Kilauea (Hawaii) : l’éruption de 1974 dans la zone de rift sud-ouest // The 1974 eruption in the Southwest Rift Zone

Le Kilauea n’est pas en éruption ces jours-ci. Toutefois, on assiste à la poursuite de l’activité sismique et de déformation liée à l’intrusion magmatique qui a commencé début octobre 2023 au sud-ouest du sommet. Le HVO explique que cette activité est susceptible de s’intensifier ou diminuer en fonction des arrivées de magma dans l’intrusion. « Une activité éruptive pourrait survenir dans un avenir proche sans prévenir ou presque. »
En attendant la prochaine éruption, le HVO s’attarde sur la dernière éruption observée sur la Zone de Rift Sud-Ouest en 1974. Au cours des dernières années, la majorité des éruptions du Kilauea se sont produites au sommet (2008-2018 et 2020-2023), dans la Middle East Rift Zone au niveau du Pu’uO’o (1983-2018) ou dans la Lower East Rift Zone (éruption de 2018).
La Zone de Rift Sud-Ouest n’a pas connu d’éruption depuis le 31 décembre 1974. Cette année-là, le Kīlauea est entré en éruption à trois reprises ; deux fois au sommet en juillet et septembre et une fois dans la Zone de Rift Sud-Ouest en décembre.
Immédiatement après l’éruption sommitale de septembre 1974, cette même région sommitale a commencé à connaître une inflation significative. La sismicité a augmenté au sommet et dans l’Upper East Rift Zone au cours du mois qui a précédé l’éruption de décembre. Dans la soirée du 30 décembre, le sommet et la partie supérieure de la Zone de Rift Sud-Ouest ont connu une activité sismique à raison de 2 à 4 événements par minute.
Juste après minuit, à 0 h10 le 31 décembre, les inclinomètres ont enregistré une forte déflation et on a observé une hausse du tremor indiquant que le magma était en train de quitter la région sommitale.
Le HVO n’a pas eu longtemps à attendre : les premières fontaines de lave ont été observées à 2 h 56 du matin le 31 décembre dans la région du Désert de Ka’ū, à l’intérieur du Parc national. Ces fontaines de lave atteignaient une quarantaine de mètres de hauteur, avec quelques projections de bombes jusqu’à 100 mètres de haut.
Plus de 10 fissures se sont ouvertes au cours de la première heure de l’éruption, en direction de l’est-nord-est et l’ouest-sud-ouest, formant un rideau de lave quasi continu sur plus de 4 kilomètres de longueur.
La hauteur des fontaines de lave a commencé à diminuer rapidement pendant la matinée et l’éruption a pris fin à 8h50.
Au cours des quelque six heures d’éruption, la lave a parcouru une douzaine de kilomètres depuis sa source. Il a été surprenant de constater que la coulée de lave était très peu épaisse – moins de 90 centimètres – et a couvert une vaste surface de la partie supérieure de la Zone de Rift Sud-Ouest.
Source : USGS/HVO.

L’éruption en début de matinée le 31 décembre 1974 (Crédit photo : USGS)

——————————————————–

Kilauea is not erupting these days. However, the seismic and deformation unrest associated with the intrusion that began in early October 2023 southwest of the summit continues. HVO explains that this unrest could continue to wax and wane with changes to the input of magma into the area. « Eruptive activity could happen in the near future with little or no warning. »

Waiting for the next eruption, HVO lingers on the last eruption on the Southwest Rift Zone in 1974. Over the past years, a majority of the Kilauea eruptions occurred at the summit (2008–2018 and 2020–2023), in the middle East Rift Zone at Pu’uO’o (1983–2018) or lower East Rift Zone (2018 eruption).

The Southwest Rift Zone has not erupted since New Year’s Eve 1974. Kīlauea erupted three times in 1974; twice at the summit in July and September and once in the Southwest Rift Zone in December.

Immediately following the September 1974 summit eruption, the summit region started undergoing very high rates of inflation. Seismicity increased in the summit and upper East Rift Zone regions for the month leading up to the December eruption. By the evening of December 30th, the summit and upper Southwest Rift Zone were experiencing earthquakes at a rate of 2–4 per minute.

Just after midnight, at 12:10 a.m. on December 31st, the tiltmeters recorded sharp deflation and increased tremor indicated magma was on the move out of the summit region.

HVO staff did not have long to wait, with the first lava fountains observed at 2:56 a.m. on New Year’s Eve in the Kaʻū Desert region of the National Park. These lava fountains reached average heights of about 40 meters, but on rare occasions threw lava bombs up to 100 meters high.

More than 10 fissures eventually opened during the first hour of the eruption, to the east-northeast and west-southwest, forming a near-continuous fountain of lava that stretched more than 4 kilometers long.

Lava fountain heights started to rapidly decline throughout the morning and the eruption was over by 8:50 a.m.

During the six hours or so the eruption lasted, lava travelled about 12 kilometers from its source, emplacing an uncommonly thin – less than 90 centimeters – lava flow across a large area of the upper Southwest Rift Zone.

Source : USGS / HVO.

Grimsvötn (Islande) : bilan de la crue glaciaire du 11 janvier 2024 // Grimsvötn (Iceland): assessment of the glacial flood of January 11th, 2024

Un séisme de M 4,3 s’est produit sur le Grímsvötn (Islande) le 11 janvier 2024. Il marquait le début d’une crue glaciaire qui a atteint son pic les 13 et 14 janvier. Depuis lors, le niveau de l’eau de la rivière Gígjukvísl a diminué et est désormais comparable à ce qu’il était avant la crue. La sismicité a également diminué et est revenue à un niveau normal.
Lors de la crue glaciaire du Grímsvötn en 2021, un chaudron de glace s’est formé au sud du Grímsfjall. La dépression se trouve près du trajet emprunté par l’eau de fonte sous le glacier. Le personnel du Met Office islandais a identifié une autre dépression semblable au chaudron de glace de 2021, dans le même secteur. Les images satellite ont confirmé la présence de ces deux chaudrons au sud du Grímsfjall. L’un d’eux s’est formé lors de la crue glaciaire de 2021. L’autre est peut-être un nouveau chaudron formé lors de la récente crue glaciaire, ou bien un chaudron plus ancien qui a réapparu. Les chaudrons de glace se trouvent à proximité des voies d’accès au glacier à l’est du Grímsfjall, et il est conseillé d’éviter le secteur de ces chaudrons.
La couleur de l’alerte aérienne, qui était passée au Jaune lors de crue glaciaire, va repasser au Vert.

Le Met Office explique qu’au cours des cinq derniers mois, la sismicité sur le Grimsvötn a été supérieure à la normale. Si une éruption devait se produire sous le glacier, elle serait probablement annoncée par une hausse de l’activité sismique, mais le laps de temps avant l’éruption pourraait être très court.
Source : Met Office.

Source: Icelandic Met Office

———————————————————

An M 4.3 earthquake occurred at Grímsvötn (Iceland) on 11 January 2024. It marked the start of a glacial outburst flood that reached its peak on January 13th-14th. Since then, the water level of the river Gígjukvísl has been decreasing and is now comparable to what it was before the flood. The seismic tremor has also declined and is now back to normal levels.

During the glacial flood from Grímsvötn in 2021, an ice cauldron formed south of Grímsfjall. The cauldron is located near the flood path, where water drains beneath the glacier. Staff of the Icelandic Met Office have identified another depression similar to the 2021 ice cauldron in the same location. Satellite images have confirmed that two cauldrons south of Grímsfjall can be observed. One of them is confirmed to be the cauldron that formed in the 2021 flood, but the other may either be a new cauldron that formed during the recent flood or an older cauldron that has re-emerged. The ice cauldrons are near the route east of Grímsfjall, and it is advisable to avoid the cauldrons when traveling along those routes.

The aviation color code, which was raised to Yellow during the flood, will return to Green.

The Met Office specifies that long-term monitoring of seismic activity at Grímsvötn reveals that, in the last five months, the number of earthquakes has been higher than the typical background seismicity. If an eruption were to occur in Grímsvötn, an increase in seismic activity may be expected before the eruption begins, but warning times may be short.

Source : Met Office

Grindavik : un casse-tête pour le gouvernement islandais // Grindavik : a headache for the Icelandic government

Grindavik a été évacuée le 10 novembre 2023. En raison de la sismicité, des fissures et de l’éruption du 14 janvier qui a détruit trois maisons, le petit port de pêche est devenu trop dangereux. L’état d’incertitude sur la péninsule de Reykjanes pourrait encore durer plusieurs années.
Les volcanologues préviennent qu’Hafnarfjörður est un autre secteur susceptible d’être menacé par des éruptions qui pourraient aussi survenir dans la région de Hengill, avec une sérieuse menace pour Hveragerði. Ce serait un problème plus grave que la situation actuelle sur la péninsule de Reykjanes, car les centrales électriques de Hellisheiði et de Nesjavellir se trouveraient dans la zone sensible. Cela pourrait affecter l’arrivée d’eau chaude et donc le chauffage dans la région de Reykjavik. C’est la raison pour laquelle il a été conseillé au gouvernement islandais de commencer à planifier des mesures au cas où une éruption se produirait dans ces régions.

Canalisation à Hellisheiði (Photo: C. Grandpey)

En ce qui concerne Grindavík, l’avenir à long terme de la ville reste incertain. C’est pourquoi certains habitants ont choisi de vivre ailleurs en Islande. Beaucoup vivent chez des proches, dans des résidences d’été ou même dans des caravanes en plein hiver. Le gouvernement islandais envisage de racheter les habitations à leurs propriétaires afin qu’ils disposent des fonds nécessaires pour acheter un logement ailleurs.
La situation à Grindavík est une situation inédite pour les autorités islandaises. En termes de menace volcanique pour les habitations, la dernière catastrophe de ce type fut l’éruption de l’Eldfell en janvier 1973, sur l’île d’Heimaey. A cette époque, la lave et les cendres ont détruit quelque 400 maisons et déplacé 5 300 personnes. Pour rappel, Grindavík héberge quelque 3 700 habitants. Les opérations d’arrosage de la lave visant à l’empêcher d’atteindre le port d’Heimaey ont duré des mois, et les opérations de déblaiement des scories ont duré longtemps après. Les opérations de refroidissement de la lave ont pris fin en juillet 1973 et, à la fin de 1975, la population d’Heimaey représentait 85 % de ce qu’elle était avant l’éruption de l’Eldfell. Aujourd’hui, on compte 4 500 habitants.

Source: Wikipedia

La population de Grindavik, quant à elle, représente 1 % de la population islandaise. Il est à craindre que le projet du gouvernement de racheter les habitations ou les prêts immobiliers ne déclenche une vague d’augmentation des prix. Après l’éruption dans les îles Westman en 1973, l’inflation est devenue incontrôlable. S’agissant de la situation de Grindavik, la Première ministre a déclaré : «Notre objectif est de résoudre ce problème d’une manière qui ne menace pas la stabilité des prix.»
L’inflation en Islande est actuellement de 7,7 %, soit plus de trois fois l’objectif de la banque centrale. Le marché immobilier est tendu ; la banque centrale a relevé ses taux à 9,25 % et on craint que les prochains accords salariaux ne déclenchent une spirale salaires-prix. L’immobilier résidentiel souffre toujours d’un manque d’investissement suite à la crise financière qu’a connue l’Islande il y a 15 ans. Les problèmes sont désormais exacerbés par le tourisme qui est une source clé de devises étrangères pour le pays. De nombreux appartements ont été transformés en résidences Airbnb, ce qui contribue à la hausse des prix de l’immobilier. L’augmentation annuelle d’environ 2 % des prix de l’immobilier peut être attribuée au nombre croissant appartements Airbnb au cours des trois dernières années, ce qui représente 15 % de la hausse des prix des logements résidentiels au cours de cette période.
Source  : médias d’information islandais.

Grindavik reste sous la menace d’une éruption (Crédit photo: Iceland Review)

——————————————————–

Grindavik was evacuated on November 10th, 2023. Because of the seismicity, the fissures and the 14 January eruption that destroyed three houses, the small fishing port has become very unsafe. The state of uncertainty in the Reykjanes Peninsula may still last several years.

It is believed that another challenging area in the future might be Hafnarfjörður. Another hypothesis is that eruptions may occur in the Hengill area, which would mean that Hveragerði could be at risk. It would be a bigger problem than it is now on the Reykjanes Peninsula because Hellisheiði Power Station and Nesjavellir Power Station would be in the danger zone. It could affect the heating supply in the capital area. This is the reason why the Icelandic government is advised to start planning measures in case an eruption occurs in these regions.

As far as Grindavík is concerned, the long-term future of the town remains uncertain. As a consequence, some residents have opted to live elsewhere in Iceland. Many are staying with relatives, in summer houses or even in trailers in the middle of winter. The Icelandic government is considering buying out Grindavík homeowners so they would have the funds to purchase housing elsewhere.

The situation in Grindavík is one Icelandic authorities have not seen before. In terms of volcanic threats to human habitations, the last such disaster was the January 1973 eruption of Eldfell, on the island of Heimaey in the Westmann Islands. At that time, lava and ash destroyed some 400 homes, displacing 5,300 people. For context, Grindavík is home to some 3,700 people. Cooling operations to keep the lava from reaching the island’s harbour lasted for months, and digging operations for long after that. Cooling operations ended by July 1973, and by the end of 1975, the population of Heimaey was 85% of what it was before Eldfell erupted. Today, it is home to 4,500 people.

The population of Grindavik makes up 1% of Iceland’s population. It is feared that the government’s plan to buy out homeowners might set off a spout of price increases. After the 1973 Westman Islands eruption, inflation went out of hand. As far as the situation of Grindavik is concerned, the Prime Minister said :“Our goal is that we tackle this in a manner which will not threaten the price stability.”

The current inflation in Iceland is at 7.7%, more than three times the central bank’s target. The housing market is already strained, the central bank has raised rates to 9.25% and there are concerns upcoming pay deals could spark a wage-price spiral. Residential property still suffers from a lack of investment following the country’s financial meltdown 15 years ago. Problems are now exacerbated by tourism, which has since become a key source of foreign currency for the small Nordic country. Many apartments have been turned into Airbnb residences, which contributes to rising real estate prices. About 2% annual increase in real house prices can be attributed to the growth in Airbnb apartments over the past three years which accounts for 15% of the rise in real prices of residential housing during the period.

Source : Icelandic news media.

Grindavik reste sous la menace d’une éruption (Crédit photo: Iceland Review)

Climat : 1,5°C, un seuil très fragile // Climate : 1.5°C, a very fragile threshold

Selon James Hansen, ancien scientifique de la NASA connu pour avoir alerté le monde sur les dangers du réchauffement climatique dans les années 1980, le seuil de 1,5°C, censé empêcher la Terre de sombrer dans une nouvelle ère de surchauffe, sera franchi dès 2024. Le scientifique a averti que le réchauffement climatique, causé par la combustion de combustibles fossiles et amplifié par le phénomène El Niño, fera monter les températures jusqu’à 1,7 °C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici mai 2024.
Cette température élevée, mesurée sur la période de 12 mois jusqu’en mai, ne réduira pas à néant, à elle seule, l’engagement pris par les gouvernements de la planète de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’époque préindustrielle. Comme je l’ai écrit précédemment, le seuil de 1,5°C ne sera considéré comme dépassé que si une série de plusieurs années excède cette limite. Cet événement est susceptible de se produire au cours des années 2030.
Même après le déclin d’El Niño, prévu vers avril 2024, les années suivantes resteront en moyenne autour de la limite de 1,5°C. Le réchauffement de la planète dû aux émissions de gaz à effet de serre est renforcé par la fonte des glaces qui rend la surface de la Terre plus sombre et donc en mesure d’absorber encore plus de lumière solaire.
Dans un bulletin publié avec deux autres climatologues, James Hansen déclare que « le plafond de réchauffement climatique de 1,5°C a été dépassé parce que l’important déséquilibre énergétique planétaire garantit que la température mondiale continue de monter ». Hansen a défendu une vision contestée par d’autres climatologues, selon laquelle le réchauffement climatique s’accélère en raison d’un écart grandissant entre la quantité d’énergie absorbée par la Terre en provenance du soleil et la quantité renvoyée dans l’espace.
James Hansen a déclaré que « le fait d’avoir atteint le seuil de 1,5°C est une étape importante car cela montre que « les propos tenus par les Nations Unies, avec l’assentiment du GIEC, ne sont qu’un tas de balivernes ». J’ai personnellement exprimé des doutes similaires sur les déclarations du GIEC dans plusieurs articles de ce blog. Le climatologue a ajouté : « Nous n’allons pas vers un monde à 1,5°C, nous le traverserons brièvement en 2024. Nous traverserons un monde à 2°C dans les années 2030 sauf si nous prenons des mesures efficaces pour rétablir l’équilibre énergétique de la planète.»
Il ne faut pas oublier que 2023 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée. Les gouvernements réunis lors de la COP 28 à Dubaï en décembre 2023 ont réaffirmé l’engagement pris à Paris en 2015 de limiter la hausse de la température mondiale à 1,5°C, même si les scientifiques ont averti que le monde était très loin d’atteindre cet objectif. Les émissions de carbone provenant des combustibles fossiles ont atteint un nouveau record l’année dernière. Les participants à la COP 28 n’ont pas réussi à prendre des mesures contraignantes pour stopper l’augmentation des gaz nocifs dans l’atmosphère.
Si l’objectif de 1,5°C est dépassé, les chercheurs affirment que les impacts du réchauffement climatique s’aggraveront en termes de vagues de chaleur, de sécheresses, d’inondations et d’autres calamités.
L’affirmation de James Hansen selon laquelle 2023 marquera le début d’une ère de dépassement de 1,5°C a reçu une réponse mitigée de la part d’autres scientifiques. Certains d’entre eux pensent que 2023 a été particulièrement chaude à cause d’El Niño et que les années suivantes nous permettront de savoir si l’objectif de 1,5°C est dépassé. Quelles que soient les déclarations des scientifiques, il ne fait aucun doute que la limite des 1,5°C sera probablement atteinte dans les années 2020 et non dans les années 2030 comme prévu initialement.
Les scientifiques qui disent qu’après El Niño viendra l’effet de refroidissement La Niña avec une baisse des températures devraient se rappeler que les températures ont continué à augmenter pendant l’épisode La Niña qui a précédé l’événement El Niño actuel.
Adapté d’un article paru dans The Guardian.

————————————————————

According to James Hansen, the former NASA scientist credited for alerting the world to the dangers of climate change in the 1980s, the threshold to prevent the Earth from spiraling into a new superheated era will be passed during 2024. The scientist warned that global heating caused by the burning of fossil fuels, amplified by the El Niño climatic event, will by May 2024 push temperatures to as much as 1.7°C above preindustrial levels.

This temperature high, measured over the 12-month period to May, will not by itself break the commitment made by the world’s governments to limit global heating to 1.5°C above the time before the dominance of coal, oil and gas. As I put it before, the 1.5°C ceiling cannot be considered breached until a string of several years exceed this limit, with this moment considered most likely to happen at some point in the 2030s.

However, even after the waning of El Niño, foresast around April 2024, the span of subsequent years will still average at the 1.5°C limit. The heating of the world from greenhouse gas emissions is being reinforced by the melting of the planet’s ice which is making the surface darker and therefore absorbing even more sunlight.

In a bulletin issued with two other climate researchers, James Hansen states that “the 1.5°C global warming ceiling has been passed because the large planetary energy imbalance assures that global temperature is heading still higher”. Hansen has promoted a view, disputed by some other climate scientists, that the rate of global heating is accelerating due to a widening gap between the amount of energy being absorbed by the Earth from the sun and the amount returning to space.

James Hansen has declared that “passing through the 1.5°C world is a significant milestone because it shows that the story being told by the United Nations, with the acquiescence of its scientific advisory body, the IPCC, is a load of bullshit.” I personnaly expressed similar doubts in several posts on this blog. The climate scientists has added : “We are not moving into a 1.5° C world, we are briefly passing through it in 2024. We will pass through the 2°C world in the 2030s unless we take purposeful actions to affect the planet’s energy balance.”

One should keep in mind that 2023 was the hottest year ever recorded. Governments meeting at COP 28 in Dubai in December 2023 reaffirmed the previous commitment, made in Paris in 2015, to strive to restrain the global temperature rise to 1.5°C, although scientists have warned the world is well off track to reach this target. Carbon emissions from fossil fuels hit another record high last year. The participants in COP 28 failed to take binding measures to stop the increase of noxious gases in the atmosphere.

With the 1.5°C target deing exceed, researchers say there will be worsening impacts in terms of heatwaves, droughts, flooding and other calamities.

James Hansen’s assertion that 2023 will herald the start of an escalating 1.5°C era has received a cautious response from other scientists. Some of them think 2023 was an unusually warm one just because of El Niño and that following years will let us know whether the 1.5°C target has vanished. Whatever the scientists declarations, there is little doubt that the 1.5°C limit will probably be hit in the 2020s and not the 2030s as originally predicted.

The scientists who say that after El Niéno will arrive the cooling effect of La Niña with a drop of temperatures should remember that temperatures kept increasing during the La Niña episode that prededed the current El Niño event.

Adapted from an article in The Guardian.

Hausse des températures et des concentrations de CO2 : un parallélisme infernal