Un avenir climatique inquiétant // A disturbing climate future

Comme viennent de le montrer les derniers rapports sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, les gouvernements auront bien du mal à respecter les conclusions de la COP 21. Il est fort à parier que les températures vont continuer à grimper dans les prochaines années, avec toutes les conséquences que cela suppose. Les scientifiques nous auront prévenus mais, comme le disait fort justement Nicolas Hulot, tout le monde s’en fiche. Pourtant, l’addition risque d’être salée.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Climate Change le lundi 19 novembre 2018, les catastrophes climatiques (inondations, pluies torrentielles ou encore montée des eaux)  ne vont pas seulement augmenter dans le futur, mais qu’elles risquent de frapper simultanément au même endroit.

La Californie brûle, connaît une période d’intense sécheresse et de fortes chaleurs. Ce cumul d’événements climatiques extrêmes qui frappent l’État américain constitue encore un phénomène rare. Selon la dernière étude, au rythme actuel du réchauffement climatique, ces événements destructeurs concomitants sont appelés à se multiplier et à toucher un nombre croissant de personnes.

Une équipe pluridisciplinaire de scientifiques a établi que la moitié de la population mondiale risquait de subir entre trois et six catastrophes climatiques majeures en même temps en 2100, si rien n’est fait pour ralentir les émissions de gaz à effet de serre. L’étude retient dix aléas climatiques – sécheresse, précipitations intenses, incendies, montée du niveau des eaux, entre autres – dont la science peut prévoir avec une relative assurance l’évolution d’ici la fin du siècle. Les chercheurs présentent des exemples très concrets. Dans un monde où la pollution continuerait au rythme actuel, la région de New York risquerait de souffrir, en même temps, des effets de la montée des eaux, de pluies intenses, d’ouragans ainsi que de sécheresse. L’Ile-de-France serait frappée de sécheresse, de manque d’eau potable et de canicule.

Les zones qui risquent de payer le tribut le plus lourd à la multiplication d’événements climatiques extrêmes en série sont les régions côtières et tropicales. Ce sont aussi elles qui connaissent les hausses de populations parmi les plus importantes au monde.

L’originalité de ce travail scientifique réside dans le fait qu’il met en lumière l’exposition de chaque région à des risques climatiques croisés, alors que les études scientifiques se concentraient généralement jusqu’à présent sur un seul phénomène. Les autorités se préparaient à une éventuelle catastrophe en regardant ce qui s’est déjà passé, mais l’étude démontre que le réchauffement climatique doit pousser les responsables à anticiper également de nouveaux scénarios climatiques dans lesquels leur région serait frappée par plusieurs catastrophes simultanées.

Source : Nature Climate Change.

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As the latest reports on CO2 concentrations in the atmosphere have just shown, governments will have a hard time complying with the conclusions of COP 21. It is likely that temperatures will continue to rise in the coming years, with all the consequences that implies. Scientists have warned us but, as Nicolas Hulot quite rightly said, everyone does not care. However, the consequences will be severe.
According to a new study published in the journal Nature Climate Change on Monday, November 19th, 2018, climate disasters (floods, torrential rains or rising water) will not only increase in the future, but they may hit simultaneously in the same place.
California is burning, experiencing a period of intense drought and heat. This accumulation of extreme weather events that hit the State is still a rare phenomenon. According to the latest study, at the current rate of global warming, these concomitant destructive events are expected to multiply and reach an increasing number of people.
A multidisciplinary team of scientists has established that half of the world’s population is likely to experience between three and six major climate disasters at the same time in 2100, if nothing is done to slow down greenhouse gas emissions. The study retains ten climatic hazards – drought, intense rainfall, wildfires, rising water levels, among others – whose evolution science can predict with relative assurance until the end of the century. The researchers present very concrete examples. In a world where pollution continues at the current rate, the New York region could suffer the effects of rising water levels, intense rains, hurricanes and drought at the same time. The Ile-de-France (Paris area) would be hit by drought, lack of drinking water and heatwaves.
The areas that are likely to pay the heaviest toll for the proliferation of extreme climate events in series are coastal and tropical regions. They are also the ones experiencing some of the largest population increases in the world.
The originality of this scientific work lies in the fact that it highlights the exposure of each region to cross-climatic risks, whereas scientific studies have so far focused on a single phenomenon. The authorities were preparing for one possible disaster by looking at what had already happened, but the study shows that global warming must push authorities to also anticipate new climate scenarios in which their region would be hit by several simultaneous disasters.
Source: Nature Climate Change.

Graphique montrant l’évolution des émissions de CO2 depuis l’an 2000. Il faut faire la distinction entre les émissions qui représentent ce qui entre dans l’atmosphère en raison des activités humaines, et la concentration qui indique ce qui reste dans l’atmosphère au terme des interactions entre l’air, la biosphère et les océans. (Source : Faith Birol/AIE.- global-climat)

Volcans autour du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique à travers le monde, telle qu’elle est communiquée par les différents observatoires et relayée par la Smithsonian Institution.

Un essaim sismique a été enregistré dans le secteur ouest de l’Etna (Sicile) entre 05h55 et 15h21 (heure locale) le 20 novembre 2018. Les réseaux de surveillance de l’INGV ont détecté plus de 40 événements avec une magnitude comprise entre M 1,6 et M 3,5. Ce dernier a eu lieu à 6h06 et était situé à environ 5 kilomètres au nord-est d’Adrano, à une profondeur d’environ 22 kilomètres.
Les épicentres des différents événements sismiques sont tous situés sur le flanc ouest du volcan, en amont des municipalités de Bronte, Adrano et Biancavilla, principalement dans la région du Monte Minardo. La profondeur des hypocentres varie entre 15 et 27 km. C’est une région dans laquelle des essaims sismiques ont déjà été observés par le passé.
Bien que l’essaim sismique se soit limité à l’après-midi, des secousses isolées ont continué de se produire dans la région occidentale de l’Etna.

Dans le même temps, une modeste activité strombolienne continue à animer les cratères sommitaux (Bocca Nuova, Cratère Nord-Est et Nouveau Cratère Sud-Est) depuis plusieurs semaines. En particulier, le petit cône de scories présent à l’intérieur de la bouche orientale du Nouveau Cratère Sud-Est émettait également, dans la soirée du 20 novembre, une petite coulée de lave qui est restée confinée à l’intérieur de cette même bouche.

Source : INGV.

Le PHIVOLCS indique qu’entre le 14 et le 20 novembre 2018, les panaches de vapeur émis par le Mayon (Philippines) descendaient en plusieurs points sur les pentes du volcan. Une incandescence était visible la nuit au niveau du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5). Il est rappelé aux habitants de ne pas pénétrer dans la zone de danger permanent de 6 km de rayon et dans la zone de danger supplémentaire de 7 km sur les flancs SSO et ENE.

Bonne nouvelle pour ceux qui ont l’intention de se rendre au Vanuatu. Les lacs de lave du Benbow et du Marum continuent d’être actifs et émettent de volumineux panaches de gaz et de vapeur. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5). Il est conseillé au public de rester en dehors de la zone de danger permanent d’un rayon de 1 km autour du Benbow et de 2,7 km autour du Marum.

De fortes explosions secouaient parfois le Yasur en octobre en novembre. Le niveau d’alerte reste à 2, sur une échelle de 0 à 4.
Source: GeoHazards.

Entre le 9 et le 15 novembre 2018, le volume du dôme de lave au sommet du Merapi (Indonésie) a augmenté à un rythme de 2 400 mètres cubes par jour, moins vite que la semaine précédente. Le 14 novembre, le volume du dôme était estimé à 290 000 mètres cubes.

Source : VSI.

L’éruption au niveau du cône dans la caldeira du Veniaminof (Aléoutiennes / Alaska) se poursuit, avec une intensification au cours des dernières heures. Les données satellitaires et les images de la webcam révèlent une température de surface élevée suite aux projections et aux épanchements de lave. Les coulées de lave ont parcouru jusqu’à 1,2 km de la bouche éruptive. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge à cause des abondantes émissions de cendre et le niveau d’alerte volcanique reste à Vigilance.

Dernière minute: L’AVO vient d’indiquer à 11 heures (heure locale) que l’activité du Veniaminof est en baisse et que la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à la couleur Orange.
Source: AVO.

L’éruption du Sabancaya (Pérou) se poursuit sans grands changements. On enregistre en moyenne 20 explosions par jour sur le volcan. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 3000 tonnes par jour. Le public ne doit pas s’approcher du cratère dans un rayon de 12 km.
Source: INGEMMET.

Même si la crise éruptive du 19 novembre 2018 est maintenant terminée, le Fuego (Guatemala) continue à montrer une activité soutenue avec des explosions faibles à modérées qui génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 4600 mètres d’altitude. On observe toujours de l’incandescence la nuit au niveau du cratère. Des avalanches de matériaux avec des blocs pouvant atteindre 2 ou 3 mètres de diamètre continuent à dévaler dans plusieurs ravines sur les flancs du volcan. L’INGV pense que ce type d’activité est susceptible de durer plusieurs jours et demande à la population d’être vigilante.

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Here is some news of the volcanic activity around the world, as communicated by the different observatories and relayed by the Smithsonian Institution.

A seismic swarm was recorded in the western part of  Mt Etna (Sicily) between 05:55 and 15:21 (local time) on November 20th 2018. The INGV monitoring networks detected more than 40 events with magnitudes between M 1.6 and M 3.5. The latter took place at 6:06 am and was located about 5 kilometres north-east of Adrano, at a depth of about 22 kilometres.
The epicentres of the various seismic events were all located on the west flank of the volcano, upslope from the municipalities of Bronte, Adrano and Biancavilla, mainly in the Monte Minardo region. The depth of the hypocentres varied between 15 and 27 km. This is a region in which seismic swarms have been observed in the past.
Although the seismic swarm was limited to the afternoon, isolated events continued to occur in the western region of Etna.
At the same time, a modest Strombolian activity has continued to animate the summit craters (Bocca Nuova, North-East Crater and New South-East Crater) for several weeks. In particular, the small cone of scorie inside the eastern vent of the New South-East Crater also emitted, on the evening of November 20th, a small lava flow which remained confined inside this same vent .
Source: INGV.

PHIVOLCS reports that between November 14th and 20th, 2018, white steam plumes emitted from Mayon (Philippines) drifted downslope and then in multiple directions. Crater incandescence was visible at night. The alert level remains at 2 (on a 0-5 scale). Residents are reminded to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone and the 7-km Extended Danger Zone on the SSW and ENE flanks.

Good news for those who intend to go to Vanuatu. The lava lakes in the craters of Benbow and Marum continue to be active and produce substantial and sustained gas-and-steam emissions. The alert level remains at 2 (on a scale of 0-5). The public is advised to stay outside of the Permanent Danger Zone defined as a 1-km radius from Benbow Crater and a 2.7-km radius from Marum Crater.

Ongoing explosions at Yasur were sometimes strong in October and November. The alert level remains at 2 (on a scale of 0-4)

Source: GeoHazards.

Between November 9th and 15th, the lava dome in Merapi’s summit crater (Indonesia) grew at a rate of 2,400 cubic metres per day, slower than the previous week. By November 14th, the volume of the dome was an estimated 290,000 cubic metres.

Source: VSI.

The eruption from the cone in Veniaminof’s caldera (Aleutians /Alaska) continues at low levels. Satellite and webcam data show elevated surface temperatures from minor lava spattering and lava effusion. The lava flows have travelled as far as 1.2 km from the vent. The aviation colour code remains at Orange and the volcanic alert level remains at Watch.

Last minute: AVO has just indicated at 11:00 (local time) that activity at Veniaminof has decreased and that the aviation colour code has been lowered to Orange.

Source: AVO.

The eruption of Sabancaya (Peru) continues in a stable way. An average of 20 explosions per day is recorded at the volcano. SO2 emissions average 3,000 tons per day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

Source: INGEMMET.

Although the eruption crisis of November 19th, 2018 is now over, Fuego (Guatemala) continues to show sustained activity with weak to moderate explosions that generate ash plumes that rise up to 4600 metres above sea level. Incandescence is still observed at night above the crater. Avalanches of material with blocks up to 2 or 3 metres in diameter continue to travel in several drainages on the flanks of the volcano. INGV believes that this type of activity is likely to last several days and asks the population to be vigilant.

Evolution de l’activité sismique sur le Fuego (Source: ISIVUMEH)

Des concentrations record de CO2 dans l’atmosphère // Record CO2 concentrations in the atmosphere

La nouvelle fait la une des bulletins d’information aujourd’hui. Ce n’est pourtant pas un scoop. L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) indique que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère atteignent un niveau record. La courbe de Keeling montre ces concentrations telles qu’elles sont relevées sur le volcan Mauna Loa à Hawaii. Le 20 novembre 2018, date de la dernière mise à jours, les concentrations atteignaient 408,50 ppm, ce qui est considérable. En observant la courbe ci-dessous, on se rend compte que la hausse est de plus de 3 ppm par rapport à novembre 2017.

Dans son rapport, l’OMM se montre pessimiste et précise qu’il n’y a pas de signe de possible renversement de cette tendance, ce qui entraînera, sur le long terme, le changement climatique, la montée de l’eau de la mer, l’acidification des océans et des conditions météorologiques extrêmes. L’OMM rappelle que l’augmentation de l’émission des gaz à effet de serre est causée par l’industrialisation, l’utilisation d’énergie à partir de combustibles fossiles, l’intensification de l’agriculture, l’augmentation de l’utilisation des terres et de la déforestation.

Ce rapport intervient quelques jours avant la COP 24 qui se tiendra du 2 au 14 décembre 2018 à Katowice, en Pologne.

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The piece of news is one of the headlines of the news bulletins today. To me, it is not a revelation. The World Meteorological Organization (WMO) reports that CO2 concentrations in the atmosphere are at record levels. The Keeling Curve shows these concentrations on the Mauna Loa volcano in Hawaii. On November 20th, 2018, the date of the last update, the concentrations reached 408.50 ppm, which is considerable. By observing the curve below, we realize that the increase reaches more than 3 ppm compared to November 2017.
In its report, the WMO is pessimistic and points out that there is no sign of a reversal of this trend, which will, in the long term, lead to climate change, sea rise, ocean acidification and extreme weather conditions.
The WMO recalls that the increase in greenhouse gas emissions is caused by industrialization, the use of energy from fossil fuels, the intensification of agriculture, the increase in land use and deforestation.
This report comes just days before COP 24, which will take place from 2 to 14 December 2018 in Katowice, Poland.

Dernier relevé fourni par la Scripps Institution of Oceanography:

Bilan des émissions de CO2 depuis les années 1960. La courbe se passe de tout commentaire:

Source: Scripps Institution of Oceanography

Les voitures électriques sont-elles écologiques? (1) // Are electric cars environment-friendly? (1)

Depuis plusieurs années, nos gouvernements encouragent le développement des voitures électriques censées réduire les émissions de gaz à effet de serre, le gaz carbonique en particulier. Toutefois, à y regarder de plus près, il n’est pas certain que les véhicules électriques soient aussi écologiques qu’on veut bien nous le faire croire. Ils tirent leur électricité de batteries au lithium, au même titre que les smartphones (pardon, téléphones intelligents) et autres tablettes. Sans oublier les propriétés pharmaceutiques du lithium, récemment utilisé également dans l’aéronautique.

Le lithium ne se trouve pas partout dans le monde. En France, nous n’en avons pas ; il faut donc aller le chercher ailleurs. C’est en Amérique du Sud et en Australie que se trouvent les réserves les plus importantes de ce précieux minerai. Etant donnée l’importance de la demande, on va forcément assister à une intensification minière qui aura des conséquences environnementales et sociales, sur fond de corruption et de conflits d’intérêts.

Les salars de Bolivie et d’Argentine sont les plus menacés. Il y a quelques jours, j’attirais l’attention des visiteurs de mon blog sur le salar d’Uyuni en Bolivie dont la splendeur risque fort d’être ruinée à court terme par l’exploitation du lithium qui a déjà commencé discrètement sur le site.

En Argentine, l’extraction de cet « or blanc » a commencé il y a environ cinq ans et elle passe aujourd’hui à l’étape supérieure. Le passage à une production à l’échelle industrielle ne sera pas sans conséquences sociales et environnementales.

Selon l’étude du cabinet américain McKinsey, la production de voitures électriques devrait dépasser celle des véhicules à moteur thermique dès 2030. Nul doute que la production de lithium va monter en flèche. Tous les regards sont tournés vers le triangle ABC – Argentine, Bolivie et Chili – où se trouvent près de 85 % des réserves mondiales du minéral. Chaque multinationale entend bien s’offrir une part du gâteau et l’Argentine est en train de rapidement rattraper son retard sur ses deux voisins.

Contrairement à la Bolivie, l’Argentine a largement ouvert ses portes aux compagnies étrangères. Dotées de technologies de pointe, celles-ci délaissent progressivement le sous-sol chilien pour la pureté du lithium argentin. Les Japonais, Australiens, Français, Sud-coréens, Canadiens, Américains, Polonais, Allemands et bientôt Turcs ou Indiens ont déjà planté des jalons dans le pays. Cette arrivée massive modifie de façon profonde l’environnement local. Par exemple, à Olaroz, l’exploitation du lithium occupera dix-huit mille hectares pendant quarante ans, le tout pour un investissement de plus de 230 millions de dollars. L’objectif est de produire 17 500 tonnes de lithium par an.

L’extraction du lithium demande des installations lourdes. Pour atteindre le tonnage que je viens de mentionner, il a fallu creuser vingt-trois puits de deux cents mètres de profondeur à dix kilomètres du site. Une fois pompées, les saumures – riches en lithium – sont acheminées vers de grands bassins d’évaporation de la taille de 700 terrains de football. Ils permettront de révéler le lithium qui sera transporté vers l’usine pour le transformer en carbonate de lithium, afin d’être exporté.

Les exploitants des mines de lithium font remarquer que le processus d’extraction est écologique car il utilise l’énergie solaire et éolienne, ce qui est très différent de l’activité minière traditionnelle, connue pour sa pollution. Ce progrès environnemental est confirmé par la société française ERAMET qui exploite un salar à Salta. Selon ses responsables, l’entreprise « évalue le potentiel économique » du gisement et étudie « un procédé innovant pour l’extraction du lithium dont l’empreinte environnementale est sensiblement réduite en comparaison des procédés conventionnels, du fait de la diminution très significative des surfaces d’évaporation nécessaires.»

Malgré tout, si l’industrie du lithium se révèle un peu moins destructrice que d’autres activités minières comme le plomb, le zinc ou l’étain, son problème réside dans la faiblesse d’un code minier national. Sans mesures d’encadrement de l’extraction du lithium, on va droit vers un désastre écologique. Vigognes, flamants roses, lamas, souris mais aussi bactéries extrêmophiles sont directement menacés. Le processus d’exploitation du lithium demande beaucoup d’eau et il y a un fort risque de sécheresse dans une région où la situation s’avère déjà tendue. En moyenne, on a besoin de dix litres d’eau par seconde pour tenir les cadences de production fixées par les investisseurs. Il est facile d’imaginer la situation si tous les pays mentionnés ci-dessus viennent exploiter le lithium d’Amérique du Sud.

Les communautés autochtones de la région sont déjà les premières victimes collatérales. Suite aux différents pompages, l’eau de la région se trouve partiellement salinisée. C’est un drame pour ces populations qui dépendent de l’agriculture et de la culture du sel. C’est tout un mode de vie qui est menacé. Les salars représentent également un lieu sacré, la Pachamama, que les habitants honorent chaque année au mois d’août.

Plusieurs actions en justice ont été portées par la population locale afin de stopper ces projets, mais c’est le pot de terre contre le pot de fer. Malgré une poignée de batailles gagnées, aucune jurisprudence n’existe à ce sujet. Les mouvements contestataires se sont rapidement disloqués à l’annonce des promesses de créations d’emplois, mais au final, seulement une centaine de personnes seront employées sur chaque site, avec une minorité provenant de la région.

La corruption orchestrée par les autorités locales achève de noircir le tableau. Une voiture, un réfrigérateur ou une simple caisse de bière offerte à la population suffisent à convaincre les habitants du bien-fondé des projets…

Source : Presse nationale (ReporTerre, par exemple) et internationale.

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For several years, our governments have been promoting the development of electric cars that are supposed to reduce greenhouse gas emissions, particularly carbon dioxide. However, on closer inspection, it is not certain that electric vehicles are as ecological as we would like to believe. They draw their electricity from lithium batteries, just like smartphones and tablets. Not to mention the pharmaceutical properties of lithium, recently also used in aeronautics.
Lithium is not found everywhere in the world. In France, we do not have it; so we have to look for it elsewhere. It is in South America and Australia that the most important reserves of this valuable mineral are found. Given the importance of demand, we will inevitably witness an intensification of mining that will have environmental and social consequences, with a background of corruption and conflicts of interest.
Salars of Bolivia and Argentina are the most threatened. A few days ago, I drew the attention of visitors to my blog about the salar of Uyuni in Bolivia whose splendor is likely to be ruined in the short term by the exploitation of lithium which has already begun discreetly on the site.
In Argentina, the extraction of this « white gold » began about five years ago and is now moving to the next level. The transition to industrial scale production will not be without social and environmental consequences.
According to a study by the US firm McKinsey, the production of electric cars is expected to exceed that of thermal vehicles by 2030. There is little doubt that lithium production will skyrocket. All eyes are on the ABC triangle – Argentina, Bolivia and Chile – where nearly 85% of the world’s mineral reserves are located. Each multinational intends to offer itself a piece of the cake and Argentina is quickly catching up with its two neighbours.
Unlike Bolivia, Argentina has largely opened its doors to foreign companies. Endowed with advanced technologies, these gradually abandon the Chilean subsoil for the purity of Argentine lithium. The Japanese, Australians, French, South Koreans, Canadians, Americans, Poles, Germans and soon Turks or Indians have already set foot in the country. This massive arrival profoundly modifies the local environment. For example, in Olaroz, lithium mining will occupy eighteen thousand hectares for forty years, all for an investment of more than $ 230 million. The goal is to produce 17,500 tons of lithium per year.
Lithium extraction requires heavy installations. To reach the tonnage I just mentioned, it was necessary to dig twenty-three wells two hundred meters deep at ten kilometers from the site. Once pumped, brines – rich in lithium – are transported to large evaporation ponds the size of 700 football fields. They will reveal the lithium that will be transported to the plant to turn it into lithium carbonate for export.
Lithium mine operators note that the extraction process is environmentally friendly because it uses solar and wind energy, which is very different from traditional mining, known for its pollution. This environmental progress is confirmed by the French company ERAMET which operates a salar in Salta. According to its managers, the company « assesses the economic potential » of the deposit and studies « an innovative process for the extraction of lithium whose environmental footprint is significantly reduced in comparison with conventional processes, because of the very significant reduction in necessary evaporation surface area. »
Nevertheless, if the lithium industry is a little less destructive than other mining activities such as lead, zinc or tin, its problem lies in the weakness of a national mining code. Without management measures of lithium extraction, we are heading towards an ecological disaster. Vigognes, flamingos, llamas, mice but also extremophile bacteria are directly threatened. The process of mining lithium requires a lot of water and there is a high risk of drought in an area where the situation is already tense. On average, one needs ten litres of water per second to keep up with the production rates set by investors. It is easy to imagine the situation if all the above-mentioned countries come to exploit the lithium of South America.
The indigenous communities in the region are already the first collateral victims. Following the various pumping operations, the water of the region is partially saline.This is a tragedy for these people who depend on agriculture and salt farming. It is a whole way of life that is threatened. The salar also represents a sacred place, the Pachamama, which locals honor each year in August.
Several lawsuits have been brought by the local population to stop these projects. Despite a handful of battles won, no case law exists on this subject. Protest movements quickly disintegrated at the announcement of promises of job creation, but in the end, only a hundred people will be employed on each site, with a minority from the region.
The corruption orchestrated by the local authorities completes the picture. A car, a refrigerator or a simple box of beer offered to the population is enough to convince the inhabitants of the merits of the projects …
Source: National (ReporTerre, for instance) and international.press.

Lithium contre beauté des salars = Nature contre intérêts économiques et financiers. On connaît d’avance le vainqueur!

Lithium vs. the beauty of salars = Nature vs. economic and financial interests. The winner is known in advance!

(Photos: C. Grandpey)