Eruption islandaise : des accidents et des incendies de végétation // Icelandic eruption : accidents and wildfires

Se rendre sur le site l’éruption sur la péninsule de Reykjanes n’est pas chose facile. Le trajet est long, une vingtaine de kilomètres aller retour. Les autorités islandaises ont averti les visiteurs potentiels des difficultés auxquelles ils doivent s’attendre et des précautions à prendre concernant le matériel, la nourriture et la boisson. Malgré ces mises en garde, certains touristes mal préparés décident quand même d’entamer la randonnée.
La police de Reykjanes a annoncé qu’un homme d’une cinquantaine d’années s’est effondré le 18 juillet 2023 sur le site de l’éruption. Il est décédé. Après avoir été évacué à l’hôpital. Selon la police, il avait déjà un problème de santé et n’est pas mort directement à cause de l’éruption.
La police a également enregistré plusieurs autres problèmes sur le site de l’éruption. Une femme souffrant de problèmes de dos a été reconduite au parking. Une fillette de 12 ans, épuisée, a dû être évacuée. .Un groupe de quatre touristes ne se sentant pas capable de faire le trajet retour a eu besoin d’aide. Sans oublier le groupe d’imbéciles qui n’a pas respecté les consignes de sécurité de la police sur le site.
La police rappelle aux visiteurs que le site de l’éruption est dangereux et qu’il faut éviter les zones signalées comme dangereuses. Les opérations de secours sur un volcan actif sont risquées et les équipes de secours ont averti qu’elles ne mettraient pas leur vie en danger.

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Un autre problème sur le site de l’éruption concerne les incendies de végétation. Ce sont les plus importants de l’histoire de la péninsule de Reykjanes. Des photographies aériennes prises le 11 juillet 2023 ont montré que 15 hectares avaient été brûlés. Deux jours plus tard, le 13 juillet, 95 hectares supplémentaires avaient brûlé, et le feu s’est considérablement propagé depuis.
Les scientifiques expliquent que d’un point de vue environnemental et de conservation, il est crucial de freiner la propagation de ces incendies. Lorsque la mousse brûle, les dégâts subis par la végétation sont comparativement plus importants que lors des incendies de prairies ou de zones humides. En effet, les racines des pâturages sont souvent laissées intactes après les incendies, ce qui signifie que la repousse de la végétation est relativement rapide. La mousse, elle, n’a pas de racines, ce qui signifie que la repousse prend beaucoup plus de temps.
La biodiversité dans son ensemble est également affectée par les incendies, y compris les petits animaux et les oiseaux. Après un feu de mousse, la végétation peut entièrement disparaître, ce qui crée un risque d’érosion des sols et de désertification. Heureusement, en raison de la nature basse de la région de l’éruption, le risque d’érosion des sols est réduit. Cependant, la repousse de la végétation prendra probablement des décennies.
Source : Iceland Review.

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Getting to the eruption on the Reykjanes Peninsula is not an easy walk. It is long, about 20 killometers return. The Icelandic authorities have warned potential visitors about the difficulties they should expect and the precautions they should take about the equipment, the food and the drinks. Despite these warnings some ill-prepared tourists decide to start the trek anyway.

Reykjanes police has announced that a man in his fifties collapsed on July 18th 2023 at the eruption site. After being evacuated to the hospital, the man was pronounced dead. The man is stated to have had a pre-existing health problem and did not die directly from the eruption.

The local police has also recorded several other incidents at the eruption site. A woman with back problems received assistance and was escorted back to the parking lot. A 12-year-old girl suffered from exhaustion and had to be evacuated. .A group of four tourists didn’t trust themselves to make the return trip and required assistance. Without forgetting the group of reckless visitors who did not follow police directions at the site.

The police reminds visitors that the Reykjanes eruption site is dangerous, and visitors are instructed to avoid areas marked as hazardous. Rescue operations at an active volcano are risky, and rescue teams have warned that they are not ready not endanger their lives.

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Another problem at the eruption site concerns the wildfires on the Reykjanes peninsula. They are the largest-ever since records began, Aerial photographs taken on July 11th, 2023 showed that 15 hectares were burned. Only two days later, on July 13th, an additional 95 hectares had burned, and the fire has spread significantly since.

Experts state that from an environmental and conservation perspective, it is crucial to curb the spread of wildfires. When moss burns, the damage to vegetation is comparatively greater compared to grassland or wetland fires. Indeed, roots are often left intact after wildfires in grass- and wetlands, meaning that regrowth after such fires is relatively rapid. Moss, however, has no roots, meaning that regrowth takes considerably longer in moss fires.

Overall biodiversity is also affected, including small animals and birds. After a moss fire, vegetation can entirely disappear, creating a risk of soil erosion and desertification. Luckily, experts report that due to the low-lying nature of the area, the risk of soil erosion is reduced. However, regrowth may still take decades.

Source : Iceland Review.

Des étendues de mousse épaisse recouvrent de grandes parties de l’Islande (Photo: C. Grandpey)

Réchauffement climatique : records de température en série // Global warming : series of temperature records

Le record mondial de température (56,7°C le 10 juillet 1913) n’a pas été battu le dimanche 16 juillet 2023 à Furnace Creek, dans la Vallée de la Mort, mais on a tout de même relevé 53,3°C.

Comme je l’ai écrit précédemment, c’est tout l’ouest des Etats Unis qui est confronté à un dôme de chaleur. L’Arizona est l’un des Etats les plus sévèrement touchés. A Phoenix, la capitale, les températures ont atteint 43°C pendant 16 jours consécutifs, et même 47°C au cours du dernier week-end. Les hôpitaux connaissent des records d’affluence. Des gens souffrent de brûlures au second degré après être entrés en contact avec les trottoirs où la température atteint 71°C. Certains patients ont été placés dans des espèces de caissons en plastique remplis de glace. Des « lieux de fraîcheur » ont été mis en place, avec distribution de bouteilles d’eau fraîche, en particulier dans les bibliothèques, les églises et les locaux disposant de climatisation.

Le sud de l’Europe n’est pas épargné, avec des records de température en Grèce, en Espagne , ou encore en Italie

J’entendais ce matin sur la radio France Info que l’éruption du volcan Hunga Tonga Hunga-Ha’apai (janvier 2022) serait l’une des causes des vagues de chaleur actuelles. Affirmer cela est aller un peu vite en besogne ! En effet, la hausse des températures a débuté bien avant l’éruption aux Tonga. Une très forte sécheresse sévissait déjà depuis de très longs mois dans l’ouest des Etats Unis. Même en France, le manque d’eau dû au réchauffement climatique n’a pas attendu l’éruption du Hunga Tonga pour se manifester. A la limite, on pourrait penser que l’éruption du Hunga Tonga a quelque peu intensifié la hausse des températures au cours de l’été 2022, mais pour le reste, c’est bien le réchauffement climatique d’origine anthropique qui est la véritable cause du problème.

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The world temperature record (56.7°C on July 10th, 1913) was not broken on Sunday July 16th, 2023 at Furnace Creek, in Death Valley, but 53.3°C was still recorded .
As I put it previously, the entire western United States is facing a heat dome. Arizona is one of the hardest hit states. In Phoenix, the capital, temperatures reached 43°C for 16 consecutive days, and even 47°C over the last weekend. Hospitals are experiencing record crowds. People suffer second degree burns after coming into contact with pavements where the temperature reaches 71°C. Some patients were placed in plastic containers filled with ice. « Cool places » have been set up, with distribution of cold water bottles, in particular in libraries, churches and premises with air conditioning.
Southern Europe is not spared, with temperature records in Greece, Spain and Italy.
I heard this morning on France Info radio that the eruption of the Hunga Tonga Hunga-Ha’apai volcano (January 2022) would be one of the causes of the current heat waves. Saying this is a bit far-fetched ! Indeed, the rise in temperatures began long before the eruption in Tonga. A very severe drought had already been raging for very long months in the western United States. Even in France, the lack of water due to global warming did not wait for the eruption of Hunga Tonga. One might think that the Hunga Tonga eruption has somewhat intensified the rise in temperatures during the summer of 2022, but for the rest, anthropogenic global warming is the real cause of the problem.

 

Carte des anomalies ERA5 en juin 2023 par rapport à 1981-2010

Catastrophe corallienne en cours au large de la Floride // Coral disaster underway off the Florida coast

Voici une autre conséquence très inquiétante du réchauffement climatique. Une soudaine vague de chaleur a affecté l’océan au large des côtes de Floride ; elle a surpris les scientifiques et fait grimper la température de l’eau à des niveaux encore jamais vus, avec l’un des plus graves épisodes de blanchissement de coraux que l’État ait jamais connus.
Les températures de surface de la mer autour de la Floride ont atteint les niveaux les plus élevés jamais enregistrés depuis que les satellites collectent des données sur les océans. Le plus inquiétant, c’est que le réchauffement se produit beaucoup plus tôt que d’habitude. Selon les scientifiques, il s’agit là d’un nouvel exemple de la chaleur des océans amplifiée par la crise climatique causée par l’homme et des conditions météorologiques extrêmes qu’elle entraîne.
La température exceptionnellement haute de la mer – près de 36 degrés Celsius dans certaines zones – représente plus qu’un nouveau record inquiétant ; la chaleur extrême des océans et sa durée sont déterminantes pour la survie des récifs coralliens. Des températures trop élevées pendant trop longtemps provoquent le blanchissement du corail qui prend une affreuse couleur blanche lorsqu’il expulse sa source de nourriture – les algues – et meurt lentement. Le corail qui blanchit ne meurt pas toujours, mais plus la chaleur est intense et plus elle dure, plus la mort devient inévitable.
Il suffit d’un réchauffement de la surface de la mer de 1°C au-delà de la température maximale acceptable pour un récif pour déclencher le stress thermique qui conduit au blanchissement. La température de surface de la mer autour de la Floride est supérieure de plus de 2 degrés Celsius à cette fourchette normale, et ce depuis une à deux semaines.

Les récifs coralliens les plus importants se trouvent à l’est et au sud des Keys de Floride. Les mesures effectuées par les balises montrent à quel point la chaleur a été extrême en Floride, et ce dès le début de l’été. La température de l’océan autour de la Floride augmente généralement au fur et à mesure que l’été avance et n’atteint son maximum qu’à la fin du mois d’août ou en septembre. Cette vague de chaleur précoce signifie que la température de l’océan pourrait encore augmenter, ce qui entraînerait la mort inévitable d’un plus grand nombre de coraux.
Le blanchissement a déjà été observé dans les Keys de Floride, qui abritent 6 000 récifs. Onze observations de blanchissement partiel ont été confirmées par le Mote Marine Laboratory en juin 2023. Les scientifiques ont déclaré qu’ils s’attendaient à ce que ce nombre augmente de façon exponentielle dans les semaines à venir.
Selon une étude de la NOAA publiée en 2022, les maladies coralliennes et le blanchissement provoqués par le réchauffement climatique ont déjà affecté 70 % des récifs coralliens de Floride qui perd bien plus que le corail proprement dit. En effet, les récifs coralliens génèrent des milliards de dollars pour l’économie de la Floride grâce à des activités telles que la pêche et le tourisme, qui ne seraient pas possibles sans les récifs. D’un point de vue écologique, environ 25 % des espèces marines dépendent des récifs coralliens à un moment ou à un autre de leur vie.
La crise corallienne actuelle en Floride n’est qu’un symptôme supplémentaire de la menace plus générale que fait peser le réchauffement climatique. Selon une étude récente, le réchauffement climatique pourrait entraîner la disparition de tous les récifs coralliens de la planète d’ici 2100.
Source : Accuweather, NOAA, médias américains.

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Here is another severe consequence of global warming. A sudden marine heat wave off the coast of Florida has surprised scientists and sent water temperatures soaring to unprecedented highs, threatening one of the most severe coral bleaching events the state has ever seen.

Sea surface temperatures around Florida have reached the highest levels on record since satellites began collecting ocean data. And the warming is happening much earlier than normal. Accordong to scientists, this is another example of ocean heat being amplified by the human-caused climate crisis and the extreme weather it brings.

The exceptional sea temperatures – close to 36 degrees Celsius in some areas – are more than just another alarming climate record; extreme ocean heat and its duration are critical in deciding the survival of coral reefs. Temperatures that are too hot for too long cause coral to bleach, turning a ghastly white as they expel their algal food source and slowly starve to death. Coral that bleaches won’t always die, but the more intense the heat and the longer it lasts, the more inevitable death becomes.

All it takes is sea surface warming of 1 degree Celsius beyond the reef’s normal highest temperature to trigger the heat stress that leads to bleaching. The sea surface temperatures around Florida are more than 2 degrees Celsius above that normal range and have been for one to two weeks.

The more ecologically vital and expansive coral reefs are located east and south of the Florida Keys. The buoy measurements indicate just how extreme the heat in Florida has been so unusually early in the summer. Ocean temperatures around Florida usually get hotter as the summer progresses and don’t reach their peak until late August into September. The early heat wave means that ocean temperatures could rise further, with more coral deaths.

The bleaching is already happening in the Florida Keys, which is home to 6,000 individual reefs. Eleven observations of partial bleaching were confirmed by the Mote Marine Laboratory in June. Experts said they expected that number to grow exponentially in the weeks to come.

A NOAA study published in 2022 found that global warming-fueled coral disease and bleaching had already eroded 70% of Florida’s coral reefs. Florida is losing more than just the coral. Coral reefs generate billions of dollars for Florida’s economy through activities like fishing and tourism, which wouldn’t be possible without the reefs. From an ecological standpoint, about 25% of the marine species depend on coral reefs at some point in their lives.

Florida’s latest coral crisis is just another symptom of the broader threat of global warming. A recent study has found it could wipe out all of Earth’s coral reefs by 2100.

Source : Accuweather, NOAA, U.S. news media.

La zone de mer au large des côtes du sud-ouest de la Floride présentait une température de surface de 32,7°C le 10 juillet 2023 (Source : NOAA)

Le procès suite à la catastrophe de White Island // The lawsuit after the White Island disaster

White Island est une île volcanique active située dans la partie nord-est de la Bay of Plenty (Baie de l’Abondance) en Nouvelle-Zélande.
Le 9 décembre 2019, le volcan est entré en éruption et a envoyé une déferlante roches, de cendres et de sédiments chauffés à haute température.
Voici une vidéo tournée par l’un des touristes qui se trouvaient sur l’île et qui a survécu à l’éruption :

https://edition.cnn.com/videos/world/2023/07/13/new-zealand-white-island-volcano-trial-lon-orig.cnn

14 Australiens, cinq Américains, deux Néo-Zélandais et un Allemand ont été tués pendant l’éruption. De nombreuses autres personnes ont subi des blessures horribles,. Il a fallu mettre rapidement sur pied une opération médicale à grande échelle. Les victimes ont été prises en charge par des unités de soins pour grands brûlés à travers la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Il y avait 47 touristes sur White Island lorsque l’éruption volcanique s’est produite. L’île appartient aux frères Andrew, James et Peter Buttle, gestionnaires de la compagnie Whakaari Management Limited (WML).
Six parties, dont deux voyagistes et la WML, ont été accusées d’avoir enfreint les règles de santé et de sécurité avant la catastrophe. Selon les procureurs, les touristes n’ont reçu aucune mise en garde de santé et de sécurité avant de débarquer sur White Island. L’un des procureurs a déclaré : « L’activité touristique sur White Island était une entreprise risquée. Elle supposait la visite d’un volcan actif en conduisant les gens au cœur du cratère dans des circonstances où personne ne pouvait prévoir quand une éruption pourrait se produire. Tout le monde sait que le moment de cette éruption ne pouvait être prévu… mais il était prévisible qu’elle puisse survenir à un moment ou un autre. » Le procureur a fait valoir que la société propriétaire du volcan n’avait pas compris le risque.
Six sociétés, dont White Island Tours, qui a transporté par bateau vers le site volcanique 21 des personnes tuées, ont déjà plaidé coupable. Chacune des sociétés jugées encourt une amende maximale équivalente à 840 000 euros. Chacun des propriétaires de l’île encourt une amende maximale de 170 000 euros. .
Suite à la catastrophe, les touristes ne sont plus autorisés à visiter l’île.
Source : médias néo-zélandais.

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White Island is an active volcanic island in New Zealand’s northeastern Bay of Plenty region.

Here is a video shot by one of the personns on the island at the time of the eruption. On December 9th, 2019, the volcano erupted, releasing a high temperature plume of rock and ash in the air.

Here is a video shot by one of the tourists who were on the island and who survived the eruption:

https://edition.cnn.com/videos/world/2023/07/13/new-zealand-white-island-volcano-trial-lon-orig.cnn

In total, 14 Australians, five Americans, two New Zealanders and one German were killed. Many more people suffered horrific injuries, prompting a massive medical operation that saw victims treated in burns units across New Zealand and Australia. There were 47 tourists on White Island when the volcanic eruption happened. The island was owned by the brothers Andrew, James and Peter Buttle under Whakaari Management Limited (WML).

Six parties, including two tour companies and the WML, have been charged with breaching health and safety regulations in the lead-up to the disaster. According to the prosecutors, the tourists received no health and safety warning before they landed on White Island.  One of the prosecutors said : « The business of tourism on White Island was a risky business. It involved tours to an active volcano, taking people to the heart of the crater in circumstances where no one could predict when an eruption might occur. No one is suggesting that the timing of this eruption could have been predicted… but it was foreseeable that it may erupt at some point. » The prosecutor argued that the company that owned the volcano failed to understand the risk.

Six companies, including White Island Tours, which ferried 21 of those killed to the volcanic site by boat, have already pleaded guilty. Each of the companies on trial faces a maximum fine of 840,000 euros. Each of the brothers charged faces a maximum fine of 170,000 euros. .

Following the disaster, tourists are no longer allowed to visit the island.

Source : New Zealand news media.

White Island en janvier 2009 (Photos: C. Grandpey)