Les tomates de Surtsey (Islande) // The tomatoes of Surtsey (Iceland)

drapeau francaisLe site Iceland Review a publié un article faisant référence à un événement qui a eu lieu il y a 45 ans sur l’île de Surtsey. Il n’est révélé que maintenant car il aurait pu, à l’époque, fortement choquer la communauté scientifique. En effet, tout le monde sait que l’île est née en 1963 au cours d’une éruption sous-marine et est devenue un laboratoire scientifique à ciel ouvert. Seuls les chercheurs et une poignée d’autres personnes sont autorisés à visiter l’île afin que l’impact humain soit minimal. A ce titre, Surtsey fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Au cours de l’été 1969, Ágúst Bjarnason, un scientifique islandais qui contrôlait le développement de plantes sur Surtsey, a reçu un message en provenance de l’île lui indiquant qu’une plante mystérieuse venait d’être découverte dans la lave. Les trois ou quatre naturalistes étrangers et la botaniste islandaise qui venaient de faire la découverte n’étaient pas en mesure d’identifier le végétal.
Bjarnarson se rendit à Surtsey dès qu’il le put et se rendit rapidement au chevet de la plante. Sa première réaction fut la surprise car cette plante étrange ressemblait à un pied de pomme de terre. Il se pencha et écarta deux pierres de lave qui se trouvaient de part et d’autre de la tige. Il découvrit alors une matière à la texture particulière, de consistance très souple quand il appuya un doigt. Il se rendit vite compte – honte à cette personne – que quelqu’un avait fait ses besoins ici, dans le sanctuaire scientifique de l’île de Surtsey … et cette belle plante était en réalité un pied de tomate (Solanum lycopersicum) de 15 centimètres de hauteur qui avait grandi sur les excréments. Bjarnarson enfouit plante et matière fécale dans un sac en plastique qu’il referma solidement et il fit en sorte de ne rien laisser derrière lui afin que le milieu naturel ne soit pas contaminé.
Je vais conclure cette note avec trois recommandations en forme de clin d’œil aux scientifiques qui visitent Sursey:
– 1) Veuillez faire vos besoins dans les toilettes du port avant de prendre le bateau pour l’île.
– 2) En cas d’urgence sur Surtsey, faites comme sont censés le faire les gens avec leurs chiens dans les villes : Ne laissez rien derrière vous ; mettez tout dans un sac en plastique!
– 3) Faites attention à ce que vous mangez avant de vous rendre à Surtsey: évitez les aliments contenant des graines comme les melons, les aubergines, les courgettes et les tomates. Ils pourraient vous trahir !!

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drapeau anglaisThe Iceland Review website has released an article referring to an event that took place 45 years ago on Surtsey Island. It is just revealed now becase it might have shocked the scientific community by that time. Indeed, everybody knows the island was born in 1963 during a submarine eruption and has been kept as a scientific living laboratory ever since that time. Only scientists and a handful of other people have been allowed to visit the island to keep the human impact minimal. Surtsey is now a UNESCO World Heritage Site.

In the summer of 1969, Ágúst Bjarnason, an Icelandic scientist who used to monitor the progress of plants on Surtsey, received a message from this island that a mysterious plant had been discovered in the lava. Those who discovered the plant, three or four foreign nature scientists and one Icelandic botanist, weren’t able to identify it.

Bjarnarson traveled to Surtsey as soon as he could and found the plant quickly. At first, he was stunned because the strange plant looked like a potato plant. He bent down and moved aside two lava rocks which lay against the plant on either side. Underneath was a peculiar pile which was very soft when he poked it. He quickly realised that someone – shame on him (or her) – had done his business there, in the natural sanctuary of Surtsey … and this beautiful plant was a tomato plant (Solanum lycopersicum), 15 centimetres tall, had grown out of the faeces. … Bjarnarson put everything in a plastic bag and closed it securely and made sure not to leave anything behind so that the natural settlement of plants wouldn’t be compromised.

I will conclude this note with three recommendations to the scientists who visit Sursey:

– 1) Please do your business in the toilets of the port before taking the boat to the island.

– 2) In case of an emergency on Surtsey, do like people are supposed to do with their dogs’poo in the cities. Don’t leave anything behind you. Put it in a plastic bag!

– 3) Be careful with what you eat before travelling to Surtsey: Avoid food including seeds like melons, eggplants, zucchinis and tomatoes. They might betray you!!

Surtsey-blog

Vue de l’île Surtsey  (Crédit photo:  Wikipedia)

Le Mont McKinley est-il un volcan ? Non ! // Could Mt McKinley be a volcano ? No !

drapeau francaisLe Mont McKinley, aussi appelé Denali en langue locale athabascane, dresse ses 6194 mètres au dessus du niveau de la mer. C’est la plus haute montagne d’Amérique du Nord. Il se trouve à environ 100 km au-dessus de la région où la plaque Pacifique s’enfonce sous la plaque nord-américaine, au même titre que les volcans Iliamna, Redoubt et Augustine. Si on trace une ligne à partir des îles Aléoutiennes vers les édifices volcaniques de l’Intérieur de l’Alaska, cette courbe passe au-dessus du sommet du McKinley.
Comme les autres sommets de la Chaîne de l’Alaska (Alaska Range), le Denali ne montre aucun signe d’éruptions passées, mais les sismologues ont récemment enregistré une sismicité profonde qui  leur a semblé digne d’intérêt.

Il y a environ un an, une station sismique installée à l’intérieur du Parc National du Denali a enregistré une séquence sismique avec un maximum de M 1,7, à une trentaine de kilomètres de profondeur. Elle a duré plus longtemps que les secousses habituellement enregistrées dans la région. L’événement ressemblait à ceux observés au niveau des volcans situés juste au-dessus de la zone de subduction.
Le Mont Spurr, de l’autre côté de Cook Inlet par rapport à Anchorage, est entré en éruption en 1992. Il est actif avec des séismes semblables à ceux enregistrés sous le Denali. Le volcan se trouve à l’extrémité sud de ce que les scientifiques appellent le Denali Gap, une partie de la Chaîne de l’Alaska longue de 430 km, qui – en théorie –  pourrait être parsemée  de volcans, mais ne semble pas en héberger.
À l’extrémité nord du Denali Gap, près de la bourgade de Healy (NDLR : avec un excellent Bed & Breakfast !), on peut voir deux étendues d’eau sombre. Les volcanologues expliquent que ce sont des maars qui ont été formés par des explosions il y a environ 3000 ans. Ces maars ont la même signature chimique que les volcans des Aléoutiennes.
La question se pose : Le Denali va-t-il entrer en éruption? La réponse est : Non! Si le Denali était un volcan, on observerait des roches volcaniques ainsi que des sources chaudes à sa surface, ce qui n’est pas le cas. Dans les zones volcaniques, il n’est pas forcément nécessaire d’avoir une montée de magma pour enregistrer des séismes. Ceux observés sur le Denali il y a un an ont probablement été déclenchés par le mouvement de fluides actifs lors de leur passage à travers des masses de roche. Ils ont vraisemblablement été causés par l’eau en provenance de la plaque Pacifique lors de son enfoncement sous la plaque nord-américaine sur laquelle se trouvent le Denali et la plus grande partie de l’Alaska. Au cours du processus, des fluides en provenance de cette plaque tectonique ont pu migrer à travers l’écorce terrestre.

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisMount McKinley, also called Denali in local Athabascan dialect, rises 6,194 metres above sea level. It is North America’s highest mountain. It sits about 100 kilometres above where the Pacific Plate slips beneath the North American Plate, as do the Iliamna, Redoubt and Augustine volcanoes. If you draw a line from the Aleutians to volcanic features in Interior Alaska, the curve goes over Denali’s summit.

Like its neighbours in the Alaska Range, the big mountain shows no signs of having erupted, but seismologists recently noticed deep seismicity that was intriguing enough to explore.

About one year ago, a seismic station in Denali National Park recorded an M 1.7 earthquake about 30 km deep that shook longer than most other events. It looked like the ones recorded under volcanoes right above the subduction area.

Mount Spurr, across Cook Inlet from Anchorage, erupted explosively in 1992. It is active with earthquakes like the ones recorded beneath Denali. Mount Spurr is on the southern end of what scientists call the Denali Gap, a 430-km part of the Alaska Range that could be pimpled with volcanoes but does not seem to be.

On the north end of the Denali Gap are two ponds filled with dark water near Healy and an excellent B&B!). Volcanologists recognize these as maars that were created by explosions about 3,000 years ago. These maars have the same chemical signature as the Aleutian volcanoes.

So, is Denali about to erupt? No! If Denali were a volcano, the mountain would show volcanic rocks on the surface as well as hot springs. As for the volcano-like earthquakes recorded one year ago, they don’t require the movement of magma, just active fluids passing through masses of rock. They were probably caused by water coming from the Pacific Plate diving beneath the North American Plate under Denali and most of Alaska. Fluids from the slab can migrate through the Earth’s crust.

Source: Alaska Dispatch News.

Denali-1

Denali-2

Photos:  C.  Grandpey

Belles photos du Sakurajima (Japon) // Nice photos of Sakurajima volcano (Japan)

drapeau francaisOn peut voir sur le site du Daily Mail une très belle galerie de photos prises par Marc Szeglat et consacrées au Sakurajima, avec des explosions spectaculaires et la présence d’éclairs dans les panaches de cendre:
http://www.dailymail.co.uk/travel/travel_news/article-2996837/Tourist-captures-incredible-footage-rare-volcanic-lightning-Japan-s-Sakurajima-volcano-erupts-him.html?ITO=1490&ns_mchannel=rss&ns_campaign=1490

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drapeau anglaisOne can see on the Daily Mail  website a very nice gallery of photos taken by Marc Szeglat. They show dramatic explosions of Sakurajima volcano with lightning in the ash plumes:
http://www.dailymail.co.uk/travel/travel_news/article-2996837/Tourist-captures-incredible-footage-rare-volcanic-lightning-Japan-s-Sakurajima-volcano-erupts-him.html?ITO=1490&ns_mchannel=rss&ns_campaign=1490

Dans les profondeurs des geysers // In the depths of geysers

drapeau francaisDes chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley ont essayé de comprendre comment fonctionnent les geysers et pourquoi certains d’entre eux se manifestent avec la régularité d’une horloge. Pour leurs recherches, ils sont allés à Yellowstone, où ils ont observé le Vieux Fidèle et le Lone Star, et au Chili où les geysers d’El Tatio sont une attraction touristique. Leur conclusion est que des geysers comme le Vieux Fidèle entrent en éruption périodiquement en raison de la présence de boucles ou de chambres latérales dans leur plomberie souterraine.
En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une expérience en laboratoire destinée à illustrer ce sujet.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=SUNwIm3o-64

Selon les scientifiques, la clé du fonctionnement des geysers est « un coude ou une boucle souterraine qui piège la vapeur, puis la libère lentement sous forme de bulles qui vont chauffer la colonne d’eau au-dessus jusqu’à ce que sa température soit juste en deçà du point d’ébullition. Au final, les bulles de vapeur provoquent l’ébullition soudaine de la tête de la colonne, libérant la pression sur l’eau en dessous et lui permettant de bouillir elle aussi. La colonne d’eau entre en ébullition de haut en bas, propulsant eau et de vapeur à des dizaines de mètres de hauteur. »

De nombreux scientifiques ont voulu savoir pourquoi certains geysers se manifestent périodiquement, parfois avec la régularité d’une horloge. Selon le chimiste allemand Robert Bunsen qui a étudié le Grand Geyser en Islande en 1846, les éruptions commencent lorsque l’eau commence à bouillir à la surface, ce qui réduit la pression dans la colonne d’eau surchauffée et ce qui permet à l’ébullition de se propager de la surface vers le bas. L’eau sous pression bout à une température plus élevée, donc la réduction de pression de l’eau surchauffée lui permet de bouillir.
Les chercheurs de Berkeley ont conclu que Bunsen avait globalement raison, mais que ce sont les bulles qui s’échappent de la vapeur emprisonnée dans les conduits sous le geyser qui portent la colonne d’eau au point d’ébullition. Lorsque la colonne d’eau jaillit à la surface de la terre, plus de la moitié des émissions sont constituées de vapeur, même si la plus grande partie de la masse est de l’eau liquide. Le panache que l’on peut voir de loin est surtout dû à la condensation de la vapeur qui se transforme en gouttelettes d’eau dans l’air.

Au 20ème siècle, quelques chercheurs ont introduit des caméras à l’intérieur des geysers. Les images obtenues laissent supposer qu’il existe des cavités ou des boucles qui piègent les bulles de vapeur. Ils ont effectué de telles observations dans la Vallée des Geysers au Kamchatka. J’ai rédigé une note à ce sujet en février 2013:
http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2013/02/16/a-linterieur-des-geysers-inside-geysers/

Aujourd’hui, les mesures effectuées à Yellowstone et au Chili établissent un lien entre les changements de température et de pression dans la colonne d’eau et la plomberie souterraine du geyser, ce qui explique les éruptions périodiques.

Les chercheurs californiens pensent que l’étude des geysers pourrait permettre de mieux comprendre les éruptions volcaniques qui ont beaucoup de points communs, mais qui sont beaucoup plus difficiles à étudier. En effet, il est possible d’introduire des capteurs de température et de pression jusqu’à une dizaine de mètres dans les geysers – chose impossible à faire sur un volcan – et de les corréler avec les mesures de surface à l’aide de capteurs sismiques et d’inclinomètres permettant d’étudier la séquence d’événements souterrains conduisant à l’éruption du geyser.
Source: Université de Berkeley (Californie)

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drapeau anglaisResearchers from the University of California at Berkeley have tried to understand how geysers work and why some of them erupt with the regularity of a clock. For their research, they went to Yellowstone where they observed Old Faithful and Lone Star, and to Chile where the Tatio geysers are a tourist attraction. Their conclusion is that geysers like Old Faithful erupt periodically because of loops or side-chambers in their underground plumbing.

By clicking on the link below, you will see an experiment in a lab destined to illustrate this topic.

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=SUNwIm3o-64

According to the scientists, the key to geysers is “an underground bend or loop that traps steam and then bubbles it out slowly to heat the water column above until it is just short of boiling. Eventually, the steam bubbles trigger sudden boiling from the top of the column, releasing pressure on the water below and allowing it to boil as well. The column essentially boils from the top downward, spewing water and steam tens of metres into the air.”

Why geysers erupt periodically, some with the regularity of a clock, has drawn the interest of many scientists. According to German chemist Robert Bunsen who studied the Great Geysir in Iceland in 1846, eruptions start when water starts to boil at the surface, reducing pressure within the superheated water column and allowing boiling to propagate downward from the surface. Pressurized water boils at a higher temperature, so reducing the pressure on overheated water allows it to boil.

The Berkeley researchers concluded that Bunsen was essentially correct but also that it’s the escaped bubbles from trapped steam in the rock conduits below the geyser that heat the water column to the boiling point. As the entire water column boils out of the ground, more than half the volume of stuff emerging is steam, though most of the mass is liquid water. The plume seen from afar is mostly steam condensing into water droplets in the air.

In the 20th century, a few researchers have stuck video cameras into geysers and seen features that suggest there are underwater chambers or loops that trap steam bubbles. They did it in the Valley of Geysers (Kamchatka). I wrote a note about this in February 2013:

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2013/02/16/a-linterieur-des-geysers-inside-geysers/

This time, the measurements made in Yellowstone and Chile link the temperature and pressure changes down the water column with the underground plumbing to explain the periodic eruptions.

The Californian researchers think that studying geysers might allow to gain insight into volcanic eruptions, which bear many similarities to geysers but are much harder to study. It is possible to feed temperature and pressure sensors as deep as 10 metres into geysers – something impossible to do with a volcano – and correlate these with above-ground measurements from seismic sensors and tiltmeters to deduce the sequence of underground events leading to an eruption.

Source: Université de Berkeley (Californie).

Lone-Star-Geyser

Lone Star Geyser (Parc de Yellowstone)   Photo:  C.  Grandpey