Nouvelle éruption en Islande ! J’avais vu juste ! // New eruption in Iceland ! My prediction was right !

21 novembre 2024 – 7h00 (heure française) : Une éruption (la 7ème en un an) a commencé près de la chaîne de cratères de Sundhnúksgígaröð sur la péninsule de Reykjanes le 20 novembre, à 23h14 (heure locale), suite à une activité sismique dans la région. L’éruption semble être nettement moins intense que l’événement précédent (du 22 août au 5 septembre) dans la région. La police a mis en place des barrages routiers sur la Reykjanesbraut, et l’accès à Grindavík a été fermé. Cependant, la lave ne devrait pas couler vers la ville. Elle se dirige vers l’ouest en direction de la Grindavíkurvegur, mais on ne connaît pas encore sa vitesse de progression. Les infrastructures ne sont pas en danger immédiat. Grindavík, le Blue Lagoon et la centrale électrique de Svartsengi ont tous été évacués.
Il y a quelques jours, le Met Office écrivait qu’il était « peu probable que suffisamment de pression se soit accumulée pour déclencher une éruption en novembre ». En ce qui me concerne, dans mon bilan de l’activité volcanique dans le monde du 1er novembre 2024, je prévoyais une éruption… le 20 novembre !!  J’écrivais : « Il est très intéressant de regarder les graphiques illustrant l’inflation dans la région de Svartsengi (Islande). Ils montrent que les dernières éruptions sur la péninsule de Reykjanes ont suivi un scénario répétitif. Le magma s’accumule dans la même zone sous Svartsengi et l’inflation suit la même trajectoire avant les éruptions. On peut remarquer que l’espace temporel entre les éruptions s’allonge. On peut en conclure que des volumes de magma de plus en plus importants s’accumulent entre les événements. La dernière éruption s’est terminée le 6 septembre 2024. Elle a duré deux semaines et a été la troisième plus longue des six qui se sont produites le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar depuis décembre 2023. Les volcanologues islandais pensent que la situation devrait rester calme jusqu’à la mi-novembre. Selon mes calculs personnels, une éruption pourrait se produire vers le 20 novembre. Mais j’ai peut-être tout faux… ! » Pas tant que ça…!!!
Un vol en hélicoptère des garde-côtes permettra de mieux apprécier l’étendue de l’éruption et la direction prise par la lave, qui semble s’écouler vers l’ouest. La fissure éruptive semble s’étendre vers le nord-est et mesure environ deux kilomètres de long, entre le mont Sýlingarfell et le mont Stóra Skógfell.
Source : Iceland Review.

Vue de l’éruption (Crédit photo : Protection Civile)

Dans sa dernière mise à jour (2h10 le 21 novembre), le Met Office indique que l’activité éruptive semble avoir atteint son pic. La fissure semble avoir cessé de s’étendre et rien n’indique que l’activité va augmenter. La longueur de la fissure éruptive est estimée à environ 3 km. La lave se propage à la fois vers l’est et vers l’ouest. Au moment de la mise à jour, le front de lave se trouvait à environ 500 mètres de la Grindavíkurvegur à l’ouest.
Comme indiqué précédemment, cette éruption est nettement moins intense que la dernière éruption. Le débit de lave estimé est actuellement d’environ 1 300 m³/s, contre environ 2 500 m³/s lors de l’éruption d’août. La quantité de magma accumulée sous Svartsengi était semblable à celle d’avant la dernière éruption. Jusqu’à présent, la tendance montrait que des volumes de magma de plus en plus importants étaient nécessaires pour déclencher l’événement suivant. Il se pourrait donc que le processus éruptif soit en train de changer.

Image webcam de l’éruption

Localisation de la fracture éruptive (Source: Met Office)

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21 novembre 2024 : (10h30, heure française) : L’éruption qui a débuté le 20 novembre au soir se poursuit. L’activité a considérablement diminué pendant la nuit, même si la lave ait traversé la Grindavíkurvegur dans la matinée du 21 novembre. La lave a également circulé sur le conduit de Njarðvíkur, qui transporte l’eau chaude de la centrale de Svartsengi à Fitjar et alimente en eau chaude tout Suðurnes. En ce moment, l’eau chaude continue toutefois de couler dans la conduite.
L’activité a diminué aux extrémités nord et sud de la fissure «éruptive qui s’étire entre le mont Sýlingarfell et le mont Stóra Skógfell. Selon le Met Office islandais, le pic de l’activité éruptive s’est probablement produit vers 1h00 du matin le 21 novembre. Cependant, un regain d’activité ne peut être exclu.
Source : Iceland Review.

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21 novembre, 16h00 (heure française) : L’éruption se poursuit. Cependant, l’activité le long de la fissure éruptive s’est réduite d’environ 600 mètres à partir de son extrémité sud. C’est ce que révèlent les mesures effectuées par des drones. La zone la plus active se situe désormais autour de la partie centrale de la fissure, entre Stóri-Skógfell et Sýlingarfell. Comme je l’ai écrit précédemment, la lave a traversé la route de Grindavík vers 04h30 ce matin. Peu avant 08h00, elle a également atteint la conduite d’eau chaude de Njarðvík.
L’activité sismique a diminué de manière significative peu après le début de l’éruption, et seuls quelques événements mineurs ont été enregistrés depuis. Des déformations ont été détectées dans les premières heures suivant l’éruption mais sont désormais minimes à proximité de la fissure.
Source : Met Office.

En rouge, la surface occupée par la lave de la dernière éruption (Source: Met Office)

Bien que l’éruption soit moins intense que la précédente, elle est au moins aussi destructrice. L’ensemble du parking du Blue Lagoon est désormais recouvert de lave, à l’exception de quelques lampadaires., et un bâtiment de service a été détruit. La lave semble s’être ensuite un peu étalée et vient notamment de passer sur un panneau indiquant aux visiteurs l’accès au parking.
La lave continue d’avancer le long de la digue de terre à l’ouest du Blue Lagoon. Elle avançait à la vitesse de 100 mètres par heure entre 12h09 et 13h35. Jamais elle n’était allée aussi loin vers l’ouest au cours des éruptions précédentes. La zone impactée est le parking principal du Blue Lagoon où il y a des places de stationnement pour environ 350 voitures ainsi que des places de stationnement pour les bus. L’accès au Blue Lagoon devra être évalué le moment venu pour voir s’il existe des possibilités d’utiliser d’autres voies d’accès pour les véhicules.
Source : Iceland Monitor.

Crédit photo: Iceland Monitor

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21 novembre 2024 – 22h00 (heure française) : Ce soir, le Met Office indique que l’éruption est en déclin. Toute l’activité se limite à trois cratères isolés, l’activité la plus importante se produisant dans le cratère central. Cependant, une coulée de lave active est toujours présente le long de celle qui a atteint le Blue Lagoon. Elle continue de se déplacer légèrement vers l’ouest, non plus le long de la digue de terre, mais en suivant une arrête de lave naturelle.
Selon le Met Office, on ne sait pas combien de temps durera l’éruption. Il existe toujours un risque que la lave recouvre la Norðurljósavegur, le long de laquelle elle avance actuellement.

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November 21st, 2024 – 7:00 am (French time) : An eruption (the 7th in a year) began near the Sundhnúksgígaröð crater row on the Reykjanes peninsula on November 20th, at 11:14 PM (local time), following seismic activity in the area. The eruption appears to be significantly smaller than the previous event (August 22nd – September 5th) in the area. The police have set up roadblocks at Reykjanesbraut, and Grindavík has been closed. However, lava is not expected to flow towards the town. It is flowing west toward Grindavíkurvegur, although the speed of the advance is unclear. Infrastructure is not in immediate danger. Grindavík, the Blue Lagoon, and the Svartsengi Power Station have all been successfully evacuated.

A few days ago, the Met Office wrote it was “unlikely that enough pressure would have built up to trigger an eruption in November.” As far as I am concerned, I predicted an eruption ….on November 20th !!  In a post releasedon November 1st, 2024, I wrote : « Icelandic volcanologists say the situation is likely to be quiet until the middle of November. According to my personal calculations, an eruption might occur arounr November 20th. But I may be completely wrong… ! » Not that much…!

A Coast Guard helicopter flight will allow to gain a clearer understanding of the extent of the eruption and direction of the lava flow, which is believed to be flowing west. The eruptive fissure appears to be extending northeast and is approximately two kilometres long, stretching between Mt. Sýlingarfell and Mt. Stóra Skógfell.

Source : Iceland Review.

In its latest update (2:10 am on November 21st) the Met Office indicates that activity in the eruption appears to have peaked. The fissure seems to have stopped expanding, and there are no indications that the activity will increase. The length of the eruption fissure is estimated to be about 3 km. The lava flow is spreading both eastward and westward. At this point, the lava front is approximately 500 meters away from Grindavíkurvegur to the west.

This eruption is significantly smaller than the last eruption. The estimated lava flow rate at present is about 1,300 m³/s, compared to approximately 2,500 m³/s during the August eruption. The amount of magma that had accumulated beneath Svartsengi was similar to the amount prior to the last eruption. However, the recent trend indicates that increasingly larger volumes of magma are required to trigger the next event. This suggests that the pattern observed in earlier eruptions may be changing.

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21 November 2024 : (11:00, French time) : The eruption that started on November 20th in the evening is going on. Volcanic activity has decreased significantly overnight, although lava crossed Grindavíkurvegur Road in the morning of November 21st. Lava has also flowed over the Njarðvíkur conduit, which transports hot water from the Svartsengi Power Station to Fitjar and supplies hot water to Suðurnes, although hot water continues to flow along the pipeline.

Activity has subsided at both the northern and southern ends of the fissure, situated between Mt. Sýlingarfell to Mt. Stóra Skógfell. According to the Icelandic Meteorological Office, the peak of the eruptive activity likely occurred around 1:00 AM this morning. However, a resurgence of activity cannot be ruled out.

Source : Iceland Review.

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21 november, 16:00 (French time) : The eruption is ongoing. However, activity along the eruptive fissure has contracted by approximately 600 meters from its southern end, according to drone measurements. The most active area is now around the central part of the fissure, between Stóri-Skógfell and Sýlingarfell. As I put it before, lava crossed the Grindavík road around 04:30 this morning. Shortly before 08:00, it also reached the hot water pipeline, the Njarðvík Line.

Seismic activity decreased significantly shortly after the eruption began, and only a few minor earthquakes have been recorded since. Deformation was detected in the first few hours following the eruption but is now minimal in the vicinity of the fissure.

Source : Met Office.

Although the eruption that started on November 20th is less intense than the previous one, it is more destructive. The entire parking lot of the Blue Lagoon is now under lava, except for a few street lamps that stand at the end of what used to be a parking lot. A service building was also destroyed. Then the lava seems to have spread a little and, among other things, just now passed over a sign directing visitors to the car park.

The lava continues to flow along the defense wall west of the Blue Lagoon. The rate of advancement was measured to be over 100 meters per hour between 12:09 and 13:35. It had never travelled so far to the west during the past eruptions.

This is the main parking lot of the Blue Lagoon and there are parking spaces for around 350 cars as well as bus parking. Access to the Blue Lagoon needs to be assessed when the time comes to see whether there are possibilities to use other access routes for vehicles.

Source : Iceland Monitor.

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November 21st, 2024 – 10:00 pm (French time) : Tonight, the Met Office indicates that the eruption has been waning. All activity is limited to three isolated craters, with the most significant activity occurring in the central one. However, there is still an active lava flow along the tongue that reached the Blue Lagoon. It continues moving slightly westward, no longer along the protective barrier, but instead following a natural lava ridge.
According to the Met Office, it remains uncertain how long the eruption will last. There is still a risk that the lava could cause damage to Norðurljósavegur, alongside which it is currently flowing.

 

 

 

29P, une comète volcanique froide // 29P, a cold volcanic comet

Une mystérieuse comète volcanique vient de se réveiller avec quatre éruptions majeures en moins de 48 heures. Elle a pulvérisé suffisamment de matière glacée pour devenir presque 300 fois plus brillante que la normale. Les dernières éruptions, les plus importantes depuis plus de trois ans, ne font qu’accroître la confusion sur le moment et la raison pour laquelle la comète explose.
La comète, connue sous le nom de 29P/Schwassmann-Wachmann (ou, plus simplement, 29P), est un objet fait de glace, d’environ 60 kilomètres de diamètre et une longueur trois fois plus grande que l’île de Manhattan à New York. C’est l’une des quelque 500 comètes baptisées « centaures » qui passent toute leur existence à l’intérieur du système solaire interne. En plus, 29P fait également partie d’un groupe encore plus rare, connu sous le nom de comètes cryovolcaniques, donc à lave froide.
Les comètes cryovolcaniques sont constituées d’une coquille remplie de glace, ou noyau, ainsi que de poussière et de gaz. Lorsque la comète absorbe suffisamment de rayonnement solaire, son intérieur de glace s’échauffe. La pression augmente à l’intérieur du noyau jusqu’à ce que la coquille se fissure et que l’intérieur de glace de la comète, ou cryomagma – mélange de monoxyde de carbone et azote gazeux, de glaces et d’hydrocarbures liquides – se disperse dans l’espace. Après une éruption, la chevelure – ou coma – de la comète, un nuage de cryomagma, se dilate, ce qui fait que la comète prend un aspect beaucoup plus brillant car elle réfléchit davantage les rayons du soleil.
Le 2 novembre 2024, 29P a connu sa première éruption majeure depuis près de deux ans. Elle a été rapidement suivie de trois autres plus importantes en moins de 48 heures. Les quatre éruptions ont expulsé un nuage de débris qui a réfléchi 289 fois plus de lumière que le noyau de la comète. Les scientifiques pensent qu’à mesure que la coma va se dilater, elle prendra peut-être une forme inhabituelle.
L’éruption du 2 novembre est la première éruption majeure de 29P depuis novembre 2022, époque où la comète a envoyé plus d’un million de tonnes de débris dans l’espace. Il s’agit également de la plus grande explosion depuis septembre 2021, lorsque cinq explosions successives avaient été observées au sommet de la comète
En avril 2023, les scientifiques ont réussi à prévoir pour la première fois une éruption de 29P ; la comète a alors fait exploser son sommet « comme une bouteille de champagne ». Cependant, il est extrêmement difficile de prévoir les éruptions, car la plupart d’entre elles se produisent de manière très sporadique et aléatoire, un comportement que les chercheurs n’ont pas encore réussi à expliquer.
La plupart des comètes cryovolcaniques gravitent autour du Soleil sur des orbites très elliptiques qui les conduisent aux confins du système solaire pendant des décennies, des siècles, voire des millénaires. Ce n’est que lorsqu’elles reviennent dans le système solaire interne qu’elles commencent à exploser régulièrement avant d’être renvoyées dans le système solaire externe.
29P orbite de manière circulaire autour du Soleil une fois tous les 15 ans, à une distance semblable à celle entre le Soleil et Jupiter, ce qui signifie que la quantité de rayonnement solaire qu’elle absorbe reste en grande partie constante. En conséquence, elle devrait entrer en éruption assez régulièrement et uniformément. Toutefois, les observations détaillées de la comète au cours des dernières décennies montrent que ce n’est pas le cas, ce qui laisse supposer que quelque chose que nous ne connaissons toujours pas influence le moment de son éruption.
Comme 29P ne s’approche jamais du Soleil, elle ne laisse jamais pousser de queue, comme celle derrière Tshuminchan-ATLAS qui a illuminé notre ciel alors qu’elle ne s’était jamais autant approchée de la Terre depuis 80 000 ans en octobre 2024.
Source : Space.com.

 

Image de la comète 29P/Schwassmann-Wachmann prise par le télescope Spitzer de la NASA après une éruption majeure en 2003.

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A mysterious volcanic comet has just reawoken with four major eruptions in less than 48 hours. It sprayed out enough icy marerial to make the object appear almost 300 times brighter than normal, . The latest eruptionss, which are the largest in more than three years, add to the growing confusion about when and why the comet blows its top.

The comet, known as 29P/Schwassmann-Wachmann (29P), is a large icy object about 60 kilometers across and about three times the length of Manhattan. It is one of around 500 comets known as « centaurs » that spend their entire lives confined to the inner solar system. However, 29P is also part of an even rarer group, known as cryovolcanic, or cold volcano, comets.

Cryovolcanic comets consist of an icy shell, or nucleus, filled with ice, dust and gas. When the comet absorbs enough of the sun’s radiation, its frosty interior get superheated. Pressure builds within the nucleus until the shell cracks and the comet’s icy interior, or cryomagma, sprays into space. After an eruption, the comet’s coma, a cloud of cryomagma, expands, making the comet appear much brighter as it reflects more of the sun’s rays.

On November 2nd, 2024, 29P experienced its first major eruption for almost two years, which was quickly followed by three larger ones in less than 48 hours. The four eruptions expelled a cloud of debris that reflected 289 times more light than the comet’s nucleus. Experts predict that, as the coma expands, it could take on an unusual shape.

This was 29P’s first major eruption since November 2022, when it spewed more than 1 million tons of debris into space. It is also the largest outburst since September 2021, when the comet blew its top five times in quick succession.

In April 2023, scientists successfully predicted an eruption from 29P for the first time, when the comet popped its top « like a champagne bottle. » However, predicting eruptions is extremely difficult because most of them happen very sporadically and at random, a behaviour that researchers not been able to explain yet.

Most cryovolcanic comets orbit the sun on highly elliptical orbits that take them to the outer reaches of the solar system for decades, centuries or even thousands of years at a time. It is only when they race into the inner solar system that they start to regularly explode before being sent back to the outer solar system.

However, 29P orbits the sun once every 15 years and has a circular orbit around the sun at a similar distance from our homestar as Jupiter, meaning the amount of solar radiation it absorbs remains mostly constant. As a result, it should erupt fairly regularly and evenly. But detailed observations of the comet over the last few decades show that this is not the case, hinting that something unknown influences when it erupts.

Because 29P never gets close to the sun, it also never grows a tail, like the one that trailed behind Tshuminchan-ATLAS which lit up our sky as it made its closest approach to Earth for 80,000 years in October 2024.

Source : Space.com.

Glaciers et prévision volcanique // Glaciers and volcanic prediction

Voici une information qui justifie le titre de mon blog et le lien entre Volcans et Glaciers. Une nouvelle étude menée par des scientifiques des universités d’Aberdeen, Birmingham et Manchester, publiée dans Communications Earth & Environment, montre que les glaciers proches de volcans actifs avancent plus vite que les autres. Cette constatation montre que l’on pourrait prévoir certaines éruptions volcaniques en fonction de la vitesse des glaciers.
Les auteurs de l’étude affirment que les glaciers pourraient fournir « des informations utiles aux autorités locales pour planifier l’évacuation éventuelle d’une ville voisine, ou imposer une zone d’exclusion aérienne, sans dépendre de décisions prises à la dernière minute ».
Pour leur étude, les chercheurs ont analysé des données satellitaires sur la vitesse de près de 180 000 glaciers dans le monde. Parmi eux figurent des glaciers associés à certains des volcans les plus emblématiques et parfois les plus dangereux au monde, comme le mont Rainier et Glacier Peak dans l’État de Washington, le Redoubt et le Veniaminof en Alaska, et l’Eyjafjallajokull en Islande. En prenant en compte le climat local, l’épaisseur de la glace et la pente des montagnes, les chercheurs ont découvert que les glaciers situés à moins de 5 kilomètres d’un volcan actif avancent 46 % plus vite, en moyenne, que les autres glaciers.

Mont Rainier (Photo: C. Grandpey)

Les auteurs de l’étude pensent que la chaleur sous les volcans actifs fait fondre la partie inférieure des glaciers situés à proximité. Cette accélération de la fonte réduit le frottement entre le glacier et la roche sous-jacente, et ces glaciers avancent donc plus rapidement. À la lumière de leurs découvertes, les chercheurs préviennent que l’activité volcanique en Antarctique pourrait déstabiliser encore davantage l’immense calotte glaciaire de l’Antarctique occidental, déjà soumise aux effets du réchauffement climatique
Ces découvertes par les universitaires britanniques pourraient permettre aux volcanologues de développer un nouveau système d’alerte précoce pour les éruptions sur des sites tels que Eyjafjallajokull en observant et en analysant les changements de vitesse des glaciers. Elles pourraient révéler une augmentation de l’activité volcanique plusieurs mois avant une éruption.

Éruption de l’Eyjafjoll en 2010 (Crédit photo: Wikipedia)

L’un des auteurs de l’étude a déclaré : « Notre travail a des implications significatives en matière de prévention des risques volcaniques. Les volcans recouverts de glace sont parmi les plus dangereux au monde car l’eau de fonte des glaciers libérée lors des éruptions peut déclencher des inondations soudaines et des coulées de débris capables de submerger rapidement les zones habitées voisines. […] La couverture de glace limite également l’utilisation des techniques permettant de surveiller l’activité volcanique. Des études récentes ont montré que la taille, la forme et l’altitude des glaciers peuvent influer sur l’activité volcanique, mais la relation entre le volcanisme et la vitesse de progression des glaciers reste inconnue. Nos résultats montrent que les observations par satellite de la vitesse des glaciers pourraient constituer une aide précieuse pour la surveillance de l’activité volcanique et la prévision des éruptions. »
Source : Médias d’information internationaux.

Volcan Redoubt en Alaska (Photo: C. Grandpey)

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Here is a piece of information that justifies the title of my weblog and the link between volcanoes and glaciers. New research by scientists at University of Aberdeen, University of Birmingham and Manchester Metropolitan University, published in Communications Earth & Environment, shows that glaciers near active volcanoes flow faster than other glaciers. The findings suggest it would be possible to predict volcanic eruptions by tracking the speed of glaciers.

The authors of the study say that glaciers could provide “much needed forewarning to local authorities to plan the possible evacuation of a nearby city, or impose a no-fly zone, without relying on last-minute decisions.”

For the study, researchers analyzed satellite data on the speed of close to 180,000 glaciers worldwide. Those in the study include those associated with some of the most iconic volcanoes in the world, such as Mt Rainier and Glacier Peak in Washington, Mt Redoubt and Mt Veniaminof in Alaska, and Eyjafjallajokull in Iceland. Controlling for the local climate, the thickness of ice, and the slope of mountains, they found that glaciers that lie within 5 kilometers of an active volcano flow 46 percent faster, on average, than other glaciers.

The authors of the study believe that underground heat from active volcanoes is melting the undersides of nearby glaciers. The enhanced melt reduces friction between the glacier and the underlying rock, causing those glaciers to flow more quickly. In light of their findings, authors warn that volcanic activity in Antarctica could further destabilize the massive West Antarctic Ice Sheet.

The findings could enable volcanologists to develop a new early warning system for potential eruptions at sites such as Eyjafjallajokull by tracking changes in glacier velocities that could reveal increases in volcanic activity several months ahead of an eruption.

One of the authors of the study said : « Our research has notable implications for the mitigation of volcanic hazards. Ice-covered volcanoes are among the most dangerous globally because glacial meltwater released during eruptions can trigger outburst floods and debris flows capable of rapidly submerging nearby settlements. […] Ice cover also limits the use of established techniques for monitoring volcanic activity. Recent studies have shown that the size, shape and elevation of glaciers can respond to volcanic activity, but the relationship between volcanism and glacier flow remained unknown. Our results suggest that satellite observations of glacier velocity could be a valuable new technique for monitoring volcanic activity and predicting eruptions. »

Source : International news media.

L’ADN rétablit des vérités sur Pompéi (Italie) // DNA restores truths about Pompeii (Italy)

Lorsque le Vésuve est entré en éruption en 79 après J.-C., la plupart des habitants de Pompéi ont péri. Les cendres et la pierre ponce ont recouvert la cité romaine et ses habitants, préservant des scènes de la vie quotidienne comme dans une capsule temporelle.
Les premières fouilles ont commencé en 1748, mais ce n’est qu’en 1863 que l’archéologue Giuseppe Fiorelli a mis au point une méthode permettant de réaliser des moulages en plâtre de certaines des victimes de Pompéi. Les tissus mous des corps enfermés dans la cendre s’étaient décomposés au fil du temps ; alors Fiorelli a versé du plâtre liquide dans certains contours laissés par les corps et a ainsi pu préserver les formes de 104 personnes.

Moulages dans le Jardin des Fugitifs (Photo : C. Grandpey)

L’imagination a ensuite fait son œuvre et on a essayé de comprendre ce que faisaient les habitants en fonction du positionnement de certains corps, par exemple un adulte portant un bracelet qui tenait un enfant ; on a supposé qu’il s’agissait de la mère de l’enfant. De même, on a pensé qu’il s’agissait de sœurs lors de la découverte d’un groupe de corps.
Aujourd’hui, grâce à des techniques modernes, des chercheurs des universités d’Harvard (États-Unis) et Florence ‘Italie) ont pu récupérer des fragments d’os dans le plâtre et en ont séquencé l’ADN. C’est ainsi qu’ils ont découvert qu’aucune de ces hypothèses n’était vraie. Les résultats des travaux, publiés début novembre dans la revue Current Biology, remettent en question les hypothèses admises jusqu’à présent sur le genre et la famille.
En 2015, le Parc archéologique de Pompéi a commencé à travailler sur 86 des 104 moulages réalisés à l’origine par Fiorelli. Des radiographies et des tomodensitogrammes ont montré qu’aucun des moulages ne contenait de squelette complet, mais que subsistaient des fragments d’os dans bon nombre d’entre eux.
Le Parc archéologique a invité les auteurs de l’étude publiée dans Current Biology à rechercher les fragments d’os et les dents encore accessibles dans les moulages. Les scientifiques du Parc et les auteurs de l’étude travaillent aujourd’hui sur un projet plus vaste visant à mieux comprendre la diversité génétique présente à Pompéi pendant l’Empire romain.
Certains os qui avaient été mélangés directement au plâtre des moulages sont extrêmement fragiles. Toutefois, l’équipe scientifique a pu extraire et analyser l’ADN de plusieurs fragments retrouvés dans différents sites, notamment la Maison du Bracelet d’Or, la Maison du Cryptoportique et la Villa des Mystères.

La Maison du Bracelet d’Or, une structure en terrasse décorée de fresques colorées, doit son nom à un adulte portant un bracelet, avec un enfant à califourchon sur ses genoux. À côté d’eux se trouvait un autre adulte, présumé être le père de l’enfant. Tous trois ont été retrouvés au pied d’un escalier qui menait à un jardin, tandis qu’un deuxième enfant a été découvert à quelques mètres de là, peut-être séparé des autres alors qu’ils tentaient de s’échapper vers le jardin.
On pense que les deux adultes et l’un des enfants ont été tués lorsque l’escalier s’est effondré alors qu’ils tentaient de fuir, vraisemblablement vers le port voisin.
Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que la personne portant le bracelet était la mère de l’enfant, mais l’analyse génétique a révélé qu’il s’agissait d’un homme adulte et d’un enfant sans lien de parenté. L’homme adulte avait probablement les cheveux noirs et la peau foncée.

Crédit photo : Parc archéologique

La Maison du Cryptoportique doit son nom au passage souterrain de la maison, dont les ouvertures couraient sur trois côtés du jardin de la propriété. Les murs de la maison étaient décorés de scènes inspirées de « L’Iliade » d’Homère. Bien que neuf personnes aient été retrouvées dans le jardin devant la maison, des moulages n’ont pu être réalisés que pour quatre d’entre elles. Deux corps semblaient s’embrasser, ce qui avait conduit les archéologues à émettre l’hypothèse qu’il s’agissait de deux sœurs, d’une mère et de sa fille, ou d’amantes.
La dernière analyse montre qu’un individu avait entre 14 et 19 ans au moment du décès, tandis que l’autre était un jeune adulte. Bien qu’il n’ait pas été possible de définir le sexe de l’un d’eux, l’autre a été génétiquement classé comme étant de sexe masculin.

 

Crédit photo : Parc archéologique

La Villa des Mystères doit son nom à une série de fresques datant du premier siècle avant J.-C. Elles représentent un rituel dédié à Bacchus, le dieu du vin, de la fertilité et de l’extase religieuse. La villa comprenait son propre pressoir à vin, ce qui était fréquent chez les familles riches de l’époque.
Plusieurs personnes ont été retrouvées dans la maison, et il est évident qu’elles sont mortes à différents moments de l’éruption. Les corps de deux adultes, probablement des femmes, et d’un enfant ont été découverts là où ils sont tombés au rez-de-chaussée de la maison, tandis que six autres restes ont été trouvés dans des dépôts de cendres superposés dans la même maison, ce qui laisse supposer qu’ils ont survécu à la première vague de l’éruption, avant de mourir plus tard.
Une personne a été retrouvée seule dans une pièce avec un fouet et cinq pièces de bronze. Elle portait une bague en fer où était gravée une figurine féminine. À proximité se trouvait un homme mince et mesurant environ 1,85 mètre.D’après les traces de ses vêtements, on a la confirmation qu’il était probablement le gardien de la villa avec un grand sens du devoir. En effet, il est resté à son poste jusqu’à la fin.

 

Photo : C. Grandpey

Les données génétiques recueillies ont aussi révélé que Pompéi était une ville cosmopolite peuplée de personnes d’origines diverses. Beaucoup d’entre elles, comme les 14 individus analysés dans l’étude, descendaient de migrants arrivés récemment de l’est de la Méditerranée, ce qui reflète des schémas plus larges de mobilité et d’échanges culturels dans l’Empire romain.
À l’époque, l’Empire romain s’étendait de la Grande-Bretagne à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et Pompéi était située à côté de l’un des ports les plus fréquentés du monde antique, où les navires arrivaient régulièrement d’Alexandrie en Égypte. En outre, cette partie du sud de l’Italie avait une histoire de connexions internationales encore plus longue. En effet, les premières colonies grecques dans la baie de Naples remontent à plus de 800 ans avant l’éruption du Vésuve. Il est donc logique que l’origine et l’apparence de la population reflètent cette histoire cosmopolite.
Source : CNN via Yahoo News, Géo, Futura Science.

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When Mount Vesuvius erupted in AD 79, it killed most of the city’s population. Ash and pumice covered Pompeii and its residents, preserving scenes of the victims of the city’s destruction like a time capsule.

Excavations first began to unearth the forgotten city in 1748, but it wasn’t until 1863 that archaeologist Giuseppe Fiorelli developed a method to make plaster casts of some of the Pompeii victims. The soft tissue of the bodies encased in ash had decomposed over time, so Fiorelli poured liquid chalk into some of the outlines left behind by the bodies to preserve the shapes of 104 people.

Narratives formed based on the positioning of some of the remains, including those of an adult wearing a bracelet who was holding a child and thought to be the child’s mother. Similarly, a group of bodies found together were suspected of being sisters.

Today, using modern techniques to restore some of the casts, researchers from the universities of Harvard (USA) and Florence (Italy) retrieved bone fragments from within the plaster and sequenced DNA from them, discovering that none of those assumptions were true. The discoveries, published early November in the journal Current Biology, challenge traditional gender and familial assumptions.

In 2015, the Archaeological Park of Pompeii began efforts to restore 86 of the 104 casts originally made by Fiorelli. X-rays and CT scans showed that while none of the casts contained complete skeletons, bone fragments were within many of them.

The Archaeological Park of Pompeii invited the study team to research the bone fragments and teeth that were accessible due to earlier damage to the casts. Together, park scientists and the study authors are working on a larger project to better understand the genetic diversity present in Pompeii during the Roman Empire.

Some bones were mixed directly in with plaster used in the casts and incredibly fragile, but the team was able to extract and analyze DNA from multiple fragments. The remains studied had been found at different sites including the House of the Golden Bracelet, the House of the Cryptoporticus and the Villa of the Mysteries.

The House of the Golden Bracelet, a terraced structure decorated with colorful frescoes, was named for an adult found wearing the item and with a child astride on their hip. Next to them was another adult, presumed to be the child’s father. All three were found at the foot of a staircase that led out to a garden, while a second child was discovered a few meters away, possibly separated from the rest as they tried to escape to the garden.

It is believed the two adults and one of the children were killed when the staircase collapsed as they tried to flee, presumably to the nearby port.

Traditionally, researchers assumed the bracelet-wearing person to be the child’s mother. But the genetic analysis revealed the pair to be an unrelated adult male and child. The adult male likely had black hair and dark skin.

The House of the Cryptoporticus was named for the home’s underground passageway with openings that ran along three sides of the property’s garden. The home’s walls were decorated with scenes inspired by Homer’s “The Iliad.” While nine people were found in the garden in front of the home, casts could only be made for four of them. Two bodies appeared to be embracing, leading archaeologists to hypothesize that they were two sisters, a mother and daughter, or lovers.

The new analysis showed that one individual was 14 to 19 years old at the time of death, while the other was a young adult. While sex estimation wasn’t possible for one of them, the other was genetically classified as a male.

The Villa of the Mysteries gets its name from a series of frescoes, dating back to the first century BC, that depict a ritual dedicated to Bacchus, the god of wine, fertility and religious ecstasy. The villa included its own winepress, common for wealthy families at the time.

Multiple people were found in the house, and it was clear they died during different points of the eruption. The bodies of two adults, thought to be women, and a child were discovered where they fell on the home’s lower floor, while six more sets of remains ended up in overlaying ash deposits in the same home, suggesting they survived the first wave of the eruption, only to die later.

One person was found alone in a room with a whip and five bronze coins and wore an engraved iron ring bearing a female figurine. The man was thin and about 1.85 meters tall, and based on the traces of his clothes, he was likely the villa’s custodian who remained at his post until the end.

The genetic data collected during the research revealed that Pompeii was a cosmopolitan city full of people with diverse backgrounds. Many descended from recent immigrants to Pompeii from the eastern Mediterranean, which reflects broader patterns of mobility and cultural exchange in the Roman Empire.

At the time, the Roman Empire extended from Britain to North Africa and the Middle East, while Pompeii was located next to one of the ancient world’s busiest ports, where ships regularly arrived from Alexandria in Egypt. Besides, this part of southern Italy had an even longer history of international connections. Indeed, the first Greek settlements in the Bay of Naples go back more than 800 years before the eruption of Mount Vesuvius. So it makes sense that the background and appearance of the population would have reflected this cosmopolitan history.

Source : CNN via Yahoo News, Géo, Futura Science.