Yukon Quest

Il y a quelques jours, je signalais l’existence de deux courses de traîneaux qui passionnent chaque année les habitants de l’Alaska et du Yukon. Alors que l’Iditarod s’élancera début mars, la Yukon Quest vient de se terminer. Notre compatriote Nicolas Vanier a couvert les 1600 km entre Whitehorse et Fairbanks en 11 jours 8 heures et 38 minutes, une performance remarquable qui lui permet de terminer à la neuvième place. Au départ, 26 concurrents sont partis de Whitehorse mais une dizaine – même des mushers chevronnés – ont dû renoncer en cours de route. Un grand coup de chapeau à Nicolas qui, malgré ses 52 printemps, a prévu de participer à l’Iditarod en 2016!

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Crédit photo:  Wikipedia.

Les tsunamis de l’Augustine (Alaska)

drapeau francaisSurplombant Kamishak Bay dans le sud de Cook Inlet, à environ 290 km au SO d’Anchorage, l’Augustine est le volcan le plus actif de la partie orientale de l’arc des Aléoutiennes. En 2006, sa dernière éruption a généré un nuage de cendres trois kilomètres de hauteur et émis suffisamment de lave pour créer un nouveau sommet. Ce sommet consiste actuellement en un complexe de dômes qui se chevauchent avec, en aval, sur 360°, de vastes pentes qui descendent vers la mer. Elles sont principalement recouvertes de dépôts de débris d’avalanche et de coulées pyroclastiques formés par des épisodes à répétition d’effondrement et de croissance du sommet du volcan.
Le dernier effondrement s’est produit en 1883 quand toute une partie de l’édifice volcanique a glissé dans la mer et a provoqué un tsunami qui a traversé Cook Inlet avant de rebondir sur la côte et prendre le chemin inverse. Comme le tsunami s’est propagé à marée basse dans une zone où l’amplitude des marées figure parmi les plus importantes sur Terre, le niveau de la mer s’est élevé d’environ 6 mètres, comme si la marée haute avait eu lieu plus tôt que prévu. Les chercheurs pensent que les dégâts se sont limités à l’inondation de quelques baraques sur le rivage.
Cependant, l’histoire des tsunamis provoqués par l’Augustine remonte à plus longtemps que quelques siècles. Un scientifique de l’Université de l’Alaska à Fairbanks a récemment découvert des preuves d’un tsunami déclenché par l’Augustine il y a 4200 ans. Dans le secteur de Nanwalek, un village situé dans la partie sud de la péninsule du Kenai et à 80 km à l’est de l’Augustine, il a découvert de petits morceaux de bois et d’autres débris du tsunami dans une paroi de tourbe à 6 mètres au dessus d’une ligne correspondant au niveau de la mer à marée haute. Il a également observé au moins une douzaine de couches de cendre en provenance de l’Augustine ainsi que des volcans Katmai et Spurr. La datation des dépôts de tsunami a révélé plus de 4000 années, ce qui repousse les dernières dates connues d’environ 2000 ans.
Comme l’Augustine est entourée de pentes qui se déploient longuement vers la mer, il faut un énorme glissement de terrain  pour envoyer un raz-de-marée en direction de Nanwalek et ses 177 habitants. Bien que la majeure partie du village soit construite sur une haute terrasse au-dessus de la plage, un tsunami en provenance de l’Augustine à marée haute pourrait inonder la piste d’atterrissage et les zones le long de la plage. En se déplaçant,  la vague du tsunami inonderait probablement à marée haute les régions côtières de la partie sud de Cook Inlet jusqu’à plusieurs mètres au-dessus de la ligne de marée. En revanche, si le tsunami se déclenchait à marée basse, un tsunami en provenance de l’Augustine pourrait ne pas affecter véritablement les côtes.

Au vu de ce qui vient d’être écrit, on se rend compte de l’importance de l’amplitude des marées dans une zone exposée aux tsunamis.
Les scientifiques de l’Alaska Volcano Observatory contrôlent étroitement l’Augustine et les autres volcans de l’Alaska. Ils guettent les moindres signes d’éruption, tels que les déformations de l’édifice volcanique qu’ils peuvent détecter grâce aux récepteurs GPS installés sur leurs flancs.
Un modèle informatique a calculé qu’un tsunami généré par l’Augustine atteindrait Homer en  75 minutes environ. Il mettrait quatre heures pour arriver à Anchorage. En outre, en raison des caractéristiques des fonds marins, les tsunamis pourraient remonter plus loin le long de la côte. Selon l’état de la marée – haute ou basse – dans Cook Inlet, un tsunami déclenché par l’Augustine serait soit catastrophique, soit sans conséquences majeures. S’il se produisait à marée basse, il se pourrait même que les gens ne le remarquent pas.

Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisRising above Kamishak Bay in the southern Cook Inlet ,about 290 km SW of Anchorage, Augustine is the most active volcano of the eastern Aleutian arc. It last erupted in 2006, sending an ash cloud 3 km high and oozing enough lava to create a new summit. This summit is a complex of overlapping summit lava domes surrounded by an apron of debris that descends to the sea on all sides. The flanks consist mainly of debris-avalanche and pyroclastic-flow deposits formed by repeated collapse and regrowth of the volcano’s summit.

 The latest episode of edifice collapse occurred in 1883 when a part of the mountain tumbled into the sea and caused a tsunami that crossed Cook Inlet and bounced back again. Because the tsunami happened at low tide in an area with some of the largest tidal ranges on Earth, the sea rising 6 metres was almost the same as if high tide returned early. Researchers think the damage was limited to the flooding some low-lying shelters.

However, the history of Augustine tsunamis is more than a few centuries old.  A scientist at the University of Alaska Fairbanks recently found new evidence of an Augustine-generated tsunami dating back to 4,200 years ago. .

In Nanwalek, a village on the southern flank of the Kenai Peninsula and 80 km east of Augustine, the researcher found small pieces of wood and other tsunami debris in an eroded face of peat 6 metres above high-tide level today. He also discovered more than a dozen ash layers that came from Augustine as well as Katmai and Spurr mountains. The dating of tsunami deposits from more than 4,000 years ago extends the Augustine tsunami record by about 2,000 years.

Because Augustine is surrounded by wide apron, it takes a tremendous landslide to send a wave in the direction of Nanwalek (pop.177). Most of the village is built on a high terrace above the beach, but an Augustine-generated tsunami at high tide could inundate the airstrip and low-lying areas along the beach today. As the tsunami wave progressed, it would flood coastal areas around southern Cook Inlet to several metres above the tideline. Or, if it happened at dead low tide, another Augustine tsunami might not wet anything.

Scientists at the Alaska Volcano Observatory now watch Augustine and other Alaska volcanoes for signs of an eruption, such as changes in shape of the mountain they can detect with GPS receivers set up on their flanks.

A computer model calculated that an Augustine-generated tsunami would reach Homer in about 75 minutes. The travel time to Anchorage would be around four hours. Besides, because of sea floor characteristics, tsunamis could run up farther on the coastline. Depending on the state of the daily tides in Cook Inlet, a tsunami from Augustine would either be catastrophic or nothing to worry about. If it happened at low tide, people might not notice it.

Source: Alaska Dispatch News.

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Vues de l’Augustine, de ses vastes pentes, des dépôts pyroclastiques et de son sommet.

(Photos:  C.  Grandpey