Lutte contre le changement climatique : Des progrès, mais ce n’est pas gagné… // Fight against climate change : There’s still a long way to go…

drapeau-francaisLe journal Le Monde des 16 et 17 octobre 2016 fait son gros titre avec un « accord historique sur les gaz à effet de serre » signé le 15 octobre à Kigali (Rwada) par 197 pays, après sept années de négociations. Le protocole prévoit l’élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC) utilisés en particulier pour la climatisation. Le journal précise que la suppression des HFC est considérée comme « un des leviers les plus rapides d’atténuation du changement climatique ». De plus, contrairement à la COP 21, l’accord de Kigali est coercitif et prévoit des sanctions en cas de non respect.

J’aimerais toutefois nuancer l’optimisme de l’article du Monde. Il est certain que l’accord de Kigali est un plus dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il s’ajoute au protocole de Montréal de 1987 sur la suppression des CFC et leur effet néfaste sur la couche d’ozone. (Il faut tout de même remarquer que le trou dans la couche d’ozone existait déjà avant l’apparition des CFC.) Depuis 1987, le trou dans la couche d’ozone a diminué – toujours selon Le Monde – «d’une superficie équivalente à celle de l’Inde ». Suite à cette suppression des HFC, il ne fait aucun doute que les industriels vont trouver des alternatives. Le tout est de savoir si elles seront naturelles ou si l’on retombera dans l’univers des produits polluants !

L’accord de Kigali intervient à quelques jours de l’ouverture de la COP 22 qui aura lieu au Maroc du 7 au 18 novembre 2016. Les Etats commencent enfin à réaliser la menace représentée par le réchauffement climatique, mais il reste beaucoup à faire pour que les effets des mesures prises soient visibles. De toute façon, à supposer que des mesures très efficaces soient prises, il faudra des décennies, voire des siècles, pour que notre planète retrouve son bel équilibre.

++++++++++

Parallèlement à l’accord de Kigali, 74 pays (dont la France et le Canada) rejetant 58,82% des émissions de gaz à effet de serre viennent de ratifier l’accord de Paris (COP 21) qui prévoit de stabiliser le réchauffement climatique en deçà de 2°C. La partie est pourtant bien loin d’être gagnée, comme le montre le CETA (Canada-EU Trade Agreement), autrement dit l’Accord Économique et Commercial Global (AÉCG), destiné à faciliter les échanges économiques entre l’Europe et le Canada et qui devrait être signé le 27 octobre prochain à Bruxelles.

Le CETA est loin de faire l’unanimité car il fait une grande place aux énergies fossiles et limite la capacité des Etats à prendre les mesures nécessaires à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. En effet, le CETA permettra aux entreprises de porter plainte contre un Etat adoptant une politique contraire à ses intérêts privés. L’accord de libre-échange qui lie le Canada aux Etats Unis autorise déjà ce type de procédure. La société TransCanada, par exemple, a attaqué l’administration Obama à la suite de sa décision, pour des raisons environnementales, d’abandonner le projet d’oléoduc Keystone XL qui devait transporter le pétrole de l’Alberta vers le Texas. Les tribunaux d’arbitrage prévus par le CETA favoriseront donc l’expansion et l’exportation des sables bitumineux de l’Alberta qui sont encore plus polluants que le pétrole conventionnel. Il est donc nécessaire que le traité entre l’Europe et le Canada soit largement remanié pour faire cohabiter intérêts économiques et protection de l’environnement.

Aux dernières nouvelles, la Belgique pourrait bien mettre tout le monde d’accord en refusant de signer le CETA dans sa forme actuelle. Le Parlement wallon, en particulier, déplore « une privatisation de la démocratie. Beaucoup de dispositions posent problème pour la souveraineté nationale ». Parmi les points litigieux : la libéralisation de tous les biens et services qui ne seraient pas explicitement cités dans le Traité, un encadrement insuffisant concernant les transactions financières, des cours de juridiction privées pour régler les conflits commerciaux.

Source: Presse française.

——————————————-

drapeau-anglaisOn 16 and 17 October 2016, the French newspaper Le Monde made its headline with a « historic agreement on greenhouse gases » signed on 15 October in Kigali (Rwada) by 197 countries, after seven years of negotiations. The Protocol calls for the progressive elimination of hydrofluorocarbons (HFCs) used in particular for air conditioning. The newspaper said that the elimination of HFCs is considered « one of the most important decision in the mitigation of climate change. » Moreover, contrary to the COP 21, the Kigali agreement is coercive and provides for sanctions in case of non compliance.
However, I would mitigate the optimism of the Le Monde article. Certainly the Kigali agreement is a plus in the fight against global warming. It comes after the 1987 Montreal Protocol on the elimination of CFCs and their detrimental effect on the ozone layer. (It should be noted nonetheless that the hole in the ozone layer existed before the onset of CFCs.) Since 1987, the hole in the ozone layer has declined – again according to Le Monde – « an area equivalent to that of India.  » Following the elimination of HFCs, there is no doubt that manufacturers will find alternatives. The question is to know whether they will be natural or, if they will fall back into the universe of pollutants!
The Kigali agreement comes just days before the opening of the COP 22 to be held in Morocco from 7 to 18 November 2016. The nations are finally beginning to realize the threat posed by global warming, but much remains to be done before the effects of actions are visible. Anyway, supposing very effective measures are taken, it will take our planet decades, even centuries, before it regains its perfect balance.

++++++++++

Alongside the Kigali agreement, 74 countries (including France and Canada) that emit 58.82% of greenhouse gases have ratified the Paris Agreement (COP 21), which plans to stabilize global warming below 2°C. However, there is still a long way to go, as shown by the CETA (Canada-EU Trade Agreement) which is intended to facilitate trade between Europe and Canada and expected to be signed on 27 October in Brussels.
The CETA is far from being readily accepted by all nations because it gives a great place to fossil fuels and limits the ability of states to take steps to reduce the emissions of greenhouse gases. Indeed, the CETA will allow companies to file a complaint against a State adopting a policy contrary to their private interests. The free trade agreement between Canada the US already allows this type of procedure. TransCanada, for example, took the Obama administration to court in the wake of its decision, for environmental reasons, to abandon the Keystone XL pipeline project that would transport oil from Alberta to Texas. Arbitration courts provided for by the CETA will therefore promote the expansion and export of Alberta oil sands which are even more polluting than conventional oil. It is therefore necessary that the treaty between Europe and Canada be substantially revised to allow a coexistence between economic interests and environmental protection.
There will be a major obstacle to the CETA as Belgium could refuse to sign the treaty in its current form. The Walloon Parliament, in particular, deplores « the privatization of democracy. Many provisions raise concerns for national sovereignty.  » Among the contentious issues: liberalization of all goods and services that are not explicitly mentioned in the Treaty, poor supervision on financial transactions, private jurisdiction courts to settle trade disputes.
Source: French Press.

Petite éruption phréatique du Bulusan (Philippines) // Minor phreatic eruption at Bulusan volcano (Philippines)

drapeau-francaisLe PHILVOCS indique que le Bulusan a connu un bref épisode éruptif le lundi 17 octobre. Il s’agit d’une éruption phréatique qui a eu lieu à 7h36 au niveau de la bouche SE qui a émis un panache de cendre d’un kilomètre de hauteur.

Le PHILVOCS avait détecté 24 séismes d’origine volcanique pendant les 24 heures qui ont précédé l’éruption. Les émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 79 tonnes par jour le 12 octobre.

Le niveau d’alerte est maintenu à 1.

Comme toutes les éruptions phréatiques, celle du Bulusan n’a pas pu être anticipée par l’observatoire.

———————————–

drapeau-anglaisPHILVOCS indicates that Bulusan Volcano erupted on Monday morning  It was a phreatic eruption that happened at 7:36 a.m. at the SE vent of the volcano which  spewed a one-kilometer high ash column.

PHIVOLCS said it detected a total of 24 volcanic earthquakes at the volcano for the past 24 hours. SO2 emissions were measured at an average of 79 tonnes per day on October 12th .

The alert level remains at 1.

Like all phreatic eruptions, this one could not be anticipated by the observatory.

bulusan-blog

Crédit photo: Wikipedia.

Début d’octobre chaud en Alaska // Warm early October in Alaska

drapeau-francaisCinq mois après une fonte de neige extrêmement précoce au printemps dernier (la neige a commencé à fondre le 13 mai, 10 jours plus tôt que le précédent record établi en 2002), Barrow, la localité la plus septentrionale de l’Alaska, vient d’établi un nouveau record pour l’arrivée tardive de la neige.
Le sol de Barrow était toujours intact le samedi 15 octobre. L’ancien record pour la dernière journée sans couverture neigeuse remonte au 12 octobre 1998. Les services météorologiques ont confirmé le nouveau record. Quelques flocons sont tombés depuis cette date, mais sans laisser une couche de neige mesurable.
Les relevés météorologiques de Barrow remontent à 1920.

La période sans neige à Barrow a été particulièrement longue cette année. Le nouveau record de manque de neige intervient après une période de températures anormalement chaudes dans le nord de l’Alaska. Les 10 premiers jours d’octobre ont été les plus chauds jamais enregistrés à Barrow pour cette période, avec des températures moyennes très largement supérieures à la normale. Un front de haute pression sur le sud-est et l’est de l’Alaska, avec un prolongement vers le nord de l’Arctique, a maintenu la trajectoire des intempéries sur le centre de la mer de Béring et bien à l’écart de l’Alaska du Sud-Est. A cette situation météorologique viennent s’ajouter des températures de surface de la mer anormalement chaudes suite à l’absence presque totale de la glace de mer à proximité de l’Alaska. En conséquence, une grande partie de l’ouest de l’Alaska a connu la première décade d’octobre la plus chaude jamais enregistrée. De plus, il n’y a pratiquement pas eu de pluie dans le sud-est alors que le mois d’octobre est, pour beaucoup d’endroits, le plus pluvieux de l’année.
Le mois de septembre avait déjà été chaud en Alaska. Au cours de mon séjour dans le 49ème Etat de l’Union, j’ai été surpris par les températures élevées, en particulier dans la région de Juneau où elles avoisinaient souvent les 20°C, ce qui m’a obligé à acheter des T-shirts!

———————————–

drapeau-anglaisFive months after a record-early spring snowmelt (snow started to melt on May 13th, 10 days earlier than the previous record set in 2002), the nation’s northernmost community has set a new record for late snow accumulation.

The ground in Barrow was barren of snow on Saturday October 15th, breaking the previous record for the latest calendar date for zero snow-cover in that community. The old record for the latest day without snow coverage was October 12th 1998. The weather service confirmed the new record. A trace of snow has fallen since then, but it is not enough to be considered measurable snow-cover.

Barrow’s weather and climate records go back to 1920.

The snowless period in Barrow has been particularly long this year. The new no-snow record comes after a stretch of unusually warm temperatures in Barrow. The first 10 days of October were the warmest on record for Barrow in that early October period, with temperatures largely above normal. High pressure over Southeast and eastern mainland Alaska, extending into the high Arctic has kept the storm track over central Bering Sea and away from Southeast Alaska. This is in addition to continued unusually warm sea surface temperatures and nearly complete lack of sea ice near Alaska. As a result, much of western Alaska has had the mildest first ten days of October of record, while there has been virtually no rain in Southeast during what for many places is the wettest month of the year.

September was equally warm in Alaska . I was surprised at the high temperatures during my stay in the last Frontier, especially in the Juneau area where the temperatures averaging 20°C forced me to buy T-shirts!

 temp

Source: US National Weather Service Alaska.

Hawaii: La coulée 61g et ses dangers // Hawaii: The 61g lava flow and its dangers

drapeau-francaisDans une galerie photo publiée le 7 octobre, le HVO montre les dangers associés à la coulée de lave 61g de lave et son entrée dans l’Océan Pacifique.
Le HVO rappelle aux visiteurs que l’approche du delta de lave est très dangereuse car il peut s’effondrer à tout moment et générer des explosions qui expédient des matériaux incandescents. La zone a été bouclée pour prévenir les accidents. Voici deux photos montrant que des prises de vues spectaculaires sont possibles tout en étant à l’extérieur de la zone fermée L’utilisation de la fonction téléobjectif sur un appareil photo compact ou sur un smartphone permet d’obtenir une vue rapprochée du site, en toute sécurité.

dangers-01

Les mêmes remarques s’appliquent à la coulée de lave sur la plaine côtière. Des lucarnes apparaissent parfois et leur accès est en général fermé avec une ligne de corde et des panneaux d’avertissement. Le Parc des Volcans fait remarquer que fin septembre, une lucarne s’est ouverte brusquement sur la plaine côtière quelques minutes après le passage de deux touristes dans la zone interdite. Tout comme pour le delta de lave, il est possible de bien voir la lucarne sans entrer dans la zone fermée. Avec un appareil photo équipé d’un téléobjectif ou un smartphone avec cette fonction, on peut zoomer pour obtenir plus de détails, comme le montre l’image ci-dessous.

dangers-01b

Voici une autre photo d’une lucarne. On remarque l’affaissement du sol au premier plan, signe que la zone est très instable. Là encore, on peut obtenir de belles photos de la lucarne en utilisant un téléobjectif.

danger-03

S’agissant de l’activité du Kilauea, l’inflation de l’édifice a cessé et vient d’être remplacée par un brusque épisode de dégonflement. Le niveau du lac de lave qui était monté jusqu’à 13 mètres sous la lèvre de la bouche active, a commencé à décliner.

———————————

drapeau-anglaisIn a photo gallery released on October 7th, HVO shows the dangers associated with the 61g lava flow and its entering into the Pacific Ocean.

HVO reminds visitors that approaching the lava delta is highly dangerous as it can collapse at any time, generating explosions sending red-hot material very far away. The area has been cordoned off to prevent accidents. You can see above two photos showing that spectacular views are possible from outside the closed area  Using the telephoto feature on a point-and-shoot camera you can get a close and safe view of the site.

The same remarks apply to the lava flow on the coastal plain. Skylights occasionally appear and are usually cordoned off with a rope line and warning signs. The Park reports that in late September, a skylight opened abruptly on the coastal plain just minutes after a couple of visitors had walked through the closed area. Just like for the lava delta, it is possible to see the skylight without entering the closed area, and with a camera or smart phone, you can zoom in for more detail, as shown in the image above.

Here is another photo of a skylight (see above). Note the sagging lava surface in the foreground, an indication of just how unstable this area is. Here again, you can get nice photos of the skylight by zooming in.

++++++++++++

As far as global activity is concerned, inflation of Kilauea volcano has stopped and been replaced by a sudden deflation. The surface of the lava lake, which had risen up to 13 metres below the rim, has now started to drop.