Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici quelques nouvelles de quelques uns des volcans du monde telles qu’elles sont synthétisées par le GVN de la Smithsonian Institution.

Barren Island (Iles Andaman / Inde): Selon un article de presse, une nouvelle éruption a été observée à Barren Island. Les données satellitaires du 25 septembre 2018 confirment les émissions de cendre et des coulées de lave sur le flanc nord du volcan.
Source: Times of India.

Turrialba (Costa Rica): Une forte incandescence était visible au niveau du cratère du Turrialba dans la nuit du 3 octobre 2018. Le 8 octobre, un événement explosif a généré un panache de cendre qui s’est élevé à 500 mètres au-dessus du cratère.
Source: OVSICORI.

Kilauea (Hawaii): On n’observe plus de lave depuis plus de 30 jours à la surface du Kilauea. La sismicité et la déformation sont faibles sur tout le volcan. Il n’y a pas d’émissions de gaz significatives. Ces données montrent qu’une reprise de l’activité à court terme est peeu probable, que ce soit au sommet ou sur la Lower East Rift Zone.
Source: HVO.

Krakatau (Indonésie): L’activité strombolienne continue. Les panaches de cendre s’élèvent le plus souvent à 200-500 mètres au-dessus du cratère mais peuvent atteindre 2 km certains jours. Les matériaux incandescents éjectés atterrissent principalement sur les flancs du volcan, à moins de 1 km du cratère et une petite quantité retombe dans la mer. Les coulées de lave sur le flanc SSE atteignent également la mer. Le niveau d’alerte reste à 2. Il est recommandé de ne pas s’approcher du volcan à moins de 2 km du cratère.
Source: VSI.

Merapi (Indonésie): Entre le 28 septembre et le 4 octobre 2018, le dôme de lave dans le cratère duMerapi a continué de croître lentement. Le 4 octobre, son volume était estimé à 135 000 mètres cubes et sa vitesse de croissance était de 1 000 mètres cubes par jour, comme la semaine précédente. Le niveau d’alerte reste à 2, avec une zone d’exclusion de 3 km.
Source: VSI.

Sabancaya (Pérou): On enregistrait en moyenne 24 explosions quotidiennement sur le Sabancaya au début du mois d’octobre. Les panaches de gaz et de cendre atteignent 3 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendre ont été signalées à Huanca, à 75 km au SSE. Cinq anomalies thermiques ont été détectées sur le volcan. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne  5 027 tonnes / jour. Le public ne doit pas s’approcher du cratère à moins de 12 km.
Source: IGP. (voir dernier bulletin ci-dessous)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): L’éruption se poursuit sans changements significatifs. Sur le terrain, on ne voit plus grand-chose, hormis quelques rares projections au niveau du cône éruptif, ainsi qu’un fort dégazage. S’agissant de la coulée, on observe quelques lucarnes comme celle sur la photo que vient de me faire parvenir Fabrice Juignier que le remercie sincèrement. Le front de coulée ne semble pas avoir progressé.

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Here is some news of some of the volcanoes around the world as synthesized by the GVN of the Smithsonian Institution.

Barren Island (Andaman Islands / India): According to a news article, a new eruption was observed at Barren Island. Satellite data on September 25th, 2018 confirmed ash emissions, and either lava flows or ejected tephra on the north flank of the volcano. (Source: Times of India).

Turrialba (Costa Rica) : Intense crater incandescence was visible at Turrialba during the night of October 3rd, 2018. On October 8th, an event produced an ash plume that rose 500 metres above the crater. (Source: OVSICORI).

Kilauea (Hawaii): Lava at Kilauea has not been active at the surface for 30 days. Seismicity and deformation are low all over the volcano. There are only minor gas emissions. These data indicate that near-term resumption of activity at the summit or at the lower ERZ is unlikely. (Source: HVO).

Krakatau (Indonesia): Strombolian activity continues. Ash plumes mainly rise 200-500 metres above the crater rim but can reach 2 km on some days. Ejected incandescent material mostly land on the flanks of the volcano, less than 1 km from the crater, and a small amount falls into the sea. Lava flows on the SSE flank also reach the sea. The Alert Level remains at 2. It is recommended not to approach the volcano within 2 km of the crater. (Source: VSI).

Merapi (Indonesia): Between September 28th and October 4th, the lava dome in Merapi’s summit crater continued to slowly grow. By October 4th, its volume was an estimated 135,000 cubic metres, and the growth rate was 1,000 cubic metres per day, similar to the previous week. The Alert Level remains at 2, with a 3-km exclusion zone. (Source: VSI).

Sabancaya (Peru): Explosions at Sabancaya averaged 24 events per day in the first days of October. Gas-and-ash plumes rose as high as 3 km above the crater rim. Ashfall was reported in Huanca (75 km SSE).Five thermal anomalies were detected on the volcano. SO2 emissions reached 5,027 tons/day. The public should not approach the crater within a 12-km radius. Source : IGP. (see latest update below)

Source: IGP

Piton de la Fournaise (Reunion Island): The eruption is going on without any major changes, except a few ejections at the eruptive cone, as well as a strong degassing. As far as the lava flow is concerned, one can observe a few skylights like the one on the photo Fabrice Juignier has just sent me. . The flow front does not seem to have moved forward.

Crédit photo: F. Juignier

 

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

L’éruption débutée le 15 septembre 2018 se poursuit. L’intensité du tremor, après avoir nettement augmenté après le 3 octobre suite à la fermeture progressive du système d’alimentation (dyke et cône éruptif) est en baisse progressive depuis trois jours. Un phénomène de « gaz pistons » (émissions de bouffées de gaz) est toujours observé au niveau du site éruptif.

Une inflation de l’édifice est toujours enregistrée par les instruments, ainsi qu’une augmentation des concentrations de CO2 dans le sol dans le secteur du Gîte du Volcan. Les capteurs situés sur le pourtour de l’Enclos enregistrent toujours des émissions de SO2. Même si leurs concentrations sont 5 fois plus faibles qu’en début d’éruption, ces émissions confirment qu’il y a toujours du magma présent à basse pression.

Les observations effectuées le 8 octobre 2018 depuis le Piton de Bert et depuis les airs ont permis de localiser le front de coulée. Depuis le 30 septembre, le front nord a progressé de 1,8 km et se situait à 500 mètres des Grandes Pentes, les fronts sud et centraux n’ont pas bougé. Le front de coulée nord se situait à moins de 120 mètres du rempart Sud de l’Enclos Fouqué.

Source : OVPF.

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The eruption that started on September 15th, 2018 continues. The intensity of the tremor, after having significantly increased after October 3rd following the gradual closure of the feeding system (dyke and eruptive cone) has been gradually decreasing for three days. A phenomenon of « gas pistonning » (emissions of gas pulses) is still observed at the eruptive site.
Inflation of the volcanic edifice is still recorded by the instruments, as well as an increase in CO2 concentrations in the soil in the Cîte du Volcan area. Sensors on the perimeter of the Enclos still record SO2 emissions. Although their concentrations are 5 times lower than at the beginning of the eruption, these emissions confirm that there is still low pressure magma.
The observations made on October 8th, 2018 from Piton Bert and from the air have made it possible to locate the lava flow front. Since September 30th, the northern front has advanced 1.8 km and was 500 metres from the Grandes Pentes, the southern and central fronts have not moved. The northern flow front was less than 120 metres from the southern wall of the Enclos.
Source: OVPF.

Source: OVPF

Assurances et catastrophes naturelles aux Etats Unis // Insurance and natural disasters in the U.S.

Lorsque 700 maisons ont brûlé pendant l’éruption du Kilauea à Hawaï, j’ai indiqué que leurs propriétaires étaient confrontés à de sérieux problèmes avec les compagnies d’assurance qui refusaient de prendre en compte les dégâts causés par la lave. Les victimes de l’ouragan Florence dans les Carolines du Nord et du Sud doivent faire face à une situation similaire.
Un article publié sur le site internet MarketWatch explique que «la plupart des propriétaires dont les biens ont subi les pluies torrentielles de l’ouragan Florence auraient été mieux lotis si leur maison avait été détruite par un incendie ou une éruption volcanique, du moins du point de vue des assurances.» En effet, les dégâts causés par les inondations ne sont pas couverts par les polices d’assurance habitation classiques. Seuls les propriétaires ayant souscrit une assurance spéciale contre les inondations seront indemnisés si l’eau de l’ouragan Florence a endommagé leur maison. Force est de constater qu’il n’y a pas beaucoup de monde dans ce cas.
C’est un cas de figure qui se répète quand les ouragans et les pluies qui les accompagnent provoquent des inondations. Lorsque l’ouragan Irma a frappé la Floride l’année dernière, seulement 14% des 3,3 millions de ménages dans les zones touchées par la catastrophe avaient une assurance contre les inondations. Dans certains cas, la couverture dépend de la manière dont les dégâts ont été causés. Dans le cas d’un ouragan, si des vents violents causent des dégâts à la toiture et entraînent une accumulation d’eau importante dans la maison, l’assurance couvrira probablement ces dégâts. En revanche, si une rivière à proximité déborde à cause des fortes pluies, les dégâts causés aux habitations ne seront couverts que si les propriétaires ont souscrit une assurance contre les inondations.
Lors d’éruptions volcaniques, les dégâts causés par les coulées de lave ou les incendies qui en résultent sont couverts par la politique habituelle des propriétaires. [Note personnelle: Ceci n’est que partiellement vrai. Comme je l’ai déjà signalé, l’assurance interviendra seulement si la lave a causé un incendie et si les fondations de la maison sont encore visibles après l’incendie. Si la lave a recouvert les fondations, l’assurance ne fonctionnera pas.]
Il convient de noter que si l’éruption provoque une activité sismique, les propriétaires ne seront pas indemnisés, à moins d’avoir souscrit une politique sismique distincte.
La prime annuelle moyenne pour une police d’assurance dans le cadre du programme national contre les inondations s’élevait à  878 dollars en avril 2017. Toutefois, les primes d’assurance contre les inondations peuvent facilement coûter des milliers de dollars dans les régions où le risque d’inondation est le plus élevé.
Certaines catastrophes naturelles sont toujours couvertes par l’assurance des propriétaires, comme les incendies de forêt, les tornades et les dégâts causés par la grêle. D’autres catastrophes naturelles ne sont jamais ou rarement couvertes par une police d’assurance classique. Elles se répartissent généralement en deux catégories: les inondations et les «événements terrestres». La première catégorie comprend les catastrophes causées par la montée des eaux, les inondations causées par les pluies abondantes et la montée des eaux provoquée par les ouragans, les ruptures de barrages et les tsunamis. Les «événements terrestres» incluent les catastrophes telles que les tremblements de terre, les glissements et effondrements de terrain.
Malheureusement, de nombreux Américains ne savent pas que ces catastrophes ne sont pas couvertes par la politique d’assurance classique. Les propriétaires doivent souscrire une police distincte ou un avenant à leur police d’assurance habitation auprès d’un assureur privé pour être assurés contre un séisme. En Californie, les habitants ont également la possibilité d’acheter une telle assurance auprès de la California Earthquake Authority. Une amie qui habite sur la côte ouest de la Grande Ile d’Hawaii refuse d’acheter une telle assurance contre les séismes car elle est trop coûteuse. Elle croise les doigts…
Comme je l’ai indiqué à propos des victimes de la lave à Hawaï, si les propriétaires n’ont pas souscrit un contrat d’assurance particulier et sont ensuite victimes d’une catastrophe naturelle, ils peuvent demander une compensation auprès de la Federal Emergency Management Agency ou solliciter un prêt auprès de la Small Business Administration. Bien entendu, cet argent ne compensera pas le montant total des pertes. Il s’agit juste d’une aide.
Source: MarketWatch.

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When 700 houses or so burnt during the Kilauea eruption in Hawaii, I indicated that their owners had to face great difficulties with insurers who refuse to take into account the damage caused bt lava. The victims of Hurricane Florence in the Carolinas are confronted with a similar situation.

An article published on the website MarketWatch explains that “most homeowners whose properties were in the path of Hurricane Florence’s torrential rains would have been better off if their home had been hit by a wildfire or volcanic eruption, at least from an insurance perspective.” It is because damage caused by flooding is not covered by standard home insurance policies. Only homeowners who bought separate flood insurance for their homes were covered if water from Florence damaged their house. And there weren’t many people in that case.

This is a refrain which is common where hurricanes and their flood-inducing rainfall are concerned. When Hurricane Irma struck Florida last year, just 14% of the 3.3 million households in the areas affected by the disaster had flood insurance coverage. In some cases, coverage will depend on how the damage was caused. In the case of a hurricane, if high winds cause roof damage that leads to significant water accumulation within the house, insurance will likely cover it. But if a nearby river overflows because of the heavy rainfall, the damage to homes will only be covered if the owners have flood insurance.

In volcanic eruptions, damage caused by lava flows or resulting fires is covered by a standard homeowner’s policy. [Personal note: This is only partly true. As I put it before, the insurance will pay for the damage if lava caused a fire and if the foundations of the house can still be seen after the fire. However, il lava covered the foundations, the insurance does not work.]

It should be noted that if the eruption causes seismic activity, homeowners will not be reimbursed unless they have purchased a separate earthquake policy.

The average annual premium for a policy through the National Flood Insurance Program was $878 as of April 2017. But flood insurance premiums can easily cost thousands of dollars in regions that are determined to be at the highest risk of flooding.

Some natural disasters are always covered by homeowner’s insurance, including wildfires, tornadoes and hail storms. But other natural disasters are never or rarely covered under a standard homeowner’s insurance policy. They generally fall into two categories: floods and “earth movements.” The first category comprises disasters caused by rising water, which includes everything from floods caused by extensive rainfall and hurricane-induced storm surges to dam failures and tsunamis. “Earth movements” include disasters such as earthquakes, landslides and sinkholes.

Unfortunately, many Americans are unaware that these disasters are not covered by a standard homeowner’s policy. Homeowners will need to purchase a separate policy or a rider to their standard home insurance policy from a private insurer to be covered for an earthquake. California residents also have the option to purchase coverage through the California Earthquake Authority.

As I indicated about the victims of lava in Hawaii, if homeowners don’t buy specialized insurance coverage and then get hit by some sort of disaster, they do have some options to offset their losses. They can get a grant from the Federal Emergency Management Agency or a loan from the Small Business Administration. Of course, this money will not compensate for the total amount of the losses. It is just a help.

Source: MarketWatch.

Coulée de lave dans les Leilani estates à Hawaii (Crédit photo: USGS / HVO)

 

 

Ol Doinyo Lengai (Tanzanie)

L’Ol Doinyo Lengai ne fait pas partie des volcans les plus visités. Il est pourtant exceptionnel car c’est le seul volcan actif à produire de la natrocarbonatite. L’ami Régis Etienne, président de la Société de Volcanologie Genève, fait partie des derniers à avoir gravi sa pente raide en août 2018. Il avait emporté un drone dans ses bagages, ce qui lui a permis de rapporter des images intéressantes du cratère. Depuis l’éruption de 2008 qui s’est accompagnée d’un effondrement du sommet, la lave ne coule plus sur les flancs du Lengai et il faut se pencher au-dessus du gouffre pour tenter d’apercevoir des coulées actives. Avec l’aide de son drone, Régis a pu filmer les bouillonnements et les épanchements de natrocarbonatite sur le plancher, ainsi que les parois internes du cratère. En examinant les vidéos et photos réalisées depuis 2008, il semble que le plancher soit en train de remonter. On peut raisonnablement penser qu’avec le temps, le Lengai retrouvera sa morphologie d’avant 2008, telle que je l’avais découverte en décembre 2002. On pouvait alors se déplacer sur la zone sommitale où se dressaient des cônes émettant des gaz. Un petit lac de lave s’agitait au sommet et la lave débordait de temps en temps. J’avais pu prélever et rapporter des échantillons encore tout chauds.

En cliquant sur ce lien, vous verrez la vidéo réalisée par Régis Etienne. Les images au sol et le montage sont à mettre au compte de l’ami Patrick Marcel :

https://www.youtube.com/watch?v=ZqxuYOEFNLk&feature=youtu.be

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Ol Doinyo Lengai is not one of the most visited volcanoes. However, it is exceptional because it is the only active volcano to produce natrocarbonatite. A friend of mine, Regis Etienne, president of the Société de Volcanologie Genève, is one of the last persons to have climbed its steep slope in August 2018. He had brought along a drone, which allowed him to shoot interesting images of the crater. Since the 2008 eruption which triggered a collapse of the summit, lava no longer flows on the flanks of Lengai and one has to look down to the chasm to try to see active flows. With the help of his drone, Régis was able to film the bubbling and the effusions of natrocarbonatite on the floor, as well as the internal walls of the crater. Examining the videos and photos taken since 2008, it seems that the floor is rising. It is reasonable to assume that over time, Lengai will regain its pre-2008 morphology, as I discovered it in December 2002. One could then walk over the summit area and observe gas-emitting cones stood. A small lava lake was bubbling at the summit and lava was overflowing from time to time. I had been able to collect and bring back still hot samples.
By clicking on this link, you will see Regis Etienne’s video. The ground images and the editing of the movie were performed by Patrick Marcel.
https://www.youtube.com/watch?v=ZqxuYOEFNLk&feature=youtu.be

L’Ol Doinyo Lengai en 2018 (Captures d’écran de la vidéo de Régis Etienne)

Zone sommitale de l’Ol Doinyo Lengai en 2002 (Photos: C. Grandpey)