Le volcan et le baromètre: Activité strombolienne et pression atmosphérique

drapeau-francaisDepuis fort longtemps, depuis l’époque où la science n’en était qu’à ses premiers balbutiements, l’homme essaye d’expliquer ses activités et son comportement au travers de phénomènes extérieurs parmi lesquels la pression barométrique d’une part , l’attraction lunaire et l’amplitude concomitante des marées d’autre part sont privilégiées. Aujourd’hui encore, tel asthmatique affirmera qu’il a des difficultés à respirer quand « le baromètre est haut » ; tel jardinier dira qu’il sème « en lune montante » ou qu’il plante « en lune descendante » ; tel marin associera la qualité de sa pêche au coefficient de la marée ; et bien d’autres exemples semblables pourraient être trouvés à travers le monde…
Le monde des volcans n’échappe pas, lui non plus, à ce genre de tradition. Le sujet de cet article se limitera toutefois à la corrélation possible entre la pression barométrique et l’activité éruptive en milieu strombolien. A une époque, j’avais cru pouvoir associer pression atmosphérique et intensité fumerollienne ; en fait, au cours de mes fréquentes observations dans la Fossa de Vulcano, je me suis rendu compte que la densité des nuages de gaz qui s’en échappent était davantage liée au degré d’hygrométrie de l’air plutôt qu’à la pression de ce dernier, bien qu’à certains moments il puisse exister une correspondance entre les deux phénomènes. Néanmoins, à Vulcano, l’abondance des nuages fumerollliens observée essentiellement le matin ne correspond que très rarement à une fluctuation de la pression atmosphérique.

1. Approche personnelle.

A Stromboli, la corrélation entre conditions météorologiques et activité éruptive existe depuis très longtemps. Déjà en 1862, dans son ouvrage Volcanoes, G.P. Scrope écrivait que les Stromboliens « se servent de leur volcan comme d’un baromètre » ; aujourd’hui encore, un grand nombre d’habitants de l’île se fient à celui qu’ils appellent familièrement ‘Iddu’ – Celui-ci – pour faire leurs prévisions météo, s’appuyant sur la perception (ou la non-perception) des explosions depuis les villages. A ce niveau, on peut cependant penser que, plus que la pression barométrique, c’est l’orientation du vent qui dicte les prévisions des Stromboliens. En effet, les explosions sont surtout audibles quand souffle le vent d’ouest, principal porteur de perturbations, étant bien entendu que ces dernières s’accompagnent aussi d’une baisse du baromètre.
Parmi les habitants de Stromboli, les guides sont sûrement ceux qui connaissent le mieux le volcan. Un jour, tandis que je conversais avec l’un d’eux – Antonio Aquilone – sur la Cima, et que les cratères avaient une activité normale voire soutenue, le brouillard est soudain venu recouvrir le sommet de la montagne, faisant brusquement cesser les explosions. Je me souviendrai toujours de la réflexion de Tonio : « Tu vois, il (le volcan) a compris que le temps est en train de changer ». Pendant les heures – froides ! – qui ont suivi, l’activité éruptive est restée remarquablement faible. Quand le brouillard s’est enfin levé vers 5 heures du matin, les explosions ont repris de plus belle. Mon baromètre personnel avait enregistré une variation de pression relativement parallèle à ces observations.
Un jour d’Avril 1995, j’ai assisté à nouveau à un phénomène tout à fait semblable, avec une brusque chute de pression barométrique (environ 10 millibars) en fin d’après-midi, accompagnée d’une venue de nuages en provenance du nord et d’une nette réduction de l’activité explosive. Cet épisode se trouve résumé dans les diagrammes suivants :

        Baro 1 

Baro 2

Ces observations viennent s’ajouter à d’autres effectuées sur le Stromboli et recouvrant des périodes de 12 à 18 heures de relevés barométriques en même temps que de fréquences explosives.

2. Approche scientifique.

A ma connaissance, les rapports scientifiques sur l’éventualité d’une relation entre activité éruptive et pression barométrique sont très peu nombreux et hormis certains extraits de l’Acta Vulcanologica, la littérature scientifique se fait très discrète sur le sujet abordé. Il n’y a guère que le Professeur S. Falsaperla (Institut Volcanologique de Catane) et le Professeur R. Schick ( Institut Géophysique de Stuttgart) qui aient publié des articles dignes d’intérêt.
Dans un courrier, le Prof. Falsaperla m’écrit qu’elle pense qu’ « une relation existe sûrement à Stromboli ( ou sur tout autre volcan) entre la fréquence et la violence des explosions d’une part et la pression atmosphérique d’autre part, mais que cette relation est plus ou moins évidente en fonction du comportement interne du système volcanique. Etant donné que beaucoup de paramètres physiques et chimiques sont susceptibles de jouer un rôle dans l’intensité explosive, l’influence de la pression atmosphérique n’est pas facile à modéliser, même sur un volcan ‘simple’ comme Stromboli ».
Entre Janvier et Avril 1983, le Prof. Falsaperla a participé à un travail d’étude sur la comparaison de la pression barométrique et la fréquence des événements sismiques à Stromboli. L’ensemble des résultats a été synthétisé dans le Volume 3 de IAVCEI Proceedings in Volcanology édité en 1992 et apparaît dans les schémas ci-dessous :

Baro 4_modifié-1

 

Ces diagrammes ont l’avantage de bien montrer la globalité de la situation sur une période donnée (Janvier – Avril) ; cependant, la compacité du graphique ne fait pas suffisamment ressortir certaines situations ponctuelles où une variation soudaine et brutale – 10 millibars ou plus – de la pression atmosphérique semble entraîner une modification de l’activité éruptive (voir 1ère partie). Ce phénomène apparaîtrait certainement plus clairement dans un diagramme journalier, voire hebdomadaire.
Néanmoins, au vu des diagrammes ci-dessus, on peut affirmer raisonnablement que, s’il existe des points communs, ces derniers ne sont pas suffisamment nombreux pour prétendre avec certitude qu’il existe une coïncidence systématique entre activité sismique et pression barométrique.
Le Prof. Falsaperla fait par ailleurs remarquer que pour étudier la relation entre la pression atmosphérique et la fréquence horaire des secousses éruptives, une autre variable, en l’occurrence le comportement dynamique du magma, doit être prise en compte. En effet, certains volcanologues (par exemple B. Martinelli en 1991) admettent que le mélange magma/gaz constitue un équilibre thermodynamique instable qui peut subir une transformation (allant du dégazage explosif à l’excès de pression) à la suite de perturbations – même faibles – survenues dans les conduits magmatiques, ces perturbations pouvant être causées par des variations d’amplitude des marées ou des modifications de pression barométrique. Le Prof. Falsaperla semble approuver cette approche, puisqu’elle conclut son rapport en écrivant que d’autres phénomènes externes tels que l’amplitude des marées, mais aussi le vent, la pluviométrie, la modification du volume océanique, les variations de température etc. sont susceptibles de venir s’ajouter à l’influence de la pression atmosphérique.
S’agissant de l’influence des marées, les études sont également très succinctes. La plus intéressante a été faite en 1983 par une équipe dirigée par le Prof. Emter ; s’appuyant sur 5000 heures d’observations couvrant 30000 explosions, ces scientifiques n’ont décelé aucun signe tangible de l’influence des marées sur le processus de déclenchement des éruptions.

Au sein même du corps scientifique, les avis sont partagés. H. Tazieff n’a pas hésité à m’écrire qu’après 30 années de visites fréquentes aux volcans siciliens, il « n’avait pu établir de corrélation entre activité éruptive et pression atmosphérique, pas plus qu’avec les marées ni l’attraction lunaire ». Il se montrait d’autre part « des plus sceptiques à propos de la suggestion du Professeur Falsaperla », s’appuyant sur le fait que « ce n’est pas sur le seul Stromboli que [ses] observations sur cette hypothétique corrélation ont porté, mais sur toutes les activités éruptives suffisamment prolongées, du Kituro et Niragongo à l’Erta’Ale en passant par le Capelinhos ».

3. L’hygrométrie.
Au cours des dernières observations, un paramètre supplémentaire – l’hygrométrie de l’air ambiant – a été pris en compte. En effet, dans la plupart des cas, la baisse de la pression atmosphérique s’accompagne d’une hausse de l’humidité.
Il est à noter ( et pas seulement à propos de Stromboli) que cette modification de l’hygrométrie de l’air peut entraîner des changements considérables dans la morphologie des panaches provenant des bouches actives et des évents fumerolliens ; il faut donc faire preuve de la plus grande méfiance avant d’associer densité du panache et activité éruptive.

Cette remarque s’est trouvé confirmée lors d’observations sur des sites aussi différents que la Fossa de Vulcano, l’Etna ou Stromboli.

4. Conclusion.

En synthétisant les avis spécialisés et mes propres observations, j’en arrive à la conclusion suivante :
S’agissant d’appareils volcaniques de grande échelle dotés d’une alimentation extrêmement puissante tels que le Kilauea ou le Nyiragongo, qui mettent en œuvre une force magmatique et un dégazage hors du commun, si la pression barométrique peut avoir une influence quelconque sur le processus éruptif, elle sera négligeable par rapport aux forces venant de l’intérieur de la terre et donc indécelable.
Par contre, là où l’activité est plus réduite, voire sporadique, comme c’est souvent le cas à Stromboli, il est plus facile d’appréhender le phénomène, de l’observer et de le mesurer, surtout lorsqu’il se manifeste de façon ponctuelle. Cette remarque rejoint celles formulées ci-dessus par B. Martinelli à propos de facteurs extérieurs susceptibles de créer un déséquilibre dans le mélange magma/gaz.
Quoi qu’il en soit, si ce paramètre peut paraître intéressant, la corrélation entre l’activité éruptive et la pression barométrique ne semble pas être à l’heure actuelle un facteur essentiel dans l’approche volcanologique. D’autres observations prolongées sur le terrain mériteraient d’être effectuées afin d’éclaircir davantage ce phénomène.

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Avec tous mes remerciements à J.M. Bardintzeff, S. Falsaperla, H. Tazieff et aux guides de Stromboli qui, par leur collaboration, m’ont permis de réaliser cette étude.

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R E F E R E N C E S

Acta Vulcanologica. Vol 3. (1993.)

IAVCEI Proceedings in Volcanology, vol 3. (1992).

Emter D., Zuern W., Schick R.., Lombardo G. : Search for tidal effects on volcanic activities at Mt Etna & Stromboli. (1986).

Falsaperla S., Neri G. : Seismic monitoring of volcaoes : Stromboli (Southern Italy).(1986).

Martinelli B. : Fluidinduzierte Mechanismen für die Entstehung von vulkanischen Tremor-Signalen. (1991).

Schick R., Mueller W. : Volcanic activity and eruption sequences at Stromboli during 1983-1984. (1988)

Scrope G. P. : Volcanoes (1862) Ed.. Longmans & Roberts, London.

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(Photos: C. Grandpey)

RCF : Très chaud et très froid dans «Vies d’Envies»

Cette semaine, confrontation du chaud et du froid dans « Vies d’envies », l’émission de Chris Dussuchaud sur RCF. J’aurai le plaisir de retrouver Pierre Taverniers, météorologiste de formation et l’un des éminents spécialistes de l’Arctique. Bien que côtoyant des univers différents, je pense que nous aurons pas mal de choses à raconter dans le cadre actuel du réchauffement climatique.
Selon le lieu où vous habitez, vous pourrez écouter l’émission aux fréquences indiquées dans le lien suivant. Première diffusion jeudi soir de 20h à 22h. :
http://www.info-mag-annonce.com/journal/haute-vienne/haute-vienne/hv-actualites/hv-environnement/chaud-froid-vies-denvies/

Eruption d’un volcan de boue en Azerbaïdjan ? // Eruption of a mud volcano in Azerbaijan ?

drapeau-francaisAujourd’hui, parmi les informations du jour, j’ai remarqué un rapport qui fait état d’une éruption en Azerbaïdjan. Selon la presse locale (l’information doit être vérifiée) le volcan de boue Akhtarma-Pashali dans le district de Hajigabul aurait connu une éruption à 03h00 le 26 janvier. L’événement a duré jusqu’au matin. Le volcan est situé à 35 km de la ville de Chirvan.
L’Akhtarma-Pashali fait partie d’un complexe de volcans de boue. Sa dernière éruption majeure a eu lieu le 1er avril 2013. La photo qui accompagne les articles de presse montre des flammes au sommet d’une colline. Ce ne serait pas exceptionnel.

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A noter que dans le même temps les retombées de cendre en provenance du Popocatepetl (Mexique) ont entraîné pendant 3 heures la fermeture de l’aéroport de Puebla, le temps de nettoyer les pistes. Le phénomène n’a rien d’exceptionnel, là non plus.

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drapeau anglaisToday in the news, there are reports of an eruption in Azerbaijan. According to the local press (the information needs to be checked) the Akhtarma-Pashali mud volcano in Hajigabul district erupted at 3:00am on January 26th. The event lasted till the morning. The volcano is located 35 km from Shirvan city.
Akhtarma-Pashali is part of a mud volcano complex. Its last major eruption occurred on April 1st 2013. The photo linked to the press report shows flames on top of a hill. This would not be exceptional.

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Meantime, ashfall from Popocatepetl (Mexico) caused a 3-hour closure of the airport in Puebla, so that ash could be removed from the runways. This phenomenon is not exceptional either.

Tectonique et sismicité en Alaska // Tectonics and seismicity in Alaska

drapeau-francaisLe dernier séisme de M 7.1 qui a frappé la partie sud-ouest de l’Alaska le 24 janvier 2016 n’est pas vraiment une surprise. Comme je l’ai écrit auparavant, la région subit les effets de la subduction de la plaque Pacifique qui glisse sous la plaque nord-américaine.
L’arc des Aléoutiennes est le résultat parfait de ce phénomène. Il étend sur environ 3000 kilomètres depuis le Golfe d’Alaska à l’est jusqu’à la péninsule du Kamtchatka à l’ouest. La subduction est responsable de la naissance des îles Aléoutiennes et, au large, de la Fosse des Aléoutiennes qui plonge parfois à plus de 7800 mètres de profondeur.
L’arc des Aléoutiennes est généralement divisée en trois régions: les îles Aléoutiennes occidentales, centrales, et orientales. La plaque Pacifique se déplace vers le nord-ouest à une vitesse qui va d’environ 60 mm par an sur la bordure est de l’arc à 76 mm par an près de son extrémité ouest.
La partie orientale de l’arc des Aléoutiennes s’étend depuis la péninsule d’Alaska à l’est jusqu’aux Iles Fox à l’ouest. Le mouvement le long de cette partie de l’arc se caractérise par une convergence de perpendicularité à l’arc et la subduction de la plaque Pacifique sous l’épaisse lithosphère continentale. Cette région connaît une activité volcanique intense et présente une histoire de violents séismes.
La partie centrale des Aléoutiennes s’étend des îles Andreanof à l’est jusqu’aux Iles Rat à l’ouest. Ici, le mouvement se caractérise par une convergence de plus en plus oblique vers l’ouest et la subduction de la plaque Pacifique sous la mince lithosphère océanique. Le long de cette partie de l’arc, la zone Wadati-Benioff apparaît nettement à une profondeur d’environ 200 km. Un volcanisme actif et de puissants séismes sont présents le long de cette marge.
Les îles Aléoutiennes occidentales, entre l’extrémité occidentale des Iles Rat à l’est et les Iles du Commandeur (Russie) à l’ouest, offre une tectonique différente des parties centrale et orientale de l’arc. Le résultat est un volcanisme moins actif. En outre, cette partie de la zone de subduction n’a pas enregistré de violents séismes historiques.
L’arc des Aléoutiennes est donc une région sismique très active, comme le prouvent les nombreux séismes de forte magnitude qui se produisent chaque année.
Le premier événement très puissant pendant le 20ème siècle a été le séisme de M 8,6 qui a frappé les Iles Shumagin le 10 novembre 1938. Cet événement a été provoqué par une rupture de l’arc sur environ 300 km, avec un petit tsunami qui s’est propagé vers le sud, jusqu’à Hawaï.
Le séisme du 1er avril 1946, d’une magnitude de M8.6, sur l’Ile Unimak Island, dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, s’est caractérisé par une rupture lente suivie d’un tsunami dévastateur à grande échelle dans le Pacifique, jusqu’en Antarctique. Bien que les dégâts n’aient pas été particulièrement importants localement, la vague du tsunami est montée jusqu’à 42 mètres sur l’Ile Unimak et des vagues ont fait des victimes à Hilo (Hawaii). [Voir ma note du 1er avril 2015 à propos de cet événement]
Le puissant séisme suivant a eu lieu dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, près des Iles Andreanof le 9 mars 1957, avec une magnitude de M 8.6. La longueur de la rupture a été d’environ 1200 km, ce qui en fait la plus longue zone de répliques jamais observée le long de l’arc. D’importants dégâts ainsi que des tsunamis ont été observées sur les îles Adak et Unimak, avec des vagues d’environ 13 mètres de hauteur.
Le séisme le plus puissant de la partie orientale a été enregistré le 27 mars 1964 dans le Prince William Sound avec une magnitude de M 9.2. C’est actuellement le deuxième plus puissant séisme enregistré dans le monde après celui de M 9,5 enregistré au Chili en mai 1960. Il a été généré par une rupture d’environ 700 km entre le Prince William Sound au nord-est et l’extrémité sud de l’île Kodiak au sud-ouest. La secousse principale a été ressentie dans une grande partie de l’Alaska, ainsi que dans certaines parties du Territoire du Yukon et de la Colombie Britannique au Canada. Des dégâts très importants ont été observés à Anchorage avec les glissements de terrain qui ont suivi. Le séisme a également déclenché un tsunami dévastateur qui a causé des dégâts le long du Golfe d’Alaska, de la côte Ouest des États-Unis, et à Hawaii.
Le puissant séisme le plus occidental des îles Aléoutiennes s’est produit un an plus tard, le 4 février 1965. D’une magnitude de M 8.7, il a frappé les Îles Rat et a été marqué par une rupture d’environ 600 km. Un tsunami relativement faible a été enregistré tout au long de l’Océan Pacifique avec tout de même des hauteurs de vagues jusqu’à 10,7 mètres sur l’île Shemya et des inondations sur l’île Amchitka.
Source: USGS.

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drapeau anglaisThe last M 7.1 earthquake that struck Southcentral Alaska on January 24th did not come as a real surprise. As I put it before, the region undergoes the subduction of the Pacific late beneath the North American plate.
The Aleutian arc is the perfect evidence of this phenomenon. It extends approximately 3,000 km from the Gulf of Alaska in the east to the Kamchatka Peninsula in the west. The subduction is responsible for the generation of the Aleutian Islands and the offshore Aleutian Trench which can be more than 7800 metres deep.
The Aleutian arc is generally divided into three regions: the western, central, and eastern Aleutians. The Pacific plate is moving northwest at a rate that increases from roughly 60 mm/year at the arc’s eastern edge to 76 mm/year near its western terminus.
The eastern Aleutian arc extends from the Alaskan Peninsula in the east to the Fox Islands in the west. Motion along this section of the arc is characterized by arc-perpendicular convergence and Pacific plate subduction beneath thick continental lithosphere. This region exhibits intense volcanic activity and has a history of powerful earthquakes.
The central Aleutian arc extends from the Andreanof Islands in the east to the Rat Islands in the west. Here, motion is characterized by westward-increasing oblique convergence and Pacific plate subduction beneath thin oceanic lithosphere. Along this portion of the arc, the Wadati-Benioff zone is well defined to depths of approximately 200 km. Active volcanism and powerful earthquakes are also present along this margin.
The western Aleutians, stretching from the western end of the Rat Islands in the east to the Commander Islands, Russia, in the west, is tectonically different from the central and eastern portions of the arc. The result is less active volcanism. Additionally, this portion of the subduction zone has not hosted large earthquakes in recorded history.
The Aleutian arc is a seismically active region, evidenced by the many moderate to large earthquakes occurring each year.
The first very powerful event along the arc during the 20th century was the November 10th 1938 M8.6 Shumagin Island earthquake. This event ruptured an approximately 300 km long stretch of the arc and generated a small tsunami that was recorded as far south as Hawaii.
The April 1st, 1946 M8.6 Unimak Island earthquake, located in the central Aleutian arc, was characterized by slow rupture followed by a devastating Pacific-wide tsunami that was observed as far south as the shores of Antarctica. Although damage from earthquake shaking was not severe locally, tsunami run-up heights were recorded as high as 42 metres on Unimak Island and tsunami waves in Hilo (Hawaii) also resulted in casualties. [See my note of April 1st 2015 about this event]
The next powerful earthquake occurred along the central portion of the Aleutian arc near the Andreanof Islands on March 9th 1957, with a magnitude of M8.6. The rupture length of this event was approximately 1200 km, making it the longest observed aftershock zone of all the historic Aleutian arc events. Significant damage and tsunamis were observed on the islands of Adak and Unimak with tsunami heights of approximately 13 metres.
The eastern most powerful earthquake was the March 27th 1964 M9.2 Prince William Sound earthquake, currently the second largest recorded earthquake in the world. The event had a rupture length of roughly 700 km extending from Prince William Sound in the northeast to the southern end of Kodiak Island in the southwest. Significant shaking was felt over a large region of Alaska, as well as in parts of western Yukon Territory, and British Columbia in Canada. Property damage was the largest in Anchorage with the ensuing landslides. The earthquake also triggered a devastating tsunami that caused damage along the Gulf of Alaska, the West Coast of the United States, and in Hawaii.
The westernmost Aleutians powerful earthquake followed a year later on February 4th 1965. This M8.7 Rat Islands earthquake was characterized by roughly 600 km of rupture. A relatively small tsunami was recorded throughout the Pacific Ocean with run-up heights up to 10.7 metres on Shemya Island and flooding on Amchitka Island.
Source : USGS.

Aleoutiennes Kamchatka

Vue de l’ensemble des volcans le long de la zone de subduction entre l’Alaska et le Kamchatka

(Source : Alaska Volcano Observatory)

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Aujourd’hui, personne n’a oublié la catastrophe du Vendredi Saint 1964, que ce soit à Anchorage…. :

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où à Valdez où 33 personnes ont perdu la vie sur les 115 victimes recensées en Alaska :

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Le risque d’un séisme majeur existe toujours en Alaska et il faudra faire vite, très vite,  pour se mettre à l’abri d’un tsunami!

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Photos: Claude Grandpey