Tungurahua (Equateur): Hausse de l’activité / Increased activity

drapeau francais   L’activité du Tungurahua s’est intensifiée ces derniers jours avec des épisodes stromboliens qui projettent des matériaux incandescents jusqu’à 500 mètres du cratère. Des retombées de cendre sont observées dans plusieurs villages comme El Manzano et Choglontus. D’un point de vue sismique, l’Institur Géophysique indique que l’on enregistre un nombre important d’événements liés à des mouvements de fluides à l’intérieur de l’édifice volcanique.

 

drapeau anglais   Activity at Tungurahua has increased over the past days with strombolian episodes that eject incandescent materials as far as 500 metres from the crater. Ashfall has been observed in several communities (El Manzano and Choglontus, for instance) close to the volcano. From a seismic standpoint, the Geophysical Institute indicates that numerous events associated with movements of fluids within the volcanic edifice have been recorded.

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Le Tungurahua vu par l’une des webcams le 10 mars, pendant une éclaircie.

Les évacués du Merapi (Ile de Java / Indonésie)

Souvenez –vous. En octobre 2010, le volcan Merapi, au coeur de l’île de Java, entrait en éruption et déversait pendant plusieurs semaines des avalanches de cendre à haute température. Au final, le bilan faisait état de 320-350 morts. Plusieurs villages étaient détruits et leurs habitants relogés dans des zones éloignées du volcan et donc censées être plus sures.

Aujourd’hui, un rapport de l’INRI (Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies) rend compte de la situation autour du Merapi plus de deux ans après la catastrophe.

On peut lire que les habitants se sentent plus en sécurité qu’auparavant car ils ont pris conscience du danger que représente le volcan. Les autorités leur ont distribué des radios réglées sur une fréquence qui permet d’obtenir et d’échanger des informations sur la situation volcanique.

Un système d’information à trois niveaux a été mis en place en 2011 grâce auquel les autorités gouvernementales sont en relation avec les responsables locaux qui peuvent ensuite diffuser les informations auprès de la population. Avant l’éruption de 2010, le système d’alerte fonctionnait mal et, par manque de coordination, transmettait souvent des informations contradictoires.

Les infrastructures routières et les ponts conduisant au Merapi ont été renforcés afin de rendre les évacuations plus rapides. Des exercices d’évacuation ont même été organisés dans certaines communautés qui seront ainsi mieux préparées en cas d’urgence.

Une mesure importante et nécessaire a été d’interdire la réimplantation de la population sur les hautes pentes du Merapi, autrement dit les plus exposées aux coulées pyroclastiques. C’est ainsi que 2500 familles ont été relogées sur des sites où le gouvernement a édifié des logements à leur attention. Les autorités indiquent que 668 autres familles seront prochainement relogées elles aussi.

Comme ce fut le cas pendant l’éruption de 2010, des centaines de familles refusent toutefois de partir, en dépit du danger. Elles affirment que la zone où elles habitent n’a pas été affectée par la dernière éruption et pensent donc qu’elles ne sont pas menacées. C’est pourtant en croyant, à tort, que les coulées pyroclastiques suivaient toujours la même trajectoire que des centaines de personnes ont perdu la vie en 2010.

Au début, beaucoup de familles ont quitté à contrecoeur les pentes du volcan. Comme je l’ai indiqué à l’époque dans une note intitulée « Merapi mon amour », il existe un très fort attachement ancestral à la terre chez ces habitants qui sont habitués à cultiver un petit lopin et à élever quelques animaux à la ferme. Ceux qui ont tout perdu pendant l’éruption n’avaient pourtant pas d’autre choix que d’accepter la proposition gouvernementale de les reloger.

Parmi les familles relogées, 81 habitent désormais à Karang Kendal, plusieurs kilomètres plus en aval sur le versant de la montagne. Les maisons sont neuves et les rues sont goudronnées. Malgré tout, ces familles éprouvent de grosses difficultés à s’adapter à ce nouvel environnement, en particulier les personnes les plus âgées qui se sentent perdues dans cet univers dépourvu de champs et de cours de fermes.

De nombreux fermiers qui ont perdu récoltes et bétail en 2010 doivent maintenant trouver du travail. Ils possèdent toujours leur lopin de terre plus en amont sur le volcan mais ne disposent pas de suffisamment d’argent pour le remettre en valeur. De plus, leur faible niveau d’enseignement limite fortement la possibilité de trouver un emploi non agricole.

 

Le Merapi fait bien sûr partie des volcans tueurs dont les éruptions sont décrites dans mon livre « Killer Volcanoes – Eruptions meurtrières des temps modernes » (voir colonne de gauche de ce blog).

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Les coulées pyroclastiques du Merapi en 2010  (Avec l’aimable autorisation de la NASA)

 

Nevado del Ruiz (Colombie): Augmentation de l’activité sismique / Increase in seismic activity

drapeau francais   Dans son dernier bulletin sur le Nevado del ruiz, l’INGEOMINAS indique que l’on observe actuellement une hausse de l’activité. En particulier, on observe une augmentation de la sismicité depuis le début du mois de mars ? Cette sismicité révélait des fracturations de roches sous l’édifice volcanique. Les événements, d’une magnitude inférieure à M2, étaient localisés dans le secteur du cratère Olleta, à une profondeur de 2 – 4,5 km. D’autres événements sismiques ont révélé des mouvements de fluides sous le cratère Arenas.

Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune (niveau III).

Les services d’urgence dans les bourgades de Villamaria, Chinchina and Palestina, proches du Nevado del Ruiz, sont prêtes à intervenir si la situation venait à évoluer.

 

drapeau anglais   In its latest report about Nevado del Ruiz, INGEOMINAS indicates that the volcano tends to currently increase its activity. In particular, there has been a rise of seismicity early in March, associated with the fracturing of rocks within the volcanic edifice. The events (with a maximum magnitude of M2) were located in the area of the Olleta Crater at depths between 2 and 4.5 km. More events revealing movements of fluids were recorded at the Arenas Crater.

The alert level remains at yellow (III)

The emergency committees in the municipalities of Villamaria, Chinchina and Palestina, close to the volcano, are activated and ready to handle any emergency.

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Le Nevado del Ruiz vu depuis l’espace  (Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Nouvelle approche des chambres magmatiques // A new approach of magma chambers

   Des chercheurs de l’Université de Bristol (Grande Bretagne) ont publié dans le Journal of Geophysical Research les résultats d’une nouvelle étude censée aider les scientifiques dans la compréhension des processus de formation des chambres magmatiques et le déclenchement des éruptions. La recherche a été financée par le Conseil Européen de la Recherche.

C’est bien connu : à l’issue des éruptions les plus violentes, il peut se produire l’effondrement du couvercle qui se trouve au-dessus du réservoir magmatique qui vient de se vider. Il se forme alors une dépression appelée caldeira. Il s’agit de l’un des événements les plus dévastateurs sur Terre car il menace les zones habitées à proximité et peut avoir un impact sur le climat de la planète.

L’étude, réalisée par deux étudiants du département des Sciences de la Terre de l’Université de Bristol, montre que les chambres magmatiques susceptibles de provoquer des éruptions donnant naissance à des caldeiras se développent probablement plus rapidement et avec une montée de magma initiale plus faible qu’on le pensait jusqu’à présent.

L’idée la plus répandue jusqu’à aujourd’hui était que seule une augmentation progressive de l’alimentation magmatique pouvait former la chambre magmatique de grande envergure nécessaire au déclenchement d’une forte éruption entraînant la formation d’une caldeira.

Contrairement à cette hypothèse, les modélisations informatiques réalisées par les chercheurs montrent que cette formation n’est guère possible avec une alimentation magmatique progressive. Cette alimentation doit augmenter très fortement et presque instantanément, en tout cas beaucoup plus fortement que la normale, pour donner naissance à un volumineux réservoir magmatique.

Si cette hypothèse se vérifie, il sera vraiment difficile de prévoir de telles éruptions volcaniques dans la mesure où les signes annonciateurs tels que la déformation du sol ne pourront être détectés que très peu de temps avant le début de l’éruption.

Source: The Post (This is Bristol).

 

   Researchers from Bristol University in Great Britain have unveiled in the Journal of Geophysical Research the results of a new study which is supposed to help scientists to understand magma chamber processes and volcanic eruption timing. The research was funded by the European Research Council (ERC).

It is well known that violent eruptions can lead to collapse of the solid lid above the drained magma reservoir and create a depression called a caldera. They are among the most devastating natural processes on Earth, threatening not only nearby settlements but also impacting upon the global climate.

The study by two students in Bristol’s School of Earth Sciences shows that magma chambers required for caldera-forming eruptions might grow faster and with less initial magma input than previously thought. Indeed, it was previously believed that a gradual increase in the magma input could form a large magma chamber which is necessary prior to a big caldera-forming eruption. However, the researchers’ numerical models show that this is quite difficult with a continuously rising magma influx. Instead, the magma input has to increase drastically and almost instantaneously above the background magma flux in order to create a big magma reservoir.

If such a hypothesis is confirmed, it will increase the difficulty of making volcanic eruption forecasts because precursors of an eruption such as ground deformation would be detectable just shortly before an eruption.

Source: The Post (This is Bristol).

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Caldeira de Crater Lake (Etats Unis)   [Photo:  C. Grandpey]