Le cratère de l’Halema’uma’u, zone interdite à Hawaii // Halema’uma’u Crater, a forbidden zone on Hawaii Big Island

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises sur ce blog, la terrasse du Jaggar Museum est le seul endroit autorisé à Hawaii pour admirer le lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u. Ce point d’observation se trouve à environ 1,5 km du cratère. Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, une portion de 8 km de la Crater Rim Drive ainsi que les sentiers à l’intérieur et autour de la caldeira Kilauea sont fermés aux visiteurs depuis le début de l’éruption de l’Halema’uma’u en 2008. La loi stipule que toutes les personnes en infraction seront poursuivies et recevront de lourdes amendes.
Un article de la presse hawaïenne nous apprend qu’un guide travaillant pour une agence de voyages basée en France et un groupe de 13 personnes ont été surpris au petit matin du 5 mars à l’intérieur la zone interdite de l’Halema’uma’u. Les rangers du Parc National ont repéré le groupe et rédigé à l’attention des 14 touristes des procès-verbaux stipulant qu’ils n’ont pas respecté l’interdiction d’accès au site. Le guide encourt des poursuites supplémentaires pour exploitation d’une entreprise non autorisée dans le Parc et pour être à l’origine d’une situation dangereuse. Les 14 contrevenants ont été accompagnés hors du Parc. Le guide de 44 ans, qui travaille pour l’agence française Aventure et Volcans devra comparaître devant le tribunal. Il encourt une amende maximale de 5 000 dollars et une peine de six mois de prison. Son nom n’est pas communiqué tant que l’enquête n’est pas terminée. Les PV pour non respect de l’interdiction d’accès au site sont de 100 dollars par personne, plus des frais de dossier de 30 dollars.

Selon le chef des rangers, «il s’agit d’une infraction grave. Les zones entourant le cratère de l’Halema’uma’u sont fermées en raison des conditions extrêmement dangereuses, avec des concentrations élevées de gaz toxiques et de particules, des explosions, et des effondrements fréquents des parois du cratère.»
Les autorités de Parc rappellent au public que des explosions de l’Halema’uma’u peuvent survenir à tout moment et sans prévenir. En août dernier, une explosion a projeté des bombes et des matériaux incandescents à une centaine de mètres au-delà de la lèvre du cratère, et a recouvert une zone d’environ 200 mètres de large. L’explosion a détruit le système d’alimentation des instruments utilisés par l’USGS pour la recherche scientifique et la surveillance de l’activité volcanique. En octobre dernier, deux explosions ont projeté des fragments incandescents jusqu’à 400 mètres du cratère. En novembre, les projections d’une autre explosion du lac de lave ont endommagé le câble d’une webcam située sur le rebord du cratère.
Mis à part le cratère Halema’uma’u, les autorités du Parc veillent à la sécurité des visiteurs sur le site d’entrée de la lave dans l’océan à Kamokuna. L’article précise que les rangers continueront de surveiller et de prendre les mesures appropriées pour réduire le nombre de comportements à risque sur les deux sites éruptifs. Il faut également rappeler que l’approche du cratère du Pu’uO’o est interdite elle aussi. Depuis juillet 2016, les rangers ont rédigé 35 procès-verbaux pour non respect de l’interdiction d’accès à l’Halema’uma’u et une centaine d’autres sur le site de Kamokuna. Comme je l’ai indiqué précédemment, les bateaux qui conduisent les touristes devant l’arrivée de lave ont également été rappelés à l’ordre et certains qui n’avaient pas les autorisations nécessaires ont été condamnés. Les embarcations doivent respecter une distance de sécurité de 300 mètres par rapport à la lave.
Source: Big Island Now.

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As I put it several times on this blog, the terrace of the Jaggar Museum is the only authorised place to observe the lava lake within Halema’uma’u Crater. The terrace is located about 1.5 km from the crater. As can be seen on the map below, en 8-km section of Crater Rim Drive as well as trails inside and around the Kilauea caldeira have been closed since the start of the Halema’uma’u eruption in 2008. The law says that all trespassers will be cited and will receive heavy fines.

An article in the Hawaiian press indicates that “a tour guide based in France and a tour group of 13 people were caught in the early morning of March 5th “sneaking into the closed area at Halema‘uma‘u. National Park Service law enforcement officers spotted the group and issued citations for violating the terms of the closure to all 14 people. The tour guide was issued additional citations for operating a non-permitted business in the park and creating a hazardous condition. All 14 were escorted out of the park. The 44-year-old tour guide affiliated with French tour company Adventure et Volcans must make a mandatory court appearance. He faces a maximum penalty of $5,000 and six months in jail. His name is being withheld as the investigation continues. The violation of closure citations are $100 each, with a $30 processing fee”.

According to the chief ranger, “this is a serious violation. Areas surrounding Halema‘uma‘u Crater are closed because of extremely hazardous volcanic conditions that include high concentrations of toxic gasses and particulates, ongoing volcanic explosions and frequent collapses of the crater walls.”

Park authorities remind the public that explosions from Halema‘uma‘u can occur anytime and without warning. Last August, a summit explosion hurled a layer of volcanic rock, lava bombs and molten spatter nearly 100 metres beyond the crater rim, and covered an area about 200 metres wide along the rim. It destroyed a USGS instrument power system that was used for scientific research and monitoring volcanic activity. Last October, two explosions blasted lava spatter, rock and glassy particulates 400 metres from the crater to the closed portion of Crater Rim Drive. In November, spatter from another lava lake explosion damaged the cable on a USGS webcam located on the rim of the crater.

Apart from Halema’uma’u Crater, visitors need to be aware that much of the attention concerning people’s safety lately has been on the hazards of the 61g ocean entry at Kamokuna. Rangers will continue to monitor and take appropriate action to reduce the occurrence of risky behaviour in both areas. Besides, the approach of the Pu’uO’o vent is forbidden as well. Since July 2016, they have issued 35 citations for closure violations at Halema‘uma‘u, and nearly 100 citations at Kamokuna. As I put it before, several boat operators leading tourists in front of the lava entry have been cited because they did not have the required documents. The boats should not get closer than 300 metres to the lava.

Source: Big Island Now.

Carte montrant les zones d’accès interdites dans la zone sommitale du Kilauea.

(Source : USGS / HVO).

La terrasse du Jaggar Museum est un bon point d’observation du cratère de l’Halema’uma’u (Photo: C. Grandpey)

Nouvel épisode sismique sur le Bárðarbunga (Islande) // New seismic episode on Bárðarbunga Volcano (Iceland)

Un bref épisode sismique a été enregistré vers 4 heures du matin (TU) dans la partie méridionale de la caldeira du Bárðarbunga. Les événements les plus significatifs avaient des magnitudes de M 3,3 (profondeur de 0,1 km), M 3,9 (profondeur de 10,9 km) et M 4,1 (profondeur de 5,4 km). Ils ont été suivis par d’autres secousses allant de M 1,4 à 1,6, à des profondeurs comprises entre 3,4 et 11 km. Ce n’est pas la première fois qu’un essaim sismique est enregistré dans le secteur du Bárðarbunga. Les précédents semblaient être trop peu profonds pour être liés à une quelconque activité volcanique. Comme les derniers événements sont beaucoup plus profonds, la situation doit être surveillée attentivement. Le tremor ne semble pas avoir été affecté par cette sismicité.

Source: Met Office islandais.

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A short bout of earthquakes occurred at 4:00 a.m. or so (UTC) in the southern part of the Bárðarbunga caldera last night in Iceland. The largest earthquakes were measured at magnitude of M 3.3 (depth of 0.1 km), M 3.9 (depth 10.9 km) and M 4.1 (depth 5.4 km). They were followed by other events ranging between M 1.4 and 1.6, at depths between 3.4 and 11 km. This is not the first time a seismic swarm has been recorded in the Bárðarbunga area. The previous ones seemed to be too shallow to be related with any volcanic activity. As the latest events are much deeper, the situation should be closely monitored. The tremor does not seem to have been affected by this seismicity.

Source: Icelandic Met Office.

Bogoslof (Alaska): Nouvelle éruption // New eruption

L’Observatoire des Volcans d’Alaska (AVO) vient de m’envoyer un message indiquant qu’au vu des données sismiques et infrasoniques ainsi que des éclairs, une importante éruption explosive semble avoir débuté sur le Bogoslof à 10 h 36 (heure locale) le 7 mars 2017. Les dernières images satellites confirment l’activité éruptive et montrent que le panache de cendre émis par le volcan monte jusqu’à 10 500 mètres d’altitude avant de dériver vers l’est, de sorte que des retombées sont possibles sur Unalaska. C’est pourquoi l’AVO a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au ROUGE.

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The Alaska Volcano Observatory (AVO) has just sent me a message indicating that a significant explosive eruption began at Bogoslof volcano at 10:36 (local time) on March 7th as indicated in seismic, lightning, and infrasound data. The latest satellite images confirm the eruptive activity and show that the ash cloud is rising up to 10,500 metres a.s.l. before drifting to the east so that ashfall may affect Unalaska.  Thus, AVO raised the Aviation Colour Code to RED.

Champs Phlégréens (Italie)

Le Journal Télévisé de France 2 a consacré ce midi une rubrique aux Champs Phlégréens, site volcanique actif près de Naples. La séquence commençait mal car la présentatrice a indiqué qu’il s’agissait d’un super volcan, ce qui est inexact. Un super volcan a un VEI – Indice d’Explosivité Volcanique – de 8 (sur une échelle de 8 niveaux). Seuls des volcans comme le Yellowstone et le Toba ont accompli cet exploit. On estime – sans en être sûr – qu’une éruption des Campi Flegrei atteindrait au mieux le niveau 7 de l’Indice.

Cela dit, il est vrai, comme l’a fait remarquer Lucia Palppalardo, que certains indices tendent à montrer une certaine élévation de l’activité de la Solfatara au cours des derniers mois. Rien de très alarmant cependant. Il est dit dans le reportage que la température du sol a été mesurée à 40°C, ce qui n’est pas excessif et ne veut pas dire grand-chose. Cela dépend de l’endroit où la mesure a été effectuée et une seule mesure en un seul lieu n’est pas significative. En 1992, je l’avais mesurée à 120°C au niveau de la Bocca Grande.

Le sol de la région a tendance à se soulever, mais ce n’est pas un scoop. La région de Pouzzoles (Pozzuoli) connaît des épisodes récurrents de bradyséisme, avec le sol qui se soulève et s’abaisse en fonction des humeurs de la chambre magmatique sous le volcan. Il suffit de regarder les incrustations de coquillages sur les colonnes du temple de Serapis pour s’en rendre compte.

Le reportage attire l’attention sur le manque d’information dont est victime la population. Ce n’est pas nouveau et c’est la même chose à propos du Vésuve. Des plans d’évacuation existent mais leur mise en place dans l’Italie du Sud n’est pas chose facile. Nous ne sommes pas au Japon et le mot « discipline » ne revêt pas la même valeur !

En conclusion, il ne faut pas nier le risque éruptif des Champs Phlégréens mais la situation actuelle ne justifie pas un mouvement de panique. En cliquant sur ce lien, vous trouverez les dernières informations techniques sur l’activité de ce site dont la visite ne manque pas d’intérêt.

http://www.ov.ingv.it/ov/bollettini-campi-flegrei/Bollettino_Flegrei_2017_02_28.pdf

Source: NASA