Alertes tsunami dans le Pacifique // Tsunami warnings in the Pacific Ocean

Un séisme de magnitude M8,8 a été enregistré au large de la péninsule russe du Kamtchatka le 29 juillet 2025, déclenchant des alertes tsunami sur toute la côte ouest des États-Unis, avec également des ordres d’évacuation à Hawaï.
Le séisme a été enregistré à 23 h 24 (GMT), à environ 125 km à l’est-sud-est de Petropavlovsk-Kamtchatski. L’USGS  indique que l’hypocentre du séisme est peu profond, à une profondeur d’environ 19 km.
Peu avant 23 h 30, l’alerte tsunami a été déclenchée pour les zones côtières de Californie, du cap Mendocino à la frontière entre l’Oregon et la Californie. Une alerte tsunami signifie que des inondations importantes sont possibles.
L’alerte tsunami reste également en vigueur sur les zones côtières de l’Alaska, de Samalga Pass à Attu, à l’extrémité ouest des îles Aléoutiennes, et à Hawaï.
Les habitants des îles Aléoutiennes ont été invités à s’éloigner des plages, des ports, des marines et des criques. Suite à l’alerte tsunami émise pour les îles hawaïennes, le comté d’Hawaï a ordonné l’évacuation de toutes les zones inondables. La première vague du tsunami devrait atteindre les côtes de Big Island vers 19h17 aujourd’hui.

Ce n’est pas la première fois qu’un puissant séisme affecte cette région du monde. La péninsule du Kamchatka est une zone de subduction où la plaque Pacifique plonge sous la plaque d’Okhotsk. Cela se traduit par un volcanisme de subduction avec des volcans bien connus comme le Klyuchevskoy, le Karysmsky, le Sheveluch ou le Bezymianny qui entrent régulièrement en éruption.

La région est également soumise à un fort risque sismique. Au printemps 2006, un séisme de magnitude M7,9 touche la Koriakie. Le séisme du 5 novembre 1952 avait initialement reçu une magnitude de 8,2, mais elle a été révisée à M9,0 au cours des années suivantes. L’événement a provoqué un important tsunami, causant des dégâts et des victimes dans la péninsule du Kamtchatka et les îles Kouriles. Hawaï a également été impacté, avec des dégâts estimés à un million de dollars et des pertes de bétail, mais aucune victime humaine n’a été enregistrée. Le Japon n’a signalé aucune victime ni aucun dégât. Le tsunami a atteint l’Alaska, le Chili et la Nouvelle-Zélande.
L’hypocentre était situé à une profondeur de 21,6 km. La longueur de la rupture le long de la zone de subduction était de 600 km. Des répliques ont été enregistrées sur une superficie d’environ 247 000 km².

Source : USGS, autorités fédérales.

La péninsule du Kamtchatka, langue de terre longue de 1 250 kilomètres, est située à la jonction des plaques tectoniques du Pacifique et de l’Amérique du Nord.

Le dernier séisme est le plus puissant observé depuis celui de Tohoku, au Japon, en 2011, qui avait frappé la côte nippone avec une magnitude de M9,1, entraînant un tsunami dévastateur et un accident nucléaire à Fukushima.

À l’échelle mondiale, seuls cinq séismes enregistrés depuis un siècle ont surpassé celui de cette nuit : Valdivia (sud Chili) le 22 mai 1960 avec une magnitude de M9,5 ; séisme du Vendredi saint (Alaska) le 27 mars 1964 avec une magnitude de M9,2 ; séisme de Tōhoku (Japon) le 11 mats 2011 avec une magnitude de M9,1 ; séisme du 26 décembre 2004 à Sumatra (Indonésie) avec une magnitude de M9,1 ; séisme au Kamchatka en 1952 avec une magnitude de M9,0).

 

Le Pacifique nord-ouest avec la chaîne des Aléoutiennes et, à gauche, la fosse des Kouriles (Kouriles-Kamchatka) où s’est produit le dernier séisme (Source : USGS /  AVO)

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Dernière minute : les vagues de tsunami ont atteint Hawaï mais ne semblent pas avoitr l’amplitude redoutée. Aucun dégât n’est observé actuellement. Il faudra cependant quelques heures avant que l’énergie du séisme de magnitude 8,8 qui a frappé la côte est du Kamtchatka se dissipe complètement. Les secours continuent de surveiller la situation. L’eau a reculé et est remontée à plusieurs reprises du côté de Nawiliwili, à Kaua’i, où la première vague était attendue vers 19 h 10 (heure locale).

11h30 (heure Paris) : Comme je l’indiquais plus haut, aucun tsunami majeur n’est attendu à Hawaï. L’alerte tsunami reste toutefois de mise car la menace peut persister plusieurs heures, même si aucune vague de tsunami majeure n’est attendue suite au violent séisme de magnitude 8,8 survenu au large de la côte est de la Russie.

L’amplitude des vagues enregistrées à Hawaii a été la suivante : 1,70 mètre à 20h09 à Kahului, Maui. Amplitude de 1,49 m à 20 h 32 à Hilo. Amplitude de 1,29 m à 19 h 48 à Hanalei, Kaua’i.

Selon les médias français, en Polynésie française, on s’attendait à une onde océanique estimée entre 1,10 m et 2,20 m de hauteur, entre 00h57 (12h27 heure de Paris) et 1h08 (12h38). Les maires ont activé leurs plans communaux de sauvegarde, la gendarmerie a mis en sécurité la population

Peu avant 7 heures, un tsunami de 1,30 m a atteint un port sur la côte nord du Japon. Dans le port de Severo-Kourilsk, dans le nord de l’archipel russe des Kouriles, plusieurs tsunamis successifs ont submergé les rues sans faire de victimes.

Globalement, il semble donc que le puissant séisme de M8,8 ne causera pas les dégâts redoutés. C’est, bien sûr, une très bonne nouvelle.

Photo: C. Grandpey

16h00 (heure de Paris) : Le KVERT indique que le Klyuchevskoy (Kamchatka) est entré en éruption après le puissant séisme survenu le 20 juillet au large des côtes de la péninsule. Personne ne peut dire si cette éruption fait partie du comportement éruptif normal du volcan ou si elle est liée au séisme.
Les autorités d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud ont ordonné des évacuations et émis des alertes tsunami.
Les vagues du tsunami ont commencé à frapper les îles Marquises, en Polynésie française, tôt le 30 juillet, mais les les vagues sont plus faibles que prévu initialement. Cette situation va à l’encontre des prévisions alarmistes diffusées par les es médias français.
L’alerte tsunami a été levée pour les zones côtières du sud de l’Alaska, de la péninsule d’Alaska et des îles Aléoutiennes. Elle a également été levée pour les zones côtières de la Colombie-Britannique, ainsi que pour les Samoa.

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A magnitude 8.8 earthquake struck off Russia’s Kamchatka Peninsula on July 29th, 2025, triggering tsunami alerts for the entire U.S. West Coast and prompting evacuation warnings in Hawaii.

The earthquake was recorded at 11:24 p.m. (GMT), about 125 km east-southeast of Petropavlovsk-Kamchatsky. USGS said the quake was shallow, at a depth of about 19 km

Shortly before 11:30 p.m., a tsunami advisory was upgraded to a warning for the coastal areas of California, from Cape Mendocino to the Oregon-California border. A tsunami warning means significant inundation is possible.

The tsunami warning also remains in effect from the coastal areas of Alaska from Samalga Pass to Attu, at the western end of the Aleutian Islands, and Hawaii.

Residents in the Aleutian Islands were advised to move out of the water and away from beaches, harbors, marines and inlets.

Hawaiʻi County ordered the evacuation of all tsunami inundation zones as a result of the tsunami warning issued for the Hawaiian Islands.

The first tsunami wave is expected to arrive at Big Island coasts about 7:17 p.m. today.

This is not the first time a powerful earthquake has struck this region of the world. The Kamchatka Peninsula is a subduction zone where the Pacific Plate plunges beneath the Okhotsk Plate. This results in subduction volcanism, with well-known volcanoes such as Klyuchevskoy, Karysmsky, Sheveluch, and Bezymianny regularly erupting.
The region is also subject to a high seismic risk. In the spring of 2006, a magnitude 7.9 earthquake struck Koryakia.

The November 5, 1952 earthquake had been initially assigned a magnitude of 8.2, but it was revised to 9.0 in later years. A large tsunami followed, causing destruction and casualties on the Kamchatka Peninsula and the Kuril Islands. Hawaii was also affected, with damage estimated at up to one million dollars and livestock losses, but no human casualties were recorded. Japan reported no casualties or damage. The tsunami reached Alaska, Chile, and New Zealand.

The hypocentre was located at a depth of 21.6 km. The length of the subduction zone rupture was 600 km. Aftershocks were recorded over an area of approximately 247,000 km2.

Source : USGS, federal authorities.

The Kamchatka Peninsula, a 1,250-kilometer-long strip of land, is located at the junction of the Pacific and North American tectonic plates.
The latest earthquake was the most powerful recorded since the 2011 Tohoku earthquake in Japan, which struck the Japanese coast with a magnitude of M9.1, triggering a devastating tsunami and a nuclear accident at Fukushima.
On a global scale, only five earthquakes recorded in the last century have surpassed last night’s: Valdivia (southern Chile) on May 22, 1960, with a magnitude of M9.5; the Good Friday earthquake (Alaska) on March 27, 1964, with a magnitude of M9.2; and the Tōhoku earthquake (Japan) on May 11, 2011, with a magnitude of M9.1. earthquake of December 26, 2004 in Sumatra (Indonesia) with a magnitude of M9.1; earthquake in Kamchatka in 1952 with a magnitude of M9.0).

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Last minute : the tsunami waves have started to reach Hawaii, but don’t eeem to have the feared amplitude. No damage has currently been observed. However, it will be a few hours before the energy of the M8.8 earthquake that struck off the east coast of Kamchatka passes completely. Emergency personnel continue to monitor the situation. The water has receded and rose a few times on the Nawiliwili side of Kaua‘i, where the first wave was expected to arrive by 7:10 p.m (local time).

11:30 a.m. (Paris time): As I put it above, no major tsunami is expected in Hawaii. However, the tsunami warning remains in effect because the threat could persist for several hours, even though no major tsunami wave is expected following the violent M8.8 earthquake off the east coast of Russia.
The wave heights recorded in Hawaii were as follows: 1.70 meters at 8:09 p.m. in Kahului, Maui. 1.49 m at 8:32 p.m. in Hilo. 1.29 m at 7:48 p.m. in Hanalei, Kaua’i.

According to French media, in French Polynesia, an ocean wave estimated at between 1.10 m and 2.20 m in height was expected between 12:57 a.m. (12:27 p.m. Paris time) and 1:08 a.m. (12:38 p.m.). Mayors have activated their local emergency plans, and the police has secured the population.

Shortly before 7 a.m., a 1.30-meter tsunami struck a port on the northern coast of Japan. In the port of Severo-Kurilsk, in the northern Russian Kuril Islands, several successive tsunamis flooded the streets without causing any casualties.

Overall, it therefore appears that the powerful M8.8 earthquake will not cause the feared damage. This is, of course, very good news.

4:00 pm (Paris time) : KVERT indicates that Klyuchevskoy (Kamchatka) has started erupting after the powerful earthquake that occurred on July 20th off the peninsula’s coast. Nobody can say whether the eruption was part of the volcano’s normal eruptive behavoiur or whether it was linked to the earthquake.

Authorities in Central and South America have ordered evacuations and issued tsunami warnings.

Tsunami waves began hitting the Marquesas Islands in French Polynesia early on July 30th, but the waves were forecast to be smaller than initially feared. This goes against the alrming predictions made by the French news media. .

The tsunami warning has been cancelled for coastal areas of south Alaska, the Alaska peninsula and the Aleutian Islands. It las also been cancelled for the coastal areas of British Columbia, as well as for American Samoa.

Subduction et séismes en Alaska // Subduction and earthquakes in Alaska

Un puissant séisme de magnitude M7,3 a été enregistré sur la péninsule d’Alaska le 16 juillet 2025. Largement ressenti dans l’État, le séisme a déclenché une alerte tsunami et des évacuations d’urgence dans de nombreuses localités côtières.
La réaction humaine à ce séisme a été rapide et coordonnée. Quelques minutes après l’événement, le Centre d’alerte aux tsunamis a émis une alerte couvrant une zone de 1 100 kilomètres le long de la côte sud de l’Alaska. Les zones habitées entre Sand Point et Unalaska, ont rapidement activé les procédures d’évacuation et les habitants se sont dirigés vers des zones plus élevées par mesure de précaution.

 

Photos : C. Grandpey

Heureusement, ce séisme n’a entraîné que des variations infimes du niveau de l’eau et les dégâts signalés sont restés minimes. Le système d’alerte tsunami a fonctionné comme prévu : les autorités ont réduit l’alerte moins d’une heure après le séisme, avant de l’annuler quelques heures plus tard. Toutefois, les voyageurs et la population doivent s’attendre à une poursuite de l’activité sismique dans la région. L’USGS indique qu’au moins un séisme de magnitude M6,0 ou plus est possible au cours des prochains jours, ainsi que des séismes de moindre ampleur.

Ce séisme en Alaska rappelle la position de l’État dans l’une des régions les plus sismiques du monde. L’Alaska subit les effets de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine. Comme je l’ai écrit dans une note publiée le 26 janvier 2016, l’arc des Aléoutiennes en est la parfaite illustration. Il s’étend sur environ 3 000 km, depuis le golfe d’Alaska à l’est jusqu’à la péninsule du Kamtchatka à l’ouest. La subduction est responsable de la naissance des îles Aléoutiennes et, au large, de la fosse des Aléoutiennes dont la profondeur peut dépasser 7 800 mètres.

Vue de l’ensemble des volcans le long de la zone de subduction entre l’Alaska et le Kamchatka (Source : Alaska Volcano Observatory)

L’histoire sismique de l’Alaska est particulièrement riche. Le premier événement très puissant survenu le long de l’arc au 20ème siècle fut un séisme de magnitude M8,6 sur l’île Shumagin le 10 novembre 1938. Cet événement a été provoqué par la rupture d’une portion de l’arc d’environ 300 km et provoqué un petit tsunami enregistré jusqu’à Hawaï.
Le séisme de magnitude M8,6 sur l’île Unimak le 1er avril 1946, dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, s’est caractérisé par une rupture lente suivie d’un tsunami dévastateur à grande échelle dans le Pacifique, jusqu’aux côtes de l’Antarctique. Bien que les dégâts causés par les secousses sismiques aient été localement peu importants, la vague du tsunami est montée jusqu’à 42 mètres sur l’Ile Unimak et des vagues ont fait des victimes à Hilo (Hawaï). [Voir ma note du 1er avril 2015 à propos de cet événement]
Le puissant séisme suivant a eu lieu dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, près des Iles Andreanof le 9 mars 1957, avec une magnitude de M 8.6. La longueur de la rupture a été d’environ 1200 km, ce qui en fait la plus longue zone de répliques jamais observée le long de l’arc. D’importants dégâts ainsi que des tsunamis ont été observées sur les îles Adak et Unimak, avec des vagues d’environ 13 mètres de hauteur.
Le séisme le plus puissant a été enregistré le 27 mars 1964 dans le Prince William Sound avec une magnitude de M 9.2. C’est actuellement le deuxième plus puissant séisme enregistré dans le monde après celui de M 9,5 au Chili en mai 1960. Il a été généré par une rupture d’environ 700 km entre le Prince William Sound au nord-est et l’extrémité sud de l’île Kodiak au sud-ouest. La secousse principale a été ressentie dans une grande partie de l’Alaska, ainsi que dans certaines parties du Territoire du Yukon et de la Colombie Britannique au Canada. Des dégâts très importants ont été observés à Anchorage avec les glissements de terrain qui ont suivi. Le séisme a également déclenché un tsunami dévastateur qui a causé des dégâts le long du Golfe d’Alaska, de la côte Ouest des États-Unis, et à HawaÏ. Plus de 250 personnes ont été tuées.
Source : USGS.

Aujourd’hui, personne n’a oublié la catastrophe du Vendredi Saint 1964 (Photo : C. Grandpey)

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A powerful M 7.3 earthquake struck offshore of Alaska’s Peninsula on July 16th, 2025 ; The quake was felt widely, prompting immediate tsunami warnings and evacuations across multiple coastal communities.

The human response was swift and coordinated. Within minutes of the earthquake, the National Tsunami Warning Center issued a tsunami warning covering a 1,100-kilometer stretch of Alaska’s southern coast. Communities from Sand Point to Unalaska quickly activated evacuation procedures, with residents moving to higher ground as a precautionary measure. Fortunately, this Alaska earthquake generated only minimal water level changes and damage reports remained minimal. The warning system worked as designed ; officials downgraded the tsunami warning to an advisory within an hour, and completely canceled all alerts a few hours later. Naturally, travelers and residents should prepare for continued seismic activity in the region. The USGS indicates that at least one magnitude 6 or greater earthquake is possible in the foreseeable future , as well as smaller earthquakes.

This Alaska earthquake serves as a reminder of the state’s position in one of the world’s most seismically active regions. Alaska undergoes the subduction of the Pacific plate beneath the North American plate. The Aleutian arc is the perfect evidence of this phenomenon. It extends approximately 3,000 km from the Gulf of Alaska in the east to the Kamchatka Peninsula in the west. The subduction is responsible for the generation of the Aleutian Islands and the offshore Aleutian Trench which can be more than 7800 metres deep.
The seismic story of Alaska is particularly rich. The first very powerful event along the arc during the 20th century was the November 10th 1938 M8.6 Shumagin Island earthquake. This event ruptured an approximately 300 km long stretch of the arc and generated a small tsunami that was recorded as far south as Hawaii.
The April 1st, 1946 M8.6 Unimak Island earthquake, located in the central Aleutian arc, was characterized by slow rupture followed by a devastating Pacific-wide tsunami that was observed as far south as the shores of Antarctica. Although damage from earthquake shaking was not severe locally, tsunami run-up heights were recorded as high as 42 metres on Unimak Island and tsunami waves in Hilo (Hawaii) also resulted in casualties. [See my note of April 1st 2015 about this event]
The next powerful earthquake occurred along the central portion of the Aleutian arc near the Andreanof Islands on March 9th 1957, with a magnitude of M8.6. The rupture length of this event was approximately 1200 km, making it the longest observed aftershock zone of all the historic Aleutian arc events. Significant damage and tsunamis were observed on the islands of Adak and Unimak with tsunami heights of approximately 13 metres.
The most powerful earthquake was the March 27th 1964 M9.2 Prince William Sound earthquake, currently the second largest recorded earthquake in the world. The event had a rupture length of roughly 700 km extending from Prince William Sound in the northeast to the southern end of Kodiak Island in the southwest. Significant shaking was felt over a large region of Alaska, as well as in parts of western Yukon Territory, and British Columbia in Canada. Property damage was the largest in Anchorage with the ensuing landslides. The earthquake also triggered a devastating tsunami that caused damage along the Gulf of Alaska, the West Coast of the United States, and in Hawaii. More than 250 people got killed.
Source : USGS.

Volcans plus actifs aux États Unis ? Pas vraiment ! // Are volcanoes getting more active in the U.S. ? Not really !

Certaines agences de presse et journaux américains, dont USA Today, s’inquiètent actuellement de la hausse d’activité observée chez plusieurs volcans dans leur pays. Pourtant, la situation n’est en aucun cas exceptionnelle. Comme je l’explique lors de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », cette impression est souvent due au fait que l’information circule aujourd’hui à la vitesse de la lumière, donnant l’illusion que les éruptions sont plus fréquentes. Il n’y a pas plus d’éruptions que par le passé ; les volcans poursuivent leur activité normale avec, de temps à autre, des périodes où ils peuvent être plus actifs.
Les volcans d’Alaska, de l’État de Washington, de l’Oregon et d’Hawaï ont récemment montré une certaine hausse d’activité et ont même émis de la lave, mais les géologues estiment qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Le Kilauea, à Hawaï, a connu 28 épisodes éruptifs à ce jour et un 29ème est probable dans quelques jours.

Photo: C. Grandpey

La sismicité a augmenté sur l’Iliamna (Alaska), mais il semble que la cause ne soit pas volcanique, mais plutôt liée à des mouvements de terrain ou de glace sur un flanc du volcan. Le niveau d’alerte volcanique pour l’Iliamna est actuellement Normal (le niveau le plus bas).

Photo: C. Grandpey

En Alaska, il ne faut pas oublier le Great Sitkin dont le cratère sommital montre une émission de lave depuis juillet 2021.

Crédit photo: AVO

Le mont Rainier, dans l’État de Washington, a également connu une hausse de sa sismicité, avec plus de 300 séismes début juillet 2025, l’essaim sismique le plus significatif jamais enregistré sur le volcan. Cependant, l’Observatoire volcanologique des Cascades explique que cela correspond à la circulation de fluides le long de failles préexistantes sous le volcan, et non à une activité volcanique.

Photo: C. Grandpey

Au large de la côte ouest des États-Unis, les sismologues surveillent également l’Axial Seamount un imposant volcan sous-marin situé à 480 km au large des côtes de l’Oregon. Une éruption est attendue courant 2025 (voir ma note du 18 juillet 2024 sur ce blog).

Les scientifiques de l’USGS expliquent qu’il n’existe aucun lien direct entre ces volcans, qui appartiennent à différents systèmes sur Terre. De plus, la distance entre ces centres d’activité est de plusieurs milliers de kilomètres. Cependant, les sismologues et les volcanologues les surveillent attentivement.

Source : USA Today via Yahoo News.

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Some press agencies and newspapers in the U.S. – USA Today is one of them – are worrying these days because several volcanoes in their country are more active than usual. However, the situation is by no means exceptuonal. As I explain in my conference ‘Volcanoes and volcano hazards‘, this impression is often due today to the fact that information travels at the speed of light, giving the illusion that eruptions are more frequent. There are not more eruptions than in the past, volcanoes are doing their usual business, with periods when they can be more active.

Volcanoes in Alaska, Washington state, Oregon and Hawaii have recently been showing increased signs of activity and even spewing lava, but geologists say there is no cause for alarm.

Kilauea in Hawaii is going through eruptive episodes, 28 up to now and a 29th event is likely in a few days.

Seismicity has increased on Iliamna (Alaska) but it seems that the cause is not volcanic, but rather related to movements on the side of the volcano. The volcano alert level for Iliamna is currently Normal (the lowest level).

In Alaska, one should not forget Great Sitkin where lava has been erupting in the summit crater since July 2021.

Mount Rainier in Washington State has also shown an increase in seismicity with more than 300 earthquakes recorded in early July, the largest earthquake swarm ever recorded at the volcano. However, the Cascades Volcano Observatory explains it is consistent with the circulation of fluids along preexisting faults beneath the volcano, and not to volcanic activity.

Off the U.S. West Coast, seismologists are also monitoring the Axial Seamount, a massive undersea volcano located 480 km off the Oregon coast. An eruption is expected sometime in 2025 (see my post of 18 July 2024 on this blog).

USGS scientists explain that there is no direct connection between any of these volcanoes that belong to different systems on Earth. Moreover, the distance between these activity centers is thousands of kilometers. However, seismologists and volcanologists are keeping a careful eye on them.

Source : USA Today via Yahoo News.

Le Veniaminof (Alaska) pour mieux comprendre le comportement du magma // Veniaminof (Alaska) to better undrestand magma behaviour

Le Veniaminof, l’un des volcans qui se dressent sur la péninsule d’Alaska, présente une longue histoire d’éruptions qui se produisent avec peu ou pas de signes précurseurs détectables. Malgré la présence de huit stations sismiques permanentes et d’une surveillance satellite par radar à synthèse d’ouverture interférométrique (InSAR), la plupart des éruptions depuis 1993 se sont produites sans véritables signes précurseurs. Sur les 13 dernières éruptions, seules deux ont été précédées de signes avant-coureurs détectables. Ce schéma éruptif a incité les chercheurs à examiner le système magmatique sous-jacent du Veniaminof et à étudier le comportement des volcans avant leur éruption.

Vue du Veniaminof (Crédit photo : USGS)

Des chercheurs de deux universités de l’Illinois ont cherché à déterminer si un système magmatique fermé pouvait entrer en éruption sans déclencher d’activité sismique ni de mouvements de terrain notables.
Dans les systèmes volcaniques ouverts, comme le Mauna Loa, le magma et les gaz se déplacent librement vers la surface, ce qui génère parfois peu de signaux avant-coureurs clairs. En revanche, les systèmes fermés, comme les Champs Phlégréens, accumulent généralement de la pression, ce qui peut provoquer un soulèvement du sol et une hausse de la sismicité avant une éruption. Pour comprendre comment des éruptions peuvent se produire sans ces signaux, les chercheurs ont construit des modèles thermomécaniques avec lesquels ils ont testé l’interaction des changements de forme, de taille, de profondeur et de débit de la chambre magmatique avec les propriétés physiques de la roche environnante.
L’équipe scientifique a créé des modèles intégrant le comportement de la roche, dépendant et indépendant de la température. Ils ont simulé le déplacement du magma depuis des sources profondes, à plus de 13 km de profondeur, vers des chambres magmatiques moins profondes, avec diverses géométries.
Pour tester le réalisme de ces modèles, ils ont comparé les résultats aux données InSAR et sismiques de l’éruption de Veniaminof de 2018. L’éruption de 2018 est intéressante car elle n’a montré aucun mouvement de terrain significatif ni aucune activité sismique préalable, ce qui en fait un bon exemple d’éruption ‘silencieuse’, autrement dit sans signes précurseurs.
La principale conclusion est que certains systèmes magmatiques peuvent entrer en éruption sans produire de signaux d’alerte détectables. Plus précisément, les systèmes disposant de petites chambres magmatiques profondes, avec de faibles apports de magma et une roche environnante ramollie par la chaleur peuvent produire des éruptions avec une déformation minimale du sol (moins de 10 mm) et une sismicité faible, voire nulle. Cette dernière est en général liée à la rupture de la roche par cisaillement.
Cependant, les scientifiques ont remarqué que certaines roches continuent à se fracturer suite à des contraintes trop intenses, ce qui est suffisant pour permettre au magma de remonter vers la surface et provoquer une éruption. Dans les modèles où le comportement de la roche évolue avec la température, un flux de magma plus important est nécessaire pour déclencher cette rupture, mais même dans ce cas, les signaux de surface restent faibles.
L’analyse InSAR de 2015 à 2018 n’a révélé aucun schéma cohérent de soulèvement ou d’affaissement du sol autour du Veniaminof, ce qui corrobore les résultats de la modélisation. Même lors de l’éruption de 2018, les signaux de déplacement étaient difficilement détectables et probablement masqués par des interférences atmosphériques ou par le glacier qui recouvre le sommet. Ces facteurs compliquent la détection de signes subtils d’inflation volcanique et étayent la conclusion selon laquelle le Veniaminof peut produire des éruptions avec peu ou pas de signes précurseurs en surface.

References:

Stealthy magma system behavior at Veniaminof Volcano, Alaska – Yuyu Li, Patricia M. Gregg, et al. – Frontiers in Earth Science – June 10, 2025 – DOI https://doi.org/10.3389/feart.2025.1535083 – OPEN ACCESS

The Watchers.

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Veniaminof volcano on the Alaska Peninsula has a long record of eruptions that occur with little or no detectable warning. Despite the presence of eight permanent seismic stations and satellite monitoring using Interferometric Synthetic Aperture Radar (InSAR), most eruptions since 1993 have taken place without clear precursory signals. Of the last 13 eruptions, only two were preceded by detectable warning signs. This pattern prompted researchers to examine the underlying magma system at Veniaminof and investigate how volcanoes behave prior to eruption.

Researchers from two Illinois universities set out to test whether a sealed magma system could erupt without triggering any noticeable seismic activity or ground movement.

In open volcanic systems, such as Mauna Loa, magma and gases move more freely toward the surface, sometimes resulting in fewer clear warning signals. In contrast, closed systems, such as Campi Flegrei, typically accumulate pressure, which can cause ground uplift and increased seismicity before an eruption.

To figure out how eruptions might happen without these signals, the researchers built detailed thermomechanical models. They tested how changes in magma chamber shape, size, depth, and magma supply rate interact with the surrounding rock’s physical properties.

The scientific team created models incorporating both temperature-dependent and temperature-independent rock behavior. They simulated magma transport from deep sources, more than 13 km below the surface, into shallower magma chambers with varying geometries.

To test how realistic these models were, they compared the results with InSAR and seismic data from Veniaminof’s 2018 eruption. The 2018 eruption is valuable because it showed no obvious ground movement or any preceding seismic activity, making it a good example of a quiet eruption.

The main finding is that certain magma systems can erupt without producing detectable warning signals. Specifically, systems characterized by small, deep magma chambers, low magma supply rates, and heat-softened surrounding rock can produce eruptions with minimal ground deformation (less than 10 mm and little to no seismicity related to shear failure, which typically causes earthquakes.

However, some rock still fractured through tensile failure, which was enough to allow magma to rise and cause an eruption. In models where the rock’s behavior changed with temperature, a higher magma flux was needed to trigger this failure, but even then the surface signals remained weak.

InSAR analysis from 2015 to 2018 revealed no consistent uplift or subsidence patterns around the volcano, supporting the modeling results. Even during the 2018 eruption, displacement signals were ambiguous and likely masked by atmospheric interference or the glacier covering the summit. These factors complicate the detection of subtle signs of volcanic inflation and support the conclusion that Veniaminof can produce eruptions with little or no surface warning.

References:

Stealthy magma system behavior at Veniaminof Volcano, Alaska – Yuyu Li, Patricia M. Gregg, et al. – Frontiers in Earth Science – June 10, 2025 – DOI https://doi.org/10.3389/feart.2025.1535083 – OPEN ACCESS

The Watchers.