Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Un épisode éruptif important a débuté sur le Marapi – à ne pas confondre avec le Merapi – sur l’île indonésienne de Sumatra le matin du 3 décembre 2023. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Rouge. Le panache de cendres est monté jusqu’à 15 km au-dessus du niveau de la mer.
La dernière éruption du Marapi a eu lieu en mars 2023. Selon la Smithsonian Institution, le Marapi est particulièrement actif, avec plus de 50 éruptions petites à modérées depuis la fin du 18ème siècle.
Source : Magma Indonesia.
Voici une des vidéos de l’éruption diffusées sur les réseaux sociaux :
https://twitter.com/i/status/1731237982261424431

Ce que l’on pensait être un simple épisode éruptif du Marapi s’est transformé en drame car 23 randonneurs ont été retrouvés morts près du cratère. 49 randonneurs ont été évacués de la zone affectée par l’éruption. Beaucoup présentaient des brûlures et 12 ont été hospitalisés.Il y avait 75 randonneurs dans le secteur du volcan au moment de l’éruption.
Source : la BBC.

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L’Anak Krakatau (Indonésie) a repris son activité explosive, avec une série d’épisodes de fontaines de lave de courte durée mais intenses le 4 décembre 2023 au soir. Les épisodes éruptifs ont duré entre 41 et 150 secondes, avec des panaches de cendres atteignant 2 100 m d’altitude.
Les autorités demandent à la population, notamment aux pêcheurs, de maintenir une distance de sécurité d’au moins 5 km du volcan.
L’augmentation d’activité à l’Anak Krakatau a débuté le 26 novembre 2023, avec des éruptions explosives éjectant des cendres jusqu’à 1,1 km d’altitude. Comme je l’ai déjà écrit, les habitants de l’île Sebesi, la zone habitée la plus proche, située à environ 16,5 km du volcan, ont signalé de forts grondements accompagnant les éruptions. Le niveau d’alerte de l’Anak Krakatau est actuellement III ou Siaga.
Source : Magma Indonésie, The Watchers.

L’Anak Krakatau vu depuis l’espace le 2 décembre 2023 (Source : USGS/Landsat-8)

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Toujours pas d’éruption sur le Kilauea (Hawaii). Une certaine sismicité continue d’être enregistrée dans la zone du rift sud-ouest, au sommet et dans l’Upper East Rift Zone. Ce type d’activité peut continuer à fluctuer en fonction de l’alimentation magmatique dans la zone et une activité éruptive pourrait se produire sans prévenir ou presque dans un avenir proche. Aucune activité particulière n’a été observée dans la Middle East Rift Zone et dans la Lower East Rift Zone du Kilauea.
Le HVO explique que les dernières éruptions ont été précédées d’essaims sismiques significatifs provoqués par la mise en place d’un dike 1 à 2 heures avant les éruptions. Un tel contexte n’a pas été détecté pour le moment.

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Aucune nouvelle activité n’a été observée sur la péninsule de Reykjanes (Islande). La sismicité est faible. Il y a encore un certain soulèvement du sol dans la région de Svartsengi, ce qui montre que le magma continue de s’écouler dans l’intrusion, mais il n’y a aucun signe d’éruption imminente. Il faut cependant rester vigilant car un nouvel afflux de magma dans l’intrusion changerait la donne.

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En fin d’après-midi, vers 16 heures (GMT) le 1er décembre 2023, l’INGV a enregistré une hausse de l’activité strombolienne au niveau du Cratère Sud-Est (CSE) de l’Etna (Sicile), avec des fontaines de lave et des émissions de cendres qui se dirigeaient dans une direction NNE. L’activité explosive s’accompagnait d’une coulée de lave provenant d’un débordement qui avançait sur le versant sud du cône du cratère.

L’activité de fontaines de lave a pris fin vers 20h35 (GMT). L’activité éruptive à son apogée a produit une colonne éruptive atteignant environ 6000 m d’altitude. Il a été fait état de retombées de cendres à Fiumefreddo, Calatabiano et Giardini Naxos. La couleur de l’alerte aérienne a été portée au Rouge, mais l’aéroport de Catane est resté opérationnel.

Source : INGV.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Semeru (Indonésie) avec des panaches de cendres s’élevant de 500 à 700 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3, sur une échelle de 4 niveaux. Le public est prié de rester à au moins 5 km du sommet dans toutes les directions, à 13 km du sommet vers le sud-est, et d’éviter les ravines à cause du risque de lahars, d’avalanches de matériaux et de coulées pyroclastiques.

Toujours en Indonésie, l’éruption du Merapi (Java) se poursuit. Le dôme de lave SO génère de nombreuses avalanches de matériaux qui descendent sur les flancs S et SO où elles parcourent jusqu’à 1,5 – 2 km. Des changements morphologiques mineurs sont observés au niveau du dôme de lave SO en raison des effondrements qui se produisent en permanence. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à une distance de 3 à 7 km du sommet, en fonction des endroits.
Source : CVGHM.

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L’activité éruptive se poursuit sur le complexe de dômes de lave Santiaguito (Guatemala). L’extrusion continue sur le dôme El Caliente. Les explosions quotidiennes produisent des panaches de gaz et de cendres jusqu’à 3,5 km au-dessus du niveau de la mer. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs localités et fermes alentour. Des avalanches de blocs descendent sur les flancs SE, S et SP, et certaines s’accompagnent de coulées pyroclastiques. Une incandescence est observée au niveau du dôme et de la coulée de lave pendant la plupart des nuits.

Toujours au Guatemala, l’activité éruptive se poursuit sur le Fuego avec des explosions faibles à modérées qui génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent de 600 à 1 100 m au-dessus du sommet. Des retombées de cendres sont toujours signalées dans les zones sous le vent. Les explosions produisent également des grondements, des ondes de choc et éjectent des matériaux incandescents à 100-300 m au-dessus du cratère.
Source : INSIVUMEH.

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Une lente émission de lave se poursuit au niveau du cratère sommital du Mayon (Philippines). Les coulées de lave avancent dans les ravines Mi-Isi (S), Bonga (SE) et Basud (E) sur 2,8 km, 3,4 km et 1,1 km. Les effondrements du dôme de lave produisent des chutes de blocs et parfois des coulées pyroclastiques qui descendent les flancs jusqu’à 4 km. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5) et il est rappelé à la population de rester à l’écart de la zone de danger permanente d’un rayon de 6 km.
Source : PHIVOLCS.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A significant eruptive episode started at Mt Marapi – not to be mistaken with Merapi – on the Indonesian island of Sumatra on the morning of December 3rd, 2023. The Aviation Color Code was raised to Red. Thevolcanic ash plume rose up to 15 km above sea level.

The last eruption at Marapi occurred in March 2023. According to the Smithsonian Institution, Marapi has been notably active, with over 50 small to moderate eruptions recorded since the late 18th century.

Source : Magma Indonesia.

Here is one of the videos of the eruption released on the social networks :

https://twitter.com/i/status/1731237982261424431

What was thought to be a simple eruptive episode of Mt Marapi turned into a tragedy as 23 hikers were found dead near the crater. 49 hikers were evacuated from the area affected by the eruption, many had burns. 12 are staying in hospital. There were 75 hikers in the volcano area at the time of the eruption.
Source: BBC.

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Anak Krakatau (Indonesia) has resumed its explosive activity, with a series of short-lived but intense lava-fountaining episodes on December 4th, 2023 in the evening. The eruptions lasted between 41 and 150 seconds, while ash was reaching 2 100 m above sea level.

Authorities are urging people, especially fishermen, to maintain a safe distance of at least 5 km from the volcano.

The increase in activity at Anak Krakatau began on November 26th, 2023, with explosive eruptions ejecting ash up to 1.1 km above sea level. As I put it before, residents of Sebesi Island, the nearest populated area, located about 16.5 km from the volcano, have reported loud sounds accompanying the eruptions. Anak Krakatau’s Alert Level is currently III or Siaga.

Source : Magma Indonesia, The Watchers.

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Kilauea (Hawaii) is not erupting. Low levels of seismicity continue to be recorded in the Southwest Rift Zone, summit, and upper East Rift Zone. Unrest may continue to wax and wane according to changes to the input of magma into the area and eruptive activity could occur in the near future with little or no warning. No unusual activity has been noted along the middle and lower sections of Kīlauea’s East Rift Zone.

HVO explains that the onsets of previous summit eruptions have been marked by strong seismic swarms caused by the emplacement of a dike 1-2 hours before eruptions and these have not been detected at this time.

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No new activity has been observed on the Reykjanes peninsula (Iceland). Seismicity is low. There is still some ground uplift in the Svartsengi area showing that magma is still flowing into the intrusion, but there is no sign of an impending eruption. However, one should remain vigilant because a new afflux of magma in the intrusion would change the situation

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Late in the afternoon of December 1st, 2023, at about 4 p.m. (UTC), INGV recorded an increase in Strombolian activity at Mt Etna’s Southeast Crater (SEC), with lava fountains and ash emissions heading in a NNE direction. The explosive activity was accompanied by a lava flow coming from an overflow advancing on the southern slope of the crater cone.
Lava fountaining activity ended around 8:35 p.m. (UTC). Activity at its peak produced an eruptive column reaching approximately 6000 m a.s.l. There were reports of ashfall in Fiumefreddo, Calatabiano and Giardini Naxos. The color of the aviation color code was raised to Red, but Catania airport remained operational.
Source: INGV.

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Eruptive activity continues at Semeru (Indonesia) with ash plumes rising 500-700 m above the summit. The Alert Level remains at 3, on a scale of 4 levels. The public is asked to stay at least 5 km away from the summit in all directions, 13 km from the summit to the SE, and to avoid drainages due to lahar, avalanche, and pyroclastic flow hazards.

Still in Indonesia, the eruption at Merapi (Java) continues. The SW lava dome produces numerous avalanches that descende the S and SW flanks; travelling as far as 1.5 – 2 km. Minor morphological changes to the SW lava dome were identified due to continuing collapses of material. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity continues at Santiaguito lava dome complex (Guatemala). Extrusion is going on at the El Caliente dome. Daily explosions produce gas-and-ash plumes up to 3.5 km above sea level. Ashfall is reported in several municipalities and nearby farms. Block avalanches descend the SE, S, and SW flanks, and some are accompanied by pyroclastic flows. Incandescence from the lava dome and the lava flow is observed during most nights.

Still in Guatemala, eruptive activity continues at Fuego with weak and moderate explosions that produce gas-and-ash plumes that rise 600-1,100 m above the summit. Ashfall is still reported in areas downwind. The explosions also produce rumbles, shockwaves, and eject incandescent material 100-300 m above the crater.

Source : INSIVUMEH.

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Slow lava effusion continues at Mayon’s summit crater (Philippines). The length of the lava flows in the Mi-Isi (S), Bonga (SE), and Basud (E) drainages remains at 2.8 km, 3.4 km, and 1.1 km, respectively. Collapses at the lava dome produce rockfalls and occasional pyroclastic flows that descend the flanks as far as 4 km. The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale) and residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone.

Source : PHIVOLCS.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Le méthane, un puissant gaz à effet de serre // Methane, a powerful greenhouse gas

On le sait depuis longtemps, le méthane (CH4) est l’un des gaz à effet de serre les plus agressifs dans l’atmosphère ; il est plus destructeur que le CO2, même si son temps de vie est plus court. À l’occasion de la COP 28 le site web France Info nous explique qu’au Canada, des milliers de puits de pétrole abandonnés sont devenus des « bombes à retardement écologiques »

Il y aurait au moins 60 000 de ces puits dans l’Ouest canadien, ce qui représente des milliers de tonnes de gaz à effet de serre émises chaque année. Lorsque l’on circule en voiture dans la province de l’Alberta,, on peut voir des milliers de puits de pétrole abandonnés dans les champs, au bord des routes. Certains fuient et émettent du gaz.

Le Canada n’est pas le seul émetteur de méthane. J’ai alerté à plusieurs reprises dans ce blog sur les émissions de CH4 ailleurs dans le monde : Arctique,Antarctique, Mer du Nord, etc. Voici les liens pour accéder à certains de ces articles. Vous pourrez en lire d’autres en inscrivant « méthane » sur le petit moteur de recherche dans la colonne de droite de mon blog.

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It has long been known that methane (CH4) is one of the most aggressive greenhouse gases in the atmosphere; it is more destructive than CO2, even if its lifespan is shorter. On the occasion of COP 28, the France Info website explains to us that in Canada, thousands of abandoned oil wells have become “ecological time bombs”
There are at least 60,000 of these wells in Western Canada, which represents thousands of tonnes of greenhouse gases emitted each year. When you drive in the province of Alberta, you can see thousands of abandoned oil wells in the fields, on the side of the roads. Some leak and emit gas.

Canada is not the only emitter of methane. I have warned several times in this blog about CH4 emissions elsewhere in the world: Arctic, Antarctica, North Sea, etc. Here are the links to access some of these articles. You can read others by entering “methane” on the small search engine in the right column of my blog.

Méthane (1) : des fuites au Canada // Methane (1) : leaks in Canada

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/07/28/fuites-de-methane-au-canada-methane-leakages-in-canada/

Méthane (2) : des fuites en Antarctique // Methane (2) : leaks in Antarctica

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/07/29/fuite-de-methane-en-antarctique-methane-leak-in-antarctica/

Fuites de méthane en Mer du Nord ! // Methane leaks in the North Sea !

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/08/08/fuites-de-methane-en-mer-du-nord-methane-leaks-in-the-north-sea/

Le méthane, le poison de l’Arctique // Methane, the Arctic poison

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/12/05/le-methane-le-poison-de-larctique-methane-the-arctic-poison/

Concentrations record de méthane dans l’atmosphère // Record methane concentrations in the atmosphere

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/04/10/concentrations-record-de-methane-dans-latmosphere-record-methane-concentrations-in-the-atmosphere/

Fuites de méthane dans la Baltique : un coup dur pour l’environnement // Methane leaks in the Baltic Sea : A hard blow to the environment

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/09/30/fuites-de-methane-dans-la-baltique-un-coup-dur-pour-lenvironnement-methane-leaks-in-the-baltic-sea-a-hard-blow-to-the-environment/

Fonte des glaciers et émissions de méthane au Svalbard // Glacier melting and methane emissions in Svalbard

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/08/08/fonte-des-glaciers-et-emissions-de-methane-au-svalbard-glacier-melting-and-methane-emissions-in-svalbard/

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Evolution des concentrations de CH4 et de CO2 dans l’atmosphère : des courbes qui font froid dans le dos!

Nouveau projet de forage pétrolier en Alaska // New oil drilling project in Alaska

Je n’ai jamais caché mon amour pour l’Alaska où j’ai pris conscience du drame de la fonte des glaciers en visitant les zones volcaniques de la région.

Le voyageur qui parcourt le 49ème État de l’Union du nord au sud ne peut pas rater l’oléoduc trans-Alaska qui étire ses 1288 km entre Prudhoe Bay au nord et le port de Valdez au sud où l’or noir est embarqué à bord des pétroliers. On ne saurait oublier la catastrophe environnementale du 24 mars 1989 quand l’Exxon Valdez a heurté des récifs dans la Baie du Prince William, entraînant la pire marée noire que le pays ait jamais connue.

En Alaska le pétrole est roi et il assure un mode de vie confortable à une grande partie de la population. Il n’est donc pas surprenant qu’un projet de forage dans la région de Barrow, au nord de l’État soit approuvé par une majorité d’habitants. Situé dans la région de North Slope, dans la National Petroleum Reserve qui appartient au gouvernement fédéral, le projet Willow ne date pas d’aujourd’hui. Acté sous Donald Trump, il aurait coûté 5 milliards de dollars d’amende aux États Unis s’il avait été abandonné. La zone où le projet est prévu contient jusqu’à 600 millions de barils de pétrole. Ce pétrole mettra toutefois des années à atteindre le marché puisque les infrastructures n’ont pas encore été construites.

Malgré ses promesses de campagne, Joe Biden a donné son feu vert au Willow Project en mars dernier. Cette décision est un scandale pour les associations de défense de l’environnement, au moment où la COP28 vise à sortir progressivement des énergies fossiles, et alors que l’Alaska se réchauffe deux fois plus vite que les autres États américains.

Au nord-ouest de l’Alaska, là où va s’installer le projet Willow, vit le peuple autochtone Iñupiat et ses 5 000 habitants. Environ 40 à 50% de la population est dans l’industrie pétrolière. Beaucoup de gens n’aiment pas ça, mais ils ont besoin de l’industrie pétrolière pour maintenir leur mode de vie.

Une fois opérationnel, Willow sera le plus grand projet pétrolier du pays : 8 milliards de dollars, 600 millions de barils de pétrole brut produits sur 30 ans, plus de 9 millions de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone par an, mais surtout 2 500 emplois et 17 milliards de dollars de recettes pour le gouvernement fédéral. Comme l’explique la directrice des ressources naturelles de la communauté Iñupiat, « les taxes des compagnies pétrolières financent nos écoles, notre système de santé, notre logement et notre système de travaux publics. »

Une pétition contre le Willow Project a rassemblé plus de 3,5 millions de signatures dans le pays, mais les opposants locaux au projet sont peu nombreux.

A côté de ce projet qui ne fera pas reculer le réchauffement climatique, le gouvernement fédéral a décrété en septembre 2023 l’interdiction de toute nouvelle exploitation de gaz ou de pétrole dans une autre zone du nord de l’Alaska, grande comme le Danemark. Cette interdiction restera-t-elle en place éternellement? Au vu de ce qui vient de se passer avec le projet Willow, on est en droit de se le demander…

Source : Anchorage Daily News, France Info.

 

Emplacement du projet de forage pétrolier de Willow (Source : Bureau of Land management / North Slope Science Initiative)

Vue de l’oléoduc trans-Alaska (Photo: C. Grandpey)

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I have never concealed my love for Alaska, the 49th State of the Union where I became aware of the drama of melting glaciers while visiting the volcanic areas of the region.
The traveler who drives across Alaska from north to south cannot miss the trans-Alaska oil pipeline which stretches over 1288 km between Prudhoe Bay in the north and the port of Valdez in the south where the black gold is loaded on board the tankers. We cannot forget the environmental disaster of March 24th, 1989 when the Exxon Valdez hit reefs in Prince William Sound, resulting in the worst oil spill the country has ever experienced.
In Alaska, oil is king and it ensures a comfortable lifestyle for a large part of the population. It is therefore not surprising that a drilling project in the Barrow region in the north of the State would be approved by a majority of residents. Located in the North Slope region, in the National Petroleum Reserve which belongs to the federal government, the Willow project is not new. Acted under Donald Trump, it would have cost the United States $5 billion in fines if it had been abandoned. The area where the project is planned contains up to 600 million barrels of oil. However, this oil will take years to reach the market since the infrastructure has not yet been built.
Despite his campaign promises, Joe Biden gave the go ahead to the Willow Project last March. This decision is a scandal for environmentalists, at a time when COP28 aims to gradually move away from fossil fuels, and when Alaska is warming twice as fast as other American states.
In northwest Alaska, where the Willow project will be located, live the indigenous Iñupiat people.(pop.5,000). About 40-50% of the population is in the oil industry. A lot of people don’t like it, but they need the oil industry to maintain their way of life.
Once operational, Willow will be the largest oil project in the country: $8 billion, 600 million barrels of crude oil produced over 30 years, more than 9 million tons of carbon dioxide emissions per year, but more importantly 2 500 jobs and $17 billion in revenue for the federal government. As the Iñupiat community’s director of natural resources explains, « taxes from oil companies fund our schools, our health care system, our housing and our public works system. »
A petition against the Willow Project has gathered more than 3.5 million signatures nationwide, but local opponents of the project are few in number.
Alongside this project which will not reduce global warming, the federal government decreed in September 2023 a ban on any new gas or oil exploitation in another area of northern Alaska, the size of Denmark. Will this ban exist forever ? Judging fromwhat has just happened with the Willow project, we can have some doubts……

Source : Anchorage Daily News, France Info.

2023 : température record en novembre et on va frôler 1,5°C de hausse pour l’année ! // 2023 : record temperature in November and we will approach the 1.5°C rise for the year !

La série continue. ERA5 nous apprend qu’avec +1.092°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de novembre 2023 vient d’établir un nouveau record de chaleur. Le précédent record de 2020 (+0.775°C) est dépassé de 0.32°C. L’anomalie de +1.092°C observée au mois de novembre 2023 par rapport à 1981-2010 correspond à +1.83°C au-dessus de la période 1850-1900.

L’année 2023 sera la plus chaude jamais observée et on va frôler, voire atteindre, sur la moyenne annuelle le seuil de 1.5°C au-dessus de la température préindustrielle.

Après juin, juillet, août, septembre et octobre, novembre est le 6ème mois d’affilée marqué par un record de chaleur.

Pour rappel, le 17 novembre 2023, la Terre a dépassé les +2°C de réchauffement pendant une journée. En juillet déjà, les températures moyennes à l’échelle de la planète affichaient 1,5°C au-dessus de leur niveau moyen de l’ère préindustrielle. Selon l’OMM, un record battu pendant une seule journée n’est pas significatif, mais cela a tout de même de quoi alerter. Si ,comme c’est prévu ci-dessus, 2023 atteint 1,5°C de réchauffement, ce ne sera, certes, que pour une année, mais au train où vont les choses, il se pourrait tout à fait que ce soit le début d’une courbe ascendante qui aurait des conséquences catastrophiques. Quoi qu’il en soit, le seuil fixé par la COP 21 est très sérieusement menacé.

Certains diront que les conditions El Niño actuellement présentes favorisent la hausse des températures qui devrait se renforcer au cours de l’hiver 2023-24. C’est vrai, mais on pourrait rétorquer que les années précédentes qui étaient sous l’influence du phénomène de refroidissement El Niña n’ont pas été accompagnées d’une baisse des températures. En effet, les dix dernières années figurent toutes dans le top 10 des années les plus chaudes.

Le graphique ci-dessous (Source : ERA5) montre les 10 anomalies globales les plus élevées jamais observées en novembre.

Source : global-climat.

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The series continues. ERA5 is telling us today that with +1,092°C above the 1981-2010 average, the month of November 2023 has just established a new heat record. The previous record of 2020 (+0.775°C) is exceeded by 0.32°C. The anomaly of +1.092°C observed in November 2023 compared to 1981-2010 corresponds to +1.83°C above the period 1850-1900.
The year 2023 will be the hottest ever observed and the threshold of 1.5°C above the pre-industrial temperature might be reached on the annual average.
After June, July, August, September and October, November is the 6th month in a row marked by record heat.

As a reminder, on November 17th, 2023, the Earth exceeded +2°C of warming for one day. Already in July, average temperatures across the planet were 1.5°C above their pre-industrial average level. According to the WMO, a record broken for a single day is not significant, but it is still a cause for alarm. If, as predicted above, 2023 reaches 1.5°C of warming, it will, of course, only be for one year, but at the rate things are going, it could very well be the start of an upward curve which would have catastrophic consequences. In any case, the threshold set by COP 21 is very seriously threatened.
Some will say that the El Niño conditions currently favor rising temperatures which are expected to increase during the winter of 2023-24. This is true, but one could argue that previous years that were influenced by the El Niña cooling phenomenon were not accompanied by a drop in temperatures. In fact, the last ten years all appear in the top 10 hottest years.
The chart below (Source: ERA5) shows the 10 highest global anomalies ever observed in November.

 

Source : global-climat.