La sécheresse continue dans le sud-ouest des Etats Unis // Drought continues in the American Southwest

Les médias européens parlent peu de la grave sécheresse qui continue d’affecter le sud-ouest américain, mais la situation n’a guère évolué au cours des derniers mois. Selon les climatologues, il s’agit des deux décennies les plus sèches dans cette région du globe depuis au moins 1 200 ans, et les scientifiques confirment que le changement climatique est en grande partie responsable.
La « méga-sécheresse », qui a commencé en 2000, a réduit l’approvisionnement en eau, dévasté les cultures et l’élevage, et contribué à alimenter les incendies de forêt dans la région, était auparavant considérée comme la pire depuis 500 ans. Cependant, des conditions exceptionnelles au cours de l’été 2021 ont aggravé la situation. En conséquence, 2000-2021 est la période la plus sèche depuis l’an 800 qui est la limite les données météorologiques.
Les climatologues expliquent que la sécheresse aurait tout de même eu lieu, indépendamment du changement climatique, mais sa gravité n’aurait été qu’environ 60% de ce qu’elle est actuellement. Les scientifiques insistent sur le rôle de la température, plus que celui des précipitations, dans les sécheresses exceptionnelles. Les précipitations peuvent augmenter et diminuer au fil du temps et peuvent varier d’une région à l’autre, mais les activités humaines continuent d’envoyer des gaz à effet de serre dans l’atmosphère; le résultat, c’est que les températures augmentent et les conditions de sécheresse deviennent encore plus extrêmes.
Bien qu’il n’existe pas de définition officielle, une « méga-sécheresse » est généralement considérée comme une sécheresse sévère de longue durée, de l’ordre de plusieurs décennies. Toutefois, il peut y avoir des périodes où des conditions humides prévalent au coeur d’une méga-sécheresse. Le problème, c’est que dans le sud-ouest américain, il n’y a pas eu assez d’années humides consécutives pour mettre fin à la sécheresse. Avec le changement climatique, il est probable que la sécheresse continuera. Cela dure depuis 22 ans sans le moindre répit. Plusieurs méga-sécheresses depuis 1 200 ans ont duré jusqu’à 30 ans. Les climatologues pensent qu’il est probable que la sécheresse actuelle durera aussi longtemps.
Les cernes des arbres permettent de mesurer leur croissance année après année. En utilisant des données climatiques d’observation au cours du siècle dernier, les chercheurs ont pu établir un lien étroit entre la largeur des cernes et la teneur en humidité du sol. Ensuite, ils ont appliqué cette relation largeur-humidité aux données d’arbres beaucoup plus âgés. Le résultat est un enregistrement presque parfait de l’humidité du sol sur 12 siècles dans le Sud-Ouest.
En utilisant ces données, les chercheurs ont déterminé que l’été 2021 a été le deuxième plus sec des 300 dernières années, dépassé seulement par 2002. Les pluies de la mousson dans le désert du sud-ouest l’été dernier avaient donné l’espoir que la sécheresse pourrait prendre fin, tout comme les fortes pluies et la neige en Californie à l’automne et en décembre. Mais janvier a produit des conditions record de sécheresse dans une grande partie de l’Ouest, et jusqu’à présent, février a également été sec. Les réservoirs qui, il y a quelques mois, étaient à des niveaux supérieurs à la normale, sont à nouveau inférieurs, et le manteau neigeux est également insuffisant sur les montagnes. Les prévisions saisonnières laissent entendre que la sécheresse se poursuivra.
Source : Yahoo News, The New York Times.

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Little is said in the European news media about the severe drought that is still affecting the American Southwest, but nothing has much changed during the past months. The megadrought has become so severe that it is now the driest two decades in the region in at least 1,200 years, and scientists do confirm that climate change is largely responsible.

The drought, which began in 2000 and has reduced water supplies, devastated farmers and ranchers and helped fuel wildfires across the region, had previously been considered the worst in 500 years. However, exceptional conditions in the summer of 2021 made the situation much worse. As a result, 2000-2021 is the driest 22-year period since A.D. 800, which is as far back as the data goes.

Climate scientists say there would have been a drought regardless of climate change, but its severity would have been only about 60% of what it is. They insist on the role of temperature, more than precipitation, in driving exceptional droughts. Precipitation amounts can go up and down over time and can vary regionally. But as human activities continue to pump greenhouse gases into the atmosphere, temperatures are more generally rising, and drought conditions become much more extreme.

Although there is no uniform definition, a megadrought is generally considered to be one that is both severe and long, on the order of several decades. But even in a megadrought there can be periods when wet conditions prevail. The problem is that in the American Southwest there are not enough consecutive wet years to end the drought.

Climate change also makes it more likely that the drought will continue. It has lasted 22 years and is still in full swing. Several previous megadroughts in the 1,200-year record lasted as long as 30 years. Climate scientists think it is likely that the current drought will last that long.

Tree rings are a year-by-year measure of growth. Using observational climate data over the past century, researchers have been able to closely link tree ring width to moisture content in the soil, which is a common measure of drought. Then they have applied that width-moisture relationship to data from much older trees. The result is an almost perfect record of soil moisture over 12 centuries in the Southwest.

Using that record, the researchers determined that last summer was the second driest in the past 300 years, with only 2002, in the early years of the current drought, being drier. Monsoon rains in the desert Southwest last summer had offered hope that the drought might come to an end, as did heavy rain and snow in California from the fall into December. But January produced record-dry conditions across much of the West, and so far February has been dry as well. Reservoirs that a few months ago were at above-normal levels for the time of year are now below normal again, and mountain snowpack is also suffering. Seasonal forecasts also suggest the dryness will continue.

Source: Yahoo News, The New York Times.

Les réserves d’eau sont au plus bas dans le SO des Etats Unis, comme ici le Lac Powell (Photo: C. Grandpey)

Les effets du réchauffement climatique sur la végétation de Yellowstone // The impact of global warming on vegetation in Yellowstone

Selon une nouvelle étude publiée dans les Geophisical Research Letters de l’American Geophysical Union, les étés dans le Parc national de Yellowstone deviennent de plus en plus torrides. En particulier, août 2016 a été l’un des mois d’été les plus chauds des 1250 dernières années.
La nouvelle étude s’appuie sur des échantillons vivants et morts d’épinettes d’Engelmann collectés à haute altitude dans et autour du Parc national de Yellowstone. Ces échantillons ont permis d’étendre la connaissance des températures estivales maximales à des siècles au-delà des données déjà fournies par les instruments.
Les auteurs de l’étude, originaires de l’Université de l’Idaho, ont découvert que les 20ème et 21ème siècles, et en particulier les 20 dernières années, ont été les plus chauds des 1250 dernières années. Auparavant, les relevés de température pour la région de Yellowstone n’étaient disponibles que depuis 1905.
Les données climatiques recueillies à partir des échantillons de cernes des arbres correspondent aux données fournies par les instruments au cours des 100 dernières années. Les chercheurs ont également pu identifier plusieurs périodes de réchauffement connues enregistrées par les cernes des arbres, comme l’anomalie climatique médiévale entre 950 et 1250, ainsi que plusieurs périodes de refroidissement décennales qui se sont produites avant 1500. Les cernes des épinettes montrent que les années 1080 étaient extrêmement chaudes et qu’au 16ème siècle, il y a eu une période de chaleur qui s’est étalée sur environ 130 ans.
Les périodes chaudes du passé se sont caractérisées par une importante variabilité de la température sur plusieurs décennies, ce qui est très différent des tendances prolongées et intenses de réchauffement observées au cours des 20 dernières années. Le réchauffement sans précédent d’aujourd’hui est susceptible de causer des dégâts à l’écosystème du Grand Yellowstone en exacerbant les sécheresses, les incendies de forêt et d’autres types de stress écosystémique.
La nouvelle étude fournit des données particulièrement importantes pour mieux comprendre la relation entre la hausse des températures et les facteurs environnementaux tels que les régimes d’incendie, le manteau neigeux saisonnier et les changements intervenus dans la végétation. Un chercheur a déclaré que « la tendance au réchauffement que nous observons depuis l’an 2000 est la plus intense jamais enregistrée. La concentration de chaleur sur une période de temps relativement courte est inquiétante et a des conséquences importantes pour la santé et la fonctionnalité de l’écosystème. »
L’étude a identifié les tendances de la température de surface en été à l’aide d’une nouvelle technique d’étude des cerne des arbres appelée Blue Intensity. Contrairement aux méthodes traditionnelles d’observation des cernes où les biologistes ne mesurent que les cernes de croissance annuels ou infra-annuels, la technique Blue Intensity met en évidence la densité des cernes. Il a été démontré que la densité de la partie la plus externe des cernes de croissance chaque année est étroitement liée aux températures estivales maximales. Développée en Europe au début des années 2000, la technique Blue Intensity s’avère moins coûteuse que les autres méthodes d’évaluation de la densité des cernes des arbres .
Les épinettes d’Engelmann, que l’on trouve dans toute l’Amérique du Nord, du Canada au Mexique, sont parfaites pour mettre en application la technique Blue Intensity en raison de leur bois de couleur uniformément claire. De plus, l’épinette d’Engelmann vit entre 600 et 800 ans et pourrit relativement lentement. L’entretien parfait du Parc national de Yellowstone a permis de se procurer des échantillons d’arbres vivants et abattus datant d’il y a 1250 ans. Les chercheurs travaillent à l’application de la technique Blue Intensity à d’autres régions d »Amérique du Nord, en particulier dans les États du sud, où il peut être difficile d’obtenir des données de température fiables à partir des méthodes traditionnelles d’observation des cernes des arbres.
Source : American Geophysical Union.

Dans le même temps, il est bon de signaler que le Parc National de Yellowstone ne montre pas de signe d’éruption à court terme. La sismicité et la déformation du sol restent à des niveaux normaux, ainsi que la température des sources chaudes.

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According to a newstudy published in the American Geophysical Union‘s Geophysical Research Letters, summers inYellowstone National Park are getting harsher. In particular, August 2016 was one of the hottest summers in the last 1,250 years.

The new study relies on samples of living and dead Engelmann spruce trees collected at high elevations in and around Yellowstone National Park in order to extend the record of maximum summer temperatures back centuries beyond instrumental records.

The authors of the study from the University of Idaho, found that the 20th and 21st centuries, and especially the past 20 years, are the hottest in the new 1,250-year record. Previously, temperature records for the Yellowstone region were only available going back to 1905.

The climate data collected from the tree ring samples fits closely with the instrumental record over the past 100 years. The researchers were also able to identify several known periods of warming in the tree ring record, including the Medieval Climate Anomaly that occurred between 950 and 1250, as well as several multidecadal periods of cooling that occurred prior to 1500. The records show that the 1080s were extremely warm and in the 16th century, there was a period of prolonged warmth for about 130 years.

The warm periods of the past were characterized by substantial multidecadal temperature variability, markedly different from the prolonged, intense warming trends seen over the past 20 years. Today’s unprecedented warming may spell trouble for the Greater Yellowstone Ecosystem by exacerbating droughts, wildfires, and other types of ecosystem stress

The new study provides crucial data to better understand the relationships between increasing temperatures and environmental factors like fire regimes, seasonal snowpack, and vegetation changes. One researcher daid that « the warming trend we see beginning around 2000 is the most intense in the record. The rate of warmth over a relatively short period of time is alarming and has important implications for ecosystem health and function. »

The study identified summer surface temperature trends using a new tree ring technique called Blue Intensity. Unlike traditional tree ring methods where biologists just measure annual or sub-annual growth rings, Blue Intensity gives a representation of ring density. Density of the outermost part of annual growth rings has been shown to correlate closely with maximum summer temperatures. Developed in Europe in the early 2000s, Blue Intensity has been shown to be a more cost effective method of assessing tree ring density than other methods.

Engelmann spruce trees, found throughout North America from Canada to Mexico, are the “perfect species for BI methods due to their uniformly light-colored wood. Engelmann spruce also live between 600 and 800 years and rot relatively slowly. The pristine setting of Yellowstone National Park provided an opportunity to source samples from living and downed trees dating back 1,250 years The researchers are also working on applying Blue Intensity methods to more locations across North America, particularly in southern states, where obtaining a strong temperature signal from traditional tree ring data can be difficult.

Source : American Geophysical Union.

At the same time, it is worth reporting that Yellowstone National Park does not show any signs of an impending eruption. Seismicity and ground deformation remain at normal levels, as does the temperature of hot springs.

Epinettes sous la neige en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Le dégel du permafrost et ses conséquences // Permafrost thawing and its consequences

J’ai alerté à plusieurs reprises sur les conséquences du dégel du pergélisol en Arctique : routes déformées, forêts ivres, etc. Les maisons fissurées et les ruptures de pipelines vont très probablement devenir de plus en plus fréquentes dans et près de l’Arctique, car la hausse des températures provoque le dégel du sol gelé. Tous ces événements sont confirmés par une nouvelle étude réalisée par des chercheurs des universités de Finlande et d’Alaska.
Cinq millions de personnes vivent sur le pergélisol arctique, notamment en Russie, en Amérique du Nord et en Scandinavie. Le changement climatique provoque un réchauffement de l’Arctique deux à quatre fois plus rapide que le reste de la planète et les scientifiques affirment que 70 % des infrastructures – dont 30 à 50 % sont des infrastructures essentielles à l’économie – courent un risque élevé de dégâts d’ici 2050, avec un coût estimé à des dizaines de milliards de dollars.
Le pergélisol fait référence à une terre qui est restée gelée de façon continue pendant plus de deux ans. Il couvre environ un quart de la surface terrestre de l’hémisphère nord, dont la moitié du territoire canadien et 80 % de celui de l’Alaska. La hausse des températures en fait dégeler certaines parties avec des effets souvent imprévisibles, notamment la formation de cavités, des glissements de terrain et des inondations. Les constructions elles-mêmes et le réchauffement climatique provoquent le dégel du pergélisol, ce qui menace les infrastructures existantes et les futurs projets de construction.
Le dégel du pergélisol pose des problèmes dans tous les domaines, qu’il s’agisse de creuser les fondations d’une maison ou de construire une route, ou encore quand il s’agit d’installer des systèmes d’égout et d’alimentation en eau. On peut voir les fondations des bâtiments et des routes se déformer ; les gens roulent sur des routes bosselées.
En raison de la façon inégale et injuste dont le gouvernement américain a réparti les terres après la colonisation aux 19ème et 20ème siècles, les villages autochtones ont maintenant des terres de plus en plus réduites et de plus en plus instables.
Dans le même temps, en Russie, jusqu’à 80% des bâtiments sont endommagés dans certaines villes construites sur le pergélisol. La plupart des villes de l’Arctique sont situées en Russie et la dégradation du paysage affecte la sécurité alimentaire, les modes de vie traditionnels et l’accessibilité. On sait que que le réchauffement de la planète va s’accélérer dans les années à venir; cela signifie que le pergélisol va dégeler encore davantage, menaçant les infrastructures et les zones habitées. Au moins 120 000 bâtiments, 40 000 km de routes et 9 500 km de pipelines, ainsi que des pistes d’atterrissage, sont situés dans les zones de pergélisol de l’hémisphère nord. Toute la stabilité du paysage dépend du seuil de 0°C. En conséquence, à mesure que la température de surface approche de zéro, les problèmes apparaissent en cascade. Dans certaines localités, les conduites d’eau se rompent et les maisons deviennent instables lorsque le sol s’affaisse. Pour les enfants, il est devenu dangereux de jouer à l’extérieur dans certaines zones en raison des grandes flaques d’eau de fonte du permafrost.
En 2020, des preuves évidentes de l’impact catastrophique du dégel du pergélisol dont apparues lorsqu’une énorme marée noire a provoqué l’une des pires catastrophes environnementales de la Russie. En juin et juillet 2020, j’ai expliqué dans plusieurs articles qu’environ 21 000 tonnes de fuel se sont déversées à Norilsk dans les rivières et les lacs du nord de l’Arctique russe. Les enquêteurs pensent que les réservoirs de fuel se sont enfoncés dans le sol devenu instable à cause du dégel du pergélisol.
Il est possible de s’attaquer au problème du dégel du pergélisol en utilisant différentes techniques de construction ou en essayant de maintenir le pergélisol à basse température, mais ces solutions sont coûteuses et risquées. Certaines routes de l’Alaska sont construites avec des remblais à convection d’air. Cette technique consiste à placer des pierres poreuses à l’intérieur de la surface des routes pour permettre à la chaleur de s’évacuer du sol gelé (voir photo ci-dessous)
La plupart des scientifiques pensent que la solution la plus raisonnable consisterait à réduire notre dépendance aux gaz à effet de serre et ainsi à abaisser le degré de réchauffement de notre planète.
Les scientifiques étudient aussi attentivement le pergélisol pour évaluer la quantité de dioxyde de carbone qu’il libère et fur et à mesure que le sol se réchauffe.
Source : Nature Reviews Earth & Environment, Yahoo News.

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I have alerted several times to the consequences of the thawing of permafrost in the Arctic: distorted roads, drunken forests, and so on. Cracked homes, and ruptured pipelines are likely to become common in and near the Arctic as warming temperatures cause frozen ground to thaw. All these events are confirmed by a new study made by researchers from the universities of Finland and Alaska.

Five million people live on Arctic permafrost including in Russia, North America and Scandinavia. Climate change is causing the Arctic to warm two-to-four times faster than the rest of the planet and scientists say that 70% of infrastructure and 30-50% of critical infrastructure is at high risk of damage by 2050, with projected cost of tens of billions of dollars.

Permafrost is defined as land that has been frozen continuously for more than two years. It covers around one quarter of the northern hemisphere’s land surface, including half of Canada’s land and 80% of Alaska’s. Warming temperatures are causing parts of it to thaw with often unpredictable effects, including sinkhole formation, land slips and flooding. Both the construction itself and the warming of the climate cause permafrost to thaw, which threatens existing infrastructure and future construction projects.

The thawing of permafrost affects everything from trying to dig foundations for a house, or building a level road, to installing sewer and water systems. One can see the foundations of buildings and highways are up and down; people are driving over big bumps in the roads.

Because of the unequal way that the US government divided up land after colonisation in the 19th and 20th centuries, indigenous villages now have limited land and few options to move as it becomes unstable.

Meanwhile in Russia, up to 80% of buildings are damaged in some cities built on permafrost. Most of the cities in the Arctic are located in Russia and the degrading landscape is affecting food security, traditional lifestyles and accessibility. As the heating of the planet is projected to accelerate in coming years, more permafrost is expected to thaw, threatening infrastructure and communities. At least 120,000 buildings, 40,000 km of roads and 9,500 km of pipelines, as well as airstrips, are located in permafrost areas of the northern hemisphere. The whole landscape stability is dependent on the threshold of zero degrees Celsius. And as surface temperature approaches zero, huge waves of problems are appearing. In some communities, water mains are rupturing and houses are becoming unstable when the ground subsides. It has become dangerous to play outside in areas due to ponds forming from meltwater.

In 2020, evidence of the catastrophic impact of warming permafrost was clear when a huge oil spill caused one of Russia’s worst environmental disasters. In June and July 2020, I explained in several posts that around 21,000 tonnes of diesel poured from Norilsk Nickel’s storage tanks into rivers and lakes in Russia’s Arctic north. Investigators believe the tanks sank into the ground after it became unstable as permafrost thawed.

It is possible to tackle the problem of permafrost thawing by using different building design or trying to keep the permafrost cool. But it is expensive and risky. Some highways in Alaska are already built with air convection embankments. This method places porous stones inside the surface of roads to encourage heat to rise away from the frozen ground (see photo below)

Most scientists will probably agree that the sensible solution is to reduce our dependency on greenhouse gases and thereby lower the degrees to which our planet will warm.

Scientists are also closely analysing permafrost to assess how much carbon dioxide locked inside the frozen land is being released as it warms.

Source : Nature Reviews Earth & Environment, Yahoo News.

Source: Wikipedia

Route dégradée par le dégel du pergélisol en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Bâtiments affectés par le dégel du permafrost (Photo: C. Grandpey)

Recherche de solutions pour le réseau routier dans le Yukon canadien (Photos: C. Grandpey)

Réchauffement climatique : les castors envahissent le nord // Climate change : beavers are heading north

Voici une conséquence inattendue, mais logique, du réchauffement climatique sous les hautes latitudes. La transformation de l’Arctique est accélérée par une vague de milliers de nouveaux arrivants qui ont élu domicile dans cette région : les castors.
Les scientifiques de l’Université de l’Alaska qui cartographient la propagation des castors en Alaska ont été très surpris de constater que les rongeurs se sont déplacés vers le nord et ont atteint un territoire auparavant inhospitalier. Il ne serait pas surprenant qu’il envahissent maintenant des territoires encore plus au nord avec le réchauffement de la toundra arctique à cause de la crise climatique. L’étude s’intitule Beaver Engineering: Tracking a New Disturbance in the Arctic.
Selon les chercheurs, il y a des régions de l’Alaska qui n’étaient pas fréquentées par les castors il y a 50 ans, mais qui sont maintenant envahies..Si l’on songe que le phénomène se produit probablement aussi dans l’Arctique canadien et russe, cela donne une idée de son ampleur..
À l’aide de photographies aériennes et d’images satellites remontant à 1949, ainsi que des rapports d’observations avant cette date, une équipe internationale de chercheurs appartenant à l’Arctic Beaver Observation Network a identifié plus de 12 000 étangs créés par des castors grâce à la construction de barrages à travers les rivières et les ruisseaux dans l’ouest de l’Alaska. Ce nombre a doublé au cours des 20 dernières années.
Au cours des dernières années, avec le réchauffement de l’Arctique, le castor nord-américain s’est déplacé vers le nord et l’ouest et il occupe maintenant de vastes étendues de la péninsule de Seward en Alaska.
L’impact de ces rongeurs semi-aquatiques est ressenti par les communautés autochtones de l’Alaska. Les zones inondées par les castors suscitent des inquiétudes quant à l’accès à la nourriture et aux déplacements.
On ne sait pas combien de castors occupent actuellement les parties nord et ouest de l’Alaska,; les estimations vont de 50 000 à près de 100 000.
On n’a pas encore parfaitement évalué l’impact de la propagation des castors dans l’Arctique sur l’environnement et les communautés autochtones qui y vivent. Cependant, les gens s’inquiètent de l’impact des barrages sur la qualité de l’eau, le nombre de poissons en aval des barrages et les déplacements en bateau.
Une conséquence à plus grande échelle de l’arrivée des castors dans l’Arctique pourrait être l’accélération du changement climatique. La réduction du piégeage des animaux pour leur fourrure au cours du siècle dernier a probablement contribué à leur déplacement vers le nord. Les rongeurs, qui n’hibernent pas, ont bénéficié d’hivers plus courts et d’une plus grande quantité de végétation dont ils ont pu se nourrir.
Les étangs qui se forment lorsque les castors édifient des barrages sur les rivières créent par endroit des «points chauds» non gelés qui entraînent le dégel du pergélisol et la libération des grandes quantités de carbone qu’il contient . Les scientifiques expliquent qu’un dégel du pergélisol à grande échelle pourrait générer une spirale incontrôlable du réchauffement climatique. Les scientifiques ajoutent que ces étangs absorbent mieux la chaleur et modifient l’hydrologie de la région; le pergélisol réagit à cet ensemble de facteurs.
La Brooks Range, une chaîne de montagnes qui traverse le nord de l’Alaska, sera un obstacle à la progression des castors mais ne les arrêtera pas car ils suivront les rivières pour atteindre la côte nord.
Source : Yahoo News.

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Here is another unexpected, but logical, consequence of global warming in the high latitudes. The transformation of the Arctic is being accelerated by a wave of thousands of newcomers that enjoy living in this region : beavers.

Scientists from the University of Alaska who are mapping the spread of beavers in Alaska were really surprised to find that the rodents have pushed far north into previously inhospitable territory and are now set to sweep into the furthest northern extremities as the Arctic tundra continues to heat up due to the climate crisis. The study is entitled Beaver Engineering: Tracking a New Disturbance in the Arctic.

According to the researchers, there are areas of Alaska that had no evidence of beavers 50 years ago, but that are now apparently saturated with them. It is just a matter of time before the animals head even further north. What is more, this is likely happening across the rest of the Arctic in Canada and Russia; it gives an idea of the scope of this change.

Using aerial photographs and satellite imagery reaching back to 1949, and observations recorded from before then, an international team of researchers involved in the Arctic Beaver Observation Network identified more than 12,000 ponds created by beavers damming rivers and streams across western Alaska. This number has doubled in the past 20 years.

In recent years, with the heating of the Arctic, the North American beaver has ventured north and west and now occupies vast swaths of the Seward peninsula in Alaska.

The impact of these semiaquatic rodents has been felt by the remote Indigenous communities of Alaska, with the flooded areas created by beavers causing concern over access to food and travel.

It is unknown how many beavers are now in the northern and western parts of Alaska, with estimates ranging from 50,000 to close to 100,000.

The true impact of the spread of beavers into the Arctic on the environment and the Indigenous communities who live there is not yet fully known. However, people are concerned about the impact beaver dams are having on water quality, the numbers of fish downstream of the dams, and access for their boats.

A broader consequence of the arrival of beavers could be the acceleration of the climate change which, in combination with a reduction in fur trapping over the past century, has probably allowed the beavers to push north. Beavers, which do not hibernate, have benefited from shortening winters and the wider availability of vegetation available to feed upon.

The pools that accumulate when beavers dam rivers create localized unfrozen “hotpots” that result in the thawing of permafrost and its vast amounts of carbon. Scientists warn that a widespread thawing of permafrost could cause global heating to spiral dangerously out of control. THe scientists warn that those ponds absorb heat better, they change the hydrology of the area and the permafrost responds to that.

The Brooks Range, a mountain range that runs across northern Alaska, will be an obstacle to the beavers but will not stop them as they follow rivers up to the north coast.

Source: Yahoo News.

 

L’arrivée des castors a considérablement modifié un cours d’eau dans la toundra sur la péninsule de Seward entre 2003 et 2016. Les zones noires sur la carte sont de nouveaux étangs créés par les castors. La flèche bleue indique le sens du courant de la rivière et les flèches magenta montrent les barrages. (Images tirées de l’étude susmentionnée).

Beaver engineering dramatically altered a tundra stream on the Seward Peninsula between 2003 and 2016. The enlarged black areas are new beaver ponds, the blue arrow shows flow direction, and magenta arrows denote dams. (Images from the above-mentioned study).