Etna (suite)

drapeau francais8h30: Les images fournies par les webcams et les photos mises en ligne par Boris Behncke montrent qu’une belle coulée de lave est partie de la base du Cratère Sud-Est et s’est dirigée vers le sud-ouest de la zone sommitale.. Ce matin le tremor montre une certaine tendance à la baisse. Il est probable que cet épisode éruptif suive le même processus que celui du 28 décembre et ne dure que quelques jours.

13 heures : L’INGV donne sur son site Internet quelques informations supplémentaires concernant l’épisode éruptif qui a débuté le 31 janvier sur l’Etna. Le début de l’événement est resté invisible à cause de la couverture nuageuse trop importante sur le volcan. Dans la soirée du 1er février, une amélioration des conditions météo a permis d’observer une belle activité strombolienne à partir d’une bouche unique qui s’est ouverte dans la dépression qui sépare les deux cônes du Cratère Sud-Est (CSE). Les explosions se produisaient à des intervalles de quelques secondes, projetant des bombes incandescentes jusqu’à 200 m de hauteur, avant de retomber sur le flanc sud du Cratère Sud-Est. Dans le même temps, une coulée de lave s’échappait d’une bouche ouverte à la base méridionale du CSE, dans la partie inférieure de la fracture éruptive du 28 décembre. La lave s’est dirigée vers le sud-ouest en suivant le même chemin que la coulée du 28 décembre. Après avoir traversé la zone plate au sud des cratères sommitaux (« Cratere del Piano »), la lave est passée à l’ouest du Monte Frumento Supino en direction de la zone située entre Milia et Galvarina, et s’est divisée en deux branches qui, le matin du 2 février, se trouvaient à un peu moins de 2 000 m d’altitude.
À l’aube du 2 février, l’activité strombolienne du CSE a commencé à produire un épais nuage de cendre qui s’est dirigé vers l’est. Vers 8 heures, cette émission de cendre a cessé rapidement tandis que l’amplitude du tremor amorçait une baisse rapide qui s’est accélérée en cours de matinée. Il semble que l’épisode éruptif soit terminé ou sur le point de l’être.

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drapeau anglais8:30: The images provided by the webcams and Boris Behncke’s photos confirm that a nice lava flow is coming out of the base of the SE Crater and travelling along the SW slope of the summit area. This morning, the tremor is slightly declining. Thus, it is likely that the current eruptive episode will be similar to the one that occurred on December 28th and will come to an end after a few days.

13:00: INGV provides on its website some additional information about the eruptive episode that began on Mount Etna on January 31st. The start of the event remained invisible because of the huge cloud cover over the volcano. In the evening of February 1st, improved weather conditions allowed to observe a nice strombolian activity from a single vent that opened in the depression between the two cones of the Southeast Crater (SEC). Explosions occurred at intervals of a few seconds, throwing incandescent bombs up to 200 metres high, before falling on the southern flank of the Southeast Crater. At the same time, a lava flow was emitted by a vent at the southern base of the SEC, in the lower part of the eruptive fracture of 28 December. Lava travelled southwest along the same path as the 28 December flow. After crossing the flat area south of the summit craters (« Cratere del Piano »), the flow moved west of Monte Frumento Supino towards the area between Milia and Galvarina, and divided into two branches that in the morning of February 2nd, were located just under 2000 meters a.s.l.
At dawn on February 2nd, strombolian activity at the SEC began producing a thick ash cloud that drifted towards the east. At 8 am or so, this ash emission stopped quickly while the amplitude of the tremor began a rapid decline that accelerated during the morning. It seems that the eruptive episode is completed or about to be.

Etna-fevrier

Crédit photo: Boris Behncke.

Des Iles Canaries à Hawaii // From the Canary Islands to Hawaii

drapeau francaisRappelez-vous: Lors de l’éruption de 2011 à El Hierro (Canaries), des morceaux de sédiments emprisonnés dans une gangue de lave flottaient à la surface de la mer. A cette époque, les échantillons recueillis ont soulevé un certain nombre de questions auxquelles les scientifiques tentent maintenant de répondre.
Dans un article publié dans ‘Scientific Reports’, du groupe Nature, des chercheurs suédois, espagnols et portugais pensent qu’il s’agit de matériaux remontant à la période du Crétacé pendant laquelle les Iles Canaries se sont formées sur le modèle hawaiien ; comme à Hawaii, les îles les plus anciennes se trouvent à l’est et les plus jeunes à l’ouest. L’étude confirme, pour la première fois, que l’activité volcanique sous-marine a suivi le même processus que l’activité émergée, avec un âge plus avancé à l’est de l’archipel (Fuerteventura et Lanzarote), et plus jeune à l’ouest (El Hierro et La Palma).
La nouvelle étude place l’origine des Canaries à côté du modèle hawaïen. Tout comme Hawaii, l’archipel des Canaries ne se situe pas dans une zone où les plaques tectoniques se rencontrent, mais au milieu de la plaque africaine. Tout comme à Hawaï, aux îles Canaries un chapelet d’îles s’est formé au fur et à mesure que la plaque océanique se déplaçait dessus d’une source magmatique profonde. Cette approche est contraire à la théorie qui attribue l’origine de l’archipel à la tectonique régionale, responsable, entre autres, de la formation des montagnes voisines de l’Atlas dans le nord du Maroc.

Canaries-satellite

Iles Canaries: (de droite à gauche) Lanzarote, Fuerteventura, Grande Canarie, Tenerife, La Gomera, La Palma et El Hierro (Crédit photo: NASA)

Hawaii-satellite

Hawaii: (de droite à gauche): La Grande Ile, Maui, Kahoolawe, Lanai, Molokai, Oahu, Kauai, et Niihau  (Crédit photo: NASA)

En ce qui concerne les matériaux volcaniques qui flottaient à la surface de la mer, on les connaît mieux sous le nom de «restingolites», une appellation plus appropriée que « xéno ponce »  utilisée par la littérature scientifique. Les matériaux étudiés par les chercheurs ont été recueillis à la surface de la mer pendant les premiers jours de l’éruption et, une semaine plus tard, lorsqu ‘ils ont atteint le rivage. Les petits fossiles qu’ils contiennent montrent qu’ils appartiennent à la période du Crétacé, au cœur de la formation de l’Océan Atlantique avec l’Amérique, au moment de la séparation de ce que sont aujourd’hui l’Europe et l’Afrique.
Selon les chercheurs, ces fragments sont probablement des morceaux de sédiments antérieurs à la formation des îles, qui ont été «retravaillés» par la colonne de magma lors de son ascension vers la surface. En raison de leur teneur en silice, on pourrait les confondre avec des rhyolites. Toutefois, la présence de nannofossiles à l’intérieur des restingolites renforce la première hypothèse.

Source: Nature.com.

El-Hierro

Echantillon de « restingolite » (Crédit photo: American Geophysical Union)

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drapeau anglaisRemember: During the 2011 eruption at El Hierro (Canary Islands), pieces of sediment encased in lava could be seen floating at the surface of the sea. By that time, the samples that were collected raised quite a number of questions scientists are now trying to answer.

In an article published in ‘Scientific Reports’, from the group Nature, scientists from Sweden, Spain and Portugal think they were confronted with materials from the Cretaceous period that matched the origin of the Canary Islands archipelago to the model of how Hawaii was formed; it also confirmed that the oldest islands were found to the east and the youngest to the west. The study confirms, for the first time, that submarine activity follows the pattern of the known age progression of emerged volcanic activity with older ages to the east of the archipelago (Fuerteventura and Lanzarote), and the youngest to the west (El Hierro and La Palma).

In this way, the new findings bring the origin of the Canaries closer to the Hawaiian model. Just like Hawaii, the Canary Islands archipelago is not located in an area where plates meet, but in the middle of the African plate. Just like Hawaii, at the Canary Islands, a string of islands was formed as the oceanic plate shifted over a deep set magmatic source. This is contrary to the theory which attributes the origin of the archipelago to regional tectonics, which is responsible, amongst other things, for the formation of the neighbouring Atlas mountains in northern Morocco.

As far as the floating volcanic materials are concerned, they are better known as ‘restingolites’, while in scientific literature they have been given the confusing name of ‘xeno pumice’. The materials studied by the scientists were collected floating on the sea during the first days of eruption and a week later after their arrival ashore. Due to the small fossils they contain, they are attributed to the Cretaceous period, in full formation of the Atlantic ocean with America, on separating from what are today Europe and Africa.

According to the researchers, these fragments must be pieces of pre-island sediments ‘reworked’ by the column of magma where the eruption occurred while en-route to the surface. Besides, due to their silica content, they might be confused with rhyolites. Yet, the existence of nannofossils inside the restingolites is a compelling argument in favour of the first hypothesis.

Source: Nature.com.