Glissements de terrain et éruptions // Landslides and eruptions

Une nouvelle étude publiée dans Nature Scientific Reports, montre qu’il existe un lien entre les éruptions volcaniques majeures et les glissements de terrain, mais laisse aussi entendre que les glissements de terrain peuvent déclencher des éruptions.
Le coeur de l’étude est le Pic du Teide (3718 meres), un volcan actif sur l’île de Tenerife aux Canaries. Sur une période de plusieurs centaines de milliers d’années, le Teide a connu un cycle d’éruptions, d’effondrements et de phases de reconstruction de l’édifice volcanique. Des recherches antérieures effectuées par des scientifiques du Centre National d’Océanographie (CNO) basé à Southampton (Angleterre) ont révélé que les éruptions du passé ont pu être liées à d’énormes glissements de terrain de plusieurs niveaux sous la surface de l’océan.
En approfondissant l’étude des dépôts laissés par ces glissements de terrain, les scientifiques du CNO ont remarqué que les matériaux provenant des éruptions volcaniques explosives ne se trouvaient que dans les couches supérieures de chaque dépôt de glissement de terrain. Cela prouve que les phases initiales de chaque glissement de terrain se sont produites sous l’eau et avant chaque éruption. Ces résultats laissent supposer que la phase initiale des glissements de terrain a pu être le déclencheur de chacune des éruptions.
Les scientifiques ont ensuite étudié les minces couches d’argile volcanique entre les dépôts de glissement et les dépôts éruptifs, et ils ont estimé à environ dix heures le délai minimum entre le glissement sous-marin initial et l’éruption qui a suivi. Ainsi, la nouvelle étude montre qu’après le glissement sous-marin initial, il pourrait s’écouler entre dix heures et plusieurs semaines jusqu’au déclenchement de l’éruption. Cette observation est très différente du déclenchement quasi-instantané du glissement de terrain qui a précédé l’éruption du Mt St Helens en 1980. Les conclusions de l’étude pourraient aider à définir des stratégies de gestion des risques pour des volcans semblables au Teide, comme le Mt St Helens ou Soufriere Hill sur l’île de Montserrat.
Ce délai jusqu’au déclenchement de l’éruption est peut-être dû au fait que la chambre magmatique peu profonde du Teide ne contient pas suffisamment d’éléments volatiles pour provoquer immédiatement des éruptions explosives. Cependant, l’évacuation de matériaux volcaniques par des glissements de terrain peut entraîner l’ascension du magma depuis la chambre magmatique plus profonde riche en éléments volatiles ; ce magma se mélange ensuite au magma peu profond et provoque des éruptions explosives susceptibles d’ouvrir une caldeira de plusieurs kilomètres de diamètre. Ces éruptions donnant naissance à une caldeira sont parmi les plus puissantes sur Terre et mettent en oeuvre d’énormes quantités d’énergie, tandis que les glissements de terrain qui les accompagnent comptent parmi les mouvements de masses les plus importants sur Terre et peuvent générer des tsunamis potentiellement dévastateurs.
Cette compréhension du lien entre les grandes îles volcaniques et les éruptions donnant naissance à des caldeiras permettra une meilleure évaluation des risques géologiques sur les îles volcaniques, et fait partie des recherches en cours du CNO sur les risques géologiques des fonds marins.
Source: Science Daily.

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A new study published in Nature Scientific Reports, not only implies a link between catastrophic volcanic eruptions and landslides, but also suggests that landslides may trigger eruptions.

The heart of the study is Teide (3718 meres), an active volcano on the Canary island of Tenerife. Over a period of several hundred thousand years, Teide has undergone a repeated cycle of very large eruptions, collapse, and regrowth. Previous research by scientists at the National Oceanography Centre (NOC) based at Southampton (England) revealed that past eruptions may have been linked to huge multi-stage submarine landslides.

By studying these landslide deposits further, NOC scientists noticed that material from explosive volcanic eruptions was only found in the uppermost layers of each landslide deposit. This demonstrates that the initial stages of each landslide occurred underwater and before each eruption. These results suggest that the initial stages of the landslides may have triggered each of the eruptions.

The scientists then investigated the thin volcanic clay layers between landslide and eruption deposits, and based upon the time required for clay to settle out of the ocean, estimated the minimum time delay between the initial submarine landslide and a subsequent eruption as approximately ten hours. Thus, the new research shows that after the initial submarine landslide there could be between ten hours to several weeks until the eruption is finally triggered. This is very different from the near-instantaneous landslide triggering of the 1980 Mt St Helens eruption. This information could help inform hazard mitigation strategies for volcanoes similar to Teide, such as Mt St Helens or Montserrat.

This delay could be because the shallow magma chamber in Teide does not contain enough volatiles to immediately create explosive eruptions. However, removal of volcanic material by landslides may cause magma to rise from the lower volatile-rich magma chamber, which mixes with the shallow magma, causing explosive volcanic eruptions after a delay and leaving a large caldera that may be several kilometres across. These ‘caldera-forming’ eruptions are among the largest volcanic eruptions on Earth and involve huge energies, while the associated landslides are among the largest mass movements on Earth and can generate potentially damaging tsunamis.

This new understanding of the linkage between large volcanic islands and caldera-forming eruptions will help advise future geohazard assessments of volcanic islands, and forms part of the NOC’s on-going research into marine geohazards.

Source: Science Daily.

Tenerife et le Teide vus depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Photos: C. Grandpey

En rade sur le Teide (Iles Canaries) ! // Stranded on Teide (Canary Islands) !

Les faits divers se multiplient sur les volcans ces jours-ci ! Après les touristes français pris par la patrouille dans une zone interdite du Kilauea à Hawaii, les excursionnistes blessés par une explosion sur l’Etna, un incident est survenu sur le téléphérique du Teide aux Canaries. Ce volcan actif culmine à plus de 3700 mètres d’altitude. C’est le plus haut sommet d’Espagne et une destination touristique populaire.
Les services d’urgence espagnols ont secouru 250 personnes suite à la panne du téléphérique. Des dizaines de passagers se sont retrouvé piégés dans deux cabines et une centaine d’autres personnes ont été obligées de passer la nuit à haute altitude.
Plus de la moitié des passagers du téléphérique, dont 70 étaient suspendus à 40 mètres de hauteur, ont été ramenés au sol à l’aide de cordes, de harnais et de poulies. La panne du téléphérique a obligé 111 personnes, dont huit enfants, à passer la nuit dans des cabines sur le volcan.
Jeudi à midi, quatre hélicoptères avaient recueilli 57 de ces personnes, tandis que d’autres sont redescendues à pied en compagnie de secouristes. On ne recense aucune blessure grave.
Le gestionnaire du téléphérique a déclaré que l’incident avait été causé par le déclenchement automatique d’un verrou de sécurité pour des raisons inconnues. Il a ajouté que les protocoles d’urgence avaient été suivis et que les personnes contraintes de passer la nuit sur le volcan avaient reçu une aide médicale, des vêtements chauds et de la nourriture. Le téléphérique ne rouvrira pas avant samedi au plus tôt.
Source: Journaux espagnols.

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Incidents are accumulating on volcanoes these days. After the French tourists caught in a forbidden area of Kilauea Volcano, the excursionists injured by a an explosion on Mount Etna, an incident happened on Mount Teide, whose summit is more than 3,700 metres above sea level. It is Spain’s highest peak and a popular tourist destination.

The Spanish emergency services have rescued 250 people after a cable car service broke down, leaving dozens of passengers trapped in two gondolas and forcing more than 100 to spend the night at high altitude.

More than half the passengers – including 70 who were lowered 40 metres from the stranded cars to the ground using ropes, harnesses and pulleys – were rescued. The cable car’s failure meant 111 people, including eight children, had to spend the night in cabins on the volcano.

By midday on Thursday, four helicopters had collected 57 of those stranded overnight, while others walked down accompanied by rescue workers. There was no serious injury.

The volcano’s cable car operator said the incident had been caused after a security lock was triggered automatically for unknown reasons. It added that emergency protocols had been followed and that those forced to spend the night on the volcano had been provided with medical help, warm clothes and food. The cable car system will not reopen until Saturday at the earliest.

Source : Spanish newspapers.

Photo: C. Grandpey

Teide (Tenerife / Iles Canaries): Pas d’éruption en vue ! // Teide (Canary Islands): No eruption in the short term !

drapeau-francaisComme cela était prévisible, l’annonce alarmiste lue dans la presse, en particuliers dans certains tabloïds britanniques, était infondée. Comme ce fut le cas pour le Katla (Islande) il y a quelques semaines, les autorités espagnoles ont dû publier une mise au point visant à rassurer la population. Selon le Dr Hernandez de l’Institut Volcanologique des Iles Canaries, « on ne s’attend pas à une éruption. Il n’y a pas à s’inquiéter car la situation est normale. Il y a eu un essaim sismique, ce qui est tout à fait normal sur une île volcanique. Le Teide est un volcan actif. »

Donc déplacement tranquille pour moi à Bordeaux demain, pour une conférence sur les risques volcaniques….

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drapeau-anglaisAs could be predicted, Mount Teide on Tenerife Island is not about to erupt despite a rash of media reports, especially among the British tabloids. Dr Pedro Hernandez, Director of Volcano Monitoring at the Volcanology Institute of the Canary Islands reaffirms that the fears were unfounded. “We are not due for an eruption,” Dr Hernández said. “There is no need to be worried, this is a very normal situation. The earthquakes were a seismic swarm, this is quite normal in a volcanic island. This is an active volcano.”

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Photo: C. Grandpey

Hausse de la sismicité sur le Teide (Tenerife / Iles Canaries) // Increase in seismicity on Teide volcano (Canary Islands)

drapeau-francaisL’information doit être prise avec des pincettes car elle provient de tabloïds britanniques qui sont connus pour leurs exagérations.
Dans deux articles, on peut lire que l’«on redoute qu’un énorme volcan sur l’île de Tenerife (autrement dit le Pic du Teide) entre en éruption après que 100 mini séismes aient été signalés pendant quatre heures dans la région ».
Il se confirme que l’Institut de Volcanologie des Iles Canaries (Involcan) a signalé une hausse significative de l’activité sismique dimanche après-midi. 92 petites secousses ont été enregistrées à Adeje et Vilaflor en l’espace de quatre heures, avec un événement de M 1,5. La plupart des secousses ont eu lieu à des profondeurs comprises entre 7 et 13 km, suscitant des craintes que le Teide puisse entrer en éruption.
Involcan a envoyé des équipes dans la région pour mesurer la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère à la suite des séismes. En fin de compte, le directeur d’Involcan a déclaré aux médias locaux qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter car l’activité sismique ne semble pas être liée à une activité volcanique sur l’île.
L’accroissement de l’activité sismique se produit quelques jours après qu’un chercheur d’Involcan ait indiqué que les îles Canaries pouvaient connaître une éruption volcanique tous les 40 ans (ce qui reste à démontrer !). Il a ajouté que la population locale devrait être éduquée en cas d’éruption.
La dernière éruption du Teide remonte à novembre 1909 et la dernière augmentation de l’activité sismique a été enregistrée en 2003, quand une fracture s’est ouverte sur le nord-est du volcan.
Source: Express & Daily Star.

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drapeau-anglaisThe piece of information needs to be taken into account very carefully as it is coming from British tabloids which are known for their exaggerations.

In two articles, we can read that “fears are mounting that a huge volcano on the island of Tenerife (i.e. Teide volcano) could erupt after nearly 100 mini earthquakes were reported in four hours in the region”.

Indeed, the Volcanology Institute of the Canary Islands (Involcan) reported a significant spike in seismic activity on Sunday afternoon. Some 92 microquakes were recorded in Adeje and Vilaflor in the space of four hours, with one M 1.5 event.  Most quakes took place at depths between 7 and 13 km, sparking fears Mount Teide could be about to erupt.

Involcan has sent teams to the area to measure the amount of carbon dioxide in the atmosphere following the quakes. In the end, the Involcan director told local media there was no reason for alarm as the quakes do not seem to be associated with any volcanic activity on the island.

The surge of activity comes days after an Involcan researcher warned the Canary Islands could experience a volcanic eruption every 40 years. He warned the local population must be educated about volcanoes.

Mount Teide last erupted in November 1909 and the last reported increase in seismic activity dates back to 2003 when a rift opened on the north-east of the volcano.

Source: Express & Daily Star.

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Photo: C. Grandpey