Guerre en Iran (2ème partie) : les gaz à effet de serre // War in Iran (part 2) : greenhouse gases

Concentrations de CO2 : 431,14 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

S’agissant des gaz à effet de serre émis jusqu’à présent par le conflit au Moyen-Orient, les premiers bilans chiffrés montrent que les opérations militaires récentes ont libéré des millions de tonnes de ces gaz en un temps record. Selon une analyse du Climate and Community Institute relayée par The Guardian, les opérations menées entre le 28 février et le 14 mars 2026 ont généré environ 5 millions de tonnes de gaz à effet de serre. Rapportée sur un an, une telle cadence correspondrait aux émissions cumulées des 84 pays les moins émetteurs au monde. Plus de 6 000 cibles ont été frappées durant cette période. Chaque raid implique des avions ravitaillés en vol, des navires de soutien, des convois logistiques. Les estimations évoquent entre 150 et 270 millions de litres de carburant consommés en quatorze jours. Cela représente plusieurs centaines de milliers de tonnes de CO2.

Bombardement d’infrastructures pétrolières en Iran (Source: réseaux sociaux)

Ces millions de tonnes s’ajoutent à un budget carbone déjà sous tension. Les climatologues estiment qu’il reste environ 130 milliards de tonnes de CO2 pour conserver une chance sur deux de limiter le réchauffement à 1,5°C. Or l’humanité en émet près de 40 milliards par an. Dans ce contexte, un conflit régional peut accélérer la trajectoire globale plus vite qu’on ne l’imagine.

La principale source d’émissions ne vient pas des avions ou des missiles ; elle provient des bâtiments détruits. Près de 20 000 structures, logements, commerces, écoles ou centres médicaux, ont été endommagées ou rasées. Leur reconstruction future représenterait à elle seule environ 2,4 millions de tonnes de CO2 équivalent. Le béton, l’acier, les engins de chantier et le transport des gravats pèseront longtemps après la fin des combats.

Les frappes sur les installations pétrolières constituent le deuxième poste majeur d’émissions de gaz à effet de serre. Entre 2,5 et 5,9 millions de barils ont brûlé lors des attaques contre des dépôts et raffineries, libérant près de 1,9 million de tonnes de CO2 équivalent. Les images de panaches sombres au-dessus de Téhéran traduisent une combustion massive d’hydrocarbures en quelques heures.

À cela s’ajoute le matériel militaire détruit. Des avions, des navires et des lanceurs de missiles devront être remplacés. On estime que la fabrication de ces équipements représente environ 172 000 tonnes supplémentaires. Les munitions tirées, plus de 9 000 projectiles d’un côté et plusieurs milliers de missiles et drones de l’autre, représentent environ 55 000 tonnes.

Le bilan carbone de la guerre en Iran ne s’arrête pas aux chiffres immédiats. Les conséquences indirectes pourraient s’avérer plus durables. Les tensions sur le détroit d’Ormuz et la destruction d’infrastructures énergétiques fragilisent les chaînes d’approvisionnement mondiales. Face à l’incertitude, les États ont tendance à sécuriser leurs ressources en développant de nouvelles capacités d’extraction et de transport d’hydrocarbures.

L’histoire récente montre qu’un choc énergétique déclenche souvent une vague d’investissements dans les infrastructures fossiles, avec de nouveaux terminaux, de nouveaux forages, de nouveaux contrats.

Le coût climatique d’un conflit comme celui qui secoue actuellement le Moyen-Orient ne se limite pas aux incendies spectaculaires. Il s’inscrit dans la durée, dans les décisions prises pour se prémunir d’une prochaine crise.
Source : presse nationale et internationale.

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Regarding the greenhouse gases emitted so far by the conflict in the Middle East, initial figures show that recent military operations have released millions of tons of these gases in record time. According to an analysis by the Climate and Community Institute reported by The Guardian, operations conducted between February 28 and March 14, 2026, generated approximately 5 million tons of greenhouse gases. Extrapolated over a year, such a rate would correspond to the combined emissions of the 84 lowest-emitting countries in the world. More than 6,000 targets were struck during this period. Each raid involves aircraft refueled in flight, support ships, and logistical convoys. Estimates suggest that between 150 and 270 million liters of fuel were consumed in fourteen days. This represents several hundred thousand tons of CO2.
These millions of tons add to an already strained carbon budget. Climate scientists estimate that about 130 billion tons of CO2 are needed to maintain a 50/50 chance of limiting warming to 1.5°C. Yet humanity emits nearly 40 billion tons of CO2 annually. In this context, a regional conflict can accelerate the global trajectory faster than we imagine.
The main source of emissions does not come from aircraft or missiles; it comes from destroyed buildings. Nearly 20,000 structures—homes, businesses, schools, and medical centers—have been damaged or razed. Their future reconstruction alone would represent approximately 2.4 million tons of CO2 equivalent. The concrete, steel, construction equipment, and debris removal will have a significant impact long after the fighting has ended.

Strikes on oil installations constitute the second largest source of greenhouse gas emissions. Between 2.5 and 5.9 million barrels of oil burned during the attacks on storage facilities and refineries, releasing nearly 1.9 million tons of CO2 equivalent. Images of dark plumes over Tehran illustrate the massive combustion of hydrocarbons in just a few hours.

Added to this is the destroyed military equipment. Aircraft, ships, and missile launchers will need to be replaced. It is estimated that manufacturing this equipment will require an additional 172,000 tons. The munitions fired—more than 9,000 projectiles on one side and several thousand missiles and drones on the other—represent approximately 55,000 tons.

The carbon footprint of the war in Iran does not end with the immediate figures. The indirect consequences could prove more lasting. Tensions in the Strait of Hormuz and the destruction of energy infrastructure are disrupting global supply chains. Faced with uncertainty, states tend to secure their resources by developing new hydrocarbon extraction and transportation capacities.

Recent history shows that an energy shock often triggers a wave of investment in fossil fuel infrastructure, with new terminals, new drilling, and new contracts.
The climate cost of a conflict like the one currently shaking the Middle East is not limited to spectacular fires. It is a long-term one, reflected in the decisions made to protect against a future crisis.

Source: national and international press.

Guerre en Iran (1ère partie) : un désastre environnemental // War in Iran (part 1) : an environmental disaster

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Concentrations de CO2 : 431,15 ppm

Un article publié par l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) attire l’attention sur les conséquences environnementales de la guerre en Iran. Les frappes visant des installations pétrolières, les incendies industriels et les atteintes aux infrastructures énergétiques ont provoqué d’importantes pollutions atmosphériques et hydriques. Les frappes qui ont touché plusieurs dépôts pétroliers situés à proximité de Téhéran ont généré d’importants panaches de fumée noire au-dessus d’une agglomération de près de dix millions d’habitants.

Les impacts atmosphériques de ce type d’événement peuvent aujourd’hui être observés et documentés par satellite. On peut notamment mesurer plusieurs polluants atmosphériques, tels que le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre ou le monoxyde de carbone, et cartographier les panaches générés par les incendies des usines ou des infrastructures énergétiques. Ces panaches contiennent notamment du benzène, du formaldéhyde, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et autres particules fines. Ces dernières peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et aggraver des pathologies préexistantes.

Au-delà des incendies ou autres destructions spectaculaires, les explosions de munitions et les débris militaires peuvent également contaminer durablement les sols. Des analyses menées dans plusieurs zones de conflit ont mis en évidence la présence de métaux lourds tels que le plomb, le cadmium, le nickel ou le chrome dans les zones bombardées. Ces contaminants peuvent être persistants dans les sols et pénétrer progressivement les chaînes alimentaires. Les conflits récents illustrent l’ampleur de ces phénomènes. En Ukraine, les bombardements d’infrastructures industrielles et de zones urbaines ont entraîné la dispersion de nombreux polluants dans l’environnement. Dans la bande de Gaza, les destructions massives d’immeubles et d’infrastructures ont généré des millions de tonnes de décombres, qui vont fortement compliquer les opérations de dépollution et de reconstruction.

Les risques environnementaux liés à la guerre en Iran concernent également les ressources hydriques. Les explosions et les incendies ont provoqué des écoulements d’hydrocarbures dans les systèmes de drainage urbains et dans certains cours d’eau, pouvant contaminer les sols et les nappes phréatiques. Cette dégradation intervient dans un pays déjà confronté à une crise de l’eau particulièrement sévère. L’Iran connaît depuis plusieurs années une combinaison de sécheresses plus fréquentes, de surexploitation agricole et de politiques hydrauliques défectueuses. Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, la surexploitation des nappes phréatiques constitue une autre vulnérabilité majeure. Dans ce contexte de stress hydrique extrême, les infrastructures liées à l’eau deviennent des éléments particulièrement sensibles. Des accusations d’attaques contre une usine de dessalement sur l’île de Qeshm ont émergé au cours du conflit.

Illustration de la crise hydrique en Iran : plus c’est rouge, plus la sécheresse est sévère

Le conflit iranien révèle une transformation progressive de la nature des affrontements contemporains. Les infrastructures environnementales deviennent des cibles stratégiques. Les incidents impliquant plusieurs pétroliers dans le Golfe et la mer d’Oman illustrent cette vulnérabilité. Chaque attaque fait planer le risque de marées noires dans une région qui concentre des routes énergétiques majeures et des écosystèmes marins sensibles. Dans des sociétés fortement dépendantes d’infrastructures complexes pour l’accès à l’eau, à l’énergie ou à l’alimentation, ces installations deviennent des leviers stratégiques majeurs. En menaçant l’accès à des ressources essentielles comme l’eau ou l’énergie, les belligérants peuvent chercher à fragiliser durablement les équilibres économiques, sanitaires et sociaux de leur adversaire.

De nos jours, les destructions environnementales liées aux conflits constituent un facteur supplémentaire d’instabilité globale. Elles rappellent que la sécurité humaine ne dépend pas uniquement de l’équilibre des puissances ou des capacités militaires, mais aussi de la préservation des systèmes écologiques dont dépendent les sociétés.

Source : IRIS.

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An article published by the Institute for International and Strategic Relations (IRIS) draws attention to the environmental consequences of the war in Iran. Strikes targeting oil facilities, industrial fires, and damage to energy infrastructure have caused significant air and water pollution. Strikes that hit several oil depots near Tehran generated large plumes of black smoke over a city of nearly ten million inhabitants.
The atmospheric impacts of this type of event can now be observed and documented by satellite. In particular, it is possible to measure several air pollutants, such as nitrogen dioxide, sulfur dioxide, and carbon monoxide, and to map the plumes generated by fires at factories or energy infrastructure. These plumes contain, among other things, benzene, formaldehyde, polycyclic aromatic hydrocarbons, and other fine particles. These particles can penetrate deep into the respiratory system and exacerbate pre-existing conditions.

Beyond fires and other spectacular destruction, munitions explosions and military debris can also cause lasting soil contamination. Analyses conducted in several conflict zones have revealed the presence of heavy metals such as lead, cadmium, nickel, and chromium in bombed areas. These contaminants can persist in the soil and gradually enter food chains. Recent conflicts illustrate the scale of these phenomena. In Ukraine, the bombing of industrial infrastructure and urban areas has led to the dispersal of numerous pollutants into the environment. In the Gaza Strip, the massive destruction of buildings and infrastructure has generated millions of tons of rubble, which will severely complicate cleanup and reconstruction efforts.

The environmental risks associated with the war in Iran also extend to water resources. The explosions and fires have caused hydrocarbon spills into urban drainage systems and some waterways, potentially contaminating soils and groundwater. This degradation is occurring in a country already facing a particularly severe water crisis. For several years, Iran has been experiencing a combination of more frequent droughts, agricultural overexploitation, and flawed water policies. As I indicated in a previous post, the overexploitation of groundwater constitutes another major vulnerability. In this context of extreme water stress, water-related infrastructure becomes particularly sensitive. Accusations of attacks against a desalination plant on Qeshm Island emerged during the conflict.

The Iranian conflict reveals a gradual transformation in the nature of contemporary conflicts. Environmental infrastructure is becoming a strategic target. Incidents involving several oil tankers in the Gulf and the Arabian Sea illustrate this vulnerability. Each attack raises the risk of oil spills in a region that concentrates major energy routes and sensitive marine ecosystems. In societies heavily dependent on complex infrastructure for access to water, energy, or food, these facilities become major strategic levers. By threatening access to essential resources such as water or energy, belligerents can seek to permanently destabilize the economic, health, and social stability of their adversary.

Today, environmental destruction linked to conflicts constitutes an additional factor of global instability. It serves as a reminder that human security depends not only on the balance of power or military capabilities, but also on the preservation of the ecological systems upon which societies depend.

Source: IRIS.

Nouveau déplacement de capitale // New capital relocation

Relocaliser la capitale d’un pays semble devenir une pratique courante. Après l’Indonésie, c’est au tour de l’Iran de suivre cette tendance. Le sol sous la ville de Téhéran, la capitale iranienne, s’affaisse et l’eau potable se raréfie, menaçant la santé et la sécurité des 15 millions d’habitants de l’agglomération.
L’affaissement du sol à Téhéran s’inscrit dans une crise environnementale plus vaste qui touche la région, et c’est pour cela que le président iranien a proposé de déplacer la capitale.
Téhéran est située dans le nord de l’Iran, au pied des monts Elbourz – ou Alborz – qui la séparent de la mer Caspienne. La ville est confrontée simultanément à une pénurie d’eau et à un affaissement du sol. Une étude de 2024 a révélé que Téhéran s’affaisse de plus de 20 centimètres par an. Le prélèvement excessif d’eau souterraine épuise les nappes phréatiques et provoque cet affaissement. Le poids des villes, ainsi que d’autres facteurs comme la composition du sol, accélèrent le phénomène.

L’affaissement du sol est un problème majeur pour les grandes villes du monde entier. Ce phénomène peut endommager les infrastructures et même compromettre la sécurité des bâtiments. Le sud-est du pays, qui offrirait également un accès à l’océan Indien, est souvent évoqué comme zone de relocalisation.

Comme indiqué précédemment, il n’est pas rare qu’un pays déplace sa capitale. Jakarta, la capitale indonésienne, a été transférée à Nusantara sur l’île de Bornéo.

Le Myanmar a transféré sa capitale de Yangon à Naypyidaw en 2005. Le siège du gouvernement nigérian a été transféré de Lagos à Abuja en 1991. Les destructions de grande ampleur causées par l’ouragan Hattie en 1961 ont contraint les autorités du Belize à déplacer sa capitale de Belize City à Belmopan en 1970.
Source : The Weather Network.

Avec l’accélération du réchauffement climatique et la montée des eaux océaniques, il faut s’attendre à de nouveaux déplacements de zones habitées dans les prochaines décennies, voire les prochaines années.

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Conséquence du réchauffement climatique, la sécheresse et la crise de l’eau qui en découle sont si graves en Iran que le gouvernement envisage d’acheter de l’eau aux pays voisins. L’importation de produits grands consommateurs d’eau est également à l’étude. La plupart des voisins de l’Iran souffrent eux aussi de sécheresse et de pénurie d’eau, notamment l’Irak, l’Afghanistan et les régions frontalières du Pakistan. L’Arménie, au nord, dispose en revanche de réserves d’eau comparativement plus importantes.
L’Iran est l’un des pays les plus arides au monde. Ces dernières années, on a observé une baisse significative des précipitations, tandis que les sécheresses et autres phénomènes météorologiques extrêmes sont en augmentation. Les scientifiques alertent depuis des années sur la mauvaise gestion de l’agriculture iranienne. Par exemple, au lieu de s’adapter à la rareté de l’eau, les cultures particulièrement gourmandes en eau sont subventionnées. Depuis des années, le pays prélève également plus d’eau que la nature ne peut en fournir.

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Moving a country’s capital to another place seems to be becoming a fashion. After Indonesia, it is up to Iran to enter the movement. The ground beneath Tehran, Iran’s capital, is subsiding and drinking water is increasingly scarce, risking the health and safety of 15 million people who live in the city’s metropolitan area.

Ground subsidence beneath Tehran is part of a larger environmental crisis facing the region, and the country’s president has proposed moving the capital to a different part of the country.

Tehran is located in northern Iran along the Alborz Mountains, which separate the capital from the Caspian Sea to its north. The city is facing both water scarcity and ground subsidence crises at once. A 2024 study found that Tehran is subsiding at a rate of more than 20 centimetres per year. Excessive groundwater extraction empties subterranean aquifers and causes the surface to subside. The sheer weight of cities themselves, along with other factors like soil composition, can accelerate the phenomenon.

Ground subsidence is a significant problem for major cities around the world. Subsidence beneath a city can damage infrastructure and possibly even compromise the safety of buildings themselves. A frequently mentioned area for relocation is the southeastern corner of the country, which would also provide access to the Indian Ocean.

As I put it above, it is not unprecedented for a country to switch its capital from one city to another.

Beside Jakarta, Indonesia’s capital, Myanmar moved its capital from Yangon to Naypyidaw in 2005. The seat of the Nigerian government switched from Lagos to Abuja in 1991. Widespread destruction from Hurricane Hattie in 1961 forced officials to move Belize’s capital from Belize City to Belmopan in 1970.

Source : The Weather Network.

With the acceleration of global warming and rising ocean waters, further displacement of populayed areas is to be expected in the coming decades, or even years.

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A consequence of global warming, drought and the ensuing water crisis are so severe in Inran that the government is planning to buy water from neighbouring countries. The import of products that consume a lot of water is also on the agenda. Most of Iran’s neighbours are also suffering from drought and water shortages, including Iraq, Afghanistan and the Pakistani border regions. Armenia in the north, on the other hand, has comparatively larger water reserves.

Iran is one of the driest countries in the world. In recent years, experts have observed a significant decline in rainfall, while droughts and other extreme weather events are on the rise. They have been warning for years that agriculture in Iran is suffering from mismanagement. For instance, instead of adapting to the water-scarce conditions, particularly thirsty crops have been subsidized. For years, the country has also extracted more water over a long period of time than nature could replenish.

Un volcan s’agite en Iran // Unrest at a volcano in Iran

Un volcan du sud de l’Iran, le Taftan – dont le nom signifie « l’endroit de la chaleur ») – que l’on croyait éteint depuis environ 710 000 ans, a montré de nouveaux signes d’activité.

Crédit photo: Wikipedia

Des recherches effectuées par le Conseil national espagnol de la recherche (IPNA-CSIC), publiées le 7 octobre 2025 dans la revue Geophysical Research Letters, expliquent qu’une zone proche du sommet du volcan Taftan s’est soulevée de 9 centimètres en 10 mois, entre juillet 2023 et mai 2024. Cette élévation ne s’est pas inversée, ce qui laisse supposer une accumulation de pression des gaz sous la surface du volcan.

Déformation a) du flanc est du Taftan, b) de son sommet, c) de son flanc ouest (Source: Geophysical Research Letters

L’étude révèle la nécessité d’une surveillance plus étroite du Taftan, qui n’était jusqu’alors pas considéré comme présentant un risque pour les populations. Les volcans sont considérés comme éteints s’ils n’ont pas connu d’éruption pendant l’Holocène, qui a débuté il y a 11 700 ans. Compte tenu de son activité récente, le Taftan pourrait être qualifié de volcan« en sommeil ». Il devra montrer une réelle activité à l’avenir, soit violente, soit plus discrète, pour être considéré comme ‘actif’.. Les auteurs de l’étude affirment qu’il n’y a aucune raison de craindre une éruption imminente, mais que le volcan devra être surveillé plus attentivement.
La Smithsonian Institution nous explique que le Taftan est un stratovolcan de 3 940 mètres d’altitude situé dans le sud-est de l’Iran, au cœur d’un ensemble de montagnes et de volcans formé par la subduction de la plaque océanique arabique sous le continent eurasien. Aujourd’hui, le volcan abrite un système hydrothermal actif avec des bouches émettant du H₂S, mais aucune éruption n’a été signalée dans l’histoire de l’humanité.
C’est en 2023 que des personnes ont commencé à signaler des émissions gazeuses du volcan sur les réseaux sociaux. Ces émissions nauséabondes étaient perceptibles depuis la ville de Khash, à environ 50 kilomètres de là. Les images satellite de la mission Sentinel-1 de l’Agence spatiale européenne permettent de visualiser la surface de la Terre 24 heures sur 24. Ces images sont précieuses pour obtenir des informations sur le Taftan qui est isolé et ne dispose pas de système de surveillance GPS comme on en trouve sur des volcans comme le mont Saint Helens. La zone est également dangereuse en raison de l’activité des groupes insurgés et des conflits frontaliers entre l’Iran et le Pakistan.
Source : Live Science.

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A volcano in southern Iran thought to have been extinct for some 710,000 years has shown renewed signs of activity.

New research by the Spanish National Research Council (IPNA-CSIC), published on October 7th, 2025 in the journal Geophysical Research Letters explains that an area of ground near the Taftan volcano’s summit rose 9 centimeters over 10 months between July 2023 and May 2024. The uplift has not yet receded, suggesting a buildup of gas pressure below the volcano’s surface.

The study reveals the need for closer monitoring of the volcano, which hasn’t been considered a risk to people before. Volcanoes are considered extinct if they haven’t erupted in the Holocone era, which started 11,700 years ago. Given its recent activity, Taftan might be more accurately described as ‘dormant’. It will have to show some real activity in the future, either violently or more quietly, to prove it is getting active again. The authors of the study say that there is no reason to fear an imminent eruption, but the volcano should be more closely monitored.

The Smithsonian Institution informs us that theTaftan volcano is a 3,940 meters stratovolcano in southeastern Iran, situated among a group of mountains and volcanoes that was formed by the subduction of the Arabian ocean crust under the Eurasian continent. Today, the volcano hosts an active hydrothermal system and smelly H2S-emitting vents, but it is not known to have erupted in human history.

It was in 2023 that people started reporting gaseous emissions from the volcano on social media. The emissions could be smelled from the city of Khash about 50 kilometers away. The satellite imagery from the European Space Agency’s Sentinel-1 mission allows to have round-the-clock imagery of Earth’s surface. This is precious to get information about Taftan which is remote and does not have a GPS monitoring system such as those found on volcanoes like Mount St. Helens; The area is also dangerous due to the activity of insurgent groups and border conflicts between Iran and Pakistan.

Source : Live Science.