Si le mont Fuji entrait en éruption…. // What if Mount Fuji erupted ?

Lors du séisme de Tohoku, de magnitude M9,1, survenu le 11 mars 2011 au large des côtes nord-est de l’île de Honshū, les volcanologues japonais ont craint que la forte sismicité déstabilise le mont Fuji et déclenche une éruption. En fait, aucun événement éruptif n’a été observé sur le volcan depuis 2011. Le mont Fuji est fréquenté par un très grand nombre de touristes et des quotas ont dû être mis en place pour en réguler la visite et l’ascension.

 

Le mont Fuji vu par Hokusai

Le site internet de RFI nous apprend que les volcanologues japonais viennent de lancer une mise en garde solennelle à la population qui doit se préparer à une éruption du mont Fuji,. Celle-ci peut survenir à tout moment. Une telle catastrophe aurait un impact profond sur la population japonaise et sur l’économie du pays. .

Le mont Fuji ne se situe qu’à 90 kilomètres de l’agglomération de Tokyo,et ses quelque 40 millions d’habitants. La Protection Civile japonaise avertit que si le volcan devait entrer en éruption, plus de 800 000 personnes vivant à proximité de la montagne devraient impérativement évacuer. Parmi elles, les 120 000 habitants des localités situées au pied du volcan n’auraient que trois heures pour se mettre à l’abri.

 

Dans le pire des cas, la région de Tokyo dans son ensemble sera plongée dans la pénombre par près de 500 millions de mètres cubes de cendres volcaniques qui poseront d’énormes problèmes. Le trafic routier, les trains et les métros seront paralysés. On pourrait même assister à une panne de courant générale. Les autorités insistent qu’il ne faut pas exclure ce risque ; il faut donc s’y préparer.

Elles ont donné à la population la consigne de faire des provisions afin d’avoir de quoi manger et boire pendant 15 jours, autrement dit le temps que durera vraisemblablement cette éruption. En effet, avec les mouvements de panique, les rayons des magasins se videront en quelques heures et ne pourront pas être réapprovisionnés étant donné la paralysie des transports.

Un confinement obligatoire sera probablement décrété car la qualité de l’air sera très mauvaise en raison des cendres. Les autorités sanitaires estiment que 12 millions de personnes souffriront de problèmes, surtout respiratoires et oculaires.

C’est bien de prévoir, mais les volcanologues japonais ne sont pas mieux lotis que leurs collègues ailleurs dans le monde : ils ne savent pas prévoir une éruption volcanique, que ce soit sa date ou son ampleur, mais les experts expliquent que chaque jour qui passe accroît le risque.

Dans le passé, 180 éruptions du Mont Fuji se sont produites à raison d’une tous les trente ou quarante ans environ. La dernière en date, l’éruption Hōei, avec un VEI 5, a eu lieu entre le 16 décembre 1707 et vers le 1er janvier 1708.

Représentation d’artiste de l’éruption de 1707

Le volcan a émis quelque 800 millions de mètres cubes de cendres volcaniques. Plus que l’éruption proprement dite, ce sont les effets secondaires qui ont été les plus meurtriers. De nombreuses personnes furent victimes des inondations, des glissements de terrain et de la famine qui suivit. Les récoltes commencèrent à se dégrader lorsque les cendres s’abattirent sur les champs, provoquant une famine généralisée dans la région de Tokyo (Edo à l’époque).

Source : RFI.

Il est intéressant de comparer la politique conduite par le Japon face à l’aléa volcanique du mont Fuji et celle menée par les autorités italiennes face au risque volcanique dans les Champs Phlégréens. Au Japon, tout est préétabli avec précision. On anticipe tout en imaginant le pire, étant donné que l’on ne sait pas de quoi sera faite la prochaine colère du volcan.

En Campanie, la situation est beaucoup plus désordonnée. Pourtant, l’aléa volcanique doit être pris au sérieux. On sait qu’une éruption majeure dans les Champs Phlégréens pourrait être catastrophique à cause de la densité très forte de la population. Les dernières alertes sismiques n’ont pourtant pas incité les autorités locales à prendre des mesures aussi urgentes et aussi précises que celles qui viennent d’être décrites au Japon.

Dans une note publiée le 12 décembre 2024, j’ai expliqué que, sur son site web, la Protection Civile de Pouzzoles donne, dans deux opuscules, une foule d’explications sur les zones à risques et sur les procédures à suivre en cas d’éruption :

https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

C’est intéressant, mais je ne suis pas certain que la majorité de la population de la région ait consulté avec la plus grande attention cette littérature. En observant les situations au Japon et en Italie, on se rend rapidement compte des différences de mentalité entre les deux pays.

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During the M9.1 magnitude Tohoku earthquake on March 11th, 2011, off the northeast coast of Honshu Island, Japanese volcanologists feared that the strong seismic activity would destabilize Mount Fuji and trigger an eruption. In fact, no eruptive event has been observed at the volcano since 2011. Mount Fuji is frequented by a very large number of tourists, and quotas had to be put in place to regulate visits and climbing.
The RFI website informs us that Japanese volcanologists have just issued a solemn warning to the public, who should prepare for an eruption of Mount Fuji. One could occur at any time. Such a catastrophe would have a profound impact on the Japanese population and the country’s economy.
Mount Fuji is located only 90 kilometers from the Tokyo metropolitan area, and its approximately 40 million inhabitants. Japan’s Civil Defense Agency warns that if the volcano were to erupt, more than 800,000 people living near the mountain would be required to evacuate. Among them, the 120,000 residents of the towns at the foot of the volcano would have only three hours to reach safety.
In a worst-case scenario, the entire Tokyo region would be plunged into darkness by nearly 500 million cubic meters of volcanic ash, causing enormous problems. Road traffic, trains, and subways would be paralyzed. There could even be a widespread power outage. Authorities insist that this risk cannot be ruled out; therefore, preparations must be made.
They have instructed the public to stock up on supplies to ensure they have enough food and water for 15 days, the length of time this eruption is likely to last. Indeed, with the panic, store shelves will empty within hours and will not be able to be restocked given the paralysis of transportation.
A mandatory lockdown will likely be imposed because the air quality will be so poor due to the ash. Health authorities estimate that 12 million people will suffer problems, especially respiratory and eye problems.
It’s good to be proactive, but Japanese volcanologists are no better off than their colleagues elsewhere in the world: they don’t know how to predict a volcanic eruption, either in terms of its date or magnitude, but experts explain that each day that passes increases the risk.
In the past, 180 eruptions of Mount Fuji have occurred, at a rate of one approximately every thirty or forty years. The most recent eruption, the Hoei eruption, with a VEI 5, occurred between December 16, 1707, and around January 1, 1708. The volcano emitted some 800 million cubic meters of volcanic ash. More than the eruption itself, it was the aftereffects that were the most deadly. Many people were victims of flooding, landslides, and the subsequent famine. Crops began to fail when the ash fell on the fields, causing widespread famine in the Tokyo (then Edo) area.

Source : RFI.

It is interesting to compare the policy used by Japan in the face of the volcanic hazard of Mount Fuji with that used by the Italian authorities in the face of the volcanic risk in the Phlegraean Fields. In Japan, everything is precisely pre-established. Everything is anticipated, imagining the worst, given that we don’t know what the next eruption will be like.
In Campania, the situation is much more chaotic. However, the volcanic hazard must be taken seriously. We know that a major eruption in the Phlegraean Fields could be disastrous due to the very high population density. However, the latest seismic alerts have not prompted local authorities to take measures as urgent and precise as those just described in Japan. In a post published on December 12, 2024, I explained that, on its website, the Civil Protection of Pozzuoli provides, in two booklets, a wealth of explanations about risk areas and the procedures to follow in the event of an eruption:
https://www.halleyweb.com/c063060/zf/index.php/servizi-aggiuntivi/index/index/idtesto/318

This is interesting, but I’m not sure that the majority of the region’s population has read this literature with the greatest attention. Observing the situations in Japan and Italy, one quickly realizes the differences in mentalities between the two countries.

Californie : conséquences des incendies sur l’environnement // California : consequences of the wildfires on the environment

Dans une note récente (29 Janvier 2025), j’ai alerté sur les conséquences des incendies pour les plages de Los Angeles qui seront polluées pendant très longtemps. Les médias américains alertent également sur les conséquences des incendies sur la faune et la flore, tant sur terre qu’en mer.
Bien qu’ils aient eu lieu en zone essentiellement urbaine, les incendies de Los Angeles ont eu des effets dévastateurs sur la faune. Si certains animaux peuvent fuir, de nombreuses espèces sont incapables d’échapper aux flammes en raison de leur mobilité réduite et de leurs besoins spécifiques en matière d’habitat. Ces incendies représentent de graves menaces et ils peuvent avoir un impact significatif sur la survie des espèces.
Les incendies menacent la faune de diverses façons : mortalité directe due aux flammes, perte d’habitats et de sources de nourriture, et problèmes respiratoires dus à l’inhalation de fumée. Les incendies de végétation qui ont ravagé les quartiers résidentiels de Los Angeles ont également brûlé de vastes étendues d’habitat naturel occupées par les ours, les pumas, les écureuils et d’autres animaux sauvages qui ont élu domicile dans ces zones. Lors de l’incendie de Palisades, une famille de pumas a été aperçue en train de traverser Topanga Canyon Boulevard pour échapper aux flammes.
Les impacts des incendies peuvent s’étendre au-delà des forêts, jusque dans l’océan Pacifique par une chaîne complexe de réactions environnementales. Comme je l’ai déjà écrit, les services sanitaires du comté de Los Angeles ont diffusé un bulletin d’alerte sur la pollution occasionnée par les eaux de ruissellement qui ont véhiculé jusque dans l’océan les produits utilisés par les pompiers. Ces eaux de ruissellement,peuvent nuire aux écosystèmes marins en dégradant la qualité de l’eau et en affectant la vie marine. Bien que l’impact environnemental de la situation actuelle à Los Angeles et dans l’océan Pacifique reste incertain, des recherches récentes indiquent que les eaux de ruissellement mettent en jeu des matériaux comme la mousse de polyuréthane présente dans les meubles et la literie, et qui peut présenter des risques environnementaux importants.
D’énormes quantités de cendres et de fumée dans l’atmosphère peuvent réduire la pénétration de la lumière du soleil, ce qui entrave la photosynthèse des plantes marines telles que les forêts de kelp. Les cendres transportées par les vents peuvent finir leur course dans l’océan,dont elles modifient la chimie. Bien que les cendres puissent apporter des nutriments et stimuler la croissance du phytoplancton, cette croissance soudaine peut aussi entraîner des proliférations d’algues nuisibles et réduire considérablement le niveau d’oxygène dans l’océan.
La combinaison de ces facteurs peut générer des défis importants pour les écosystèmes en interférant avec les réseaux trophiques marins.
Source : Environment Califormia, USA Today.

Image satellite de la fumée émise par les incendies de Los Angeles le 7 janvier 2025 (Source : NASA)

Les incendies de végétation qui ont ravagé plusieurs quartiers de Los Angeles ont également rendu la région vulnérable aux glissements de terrain. En effet, une grande partie de la végétation qui maintient la couche arable en place a brûlé, laissant derrière elle des « cicatrices », autrement dit des bandes de terre calcinées que l’on voit surtout dans les régions montagneuses. Les autorités ont prévenu les habitants que les glissements de terrain peuvent survenir sans prévenir et peuvent rapidement causer des dégâts catastrophiques, emportant des personnes, des véhicules et des structures.
Dans les semaines qui ont suivi les incendies de Los Angeles, le National Weather Service (NWS) de Californie a émis un bulletin d’alerte pour les zones à risque élevé de pluie, susceptibles de provoquer des glissements de terrain. Le NWS explique que des cendres et des débris se forment et s’accumulent lorsque des arbres et d’autres objets sont brûlés dans des incendies de végétation, ce qui peut rendre le sol glissant et déclencher des coulées de boue et des glissements de terrain. Les coulées de boue se produisent lorsqu’un torrent de boue dévale les flancs des collines, généralement à la suite de pluies intenses, tandis que les glissements de terrain sont principalement constitués d’une combinaison de terre et de débris plus lourds.

Exemple de cicatrice laissée par les incendies de végétation et favorable au déclenchement de glissement de terrain (Source: presse californienne)

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In a recent post, I alerted to the consequences of the wildfires for the Las Angeles beaches that will be polluted for e very long time. U.S. News media are also alerting to the consequences of the wildfires on animas and plants, both on land and at sea .

Although they took place in an urban area, the wildfires in Los Angeles had devastating impacts on wildlife. While some animals may be able to flee, many species are unable to escape the flames due to limited mobility and specific habitat requirements. These wildfires pose serious threats and can significantly impact species’ survival.

The fires threaten wildlife in multiple ways: direct mortality from flames, loss of critical habitats and food sources, and respiratory issues from smoke inhalation. The wildfires devastating residential neighborhoods in LA have also scorched vast stretches of natural habitat, potentially threatening the bears, mountain lions, squirrels and other wildlife that make these areas their home. As the Palisades Fire approached, a mountain lion family was spotted crossing Topanga Canyon Boulevard to escape.

The impacts of wildfires can extend beyond the burning forests and into the Pacific Ocean through a complex chain of environmental reactions. As I put it before, the LA County Department of Public Health has issued an ocean water advisory due to firefighting runoff entering coastal waters. The runoff, containing firefighting chemicals and debris, can potentially harm marine ecosystems by degrading water quality and affecting marine life. While the full environmental impact of the current situation in LA and the Pacific Ocean remains unclear, recent research indicates that runoff from fires involving common household materials, particularly polyurethane foam found in furniture and bedding, can pose significant environmental hazards.

Huge amounts of ash and smoke entering into the atmosphere can reduce sunlight penetration, creating challenges for vital marine plants such as kelp forests to photosynthesize. Ash brought by the winds can eventually end up in the ocean, changing the ocean chemistry. Although ashes can bring nutrients and boost phytoplankton growth, this sudden growth can lead to harmful algae blooms and deplete the oxygen level in the ocean.

A combination of such issues can create significant challenges for marine ecosystems by interfering with the marine food webs.

Source : Environment Califormia, USA Today.

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The wildfires that ravagesd several districts in Los Angeles have also made the region vulnerable to mudslides. Indeed, much of the Los Angeles vegetation that holds the topsoil in place has burned away, leaving behind « burn scars » or scorched swathes of land that are mostly seen in mountainous regions. Residents have been warned that mudslides can happen without warning and can quickly cause catastrophic damage, sweeping away people, vehicles, and structures.

In the weeks following the LA wildfires, the National Weather Service (NWS) in California had issued a warning for areas with elevated risk of rain, which could now bring dangerous conditions for mudslides. The NWS explains that ash and debris are created when trees and other objects are burned in wildfires, and this can cause the ground to become slick, triggering mudslides and landslides. Mudslides occur when a torrent of mud falls down hillsides, usually following intense rainfall, whereas landslides mostly consist of a combination of dirt and heavier debris.

 

Hausse de la sismicité sur le Mont Adams (État de Washington) // Increase in seismicity at Mt Adams (Washington State)

Dressant ses 3743 mètres à environ 55 km à l’est du mont St. Helens dans l’État de Washington, le mont Adams n’est pas le plus connu des volcans de la Chaîne des Cascades. Cependant, ses éruptions peuvent être destructrices et plusieurs localités seraient en danger si un tel événement se produisait. Une hausse de la sismicité a été enregistrée sur le Mont Adams en septembre 2024. Six événements entre M0,9 et M2,0 ont secoué le volcan C’est le plus grand nombre de séismes pour un mois depuis le début de la surveillance de ce volcan en 1982. Le Mont Adams est entré en éruption pour la dernière fois il y a entre 3 800 et 7 600 ans.
Aucune déformation du sol n’a été observée via l’imagerie satellite. Aucune information concernant les émissions de gaz n’est disponible car le Mont Adams n’a pas de programme d’échantillonnage de gaz. Actuellement, la couleur de l’alerte aérienne est Verte et le niveau d’alerte volcanique est Normal.
Le Mont Adams fait partie du champ volcanique Mont Adams-King Mountain, orienté nord-sud, suivant ainsi l’alignement de la Chaîne des Cascades. Ce champ comprend plus de 120 volcans plus petits répartis dans plusieurs comtés. Le Mont Adams est le deuxième volcan le plus haut de l’État de Washington après le Mont Rainier et le plus imposant volcan actif de l’État, tant en superficie qu’en volume. Malgré sa taille, son activité la plus fréquente est effusive, avec surtout des coulées de lave plutôt que des éruptions explosives.
Au cours des 12 000 dernières années, le Mont Adams a connu quatre coulées de lave qui n’ont toutefois parcouru que quelques kilomètres depuis leur source. La plus grande menace pour les localités à proximité est le risque de lahars. L’histoire montre qu’ils ont atteint la région de Trout Lake il y a environ 6 000 et 300 ans. Aujourd’hui, Trout Lake est une bourgade de 822 personnes à 22 km au sud du volcan.
Des avalanches de roches et de neige déclenchées par des glissements de terrain se sont également produites. La plus récente a eu lieu en 1987, mais n’a parcouru que quelques kilomètres.
L’USGS a classé le Mont Adams parmi les volcans à haut risque aux États Unis. Ce classement prend en compte à la fois les dangers liés à l’activité volcanique et l’exposition potentielle des zones habitées à proximité : Trout Lake, mais aussi Glenwood (220 habitants), située à 25 km au sud-sud-est du volcan.
Source : USGS, Smithsonian Institution.

Photos: C. Grandpey

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Rising about 55 km east of Mount St. Helens in Washington State, Mount Adams (3,743 m) is not the best known of the volcanoes on the Cascade Range. However, its eruptions can be destructive and several communities would be at risk if such an event occurred. An increase in seismicity was recorded at Mount Adams in September 2024. Six events between M0.9 and M2.0 struck the volcano, the highest monthly total since monitoring began in 1982. Mount Adams last erupted between 3 800 and 7 600 years ago.

No detectable ground deformation at the volcano could be observed via satellite imagery. No information regarding gas emissions is available since Mount Adams has no gas sampling programs. Currently, the Aviation Color Code for the volcano is Green, and the Alert Level is Normal.

Mount Adams is part of the north-south trending Mount Adams-King Mountain volcanic field.

This field includes more than 120 smaller volcanoes spread across several counties. Mount Adams is the second tallest volcano in Washington State and the largest active volcano in the state in both area and volume. Despite its size, its typical activity has been effusive, primarily producing lava flows rather than explosive eruptions.

In the last 12 000 years, Mount Adams has experienced four lava flows that travelled only a few kilometers from their source. The greatest threat to nearby communities is the potential for lahars, History shows that they flowed as far as the Trout Lake area about 6 000 and 300 years ago. Today, Trout Lake is a community of 822 people located 22 km south of the volcano.

Smaller landslide-triggered avalanches of rock and snow have also occurred, most recently in 1987, although they did not travel more than a few kilometers.

USGS ranks Mount Adams as a high-threat volcano. This ranking considers both the volcano’s hazards and the potential exposure of nearby communities : Trout Lake and Glenwood (population 220), located 25 km SSE of the volcano.

Source : USGS, Smithsonian Institution.

Hydroélectricité et risques naturels en Inde // Hydroelectricity and natural hazards in India

J’ai écrit dans plusieurs notes sur ce blog que l’Himalaya est le château d’eau de l’Asie. La neige et les glaciers fournissent de l’eau à 270 millions de personnes en Asie du Sud. L’Himalaya est donc une source d’eau douce vitale qui s’étend sur 2 400 kilomètres dans une zone qui comprend les plus hauts sommets du monde.

Source: NASA

Cependant, le réchauffement climatique fait reculer les glaciers et les climatologues avertissent que le niveau des rivières commencera à baisser vers 2050. Avec ses nombreux cours d’eau, la région devrait être en mesure de fournir une grande quantité d’ énergie hydroélectrique. Pourtant, seuls 20 % de ce potentiel estimé à 500 GW sont actuellement exploités.

L’immense chaîne de l’Himalaya, avec ses glaciers et ses grands cours d’eau, traverse l’Inde, le Pakistan, le Népal, l’Afghanistan, la Chine et le Bhoutan. La partie indienne de l’Himalaya couvre environ 16,2 % de la superficie du pays et forme sa frontière nord.
Le potentiel hydroélectrique exploitable en Inde a été estimé à environ 84 GW. L’essentiel se concentre dans les États de l’Arunachal Pradesh, de l’Himachal Pradesh et du Jammu-et-Cachemire, ainsi que dans l’État septentrional de l’Uttar Pradesh.
L’Himachal Pradesh possède un fort potentiel de production d’énergie hydroélectrique grâce à la fonte des glaciers et des lacs gelés. L’État héberge la plus grande capacité hydroélectrique installée en Inde, avec plus de 10 500 MW. Le gouvernement prévoit de doubler cette capacité, même si 97 % de la superficie de l’Himachal Pradesh est sujette aux glissements de terrain.

Centale hydroélectrique dans l’Himachal Pradesh (Crédit photo: Electrical India)

Bien que l’hydroélectricité offre des avantages autres que la production d’électricité en assurant la régulation du débit des rivières, l’irrigation et l’eau potable, les risques associés au développement de cette source d’énergie dans l’Himalaya sont plus importants que les avantages.
En effet, les glaciers de l’Himalaya fondent de plus en plus vite en raison du réchauffement climatique, avec l’apparition de grands lacs glaciaires retenus par de fragiles moraines. Ces moraines peuvent s’éventrer et provoquer d’énormes crues soudaines. Une étude de 2019 a révélé que plus de 5 000 lacs glaciaires dans la région étaient susceptibles de déclencher des inondations importantes qui pourraient avoir des conséquences sociétales catastrophiques.

Lac glaciaire dans l’Himalaya (Crédit photo: Planetary Science institute)

Un autre risque découle des effets du réchauffement climatique dans la région. On observe de plus en plus de précipitations extrêmes qui peuvent détruire les infrastructures hydroélectriques et inonder les villages.
De plus, l’Himalaya est soumis à une instabilité géologique et présente un sérieux risque de séismes. De tels événements peuvent briser des barrages et provoquer des inondations soudaines qui détruisent les routes, les habitations et les terres agricoles. Lors du séisme de 2015 au Népal, plus de 30 projets hydroélectriques ont subi des dégâts, principalement suite à des glissements de terrain. Cette catastrophe naturelle a provoqué la perte de 34 % de la capacité hydroélectrique installée dans le pays.

Glissement de terrain dans l’Himachal Pradesh (Crédit photo: India Today)

Les grands projets d’infrastructures tels que les centrales hydroélectriques sont également en grande partie responsables de la disparition des sources dans la région. Les statistiques gouvernementales montrent que la moitié des sources dans l’Himalaya indien se sont taries, avec de graves pénuries d’eau dans des milliers de villages.
De même, en Inde, trois projets hydroélectriques dans l’État himalayen de l’Uttarakhand ont subi des dommages lors d’inondations et de glissements de terrain en 2013 et 2021. Ces trois projets font partie de sept projets hydroélectriques en cours de construction auxquels le gouvernement indien a récemment donné le feu vert. Suite à cette approbation gouvernementale, un groupe de plus de 60 scientifiques, hommes politiques, environnementalistes et autres citoyens en proie à l’inquiétude ont écrit une lettre ouverte au Premier ministre indien. Ils ont demandé son intervention pour arrêter tout autre projet hydroélectrique dans l’Himalaya. Ils ont souligné que de tels projets étaient « voués à être détruits ou gravement endommagés » par des événements naturels.
Source : The Times of India et autres médias d’information internationaux.

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As I put it in several posts, the Himalayas are the water tower of Asia. The snow and the glaciers provide water to 270 million people in South Asia. The Himalayas are a vital freshwater source covering 2,400 kilometres in an area that includes the world’s highest peaks. However, global warming is shrinking the glaciers, and the river level will begin to decrease around 2050. The region has become a hydropower hotspot. However, only 20% of the estimated 500-GW potential is currently tapped.

The immense mountain range of the Himalayas, which includes glaciers and large rivers, passes through India, Pakistan, Nepal, Afghanistan, China and Bhutan. The Indian part of the Himalayas covers about 16.2% of the country’s area and forms its northern boundary.

Exploitable hydropower potential in India has been estimated at about 84 GW. The bulk of this potential lies in the fragile Indian Himalayan states of Arunachal Pradesh, Himachal Pradesh and Jammu and Kashmir, as well as the northern state of Uttar Pradesh.

Himachal Pradesh has a potential for hydropower generation due to the thawing of glaciers and frozen lakes. The state is home to India’s highest installed hydropower capacity of over 10,500 MW. The government plans to double this capacity, even though an estimated 97% of Himachal Pradesh’s geographical area is prone to landslides.

While hydropower offers benefits beyond electricity generation by providing flood control, irrigation support and clean drinking water, the risks associated with developing this energy source in the Himalayas outweigh the benefits.

Indeed, glaciers in the Himalayas are increasingly melting due to climate change and creating big glacier lakes. These lakes can burst and cause huge flash floods. A 2019 study found that more than 5,000 glacier lakes in the region were at risk of extensive flooding and could cause catastrophic societal impacts.

Another risk stems from the changing weather patterns in the region, leading to more extreme rainfall events which can ruin hydropower infrastructure and flood villages.

Additionally, the Himalayas are plagued by geological instability and are at serious risk from earthquakes. Such disasters can fracture dams and release sudden floods that ruin roads, homes and agricultural land. During the 2015 Nepal earthquakes, more than 30 hydropower projects underwent damage, mostly by landslides. This natural disaster caused the loss of 34% of the country’s installed hydropower capacity.

Big infrastructure projects such as hydropower stations are also largely responsible for springs dying in the region. Government statistics show that half of the springs in the Indian Himalayas have dried up, resulting in acute water shortages across thousands of villages.

Similarly, in India, three hydropower projects in the Himalayan state of Uttarakhand suffered damage from floods and landslides in 2013 and 2021.These are among seven under-construction hydropower projects that India’s government recently allowed to restart. Following this approval, a group of more than 60 concerned scientists, politicians, environmentalists and other citizens wrote an open letter to the Indian Prime Minister. They requested his intervention in stopping any more hydroelectric projects in the Himalayas. They highlighted that such projects were “bound to be destroyed or extensively damaged” by natural events.

Source : The Times of India and other international news media.