Islande : Sortira ou sortira pas ? // Iceland : Will magma pierce the surface ?

6 heures (heure française) : Le magma va-t-il percer la surface quelque part sur la péninsule de Reykjanes ? C’est la question que se posent tous les volcanologues islandais, mais nos connaissances actuelles en volcanologie ne nous permettent pas d’y répondre.
Tous les instruments montrent que le magma se rapproche de la surface. L’activité sismique en cours montre probablement que le magma est en train de se frayer un chemin vers la surface et va déclencher une éruption volcanique. Les scientifiques locaux pensent que si une éruption se produit, elle aura lieu dans la zone située entre Litli-Hrútur et Keilir.
L’activité sismique a quelque peu diminué après minuit le 6 juillet 2023 avant de reprendre à nouveau et rester élevée. Il est toujours possible que cette activité cesse et qu’aucune éruption ne se produise. En d’autres termes, personne ne sait ce qui va se passer sur la péninsule de Reykjanes !

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11 heures (heure française) : Un séisme de magnitude M 4,5 a été enregistré à 3,2 km au nord-est d’Eldeon (environ 15 km au sud-ouest de la péninsule de Reykjanes) le 7 juillet au matin. Au total, 21 séismesont été signalés, avec des magnitudes supérieures à M 3.0 depuis 3 heures du matin aujourd’hui et la plupart d’entre eux se sont produits sur la dorsale de Reykjanes près d’Eldey.
Selon l’IMO, l’intrusion magmatique reste présente dans le secteur de Fagradalsfjall.

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14 heures (heure française) : Les dernières données montrent que le magma s’est accumulé à moins d’un kilomètre de profondeur dans la zone située entre les montagnes Keilir et Fagradalsfjall sur la péninsule de Reykjanes. Il semble que le flux de magma soit considérable. On a donc les signes d’une éruption qui semble imminente, mais le magma peut aussi rester sous terre sans qu’une éruption ne se produise.
Le Met Office islandais indique que l’activité sismique dans la zone située entre les montagnes Keilir et Fagradalsfjall continue de diminuer, mais qu’elle est « très similaire à l’éruption précédente de l’année dernière ». Les secousses continuent d’être de plus en plus superficielles, malgré la réduction de l’activité sismique. Selon l’IMO, i le magma atteint la surface, on peut s’attendre à ce que cela se produise dans les prochaines heures ou les prochains jours..
Environ 6 500 séismes ont été enregistrés depuis le début de l’essaim sismique sur la péninsule de Reykjanes le 4 juillet ; l’événement le plus important avait une magnitude de M 4,8. Le département de Protection civile a décrété un niveau d’Incertitude. La couleur de l’alerte aérienne au-dessus de Fagradalsfjall reste Orange. Il est déconseillé aux touristes de se rendre dans la région.
Personne ne sait si et quand une éruption peut se produire. Heureusement, si elle se produit, ce sera probablement dans une zone désertique semblable aux sites des deux dernières éruptions de 2021 et 2022.

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6:00 am (French time) : Will magma pierce the surface somewhere on the Reykjanes Peninsula ? This iis the question all Icelandic volcanologists are asking, but our current knowledge in volcanology does not allow us to answer it.

All instruments show that magma is getting close to the surface. As long as the seismic activity continues, it is likely that magma can break its way to the surface and initiate a volcanic eruption. Local scientists think that if an eruption begins, it will likely be in the area between Litli-Hrútur and Keilir.

Seismic activity somewhat descreased after midnight on July 6th, 2023, before starting again and it is still very high. There is always a chance that seismic activity will cease and that no eruption will occur. In other words, nobody knows what is going to happen on the Reykjanes peninsula !

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11 am (French time) : An M 4.5 magnitude earthquake was recorded 3.2 km northeast of Eldeon (about 15 km SW of the Reykjanes peninsula) on July 7th in the morning. In all, 21 quakes have been reported, with more than M 3.0 events since 3 am today and most of them occurred on the Reykjanes Ridge near Eldey.

According to IMO, there is no evidence of magma intrusion anywhere other than around Fagradalsfjall.

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02:00 pm (French time) : The latest data shows that magma has accumulated at less than one kilometre below the surface in the area between the mountains Keilir and Fagradalsfjall on the Reykjanes peninsula. It looks as if the flow of magma is considerable. These are strong signs that an eruption may be imminent, but magma may also remain underground without an eruption occurring.

The Icelandic Met Office indicates that seismic activity in the area between the mountains Keilir and Fagradalsfjall continues to decrease, but is “very similar to the previous eruption last year. The tremors continue to grow more shallow, despite the reduction in seismic activity. If the magma reaches the surface, we can expect it to happen in the next hours or days.”

About 6,500 earthquakes have been recorded since the earthquake swarm began on the Reykjanes Peninsula on July 4th, with the largest earthquake measuring M 4.8 in magnitude. The Department of Civil Protection has declared an Uncertainty level. The aviation color code code over Fagradalsfjall remains Orange. Travellers are advised against visiting the area.

Nobody knows if and when an eruption may occur. Fortunately, if it does happen, it will probably be in a desert area similar to the sites of the last two eruptions of 2021 and 2022.

Source: IMO

Séismes sous le Myrdalsjökull (Islande) : rien d’inquiétant // Earthquakes beneath Myrdalsjökull (Iceland) : nothing to worry about

Dès qu’une hausse de la sismicité est enregistrée sur le Myrdalsjökull, un glacier dans le sud de l’Islande, de nombreuses personnes craignent qu’elle soit liée au Katla, un volcan situé sous la calotte glaciaire, et qu’elle soit le signe d’une prochaine éruption.
Le 30 juin 2023, à 1h18 du matin, un essaim sismique s’est déclenché sous le Mýrdalsjökull. Plus de 70 secousses ont été signalés, dont six d’une magnitude supérieure à M 3,0. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 4,4.
La première séquence de l’essaim a duré environ 45 minutes, puis il y a eu une légère pause et l’essaim a recommencé. Il a inclus quelque 70 événements, dont certains ont été ressentis principalement à Þórsmörk.
Selon les scientifiques islandais, cette sismicité est liée au système hydrothermal situé sous le glacier Mýrdalsjökull, et il ne devrait pas y avoir « une éruption ou quoi que ce soit de ce genre ». Elle est très superficielle (environ 0,1 km de profondeur) et rien n’indique une augmentation de la conductivité électrique ou du niveau de l’eau.
La sismicité est présente sous le Mýrdalsjökull depuis plusieurs semaines, et c’est cette même activité qui se poursuit. Elle pourrait encore fluctuer pendant un certain temps.
Source : Icelandic Met Office.

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As soon as an increase in seismicity is recorded at Myrdalsjökull in southern Iceland, many people fear it might be related to Katla, a volcano that lies beneath the icecap, and that it might be the sign of an upcoming eruption.

At 1.18 AM on June 30th, 2023, a seismic swarm started beneath the Mýrdalsjökull glacier. More than 70 quakes have been reported and six quakes of more than M 3.0 have been reported. The largest event had a magnitude M 4.4.

The first sequence of the swarm lasted about 45 minutes, then there was a slight pause, and then it started again. The swarm included about seventy quakes, some of which were felt mainly in Þórsmörk..

According to Icelandic scientists, this seismicity is related to a geothermal system located under Mýrdalsjökull glacier, and they are not expecting « an eruption or anything like that. » Nothing indicates an increase in electrical conductivity or water level

There has been activity in Mýrdalsjökull glacier for a few weeks now, it’s just the same activity that continues. It is very shallow (about 0.1 km deep) and might still fluctuate some time.

Source : Icelandic Met Office.

Photo: C. Grandpey

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : l’Enclos sera-t-il ouvert un jour pendant les éruptions ?

Le 21avril dernier, le Piton de la Fournaise a fait semblant d’entrer en éruption. Selon l’OVPF, c’était une affaire d’heures ou même de minutes, mais il ne s’est rien passé..A peine lancée l’alerte d’une possible éruption, l’Enclos a tout de suite été verrouillé, comme lors de chaque éruption. Une telle interdiction d’accès aux coulées de lave irrite plus d’un Réunionnais qui a l’impression qu’on lui vole son volcan.

La situation va PEUT-ETRE enfin changer. Des experts du volcan vont se réunir à Sainte-Rose ce samedi 10 juin 2023 pour tenter de rendre les éruptions du Piton de la Fournaise accessibles au public. Le symposium est intitulé « Piton de la Fournaise : gestion des flux humains en période éruptive ».

Des experts de tous les domaines sont attendus pour échanger sur le domaine du droit, de la sociologie, de la géographie, mais aussi de la géologie. Un expert islandais sera présent. Il est vrai que l’Islande est un exemple en matière d’organisation touristique d’une éruption. Nous sommes très loin de la décision systématique de la préfecture réunionnaise de fermer l’Enclos ! Lors de la dernière éruption du Fagradalsfjall en Islande en août 2022, près de 80 000 personnes se sont approchées de la lave en fusion, sans aucun incident !! Selon l’expert islandais, « le secret est d’avoir un bon sentier bien balisé avec peu d’entrées à surveiller. Chez nous, chacun peut aller sur le volcan en éruption. […] On comptabilise le nombre de personnes sur le site et on les prévient qu’il faut être un bon marcheur. Les jeunes enfants et les personnes qui ne sont pas en bonne forme physique ne sont pas autorisés à y aller. »

C’est donc, aussi, une affaire de mentalité et de discipline, un mot qu’ont adopté depuis longtemps les populations nordiques. Reste à savoir si c’est applicable en France..et son côté latin désobéissant !

Source : Réunion la 1ère.

Photo: C. Grandpey

Mémoires volcaniques // Volcanic memories

Dans un récent article « Volcano Watch », les scientifiques de l’Observatoire des volcans d’Hawaï nous expliquent que l’on peut comprendre le comportement d’un volcan actif en analysant les séismes, les déformations du sol, les émissions de gaz et les coulées de lave.
La tâche devient beaucoup plus compliquée si un volcan ne s’est pas manifesté pendant des centaines, voire des milliers d’années. Dans ce cas, la tradition orale peut être d’un grand secours. Depuis des temps immémoriaux, nos ancêtres enregistrent des événements dans leurs mémoires et les transmettent à travers des histoires, des poèmes et des chansons. C’est ainsi que naissent des mythes, des légendes ou des traditions orales.
Les meilleures histoires trouvent généralement leurs source dans des événements réels. Les traditions orales hawaïennes regorgent d’histoires passionnantes, comme celle des deux chefs de Kahuku qui sont devenus les deux collines de Nāpuʻuapele. Elles sont parfois en relation directe avec des éruptions ayant vraiment existé.
Ailleurs dans le monde, le temps et l’embellissement artistique ont dissimulé de nombreuses éruptions volcaniques dans les traditions orales. En Australie, les histoires du peuple Bungandidj (Boandik) racontent comment un géant nommé Craitbul a parcouru le sud-est du pays avec sa famille, à la recherche d’une maison. Ils se sont d’abord installés sur le mont Muirhead. Ils ont creusé leur four de cuisson et se préparaient à passer la nuit lorsqu’ils ont été réveillés par un bullin, un oiseau local qui hurlait pour les avertir de la présence d’un esprit maléfique. La famille a décidé de fuir et a construit un nouveau four sur le Mont Schank. Malheureusement, le bullin a de nouveau crié et a chassé la famille qui est repartie. Finalement, ils se sont installés sur le Mont. Gambier. Tout fut paisible jusqu’au jour où l’eau a percé le sol et a détruit le feu utilisé pour la de cuisine. De nouveaux fours furent creusés, mais chaque fois l’eau éteignait les flammes, laissant des trous béants là où se trouvaient les fours. Craitbul et sa famille déménagèrent une dernière fois et s’installèrent définitivement dans une grotte à flanc de montagne. Cette histoire rappelle plusieurs éruptions qui se soldèrent par la formation de quatre lacs de cratère sur un volcan de type maar, le Mont Gambier qui entra en éruption dans le sud-est de l’Australie il y a environ 4 500 ans. De nombreux récits de l’est de l’Australie décrivent des éruptions volcaniques dont les aborigènes ont été témoins, avec des récits transmis de génération à génération pendant des millénaires.
Une autre légende, transmise oralement depuis des siècles en Islande raconte la grande rivalité entre le dieu Thor et le géant Hrungnir. L’histoire commence par un martèlement de sabots au moment où, invité par le père de Thor, Odin, Hrungnir part de Jötunheim, le pays des géants, pour se rendre à Asgard, le pays des dieux. Les dieux ont invité Hrungnir à un festin, mais bientôt ce dernier devient brutal et violent, menaçant de tuer les dieux. Il défie Thor en duel, et les deux personnages s’affrontent brutalement dans la nuit. À un moment donné, Hrungnir essaie de se protéger en se dressant au sommet de son grand bouclier de pierre, certain que Thor allait l’attaquer sous la Terre. Au lieu de cela, Thor lance d’en haut son puissant marteau qui entre collision avec la pierre à aiguiser de Hrungnir. Les coups pleuvent dans les airs avec un bruit de tonnerre, une pluie d’étincelles et de fragments brisés…comme pendant une éruption !
Les événements terrestres comme les éruptions volcaniques disparaissent de la mémoire en une génération ou deux, mais les grandes histoires deviennent des mythes, des légendes ou des traditions orales dont on se souvient beaucoup plus longtemps. Les auteurs de cet article « Volcano Watch » pensent qu’il faut écouter les histoires que nos ancêtres nous ont transmises pour obtenir des indices sur l’histoire de la Terre.
Il y a quelques années, j’ai écrit un livre intitulé « Mémoires volcaniques » avec mon ami Jacques Drouin. L’ouvrage ne se trouve plus en librairie mais nous avons encore quelques exemplaires à bas prix. Il suffit de m’envoyer un e-mail si vous êtes intéressé(e) : grandpeyc@club-internet.fr

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In a recent « Volcano Watch » article, scientists at the Hawaiian Volcano Observatory explain us that we can understand the behaviour of an active volcano through earthquakes, deformation, gas emissions and lava flows.

The task becomes far more difficult if a volcano has not been active for hundreds or even thousands of years. In that case, oral history can be of a great help. Since time out of mind, our ancestors have been recording events in their memories and passing them down through stories, poetry and song. Today, we call them myths, legends or oral traditions.

Good stories are usually rooted in real events. Hawaiian oral traditions are full of riveting stories, like the one about the two chiefs of Kahuku who became the two hills of Nāpuʻuapele. They can be traced in some cases directly to the eruptions they record.

In other parts of the world, time and artistic embellishment have disguised many volcanic eruptions in oral traditions. In Australia, the dreaming stories of the Bungandidj (Boandik) people tell of a giant named Craitbul who travelled across the southeastern part of the country with his family in search of a home. First, they settled at Mt. Muirhead. They dug their cooking oven and were settled in for the night when they were awakened by a shrieking bullin (bird) warning them of an evil spirit. They fled their home and built a new cooking oven at Mt. Schank.Again, the bullin shrieked and chased the family from their rest. Eventually, they settled at Mt. Gambier. All was peaceful until one day water rose from the ground and destroyed their cooking fires. They dug their ovens again and again and each time water rose to douse the flames, leaving gaping holes where their ovens once were. Finally, Craitbul and his family moved one last time and settled for good in a cave on the side of the peak. This dreaming recalls several eruptions, ending with the formation of four crater lakes at a maar volcano, Mt. Gambier in southeast Australia, about 4,500 years ago. Many dreaming stories from eastern Australia describe volcanic eruptions that Aboriginal people had witnessed and passed down in story for thousands of years.

Another legend, passed down orally for hundreds of years in Iceland recounts a great duel between the god Thor and giant Hrungnir. It begins with the pounding of hooves as Thor’s father Odin raced Hrungnir from Jötunheim, the land of the giants, to Asgard, the land of the gods. The gods invited Hrungnir for a feast, but soon he became loud and boastful, saying that he would kill the gods. He challenged Thor to a duel, and the two clashed brutally into the night. At one point, Hrungnir tries to protect himself by standing atop his great stone shield, thinking Thor would attack him from beneath the Earth. Instead, Thor hurled his mighty hammer from above. It collided with Hrungnir’s whetstone in mid-air with a thunderclap, showering the land with sparks and shattered fragments.

Rumbling hooves, bellowing giants on enormous stone shields, sparks and shattered stone raining from above sounds like an eruption.

Earth events fade from memory within a generation or two, but great stories become myths, legends or oral traditions that are remembered far longer. The authors of this « Volcano Watch » article think it is wise to listen to stories that our ancestors have passed to us for clues about Earth’s history.

Some years ago, I wrote a book entitled « Mémoires volcaniques – Volcanic memories – with my friend Jacques Drouin. The book can no longer be found in bookshops but we still have a few copies. Just send me an e-mail if you are interested (grandpeyc@club-internet.fr).