1783 : une année sans été en Alaska // 1783 : a year without a summer in Alaska

L’une des éruptions les plus dévastatrices de l’histoire a été celle du Laki, dans le sud-est de l’Islande. Pendant huit mois en 1783, cette éruption fissurale a émis des coulées de lave et vomi des gaz nocifs dans l’atmosphère. Un quart de la population islandaise a péri. Les gaz riches en soufre qui se sont répandus à la surface de la Terre ont réfléchi les rayons du soleil, provoquant une baisse des températures dans de nombreux endroits.

Vue de Lakagigar, la fissure éruptive du Laki (Photo: C. Grandpey)

Des chercheurs ont analysé les cernes de troncs d’épinettes blanches en Alaska et ont conclu que l’éruption du Laki avait aussi été une catastrophe pour les habitants du nord-ouest de cet Etat. Ces gens ne savaient pas pourquoi juillet avait pris des allures de novembre cette année-là.
Une scientifique du laboratoire d’analyse des cernes des arbres de l’Observatoire Lamont-Doherty à New York a raconté l’histoire de l’année sans été en Alaska. Elle a montré une photo des cernes sur le tronc d’une épinette blanche prélevée en Alaska. Au milieu d’une série de lignes sombres, on en distingue une plus claire qui correspond à l’année 1783.

Forêt d’épinettes (spruce trees), arbres emblématiques de l’Arctique (Photo: C. Grandpey)

En juin 1940, un archéologue et ingénieur des mines prit l’avion entre Fairbanks et Allakaket. Une fois arrivé dans ce petit village, il se dirigea vers le cours supérieur de la rivière Kobuk où il a confectionna un radeau en rondins. Il descendit la rivière, tout en prélevant des échantillons d’arbres en cours de route et en s’arrêtant sur des sites archéologiques.
À l’embouchure de la Kobuk, il tourna à droite et remonta la rivière Noatak. Il atteignit ensuite la péninsule de Seward et termina son expédition scientifique dans la ville de Haycock, non loin du village actuel de Koyuk. À l’automne 1940, l’archéologue rédigea sa thèse qui mettait en évidence ses remarquables travaux sur le terrain à partir des centaines d’échantillonsd’arbres qu’il avait collectés.
Un demi-siècle plus tard, les scientifiques de Lamont-Doherty ont utilisé certains de ses échantillons. Avec d’autres enregistrements de cernes d’arbres recueillis en Alaska et les données fournies par des stations météorologiques archivées à l’Université d’Alaska et ailleurs, les chercheurs ont reconstitué les températures estivales de l’Alaska de la fin des années 1600 à nos jours. Ils ont estimé que la moyenne des températures en Alaska de mai à août était normalement d’environ 11,6°C pendant la majeure partie de cette période. En 1783, la température moyenne de mai à août était d’environ 6,6°C.
Pour montrer l’aspect exceptionnel de l’année 1783, les scientifiques de Lamont-Doherty ont également cité un livre dans lequel sont répertoriées des traditions orales de peuples autochtones du nord-ouest de l’Alaska. L’ouvrage raconte quatre vieilles légendes, chacune liée à la quasi-extinction de tous les êtres vivants dans le nord-ouest de l’Alaska. Les deux premiers événements décrits dans le livre étaient trop anciens pour que les chercheurs puissent en tenir compte. Le quatrième événement était l’épidémie de grippe espagnole qui, en 1918, frappa durement l’Alaska et le reste du monde. La troisième calamité dans le nord-ouest de l’Alaska était liée à l’éruption islandaise. Cette année-là (probablement 1783), au printemps, les oiseaux migrateurs étaient revenus en Alaska et tout semblait normal… jusqu’à la fin du mois de juin. On peut lire que  » tout d’un coup, le temps est devenu froid… et les gens ne pouvaient plus aller chasser ni pêcher. » En quelques jours, les lacs et rivières, récemment dégelés, ont gelé de nouveau. Le temps chaud n’est revenu qu’au printemps (début avril) de l’année suivante.
Source : Anchorage Daily News.

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One of the most devastating eruption in history was that of Laki Volcano in south-east Iceland. For eight months in 1783, a fissure eruption spewed lava and belched noxious fumes into the atmosphere. One-quarter of the Icelandic population died. The sulfur-rich gases that spread worldwide reflected the sun’s rays, causing temperatures to drop and making many places on Earth cooler.

Using evidence held in white spruce trees, researchers think the Laki eruption was a catastrophe for northwest Alaska residents who had no idea why July turned into November that year.

A scientist from the tree-ring lab at Lamont-Doherty Earth Observatory in New York told the story of Alaska’s year without a summer. She displayed a photo of tree rings from a white spruce tree from Alaska. Amid a series of dark lines is a faint one that lines up with the year 1783.

In June of 1940, an archaeologist and mining engineer, flew from Fairbanks to Allakaket. Once in that small village, he travelled to the headwaters of the Kobuk River where he lashed together a log raft. He floated it down the river, taking tree cores along the way and stopping at known and possible archaeological sites.

At the mouth of the Kobuk, he turned right and traveled up the Noatak River. Then, he went on to the Seward Peninsula and finished his scientific journey in the town of Haycock, not far from today’s village of Koyuk. In the autumn of 1940, the archaeologist wrote his master’s thesis, detailing his remarkable season of fieldwork and the hundreds of tree cores he acquired.

Half a century later, scientists at Lamont-Doherty used some of his samples. With other tree-ring records gathered in Alaska and the real weather-station data gathered at the University of Alaska and other places, the researchers reconstructed Alaska summer temperatures from the late 1600s to the present. They figured average Alaska temperatures from May to August were about 11.6°C for most of that time. In 1783, the May to August average temperature was about 6.6°C.

To further show the weirdness of 1783, the Lamont-Doherty scientists also cited a book of oral traditions from Natives of northwest Alaska. It describes four ancient legends, each linked to the near-extinction of everyone living in northwest Alaska. The first two events were too far back for the researchers to imagine what they might have been. The fourth and most recent disaster was the influenza epidemic of 1918 that hit Alaska and the rest of the world so hard. In between, the third calamity in northwest Alaska was linked to the Iceland eruption. That year (perhaps 1783), in the springtime migratory birds had returned to Alaska and all seemed normal, until after June passed. Then, on can read in the book : “suddenly it turned into cold weather … and people could not go out hunting and fishing. In a few days, the lakes and rivers, recently thawed, froze over. Warm weather did not return until spring (early April) of the next year.”

Source : Anchorage Daily News.

Islande : vers la fin de l’éruption? // Iceland : the eruption may be coming to an end

8 heures (heure française – 7 heures en Islande) : Il fait encore nuit en Islande et il est impossible de faire un état des lieux. Les webcams montrent que l’éruption n’est pas terminée, mais elle a bien baissé d’intensité, ce qui est une bonne nouvelle. Les photos publiées dans la presse islandaise montrent que les bulldozers ont été à l’oeuvre depuis le début de l’éruption pour édifier des digues de protection et essayer d’empêcher la lave de pénétrer davantage dans Grindavik. La digue qui avait été édifiée depuis l’éruption du 18 décembre a dévié la coulée de lave émise par la fracture initiale et a permis d’éviter le pire, même si des brèches se sont ouvertes en certains endroits. Ce matin, la sismicité est encore significative mais relativement normale au vu du contexte éruptif. Le tremor poursuit son déclin.

Source: Met Office

Il faut espérer que le gros du magma qui s’était accumulé ces dernières semaines est maintenant évacué et que l’Islande va pouvoir revenir à une situation plus calme, même si cette éruption a causé de gros dégâts à Grindavik. Il reste toujours le risque que du magma continue à circuler dans des fractures à l’intérieur de la ville.

L’éruption a nettement baissé d’intensité par rapport à la veille. (Images webcam le 15 janvier 2024 au matin)

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13h30 : Les autorités locales confirment ce que montraient les webcams ces dernières heures : la fissure sud près de Grindavik a cessé d’émettre de la lave. Cette dernière s’écoule principalement de 2 ou 4 bouches dans la fissure nord initiale ouverte le 14 janvier au matin.. Comme je l’ai écrit précédemment, les digues de protection se sont révélées efficaces et ont dévié la lave émise par la fissure nord.
La fissure sud, qui s’est ouverte à proximité des maisons les plus au nord de Grindavik le 14 janvier à midi, semble avoir cessé son activité ; le débit éruptif a commencé à diminuer tard hier soir.
La digue de terre au nord de Grindavik était à moitié achevée (à moitié de sa hauteur) lorsque l’éruption a commencé le 14 janvier au matin. L’éruption a démontré l’efficacité de ce rempart. Dès le début de l’éruption, des travaux ont été effectués pour surélever certains secteurs de la Nesvegur, du côté nord de Grindavík, ainsi que la zone à proximité, afin qu’elle puisse servir de protection contre la lave.
Toutes les équipes d’intervention se sont réunies dans la matinée du 15 janvier pour examiner la situation à Grindavík. La ville manque d’eau chaude et froide et d’électricité. Les participants à la réunion ont réfléchi aux moyens de sauvegarder les objets de valeur et d’évaluer la situation. La ville est rendue dangereuse en raison des dégâts causés par la lave. De plus, il est important que les animaux encore présents à Grindavik soient secourus le plus rapidement possible car il n’y a plus d’eau dans la ville.
Source  : médias d’information islandais.

Vue du site éruptif le 15 janvier 2024 à 13 heures (image webcam)

Bouche encore active sur la coulée initiale (image webcam)

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18 heures : De toute évidence, l’éruption qui a commencé au matin du 14 janvier 2024 vit ses dernières heures. J’ai essayé de décrire son déroulement le plus fidèlement possible en analysant les excellentes images proposées par les webcams et les paramètres scientifiques mis en ligne par le Met Office islandais.

Selon un volcanologue islandais, l’éruption qui a débuté le 14 janvier 2024 est différente de celle qui a commencé le 18 décembre 2023. Elle n’est pas aussi puissante que la précédente. Il semblerait que la quantité de lave émise soit presque quatre fois inférieure à celle de l’éruption de décembre. L’éruption de décembre s’est terminée très vite, mais celle-ci mettra un peu plus de temps à se terminer, peut-être avec une quantité de lave semblable, voire un peu supérieure.

De son côté le Met Office indique que les mesures GPS montrent que le soulèvement du sol se poursuit sous la région de Svartsengi, signe que le remplissage de la chambre magmatique continue. C’est différent de la situation qui a fait suite à l’éruption de décembre. Les scientifiques évaluent actuellement les données et les mesures pour essayer de déterminer ce que cela peut signifier dans un avenir immédiat.

Le Met Office ajout que des déformations du sol sont toujours observées près de la partie la plus méridionale de l’intrusion magmatique sous Grindavík. De nouvelles fissures sont apparues et celles qui existaient déjà se sont élargies. Il est possible que d’autres fissures apparaissent en surface dans les prochains jours.

Il y a, certes, de gros dégâts à Grindavik, mais la catastrophe aurait pu prendre une autre ampleur sans la digue de terre qui a permis de dévier la coulée de lave initiale. L’ouverture d’une deuxième fracture aux portes de Grindavik était beaucoup plus difficile à gérer. Il était quasiment impossible d’empêcher des maisons de brûler.

Il va maintenant falloir surveiller l’évolution des paramètres sismiques et de déformation. Le sol va-t-il de nouveau se soulever – ou continuer à se soulever – dans le secteur de Svartsengi, là où semble se trouver la source de l’intrusion magmatique ? C’est à mon avis la question la plus importante. En cas de réponse positive, les Islandais devront se préparer à un nouvel assaut de la lave sur la péninsule de Reykjanes. Seront-ils en mesure de l’endiguer ? Il faut l’espérer, mais la partie est loin d’être gagnée.

Source: Icelandic Met Office

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8 a.m. (French time – 7 a.m. in Iceland): It is still night in Iceland and it is impossible to take stock of the situation. The webcams show that the eruption is not over, but it has decreased in intensity, which is good news. Photos published in the Icelandic press show that bulldozers have been at work since the start of the eruption to build protective dikes and try to prevent lava from travelling further into Grindavik. The dike that had been built since the eruption of December 18th diverted the lava flow emitted by the initial fissure and made it possible to avoid the worst, even if breaches opened in certain places. This morning, seismicity is still significant but relatively normal given the eruptive context. The tremor continues its decline. It is to be hoped that most of the magma which had accumulated in recent weeks has now been evacuated and that Iceland will return to a calmer situation, even if this eruption caused great damage to Grindavik.However, there is still the risk that magma may continue to travel in fractures within the town.

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1:30 pm : Local authorities confirm what the webcams were showing in the past hours : the southern fissure near Grindavik has ceased erupting, with lava mainly flowing from the northern fissure. As I put it before, protective barriers have proved effective. The lava seems to be mainly issuing from two to four vents on the initial northern fissure that opened on January 14th in the morning.

The southern fissure, which opened close to the northernmost houses in Grindavik at noon on January 14th, seems to have stopped erupting; its intensity started decreasing late last night.

The earthern barrier north of Grindavik was about halfway completed (half its height) when the eruption began on January 14th in the morning. The eruption demonstrated their worth, Since the start of the eruption, work has been done to raise parts of Nesvegur road on the north side of Grindavík, and the area in its vicinity, so that it could serve as a barrier.

All the key response teams have been meeting in the morning of January 15th to review the situation in Grindavík. The town lacks hot and cold water and electricity. The participants in the meeting considered how to save valuables and assess the situation.The town is obviously dangerous because of the damage caused by the lava. Moreover, it is important that animals still in Grindavik be rescued as soon as possible as there is no more water in the town.

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06:00 pm : Obviously, the eruption which began on the morning of January 14th, 2024 is in its final hours. I tried to describe its progress as faithfully as possible by analyzing the excellent images provided by its webcams and the scientific paraameters released online by the Icelandic Met Office.
According to an Icelandic volcanologiqt, the eruption that started on January 14th, 2024 is quite different from the one that started on December 18th, 2023. This eruption is not as powerful as the previous one. It seems the amount of magma is almost four times less than it was in December. The December eruption was fast to end, but this one will be a little longer to come to an end, maybe with a similar amount of magma or even a little more.

The Met Office indicates that GPS measurements show that land rise continues under Svartsengi, revealing the magma chamber is filling back up. This is different from the way the land was behaving following the December eruption. Experts are evaluating the data and measurements to determine what that could mean for the immediate future.

The Met Office adds that deformation is still detected near the southernmost part of the magma conduit beneath Grindavík. Fresh fissures have developed, and existing ones have expanded. It is possible that additional fissures may emerge on the surface in the next few days.

There is, of course, a lot of damage in Grindavik, but the disaster could have taken another turn without the earthen dike which made it possible to deflect the initial lava flow. The opening of a second siffure on the outskirts of Grindavik was much more difficult to manage. It was almost impossible to stop houses from burning.
We will now have to monitor the evolution of the seismic and deformation parameters. Will the ground rise again in the Svartsengi area, where the source of the magma intrusion appears to be? This is in my opinion the most important question. In the event of a positive response, Icelanders will have to prepare for a new eruption on the Reykjanes peninsula. Will they be able to stem it? We must hope so, but the game will be a difficult one.

Islande : déroulement de l’éruption ! // Iceland : eruption in progress !

9 heures (heure française / 8 heures en Islande): Une éruption a débuté en Islande, au nord de Grindavik. La ville de 3700 habitants a été évacuée en urgence, plutôt que prévu (l’évacuation était programmée pour le 15 janvier au soir)  car la sismicité montre que l’intrusion magmatique a tendance à se diriger vers le sud. Par prudence, une partie de la population avait déjà quitté les lieux.

Une fissure de 840 mètres de longueur s’est ouverte au niveau de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar, au nord de Grindavik et a commencé à se prolonger vers le sud.

Démarrage de l’éruption à 7h57 (heure locale) Image webcam

Images webcam de l’éruption

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11 heures : L’éruption continue sur la péniinsule de Reykjanes au nord de Grindavik. Le magma emprunte les fissures ouvertes par l’intrusion du mois de novembre 2023, avec un rideau de fontaines de lave. Comme toujours avec ce type d’éruption fissurale, la pression a un peu diminué par rapport aux premières minutes de l’évévement, mais l’intensité éruptive reste soutenue. La lave à haute température s’épanche rapidement à la surface du sol. Selon les scientifiques qui ont survolé la zone à bord de l’hélicoptère des garde-côtes, l’éruption se déroule de part et d’autre des digues de terre récemment édifiées pour protéger Grindavík d’éventuelles coulées de lave. D’après les mesures prises par l’hélicoptère des garde-côtes, le périmètre se situe désormais à environ 450 m des maisons les plus au nord de la bourgade. La question reste de savoir comment va évoluer la situation. Il ne faudrait pas que le magma emprunte les fissures qui existent plus au sud ; la menace serait alors réelle pour Grindavik.

Personne ne sait combien de temps durera cette nouvelle éruption. Pas sûr qu’elle se prolonge très longtemps. Je pense qu’il serait imprudent d’acheter un billet d’avion pour l’Islande… La police islandaise demande à la population de ne pas s’approcher du site de l’éruption.

Ce matin, l’éruption était un régal pour les yeux

La fissure éruptive à midi (heure française)

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14 heures : Les images des webcams permettent d’observer l’éruption sur la péninsule de Reykjanes et les deux fractures éruptives qui se sont ouvertes au nord de Grindavik. La fracture qui s’est ouverte à 8 heures (heure locale ce matin) reste très active, même si les fontaines de lave ont perdu de leur splendeur. La lave se dirige vers Grindavik mais est déviée par la digue de terre qui a été édifiée pour protéger la ville. A la mi-journée, on pouvait voir les bulldozers tenter de renforcer ce rempart de terre.

Une autre fissure s’est ouverte vers midi et très active aux abords de Grindavik. La lave jaillit à quelques centaines de mètres des habitations. La fissure éruptive s’est allongée au cours des dernières dizaines de minutes et il va falloir observer très étroitement la suite des événements car Grindavik est vraiment menacée.

Vue large permettant de voir les deux fissures éruptives

La lave est déviée par la digue de terre

Les maisons de Grindavik sous la menace de la deuxième fissure

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17h00 : La lave de la deuxième fissure éruptive, qui s’est ouverte vers midi aujourd’hui, a atteint les premières maisons de Grindavík peu après 14h00 (heure locale). Cette fissure mesure environ 150 mètres de long et s’est ouverte à quelques dizaines de mètres de la limite de la ville. Des digues de terre avaient été édifiées pour détourner la première coulée de lave qui était plus volumineuse. Ces efforts ont été couronnés de succès, même si la lave a traversé la Grindavíkurvegur, la route qui relie la ville à Reykjanesbraut, la route entre Keflavík et Reykjavík.
Les scientifiques du Met Office pensent que l’éruption a atteint un certain équilibre avec l’ouverture de la deuxième fissure. En raison de la planéité de la zone, la lave s’écoule assez lentement, et au rythme actuel, elle pourrait s’écouler à une vitesse d’environ cent mètres par heure.

Ce soir, la sismicité a chuté, ce qui est normal car la pression exercée par le magma est beaucoup moins importante qu’an début de l’éruption. Le tremor éruptif est lui aussi en baisse. Reste à savoir combien de temps il faudra à l’abcès pour se vider, autrement dit à la lave qui s’est accumulée depuis l’éruption du 18 décembre pour s’évacuer.

Images webcam de la deuxième coulée de lave et des dégâts occasionnés

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20:00 : Les nouvelles ne sont pas très bonnes ce soir. Les données GPS montrent une augmentation du débit de magma dans le dyke près de Grindavík. Le Met Office prévient que de nouvelles fissures sont susceptibles de s’ouvrir aujourd’hui ou dans les prochains jours.

Au terme de cette journée chaotique et très difficile pour Grindavik, on peut déjà tirer quelques enseignements de l’éruption de ce 14 janvier 2024. La prévision éruptive a été relativement bonne, même si l’éruption s’est déclenchée plus tôt que prévu. Le soulèvement du sol observé en permanence depuis la fin de l’éruption du 18 décembre 2023 montrait que du magma s’accumulait dans la zone à proximité de la centrale de Svartsengi. La sismicité n’a jamais été significative, mais les mesures GPS en surface et les mesures InSAR par satellite ne laissaient pas le moindre doute. Il était quasiment certain qu’une éruption allait se déclencher. La zone de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar semblait le site le plus probable. Finalement, la lave a choisi de sortir vers 8 heures le 14 janvier 2024 par une première fissure d’environ 900 m de long au nord de Grindavik. La digue de terre édifiée pour protéger la ville a montré son efficacité permis de dévier le cours de la lave. La situation s’est compliquée sur le coup de midi quand une deuxième fissure s’est ouverte à proximité immédiate de la bourgade. Il était évident que des maisons allaient être impactées par la lave. C’est ce qui s’est passé vers 14 heures. Plusieurs maisons sont actuellement la proie des flammes. La suite va dépendre de l’intensité de l’éruption et du débit de la lave. Espérons que les dégâts seront limités et que la lave n’empruntera pas de nouvelles fractures à l’intérieur de la ville.

Ce soir, Grindavik n’a plus d’électricité et la lave a également coupé l’eau froide et chaude dans la ville. Selon la Protection Civile, l’éruption actuelle constitue  » la menace la plus grave en Islande depuis janvier 1973″ [lorsque la lave a détruit Heimaey dans les îles Westman].

Image webcam de Grindavik ce soir

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  09:00 am (French time / 08:00 am in Iceland) : An eruption has started in Iceland, north of Grindavik. The town is being evacuated in emergency, sooner than predicted, as seismicity tends to show that the magma intrusion is moving south. Out of caution, a part of the population had altrady left the town.

A fissure 840 metres long opened up at Sundhnúkagígar crater row north of Grindavík and started to extend south.

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11 a.m.: The eruption continues on the Reykjanes Peninsula north of Grindavik. Magma emerges from the fissures opened by the intrusion of November 2023, with a curtain of lava fountains. As always with this type of fissure eruption, the pressure has decreased a little compared to the first minutes of the event, but the eruptive intensity remains sustained. High-temperature lava spreads quickly to the ground surface. According to information gathered by scientists who flew over the scene in the Coast Guard helicopter, the fissure is erupting on both sides of the protective walls recently built to protect Grindavík from potential lava flow. Based on measurements from the Coast Guard’s helicopter, the perimeter is now about 450 m from the northernmost houses in the town. The question is to know how the situation will evolve. Let’s hopee magma will not travel along the fissures that exist further south; the threat would then be real for Grindavik.

No one knows how long this new eruption will last. It may not last very long. I think it would be unwise to buy a plane ticket to Iceland… Visitors are asked not to get close to the site of the eruption.

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02:00 p.m.: Webcam images give great views of the eruption on the Reykjanes Peninsula and the two active eruptine fissures that opened up north of Grindavik. The fissure which opened at 8 a.m. (local time) remains very active, even if the lava fountains have lost their splendor. The lava is heading towards Grindavik but is diverted by the earthen dike that was built to protect the town. At midday, one could see the bulldozers trying to reinforce this earthen rampart.
Another fissure opened at 12:00 or so close to Grindavik and is very active on the outskirts of the town. Lava gushes out a few hundred meters from homes. The eruptive fissure has lengthened over the last tens of minutes and we will have to observe the course of events very closely because Grindavik is really threatened.

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05:00 pm : Lava from the second eruption fissure, which opened at around midday today, reached its first house in Grindavík shortly after 2:00 pm (local time). This fissure is about 150 metres long and opened a few tens of metres away from the edge of town. Rescue workers have been building earthen walls to divert the larger, initial lava flow. These efforts have been successful, although the lava crossed Grindavíkurvegur, the road which connects the town to Reykjanesbraut, the main highway between Keflavík and Reykjavík.

Scientists at the Icelandic Meteorological Office say the eruption appears to have reach a certain equilibrium with the opening of the second fissure. Due to the flatness of the area, the lava is flowing fairly slowly, and if it continues at it current rate, it could flow at about one hundred metres per hour.

This evening, seismicity has dropped, which is normal because the pressure exerted by magma is much less than at the start of the eruption. The eruptive tremor is also decreasing. It remains to be seen how long it will take for the abscess toempty, in other words for the lava that has accumulated since the eruption of December 18th to evacuate.

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08:00 pm : The news is not very good this evening. GPS data shows increased magma flow into the dike near Grindavík. The Met Office says there is a possibility of more fissures opening up today or in the next few days.

At the end of this chaotic and very difficult day for Grindavik, we can already learn some lessons from the eruption of January 14th, 2024. Eruptive prediction was relatively good, even if the eruption occurred sooner than expected. The ground uplift observed continuously since the end of the eruption on December 18th, 2023 showed that magma was accumulating in the area near the Svartsengi power plant. Seismicity was never significant, but surface GPS and satellite InSAR measurements left no doubt. It was almost certain that an eruption was going to occur. The area of the Sundhnúkagígar crater chain seemed the most likely site. Finally, lava chose to pierce the surafce around 8 a.m. on January 14th, 2024 through a first fissure, approximately 900 m long, north of Grindavik. The earthern dike built to protect the city showed its effectiveness in diverting the flow of lava. The situation became complicated around midday when a second fissure opened in the immediate vicinity of the town. It was obvious that houses were going to be impacted by the lava. This is what happened around 2 p.m. Several houses are currently engulfed in flames. What happens next will depend on the intensity of the eruption and the flow of lava. Let’s hope the damage will be limited and that lava will not get into other fissures inside the town.

Tonight Grindavik has lost electricity, and lava cut off the town’s cold and hot water as well. According to the Civil Protection, the current eruption constitutes “the most serious threat by eruptions in Iceland since January 1973” [when lava destroyed Heimaey in the Westman Islands].

 

Islande : éruption imminente? // Iceland : an eruption in the very short term?

14 janvier 2024 – 8 heures : Un essaim sismique est en cours sur la péninsule de Reykjanes. L’événement a commencé au niveau du cratère Sundhnúksgígar vers 03h00 UTC. La sismicité s’est déplacée vers la ville de Grindavík. Jusqu’à présent, le séisme le plus significatif a une magnitude de M 3,5 à Hagafell, à une profondeur de 3,2 km. .
Toutes les observations confirment une intrusion magmatique la région. Le Met Office indique que la probabilité d’une éruption est très forte et qu’elle pourrait survenir de manière imminente.

En raison de la situation en Islande, j’ai reporté la publication d’un article sur l’éruption de 1974 à Hawaii.

Image de la zone susceptible d’être le site d’une éruption

Source: Met Office

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14 January 2024 – 8:00 am : A seismic swarm is ongoing on the Reykjanes Peninsula. An intense series of earthquakes began at the Sundhnúksgígar crater row at around 03:00 UTC. The seismicity has moved towards the town of Grindavík. So far, the largest recorded earthquake is M 3.5 at Hagafell at a depth of 3.2 km. .

All observations confirm that magma is moving within the region.

The Met Office indicates that the possibility of an eruption is high, and that it could occur imminently.

Because of the situation in Iceland, I have posponed the publication of a post about thr 1974 eruption in Hawaii.