Teide (Tenerife / Iles Canaries): Pas d’éruption en vue ! // Teide (Canary Islands): No eruption in the short term !

drapeau-francaisComme cela était prévisible, l’annonce alarmiste lue dans la presse, en particuliers dans certains tabloïds britanniques, était infondée. Comme ce fut le cas pour le Katla (Islande) il y a quelques semaines, les autorités espagnoles ont dû publier une mise au point visant à rassurer la population. Selon le Dr Hernandez de l’Institut Volcanologique des Iles Canaries, « on ne s’attend pas à une éruption. Il n’y a pas à s’inquiéter car la situation est normale. Il y a eu un essaim sismique, ce qui est tout à fait normal sur une île volcanique. Le Teide est un volcan actif. »

Donc déplacement tranquille pour moi à Bordeaux demain, pour une conférence sur les risques volcaniques….

————————————–

drapeau-anglaisAs could be predicted, Mount Teide on Tenerife Island is not about to erupt despite a rash of media reports, especially among the British tabloids. Dr Pedro Hernandez, Director of Volcano Monitoring at the Volcanology Institute of the Canary Islands reaffirms that the fears were unfounded. “We are not due for an eruption,” Dr Hernández said. “There is no need to be worried, this is a very normal situation. The earthquakes were a seismic swarm, this is quite normal in a volcanic island. This is an active volcano.”

teide

Photo: C. Grandpey

Réveil du Mont Meager (Canada)? // Is Mount Meager waking up in Canada?

drapeau-francaisLes volcanologues de Natural Resources Canada (NRC) surveillent le Mont Meager après avoir découvert que le volcan montre certains signes d’activité. Cependant, les autorités locales indiquent qu’il n’y a actuellement aucune raison de s’inquiéter.
Le NRC a publié un rapport qui a été transmis aux autorités locales le 19 septembre. Le plus grand risque pour le public se situe en ce moment au niveau du Job Glacier, qui montre d’importantes fumerolles d’environ 15 à 20 mètres de profondeur et une trentaine de mètres de diamètre. Bien que l’on sache que le champ fumerolle existe depuis une quarantaine d’années, en juillet un pilote d’hélicoptère spécialisé en géologie a remarqué les fumerolles sur le glacier. De plus, tout au long de l’été, le NRC a reçu des rapports faisant état d’une odeur de soufre dans la vallée au pied du Mont Meager.
En août, des responsables locaux ont survolé le glacier en hélicoptère et ont recueilli des données scientifiques, mais il n’y avait pas de SO2 ou de CO sur le site, ce qui aurait été un signe d’ascension du magma. Par ailleurs, il y aurait aussi des centaines de petits séismes si une éruption devait se produire dans le court terme. Entre janvier 2011 et février 2016, on a enregistré seulement 92 séismes de M 1 à M 2 dans le secteur du volcan.
Le principal danger au Mont Meager est la longue histoire de glissements de terrain. Ainsi, la montagne, qui abrite les populaires Meager Creek Hot Springs, a connu un énorme glissement de terrain en 2010.

Le Mont Meager, initialement connu sous le nom de Meager Mountain, est un massif volcanique dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique au Canada. Situé sur l’arc volcanique des Cascades et sur la ceinture volcanique de Garibaldi, il se dresse à 150 km au nord de Vancouver, à l’extrémité nord de la vallée de Pemberton où il atteint une altitude maximale de 2680 mètres.
La ceinture volcanique de Garibaldi a une longue histoire d’éruptions. Bien que le Mont Meager ne se soit pas manifesté depuis plus de 2000 ans, il pourrait connaître une éruption majeure. Il a produit la plus grande éruption volcanique au Canada au cours des 10 000 dernières années. Il y a environ 2400 années, une éruption explosive a formé un cratère sur le flanc nord-est et envoyé des coulées pyroclastiques sur le flanc nord du volcan. L’activité volcanique la plus récente se manifeste sous forme de sources chaudes et séismes. Le Mont Meager a également été à l’origine de plusieurs grands glissements de terrain, comme l’avalanche de débris qui a déferlé en 2010 dans les vallées de la Meager Creek et de la Lillooet.
Source: Journaux locaux et la Smithsonian Institution.

———————————–

drapeau-anglaisVolcanologists with Natural Resources Canada (NRC) are monitoring Mount Meager after discovering that the mountain shows signs of low-level volcanic activity. However, officials say there is currently no cause for alarm.

NRC released a situation report that was forwarded to local officials on September 19th. The biggest risk to the public right now is on Job Glacier, which has large fumaroles measuring about 15 to 20 metres deep and about 30 metres in diameter. While there is some indication that the fumarole field has been around for the last 40 years, in July a helicopter pilot who is trained as a geologist noticed the fumaroles on the glacier. On top of that, throughout the summer NRC received reports of a sulphuric smell around the valley of Mount Meager.

In August, various officials toured the glacier by helicopter and collected data but there was no SO2 or CO detected at the scene, which would be an indicator of magma ascent. Besides, there would also be hundreds of small earthquakes before an eruption. Between January 2011 and February 2016, only 92 earthquakes with magnitudes varying from one to two were recorded around the mountain.

The main hazard at Mount Meager, which has been known for quite a long time, is its long history of landslides. The mountain, which is home to the popular Meager Creek Hot Springs, experienced a massive landslide in 2010.

Mount Meager, originally known as Meager Mountain, is a volcanic massif in southwestern British Columbia, Canada. Part of the Cascade Volcanic Arc and the Garibaldi Volcanic Belt, it is located 150 km north of Vancouver, at the northern end of the Pemberton Valley and reaches a maximum elevation of 2,680 m.

The Garibaldi Volcanic Belt has a long history of eruptions. Although Mount Meager has not erupted for more than 2,000 years, it could produce a major eruption. It produced the largest volcanic eruption in Canada in the last 10,000 years. About 2,400 years ago, an explosive eruption formed a crater on its northeastern flank and sent avalanches of hot ash, rock fragments and volcanic gases down the northern flank of the volcano. Evidence for more recent volcanic activity has been documented at the volcano, such as hot springs and earthquakes. Mount Meager has also been the source of several large landslides in the past, including a massive debris flow in 2010 that swept down Meager Creek and the Lillooet River.

Source: Local newspapers and Smithsonian Institution.

mont-meager

Photo: C. Grandpey

 

Le Groenland fond plus vite qu’on le pensait // Greenland melts faster than previously thought

drapeau-francaisUne étude récemment publiée dans la revue Science Avances nous apprend que les recherches effectuées jusqu’à présent ont peut-être sous-estimé d’environ 20 milliards de tonnes par an la perte de masse de la calotte glaciaire du Groenland.
En général, les scientifiques calculent la perte de glace au Groenland (et ailleurs dans le monde) en utilisant les données satellitaires. La nouvelle étude indique que ces données ont probablement inclus des éléments incorrects et donc mésestimé la disparition de glace chaque année.
La nouvelle étude s’appuie sur un concept connu sous le nom d’«ajustement isostatique glaciaire», ou la tendance de la terre à « rebondir » après qu’une importante masse de glace s’est retirée. [NDLR : J’ai déjà eu l’occasion de parler de ce phénomène à propos de l’Islande.] Cet effet est en grande partie géré par le comportement du manteau terrestre. En effet, quand un poids important, comme une immense calotte glaciaire, se forme à la surface de la Terre, la forte pression qu’elle exerce déforme le manteau qui se trouve en dessous. Lorsque le poids disparaît, le manteau se remet progressivement en place.
Dans la mesure où les études satellitaires tirent uniquement leurs conclusions sur la perte de glace en fonction des changements observés à la surface de la Terre, les scientifiques doivent effectuer des corrections pour tenir compte de cet effet dû au comportement du manteau terrestre. L’étude fait en particulier référence aux mesures effectuées par les satellites jumeaux  GRACE qui estiment la perte de glace en fonction des modification de gravité au cours de leurs orbites autour de la terre. Ces satellites mesurent la variation de masse, mais ils ne peuvent pas vraiment faire la différence entre la masse de la glace et la masse rocheuse.
La nouvelle étude a tiré ses conclusions en utilisant les données fournies par un réseau de capteurs GPS installés autour du Groenland ; ils ont permis de détecter la vitesse de « rebondissement » de la Terre. Les chercheurs ont pu utiliser ces mesures pour estimer la vitesse à laquelle s’est déplacé le sol du Groenland depuis le dernier âge glaciaire dont l’apogée se situe il y a plus de 25 000 ans.
Quand les scientifiques ont comparé leurs estimations à certains modèles utilisés précédemment pour reconstruire l’histoire glaciaire du Groenland, ils ont constaté que les résultats ne correspondaient pas. Ils en ont conclu que les hypothèses des anciens modèles sur les déplacements de la roche sous le Groenland étaient incorrectes. Ces modèles se basent généralement sur des hypothèses standard sur les mouvements du manteau terrestre dans la plupart des régions du monde. Cependant, les chercheurs pensent qu’il y a des millions d’années, un point chaud a changé la consistance du manteau sous le Groenland, l’amenant à se déplacer de différentes manières. Ce point chaud existe toujours, mais il a migré depuis cette époque lointaine et se trouve actuellement sous l’Islande, où il est responsable de l’activité volcanique dans ce pays.
C’est parce qu’ils n’ont pas tenu compte de l’influence de ce point chaud que les modèles précédents décrivant comportement du Groenland étaient incorrects. Les chercheurs ont donc créé un nouveau modèle en prenant en compte leurs hypothèses sur le manteau, de sorte que les résultats se sont retrouvés en phase avec les mesures GPS. Ensuite, ils ont utilisé le modèle modifié pour reconstruire l’histoire glaciaire du Groenland. Les derniers résultats montrent que les mesures satellitaires ont sous-estimé la perte de masse actuelle du Groenland d’environ 20 milliards de tonnes par an.
L’évolution du Groenland au vu des nouvelles données révèle non seulement la quantité de glace perdue au cours des derniers millénaires, mais les endroits où les pertes se sont produites. Au cours des deux dernières décennies, les scientifiques ont découvert qu’en fait un nombre limité de glaciers était responsable de plus de 70 pour cent du total des pertes de la calotte glaciaire. La nouvelle étude conclut que ces mêmes régions ont effectivement contribué à une partie importante – environ 40 pour cent – des pertes de glace du Groenland depuis des milliers d’années. Les chercheurs font remarquer qu’une autre étude récente a révélé des résultats similaires.
Indirectement, cette dernière étude ne concerne pas que le Groenland. Les chercheurs ont fait remarquer que des erreurs similaires pourraient concerner les estimations actuelles de perte de glace en Antarctique. Le problème est que l’Antarctique est beaucoup plus vaste que le Groenland. Bien qu’un réseau GPS existe sur ce continent, les capteurs sont très éloignés les uns des autres, ce qui signifie qu’il est beaucoup plus difficile de recueillir suffisamment de données pour effectuer le même type d’étude.
Source: The Washington Post.

 ————————————–

drapeau-anglaisA study recently published in the journal Science Advances finds that previous studies may have underestimated the current rate of mass loss on the Greenland ice sheet by about 20 billion tons per year.

Generally, scientists estimate ice loss in Greenland (and elsewhere around the world) using data from satellites. But the new study suggests these satellite studies may have included some incorrect assumptions, causing them to miscalculate the amount of mass actually disappearing from the ice sheet each year.

The assertion revolves around a concept known as « glacial isostatic adjustment, » or the tendency of land to bounce back after a large weight of ice has been removed from it. An important part of this effect is driven by the flowing of the Earth’s mantle. When a heavy weight, such as a huge ice sheet, forms on the Earth’s surface, the resulting high pressure causes the mantle to begin flowing out from underneath it. When the weight is removed, the mantle gradually begins to flow back into place.

Because satellite studies generally draw their conclusions about ice loss based on changes in the Earth’s surface, scientists must make corrections to account for this effect. The study points specifically to the measurements yielded by the GRACE satellites, a set of twin crafts that estimate ice loss based on changes in the pull of gravity as they orbit around the earth. What these satellites measure is mass change, but they can’t really tell the difference between ice mass and rock mass.

The study draws its conclusions using data from a network of GPS sensors placed around Greenland, which have helped detect how fast the earth there is springing back up. The researchers were able to use these recent measurements to estimate the rate at which land in Greenland has been moving back into place since the last ice age, which reached its peak more than 25,000 years ago.

When they compared these estimates to some of the models that have previously been used in reconstructions of Greenland’s glacial history, they found that the findings didn’t match up, leading them to conclude that the models’ assumptions about the flow of rock beneath Greenland were incorrect. These models have typically relied on standard assumptions about the way the Earth’s mantle flows in most parts of the world. However, the researchers suggest that millions of years ago, a hotspot changed the consistency of the mantle beneath Greenland, causing it to move in different ways. This hotspot still exists, but it has since migrated and currently resides beneath Iceland, where it’s historically been responsible for the high levels of volcanic activity in that country.

Without taking the influence of this hotspot into effect, the researchers suggest, previous models of Greenland’s behaviour were incorrect. So they created a modified model, tweaking its assumptions about the mantle so that the results were consistent with their GPS estimates. Then, they used the modified model to create a reconstruction of Greenland’s glacial history. First, the results suggest that satellite studies have been underestimating the current mass loss in Greenland by about 20 billion tons per year.

The reconstructed history was able to identify not only how much ice has been lost over the last few thousand years, but also where the losses have been coming from. Over the past two decades, scientists have found that a relatively small set of glaciers in Greenland are responsible for more than 70 percent of the ice sheet’s total losses. The new study finds that these same regions have actually been contributing to a hefty portion — about 40 percent — of Greenland’s ice losses for many thousands of years. And the researchers pointed out that another recent study found similar results over the last century.

The study doesn’t just raise questions about Greenland. The researchers have pointed out that some of the same problems could exist with the current estimates of ice loss in Antarctica. The problem is that Antarctica is so much bigger than Greenland. Although a GPS network exists there as well, the sensors are spaced much farther apart, meaning it may be much more difficult to gather enough data to conduct the same type of study.

Source: The Washington Post.

calotte-groenland

glacier-groenland

Photos: C. Grandpey