Hawaii : mesure des gaz du Kilauea // Hawaii: Kilauea gas measurement

Selon le volcanologue français Haroun Tazieff, aujourd’hui disparu, l’étude des gaz volcaniques est une priorité car ils sont le moteur des éruptions. Deux gaz doivent surtout être étudiés : le dioxyde de soufre (SO2) et le dioxyde de carbone (CO2), même si d’autres gaz comme le sulfure d’hydrogène (H2S) et l’hélium (He) doivent également être pris en compte.
Un article récent Volcano Watch publié par l’Observatoire des volcans hawaïens (HVO) explique comment ces gaz sont mesurés entre les éruptions du Kilauea.
Lors des éruptions, le HVO signale fréquemment les taux d’émission de dioxyde de soufre (SO2) car c’est un moyen de suivre la progression de l’activité éruptive. Toutefois, pour les périodes précédant les éruptions, ou lorsqu’il y a une intrusion magmatique en cours sans éruption, le HVO s’appuie essentiellement sur des données géophysiques telles que la déformation du sol ou la sismicité, plutôt que sur des données géochimiques telles que les émissions de SO2.
Un autre type de gaz peut être important en période non éruptive : le dioxyde de carbone (CO2) qui a un comportement très différent du SO2 dans le système magmatique du Kilauea. Ces différences peuvent être exploitées pour mieux comprendre les processus qui se produisent sous la surface du sol. Par exemple, sur le Kilauea, le CO2 peut commencer à s’échapper du magma alors que ce dernier se trouve encore à plusieurs kilomètres sous la surface, alors que le SO2 est libéré de manière significative lorsque le magma se trouve à seulement quelques dizaines ou centaines de mètres sous la surface. Cela signifie souvent que l’on ne voit pas beaucoup de SO2 avant que la lave commence percer la surface.
Le problème du CO2 est qu’il est déjà présent en quantités très variables dans l’atmosphère, alors que le SO2 est normalement absent. Il est donc facile de détecter un signal de SO2 volcanique dans l’air ambiant, alors que le CO2 atmosphérique peut varier au cours d’une même journée, ainsi qu’avec les saisons.
Cependant, en coopération avec des chercheurs de l’Observatoire volcanologique des Cascades, le HVO a récemment accordé davantage d’attention aux données concernant le CO2 du Kilauea. L’Observatoire dispose d’une station multi-GAZ au sud-ouest de l’Halema’uma’u ; elle mesure quatre gaz volcaniques (CO2, SO2, H2S et vapeur d’eau), ainsi que des données météorologiques telles que la vitesse et la direction du vent.
Au lieu d’utiliser toutes les données CO2 de la station multi-GAZ, le HVO ne prend en compte que les données CO2 qui atteignent la station depuis certaines directions et certaines vitesses de vent. Cela permet d’essayer d’isoler le signal CO2 volcanique. Les scientifiques calculent des moyennes hebdomadaires de concentration de CO2. Une fois ce travail effectué, en examinant uniquement les données provenant de deux secteurs de Halema’uma’u (secteurs ouest et sud-est du cratère) avec des vitesses de vent modérées, ils obtiennent des tendances dans la concentration du CO2 en relation avec les récentes éruptions sommitales. En observant les données concernant ces deux directions du vent, les scientifiques ont pu constater que le CO2 semblait augmenter lentement et légèrement avant les éruptions sommitales du Kīlauea en juin et septembre. Après ces éruptions, les concentrations de CO2 ont chuté..
Aujourd’hui, depuis l’éruption de septembre, les concentrations de CO2 sont de nouveau en hausse, ce qui est probablement lié à l’intrusion magmatique dans les régions de stockage peu profondes situées sous la région sommitale et sous la caldeira sud.
Souvent, lorsque le Kīlauea entre en éruption, le HVO utilise le faible rapport CO2 / SO2 pour pouvoir dire que le magma alimentant l’éruption a été stocké à très faible profondeur, car ce rapport indique que le magma a déjà libéré la majeure partie de son CO2 avant l’éruption.
La prochaine étape de cette nouvelle méthode d’analyse des données gazeuses consistera à essayer de transformer les données de concentration de CO2 en taux d’émission de CO2, ce qui pourrait alors indiquer aux scientifiques non seulement que le magma est en train de monter à faible profondeur sous le Kilauea, mais aussi dans quelles proportions.
Source : USGS/HVO.

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For late French volcanologist Haroun Tazieff, the study of volcanic gases should be given priority as they are what drives the eruptions. Two main gases need to be studied : sulfur dioxide (SO2) and carbon dioxide (CO2), although other gases such as hydrogen sulfide (H2S) and helium (He) should also be taken into account.

A recent Volcano Watch article by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explains how these gases are measured between Kilauea’s eruptions.

During eruptions, HVO frequently reports sulfur dioxide (SO2) emission rates as a means of tracking the progression of eruptive activity. But for the periods before eruptions, or when there is an ongoing intrusion with no eruption, most of the data HVO relies on is geophysical data, such as deformation or seismicity, rather than geochemical data such as SO2 emissions.

There is another type of gas that can be important during non-eruptive periods :carbon dioxide (CO2) which behaves very differently from SO2 in Kilauea’s magmatic system. These differences can be exploited to help better understand processes occurring beneath the ground surface. For example, CO2 can begin to escape from Kilauea’s magma when it is still many kilometers beneath the surface whereas SO2 is largely released when magma is just a few tens or hundreds of meters beneath the surface. This often means we don’t see much SO2 being emitted until lava begins erupting at the surface.

The tricky thing about CO2 is that it is already present, and highly variable, in the atmosphere. This is different from SO2, which is not normally present. So it is easy to pick out a volcanic SO2 signal in ambient air measurements, but atmospheric CO2 can vary throughout the course of a day, as well as with the seasons.

Recently, however, in cooperation with researchers at the Cascades Volcano Observatory, HVO has been looking a little closer at CO2 data from Kilauea. The observatory has a multi-GAS station to the southwest of Halemaʻumaʻu that measures four volcanic gases (CO2, SO2, H2S and water vapor), as well as meteorological data such as wind speed and wind direction.

Instead of using all the CO2 data from the multi-GAS, HVO separates out CO2 data that reaches the station from certain directions at certain wind speeds. This allows to try to isolate the volcanic CO2 signal. The scientists calculate weekly averages of the CO2 concentration. Once they have done that, if they look only at data coming from two portions of Halemaʻumaʻu (the western and the southeastern parts of the crater) at moderate wind speeds, they see patterns in the CO2 concentration relative to the recent summit eruptions. For both wind directions, the scientists can see that CO2 coming from those directions appeared to increase slowly and slightly before the June and September Kīlauea summit eruptions. Once the eruptions occurred, CO2 concentrations dropped back down.

Today, since the September eruption, CO2 concentrations have been increasing again, and the increase is likely related to the intrusion of magma into the shallow storage regions beneath the summit and south caldera regions.

Often when Kīlauea erupts, HVO uses the low ratio of eruptive CO2 to SO2 to be able to say that the magma feeding the eruption was stored very shallow because that low ratio tells that the magma already degassed most of its CO2 before eruption.

The next step with this new data analysis method is to try to turn the CO2 concentration data into emission rates of CO2, which could then perhaps tell scientists not just that magma is rising to shallow depths beneath Kilauea, but how much magma is rising.

Source : USGS / HVO.

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Ces graphiques montrent les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans deux zones sommitales du Kīlauea, de mars à octobre. Les carrés rouges et les cercles bleus représentent les moyennes hebdomadaires de concentration de CO2 mesurées à la station multi-GAZ du Kīlauea lorsque le vent vient de directions et à des vitesses spécifiques. Les symboles gris représentent les mesures individuelles (moyennes sur 30 minutes jusqu’à huit fois par jour). Les barres verticales roses représentent les éruptions du Kilauea de juin et septembre. (Source : USGS)

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These plots show carbon dioxide (CO2) concentrations in two summit areas of Kīlauea, from March to October. The red squares and blue circles represent weekly averages of CO2 concentration measured at the Kīlauea Multi-GAS Station when the wind is coming from specific directions and at specific wind speeds. Gray symbols represent individual measurements (30-minute averages up to eight times per day). The pink vertical bars represent Kilauea’s June and September eruptions. (Source: USGS)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le Marapi (Indonésie) est entré en éruption et a envoyé un panache de cendres à 3 000 mètres dans l’atmosphère le 12 décembre 2023, une semaine après avoir tué 23 randonneurs
L’éruption a été relativement faible et loin de l’intensité de celle de la semaine dernière.

Le niveau d’alerte reste à 2, sur une échelle de 1 à 4. Il est demandé à la population de rester à au moins 3 km du sommet.
Source : CVGHM.

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Le 11 décembre 2023, le VAAC de Wellington a indiqué qu’une éruption avait eu lieu à Ambae (Vanuatu), avec un panache de cendres qui s’est élevé à 4,3 km d’altitude et était visible sur les images satellitaires. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est prié de rester en dehors de la zone de danger d’un rayon de 2 km autour des bouches actives du lac Voui, et à l’écart des ravines en cas de fortes pluies.
Source : Vanuatu GeoHazards.

Lac Voui (Source: GeoHazards)

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Selon un article de presse, l’éruption d’Ioto (Iwo-jima) au Japon, à environ 1 km au large de la côte sud-est d’Okinahama, continuait le 4 décembre 2023. Les explosions généraient des panaches noirs de 100 m de hauteur toutes les quelques minutes. Les matériaux éjectés, en plus de l’érosion causée par les vagues, ont transformé la forme de l’île en un « J », long de 500 m et dont la partie incurvée se trouve à environ 200 m au large de l’île principale. L’eau autour de la nouvelle île était de couleur verte à marron, avec des zones de pierre ponce à sa surface.
Source : NHK.

Ile Ioto début décembre 2023 (Source: Japan Coast Guard)

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Toujours au Japon, l’activité éruptive se poursuit dans le cratère Minamidake du Sakurajima, avec une incandescence observée de nuit dans le cratère. De petits événements éruptifs sont enregistrés, avec des panaches de cendres qui s’élèvent de 1,5 à 1,8 km au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 s’élèvent en moyenne à 2 900 tonnes par jour.
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux) et le public est prié de rester à au moins 2 km des cratères ;
Source ; JMA.

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L’éruption du Krakatau (Indonésie) se poursuit avec des panaches de cendres parfois denses qui s’élèvent jusqu’à 1,2 km au-dessus du sommet.
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à au moins 5 km du cratère.
Source : CVGHM.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Stromboli (Sicile). Les images de la webcam montrent une activité strombolienne au niveau de trois bouches de la zone cratèrique Nord, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, ainsi que dans deux bouches de la zone cratèrique Centre-Sud. Des explosions d’intensité faible à moyenne se produisent à un rythme de 5 à 6 événements par heure dans la zone Nord, avec des projections de moins de 150 m de hauteur. Des explosions d’intensité variable sont observées dans la zone Centre-Sud à raison de 5 à 9 événements par heure, avec des projections de plus de150 m de hauteur.
Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre niveaux).
Source : INGV.

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Toujours pas d’éruption sur le Kilauea (Hawaii). Une certaine sismicité continue d’être enregistrée dans la zone du rift sud-ouest, au sommet et dans l’Upper East Rift Zone. Ce type d’activité peut continuer à fluctuer en fonction de l’alimentation magmatique dans la zone et une activité éruptive pourrait se produire sans prévenir ou presque dans un avenir proche. Aucune activité particulière n’a été observée dans la Middle East Rift Zone et dans la Lower East Rift Zone du Kilauea.

Source: HVO.

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Aucune nouvelle activité n’a été observée sur la péninsule de Reykjanes (Islande). La sismicité est faible. Il y a encore un certain soulèvement du sol dans la région de Svartsengi, ce qui montre que le magma continue de s’écouler dans l’intrusion, mais il n’y a aucun signe d’éruption imminente. Il faut cependant rester vigilant car un nouvel afflux de magma dans l’intrusion changerait la donne.

A voir le samedi 16 décembre 2023 à 20h50 sur la chaîne ARTE un documentaire intitulé « Islande, la quête des origines ». En compagnie de cinq randonneurs, le film fait voyager le long de la dorsale océanique entre le volcan Hekla et le glacier Vatnajökull,

https://www.arte.tv/fr/videos/104778-001-A/islande-la-quete-des-origines/

Ce documentaire, déjà disponible depuis quelques jours sur le site web de ARTE, est intéressant par les superbes images de drone de la dernière éruption de Fagradalsfjall, probablement réalisées par l’ami Olivier Grünewald qui fait partie du groupe de randonneurs. On reste aussi en admiration devant les paysages islandais qui jalonnent le parcours.J’ai personnellement apprécié les rappels géologiques fournis par la voix off et les documents annexes proposés (éruption de 1973 aux Vestmann, captage du CO2, éruption de Surtsey, oiseaux marins menacés). Les propos des randonneurs ont à mes yeux une valeur limitée et je n’ai pas trop apprécié le ton pompeux de certains d’entre eux qui tranchent un peu avec la Nature islandaise qui demande notre plus grande humilité. Dire que le Katla est en retard dans ses éruptions est un peu osé!
Sinon, ce documentaire est très regardable et fait remonter des souvenirs.

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Marapi (Indonesia) erupted and sent more ash 3,000 meters high into the atmosphere on December 12th, 2023, one week after the mountain killed 23 climbers.

The eruption was relatively minor and nowhere near the intensity observed during last week’s eruption.

The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3 km away from the summit crater.

Source : CVGHM.

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On December,11h, 2023, the Wellington VAAC indicated that an eruption at Ambae (Vanuatu) produced an ash plume visible in satellite images and that rose to 4.3 km a.s.l. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay outside the 2-km radius Danger Zone around the active vents in Lake Voui, and away from drainages during heavy rains.

Source : Vanuatu GeoHazards.

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According to a news article the eruption at Ioto (Iwo-jima) in Japan, about 1 km off the SE coast at Okinahama, continued on December 4th, 2023. Explosions produced 100-m-high black plumes every few minutes. Ejected material combined with wave erosion transformed the shape of the island into a “J” shape, 500 m long and with the curved part about 200 m offshore of the main island. The surrounding water was green to brown in color and there were areas of floating pumice.

Source: NHK

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Still in Japan, eruptive activity continues at the Minamidake Crater on Sakurajima, with incandescence at the crater observed nightly. Small eruptive events are recorded producing ash plumes that rise 1.5-1.8 km above the crater. SO2 emissions are averaging 2,900 tons per day.

The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale), and the public is asked to stay 2 km away from the craters ;

Source ; JMA

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The eruption at Krakatau (Indonesia) continues with ash plumes that are sometimes dense and that rise as high as 1.2 km above the summit.

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 5 km away from the crater.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Webcam images show Strombolian activity at three vents in the North Area, within the upper part of the Sciara del Fuoco, and from two vents in the South-Central Crater Area in the crater terrace. Explosions of low-to-medium intensities occur at a rate of 5-6 per hour at Area North, lower than 150 m above the vents. Variable-intensity explosions are observed in the South-Central area at a rate of 5-9 events per hour, with ejections higher than 150 m.

The Alert Level is kept at Yellow (tlevel 2 on a four-level scale).

Source : INGV.

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Kilauea (Hawaii) is not erupting. Low levels of seismicity continue to be recorded in the Southwest Rift Zone, summit, and upper East Rift Zone. Unrest may continue to wax and wane according to changes to the input of magma into the area and eruptive activity could occur in the near future with little or no warning. No unusual activity has been noted along the middle and lower sections of Kīlauea’s East Rift Zone.

Source: HVO.

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No new activity has been observed on the Reykjanes peninsula (Iceland). Seismicity is low. There is still some ground uplift in the Svartsengi area showing that magma is still flowing into the intrusion, but there is no sign of an impending eruption. However, one should remain vigilant because a new afflux of magma in the intrusion would change the situation.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Un épisode éruptif important a débuté sur le Marapi – à ne pas confondre avec le Merapi – sur l’île indonésienne de Sumatra le matin du 3 décembre 2023. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Rouge. Le panache de cendres est monté jusqu’à 15 km au-dessus du niveau de la mer.
La dernière éruption du Marapi a eu lieu en mars 2023. Selon la Smithsonian Institution, le Marapi est particulièrement actif, avec plus de 50 éruptions petites à modérées depuis la fin du 18ème siècle.
Source : Magma Indonesia.
Voici une des vidéos de l’éruption diffusées sur les réseaux sociaux :
https://twitter.com/i/status/1731237982261424431

Ce que l’on pensait être un simple épisode éruptif du Marapi s’est transformé en drame car 23 randonneurs ont été retrouvés morts près du cratère. 49 randonneurs ont été évacués de la zone affectée par l’éruption. Beaucoup présentaient des brûlures et 12 ont été hospitalisés.Il y avait 75 randonneurs dans le secteur du volcan au moment de l’éruption.
Source : la BBC.

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L’Anak Krakatau (Indonésie) a repris son activité explosive, avec une série d’épisodes de fontaines de lave de courte durée mais intenses le 4 décembre 2023 au soir. Les épisodes éruptifs ont duré entre 41 et 150 secondes, avec des panaches de cendres atteignant 2 100 m d’altitude.
Les autorités demandent à la population, notamment aux pêcheurs, de maintenir une distance de sécurité d’au moins 5 km du volcan.
L’augmentation d’activité à l’Anak Krakatau a débuté le 26 novembre 2023, avec des éruptions explosives éjectant des cendres jusqu’à 1,1 km d’altitude. Comme je l’ai déjà écrit, les habitants de l’île Sebesi, la zone habitée la plus proche, située à environ 16,5 km du volcan, ont signalé de forts grondements accompagnant les éruptions. Le niveau d’alerte de l’Anak Krakatau est actuellement III ou Siaga.
Source : Magma Indonésie, The Watchers.

L’Anak Krakatau vu depuis l’espace le 2 décembre 2023 (Source : USGS/Landsat-8)

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Toujours pas d’éruption sur le Kilauea (Hawaii). Une certaine sismicité continue d’être enregistrée dans la zone du rift sud-ouest, au sommet et dans l’Upper East Rift Zone. Ce type d’activité peut continuer à fluctuer en fonction de l’alimentation magmatique dans la zone et une activité éruptive pourrait se produire sans prévenir ou presque dans un avenir proche. Aucune activité particulière n’a été observée dans la Middle East Rift Zone et dans la Lower East Rift Zone du Kilauea.
Le HVO explique que les dernières éruptions ont été précédées d’essaims sismiques significatifs provoqués par la mise en place d’un dike 1 à 2 heures avant les éruptions. Un tel contexte n’a pas été détecté pour le moment.

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Aucune nouvelle activité n’a été observée sur la péninsule de Reykjanes (Islande). La sismicité est faible. Il y a encore un certain soulèvement du sol dans la région de Svartsengi, ce qui montre que le magma continue de s’écouler dans l’intrusion, mais il n’y a aucun signe d’éruption imminente. Il faut cependant rester vigilant car un nouvel afflux de magma dans l’intrusion changerait la donne.

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En fin d’après-midi, vers 16 heures (GMT) le 1er décembre 2023, l’INGV a enregistré une hausse de l’activité strombolienne au niveau du Cratère Sud-Est (CSE) de l’Etna (Sicile), avec des fontaines de lave et des émissions de cendres qui se dirigeaient dans une direction NNE. L’activité explosive s’accompagnait d’une coulée de lave provenant d’un débordement qui avançait sur le versant sud du cône du cratère.

L’activité de fontaines de lave a pris fin vers 20h35 (GMT). L’activité éruptive à son apogée a produit une colonne éruptive atteignant environ 6000 m d’altitude. Il a été fait état de retombées de cendres à Fiumefreddo, Calatabiano et Giardini Naxos. La couleur de l’alerte aérienne a été portée au Rouge, mais l’aéroport de Catane est resté opérationnel.

Source : INGV.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Semeru (Indonésie) avec des panaches de cendres s’élevant de 500 à 700 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3, sur une échelle de 4 niveaux. Le public est prié de rester à au moins 5 km du sommet dans toutes les directions, à 13 km du sommet vers le sud-est, et d’éviter les ravines à cause du risque de lahars, d’avalanches de matériaux et de coulées pyroclastiques.

Toujours en Indonésie, l’éruption du Merapi (Java) se poursuit. Le dôme de lave SO génère de nombreuses avalanches de matériaux qui descendent sur les flancs S et SO où elles parcourent jusqu’à 1,5 – 2 km. Des changements morphologiques mineurs sont observés au niveau du dôme de lave SO en raison des effondrements qui se produisent en permanence. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à une distance de 3 à 7 km du sommet, en fonction des endroits.
Source : CVGHM.

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L’activité éruptive se poursuit sur le complexe de dômes de lave Santiaguito (Guatemala). L’extrusion continue sur le dôme El Caliente. Les explosions quotidiennes produisent des panaches de gaz et de cendres jusqu’à 3,5 km au-dessus du niveau de la mer. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs localités et fermes alentour. Des avalanches de blocs descendent sur les flancs SE, S et SP, et certaines s’accompagnent de coulées pyroclastiques. Une incandescence est observée au niveau du dôme et de la coulée de lave pendant la plupart des nuits.

Toujours au Guatemala, l’activité éruptive se poursuit sur le Fuego avec des explosions faibles à modérées qui génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent de 600 à 1 100 m au-dessus du sommet. Des retombées de cendres sont toujours signalées dans les zones sous le vent. Les explosions produisent également des grondements, des ondes de choc et éjectent des matériaux incandescents à 100-300 m au-dessus du cratère.
Source : INSIVUMEH.

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Une lente émission de lave se poursuit au niveau du cratère sommital du Mayon (Philippines). Les coulées de lave avancent dans les ravines Mi-Isi (S), Bonga (SE) et Basud (E) sur 2,8 km, 3,4 km et 1,1 km. Les effondrements du dôme de lave produisent des chutes de blocs et parfois des coulées pyroclastiques qui descendent les flancs jusqu’à 4 km. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et il est rappelé à la population de rester à l’écart de la zone de danger permanente d’un rayon de 6 km.
Source : PHIVOLCS.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A significant eruptive episode started at Mt Marapi – not to be mistaken with Merapi – on the Indonesian island of Sumatra on the morning of December 3rd, 2023. The Aviation Color Code was raised to Red. Thevolcanic ash plume rose up to 15 km above sea level.

The last eruption at Marapi occurred in March 2023. According to the Smithsonian Institution, Marapi has been notably active, with over 50 small to moderate eruptions recorded since the late 18th century.

Source : Magma Indonesia.

Here is one of the videos of the eruption released on the social networks :

https://twitter.com/i/status/1731237982261424431

What was thought to be a simple eruptive episode of Mt Marapi turned into a tragedy as 23 hikers were found dead near the crater. 49 hikers were evacuated from the area affected by the eruption, many had burns. 12 are staying in hospital. There were 75 hikers in the volcano area at the time of the eruption.
Source: BBC.

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Anak Krakatau (Indonesia) has resumed its explosive activity, with a series of short-lived but intense lava-fountaining episodes on December 4th, 2023 in the evening. The eruptions lasted between 41 and 150 seconds, while ash was reaching 2 100 m above sea level.

Authorities are urging people, especially fishermen, to maintain a safe distance of at least 5 km from the volcano.

The increase in activity at Anak Krakatau began on November 26th, 2023, with explosive eruptions ejecting ash up to 1.1 km above sea level. As I put it before, residents of Sebesi Island, the nearest populated area, located about 16.5 km from the volcano, have reported loud sounds accompanying the eruptions. Anak Krakatau’s Alert Level is currently III or Siaga.

Source : Magma Indonesia, The Watchers.

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Kilauea (Hawaii) is not erupting. Low levels of seismicity continue to be recorded in the Southwest Rift Zone, summit, and upper East Rift Zone. Unrest may continue to wax and wane according to changes to the input of magma into the area and eruptive activity could occur in the near future with little or no warning. No unusual activity has been noted along the middle and lower sections of Kīlauea’s East Rift Zone.

HVO explains that the onsets of previous summit eruptions have been marked by strong seismic swarms caused by the emplacement of a dike 1-2 hours before eruptions and these have not been detected at this time.

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No new activity has been observed on the Reykjanes peninsula (Iceland). Seismicity is low. There is still some ground uplift in the Svartsengi area showing that magma is still flowing into the intrusion, but there is no sign of an impending eruption. However, one should remain vigilant because a new afflux of magma in the intrusion would change the situation

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Late in the afternoon of December 1st, 2023, at about 4 p.m. (UTC), INGV recorded an increase in Strombolian activity at Mt Etna’s Southeast Crater (SEC), with lava fountains and ash emissions heading in a NNE direction. The explosive activity was accompanied by a lava flow coming from an overflow advancing on the southern slope of the crater cone.
Lava fountaining activity ended around 8:35 p.m. (UTC). Activity at its peak produced an eruptive column reaching approximately 6000 m a.s.l. There were reports of ashfall in Fiumefreddo, Calatabiano and Giardini Naxos. The color of the aviation color code was raised to Red, but Catania airport remained operational.
Source: INGV.

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Eruptive activity continues at Semeru (Indonesia) with ash plumes rising 500-700 m above the summit. The Alert Level remains at 3, on a scale of 4 levels. The public is asked to stay at least 5 km away from the summit in all directions, 13 km from the summit to the SE, and to avoid drainages due to lahar, avalanche, and pyroclastic flow hazards.

Still in Indonesia, the eruption at Merapi (Java) continues. The SW lava dome produces numerous avalanches that descende the S and SW flanks; travelling as far as 1.5 – 2 km. Minor morphological changes to the SW lava dome were identified due to continuing collapses of material. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity continues at Santiaguito lava dome complex (Guatemala). Extrusion is going on at the El Caliente dome. Daily explosions produce gas-and-ash plumes up to 3.5 km above sea level. Ashfall is reported in several municipalities and nearby farms. Block avalanches descend the SE, S, and SW flanks, and some are accompanied by pyroclastic flows. Incandescence from the lava dome and the lava flow is observed during most nights.

Still in Guatemala, eruptive activity continues at Fuego with weak and moderate explosions that produce gas-and-ash plumes that rise 600-1,100 m above the summit. Ashfall is still reported in areas downwind. The explosions also produce rumbles, shockwaves, and eject incandescent material 100-300 m above the crater.

Source : INSIVUMEH.

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Slow lava effusion continues at Mayon’s summit crater (Philippines). The length of the lava flows in the Mi-Isi (S), Bonga (SE), and Basud (E) drainages remains at 2.8 km, 3.4 km, and 1.1 km, respectively. Collapses at the lava dome produce rockfalls and occasional pyroclastic flows that descend the flanks as far as 4 km. The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale) and residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone.

Source : PHIVOLCS.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Hawaii : les secrets des profondeurs // The secrets of the depths

Dans une étude publiée le 22 décembre 2022 dans la revue Science, une équipe scientifique du California Institute of Technology (Caltech) a proposé une réponse à la question : comment le magma issu du manteau profond se déplace-t-il vers la surface à Hawaii?
Les réservoirs magmatiques peu profonds qui alimentent les éruptions à Hawaii sont étudiés depuis un certain temps grâce au comportement des ondes sismiques. Les fluctuations de leur vitesse et de leur trajectoire indiquent aux scientifiques les types de matériaux traversés, avec des indications sur leur température, leur densité et leur composition. Cependant, pour vraiment comprendre ce qui gère ces processus volcaniques, les scientifiques ont besoin de savoir ce qui se passe à l’interface entre le manteau visqueux et la croûte solide. C’est ce que révèle la nouvelle étude.
La structure globale décrite dans l’étude est composée de plusieurs chambres allongées ou sills. [NDLR : un sill est une infiltration de roche magmatique entre deux couches plus anciennes d’autres roches (sédimentaires, volcaniques, métamorphiques)]. Lorsque les éruptions évacuent le magma des réservoirs peu profonds qui les surmontent, ces sills profonds semblent réagir.
Une activité sismique persistante dans une zone au sud-ouest du Kilauea et à une trentaine de kilomètres sous la surface avait précédemment laissé supposer l’existence possible d’un ensemble de failles permettant au magma de se déplacer des profondeurs vers des réservoirs proches de la surface. En outre, depuis les années 1980, certains signaux sismiques avaient suggéré que du magma s’agitait dans la région. Jusqu’à récemment, la véritable nature de ce labyrinthe souterrain reposait davantage sur la spéculation que sur la vérité scientifique. Ce dont les scientifiques avaient besoin, c’était d’un pic d’événements sismiques provenant de cette région précise. Une telle situation a semblé se produire en 2015 lorsque l’activité sismique dans la région s’est un peu accélérée.
Cependant, la vraie réponse est apparue en 2018. Après une éruption plus ou moins continue du Kilauea pendant 35 ans, une séquence éruptive majeure a commencé sur le volcan, avec l’émission d’énormes quantités de lave au cours de trois mois. La vidange du réservoir magmatique peu profond a provoqué l’effondrement spectaculaire de la zone sommitale.

Les géologues ont enregistré un pic significatif d’activité sismique profonde en 2019 sous la ville de Pāhala, à environ 40 km au sud-ouest du Kilauea. L’essaim sismique de Pāhala était une opportunité de découvrir ce qui se passait sous l’île, mais les scientifiques à eux seuls n’étaient pas été en mesure d’identifier individuellement tous les séismes car les plus petits étaient carrément étouffés par des événements plus importants.
L’équipe scientifique du Caltech a transmis l’intégralité de l’enregistrement de l’essaim sismique à un programme informatique automatique, une technique qui avait déjà été utilisée pour identifier des millions de séismes en Californie. Le programme a rapidement fait la différence entre les véritables séismes et les bruits parasites, puis il a identifié et caractérisé des milliers d’événements qui auraient été ratés par les programmes conventionnels de détection de signaux sismiques.
De novembre 2018 à avril 2022, le système a enregistré environ 192 000 séismes sous Pāhala. En transférant ces événements sur une carte, l’équipe scientifique a découvert avec surprise un ensemble de structures magmatiques représentant le cœur volcanique qui battait au sud d’Hawaii. Certains événements sismiques provenaient d’une région située à 28-32 km de profondeur. Ces séismes longue période sont généralement attribués aux vibrations produites par le mouvement des fluides, y compris le magma. L’essentiel de la sismicité provenait d’une zone située entre 35 et 43 km de profondeur. Ces séismes volcano-tectoniques délimitaient un certain nombre de structures en forme de feuille, presque horizontales ; certaines d’entre elles avaient 6,5 km de long et 4,8 km de large.
Le complexe Pāhala Sill semble donner naissance à plusieurs artères. Une voie majeure, marquée par des séismes indiquant des fracturations de roches, semble conduire directement dans l’un des réservoirs de magma peu profonds du Kilauea. Ce n’est peut-être pas une coïncidence, alors, si le complexe de sills a commencé à se manifester sans relâche en 2019. Lors de l’éruption de 2018, le Kilauea a été vidé d’une partie importante de son réservoir magmatique peu profond, ce qui a provoqué une chute de pression. Suite à cela, du magma a été aspiré dans les sills pour rétablir la pression. Des événements similaires se sont produits lors de la brève éruption du Kilauea en 2020.
Les prochaines études pourraient permettre de savoir si le Kilauea et le Mauna Loa, qui sont des voisins relativement proches à la surface, sont connectés en profondeur. À ce jour, il existe peu de preuves concrètes de cette hypothèse et les scientifiques conviennent généralement que les deux volcans sont indépendants l’un de l’autre.
Source : Caltech, The Washington Post.

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In a study published on December 22nd, 2022 in the journal Science, a scientific team from the California Institute of Technology (Caltech) has offered a possible answer to the question : how does magma from the deep mantle travel to the Hawaiian surface?

The shallow magma reservoirs that feed Hawaii’s eruptions have been known about for some time thanks to gthe behaviour of seismic waves. Changes in their speed and trajectory tell scientists what sorts of matter they have been travelling through, providing clues to its temperature, density and composition. However, to truly understand what drives these volcanic processes, scientists need to know what is happening at the interface of the squishy mantle and the solid crust. That is what is revealed by the new study.

The giant feature described in the study is made up of several elongated chambers or sills. When eruptions drain magma from the shallow reservoirs above, these deep-seated sills seem to react.

A persistent seismic activity from an area southwest of Kilauea and about 30 km below ground had previously suggested that a collection of faults may exist there, creating pathways for magma to travel from the depths to near-surface reservoirs. Besides, since the 1980s, special kinds of quakes have hinted that magma has been churning about in the region. But until recently, the true nature of this underground labyrinth was based more on speculation than scientific truth. What scientists needed was a sustained spike in quakes coming from that exact region. Things looked promising in 2015 when the region’s rumbling picked up a little.

However, the real answer appeared in 2018. After Kilauea had been erupting more or less continuously for 35 years, a major eruptive sequence began at the volcano. The event produced huge amounts of lava in three months. The drainage of the volcano’s shallow magma reservoir caused its summit to collapse dramatically.

Geologists recorded a shocking spike in deep seismic activity in 2019 below the town of Pāhala, which sits about 40 km southwest of Kilauea. While the Pāhala quake swarm was a chance to unearth the island’s buried magmatic treasure, scientists alone were not able to identify many of the individual quakes as the smaller ones were smothered by bigger events.

The scientific team from Caltech fed the entire recording of the seismic swarm to a machine learning program, a technique which had previously been used to identify millions of hidden quakes in California. The program quickly made the difference between what was a real quake and what was extraneous noise, then identified and characterized thousands of events that would have been missed by conventional seismic signal detection programs.

From November 2018 to April 2022, the system logged around 192,000 quakes below Pāhala. Plotting these events on a map, the team was stunned to discover a collection of pulsing magmatic structures which were the beating volcanic heart of southern Hawaii. Some of the quakes came from a region 28 to 32 km deep: these long-period earthquakes are usually attributed to the vibrations made by the movement of fluids, including magma. The bulk of the seismicity came from an area 35 to 43 km deep. These volcano-tectonic quakes delineated a number of near-horizontal sheetlike structures, some of them 6.5 km long and 4.8 km wide.

The Pāhala Sill Complex appears to have several arteries branching from it. One major pathway, marked by rock-breaking quakes, appears to lead right into one of Kilauea’s shallow magma reservoirs. It’s perhaps no coincidence, then, that the sill complex began to thunder relentlessly in 2019. During the 2018 eruption, Kilauea was drained of a significant portion of its shallow magma supply, causing a pressure drop. In response, magma was sucked into the sills to equalize the pressure. Similar events happened during Kilauea’s briefer 2020 eruption.

Further work may help resolve the controversial question of whether Kilauea and Mauna Loa, which are relatively close neighbours at the surface, are somehow connected at great depths. To date, little concrete evidence for this hypothesis exists, and experts generally agree that the two volcanoes are largely independent of one another.

Source : Caltech, The Washington Post.

Hypothèse du HVO sur le parcours de la lave sous le Kilauea

Le séisme de M 6,9 sur le Kilauea le 4 mai 2018 et ses répliques plusieurs mois plus tard (Source: USGS)