Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Après une quarantaine de minutes de sismicité intense et de déformation du sol, une nouvelle éruption fissurale a débuté dans la soirée du 16 mars 2024 sur la péninsule de Reykjanes (Islande), à proximité de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar. La fracture éruptive mesurait environ 3 km de long et une partie est encore active aujourd’hui. La lave jaillit de 6 bouches actives. Les coulées de lave vers le sud ont été déviées de Grindavík et orientées vers le sud-est par les digues de terre. Même si l’éruption se poursuit, les fronts de lave n’avancent plus et la Suðurstrandarvegur n’est plus menacée. La superficie du champ de lave est estimée à 5,85 kilomètres carrés, sur la base d’une image satellite acquise le 17 mars. Les données de déformation montrent que le magma continue d’alimenter l’éruption.
Source : Met Office islandais.

Image webcam de l’éruption le 20 mars 2024

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L’éruption de Fernandina (Galapagos) qui a débuté le 2 mars 2024 s’est produite à partir d’une vingtaine de fractures réparties en circonférence sur 4,3 km de long sur le flanc supérieur SE du volcan, entre 1 000 et 1 200 m d’altitude. Plusieurs coulées de lave sont descendues sur le flanc SE ; le front le plus éloigné atteint environ 750 m d’altitude, avec une longueur totale de 8 à 9 km. L’activité a diminué le 6 mars et une seule fracture (Fissure 13) continuait alors d’émettre de la lave. L’activité s’est intensifiée le 13 mars. Les coulées de lave de la Fissure 13 étaient toujours actives le 19 mars, au vu des anomalies thermiques observées sur les images satellite.
Source : Instituto Geofisico.

Crédit photo: Parc National des Galapagos

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Selon l’ambassade des États-Unis au Nicaragua, le Parque Nacional Volcán Masaya est resté fermé le 12 mars 2024 en raison d’un fort risque d’activité explosive dû à l’obstruction du lac de lave par des dépôts de glissement de terrain dans le cratère Santiago. Selon un article de presse du 13 mars, l’INETER a indiqué que les glissements de terrain le long des parois intérieures du cratère sud-ouest et nord-ouest se poursuivaient.

Lac de lave du Masaya (Crédit photo: INETER)

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Selon l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), l’émission de lave se poursuit dans le cratère du Nyamulagira. Des anomalies thermiques ont été observées le 17 mars 2024 sur une image satellite dans une zone juste au nord-est de la partie centrale de la caldeira. Une anomalie thermique plus importante dans la même zone avait déjà été observée sur une image satellite le 7 mars.

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Une éruption d’intensité moyenne se poursuit sur le Reventador (Equateur). La sismicité se caractérise par de nombreuses explosions quotidiennes, des séismes longue période, des épisodes de tremor harmonique et des événements associés aux émissions de cendres et de gaz qui s’élèvent jusqu’à 1,3 km au-dessus du cratère. Des avalanches de matériaux incandescents sont visibles la plupart des nuits ; elles descendent jusqu’à 900 m du sommet. Le niveau d’alerte est maintenu à Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

Crédit photo: Instituto Geofisico

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Au Pérou, on enregistre chaque jour une trentaine d’explosions sur le Sabancaya. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent en moyenne à 2200 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange.

Toujours au Pérou, l’Ubinas émet des nuages de vapeur et de gaz qui montent à 800 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Source: IGP.

Panaches de cendres du Sabancaya (Crédit photo: IGP)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

After about 40 minutes of increased seismicity and ground deformation, a new fissure eruption began in the evening of March 16th, 2024 on the Reykjanes Peninsula (Iceland), close to the Sundhnúkagígar crater chain. The fissure was about 3 km long and a partof it is still active today with lava emerging from 6 vents. Lava flows to the south were diverted from Grindavík along the barriers towards the SE. Although the eruption is continuing, the lava fronts are no longer moving forward and Suðurstrandarvegur is no longer under threat. The area of the flow field was an estimated 5.85 square kilometers, based on a satellite image acquired on 17 March. Deformation data suggest that magma continues to feed the eruption.

Source : Icelandic Met Office.

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The eruption at Fernandina (Galapagos) that began on March 2nd, 2024 occurred from about 20 circumferential fissures within an area 4.3 km long on the upper SE flank, between 1,000-1,200 m elevation. Multiple lava flows descended the SE flank; the longest lobe reached about 750 m elevation,with a total length of 8-9 km. Activity declined on March 6th and only one fissure (Fissure 13) continued to effuse lava. The activity level changed from high to moderate on March 13th. The lava flows from Fissure 13 were still active during on March 19th, based on thermal anomalies identified in satellite images.

Source : Instituto Geofisico.

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According to the U.S. Embassy in Nicaragua, the Parque Nacional Volcán Masaya continued to be closed on March 12th, 2024 due to an increased potential explosive activity due to the blocking of the lava lake by landslide deposits in Santiago Crater. According to a 13 March news article, INETER reported that landslides from the inner SW and NW crater walls were continuing.

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According to the Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), lava effusion is continuing at Nyamulagira. Thermal anomalies in an area just NE of the central part of the caldera were identified in a 17 March satellite image. A larger thermal anomaly in the same area had already been observed in a 7 March image.

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A moderate eruption continues at Reventador (Ecuador). Seismicity is characterized by numerous daily explosions, long-period earthquakes, harmonic tremor, and tremor associated with ash and gas emissions that rise as high as 1.3 km above the crater. Avalanches of incandescent material are visible on most overnights, descending the flanks as far as 900 m from the summit. The Alert Level is kept at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

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In Peru, around thirty explosions are recorded every day on Sabancaya. They generate ash plumes which rise on average up to 2200 meters high. The alert level is kept at Orange.

Still in Peru, Ubinas emits steam and gas clouds that rise 800 m above the summit. The alert level remains at Yellow.
Source ; IGP.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Péninsule de Reykjanes (Islande) : nouvelles de l’éruption // Reykjanes Peninsula (Iceland) : news of the eruption

21 mars 2024 – 17 heures.

L’éruption a continué tranquillement aujourd’hui. La fissure éruptive est toujours active et la lave est émise par six bouches. Cependant, son débit n’est pas suffisante pour faire avancer les fronts de coulées. La nouvelle lave s’accumule maintenant sur les coulées précédentes.

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Image webcam de l’éruption

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Attention ! Les sites éruptifs sont interdits d’accès !
Comme l’éruption actuelle dure plus longtemps que les précédentes, certains voyageurs pourraient être tentés de se rendre en Islande pour assister au spectacle. Mais ce ne serait pas forcément une bonne idée. En effet, les routes menant à Grindavík sont fermées à toute circulation, à l’exception des habitants de la ville, des employés des entreprises et des personnes qui aident les habitants. Il y a des contrôles de police à l’entrée de ces routes. Pour les autres personnes, la ville de Grindavík, ses environs et les routes de la région resteront FERMÉS. Il est interdit de randonner dans la région.
De la même manière, les sites des anciennes éruptions de Fagradalsfjall et de Geldingadalir sont fermés. Les routes menant à la zone sont fermées pour des raisons de sécurité et la zone est fermée à la randonnée. Lorsqu’il sera à nouveau ouvert, le parc de stationnement P1 sera accessible par la route 427 en direction de l’est.
A noter également que le Blue Lagoon est toujours fermé. Un employé du Blue Lagoon a dû se rendre à l’hôpital hier en raison de symptômes d’empoisonnement au dioxyde de soufre (SO2), un gaz volcanique mesuré en fortes quantités dans certains secteurs de la péninsule de Reykjanes.

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March 22nd, 2024 – 5:00 pm.

The eruption has been going on quietly today. The eruptive fissure is still active and lava is emitted by six vents. However, the lava output is not sufficient to mabe the lava flow fronts move forward and the lava is accumulating on previous flows.

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Beware ! Access to eruptive sites is prohibited !

Because the current eruption is lasting longer than the previous ones, some travellers might be tempted to go to Iceland to watch the show. However, this time, this would not be a good idea. Indeed, roads to Grindavík are closed for all traffic except for inhabitants in the town, employees of companies and those who are helping inhabitants. There are police controls at the entrance of these roads. For otherpeople, the town of Grindavík, the area around and roads in the area will remain CLOSED. Hiking in the area is prohibited.

In the same way, the Fagradalsfjall and Geldingadalir eruption sites are closed. Roads to the area area closed due to security and the area is closed for hiking. When open again, arking area P1 can be accessed by road 427 direction from east.

It should also be noted that the Blue Lagoon is still temporarily closed. An employee of the Blue Lagoon had to go to the hospital yesterday due to symptoms of poisoning by sulphur dioxide (SO2), a volcanic gas that was measured in high quantities in many places on the Reykjanes Peninsula.

2023 a bien été l’année la plus chaude // 2023 was definitely the hottest year

On le savait déjà, mais l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) vient de confirmer que 2023 a officiellement été l’année la plus chaude de tous les temps.
L’OMM utilise six ensembles de données provenant de différents pays pour contrôler les températures sur Terre. Ces données révèlent que la température annuelle moyenne a été supérieure de 1,45°C à l’ère préindustrielle (1850-1900). Chaque mois entre juin et décembre 2023 a établi de nouveaux records. Juillet et août ont été les deux mois les plus chauds jamais enregistrés.
Depuis les années 1980, chaque décennie a été plus chaude que la précédente et les neuf dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées.

Toutes les agences climatiques confirment que 2023 a bien été l’année la plus chaude (Source: OMM)

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We already knew it, but the World Meteorological Organization (WMO) is confirming that 2023 officially smashed the global temperature record.
WMO uses six leading international datasets from across the globe to monitor global temperatures. They reveal a new annual temperature average of 1.45°C set against the pre-industrial era (1850-1900). Every month between June and December 2023 set new records. July and August were the two hottest months ever recorded.

Since the 1980s, each decade has been warmer than the previous one and the past nine years have been the warmest on record.

La glace de mer antarctique encore au plus bas // Antarctic sea ice still at its lowest

Contrairement aux informations répandues par certains négationnistes du réchauffement climatique, le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) indique que pour la troisième année consécutive, la couverture de glace de mer autour de l’Antarctique est tombée en dessous de 2 millions de kilomètres carrés, un seuil qui n’avait pas été dépassé avant 2022 depuis le début des mesures satellitaires en 1979. Les dernières données du NSIDC confirment que les trois dernières années ont été les trois plus faibles jamais enregistrées en termes de quantité de glace de mer autour du continent.

Source: NSIDC

La glace de mer antarctique atteint chaque année son point le plus bas au cœur de l’été austral, en février. Le 18 février 2024, la couverture moyenne de la glace de mer est tombée pendant cinq jours à 1,99 million de kilomètres carrés et le 21 février à 1,98 million. Le record était de 1,78 million, établi en février 2023. On ne saura que dans une semaine ou deux si le niveau actuel représente le minimum de cette année.

Source: NSIDC

La glace de mer antarctique atteint son apogée chaque année au mois de septembre, mais l’étendue maximale en 2023 était la plus basse jamais enregistrée, battant le record précédent d’environ 1 million de kilomètres carrés. La couverture a semblé se redresser légèrement en décembre avec le retour du regel, mais elle est ensuite retombée au niveau actuel.
Les scientifiques étudient les causes du déclin de la banquise, mais ils sont de plus en plus convaincus que la cause principale est le réchauffement de l’océan Austral qui entoure le continent. J’ai expliqué le phénomène dans plusieurs notes sur ce blog. En outre, la glace de mer renvoie le rayonnement solaire, de sorte que l’absence de glace peut entraîner un réchauffement plus important des océans.

Source: British Antarctic Survey

Outre son étendue plus réduite, la glace de mer est également moins épaisse dans de nombreuses régions.
Les écosystèmes de l’Antarctique sont liés à la glace de mer, depuis le phytoplancton capable d’éliminer le carbone de l’atmosphère jusqu’aux sites de reproduction des manchots.
Les scientifiques ont averti que la perte de glace de mer n’est que l’un des nombreux changements majeurs observés en Antarctique et susceptibles d’avoir des conséquences à l’échelle de la planète. En particulier, sa disparition expose une plus grande partie du continent à l’océan, ce qui accélère la fonte des glaciers avec comme conséquence la hausse du niveau de la mer dans le monde.
Source : NSIDC.

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Contrary to the information spread by certain global warming deniers, the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) indicates that for the third year in a row, sea ice coverage around Antarctica has dropped below 2 million square kilometers, a threshold which before 2022 had not been breached since satellite measurements started in 1979. The latest data from the NSIDC confirms the past three years have been the three lowest on record for the amount of sea ice around the continent.

Antarctica’s sea ice reaches its lowest extent at the height of the continent’s summer in February each year. On 18 February 2024, the five-day average of sea ice cover fell to 1.99 million square kilometers and on 21 February was at 1.98 million. The record low was 1.78 million, set in February 2023. Whether the current level represents this year’s minimum won’t be known for another week or two.

Antarctica’s sea ice reaches its peak each September, but the maximum extent in 2023 was the lowest on record, easily beating the previous record by about 1 million square kilometers. Coverage appeared to recover slightly in December as the refreeze progressed, but then fell away again to the current levels.

Scientists are still investigating what is causing the decline in sea ice, but they are more and more convinced that the cause lies with the warming the Southern Ocean that encircles the continent. I have explaines the phenomenon in several posts on this blog. Besides, sea ice reflects solar radiation, meaning less ice can lead to more ocean warming.

Beside the reduced extent of the sea ice, it is also thinner on average in many areas.

Antarctica’s ecosystems are tied to the sea ice, from the formation of phytoplankton that can remove carbon from the atmosphere to the breeding sites of penguins.

Scientists have warned the loss of sea ice is just one of several major changes being observed in Antarctica that is likely to have global consequences – in particular, its loss is exposing more of the continent to the ocean, accelerating the loss of ice on the land, which can push up global sea levels.

Source : National Snow and Ice Data Center.