Villarrica (Chili) & Turrialba (Costa Rica)

drapeau francaisLe Villarrica (Chili) reste très actif, avec les panaches de gaz qui enveloppent fréquemment le sommet, tandis que la température à l’intérieur du cratère a atteint 1 000 ° C. Cependant, le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange, ce qui signifie qu’il n’y a pas actuellement de risque pour la population.
Le comportement du Villarrica n’inquiète pas les habitants de la ville de Pucon et les enfants ont repris le chemin de l’école. .
Il ne faudrait pourtant pas oublier que le 3 mars une brève éruption, avec émissions de cendre et projections de blocs incandescents, a entraîné l’évacuation de plus de 3000 personnes autour du volcan. Les autorités ont établi un périmètre de sécurité de 5 km autour du cratère.
Source: Presse locale.

Le Turrialba (Costa Rica) est très actif lui aussi, avec deux éruptions au cours du dernier week-end. Les photos et la vidéo indiquent que la plus grande partie de la cendre est retombée à proximité du cratère; le vent n’était pas assez fort pour l’envoyer sur les zones habitées proches du volcan.
Au cours des deux dernières semaines, on a enregistré 14 éruptions du Turrialba. Il est important de noter que l’accès au parc national est interdit et les rangers ont refoulé des touristes ces derniers jours.
Les géologues de l’OVSICORI n’excluent pas la possibilité d’un nouvel épisode d’activité du Turrialba. Comme je l’ai écrit auparavant, l’Irazu qui se dresse à proximité du Turrialba, a connu de récents glissements de terrain, ce qui pourrait entraîner des fermetures temporaires du parc.
Source: Presse locale.

 ————————————————

drapeau anglaisVillarrica (Chile) is still quite active with gas plumes to be seen around the summit while temperatures inside the crater have reached 1,000°C. However, the alert level is kept at Orange, meaning there is no risk to the general population.

The inhabitants of the city of Pucon are not worried by Villarrica’s behaviour and children have gone back to school.   .

We need to keep in mind that on March 3rd, a short-lived eruption of ash and rock led to the evacuation of more than 3,000 persons from the nearby area.

Authorities have restricted access to the area within 5 km from the crater.

Source: Local newspapers.

Turrialba (Costa Rica) is quite active too, with two eruptions over the weekend. The photos and video indicate that most of the ash was deposited in the vicinity of the crater; the windy conditions were not strong enough to blow the ash away from the volcano and onto residential communities.

Over the last two weeks, a total of 14 eruptions have been registered by geologists monitoring Turrialba. It is important to note that access to the national park is forbidden. Park rangers have turned away tourists in recent days.

OVSICORI geologists are not discarding the possibility of further activity Turrialba. As I out it before, Irazu, close to Turrialba, has been subject to recent landslides, which could prompt park closures.

Source: Local newspapers.

Islande: Ça fond! // Iceland is melting!

drapeau francaisDans une note rédigée le 3 mars 2015, j’écrivais qu’avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, la croûte terrestre avait tendance à se soulever. Des chercheurs ont découvert que la croûte sous l’Islande se soulève au fur et à mesure que le réchauffement climatique fait fondre les vastes calottes glaciaires de l’île.

Des observations récentes ont révélé que les glaciers islandais couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Cette conclusion a été tirée à partir de photographies aériennes prises par l’agence islandaise Loftmyndir. L’agence a procédé à une mise à jour de ses photographies aériennes des deux dernières années. Les derniers clichés montrent des changements considérables par rapport à ceux des années 2000. Beaucoup de glaciers ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres.
Officiellement, la superficie totale des glaciers islandais est de 11 922 km2, soit 11 à 12% de la surface totale de l’Islande. Toutefois, ces chiffres (cités dans les livres de géographie des petits Islandais) semblent s’appuyer sur des mesures anciennes qu’il faudrait mettre à jour. Le glacier Hofsjökull, par exemple, couvre officiellement 925 km2. Les images du satellite Spot en 2006 ont montré que sa superficie n’était plus que de 864 km2. Les dernières photos de l’été 2014 donnent une superficie de 827 km2. Le Hofsjökull a donc perdu 10% par rapport aux chiffres officiels.
Au vu des dernières photos, la surface totale des glaciers islandais est maintenant estimée à 10 462 km2, soit seulement 10% de la surface totale de l’Islande. Ces derniers chiffres sont donc de plus de 12% inférieurs aux chiffres officiels.
La fonte des glaciers observée en Islande affecte la plupart des calottes glaciaires dans le monde. J’ai attiré à plusieurs reprises l’attention du public sur la fonte des glaciers dans les Alpes françaises et en Alaska. Je vais avoir l’occasion d’exposer des photos de glaciers alaskiens au festival international de photo qui se tiendra à Montier-en-Der (Haute-Marne) en novembre 2015. Le titre de l’exposition sera « Alaska : Des glaciers et des ours ».

Source : Iceland Review.

 ——————————————————

drapeau anglaisIn a note written on March 3rd, I indicated that with global warming and the melting of glaciers, the Earth’s crust is rising. Researchers discovered that the crust under Iceland is rebounding as global warming melts the island’s great ice caps.

Recent observations revealed that Ice­landic glac­i­ers cover 12% less of the coun­try than pre­vi­ously thought. This con­clu­sion was drawn from aer­ial pho­tographs taken by Ice­landic pho­to­graph com­pany Loft­myn­dir. The com­pany has been re­new­ing its aer­ial pho­tographs for the last two years. The new pho­tos show large-scale changes, as com­pared to the previous ones dat­ing from around 2000. There are many in­stances of glac­i­ers hav­ing re­ceded by many hun­dred me­tres, some even by kilo­me­tres.

The of­fi­cial fig­ure for the to­tal area of Ice­land’s glac­i­ers is 11,922 km2, i.e. 11-12% of the to­tal sur­face area of Ice­land. However, these fig­ures (quoted in school ge­og­ra­phy books) seem to be based on rather old mea­sure­ments and they need to be up­dated. Hof­sjökull, for in­stance, is of­fi­cially 925 km2. Im­ages from the Spot satel­lite in 2006 showed it had shrunk to 864 km2. The lat­est pic­tures from sum­mer 2014 give it a sur­face area of 827 km2. Hof­sjökull is there­fore over 10% smaller than of­fi­cial fig­ures sug­gest.

The to­tal sur­face area of Ice­land’s glac­i­ers is now es­ti­mated at 10,462 km2, i.e. just 10% of the to­tal sur­face area of Ice­land. These lat­est fig­ures are there­fore over 12% lower than cur­rent of­fi­cial fig­ures.

The glacier melting observed in Iceland also affects most ice caps around the world. I have drawn several times public attention to the melting in the French Alps and in Alaska. I have just been given the opportunity to exhibit photos of Alaskan glaciers in the international photo festival to be held in Montier-en-Der (Haute Marne) in November 2015. The title of the exhibition will be “Glaciers and bears in Alaska”.

Source : Iceland Review.

Vatna-blog

Ce magnifique paysage islandais est-il menacé de disparition?  (Photo:  C. Grandpey)

L’InSAR et les Champs Phlégréens (Italie) // InSAR and the Phlegrean Fields (Italy)

drapeau francaisLe 20 mars 2015, j’ai mis en ligne une note montrant l’importance de l’interférométrie radar à synthèse d’ouverture (InSAR) dans le domaine de la volcanologie. Cette technologie vient d’être utilisée pour observer le comportement des Champs Phlégréens, zone volcanique active aux portes de Naples. La proximité d’une zone de population dense oblige les scientifiques à la surveiller de très près car on sait que l’activité éruptive explosive peut être particulièrement violente.

Le radar à bord du satellite Ten Sentinel – 1A de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a confirmé la poursuite du processus de déformation du sol dans la région. Ce processus, connu sous le nom de bradyséisme, consiste en des mouvements verticaux, parfaitement visibles, par exemple, sur les colonnes du temple de Serapis à Pouzzoles avec des empreintes de coquillages prouvant que la mer a recouvert le secteur à une certaine époque.

Les mesures effectuées par l’InSAR entre octobre 2014 et mars 2015 ont révélé que le sol se soulevait à raison de 0,5 cm par mois. Il semblerait donc que le phénomène soit dans une phase basse car en 2012 la déformation atteignait 3 centimètres par mois, ce qui avait poussé la Protection Civile à élever d’un cran le niveau d’alerte.

Source : ESA.

 ————————————————-

drapeau anglaisOn March 20th, 2015, I posted a note showing the importance of Interferometric Synthetic Aperture Radar (InSAR) in the field of volcanology. This technology has just been used to observe the behaviour of the Campi Flegrei, an active volcanic area on the outskirts of Naples. The proximity of a densely populated area forces scientists to monitor it very closely because we know that the explosive eruptive activity may be particularly violent.
The radar on board the Sentinel Ten – 1A satellite of the European Space Agency (ESA) has confirmed the continuation of the soil deformation process in the region. This process, known as the bradyseism, consists of vertical movements, perfectly visible, for example, on the columns of the Temple of Serapis at Pozzuoli, with shells showing that the sea covered the area at one time.
Measurements by InSAR between October 2014 and March 2015 revealed that the ground was rising at a rate of 0.5 cm per month. This suggests that the phenomenon is in a low phase, because in 2012 the deformation reached 3 centimeters per month, which pushed the Civil Protection to raise the alert level by a notch.
Source: ESA.

Campi-Flegrei

Source:  ESA.

Pouzzoles-temple

Effets du bradyséisme à Pouzzoles  (Photo:  C.  Grandpey)

Volcan lunaire // Lunar volcano

drapeau francaisDes scientifiques de l’Université de Durham (Angleterre) ont réalisé une nouvelle carte d’un volcan lunaire dont personne n’imaginait l’existence. Cette carte montre que son éruption explosive a dispersé des matériaux sur une superficie beaucoup plus grande qu’on ne le pensait. Le volcan – qui n’a pas de nom – se trouve dans une région du complexe volcanique Compton-Belkovich. En cartographiant le thorium, élément radioactif émis lors de l’éruption, les chercheurs ont découvert que, grâce à la faible gravité de la Lune, les émissions volcaniques ont pu couvrir une superficie d’environ 70,000km2. L’éruption, qui a eu lieu il y a 3,5 milliards d’années, a rejeté des matériaux cinq fois plus loin que les coulées pyroclastiques qui ont enseveli Pompéi.
Les chercheurs ont utilisé les données de la sonde Lunar Prospector de la NASA qui a repéré pour la première fois le premier site volcanique en 1999 quand elle a détecté un dépôt isolé de thorium sur la Lune entre les cratères d’impact Compton et Belkovich. Depuis sa découverte, le dépôt avait été difficile à étudier car il se cache sous les débris d’impacts de météorites. Malgré tout, la sonde Lunar Prospector a été capable de détecter les rayons gamma émis par le thorium qui peut passer à travers une couche de roche d’un mètre d’épaisseur. En se référant à ces informations, l’équipe scientifique de Durham a utilisé la méthode Pixon d’amélioration d’image (initialement conçue pour observer l’univers lointain) pour paufiner la carte et faire apparaïtre la taille considérable du dépôt de thorium provenant de l’éruption volcanique.
Les volcans étaient monnaie courante au moment de la naissance de la Lune. D’ailleurs, les «mers» sombres que nous pouvons observer à sa surface ont été créées par une lave riche en fer qui a envahi de vastes zones, en remplissant des cratères d’impact et des zones peu élevées. Les éruptions de lave visqueuse, pauvre en fer, ont été rares sur la Lune et n’ont été observées que dans un nombre restreint de sites. L’éruption explosive de cette lave n’a jamais été observée ailleurs sur la Lune, ce qui rend ce volcan unique.
L’équipe de chercheurs prévoit maintenant d’appliquer sa technique de cartographie au plus grand volcan du système solaire, Olympus Mons sur Mars. Plutôt que s’attarder sur l’élément thorium radioactif, les chercheurs se mettront en quête de l’hydrogène et des restes possibles d’eau glaciaire sur les pentes les plus élevées de la planète rouge.
Source: Université de Durham.

——————————————–

drapeau anglaisScientists from Durham University (England) have produced a new map of the Moon’s most unusual volcano showing that its explosive eruption spread debris over an area much greater than previously thought. The unnnamed volcano is located an area of the lunar surface in the Compton-Belkovich Volcanic Complex. By mapping the radioactive element thorium which was emitted during the eruption, the researchers discovered that, with the help of the Moon’s low gravity, volcanic debris was able to cover an area of about 70,000km2. The eruption, which happened 3.5 billion years ago, threw rock five times further than the pyroclastic flows that buried Pompeii.
The researchers used data from NASA’s Lunar Prospector spacecraft which first spotted the volcanic site in 1999 when it detected an isolated deposit of thorium on the Moon between the Compton and Belkovich impact craters. Since its discovery, the deposit had been hard to study because it is hidden beneath debris from meteorite impacts, but Lunar Prospector did detect gamma rays emitted by the thorium that can pass through up to a metre of rock. Based on this information, the Durham team used a « pixon » image enhancement technique, originally designed to peer into the distant Universe, to sharpen the map and reveal the enormous size of the thorium deposit from the volcanic eruption.
Volcanoes were common in the early life of the Moon and in fact the dark ‘seas’ we can observe on the lunar surface were created by iron-rich lava that flooded large areas, filling in impact craters and low-lying ground. The eruption of viscous, iron-poor lava, was rare on the Moon and observed only at a handful of sites such as this one. The explosive eruption of such lava is unknown elsewhere on the Moon, making this volcano unique.
The research team is now planning to apply its mapping technique to the largest known volcano in the Solar system, Olympus Mons on Mars. Rather than the radioactive element thorium, the researchers will be looking for hydrogen and the possible remnants of water ice from glaciers on the high slopes of the Red Planet.
Source: Durham University.