Encore des nouvelles inquiétantes // More disturbing news

Selon l’observatoire Copernicus, l’étendue de la banquise en Antarctique, où c’est actuellement l’été, a atteint un nouveau record à la baisse pour un mois de janvier, bien en dessous du précédent record de janvier 2017. Suite aux records de chaleurs de 2022, l’étendue de banquise était en janvier 2023 inférieure de 31% à la moyenne, soit le niveau le plus bas jamais atteint pour le premier mois de l’année.

Les nouvelles ne sont guère meilleures pour l’Arctique, où c’est l’hiver, et où une étendue de glace de mer 4% inférieure à la normale été observée. Il s’agit de la troisième plus faible mesure pour un mois de janvier. Ces mesures sont inquiétantes. En effet, si la fonte de la glace de mer n’a pas d’effet perceptible sur la hausse du niveau des océans puisqu’elle se trouve déjà dans l’eau de mer, elle accélère le réchauffement climatique. Par albédo, sa surface blanche, agit comme un miroir et réfléchit l’essentiel de l’énergie du soleil. Sa fonte laisse place une surface maritime sombre qui absorbe la chaleur du rayonnement solaire et participe ainsi à l’accélération du réchauffement de la planète.

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According to the Copernicus observatory, the extent of sea ice in Antarctica, where it is currently summer, has reached a new downward record for a month of January, well below the previous record of January 2017. Following the 2022 heat records, the extent of sea ice in January 2023 was 31% below average, i.e. the lowest level ever reached for the first month of the year.
The news is not much better for the Arctic, where it is winter, and where an extent of sea ice 4% lower than normal has been observed. This is the third lowest measurement for a month of January. These figures are worrying. Indeed, if the melting of sea ice has no perceptible effect on the rise in the level of the oceans since it is already in the sea water, it accelerates global warming. By albedo, its white surface acts like a mirror and reflects most of the sun’s energy. Its melting gives way to a dark maritime surface that absorbs heat from solar radiation and thus contributes to accelerating global warming.

En disparaissant, la glace de mer accélère le réchauffement climatique (Photo: C. Grandpey)

La fonte des glaciers néo-zélandais // The melting of New Zealand glaciers

Le réchauffement climatique affecte également l’hémisphère sud et les glaciers continuent de fondre en Nouvelle-Zélande. Depuis 1977, les Alpes du Sud ont perdu 34 % de leur couverture de glace et de neige. Les plus petits glaciers ont perdu environ 12 mètres d’épaisseur pendant cette période.
Les médias du pays viennent d’expliquer que les deux glaciers les plus populaires – Franz Josef et Fox – fondent à une vitesse incroyable. Je les ai visités il y a une dizaine d’années, au moment où les autorités locales interdisaient les visites guidées en raison du risque d’éboulements et de glissements de terrain. Un article de presse néo-zélandaise a pour titre « Plus haut, plus vite, plus court. C’est la triste nouvelle devise des glaciers de Nouvelle-Zélande. »
Comme sur de nombreux glaciers dans le monde, il y a des panneaux le long de la route qui mène au glacier Fox. Ils marquent le point où se trouvait le front du glacier à divers moments de l’histoire, il y a des siècles, des décennies. Le Fox a beaucoup reculé, d’environ trois kilomètres depuis les années 1880. Certains mouvements sont dus à la progression naturelle d’une rivière de glace, mais le recul s’accélère et les scientifiques sont inquiets.

Après avoir conduit le long de la route qui mène au glacier, on atteint un parking où on peut laisser son véhicule et emprunter un sentier. Il faut aujourd’hui plus de 30 minutes jusqu’au point de vue sur le front du glacier. Il y a une dizaine d’années, il fallait une demi-heure pour atteindre le front proprement dit.

 

Cette balade jusqu’à la glace est désormais interdite car trop dangereuse. Les tours en hélicoptère sont maintenant le meilleur moyen d’avoir une bonne vue des glaciers, mais la solution est beaucoup plus coûteuse. Je me souviens d’avoir survolé les glaciers dans un petit avion, moins cher qu’un hélicoptère.

 

À seulement 30 minutes de route du glacier Fox se trouve le glacier Franz Josef. Les deux sites sont différents. Alors que la vallée du glacier Fox est principalement constituée de roches grises et a une forme arrondie, la vallée du glacier Franz Josef est pleine de roches orange, avec plus de végétation et les flancs de la vallée sont plus pentus. Le glacier Franz Josef recule lui aussi, à l’image de tous les glaciers de Nouvelle-Zélande. L’accélération de ce recul ne cesse d’augmenter et les scientifiques pensent qu’elle n’a jamais été aussi rapide. Ils sont convaincus que le changement climatique d’origine humaine en est la principale cause.

 

Aujourd’hui, la marche depuis le parking jusqu’au front du glacier Franz Josef est belle, mais assez longue. Elle peut demander près d’une heure si on prend son temps. Le Franz Josef a perdu environ 800 mètres de longueur depuis 2008. La différence se voit d’une année sur l’autre. Un article de presse se termine par ces mots : « La planète se réchauffe, les glaciers rétrécissent. C’est aussi simple que cela! […]} C’est peut-être le genre d’endroit dont nous ne posséderons que des photos pour expliquer aux futures générations à quoi ressemblait le monde naturel avant la hausse rapide des températures. »

 

Photos: C. Grandpey

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Global warming is affecting the Southern Hemisphere too and glaciers keep melting in New Zealand. Since 1977, the Southern Alps have lost 34 per cent of their ice and snow cover. The smallest glaciers have lost about 12 metres of thickness in that time.

The country’s news media have just explained that the two most popular glaciers – Franz Josef and Fox – are melting at an incredible pace. I visited them about a decade ago . It was the moment when local authorities prohibited guided tours to the se glaciers because of the risk of rockfalls and landslides. An article in the New Zealand press is entitled « Higher, faster, shorter. » It says it is the sad new motto of New Zealand’s glaciers.

As on many glaciers in the world, there are signs along the road that leads to Fox Glacier that mark the point where the face of the ice was at various points in history. Centuries ago, decades ago. It has moved back a long way in this time, about three kilometres since the 1880s. Some is the natural progression of a flowing river of ice, but it has been accelerating in recent years and scientists are worried.

After driving from the main road, you reach a car park where you leave your vehicle and walk the rest of the way. It is quite a walk these day and takes more than 30 minutes to the point where you get a good view of the glacier’s face. A decage ago, it took half an hour to reach the glacier’s front !

This walking tour onto the ice has now been stopped because it is too dangerous. Helicopter tours are now the best way to get a good view, but the solution is far more expensive. I can remeber flying over the glaciers in a small plane, which was less costly than a chopper. .

Only a 30 minute drive from Fox Glacier is Franz Josef Glacier. The two places are different. While the Fox Glacier valley has mainly grey rocks and a rounder shape, the Franz Josef Glacier valley is full of orange rocks, has more plants, and is steeper on the sides. Franz Josef Glacier is also receding, like all of the glaciers in New Zealand. The acceleration of the decline in size is increasing and scientists don’t think it has ever been as fast as it has been in recently. They’re convinced that human-caused climate change is the major cause.

Today, the walk from the carpark to the face of the Franz Josef Glacier is beautiful, but quite long. It can take almost an hour if you take your time and enjoy the surroundings. It is a reminder that since 2008 this glacier has been in a period of retreat and has lost around 800 metres of length. We are told that the diffirence can be seen from one year to the next. A press article concludes with these words : « The planet warms, the glaciers shrink. It’s that simple! […]} Maybe this will be the kind of place we can only tell future generations about, showing them photos and explaining how the natural world looked before the temperature rose too much. »

El Niño, La Niña et le climat sur Terre // El Niño, La Niña and Earth’s climate

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », j’explique l’influence qu’El Niño et La Niña peuvent avoir sur le climat de notre planète. Le phénomène El Niño se produit lorsque les eaux de surface du Pacifique équatorial deviennent plus chaudes que la moyenne et que les vents d’est (alizés) sont plus faibles que la normale. Le phénomène contraire a été baptisé La Niña. Pendant cette phase, l’eau est plus froide que la normale et les vents d’est sont plus forts. Les épisodes El Niño se produisent généralement tous les 3 à 5 ans.

 

El Niño, La Niña et la condition neutre entre ces deux phénomènes ont des conséquences importantes pour les populations et les écosystèmes dans le monde entier. Les interactions entre l’océan et l’atmosphère modifient les conditions météorologiques et peuvent entraîner de violentes tempêtes ou un temps doux, des sécheresses ou des inondations. Ces changements peuvent également avoir des effets secondaires qui influencent l’approvisionnement et les prix des denrées alimentaires, les incendies de forêt et peuvent avoir des conséquences économiques et politiques.
Même si El Niño se produit dans l’océan Pacifique, il réduit souvent le nombre d’ouragans qui se forment dans l’océan Atlantique. À l’inverse, les événements La Niña sont généralement liés à une augmentation du nombre d’ouragans dans l’Atlantique.
Depuis que les avancées technologiques ont commencé à suivre l’évolution des températures dans le monde dans les années 1950, l’année la plus chaude de chaque décennie a été dominée par un événement El Niño, tandis que les années plus froides étaient en relation avec La Niña.
Le dernier épisode El Niño dans le monde s’est terminé il y a près de quatre ans. La période 2015-2016 détient des records, non seulement parce qu’elle a correspondu à l’un des phénomènes El Niño les plus forts jamais enregistrés, mais aussi parce qu’on a enregistré les températures les plus chaudes au monde. L’année 2016 s’est terminée avec des températures d’environ 1 degré Celsius au-dessus de la normale. Ce fut la période la plus chaude jamais enregistrée.
Notre planète est actuellement dans une phase La Niña en cours d’affaiblissement. On est en phase neutre et l’épisode La Niña devrait se terminer dans les prochains mois. Bien que La Niña soit censée refroidir l’atmosphère avec des eaux plus froides dans l’est de l’océan Pacifique, le monde a connu certaines températures parmi les plus chaudes jamais enregistrées. Certains climatologues craignent qu’une fois qu’El Niño se sera débarrassé des effets de La Niña, les températures atteindront des niveaux encore jamais enregistrés.
L’épisode La Niña en cours empêchera peut-être la température moyenne de la planète de battre des records en 2023, mais le réchauffement climatique induit par les gaz à effet de serre ne cesse de progresser, comme le montre la courbe de Keeling. Il ne faudrait pas oublier que 2020, une année sous l’influence de La Niña, a égalé le record absolu de 2016, une année sous influence El Niño !
Les modèles informatiques montrent une tendance vers El Niño, en particulier dans la seconde moitié de l’année 2023 et peut-être jusqu’en 2024. Si l’histoire se répète, un épisode prolongé d’El Niño verra probablement apparaître des températures chaudes, voire record.
Source : Fox Weather, Yahoo Actualités.

Anomalies mensuelles de la température globale depuis janvier 1950 (Source : NOAA)

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During my conference « Glaciers at risk, the consequences of climate change », I explain the influence El Niño and La Niña might have on the world’s climate. An El Niño condition occurs when surface water in the equatorial Pacific becomes warmer than average and east winds blow weaker than normal. The opposite condition is called La Niña. During this phase, the water is cooler than normal and the east winds are stronger. El Niños typically occur every 3 to 5 years.

El Niño, La Niña, and the neutral condition all produce important consequences for people and ecosystems across the globe. The interactions between the ocean and atmosphere alters weather around the world and can result in severe storms or mild weather, drought or flooding. These changes can also produce secondary results that influence food supplies and prices, forest fires, and create additional economic and political consequences.

Even though El Niño occurs in the Pacific Ocean, it often reduces the number of hurricanes that form in the Atlantic Ocean. Conversely, La Niña events tend to be related to an increase in the number of Atlantic hurricanes.

Since reliable technology started keeping track of world temperatures in the 1950s, the warmest year of any decade were periods dominated by an El Niño event, and the coldest were from La Niñas.

The world’s last El Niño ended nearly four years ago. The event of 2015-16 holds records for not only being one of the strongest El Niños on record but also causing the world’s warmest temperatures. The year 2016 ended with temperatures around 1 degree Celsius above normal, making it the warmest period on record.

The globe is currently still in a La Niña, which is weakening, becoming neutral and is expected to end in the coming months. Although La Niña is supposed to cool the atmosphere with colder waters in the eastern Pacific Ocean, the world experienced some of its warmest temperatures ever. Some climatologists are worried that once El Niño shakes off the effects of La Niña, temperatures might reach levels never seen before.

The ongoing La Niña may prevent global average temperature from breaking records in 2023, but greenhouse gas-induced global warming grows steadily in magnitude. One should keep in mind that 2020, a year of La Niña, tied the all-time high of 2016, a year following a major El Niño.

Computer models show a trend towards the El Niño state, especially in the second half of 2023 and possibly continuing into 2024. If history repeats itself, a protracted El Niño episode could result in warm, if not record-breaking, temperatures.

Source : Fox Weather, Yahoo News

La France championne des orages de grêle en 2022 // A record number of hail storms in France in 2022

L’année 2022 a vu un nombre record d’orages de grêle en Europe avec 8 224 violents événements. C’est 2 791 de plus qu’en 2021, qui était déjà une année record.
La France arrive en tête avec 2 461 orages de grêle. C’est aussi le pays avec le plus gros impact économique et 4,8 milliards d’euros de dégâts.
Les trois jours avec le plus d’orages de grêle ont été le 4 juin avec 411 événements, le 20 juin avec 385 et le 25 mai avec 334.
C’est la France (2 461), suivie de l’Italie (993) et de l’Allemagne (583), qui a, de loin, enregistré le plus grand nombre d’orages de grêle.
Source : The Watchers.
Cette information ne me surprend pas car j’ai été moi-même victime d’un de ces événements extrêmes le 19 juin 2022 avec des grêlons gros comme des balles de tennis qui ont frappé le toit de ma maison.
Ce que l’article ne dit pas, c’est qu’il faut attendre très longtemps pour réparer les dégâts. Par exemple, comme de très nombreuses maisons ont été touchées, il faut s’armer de patience pour recevoir les tuiles pour réparer les toits. Les usines tournent à plein régime mais certaines d’entre elles ont fermé il y a quelques années et certaines tuiles doivent être importées.
De plus, avec l’accumulation d’événements extrêmes (tempêtes, ouragans, feux de forêt, etc.), il faut s’attendre à ce que les primes d’assurance bondissent dans les années à venir. Avec l’accélération actuelle du réchauffement climatique, nous ne sommes probablement pas au bout de nos surprises!

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2022 saw a record-breaking number of hailstorms in Europe with 8 224 large hail reports. That is 2 791 large hail reports more than in 2021, which was already a record-breaking year.

France had the most reports with 2 461 and was also the country with the largest economic impact of 4.8 billion euros.

The three days with the most hail reports were June 4th with 411 reports, June 20th with 385 reports, and May 25th with 334 reports.

By far the largest number of hailstorm reports was submitted for France (2 461), followed by Italy (993) and Germany (583).

Source : The Watchers.

This information comes as no surprise to me as I was the victim of one of these extreme events on June 19th, 2022 with hailstones as big as tennis balls pounding the roof of my house.

What the article does not say is that it is a very long wait to have the damage repaired. For instance, because so many houses were impacted, their owners have to be patient to receive the tiles to repair the roofs. The factories are working at full speed but some of them closed a few years ago and some tiles have to be imported.

Moreover, with the accumulation of extreme events (storms, hurricanes, wildfires, etc.) it is likely that insurance premiums will jump in the coming years. With the current acceleration of global warming, we should expect more unpleasant surprises!surprises!

La grêle en Europe en 2022 (Source : European Severe Storms Laboratory)

Les panneaux photovoltaïques ont été mis à rude épreuve