Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Fin de l’éruption ! // The eruption is over !

Après avoir débuté en fanfare le 15 septembre 2018 à 4h25 (heure locale), l’éruption du Piton de la Fournaise vient de se terminer le 1er novembre 2018 à 4 heures (heure locale) dans une quasi indifférence générale. Il est vrai que ce fut une éruption relativement modeste et que le volcan nous a habitués à des spectacles de plus grande envergure. Le dernier a pourtant permis à certains de réaliser de très beaux clichés. Ce n’est pas forcément quand les éruptions sont les plus spectaculaires que l’on fait les meilleures photos.

Cela fait plusieurs semaines que l’OVPF fait état d’une reprise d’une inflation qui « témoigne de la mise en pression d’une source localisée sous les cratères sommitaux (Bory-Dolomieu) à 1-1,5 km de profondeur, liée à la réalimentation du réservoir superficiel par du magma plus profond. » Il se pourrait donc que le Piton reprenne du service dans peu de temps…

Source : OVPF.

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After having started with a flourish on September 15th, 2018 at 4:25 am (local time), the eruption of Piton de la Fournaise just ended on November 1st, 2018 at 4 am (local time) in a quasi general indifference. It is true that it was a relatively modest eruption and that the volcano has accustomed us to larger scale shows. The last one nevertheless allowed some visitors to take very nice photos. It is not necessarily when the eruptions are the most spectacular that one makes the best photos.
It has been several weeks since OVPF has reported a resumption of inflation which « testifies to the pressurization of a source located under the summit craters (Bory-Dolomieu) at a depth of 1-1.5 km, related to the recharge of the shallow reservoir by deeper magma. A new eruption might occur in the short or medium term…
Source: OVPF.

Photo: Christian Holveck

Un projet fou pour l’Antarctique // Crazy project for Antarctica

La banquise fond, que ce soit dans l’Arctique ou l’Antarctique, à cause du réchauffement climatique. On associe inévitablement le phénomène à l’élévation du niveau des océans. Ce qui inquiète les scientifiques, ce ne sont pas les icebergs qui flottent à la surface de l’océan comme les glaçons dans un verre et ne contribuent pas à la hausse du niveau des mers. En revanche, la situation des plateformes glaciaires est plus inquiétante, car elles sont rongées par en dessous par les remontées d’eau chaude.

Afin d’essayer de lutter contre ce phénomène, une équipe de chercheurs a proposé un plan complètement fou visant à limiter la fonte des glaciers de l’Antarctique et du Groenland. L’idée, qui se présente aujourd’hui comme “le plus grand projet de génie civil de l’histoire de l’humanité” serait de construire une structure de soutien directement sous les glaciers pour les empêcher de s’effondrer. Selon l’article paru dans la revue Cryosphere,  ce type «d’intervention sur la calotte glaciaire d’aujourd’hui serait à la limite des capacités humaines. Les chercheurs font toutefois remarquer qu’il y a «suffisamment de glace empilée sur l’Antarctique pour élever les mers du globe de près de 60 mètres».

Pour leur étude, les chercheurs se sont concentrés sur le Glacier Thwaites, l’un des plus imposants de l’Antarctique, mais aussi l’un des plus fragiles. À lui seul, il a le potentiel d’augmenter le niveau de la mer d’environ trois mètres.

Deux méthodes sont proposées. La première consiste à soutenir le glacier avec une série de monticules sur environ 300 mètres, par-dessous. Dans ce cas, les eaux plus chaudes pourraient encore venir se frotter au glacier, mais cette structure aurait au moins la capacité de l’empêcher de s’effondrer. Avec cette méthode, les chercheurs estiment qu’il y a 30% de chance que le glacier ne s’effondre pas au cours des 1000 prochaines années.

La seconde approche est plus compliquée. Elle consiste à construire un mur sous le glacier, ce qui empêcherait l’eau chaude venue des bas-fonds de se frotter à la glace. Les chances de réussite sont ici estimées à 70%, toujours pour les 1000 prochaines années.

Les idées proposées sont en théorie potentiellement faisables sur le plan technique, en sachant que leur mise en oeuvre serait difficile à cause des conditions climatiques et induirait forcément une pollution de l’environnement. De plus, les deux méthodes, aussi bonnes soient les intentions, reviendraient à mettre un pansement sur une jambe de bois. Elles ne régleront pas le problème du réchauffement climatique. La vraie solution ne réside pas de ce genre de projet loufoque. Elle consiste à s’attaquer directement à la source du problème, à la cause du réchauffement climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre, mais nos gouvernements semblent encore bien frileux et de véritables mesures d’envergure n’ont pas été prises. .

Source : SciencePost, The Cryosphere.

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The sea ice is melting, whether in Arctic or Antarctic, because of global warming. The phenomenon is inevitably associated with rising sea levels. What worries scientists is not the icebergs that float on the ocean’s surface like ice cubes in a glass and do not contribute to rising sea levels. What worries them is the situation of the ice shelves because they are gnawed from below by the upwelling of warm water.
In an attempt to combat this phenomenon, a team of researchers proposed a completely crazy plan to limit the melting of glaciers in Antarctica and Greenland. The idea, which is supposed to be « the greatest civil engineering project in the history of humanity » would be to build a support structure directly under the glaciers to prevent them from collapsing. According to the article in the journal Cryosphere, this type of « intervention on the icecap would be at the limit of today’s human capabilities. The researchers note, however, that there is « enough ice piled up on the Antarctic continent to raise the seas by as much as 60 metres. »
For their study, the researchers focused on the Thwaites Glacier, one of the largest in Antarctica, but also one of the most fragile. On its own, it has the potential to raise the sea level by about three metres.

Two methods are proposed. The first is to support the glacier with a series of mounds about 300 metres below. In this case, the warmer waters could still come to erode the glacier, but this structure would at least have the capacity to prevent it from collapsing. With this method, researchers estimate that there is a 30% chance that the glacier will not collapse over the next 1000 years.
The second approach is more complicated. It consists in building a wall under the glacier, which would prevent the warm water coming from the shallows from rubbing the ice. The chances of success are here estimated at 70%, still for the next 1000 years.
The proposed ideas are in theory potentially technically feasible, knowing that their implementation would be difficult because of weather conditions and would necessarily lead to environmental pollution. Moreover, the two methods, even though the intentions are good, would be like putting a bandage on a wooden leg. They will not solve the problem of global warming. The real solution does not lie with this kind of crazy project. The problem should be addressed directly at the source, namely by limiting greenhouse gas emissions. But our governments still seem reluctant to take real, far-reaching measures. . .
Source: SciencePost, The Cryosphere.

Source: The Cryosphere.

Volcans du monde // Volcanoes around the world

L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) débutée le 15 septembre 2018 se poursuit. L’intensité du tremor éruptif montre des valeurs très faibles. L’activité de surface est toujours extrêmement faible elle aussi. Aucune résurgence n’a été détectée au cours des derniers jours et seul un panache de gaz reste visible au niveau de l’évent éruptif. La lave s’écoule uniquement en tunnels.

Source : OVPF.

Un nouvel épisode éruptif a été observé à Ambae (Vanuatu) dans la soirée du 30 octobre 2018 (heure locale). Les explosions étaient accompagnées de panaches de cendre montant jusqu’à 4 ou 5 km au-dessus du cratère.
Les zones sous le vent ont connu des retombées de cendre modérées. Il est fait état de grondements du volcan et d’une odeur de gaz volcaniques.
Le niveau d’alerte reste à 2. Les visiteurs et la population locale sont priés de rester à 2 km de la bouche éruptive.

Source : Geohazards.

L’Anak Krakatau (Indonésie) reste bien actif ces jours-ci. On peut voir sur les réseaux sociaux une vidéo amateur montrant des éclairs au sein des panaches de cendre et de matériaux incandescents émis par le volcan. Le niveau d’alerte reste à 2, sur une échelle de 4 ; il est rappelé aux touristes et à la population de ne pas s’approcher à moins de 2 km du cratère.

https://video.foxnews.com/v/5855394224001/?#sp=show-clips

Entre le 19 et le 25 octobre 2018, le dôme dans la cratère du Merapi (Indonésie) s’est accru à raison de 6100 mètres cubes par jour, avec peu de variations par rapport à la semain précédente. Le 21 octobre, son volume, estimé depuis la partie SE du volcan, atteignait 219 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte est maintenu à 2, sur une échelle de 4.

Source : VSI.

L’éruption du Sabancaya (Pérou) se poursuit de manière relativement stable, avec une moyenne de 30 explosions par jour. Les panaches de gaz et de cendre s’élèvent jusqu’à 3,4 km au-dessus du cratère. Le 27 octobre 2018, les émissions de SO2 atteignaient 2 671 tonnes par jour. Il est demandé au public de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 12 km.
Source: INGEMMET, IGP.

Un nouvel épisode éruptif a débuté sur le Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska) le 25 octobre 2018, en se référant à des données sismiques. Un fort épisode de tremor a duré une vingtaine de minutes et a été suivi de 40 minutes séquences plus faibles. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance.
Le réseau sismique a également détecté de petites explosions dans la soirée du 26 octobre et le 27 octobre au matin.
Source: AVO.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) that started on September 15th, 2018 is continuing. The intensity of the eruptive tremor is showing very low values. Surface activity is very weak as well. No outbreak has been detected as lava is flowing in tunnels. A gas plume can be seen at the eruptive vent.

Source: OVPF.

A new eruptive episode was observed at Ambae volcano (Vanuatu) in the evening of October 30th, 2018 (local time). The explosions were accompanied by ash plumes up to 4 – 5 km above the crater.

Downwind areas experienced moderate ashfall. There were reports of rumbling from the volcano and smell of volcanic gases.

The alert level remains at 2. Visitors and local residents are asked to remain at 2 km around the eruptive vent.

Source: Geohazards.

Anak Krakatau (Indonesia) is quite active these days. One can see on the social network a video showing flashes of lightning among the ash clouds and the ejection of incandescent material.spewed by the volcano. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4); residents and visitors are warned not to approach within 2 km of the crater. .

https://video.foxnews.com/v/5855394224001/?#sp=show-clips

Between October 19th and 25th, 2018, the lava dome in Merapi’s summit crater (Indonesia) grew slowly at a rate of 6,100 cubic metres per day, similar to the previous week. By October 21st, the volume of the dome, based on photos from the SE sector, was an estimated 219,000 cubic metres. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : VSI.

The eruption of Sabancaya (Peru) is going on in a fairly stable way, with an average of  30 explosions per day. Gas-and-ash plumes rise as high as 3.4 km above the crater rim. On 27 October, 2018, the SO2 emissions reached 2,671 tons per day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

Source: INGEMMET, IGP.

A new eruptive episode started at Semisopochnoi (Aleutians / Alaska) on October 25th, 2218 based on seismic data. Strong volcanic tremor lasted about 20 minutes and was followed by 40 minutes of weak tremor pulses. The aviation colour code was raised to Orange and the volcano alert level to Watch.
Small explosions were also detected by the seismic network in the evening of October 26th and in the morning of October 27th.

Source: AVO.

Le tremor traduit la lente agonie de l’éruption du Piton de la Fournaise (Source: OVPF)