Mont Rainier (État de Washington / États Unis) : la peur des lahars // The fear of lahars

  J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur ce blog sur le risque de lahars sur le mont Rainier (4892 m), situé à proximité de Seattle et de sa zone industrielle, avec des sociétés comme Boeing et Microsoft.

 Photos : C. Grandpey

Le volcan n’a pas connu d’éruption majeure depuis 1 000 ans. Pourtant, il inquiète de nombreux volcanologues américains. Son potentiel de destruction ne réside pas seulement dans les coulées de lave qui, en cas d’éruption, ne s’étendraient probablement pas à plus de quelques kilomètres au-delà des limites du Parc national. De nombreux scientifiques redoutent la survenue d’un lahar, une coulée de boue rapide composée d’eau et de roches, provenant de la fonte rapide de la glace ou de la neige lors d’une éruption, et qui emporte des débris en dévalant les vallées et les ravines sur les flancs d’un volcan. Dans le monde, des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes vivent dans des zones sous la menace de lahars.
Personne n’a oublié celui de novembre 1985 lorsque le Nevado del Ruiz est entré en éruption en Colombie. Quelques heures seulement après le début de l’événement, un torrent de boue a déferlé sur la ville d’Armero, tuant plus de 23 000 personnes en quelques minutes.

Crédit photo : Wikipedia

Les scientifiques américains font remarquer que le mont Rainier possède environ huit fois plus de glaciers et de neige que le Nevado del Ruiz au moment de son éruption, de sorte qu’il existe un risque de lahar beaucoup plus important.

Cependant, après plusieurs visites au mont Rainier, j’ai constaté que les glaciers ont considérablement fondu en raison du réchauffement climatique. De ce fait, la masse de glace sur la montagne est moins impressionnante qu’il y a quelques décennies. Cela signifierait moins d’eau et de matériaux entraînés vers le bas de la montagne par les coulées de boue.

Le glacier Nisqually a beaucoup fondu ces dernières années, ici en 2002 et 2015 (Photos: C. Grandpey)

Les lahars se produisent généralement lors d’éruptions volcaniques, mais peuvent aussi être provoqués par des glissements de terrain et des séismes. Les géologues ont trouvé des preuves qu’au moins 11 lahars importants provenant du mont Rainier ont atteint la zone environnante – la plaine de Puget (Puget Lowlands), par exemple – au cours des 6 000 dernières années. Les scientifiques n’ont pas établi de lien entre les lahars, survenus il y a environ 500 ans, et une quelconque activité volcanique. Ils ont pu avoir été causés par d’importants glissements de terrain sur la montagne. C’est la menace d’un tel lahar, déclenché par un soudain glissement de terrain, qui inquiète particulièrement les volcanologues. Il faudrait à un tel lahar seulement 10 minutes pour atteindre des zones habitées, et 60 minutes pour atteindre les grandes agglomérations les plus proches, ce qui est très bref.

Photo : C. Grandpey

Une étude de 2022 a modélisé les deux pires scénarios. Dans la première simulation, un lahar de 260 millions de mètres cubes et de 4 mètres de hauteur prend sa source sur le flanc ouest du Mont Rainier. La coulée de débris atteint la région densément peuplée d’Orting environ une heure après son déclenchement, et elle se déplace à une vitesse d’environ 4 mètres par seconde.

Photo : C. Grandpey

Une deuxième zone à « risque élevé » mentionnée dans l’étude de 2022 est la vallée de la rivière Nisqually, où un puisant lahar pourrait déplacer suffisamment d’eau du lac Alder pour provoquer le débordement du barrage.
Suite à l’éruption du mont Saint Helens en 1980, l’USGS a mis en place un système de détection des coulées de boue sur le mont Rainier en 1998. Ce système a été modernisé et étendu depuis 2017. Une vingtaine de sites sur les flancs du volcan et les deux zones identifiées comme les plus exposées aux coulées de boue sont désormais équipés de sismomètres qui transmettent des données en temps réel, ainsi que d’autres capteurs, notamment des capteurs à infrasons, des webcams et des récepteurs GPS.

Photo : C. Grandpey

En mars 2024, quelque 45 000 élèves de Puyallup, Sumner-Bonney Lake, Orting, White River et Carbonado ont participé à un exercice d’évacuation en cas de lahar. C’était la première fois que plusieurs districts scolaires y participaient le même jour. Selon les autorités américaines, ce fut le plus grand exercice de prévention de lahar au monde.

Un exercice d’évacuation similaire a été organisé le 23 avril 2026. Environ 45 000 élèves de localités situées au sud de Seattle et à l’ouest du mont Rainier ont participé au plus grand exercice mondial d’évacuation en cas de lahar, organisé désormais tous les deux ans.

Photo : C. Grandpey

Source : Observatoire Volcanologique des Cascades.

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I have drawn attention several times on this blog to the lahar hazard on Mount Rainier which lies close to Seattle and its industrial environment. The volcano has not produced a significant volcanic eruption in the past 1,000 years. Yet, it has many US volcanologists worried. The mountain’s destructive potential does not really lie with lava flows, which, in the event of an eruption, would probably not extend more than a few kilometers beyond the boundary of Mount Rainier National Park. Many scientists fear the prospect of a lahar, a fast moving slurry of water and rock originating from ice or snow rapidly melted by an eruption that picks up debris as it rushes through valleys and drainage channels. One should not forget that there are tens, if not hundreds of thousands of people who live in areas that potentially could be impacted by a large lahar.

The deadliest lahar in recent memory was in November 1985 when Colombia’s Nevado del Ruiz volcano erupted. A river of mud swept over the town of Armero, killing over 23,000 people in a matter of minutes. U.S. Scientists warn that Mount Rainier has about eight times the amount of glaciers and snow as Nevado del Ruiz had when it erupted, so that there is the potential to have a much more catastrophic mudflow. However, in the wake of several visits to Mount Rainier, I noticed that glaciers have melted quite a lot because of global warming. As a result, the mass of ice on the mountain is less impressive than it was a few decades ago. This would mean less water and material being carried down the mountain by mudflows. .

Lahars typically occur during volcanic eruptions but also can be caused by landslides and earthquakes. Geologists have found evidence that at least 11 large lahars from Mount Rainier have reached into the surrounding area – the Puget Lowlands – in the past 6,000 years. Scientists have not connected the most recent of these lahars, which occurred about 500 years ago, with any kind of volcanic activity. They may have been caused by large landslides on the mountain. It is the threat of a similar, spontaneous landslide-triggered lahar that particularly worries volcanologists. It would take such an event 10 minutes to reach the nearest places where people are living, and 60 minutes to the nearest large communities. Those are really short time frames

A 2022 study modeled two worst-case scenarios. In the first simulation, a 260 million-cubic-meter, 4-meter deep lahar would originate on the west side of Mount Rainier. The debris flow could reach the densely populated lowlands of Orting about one hour after an eruption, where it would travel at the speed of about 4 meters per second.

A second area of “pronounced hazard” mentioned in the 2022 stury is the Nisqually River Valley, where a massive lahar could displace enough water from Alder Lake to cause the 100-meter-tall Alder Dam to spill over.

In the wake of the 1980 Mount St. Helens eruption, the USGS set up a lahar detection system at Mount Rainier in 1998, which since 2017 has been upgraded and expanded. About 20 sites on the volcano’s slopes and the two paths identified as most at risk of a lahar now feature seismometers that transmit real-time data and other sensors including infrasound sensors, web cameras and GPS receivers.

In March 2024, some 45,000 students from Puyallup, Sumner-Bonney Lake, Orting, White River and Carbonado participated in a lahar evacuation drill. It was the first time that multiple school districts practiced on the same day, making it the world’s largest lahar drill.

A similar evacuation drill was organized on 23April 2026. About 45,000 students in communities south of Seattle and west of Mount Rainier participated in the world’s largest lahar evacuation drill which is organised once every two years.

Source : Cascades Volcano Observatory.

Les volcans de boue d’Azerbaïdjan // Azerbaijan’s mud volcanoes

Dans des notes publiés en mai 2011, janvier 2016, juin 2017 et juillet 2021, j’ai décrit les éruptions de plusieurs volcans de boue en Azerbaïdjan.

Un article publié sur le site web de la NASA nous apprend que le pays héberge au moins 220 volcans de boue, selon les données du gouvernement azerbaïdjanais, bien que certains chercheurs estiment leur nombre total à près de 350. Il s’agit de l’une des plus fortes concentrations de volcans de boue au monde.

Les volcans de boue, ainsi que les émissions de gaz à travers le sol, se trouvent dans des bassins sédimentaires où les conditions géologiques ont permis l’accumulation d’hydrocarbures. Ces bassins contiennent généralement des fluides et des gaz, tels que du pétrole et du méthane, piégés sous des roches sédimentaires et sous haute pression. Au lieu de projeter de la lave en fusion, les volcans de boue laissent échapper généralement des coulées de boue, d’eau, de méthane et d’autres gaz. Le pétrole et le gaz se forment à partir des restes d’organismes marins, tels que le phytoplancton et les algues, qui se déposent sur le plancher océanique et sont ensuite transformés par la pression et la chaleur.

De nombreux volcans de boue d’Azerbaïdjan sont regroupés près des villes de Bakou et de Qobustan, sur la péninsule d’Absheron. Dans cette région, les plissements et les failles dans le relief ont créé des fissures qui permettent à la boue riche en méthane de remonter à la surface. Sur terre, les volcans de boue forment généralement des structures coniques dont la hauteur varie de 20 à 400 mètres et le diamètre de 100 à 4 500 mètres. On compte également au moins 140 volcans de boue sous-marins dans le sud de la mer Caspienne, le long des côtes azerbaïdjanaises, dont huit îles de l’archipel de Bakou.

L’image satellite ci-dessus montre l’une de ces îles, Xərə Zirə Adası (également connue en russe sous le nom d’Ostrov Bulla). Elle est en forme de têtard et a connu de violentes éruptions en 1961 et 1995. Elle présente encore deux bouches éruptives de boue faiblement actives. L’île voisine au nord-ouest, Duvannı (Ostrov Duvannyy), est visible sur la vue d’ensemble ci-dessous. Elle a connu une éruption en 2006 et présente toujours des bouches éruptives actives sur sa côte nord.

Deux autres îles se trouvent au sud. Sur l’une d’elles, le volcan de boue d’Ostrov (Səngi Muğan Adası), est connu pour ses éruptions particulièrement violentes, notamment en 2002 et 2008. L’une de ses éruptions les plus remarquables remonte à 1932 : sans prévenir, le volcan projeta une boule de feu à 150 mètres de hauteur. L’éruption a blessé 13 personnes et a manqué de détruire le phare de l’île.

Bien que les volcans de boue soient intéressants pour les géologues et souvent révélateurs de la présence de combustibles fossiles dans le sous-sol, ils peuvent être imprévisibles et présenter des risques.

Source : NASA.

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In posts released in May 2011, January 2016, June 2017 and July 2021, I described the eruptions of several mud volcanoes in Azerbaijan.

An article published on the NASA website informs us that the country is home to at least 220 mud volcanoes, according to data from the Azerbaijani government, though some researchers put the total number closer to 350. It is thought to be one of the highest concentrations of mud volcanoes on Earth.

Mud volcanoes, as well as gas seeps, are found within sedimentary basins where geologic conditions have allowed hydrocarbons to accumulate. Such basins typically have fluids and gases, such as oil and methane, trapped beneath sedimentary rocks and under high pressure. Instead of erupting molten lava, mud volcanoes typically eject cold slurries of mud, water, methane, and other gases. Oil and gas form from the remains of marine organisms, such as phytoplankton and algae, which settle on the ocean floor and are later transformed by pressure and heat.

Many of Azerbaijan’s mud volcanoes are clustered near the cities of Baku and Qobustan on the Absheron Peninsula, an area where structural folds and faults in the landscape have created cracks that allow methane-rich mud to move up toward the surface. On land, mud volcanoes typically form conical structures anywhere from 20 to 400 meters tall and 100 to 4,500 meters in diameter.

There are also at least 140 underwater mud volcanoes in the South Caspian Sea along Azerbaijan’s coast, including eight islands in the Baku archipelago.

The satellite image above shows one of them, the tadpole-shaped Xərə Zirə Adası (also known in Russian as Ostrov Bulla), which had violent eruptions in 1961 and 1995 and still has two weakly active mud volcano vents. The neighboring island to the northwest, Duvannı (Ostrov Duvannyy), is visible in the wide view above. It erupted in 2006 and still has active vents on its northern side.

There are two more islands to the south. One of these – Səngi Muğan Adası (Ostrov Svinoy) – is known for producing particularly violent eruptions, most recently in 2002 and 2008. One of its most notorious events occurred in 1932 when, without warning, it released a 150-meter-tall fireball in an eruption that caused 13 injuries and almost destroyed the island’s lighthouse.

Though mud volcanoes are interesting to geologists and often indicators of underground fossil fuels, they can be unpredictable and pose risks.

Source : NASA.

Le risque éruptif en Islande : nouveau rapport du Met Office // The eruptive risk in Iceland : Met Office’s new report

Un nouveau rapport du Met Office islandais définit le risque éruptif sur la péninsule de Reykjanes. Le rapport comporte deux volets: l’un porte sur les risques liés à la lave sur la péninsule de Reykjanes et l’autre sur le risque éruptif pour la région de la capitale.

Selon le rapport, le risque éruptif le plus significatif concerne les villes de Hveragerði et Grindavík qui sont les plus exposées aux éruptions volcaniques et aux coulées de lave.

Grindavik a subi les assauts de la lave et l’ouverture de fissures éruptives en 2023 (Crédit photo : presse islandaise)

Selon ce rapport, le risque lié à la lave sur la péninsule de Reykjanes est maximal dans les zones où existe la probabilité la plus élevée de fissures éruptives, de coulées de lave, ou des deux.

Grindavík et Hveragerði font partie de la catégorie de risque la plus élevée, ce qui signifie qu’elles figurent parmi les 10 % des zones les plus exposées à ce risque. Les systèmes volcaniques susceptibles d’alimenter Hveragerði en lave sont Hengill et Hrómundartindur.

Grindavík est exposée à la fois à un risque très élevé de coulées de lave et à une très forte probabilité d’ouverture de fissures éruptives.

La situation de Hveragerði est différente, car ce site est classé au niveau de risque maximal uniquement en raison des coulées de lave.

Certaines parties de Hafnarfjörður se situent à environ un kilomètre des zones à risque maximal et plusieurs infrastructures critiques se trouvent dans ces zones à haut risque. Le rapport du Met Office note également que quatre centrales géothermiques de la péninsule de Reykjanes, à Reykjanes, Svartsengi, Hellisheiði et Nesjavellir, sont toutes situées dans des zones classées au niveau de risque maximal.

En 2021, une éruption a débuté dans le système volcanique de Fagradalsfjall, mettant fin à une période de dormance d’environ 800 ans. Avec le début d’une nouvelle période éruptive sur la péninsule de Reykjanes, une nouvelle réalité attend ses habitants. Il existe désormais une forte probabilité d’éruptions accompagnées de coulées de lave susceptibles de perturber la vie quotidienne au cours des prochaines décennies. Le Met Office insiste sur l’importance de mener des évaluations des aléas et des risques liés à l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes, en prenant en compte les risques liés aux mouvements de magma, aux éruptions, aux failles et aux séismes.

Sur cette carte, le violet foncé indique le risque le plus élevé de coulée de lave. Les couleurs moins vives indiquent un danger moindre. Le gris représentant le risque le plus faible. (Source : Met Office)

Une partie distincte du rapport du Met Office traite des risques liés à la lave dans la région de la capitale. Il indique que les systèmes volcaniques de Krýsuvík et de Brennisteinsfjöll sont à l’origine de ces risques. La lave en provenance de ces deux systèmes s’est écoulée dans des zones aujourd’hui urbanisées, tant par le passé qu’au cours des 10 000 dernières années. Sur la majeure partie de la région de la capitale, la probabilité de fissures éruptives est considérée comme très faible, mais elle augmente vers le sud-est, à proximité de ces systèmes volcaniques.

Cette carte montre les coulées de lave dans la région de la capitale. Le violet foncé indique le risque le plus élevé, le beige et le gris le risque le plus faible. (Source : Met Office)

Au sud-est de Hafnarfjörður, certaines zones présentent une probabilité d’éruptions considérée comme modérée à élevée en raison de leur proximité avec le système de Krýsuvík. Il existe également une petite zone dans le secteur de Garðabær où la probabilité est modérée.

Source : Met Office, Iceland Monitor.

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According to a new long-term risk assessment by the Icelandic Meteorological Office, two towns, Hveragerði and Grindavík, are located in areas classified at the highest hazard level as they are the most exposed to volcanic eruptions and lava flows. Two reports have been prepared, one focusing on lava hazards on the Reykjanes Peninsula and the other on the capital area.

According to the report, lava hazard on the Reykjanes Peninsula is greatest in areas where the likelihood of eruptive fissures, lava flows, or both is highest. Grindavík and Hveragerði fall into the highest hazard category, meaning they are among the 10% of areas most exposed to lava hazard. The volcanic systems capable of supplying lava to Hveragerði are Hengill and Hrómundartindur.

Grindavík is exposed both to a very high risk of lava flow and a very high likelihood of eruptive fissures. Hveragerði’s situation is different, as it is classified at the highest hazard level solely due to lava flow.

Parts of Hafnarfjörður lie about one kilometer from areas at the highest hazard level. It is also clear that a number of critical infrastructure elements are located within these high-risk zones. The report also notes that four geothermal power plants on the Reykjanes Peninsula, at Reykjanes, Svartsengi, Hellisheiði, and Nesjavellir, are all situated within areas classified at the highest hazard level.

In 2021, an eruption began in the Fagradalsfjall volcanic system on the Reykjanes Peninsula, ending an approximately 800-year period of dormancy. Now that a new eruptive period has begun on the Reykjanes Peninsula, a new reality faces its residents. There is an increased likelihood that eruptions with lava flows could disrupt in the coming decades. The Met Office’s insists that it is therefore important to conduct long-term hazard and risk assessments for volcanic activity on the Reykjanes Peninsula, addressing risks from magma movement, eruptions, faulting, and earthquakes.

A separate report addresses lava hazard in the capital region. It states that the Krýsuvík and Brennisteinsfjöll volcanic systems are the sources of lava hazard for the capital area. Lava from both systems has flowed into areas that are now built-up regions, both in historical times and in the past 10,000 years. Across most of the capital region, the probability of eruptive fissures is considered very low, but it increases toward the southeast, closer to these volcanic systems.

In southeastern Hafnarfjörður, there are areas where the likelihood of eruptions is considered moderate to high due to its proximity to the Krýsuvík system. There is also a small area within Garðabær where the probability is moderate.

Source : Met Office, Iceland Monitor.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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S’il était une personne, le comportement du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) serait qualifié d’instable. Les derniers événements confirment ce caractère fantasque du volcan.

L’éruption qui avait débuté le 13 février 2026 et qui avait repris le 28 mars  s’est arrêtée le 3 avril 2026 à 00h10 (heure locale). Toutefois, le trémor était toujours présent et l’OVPF n’écartait aucune hypothèse, avec une reprise possible de l’activité.

Après une reprise le 8 avril, l’éruption s’est à nouveau arrêtée le 12 avril 2026, vers 23h10 (heure locale). Des rougeoiements restaient visibles sur le cône éruptif, et de la lave incandescente est restée encore présente pendant quelques heures à l’intérieur des tunnels. Aucune hypothèse n’était écartée quant à l’évolution de la situation à venir (arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité sur un autre site), notamment du fait de la persistance d’une sismicité.

De fait, un trémor volcanique de faible amplitude est apparu vers 15h00( heure locale) le 14 avril 2026, avec sa source toujours sur le flanc est-sud-est du volcan. Aucune émission de lave en surface n’était observée, mais la présence de ce trémor indiquait qu’il y avait du magma à faible profondeur, avec la possibilité d’une émission de lave à court terme.

Nouveau caprice du volcan le 15 avril. Vers 11h 20 (heure locale), le trémor a disparu des enregistrements sismologiques..Un faible dégazage était toujours observé au niveau des sites éruptifs associés à l’activité du 13 février au 12 avril. L’OVPF expliquait que tout était possible : fin réelle de l’éruption ? Reprise du trémor et de l’éruption, au cours des prochains jours ?

Rebelote le 19 avril 2026 avec la reprise d’un léger trémor volcanique qui indiquait néanmoins la présence de magma à faible profondeur. La source de ce signal était toujours localisée sur le flanc est-sud-est. L’OVPF indiquait que cela pourrait traduire une reprise prochaine de l’activité éruptive, très probablement au niveau du dernier cône éruptif siège de l’éruption débutée le 13 février 2026. Aucune émission de lave en surface n’était observée, mais un dégazage était toujours observé au niveau du site éruptif.

Après une diminution le 20 avril, le tremor a cessé d’être perçu par l’Observatoire le 21 avril. Néanmoins, une reprise de l’éruption au cours des prochains jours ne peut pas être exclue, d’autant plus qu’une inflation de l’édifice volcanique semble se dessiner.

Source : OVPF.

Un dégazage subsiste au niveau du site de la dernière activité éruptive (capture image webcam)

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 Dans mon bulletin hebdomadaire sur l’activité volcanique dans le monde diffusé le 17 avril 2026, j’écrivais que le HVO prévoyait le début des fontaines de lave de l’Épisode 45 du Kilauea (Hawaï) entre le 19 et le 26 avril 2026. La lave a commencé à s’écouler de la bouche éruptive nord le 20 avril au soir, marquant les premiers signes précurseurs de ce nouvel épisode. Cependant, il a fallu attendre le 23 avril 2026 vers 1 h 34 (heure locale) pour voir jaillir les fontaines de lave. Elles ont atteint une hauteur maximale d’environ 200 mètres vers 3 h du matin, avant de diminuer.

Aucune retombée significative de téphra n’a été signalée sur la Highway 11, ni dans les zones accessibles au public dans le Parc national des volcans d’Hawaï.

L’Épisode 45 a pris fin le 23 avril 2026 à 10 h 01 (heure locale), après 8 heures et demie de fontaines de lave continues au niveau de la bouche éruptive nord.. Suite à cette baisse d’activité et au risque moindre pour l’aviation, le niveau d’alerte volcanique a été ramené de Watch (Vigilance) à Advisory (Surveillance conseillée) et la couleur de l ‘alerte aérienne est passée de l’Orange au Jaune.

Dans le bilan de l’Épisode 45, le HVO indique que la bouche sud est restée particulièrement discrète. Le débit effusif a atteint un pic d’un peu plus de 300 mètres cubes par seconde. Le débit effusif moyen est estimé à 170 mètres cubes par seconde, avec environ 5,2 millions de mètres cubes de lave émis. La lave a recouvert près de 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.

L’inflation de la région sommitale du Kilauea depuis la fin de l’Épisode 45 indique qu’un autre épisode de fontaines de lave est probable ; cependant, il faut encore un peu de temps pour collecter des données afin de pouvoir sire quand aura lieu l’Épisode 46.
Source : HVO.

Captures images webcam de l’Épisode 45

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Une éruption phréatique a été enregistrée sur le Dempo (Indonésie) le 15 avril 2025. L’événement a duré près de 14 minutes. Un épais panache de vapeur et de gaz s’est élevé à environ 3,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et il est rappelé au public de se tenir à au moins 1 km du cratère et jusqu’à 2 km sur le flanc nord.
Source : PVMBG.

Crédit photo: Wikipedia

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Dans ma mise à jour hebdomadaire du 17 avril 2026, j’indiquais que le 1er avril, une activité sismique de faible intensité avait été enregistrée au large de la côte nord-ouest du Pico (Açores, Portugal), dans une zone située le long du chenal Faial-Pico et englobant le système volcanique sous-marin de Cachorro. La sismicité était légèrement supérieure à la normale. Le 9 avril, le niveau d’alerte volcanique avait été relevé à V1 (le deuxième niveau sur une échelle de 8) pour le chenal Faial-Pico.
Le CIVISA indique aujourd’hui que l’activité sismique observée précédemment a diminué et est revenue à son niveau de base. En conséquence, le 21 avril, le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à V0 (le niveau le plus bas sur une échelle de 8) pour le chenal Faial-Pico.
Source : CIVISA.

Le Pico vu du ciel (Crédit photo: Wikipedia)

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Un signal éruptif a été enregistré le 10 avril 2026 sur le Poás (Costa Rica) en provenance d’un champ fumerollien connu, situé à l’ouest du lac, le long du plancher et de la paroi du cratère. Une anomalie thermique était présente dans cette zone en 2022, mais avait été progressivement recouverte par plusieurs mètres de téphra lors des éruptions de 2024 et 2025.
Une section de cette paroi, d’une hauteur de 23 mètres, s’est effondrée le 10 avril, projetant des matériaux dans le lac. Ce glissement de terrain a généré un panache de gaz et de cendres, avecde légères retombées de cendres et une odeur de soufre à Grecia (à 17 km au sud-ouest) et dans la ville voisine de San Pedro. L’effondrement et l’éruption ont duré environ deux minutes et ont été suivis d’une période de stremor intense. Le 14 avril, des scientifiques ont effectué un survol par drone et ont constaté une montée du niveau du lac de 3 mètres. Le volume du glissement de terrain a été estimé à 70 000 mètres cubes. Le lac est resté très chaud à 71 °C et des cellules de convection actives étaient particulièrement actives au niveau de la Boca A. Le niveau d’alerte volcanique pour le Poàs demeure à 2 sur une échelle de quatre.

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Toujours au Costa Rica, des éruptions mineures ont été observées sur le Rincón de la Vieja la semaine dernière. De petites éruptions phréatiques ont été enregistrées les 14, 15 et 16 avril 2026. Une brève éruption le 17 avril a projeté un panache de cendres à 500 mètres au-dessus du cratère. Une autre éruption a été enregistrée le 19 avril par les instruments, mais n’a pas pu être observée visuellement en raison de l’obscurité. Le niveau d’alerte volcanique demeure à 2 (Jaune) sur une échelle de quatre niveaux.
Source : OVSICORI.

Crédit photo: GVN

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À noter ces jours-ci une activité effusive au niveau de la zone cratèrique Nord du Stromboli (Sicile) .La coulée de lave n’a pas dépassé la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. Un tel événement se produit assez régulièrement sur le volcan.

Source : INGV.

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Le niveau d’alerte pour tous les volcans mentionnés dans les bulletins hebdomadaires précédents reste inchangé.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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If it were a person, the behavior of Piton de la Fournaise (Réunion Island) would be described as unpredictable. Recent events confirm this capricious nature of the volcano.
The eruption, which began on February 13, 2026, and resumed on March 28, stopped on April 3, 2026, at 12:10 a.m. (local time). However, a tremor was still present, and the OVPF was not ruling out any possibility of renewed activity.
After resuming on April 8, the eruption stopped again on April 12, 2026, around 11:10 p.m. (local time). Glowing embers remained visible on the eruptive cone, and incandescent lava remained inside the tunnels for several hours. No hypothesis was ruled out regarding the future course of events (definitive cessation of activity, resumption of activity at the same site, or resumption of activity at another site), particularly given the continued seismicity.
Indeed, a low-amplitude volcanic tremor appeared around 3:00 PM (local time) on April 14, 2026, with its source still located on the east-southeast flank of the volcano. No surface lava flow was observed, but the presence of this tremor indicated the presence of magma at shallow depths, with the possibility of lava flow in the short term.

The volcano exhibited another unusual behavior on April 15. Around 11:20 AM (local time), the tremor disappeared from the seismological records. Slight degassing was still observed at the eruptive sites associated with the activity from February 13 to April 12. The OVPF explained that anything was possible: a real end to the eruption? A resumption of tremor and eruption in the coming days?

The same scenario played out again on April 19, 2026, with the resumption of slight volcanic tremor, which nevertheless indicates the presence of magma at shallow depths. The source of this signal is still located on the east-southeast flank. The OVPF indicates that this could signal an imminent resumption of eruptive activity, most likely at the last eruptive cone, the site of the eruption that began on February 13, 2026. Currently, no lava emissions are observed at the surface, but degassing is still being observed at the eruptive site.

After a decrease on April 20, the tremor ceased to be detected by the Observatory on April 21. Nevertheless, a resumption of the eruption in the coming days cannot be ruled out, especially as inflation of the volcanic edifice is being observed.
Source: OVPF.

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 In my weekly update of volcanic activity around the world of April 17, 2026, I indicated that the HVO predicted the start of lava fountaining for Episode 45 of Kilauea (Hawaii)  between April 19 and 26, 2026. Lava flowed from the north vent in Halemaʻumaʻu on April 20 in the evening, marking the start of precursory activity for this new episode. However, the lava fountains started only at approximately 1:34 am (local time) on April 23, 2026. Peak fountain heights of at least 200 meters were reached at around 3:00 a.m. and later decreased. No significant tephra has been reported on Highway 11 or in the public areas of Hawaiʻi Volcanoes National Park.

Episode 45 ended at 10:01 a.m. (local time) on April 23, 2026, after 8.5 hours of continuous lava fountaining from the north vent. Due to reduced volcano and aviation hazards, the Volcano Alert Level has been lowered from WATCH to ADVISORY and the Aviation Color Code from ORANGE to YELLOW.

In the summary of Episode 45, the HVO indicates that the south vent never fountained. The highest peak of instantaneous effusion rate reached just over 300 cubic meters per second. Episode 45 saw an average effusion rate of 170 cubic meters per second, with an estimated 5.2 million cubic meters of lava erupted and covering about 50% of the Halemaʻumaʻu crater floor.

Summit region inflation since the end of episode 45 indicates that another fountaining episode is possible; however, more time is needed to collect data to generate the model to forecast Episode 46.

Source : HVO.

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A phreatic eruption was recorded at Dempo (Indonesia) was recorded on 15 April 2025. The event lasted nearly 14 minutes. A dense white plume rose around 3.5 km above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay 1 km away from the crater and as far as 2 km on the N flank

Source : PVMBG.

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In my weekly update of 17 April, I indicated that on 1 April 2026, low-magnitude seismic activity had been recorded off the NW coast of Pico (Azores / Portugal) in a zone along the Faial-Pico channel, and encompassing the Cachorro Submarine Volcanic System. The seismicity was slightly above normal levels. On 9 April the Volcanic Alert Level had been raised to V1 (the second lowest level on an 8-level scale) for the Faial-Pico channel.

The CIVISA indicates today that the seismic activity observed previously had decreased and was again near baseline levels. As a consequence, on 21 April the Volcanic Alert Level was lowered to V0 (the lowest level on an 8-level scale) for the Faial-Pico channel.

Source: CIVISA. .

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An eruption signal at Poás (Costa Rica) recorded on 10 April 2026 originated from a known fumarolic field at the western edge of the lake along the crater floor and wall area. A low-temperature thermal anomaly had been present there in 2022, but had been progressively covered by meters of tephra deposits during 2024 and 2025 eruptions.

A section of that wall, as high as 23 m above the floor, collapsed and sent material into the lake. The landslide produced a gas-and-ash plume that caused minor ashfall and a sulfur odor in Grecia (17 km SW) and neighboring San Pedro. The collapse and eruption sequence lasted about two minutes and was followed by a period of sustained seismic tremor. Scientists conducted a drone overflight on 14 April and observed that the crater lake had risen by 3 meters. The volume of the landslide was estimated at 70,000 cubic meters. The lake remained very hot at 71°C and active convection cells were particularly notable over Boca A.The Volcanic Alert Level for Poàs remains at 2 on a four-level scale.

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Still in Costa Rica, minor eruptive events were observed at Rincón de la Vieja during the past week. Small phreatic eruptions were recorded on 14, 15 and 16 April 2026. A short eruption on 17 April ejected an ash plume that rose 500 meters above the crater. Another event was recorded on 19 April by the instruments but was not visually observed due to darkness. The Alert Level remains at Level 2, Yellow, on a four-level scale.

Source : OVSICORI.

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Effusive activity has been observed recently in the northern crater area of ​​Stromboli (Sicily). The lava flow did not extend beyond the upper part of the Sciara del Fuoco. Such events occur fairly regularly at the volcano.
Source: INGV

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The alert levels for all the volcanoes mentioned in the previous weekly updates remain unchanged.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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