Eruption du Mont Aso (Japon) [suite] // Eruption of Mt Aso (continued)

drapeau-francaisLa presse japonaise donne quelques détails supplémentaires sur l’éruption du Mt Aso. Elle a eu lieu à 01h46 et propulsé une colonne de cendre jusqu’à 11 km de hauteur. Il n’est fait état d’aucun blessé. C’est la première éruption explosive de ce cratère depuis janvier 1980.
La JMA a élevé le niveau d’alerte à 3 (sur une échelle de 5) et a demandé à la population de ne pas s’approcher du volcan.
Des vidéos diffusées sur la chaîne de télévision NHK montrent des flammes de couleur orange qui sortent en plusieurs endroits de la montagne qui émet un volumineux panache de couleur grise.
L’éruption a entraîné des retards de trains dans certaines régions. Kyushu Railway Co. a suspendu ses services sur un tronçon de 38 km entre les gares Aso et Bungo Taketa sur la Hohi Line, qui parcourt le versant nord du volcan.
Le transport aérien a été épargné, à l’exception de certains vols qui ont été retardés.
En outre, environ 29 000 foyers dans la ville de Aso et trois autres localités voisines ont subi une brève panne de courant.
Aucun dégât majeur n’a été signalé, même si les  bâtiments et les voitures ont été recouverts d’une épaisse couche de cendre. .
Pour terminer, il ne faudrait pas oublier que trois touristes ont été tués par de gros rochers pendant une éruption du Mt Aso en septembre 1979. Une autre éruption avec coulées pyroclastiques a également été observée en septembre 2015.
Source: The Japan Times.

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drapeau-anglaisThe Japanese press gives some more details about Mt Aso’s eruption. It took place at 1:46 a.m. and sent a column of ash 11,000 meters into the air. There were no immediate reports of injuries. It was the first explosive eruption at that particular peak since January 1980.

The agency raised the alert level for the volcano to level 3 on a scale of 5 and urged people not to approach the mountain.

Footage on NHK public television showed orange flames billowing from several locations on the mountaintop as the volcano emitted thick gray smoke into the sky.

The eruption did cause train delays in some areas. Kyushu Railway Co. suspended services on a 38-km-long section between Aso and Bungo Taketa stations on the Hohi Line, which runs on the northern flanks of the volcano.

Air travel was largely unaffected, with the exception of some delayed flights.

Also, around 29,000 residences in the city of Aso and three other nearby municipalities suffered a brief power outage.

There are no houses within the off-limit area and no major damage has been reported in nearby towns, though buildings and cars were covered with thick ash.

Three tourists were killed by large rocks thrown up in an eruption of Mt Aso  in September 1979. An eruption with pyroclastic flows was also observed in September 2015.

Source : The Japan Times.

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Crédit photo: F. Gueffier.

 

Eruption du Mont Aso (Japon)

drapeau-francaisL’un de mes contacts au japon vient de m’envoyer un message pour m’informer que le Mont Aso sur l’île de Kyushu est entré en éruption ce samedi 8 octobre 2016, avec une colonne de cendre de plusieurs kilomètres de hauteur. L’agence météorologique japonaise (JMA) a élevé le niveau d’alerte du volcan et demandé à la population de ne pas s’en approcher. Mon contact me précise qu’il y a de fortes retombées de cendre sur la région ,usqu’à une trentaine de kilomètres au nord-est.

La dernière éruption du Mt Aso remonte à septembre 2015.

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drapeau-anglaisOne of my contacts in Japan has just sent me a message to inform me that Mount Aso (Kyushu Island) erupted early on Saturday, October 8th, with an ash column several thousand metres high. Japan Meteorological Agency has issued its third-highest alert, warning people not to approach the volcano. My contact told me there was heavy ash fall as far as 30 kilometres northeast of the volcano.

Mount Aso previously erupted in September last year.

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Vue du Mont Aso en décembre 2014 (Photo: F. Gueffier)

 

Histoire de subduction aux Aléoutiennes (Alaska) // A story of subduction in the Aleutians (Alaska)

drapeau-francaisLa communauté scientifique dans son ensemble a aujourd’hui accepté l’idée que la croûte terrestre est composée de plusieurs plaques qui se déplacent les unes par rapport aux autres. Certaines  entrent en collision tandis que d’autres s’écartent ; il arrive parfois qu’une plaque glisse sous une autre, un processus baptisé « subduction », mais très peu de gens savent qui l’a découvert, où et comment.
Quelque temps après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le volcan Okmok est entré en éruption sur l’île Umnak dans la Chaîne des Aléoutiennes, dans la partie sud-ouest de l’Alaska. Le volcan ayant émis un important nuage de cendre, les avions d’une base militaire à Unmak ont été cloués au sol car la cendre est abrasive et peut endommager les moteurs.
Les autorités militaires ont alors voulu avoir davantage d’informations sur les volcans qui se dressent sur presque toutes les îles de l’arc aléoutien. Ils ont financé l’Alaska Branch, un organisme essentiellement composé de géologues qui ont été envoyés effectuer une « reconnaissance géologique » afin de cartographier quelques unes des îles et peut-être savoir quand les volcans entreraient en éruption..
A bord de la goélette Eider, construite en 1912 à l’attention des chasseurs de phoques des îles Pribilof, l’équipe de géologues a longé la Chaîne des Aléoutiennes. Ils ont fait des escales dans de nombreuses îles afin de les étudier. Une double question est alors apparue: Quand les îles se sont-elles formées et comment?
Bob Coats – un géologue expérimenté de l’équipe – savait que le manteau terrestre fond au contact de l’eau, phénomène qui peut se solder par une remontée du magma. Il avait étudié l’immense fosse des Aléoutiennes qui s’étire juste au large et au sud des îles. Il avait constaté que les volcans les plus éloignés de la fosse étaient plus âgés. Il avait aussi remarqué que les sismologues qui cartographiaient les séismes avaient constaté que leur profondeur augmentait au fur et à mesure que l’on s’éloignait de la fosse.

Bob Coats eut alors l’intuition que l’une des plaques tectoniques s’enfonçait sous sa voisine, attirant l’eau avec elle. Il esquissa un diagramme montrant la rencontre des plaques tectoniques sous les Aléoutiennes, comme d’autres l’avaient fait avant lui. Mais, contrairement aux autres scientifiques, il ajouta des flèches qui montraient le mouvement de plongée de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine, phénomène qui provoque des séismes et entraîne la remontée de la roche en fusion, parfois en quantité suffisante pour faire naître une nouvelle île.
Bob Coats avait donc répondu à une question essentielle : Que devient la croûte terrestre quand elle s’étire ? Où va-t-elle? Comme le volume de la planète ne change pas, il faut bien que la croûte aille se loger quelque part !

A l’époque, personne n’a accordé beaucoup d’attention à l’idée et au diagramme que Coats avait consignés dans son journal.

Sept ans plus tard, lors d’une conférence à Asilomar en Californie, les scientifiques ont utilisé le mot d’origine latine « subduction » pour décrire ce qui se passe sous l’Alaska et en d’autres endroits de la terre qui se trouvent à la frontière des immenses plaques tectoniques. En fait, plusieurs années avant la conférence d’Asilomar, une grande partie du puzzle avaient déjà été résolue par Bob Coats! Comme l’a dit un scientifique, « le travail de Coats a été piétiné par la communauté scientifique. »
Bob Coats ne fut pas choqué par le fait que son idée n’avait pas obtenu le crédit qu’elle méritait, sans doute parce que ses proches collaborateurs, comme George Plafker qui a effectué un gros travail sur le séisme du Vendredi Saint de 1964, avaient lu son travail et avaient appuyé leurs interprétations sur ses conclusions. Comme Coats était satisfait de ce qu’il avait rédigé dans le document de 1962, il n’estimait pas nécessaire de fanfaronner. Son diagramme de la zone de subduction des Aléoutiennes s’applique aujourd’hui aux autres zones de subduction de notre planète …
Source: Fairbanks Daily News-Miner.

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drapeau-anglaisIt is an accepted idea among the scientific community that the Earth’s crust is made of several plates that are moving the ones against the others. Some of them are colliding while others are moving apart and it sometimes happens one plate slides beneath another, a process called subduction. Very few people know who discovered it, where and how.

Just after World War II, Okmok Volcano on Umnak Island erupted in the Aleutians, in the southwestern part of Alaska, spitting ash in the air. Because ash is abrasive and may damage the engines, the planes were grounded on a military base at Umnak.

Officials at the War Department needed more knowledge about the volcanoes that make up almost every island in the Aleutian arc. They funded the Alaska Branch with geologists that were sent on a “reconnaissance geology” trip to map a few islands and perhaps learn when they might erupt.

Aboard the schooner Eider, built in 1912 to aid seal hunters of the Pribilof Islands, the team of geologists sailed the length of the Aleutians. They stopped to study many islands. Several questions popped up: When were the islands made? How did this enormous chain get built?

Bob Coats – a seasoned geologist in the team – knew that the Earth’s mantle melts when water comes in contact, inspiring the rise of lava. He knew the immense Aleutian Trench lay just offshore and to the south of the islands. He found that volcanoes farther from the trench were older, and that seismologists mapping earthquakes found they happened deeper as distance increased from the trench.

Coats had the epiphany that one of Earth’s giant plates was sliding down beneath another, pulling water as it went. He sketched a diagram showing the Earth’s plates meeting beneath the islands, as others had. But, unlike the others, he included arrows that showed movement: what we now call the Pacific Plate diving beneath the North American plate, causing earthquakes and forcing up molten rock, sometimes enough to make an island.

His idea solved a problem. As the Earth’s crust expanded, where did it go? Unless the planet was growing larger, the crust needed to go somewhere. Nobody paid much attention to the subtle idea in his paper. He published the diagram and nobody gave it a damn!

Seven years later, at a conference in Asilomar, California, scientists borrowed the Latin/French term subduction to describe what happens beneath Alaska and other places at the boundary of Earth’s giant plates. Actually, years before the Asilomar conference, a big part of the puzzle had already been solved! As one scientist put it, “it was stepped over by a community of scientists.”

Coats did not mind not getting full credit for the idea, probably because his close colleagues, like George Plafker who did so much work on the 1964 Good Friday Earthquake, had read his work and based their interpretations on it. Because Coats was satisfied with what he had done in the 1962 paper, he felt no need to trumpet the idea. The diagram he drew of the Aleutian subduction zone applies to others all over the Earth…

Source : Fairbanks Daily News-Miner.

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Arc et fosse des Aléoutiennes (Source: AVO).

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Sommets volcaniques des Aléoutiennes (Photo: C. Grandpey)