dyke, mais une partie du se solidifie et ne pourra pas donc pas alimenter une éruption. Les scientifiques disent également n’entrevoir aucun signe de diminution de l’activité sismique, ni aucun signe montrant que le dyke se rapproche de la surface.

Si je comprends bien, l’éruption est moins «imminente» qu’il y a quelques jours!

Source: Iceland Monitor.

Source : Icelandic Road and Coastal Administration

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange sur l’Ekoko, le Sheveluch et le Klyuchevskoy où les données satellitaires montrent une importante anomalie thermique correspondant à l’éruption sur le versant nord-ouest du volcan.

Source: KVERT.

(Crédit photo: Artem Gromov, Boris Smirnov, Alexey Kulayev)

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Le PHIVOLCS indique que la sismicité est toujours élevée sur le Taal (Philippines) avec de nombreux événements volcano-tectoniques et des épisodes de tremor. L’activité du Main Crater consiste en émissions modérées de vapeur qui s’élèvent à une dizaine de mètres de hauteur. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne de 518 tonnes / jour. La température de l’eau du Main Crater Lake atteint un maximum de 71,8°C avec un pH de 1,59.

Les paramètres de déformation du sol issus de l’analyse des données GPS et InSAR indiquent une inflation très lente et régulière de la région de Taal depuis l’éruption de janvier 2020.

Le niveau d’alerte reste à 2.

Source: PHIVOLCS.

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L’activité éruptive reste intense sur le Pacaya (Guatemala) avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 2 000 m de hauteur. L’activité effusive continue d’alimenter une coulée de lave d’environ 1500 à 1800 mètres de longueur sur le flanc sud du volcan. De faibles retombées de cendres ont été signalées dans le village d’El Patrocinio.

Source: INSIVUMEH.

Photo : C. Grandpey

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Le Popocateptl (Mexique) montre les habituelles emissions de vapeur et de cendre, avec parfois des retombées sur les villages sous le vent.

La couleur du niveau d’alerte reste au Jaune Phase 2.

Voici une image fournie par la caméra le 14 mars 2021.

Source: CENAPRED.

Vue webcam du Popocatepetl le 14 mars 2021

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :  :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

With Covid-19 occupying most of the news, little is said about the submarine volcano erupting off Mayotte. However, it remains under surveillance. In 2021, two new Mayobs campaigns will continue to study the situation at the bottom of the ocean. In April,  Genavir’s Pourquoi-Pas? will visit the area. Then, in autumn, the Marion Dufresne will have scientists on board. However, these campaigns will not use, as initially planned, the new Ulyx submarine robot developed by Ifremer which requires improvements. This robot is designed to independently dive down to 6,000 metres, scan the seabed and visually inspect sites of interest, while being able to collect a number of data and samples in the water column. Therefore, the Victor 6000 robot and the IdefX underwater drone that will participate in the scientific missions.

Source: Mer et Marine.

https://www.meretmarine.com/fr

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The series of paroxysms continues on Mt Etna (Sicily). Crisis n°14 took place during the night of 16-17 March, 2021. The course of events remains the same: rise of the tremor, Strombolian activity evolving in lava fountains in the SE Crater, overflows and lava flows in the Valle del Bove and on the SW slope of the volcano. Ashfall is frequently observed around Mt Etna. See my post of March 15th on this topic.

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Kilauea (Hawaii) is erupting within Halema’uma’u Crater.Lava is emitted by a vent on the northwest side of the crater and flowing into the lava lake. The lake is about 221 metres deep. SO2 emission rates remain elevated at 800 t/day.

An M 4.1 earthquake was recorded beneath Kīlauea’s south flank on March 14th, 2021 It was centered about 11 km southeast of Volcano, near the Hōlei Pali area, at a depth of 6.4 km. The earthquake had no apparent effect on Kīlauea or Mauna Loa volcanoes.

Source: HVO.

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Seismic activity has declined in the past hours on the Reykjanes Peninsula (Iceland) but some events reached or exceeded M 5.0 during the past week Icelandic volcanologists believe a dyke is moving under the surface. Fissures have appeared in some places. An eruption cannot be ruled out. Cameras are pointed at the site where lava might come out, but nothing is happening at the moment.

Latest news (March 18th, 2021) According to University of Iceland scientists, the potential area of an eruption on the Reykjanes peninsula is larger than before. It now includes Fagradalsfjall and vicinity, not the area south of the mountain.

Judging fro the latest satellite pictures, the magma dyke may have reached a hindrance or constriction under the Nátthagi area, south of Fagradalsfjall. Constant expansion is being registered in the area, and magma continues to flow into the dyke.

The comparison of satellite pictures taken in the past weeks shows tectonic divergence on both sides of the magma dyke, which has formed between the mountains Keilir and Fagradalsfjall, amounting to up to 10 cm on each side.

The scientists have noticed that since February 24th, 2021, every day new magma enters the magma dyke, while simultaneously, part of the magma is solidifying and changing into a dyke, namely magma that will not be able to erupt. They also say that they see neither signs of the seismic activity abating, nor any sign of the magma dyke moving closer to the earth’s surface.

I understand the eruption is less”imminent” than predicted a few days ago!

Source: Iceland Monitor.

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In Kamchatka, the aviation colour code is kept at Orange on Ekoko, Sheveluch and Klyuchevskoy where satellite data show a large thermal anomaly over the flank eruption at the northwestern slope of the volcano.

Source: KVERT

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 PHIVOLCS indicates that seismicity is still elevated on Taal (Philippines)with numerous volcano-tectonic events and episodes of tremor.  Activity at the Main Crater consists of moderate emissions of steam that rise about 10 m high. SO2 emissions average 518 tonnes/day. At the Main Crater Lake, water temperature has been measured at a maximum of 71.8°C  with a  pH of 1.59.

Ground deformation parameters from GPS and InSAR data analysis have indicated very slow and steady inflation and expansion of the Taal region since after the January 2020 eruption.

The Alert Level remains at 2.

Source: PHIVOLCS.

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Sustained eruptive activity is still observed at Pacaya (Guatemala) with ash plumes rising up to 2 000 m. Effusive activity continues to feed a lava flow about 1500-1800 metres long on the southern flank of the volcano. Weak ashfall has been reported in the village of El Patrocinio.

Source: INSIVUMEH.

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 Popocateptl (Mexico) shows the usual emissions of steam and ash, sometimes with some ashfall on downwind villages. The colour of the alert level remains at Yellow Phase 2 . See above an image provided by the camera on March 14th, 2021.

Source: CENAPRED.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Une belle histoire de sérum… (2)

Le record de temps sur la portion Nulato-Nome était à l’époque de neuf jours en traîneau. À Nome, Leonhard Seppala, l’un des plus célèbres mushers d’Alaska, prépare son équipage pour une course de 1 014 kilomètres : l’aller-retour de Nome à Nulato. Leonardh a déjà couvert le parcours de Nome à Nulato en un temps record de quatre jours au cours d’une compétition.

Le service de santé publique des États-Unis réquisitionne 1,1 million d’unités d’antitoxine sur la côte Ouest américaine. Il souhaite les transporter par bateau jusqu’à Seattle d’où elles partiront pour l’Alaska.  L’Alameda, seul navire disponible pour ce voyage, ne peut être à Seattle avant le 31 janvier et il lui faudra 7 jours de plus pour arriver à Whittier, point de départ de la ligne de chemin de fer qui conduit à Anchorage et à Fairbanks via Nenana. Avec cette stratégie, le sérum ne pourra être à Nome avant le 27 février 1925, soit 5 semaines plus tard.

Le 25 janvier, une nouvelle inespérée arrive d’Anchorage. Un médecin de l’hôpital des Chemins de Fer a découvert un stock non périmé et donc utilisable de 300 000 unités d’antitoxine. Elles sont réquisitionnées sur le champ. Cette quantité ne sera certes pas suffisante pour arrêter l’épidémie, mais elle devrait être suffisante pour tenir jusqu’à l’arrivée des unités supplémentaires.

Le sérum est remis le 26 janvier 2025 au conducteur du train Anchorage-Fairbanks qui est chargé de déposer le colis à Nenana où il sera pris en charge par le premier relayeur et ses chiens.

 

Ce même jour, le premier relais de 2 mushers se met en place tandis que Leonhard Seppala quitte Nome pour un voyage de 557 kilomètres jusqu’à Nulato où il devra récupérer le sérum et le ramener à Nome. Son équipage est composé de 20 chiens avec le brave Togo à leur tête.

Togo (Source : Anchorage Daily News)

Dans l’autre sens, le gouverneur d’Alaska demande d’organiser un relais avec les meilleurs mushers et les meilleurs équipages de chiens de traîneaux pour transporter le sérum, jour et nuit, de Nenana jusqu’à Nome. Les mushers ne seront pas payés pour ce service, c’est une « mission de miséricorde. » 18 équipages répondent à l’appel, soit 20 au total avec les 2 déjà prévus. De son côté, Leonhard Seppala est déjà parti pour Nulato, et il a prévu d’éviter soigneusement tous les villages du parcours pour ne pas être ralenti.

C’est finalement le 2 février 1925 que la caisse de sérum arrive à Nome, portée par Gunnar Kaasen et son chien de tête, Balto. Les obstacles étaient nombreux sur le parcours, à commencer par la température de -40°C, les bourrasques de neige, les passages gelés chaotiques et des zones montagneuses escarpées. On raconte qu’à l’une des étapes, il a fallu déverser de l’eau chaude sur les mains d’un musher pour les décoller des poignées de son traîneau.

Gunnar Kaasen et Balto (Source : Wikipedia)

Les malades sont enfin sauvés avec le sérum. Un second voyage sera organisé quelques jours plus tard ; il permettra d’administrer de nouvelles doses de sérum et de renflouer les stocks au cas où la situation viendrait à prendre une nouvelle tournure dramatique.

Bilan éruptif de l’année 2020 – (3) mai, juin et juillet

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois de mai, juin et juillet 2020 :

Mai 2020

Le 15 mai, l’INGV indique que l’activité s’est intensifiée au niveau du Nouveau Cratère SE de l’Etna au cours des derniers jours

En mai, la couleur du niveau d’alerte est Jaune sur 3 volcans surveillés par l’Alaska Volcano Observatory (AVO) : Shishaldin Semisopochnoi, Great Sitkin.

Le 16 mai, une puissante séquence éruptive a lieu sur le Semeru (Indonésie) avec un panache de cendre qui montre jusqu’à 14 km d’altitude.

Un bref épisode éruptif est observé ce même jour sur le Mont Ibu (île de Halmahera / Indonésie)..
La couleur de l’alerte aérienne passe au Rouge sur les deux volcans.

22 mai : Des explosions phréatiques sont toujours observées sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica).

Un essaim sismique incluant une douzaine d’événements est enregistré dans la région de West Yellowstone, près du Parc National de Yellowstone le 29 mai. La secousse la plus forte a une magnitude de M 3,1. Les autres se situent entre M 1,6 et M 3,1, à une profondeur d’environ 5 km. On a déjà enregistré 34 séismes dans la région au cours du mois d’avril. Les essaims sismiques sont relativement fréquents dans la région et en général dus à l’activité hydrothermale.

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Juin 2020

Le 1er juin, un épisode éruptif est observé sur le Cleveland (Aléoutiennes / Alaska). Il détruit le dôme de lave qui s’était formé en janvier 2019 et avacue une grande quantité de matériaux du cratère sommital. Des coulées de débris parcourent environ 2,9 km le long du flanc E et plus de 2,7 km le long du flanc N. Aucune activité significative n’est observée les jours suivants.

Un séisme longue période est enregistré sous le Nevados de Chillán (Chili) le 6 juin. Le  panache de cendres qui a accompagné cet événement monte à plus de 760 m au-dessus de la bouche éruptive. Des coulées pyroclastiques dévalent les flancs NW, N, E et SE du volcan.

Un fort épisode éruptif est observé sur le Sangay (Equateur) le 9 juin, avec une colonne de cendres qui s’élève jusqu’à 7 km d’altitude. Des retombées de cendres sont observées dans plusieurs provinces et le trafic aérien est perturbé. Plusieurs routes sont fermées en raison de l’épaisse couche de cendre. Les habitants de la région, en particulier à Guayaquil,  sont invités à porter des masques pour éviter les problèmes respiratoires et continuer à se protéger contre le coronavirus. En mars et avril, l’épidémie a été particulièrement sévère; les services de santé ont été débordés et il a fallu récupérer les personnes décédées à l’intérieur des habitations. Par bonheur, la situation s’est bien améliorée. L’Instituto Geofisico indique que des coulées pyroclastiques ont dévalé le flanc sud-est du volcan. Le 9 juin au soir, le nuage de cendres s’étire sur 400 km

L’activité reste soutenue en juin sur l’île volcanique Nishinoshima (Japon), avec de grandes coulées de lave et des panaches de cendre émis par le cône central. Il est demandé aux pêcheurs de rester en dehors de la zone d’exclusion d’un rayon de 2,6 km autour de l’île.

Le 18 juin, le Met Office islandais (IMO) indique que le volcan Grímsvötn pourrait entrer en éruption à court terme, d’ici quelques semaines ou quelques mois. A ce jour, aucune éruption ne s’est produite !

Un essaim sismique d’une intensité encore jamais observée est enregistré en Islande sur la zone de fracture de Tjörnes (TFZ), avec des événements au-dessus de M 5,0. Un séisme fort et superficiel enregistré par l’USGS avec une magnitude de M 6.0 et de M 5.7 par l’IMO secoue la zone à 19h07 UTC le 21 juin L’épicentre est situé à 50 km au NNE de Siglufjörður (1190 habitants) et 101 km N d’Akureyri (17693 habitants). L’hypocentre est localisé à une profondeur de 10 km, comme la plupart des événements précédents. Plus de 2000 secousses ont été enregistrées depuis le 19 juin 2020.

Le volume du dôme de lave du Merapi (Indonésie) dépasse d’environ 600 m le sommet du volcan. Son volume était estimé à 200 000 mètres cubes le 13 juin. La morphologie du cratère sommital a légèrement changé après l’éruption du 21 juin. Quelque 19 000 mètres cubes ont disparu de la partie sud-ouest du sommet, probablement à proximité ou en bordure du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2

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Juillet 2020

Le volcan de l’île Nishinoshima (Japon) est toujours très actif. La JMA indique qu’une colonne de cendres s’élève à 8 300 m au-dessus du niveau de la mer le 4 juillet. C’est la plus haute colonne de cendres observée depuis 2013.
Comme précédemment, l’activité volcanique se caractérise par de fréquentes explosions et coulées de lave. Les coulées de lave avancent sur le versant sud-ouest et entrent dans la mer.

Le SERNAGEOMIN indique que la lave a commencé à percer la lèvre du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) le 27 juin avant de s’écouler sur une quarantaine de mètres le long du flanc N le 1er juillet. Une explosion le 6 juillet génère un panache de gaz et de cendres qui s’élève à 1,2 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Une nouvelle éruption débute sur le Raung (Ile de Java / Indonésie) à 13h53 (heure locale) le 16 juillet. La dernière éruption avait eu lieu entre les mois de février et août 2015. Selon l’observatoire volcanologique du Raung, l’éruption initiale a duré 56 secondes, avec des panaches de cendre qui sont montés jusqu’à 6 km d’altitude. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne passe à l’Orange. Des vols en provenance et à destination de Bali et d’aéroports régionaux sont annulés à cause de la menace de la cendre.

Le 19 juillet, deux fortes explosions secouent le Stromboli vers 5 heures du matin et provoquent un mouvement d’angoisse parmi la population qui garde à l’esprit les événements explosifs des derniers moi, avec un mort le 3 Juillet 2019, un randonneur qui gravissait le volcan côté Ginostra. Selon l’INGV, les deux explosions ont été moins intenses que celle du 3 juillet 2019.

Panache de cendre sur l’île Nishinoshima (Crédit photo: Japan Coast Guard)