Elfes et trolls en Islande // Elves and trolls in Iceland

Les légendes font partie de la culture islandaise. Les elfes et les trolls sont particulièrement présents dans la vie de ce peuple nordique. « Le petit peuple caché » ou « Huldufolk » est une tradition qui dérive directement de l’ère viking. Tout le monde ne peut pas voir ces êtres mystérieux. Les Islandais disent que ce sont les elfes qui décident qui peut les voir et qui ne le peut pas.

Les elfes habitent souvent dans les rochers ou les cavernes, ils plantent des céréales, élèvent du bétail, aiment la pêche… Ces petits êtres ne sont pas immortels, mais ils ont une espérance de vie beaucoup plus longue que la moyenne des êtres humains.
Le Huldufolk est très respecté en Islande. Pour beaucoup de gens, les elfes sont bien réels. Même s’ils ne peuvent pas les voir, ils ressentent souvent leur présence. En fait, peu d’Islandais sont prêts à nier leur existence. Dans une étude effectuée en 2007 par l’Université d’Islande, 80% des personnes interrogées ont refusé de nier l’existence réelle des elfes. Certaines personnes croient tellement aux elfes qu’elles construisent des jolies maisons miniature dans lesquelles ils peuvent venir vivre. On peut voir de telles maisons dans le parc Hellisgerdi à Hafnafjödur, près de Reykjavik. C’est un lieu de résidence des elfes bien connu en Islande.

Une femme que j’ai rencontrée dans le parc m’a dit que les elfes y vivent dans les grottes et les rochers et ne doivent pas être dérangés… Elle m’a également expliqué qu’elle laissait une lumière allumée à l’entrée de sa maison afin que les elfes puissent trouver leur chemin la nuit, mais j’ai aussi lu qu’ils n’aiment pas l’électricité…
Les histoires d’elfes entravant des projets de construction sont monnaie courante en Islande. Cela se produit, par exemple, si un projet de construction de route pénètre par mégarde dans un territoire elfique.

Le long d’une piste de l’intérieur de l’Islande, il est conseillé de déposer une pierre sur ce cairn pour s’attirer les bonnes grâces des elfes…..

Le mot islandais « troll » vient du verbe « Trylla » qui a deux sens. Le premier est de rendre quelqu’un fou et le second est de charmer quelqu’un. Le mot était initialement réservé aux mauvais esprits, mais il a rapidement été adopté pour nommer les trolls.
Les trolls et les elfes sont différents. Les trolls ressemblent aux humains mais dans une version beaucoup plus grande et plus rude. Le folklore islandais est riche en légendes et histoires sur ces géants, créatures à la fois voraces et sages. Ils vivent et se cachent généralement dans les montagnes et ne sortent que la nuit pour chercher de la nourriture. Le soleil leur est fatal et les transforme en rochers. Cependant, s’ils échappent à cette menace, leur vie est éternelle. Les guides racontent que si on souhaite vraiment voir des trolls, il faut explorer les montagnes isolées et loin de tout. C’est ce que j’ai fait et j’ai découvert un troll en train de dormir sur le flanc d’une colline !

Certains trolls ont été transformés en pierre comme sur le site bien connu de Reynisdragnar. C’est un endroit assez extraordinaire avec de hautes falaises de basalte et l’immense plage de sable noir de Reynisfjara. Il se raconte que les trolls étaient occupés à essayer de tirer un trois-mâts dans la baie. Ils étaient tellement absorbés qu’ils ont perdu la notion du temps. Le soleil s’est levé et les trolls ont été transformés en pierre. Ce sont les îlots qui se dressent devant les superbes colonnes de basalte.

Photos: C. Grandpey

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Legends are part of the Icelandic culture. Elves and trolls are especially present in the lives of Icelandic people. « The hidden people. » or « Huldufolk » is a tradition that derives directly from the Viking era. Not everyone can see them. Icelanders say that it is the elves who get to decide who can see them and who cannot. Elves often dwell in rocks, they plant grain, raise livestock, love fishing, among many other things. The Hudulfolks are not immortal, but they do have a much longer lifespan than the average human being.

The Hidden People are remarkably respected in Iceland. For many people, elves are very real. Although we can’t see them as such, they are often sensed. In fact, few Icelandic people would be willing to deny that they exist. In a 2007 study by the University of Iceland 80% of those surveyed refused to deny that elves are real. Some people believe so much in the elves that they construct perfect miniature houses for them to come and live in. Such houses can be seen in Hellisgerdi Park in Hafnafjödur, close to Reykjavik. (see photos above)

I was told by a woman I met in the park that the elves live in the caves and should not be disturbed…. She also explained me that she leaves a light on at the entarnce of her home so that the elves might find their way at night, but I have also read that thaey dislike electricity…

Stories of elves disrupting construction projects are commonplace in Iceland. This will happen, for instance, if a road-building project unwittingly strays into an elfish territory.

The Icelandic word « troll » comes from the verb „Trylla” which has two meanings. The first one is to make someone go crazy, and the second to charm someone. The word was initially reserved for evil spirits, but it soon became useful to name trolls.

Trolls an elves are different. Trolls resemble humans but in a much bigger and more robust version. Icelandic troll folklore is rich in legends and stories about those giants, greedy, but wise creatures. They usualy live and hide in the mountains and only go out at night to look for food. Sunshine is fatal to them and turns them into rocks. If they escape that menace, however, they will live forever. Guidebooks say that if you really wish to see some trolls, you need to explore the remote mountains. This is what I did and I discovered a troll sleeping on the flank of a hill ! (see photos above)

Some trolls were turned into stone, and you can now see them as the Reynisdragnar rock formation. It is an amazing place with high basalt cliffs and a huge swathe of black sand. (see photo above) Folklore tells that the trolls were busy trying to drag a three-mast ship into the bay. They were distracted by the effort and didn’t realize the time. The sun came up and the trolls were caught out in the open and turned into stone.

Lacs et légendes sur le Kilauea (Hawaii) // Lakes and legends on Kilauea Volcano (Hawaii)

Après la dernière éruption du Kilauea en 2018, un lac d’eau souterraine est apparu au fond du cratère de l’Halema’uma’u et a remplacé le lac de lave qui existait depuis plusieurs années. Le HVO explique qu’il s’agit du premier lac d’eau souterraine observé au fond du cratère depuis près de 200 ans. Afin d’en savoir plus sur de tels lacs dans l’histoire du volcan, le personnel du HVO s’est tourné vers les légendes hawaiiennes susceptibles de faire état d’un lac de cratère, et a essayé de comprendre si un tel lac était associé à des éruptions explosives.
L’existence d’un lac n’est pas mentionnée explicitement dans les légendes hawaiiennes, mais les Hawaiiens racontent des histoires où Pelehonuamea redoutait la noyade de ses épanchements de lave sur le Kilauea.

Dans l’une des légendes, Pele et sa sœur Namakaokaha’i, l’aînée d’une famille de nombreux frères et sœurs, étaient dotées de pouvoirs différents; Pele régnait sur les volcans et les éruptions alors que Namakaokaha’i régnait sur les mers et les plages.
Namaka, comme ses amis l’appelaient, détestait quand Pele répandait de la lave sur les plages et pénétrait dans l’océan. Pele n’appréciait pas non plus que Namaka essaie de retirer la lave des côtes. Elles se battaient fréquemment. Même aujourd’hui, on peut voir ces deux sœurs continuer à se battre au travers des explosions spectaculaires chaque fois que la lave pénètre dans l’océan.

Kamapua’a, la divinité porcine d’O’ahu, qui s’est rendue un jour sur le Kilauea pour courtiser Pele et la prendre pour épouse, est au centre d’une autre légende dans laquelle l’eau est présente. Pele a constamment rejeté les avances de Kamapua’a, l’insultant et essayant même de le tuer. L’empressement de Kamapua’a s’est transformé en colère et le porc a inondé d’eau le cratère de Pele, dans l’espoir d’y éteindre le feu du volcan. Heureusement, le frère de Pele avait caché les bâtons de feu et les a utilisés pour faire réapparaître la lave.

Certaines versions de cette légende décrivent Pelé en train de poursuivre Kamapua’a jusqu’à la mer sous la forme d’une coulée de lave ou d’une projection de roches incandescentes; d’autres récits font se terminer le conflit par un bref mariage.

Une légende plus connue est celle qui fait entrer Hi’iakaikapoliopele, la plus jeune sœur de Pele. Il s’agit d’une longue histoire en grande partie centrée sur le voyage de Hi’iaka entre le cratère du Kilauea et Kaua’i où elle avait l’intention de retrouver Lohi’au, l’amant de Pele et de le prendre pour époux. En chemin, Hi’iaka est devenue une femme puissante.
Le voyage a été long et Pelé craignait que Lohi’au lui soit infidèle. Elle avait raison de ressentir cette crainte. Quand Hi’iaka est arrivée au bord du cratère du Kilauea en compagnie de Lohi’au, son nouveau mari, Pele est entrée dans une colère noire et a ordonné à ses frères et sœurs de tuer Lohi’au en guise de punition. Hi’iaka s’est mise elle aussi en colère et elle a décidé de récupérer l’esprit de son époux pour le ramener à la vie ; Elle décida aussi de se venger et de détruire Pele en inondant le cratère du Kilauea avec de l’eau.
Hi’iaka est entrée sur le plancher du cratère et, ne trouvant pas l’esprit de son mari, elle a violemment frappé le sol du pied, faisant s’ouvrir la première couche du Kilauea. Elle regarda dans l’ouverture qui s’était formée et, ne voyant toujours pas son mari, elle frappa de nouveau le sol. Elle traversa plusieurs couches sans trouver l’esprit de Lohi’au. Les secousses produites par les piétinements répétés de Hi’iaka pour s’enfoncer à l’intérieur du cratère ressemblent étrangement à la forte activité sismique qui a accompagné l’effondrement de l’Halema’uma’u en 2018. Hi’iaka a finalement atteint la cinquième couche, celle qui retenait l’eau qui, si elle était libérée, inonderait le cratère et transformerait le Kilauea en un lac qui éteindrait à jamais le feu de Pelé. Au dernier moment, Hi’iaka a décidé de ne pas mettre à exécution son projet destructeur et elle s’est finalement réconciliée avec sa sœur.
Hi’iaka cherchait l’eau souterraine, la même que l’on peut voir aujourd’hui au fond de l’Halema’uma’u. Des études géophysiques au cours des 30 à 40 dernières années ont montré la présence d’une nappe phréatique à environ 600-800 mètres au-dessus du niveau de la mer, sous le plancher de la caldeira. Les scientifiques du HVO sont persuadés que le lac actuellement en formation est alimenté par cette eau souterraine qui revient à son ancien niveau après l’effondrement sommital de 2018.
Les géologues du HVO pensent que la légende de Hi’iaka et de Pele peut avoir été inspirée par un effondrement de la caldeira du Kilauea vers l’année 1500. Bien que dans la plupart des versions de ces légendes – que ce soit le déluge de Kamapua’a qui n’a pas provoqué d’explosions, ou la courroux d’Hi’iaka qui n’a jamais fait déferler d’eau souterraine – l’’étude géologique des dépôts de matériaux après l’effondrement de l’Halema’uma’u laisse supposer qu’il y a eu au moins une fois la présence intermittente d’un lac dans le cratère.

Ces légendes ne sont que quelques exemples de la richesse de la littérature hawaïenne sur Pelehonuamea et ses volcans. Parallèlement aux études géologiques, ces récits peuvent aider à mieux comprendre le paysage volcanique en constante évolution sur le Kilauea.
Source: USGS / HVO.

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After Kilauea’s last eruption in 2018, a groundwater lake appeared at the bottom of Halema’uma’u Crater and replaced the lava lake that existed for several years. HVO explains it is the first lake of groundwater observed on the crater floor in nearly 200 years. In order to know more about similar lakes in the volcano’s history, HVO staff looked to Hawaiian chants for mention of a crater lake and tried to understand whether it was associated with explosive eruptions.

A lake is not mentioned explicitly in Hawaiian legends, but Hawaiians did tell a few stories where Pelehonuamea faced the threat of water drowning her volcanic fires at Kilauea.

In one of the legends, Pele and her older sister Namakaokaha’i, the eldest in a family of many siblings, were imbued with different powers; Pele reigned over volcanoes and eruptions wheras Namakaokaha’i ruled the seas and beaches.

Namaka, as her friends used to call her, hated when Pele spread lava over beaches and intruded land into the ocean. Pele did not appreciate either Namaka trying to remove lava from the coasts. They fought frequently. Even today, we can see these two sisters continuing to fight with spectacular explosive displays each time lava enters the ocean.

Another Pele story involving water features Kamapua’a, the pig deity from O’ahu, who travelled to Kilauea to woo Pele and take her for his wife. Pele persistently spurned his advances, insulting him and even trying to kill him. Kamapua’a’s infatuation turned into anger, and the pig-man flooded Pele’s crater with water to put out her volcanic fires.

Fortunately, Pele’s brother hid her firesticks and used them to reignite the volcanic flames. Some versions of this story describe Pele chasing Kamapua’a to the sea as either a lava flow or ejected hot rocks; other versions resolve the conflict in a brief marriage.

A better-known story is the saga of Hi’iakaikapoliopele, Pele’s youngest sister. It’s a long story mostly focused on Hi’iaka’s journey from Kilauea Crater to Kaua’i to retrieve Pele’s lover, Lohi’au. Along the way, Hi’iaka developed into a powerful woman.

The journey was long, and Pele became suspicious that Lohi’au was being unfaithful to her.

When Hi’iaka arrived at the Kilauea Crater rim with her new husband, Lohi’au, Pele was incensed and ordered her siblings to kill him as punishment. This enraged Hi’iaka and she decided to retrieve Lohi’au’s spirit to revive him, and to seek revenge and destroy Pele by flooding Kilauea Crater with water.

Hi’iaka jumped down to the crater floor, and not finding the spirit of her husband, stomped her feet and the first layer of Kilauea cracked open. She looked down, but still not seeing her husband, she stomped again. She continued stomping through several layers without finding her husband’s spirit. The described effects of Hi’iaka repeatedly stomping to get deeper beneath the crater floor are eerily like the continuous strong shaking of the 2018 collapse events. Hi’iaka finally got down to the fifth layer that was holding back water, which, if released, would rise and flood the crater, turning Kilauea into a lake and putting out Pele’s fires forever. At the last instant, Hi’iaka was dissuaded from her destructive task and reconciled with her sister.

Hi’iaka was seeking groundwater like that which can be seen in Halema’uma’u today. Geophysical studies over the past 30-40 years showed the presence of a water table, elevated about 600-800 m above sea level, beneath the caldera floor. HVO scientists hypothesize that the currently growing lake is an exposure of this groundwater returning to its former level following the 2018 summit collapse.

HVO geologists think this Hi’iaka story may have been inspired by an earlier Kilauea caldera collapse about 1500 CE. Although in most versions of the story Kamapua’a’s deluge did not result in explosions and Hi’iaka never unleashed subterranean water, geologic study of post-collapse explosive deposits suggests at least an intermittent presence of a lake.

These legends are but a few from the rich Hawaiian literature on Pelehonuamea and her volcanoes. Along with geologic studies, they can provide insight to understanding the ever-changing volcanic landscape of Kilauea.

Source: USGS / HVO.

Photos: C. Grandpey

Le célèbre orteil de Dawson City // The celebrated toe of Dawson City

J’adore les légendes issues de l’Arctique et l’histoire qui entoure l’orteil de Dawson City épouse l’esprit des histoires racontées par Jack London et qui ont bercé mon adolescence. Dawson City est une ville du Yukon canadien qui a connu son heure de gloire au moment de la Ruée vers l’Or du Klondike à la fin du 19ème siècle.

Dick Stevenson, l’inventeur du «Sourtoe Cocktail», un petit verre de whisky contenant un orteil humain momifié dans le bar du Downtown Hotel depuis des décennies, vient de mourir à l’âge de 89 ans.
Les gens se rendent au Downtown Hotel de Dawson City pour affronter le « Sourtoe cocktail » depuis 1973, année où Dick Stevenson a trouvé un orteil humain gelé dans un pot qui traînait dans la cabane qu’il venait d’acheter. Il a alors eu l’idée de proposer un breuvage contenant ledit orteil, convaincu que cela pourrait être un excellent moyen d’attirer les touristes. D’une certaine manière, il a eu raison. Depuis cette époque, on estime que plus de 100 000 personnes sont devenues membres du Sourtoe Cocktail Club.
Pour rejoindre le club, il n’est pas besoin d’avaler l’orteil, ni même de l’introduire dans la bouche, mais vous devez obéir à un règlement: « Vous pouvez boire rapidement ou lentement, mais vos lèvres doivent toucher le gros orteil. » Il s’agit bien d’un véritable orteil, momifié et de couleur quasiment noire. Vous aurez une amende de 500 dollars si vous avalez l’orteil et serez accusé de cannibalisme ! Le doigt de pied est conservé dans un pot de sel pour qu’il ne s’abîme pas. Il y a actuellement deux orteils en réserve pour remplacer ceux qui, à la longue, vont se décomposer et devenir des moignons inutilisables.

La fille de Dick Stevenson a déclaré que son père voulait faire don de ses deux gros orteils au Sourtoe Cocktail Club, demande immédiatement acceptée par le Downtown Hotel.
L’un des orteils en réserve a été offert par un concurrent de la Yukon Arctic Ultra, qui a dû être évacué de la course en février 2018. Il souffrait de gelures profondes. Il faisait si froid que ses cils étaient collés et que ses paupières ne pouvaient plus se fermer. Les médecins lui dirent qu’il faudrait l’amputer de trois de ses orteils. Une infirmière lui raconta qu’il existait peut-être une solution pour qu’il ne les perde pas complètement. Elle lui demanda s’il avait déjà entendu parler du Sourtoe Cocktail. L’homme pensait qu’il s’agissait un verre de whisky. « En quelque sorte », lui dit l’infirmière qui lui en expliqua le principe. Le coureur a immédiatement accepté de devenir l’ingrédient principal de l’une des boissons les plus originales et les plus repoussantes au monde. Ses orteils sont arrivés au bar par la poste quelques jours plus tard.
Un jour, le fameux orteil a été volé, mais il a vite été rendu à son propriétaire légitime, accompagné d’une lettre d’excuses. La police de Dawson City a rapidement localisé un suspect et essayé  le contacter, mais l’homme s’est rapidement rendu. Il a expliqué à la police qu’il avait placé l’orteil dans une enveloppe à l’adresse du Downtown Hotel. Le doigt de pied est arrivé en bon état et l’homme n’a pas été poursuivi en justice.
Source: Presse canadienne.

Voici une petite vidéo  illustrant parfaitement le sujet…

 https://youtu.be/0xqq0sCP5zw

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 I love legends from the Arctic and the toes of Dawson City in the Canadian Yukon marry the spirit of stories told by Jack London and rocked my teenage years.

We have just been told that Dick Stevenson, the inventor of the “Sourtoe Cocktail” that delighted and disgusted patrons at a hotel bar in the Yukon for decades, has died at the age of 89.

People have been venturing to Dawson City’s Downtown Hotel to throw back the Sourtoe Cocktail since 1973, when Dick Stevenson discovered a human toe in a pot in a cabin he had just bought. He then thought turning it into a drinking challenge might be a great way to draw tourists. Somehow, it was. Since then, it is estimated that more than 100,000 people have become members of the Sourtoe Cocktail Club. More than 10 toes have been donated to the cause.  .

To join the club, you don’t have to swallow the toe, or even put it in your mouth. But there is one rule: « You can drink it fast. You can drink it slow. But your lips must touch the gnarly toe. » The toe is mummified, dry and blackish-brown. The toe is real. So is the $500 fine for swallowing it. It is stored in a jar of salt for preservation.

Stevenson’s daughter said that her father wanted his toes preserved and donated to the Sourtoe Cocktail club, a wish the Downtown Hotel said it will honour.

One toe was donated by a competitor of the Yukon Arctic who had to be evacuated from the race by snowmobile in February 2018. He was suffering from deep frostbite. It was so cold that his eyes were frozen open, his eyelashes stuck together and his lids un-blinkable. The doctors soon informed him that three of his toes would have to go. But still, a nurse assured him, he didn’t really have to lose them, at least not completely. Had he ever heard of the Sourtoe Cocktail? she asked. The man thought it was a whiskey drink. Sort of, the nurse said and she explaines the principle of the Sourtoe Cocktail. The man readily accepted the chance to become the main ingredient of one of the world’s most famous drinking experiences. His toes arrived by mail at the bar the next days.

One day, the famous toe was stolen but soon returned to its rightful owner, accompanied by a letter of apology. Mounties in Dawson City quickly developed a suspect following the theft of the toe and made efforts to contact him. But the alleged suspect quickly reached out to the Mounties. He told them he’d « placed the toe in the mail, addressed to the Downtown Hotel. The toe was in good condition and the man was not sued. . »

Source : Canadian press..

Here is a short video that illustrates the topic :

https://youtu.be/0xqq0sCP5zw

Photos: C. Grandpey

Crédit photo: Downtown Hotel

Volcans australiens et légendes aborigènes // Australian volcanoes and Aboriginal legends

J’ai toujours été fasciné par les légendes sur les volcans ou les récits liés à leur histoire ancienne. Certaines de ces histoires apparaissent dans le livre «Mémoires Volcaniques» que j’ai écrit avec Jacques Drouin il y a quelques années (voir colonne de gauche de ce blog). Ces jours-ci, on peut lire sur le site web ABC News des histoires intéressantes liées au volcanisme en Australie.
Comparée à l’Europe ou aux États-Unis, l’Australie est pauvre en volcans. Le volcanisme n’a probablement pas eu lieu dans ce pays depuis l’arrivée des premiers habitants il y a environ 65 000 ans, mais il y a deux exceptions. Dans le sud de l’Australie et le nord du Queensland, une activité volcanique s’est probablement produite au cours des 10 000 dernières années. Toutefois, il est extrêmement difficile de déterminer sa chronologie. En effet, bon nombre de produits éruptifs ne peuvent être datés car ils ont trop été usés par le temps et il ne reste aucun matériau récent. C’est pourquoi l’âge des roches a généralement été déterminé en datant ce que les laves ou les couches de cendres ont enterré, ou ce qui se trouve au-dessus d’elles.
Une autre approche consiste à s’appuyer sur la tradition orale et interpréter les histoires racontées par les Aborigènes. De telles histoires ne peuvent guère permettre de déterminer l’époque des éruptions, mais elles fournissent des détails annexes intéressants sur ce qui s’est passé avant, pendant et après ces événements.
Ces histoires font référence à l’activité volcanique autour de la partie la plus méridionale de la frontière entre les provinces d’Australie Méridionale et de Victoria. Il y a, par exemple, l’histoire d’une famille qui s’est installée d’abord sur le Mont Muirhead. Ces gens enterraient leur nourriture pendant la nuit  pour la faire cuire, ce qui indique que le sol était très chaud. Au milieu de la nuit, le bullin – un oiseau local – a crié, ce qui peut être interprété comme le signal d’alerte d’une éruption imminente. La famille a alors fui vers le Mont Schank, où le bullin a encore crié et ils se sont déplacés vers le Mont Gambier. En cet endroit, l’oiseau est resté silencieux, mais les fours terrestres dans lesquels ils avaient placé leur nourriture ont été envahis par l’eau et la famille a abandonné cette zone aussi.
Beaucoup de volcans de la province (comme le Mont Gambier) sont des maars, des endroits où le magma remonte de l’intérieur de la Terre jusqu’à ce qu’il rencontre des eaux souterraines froides, ce qui produit une puissante explosion.
Il y a une histoire autochtone qui raconte que deux jeunes hommes nouvellement initiés ont brisé un tabou et offensé le serpent arc-en-ciel, l’être surnaturel le plus puissant et le plus redouté des Aborigènes. Bien que ce fût au milieu de la journée, le ciel devint rouge foncé et le sol se mit à se craquer et se soulever. Ensuite, un liquide s’est répandu. Il a englouti le paysage, laissant derrière lui un maar avec un lac. L’âge des couches de sédiments profonds au fond du lac Eacham suggère que l’éruption qui a façonné le maar a eu lieu il y a un peu plus de 9 000 ans.
Il y a des récits autochtones d’éruptions volcaniques qui se sont produites il y a plusieurs millénaires, tout comme il existe de nombreux récits de noyades le long des côtes qui doivent tous avoir plus de 7000 ans, époque où les inondations post-glaciaires ont pris fin.
De tels récits aident à dater des événements naturels du passé et ils devraient inciter les scientifiques à considérer les histoires issues de la tradition orale comme des sources acceptables d’information scientifique.
Source: ABC News.

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I have always been fascinated with legends about volcanoes or stories related to their ancient history. Some of these stories appear in the book “Mémoires Volcaniques” I wrote with Jacques Drouin a few years ago. These days, we can read on the ABC News websites interesting stories related with volcanism in Australia.

Compared to Europe or the US, Australia is remarkably poor volcanically. Volcanism has probably not occurred in Australia since it was first inhabited, perhaps 65,000 years ago, but there are two exceptions. In southern Australia and northern Queensland, volcanic activity likely happened within the past 10,000 years. However, determining its chronology has proved difficult. Indeed, many of the eruptive products are undatable, often weathered to the point where no fresh material remains. So ages have generally been determined by proxy, by dating what lavas or ash layers buried, or what lies above them.

Another approach involves interpreting oral stories recorded by Australian Aboriginal peoples. Such stories can only coarsely bracket the time of eruptions, but supply considerable ancillary detail about what happened before, during and after they occurred.

This is the area of volcanic activity clustered around the southernmost part of the border between South Australia and Victoria. There is the story of a family that settled first on Mount Muirhead. They buried their food overnight in the earth to cook, which tells us the ground here was unusually hot. In the middle of the night, the bullin – a local bird – shrieked, something that can be interpreted as the alarms arising from signs of imminent eruption. The family then fled to Mount Schank, where eventually the same thing happened, so they shifted to Mount Gambier. Here the bullin was silent, but the earth ovens in which they had placed their food flooded, so they abandoned this area as well.

Many volcanoes of the province (like Gambier) are maars, places where magma from the Earth’s interior rises until it encounters cold groundwater, whereupon there is a powerful explosion.

There is an often-told Aboriginal story that recalls when two freshly initiated youths broke a taboo and thereby offended the rainbow serpent, Aboriginal Australians’ most powerful and feared supernatural being. Even though it was the middle of the day, the sky turned blackish-red, and the ground cracked and heaved. Then from it, a liquid spilled out. It engulfed the landscape, leaving a maar lake as a legacy. The ages of deep sediment layers within Lake Eacham suggest the maar eruption that formed it occurred a little over 9,000 years ago.

There are Australian Aboriginal memories of volcanic eruptions that occurred several millennia ago, just as there are numerous memories of coastal drowning that must all be older than 7,000 years, the approximate time at which postglacial drowning came to an end.

Such examples provide a novel way of helping to date natural events in the past and should encourage scientists to treat oral histories and traditions as legitimate sources of scientific information.

Source : ABC News.

Carte montrant les deux régions volcaniques de l’Australie ( Source : Patrick D Nunn, professor of geography at the University of the Sunshine Coast)