Impact de l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai sur les coraux et sur la pêche // Impact of the Hunga Tonga-Huna Ha’apai eruption on coral reefs and fishing

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, l’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai le 15 janvier 2022 a été exceptionnelle par son intensité. Ce fut l’un des événements volcaniques les plus puissants de ces derniers siècles.
Un an après l’éruption, la nation insulaire des Tonga doit toujours faire face aux dégâts subis par ses eaux côtières. Lorsque le Hunga Tonga-Hunga Ha’apai est entré en éruption, il a propulsé une onde de choc à travers la planète et généré un panache d’eau et de cendres qui est monté à une hauteur encore jamais observée. L’éruption a aussi déclenché des vagues de tsunami qui ont frappé les côtes dans la région. Les récifs coralliens ont été détruits ; de nombreux poissons ont péri ou ont migré. Selon les données de 2019 de la Banque mondiale, plus de 80% des familles des Tonga dépendent de la pêche de subsistance dans les récifs. Après l’éruption, le gouvernement des Tonga a déclaré qu’il demanderait 240 millions de dollars pour faire face aux dégâts subis, mais la Banque mondiale n’a fourni que 8 millions de dollars.
La grande majorité du territoire tongien est océanique. Sa zone économique exclusive s’étend sur près de 700 000 kilomètres carrés d’océan. Alors que la pêche commerciale ne contribue qu’à hauteur de 2,3 % à l’économie nationale, la pêche de subsistance est essentielle et constitue la base de l’alimentation de l’archipel.
Un rapport des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture paru en novembre 2022 estime que l’éruption a coûté au secteur de la pêche et de l’aquaculture de la région quelque 7,4 millions de dollars, un chiffre important pour l’économie des Tonga évaluée à 500 millions de dollars. Les pertes ont en grande partie concerné des navires de pêche endommagés, avec près de la moitié de ces dommages dans le secteur de la pêche artisanale. Étant donné que le gouvernement des Tonga ne contrôle pas étroitement la pêche de subsistance, il est difficile d’estimer l’impact de l’éruption sur ce secteur. Cependant, les scientifiques font remarquer que certains signes montrent que la pêche mettra beaucoup de temps à se relever.
Les jeunes coraux ne parviennent pas à se développer dans les eaux côtières autour du site de l’éruption, et de nombreuses zones qui abritaient autrefois des récifs sains et abondants sont désormais stériles. Les cendres volcaniques ont probablement étouffé de nombreux récifs, privant les poissons de zones d’alimentation et de frayères. Aucune vie marine n’a survécu près du volcan. Le tsunami qui a suivi l’éruption a également anéanti les coraux.
L’agriculture a permis de compenser le manque de poissons et les dommages subis par les bateaux. Les cendres volcaniques ont recouvert 99% du pays et on craignait qu’elles rendent les sols trop toxiques pour faire pousser des cultures. En fait, la production alimentaire a pu reprendre avec peu d’impacts. Des analyses du sol ont révélé que les cendres n’étaient pas nocives pour l’homme. Les plants d’ignames et de patates douces ont péri pendant l’éruption et les arbres fruitiers ont été brûlés par les retombées de cendres, mais ils ont commencé à se rétablir une fois les cendres évacuées par la pluie.
Les scientifiques ont également dressé le bilan de l’impact de l’éruption sur l’atmosphère. Alors que les éruptions volcaniques sur terre envoient principalement des cendres et du dioxyde de soufre, les volcans sous-marins rejettent beaucoup plus d’eau. L’éruption des Tonga n’a pas fait exception ; le panache de vapeur et de cendres a atteint 57 kilomètres d’altitude et a injecté 146 millions de tonnes d’eau dans l’atmosphère. La vapeur d’eau peut séjourner une dizaine d’années dans l’atmosphère et emprisonner ainsi la chaleur à la surface de la Terre. Au final, le réchauffement global est encore plus important. De plus, une plus grande quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère peut également contribuer à appauvrir la couche d’ozone, qui protège la planète des rayons ultraviolets. La NASA a expliqué que l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai « a augmenté de 10% la quantité totale d’eau dans la stratosphère et nous commençons seulement à en voir l’impact. »
Source ; Yahoo Actualités.

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As I put it before, the eruption of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano on January 15th, 2022 was exceptional by its intensity. It was one of the most powerful events of the past centuries.

One year after the eruption, the island nation of Tonga is still dealing with the damage to its coastal waters. When Hunga Tonga-Hunga Ha’apai erupted, it sent a shockwave around the world, produced a plume of water and ash that soared higher into the atmosphere than any other on record, and triggered tsunami waves that ricocheted across the region. Coral reefs were turned to rubble and many fish perished or migrated away.

More than 80% of Tongan families are relying on subsistence reef fishing, according 2019 data from the World Bank. Following the eruption, the Tongan government said it would seek $240 million for recovery, but the World Bank only provided $8 million.

The vast majority of Tongan territory is ocean, with its exclusive economic zone extending across nearly 700,000 square kilometres of water. While commercial fisheries contribute only 2.3% to the national economy, subsistence fishing is considered crucial in making up a staple of the Tongan diet.

The U.N.’s Food and Agricultural Organization estimated in a November report that the eruption cost the country’s fisheries and aquaculture sector some $7.4 million, a significant number for Tonga’s $500 million economy. The losses were largely due to damaged fishing vessels, with nearly half of that damage in the small-scale fisheries sector. Because the Tongan government does not closely track subsistence fishing, it is difficult to estimate the eruption’s impact on fish harvests. However, scientists say that there are other troubling signs that suggest it could take a long time for fisheries to recover.

Young corals are failing to mature in the coastal waters around the eruption site, and many areas once home to healthy and abundant reefs are now barren. Volcanic ash probably smothered many reefs, depriving fish of feeding areas and spawning beds. No marine life had survived near the volcano. The tsunami that followed the eruption also created fields of coral rubble.

Agriculture has proved a lifeline to Tongans facing empty waters and damaged boats. Despite concerns that the volcanic ash, which blanketed 99% of the country, would make soils too toxic to grow crops, food production has resumed with little impacts. Soil tests revealed that the fallen ash was not harmful for humans. And while yam and sweet potato plants perished during the eruption, and fruit trees were burned by falling ash, they began to recover once the ash was washed away.

Scientists are also now taking stock of the eruption’s impact on the atmosphere. While volcanic eruptions on land eject mostly ash and sulfur dioxide, underwater volcanoes jettison far more water. Tonga’s eruption was no exception, with the steam and ash plume reaching 57 kilometers and injecting 146 million tonnes of water into the atmosphere. Water vapor can linger in the atmosphere for up to a decade, trapping heat on Earth’s surface and leading to more overall warming. More atmospheric water vapor can also help deplete ozone, which shields the planet from harmful UV radiation. NASA explained that the Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption « increased the total amount of global water in the stratosphere by 10 percent and we are only now beginning to see the impact of that. »

Source ; Yahoo News.

 

La cendre de l’éruption avait recouvert une grande partie de la végétation (Crédit photo : New Zealand Defense Force)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (archipel des Tonga) en janvier 2022 a été un événement exceptionnel qui ne cesse de surprendre les scientifiques. Il ne se passe guère une semaine sans qu’apparaisse un nouveau record. L’éruption a envoyé des ondes de choc dans le monde entier. Elle a déclenché des vagues de tsunami de grande ampleur et envoyé une énorme quantité de vapeur d’eau dans la stratosphère.
Un nouveau rapport scientifique nous informe que l’éruption a également déclenché plus de 25 500 éclairs en seulement cinq minutes et près de 400 000 en six heures. La moitié de tous les éclairs observés dans monde était concentrée autour du volcan au plus fort de l’éruption. Selon le rapport, l’éruption cataclysmique du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai a pulvérisé tous les records.
Source : CNN.

Source: NASA

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Dans ma précédente note sur l’activité volcanique dans le monde, j’indiquais que la sismicité sur le Marapi (Sumatra / Indonésie) avait augmenté du 25 au 26 décembre 2022. Des panaches blancs diffus s’élevaient jusqu’à 100 m au-dessus du sommet du volcan. Le niveau d’alerte était maintenu à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Nous apprenons aujourd’hui que le Marapi est entré en éruption vers 23h00 (UTC) le 6 janvier 2023, avec une épaisse colonne de cendres qui s’élevait à environ 300 m au-dessus du sommet. Le 8 janvier, 164 randonneurs ont été évacués de la zone du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 2 (WASPADA) depuis le 3 août 2011. La dernière éruption du Marapi a eu lieu du 28 avril au 2 mai 2018, avec un VEI 2.
Source : VSI, médias d’information indonésiens.

 

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) se poursuit à partir des bouches situés dans la partie centre-est du plancher du cratère de l’Halema’uma’u. L’activité reste concentrée dans la moitié Est du cratère et dans le bassin de la moitié ouest, là où se trouvait le petit lac de lave en 2021-2022. Une webcam donne des images en direct du lac de lave à cette adresse : https://www.youtube.com/usgs/live.
Aucune activité particulière n’est observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest. De faibles déformations du sol et un peu de sismicité sont enregistrées le long des deux zones.
Source : HVO.

 

Capture d’écran de la webcam en direct.

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L’éruption effusive de l’Etna (Sicile) se poursuit. La lave s’écoule tranquillement depuis sa source à la base NE du Cratère Sud-Est depuis le 27 novembre 2022. Les coulées se dirigent ensuite vers la Valle del Leone. Le 7 janvier 2023, le front de coulée se trouvait à 2170 m d’altitude et le champ de lave couvrait une superficie de 0,63 km2.

Source : INGV.

Capture image webcam

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On a observé une activité explosive et effusive sur le Stromboli (Sicile) au début du mois de janvier 2023 au niveau de quatre bouches dans la zone cratèrique Nord, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et sur une bouche dans la zone cratèrique Centre-Sud. Les explosions étaient d’intensité variable et éjectaient des matériaux de 80 à 150 m de hauteur, à raison de 3 à 10 explosions par heure.
Le 2 janvier, la lave a débordé des bouches éruptives dans la zone Nord, après une intrnse période de spattering. La lave a coulé le long de la Sciara del Fuoco, en empruntant probablement le chenal qui s’était formé en octobre 2022. La coulée a été bien alimentée pendant quelques heures, mais l’écoulement a ensuite ralenti et s’est arrêté. La même activité s’est reproduite le 4 janvier, avec un nouveau débordement de lave.
Source : INGV.

Image caméra thermique INGV

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À partir de juillet 2022, le réseau sismique du Kawah Ijen (Indonésie) a détecté un nombre croissant de séismes volcaniques peu profonds, ce qui indiquait une augmentation de la pression dans le système hydrothermal. Cette sismicité a de nouveau augmenté le 1er janvier 2023. La température de l’eau du lac est passée de 16°C en décembre 2022 à 45,6°C le 5 janvier 2023. Lors d’une visite sur le terrain, les scientifiques ont indiqué que la couleur de l’eau était vert clair. . Des panaches blancs denses s’élevaient des bouches sur les berges du lac, avec une forte odeur de soufre. Le niveau d’alerte a été porté à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 7 janvier. Il est conseillé à la population locale, aux visiteurs et aux mineurs de ne pas s’approcher du cratère à moins de 1,5 km.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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L’éruption du Semeru (Indonésie) continue. Le panache de vapeur et de cendres s’élève généralement à 200 – 500 m au-dessus du sommet. Une image de webcam publiée sur les réseaux sociaux le 8 janvier 2023 montrait une coulée de lave incandescente s’étirant sur 500 m depuis cratère sommital sur le flanc SE. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est invité à rester à au moins 5 km du sommet et à l’écart des ravines sur les flancs du Semeru, en raison des risques de lahar, d’avalanche et de coulée pyroclastique.
Source : CVGHM.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Mont Young, anciennement Mount Cerberus, du Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). De petites émissions de vapeur apparaissent quotidiennement sur les images de la webcam. Une activité explosive de faible intensité est observée sur le volcan. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Watch (Vigilance).
Source : AVO.

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L’AVO a abaissé le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne pour le Cleveland (Aléoutiennes / Alaska) suite à une réduction de l’activité volcanique au cours des derniers mois. La dernière activité éruptive a été une épisode explosif de courte durée dans la soirée du 1er juin 2020 et les émissions de SO2 ont été détectés pour la dernière fois le 29 juillet 2022.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

The Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption (Tonga archipelago) in January 2022 was an exceptional event and is a constant surprise to scientists. There is hardly a week without some new record. The eruption sent shockwaves around the world. Not only did it trigger widespread tsunami waves, but it also belched an enormous amount of water vapor into the Earth’s stratosphere.

A new scientific report informs us that the eruption set off more than 25,500 lightning events in just five minutes. Over the course of just six hours, the volcano triggered nearly 400,000 lightning events. Half of all the lightning in the world was concentrated around this volcano at the eruption’s peak. According to the report, the cataclysmic eruption shattered all records.

Source : CNN.

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In my previous post about volcanic activity in the world, I indicated that seismicity at Marapi (Sumatra / Indonesia) had increased during 25-26 December 2022. Diffuse white plumes were rising as high as 100 m above the summit. The Alert Level remained at 2 (on a scale of 1-4).

We now learn that Marapi started erupting at around 23:00 (UTC) on January 6th, 2023, with a thick ash column rising about 300 m above the summit. On January 8th, 164 climbers were evacuated from the area surrounding the volcano. The Aviation Color Code was raised to Orange. The Alert Level has been kept at 2 (WASPADA) since August 3rd, 2011. The last eruption at Marapi took place from April 28th to May 2nd, 2018 (VEI 2).

Source : VSI, Indonesian news media.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) continues from vents on the central eastern portion of Halemaʻumaʻu crater floor. Activity is concentrated in the eastern half of the crater and within the basin in the western half of the crater that was the focus of activity in 2021–2022. A live-stream video of the lava lake is available at: https://www.youtube.com/usgs/live.

No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone. Low rates of ground deformation and seismicity continue along both.

Source : HVO.

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The effusive eruption of Mt Etna (Sicily) continues. Lava has been flowing quietly from its source at the NE base of the Southeast Crater since November 27th, 2022. The flows then head towards the Valle del Leone. On January 7th, 2023, the flow front was at an altitude of 2170 m and the lava field covered an area of 0.63 km2.

Source : INGV.

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Both explosive and effusive activity at Stromboli (Sicily) occurred early in January 2023 at four vents in Area N, within the upper part of the Sciara del Fuoco, and at one vent in the South-Central Crater area. The explosions were variable in intensity and ejected material 80-150 m at a rate of 3-10 explosions per hour.
On January 2nd, lava overflowed vents in the N area, after a period of intense spattering. It flowed down the Sciara del Fuoco, likely channeled in the ravine that had formed in October. The flow was well-fed for a couple of hours but then effusion slowed or stopped. The same activity occurred again, with a lava overflow, on January 4th.

Source : INGV.

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Beginning in July 2022 the seismic network at Kawah Ijen (Indonesia) began detecting increasing numbers of shallow volcanic earthquakes indicating increasing pressure at shallow depths within the hydrothermal system. This seismicity again increased on January1st, 2023. The temperature of the crater lake water rose from 16°C in December 2022 to 45.6°C on January 5th 2023. During a field visit, scientists noted that the color of the lake water was light green. Dense white plumes were rising from vents, and the sulfur odor was strong. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) on January 7th. Residents, visitors, and miners are advised to not approach the crater within 1.5 km.

Source : CVGHM.

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The eruption of Semeru (Indonesia) continues. Steam and ash plume usually rise 200-500 m above the summit. A webcam image posted on social media on January 8th, 2023 showed an incandescent lava flow extending 500 m from the summit crater on the SE flank. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay at least 5 km away from the summit, and away from drainages originating on Semeru, due to lahar, avalanche, and pyroclastic flow hazards.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity at Semisopochnoi’s Mount Young, formerly Mount Cerberus (Aleutians / Alaska) continues. Daily minor steam emissions are visible in webcam images. Low-level explosive activity is observed on the volcano. The Aviation Color Code remains at Orange and the Volcano Alert Level remains at Watch.

Source : AVO.

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AVO has lowered both the Volcano Alert Level and the Aviation Color Code for Cleveland (Aleutians / Alaska) due to reduced volcanic activity in the past months.The last eruptive activity was a short-lived explosion on the evening of June 1st 2020, and SO2 emissions were last detected on July 29th, 2022.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Surveillance des éruptions avec les webcams // Webcam surveillance of the eruptions

Aujourd’hui, grâce aux caméras installées sur les volcans, il est possible de surveiller leur activité depuis son fauteuil. Ces caméras sont appréciées du grand public, mais elles sont aussi une aide précieuse pour les scientifiques qui doivent contrôler les éruptions et communiquer avec les autorités pour assurer la sécurité des populations.

À Hawaii, le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) dispose d’un réseau de webcams fonctionnant en continu sur le Mauna Loa et le Kilauea. Elles ont permis de contrôler les récentes éruptions de ces volcans.
Lorsque l’éruption du Kilauea a commencé le 5 janvier 2023, les webcams ont montré la lave en train de percer la surface. Aujourd’hui, le grand public peut suivre cette nouvelle activité grâce à l’une des nombreuses webcams installées au sommet du volcan et disponibles à cette adresse :
https://www.usgs.gov/volcanoes/kilauea/summit-webcams
La récente éruption du Mauna Loa a fait jaillir des fontaines de lave spectaculaires et généré une longue coulée de lave qui a menacé la Saddle Road. Compte tenu du danger potentiel pour les infrastructures, il fallait que les scientifiques du HVO surveillent l’éruption, 24 heures sur 24.
Ils ne pouvaient pas être en permanence sur le terrain, mais les webcams, elles, étaient constamment présentes.

La dernière éruption du Mauna Loa a permis aux scientifiques du HVO de tester et d’améliorer certaines fonctions des caméras à distance. Ces webcams ont permis de repérer sur quelle zone de rift se concentrait l’activité. Les scientifiques ont aussi utilisé des caméras sur la zone de rift sud-ouest pour s’assurer que des bouches éruptives ne s’ouvraient pas dans cette partie du volcan qui est plus proche des zones habitées.
Une fois qu’une éruption commence, le HVO s’appuie sur de petites webcams portables qui fournissent des vues rapprochées de l’activité éruptive 24h/24 et 7j/7. Ces caméras transmettent des images sur le réseau cellulaire et peuvent facilement tenir dans un sac à dos. Le personnel du HVO les a donc déployées autour de la nouvelle éruption du Mauna Loa quelques heures après son début.
Un autre outil utilisé par le HVO a été une caméra vidéo envoyant en streaming et en continu des vues des fontaines de lave au niveau de la bouche éruptive. Cet outil est utile pour savoir si l’activité éruptive s’intensifie ou ralentit.
Plusieurs caméras timelapse pour prises de vues en accéléré ont également été déployées pour fournir des informations détaillées sur les hauteurs des fontaines de lave et l’activité dans les chenaux de lave. Ces caméras ne transmettent pas leurs images en temps réel, mais elles les stockent sur une carte pour une analyse ultérieure.
Bon nombre de ces caméras ont été installées et améliorées lors de l’éruption du Kilauea en 2018, et les leçons apprises lors de cette éruption ont été directement appliquées à celle du Mauna Loa.
Le personnel du HVO a également testé une nouvelle caméra videolapse qui génère des images vidéo en accéléré. A la différence des caméras timelapse qui prennent un seul cliché à intervalles réguliers, la caméra videolapse capture périodiquement de courts clips vidéo. La caméra a ainsi réalisé un clip vidéo de 20 secondes de la lave dans la partie supérieure du chenal de lave toutes les 15 minutes.
Ces clips vidéo à intervalle régulier sont utiles pour mesurer les variations du débit éruptif dans le temps. Tout comme le débit est l’une des variables les plus importantes pour comprendre le comportement d’une rivière, le débit éruptif en mètres cubes par seconde est un paramètre fondamental pour comprendre et prévoir le comportement des coulées de lave. La façon la plus simple de mesurer le débit d’une coulée de lave est d’estimer la vitesse de la lave dans le chenal et de la multiplier par la profondeur et la largeur du chenal. À partir des clips vidéo, les scientifiques du HVO ont pu effectuer des mesures directes de la vitesse de la lave dans le chenal. Cela se fait en utilisant un ordinateur pour suivre les éléments en mouvement dans une vidéo. Dans un chenal, il peut s’agir de fragments de croûte véhiculés à la surface de la rivière de lave.
La technologie des caméras s’améliore chaque année. Les caméras de terrain permettant de contrôler une éruption à distance sont une aide précieuse pour les géologues de terrain lors des crises éruptives.
Source : USGS/HVO.

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Today, thanks to the cameras installed on volcanoes, it is possible to monitor their activity from your armchair. These cameras are appreciated by the general public, but they are also a valuable aid for scientists who must control eruptions and communicate with the authorities to ensure the safety of populations.

In Hawaii, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) maintains a network of continuously operating webcams across Mauna Loa and Kīlauea, which have provided views of recent eruptions at these volcanoes.

When the Kilauea eruption started on January 5th, 2023, webcams provided views of lava reaching the surface. Today, the general public can monitor this new activity through one of the many summit webcams available at this address:

https://www.usgs.gov/volcanoes/kilauea/summit-webcams

The recent eruption of Mauna Loa produced spectacular lava fountains and a long lava flow that threatened the Saddle Road. Given the potential hazard to infrastructure, HVO scientists needed to keep a close eye on the eruption, around the clock.

HVO geologists could not be at the mountain-top eruption site all hours of the day but webcams could. The recent eruption of Mauna Loa allowed HVO scientists to test and improve some of the Observatory’s remote camera capabilities.

These webcams allowed to pinpoint which rift zone the activity was focusing on. HVO scientists used cameras on the Southwest Rift Zone to confirm that vents were not opening on that section of the volcano, which has greater proximity to residential areas.

Once an eruption starts, HVO relies on small, portable webcams to provide close-up, 24/7 views of the eruptive activity. These cameras transmit images over the cellular network, and can easily fit in a backpack, so HVO staff deployed them around the new Mauna Loa eruption within hours of its start.

Another tool HVO deployed was a live-streaming video camera, to provide continuous views of the fountaining at the vent. This is valuable to track whether eruptive activity is picking up or slowing down.

Several time-lapse cameras were also deployed to provide detailed documentation of the lava fountain heights and lava channel activity. These time-lapse cameras did not transmit their images in real time, but simply stored the images onto a data card for later analysis.

Many of these camera techniques were developed and improved during the 2018 eruption of Kilauea, and lessons learned there were directly applied to the Mauna Loa response.

HVO staff also tested a new “video-lapse” camera. Unlike time-lapse cameras that take a single snapshot at intervals, the video-lapse camera periodically captures short video clips. The camera captured a 20 second video clip of the lava flowing through the upper channel every 15 minutes.

These periodic video clips are useful for measuring the eruption rate through time. Just as the flow rate is one of the most important variables to understand a river’s behaviour, the volumetric eruption rate (cubic meters per second) is a fundamental parameter for understanding, and forecasting, lava flows. The simplest way to measure the eruption rate of a lava flow is to estimate the velocity of lava in the channel and multiply that by the depth and width of the channel. From the video-lapse clips HVO scientists can make direct measurements of the velocity of lava in the channel. This is done by using a computer to track moving features in a video. In a lava channel, these might be distinct pieces of crust carried on the surface.

Camera technology improves every year. Remote field cameras are a valuable complement to field geologists during eruption crises.

Source : USGS / HVO.

Les webcams du HVO fournissent des images de bonne qualité du Kilauea…

….et du Mauna Loa :

Nouvelles informations scientifiques sur l’éruption du Mauna Loa en 2022 // New scientific information about the 2022 Mauna Loa eruption

La division « Earth Observatory » de la NASA vient de publier un document très intéressant qui donne plus d’informations sur la dernière éruption du Mauna Loa.
Le 27 novembre 2022, des fontaines de lave ont commencé à jaillir de la zone de rift nord-est du volcan et des coulées se sont dirigées vers le nord. Dix jours après le début de l’éruption, un avion de la NASA a effectué son premier vol au-dessus du volcan. Il transportait un système de radar à synthèse d’ouverture pour véhicule aérien inhabité (UAVSAR)* qui a été utilisé pour cartographier la topographie du volcan dans les moindres détails avec un instrument à bande Ka baptisé GLISTIN-A. Au départ, le GLISTIN-A est une nouvelle technique radar pour cartographier les surfaces de glace. Les applications scientifiques ont commencé en 2013 au-dessus des glaciers alpins et de la glace de mer en Alaska, et d’une plaine inondable en Californie. Ces applications se sont depuis étendues à d’autres domaines, tels que l’accumulation de neige et la dynamique des volcans. L’instrument a été déployé pour la première fois sur un volcan en 2018 lors de l’éruption du Kīlauea. Le succès de cette opération a encouragé son utilisation sur le Mauna Loa.
Des équipes du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA et du United States Geological Survey (USGS) ont utilisé les données de ce capteur pour cartographier l’épaisseur des coulées de lave sur le Mauna Loa lors d’une série de vols les 7, 8 et 10 décembre 2022. La carte ci-dessous montre l’épaisseur des coulées de lave pendant le vol du 7 décembre. Le 8 décembre , les scientifiques de l’USGS ont remarqué une baisse significative de l’éruption et quelques jours plus tard, ils ont déclaré que l’éruption s’était arrêtée.

 

Epaisseur de la coulée de lave le 7 décembre 2022 (Source: USGS)

La carte montre l’épaisseur des coulées de lave dans la caldeira sommitale, là où l’éruption a commencé, et des coulées de lave sur le flanc nord-est du Mauna Loa. La variation de couleur du bleu à l’orange indique une augmentation de l’épaisseur de la coulée de lave. Une épaisseur maximale d’environ 25 mètres est indiquée, bien que des valeurs supérieures à 40 mètres aient été observées dans certaines zones.
L’épaississement de la lave à l’extrémité nord de la coulée est dû au refroidissement de la lave loin de la source de l’éruption, ainsi qu’à un aplanissement du terrain au niveau du col (the Saddle) entre le Mauna Loa et le Mauna Kea. Ces deux facteurs ont contribué au ralentissement et à l’accumulation de la lave dans ce secteur. Les données GLISTIN ont été superposées à une image Landsat 8 aux couleurs naturelles du volcan réalisée en 2017, et un modèle d’élévation numérique offrant une vue plus réaliste de la topographie du Mauna Loa. La photographie aérienne proposée par l’USGS ci-dessous montre une partie de la coulée de lave principale le 7 décembre 2022.

 

Vue de la coulée de lave le 7 décembre 2022 (Crédit photo: USGS)

En effectuant une comparaison avec les cartes de la topographie de cette zone avant l’éruption, y compris les données GLISTIN-A collectées en 2017, les chercheurs de l’USGS ont pu calculer la taille et le volume de la coulée de lave. Au cours de l’éruption d’environ 14 jours, le Mauna Loa a émis plus de 230 millions de mètres cubes de lave avec une coulée qui a parcouru jusqu’à 19,5 kilomètres depuis la source de l’éruption. [NDLR : On se rend compte que le volume de lave émis en 2022 est assez proche de celui émis lors de la précédente éruption de 1984 : 220 millions de mètres cubes].

* Le système UAVSAR mentionné plus haut fonctionne à partir d’une nacelle montée sous un jet Gulfstream III avec équipage du Armstrong Flight Research Center de la NASA en Californie. Des cartes topographiques générées lors de chaque vol montrent la progression et l’épaississement de la lave avec le temps. Il s’agit d’informations précieuses pour la compréhension scientifique des processus volcaniques et pour les interventions de secours d’urgence.

Un grand merci au HVO de m’avoir communiqué ces informations à propos de l’éruption.

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NASA’s Earth Observatory has just relaesed a very interesting document that gives more information about Mauna Loa’s latest eruption.

On November 27th, 2022, lava fountains began spurting from the volcano’s Northeast Rift Zone and streams of molten rock flowed to the north. Ten days into the eruption, a NASA aircraft conducted its first flight over the erupting volcano. It carried NASA’s Uninhabited Aerial Vehicle Synthetic Aperture Radar (UAVSAR)* system, which was used to map the volcano’s topography in fine detail with a Ka-band instrument called GLISTIN-A. GLISTIN-A was originally demonstrated as a new radar technique for mapping ice surfaces. Science demonstration flights began in 2013 over alpine glaciers and sea ice in Alaska, and a floodplain in California. Its applications have since expanded to other areas, such as snow accumulation and volcano dynamics. The first time the instrument was deployed for volcano response was in 2018 during the three-month eruption of Kīlauea. The success of that operation paved the way for deployment to Mauna Loa.

Teams from NASA’s Jet Propulsion Laboratory (JPL) and the United States Geological Survey (USGS) used data from that sensor to map the thickness of those flows during a series of flights on December 7th, 8th, and 10th. The map above shows the thickness of the lava flows during the flight on December 7th, the day before USGS scientists noticed a significant decline in the pace of the eruption. A few days later, they declared the eruption had stopped. The map shows the thickness of the lava flows in the summit caldera, where the eruption began, and of lava flows on Mauna Loa’s northeastern flank. The color variation from blue to orange indicates increasing lava flow thickness. A maximum thickness of roughly 25 meters is shown, though values exceeding 40 meters were observed in some areas.

The thickening at the northern end of the flow is due to lava cooling and hardening with distance away from the vent, along with a flattening of the terrain at the saddle between Mauna Loa and Mauna Kea. Both of these factors contributed to the flow slowing down and piling up in that area. The GLISTIN data were laid over a 2017 natural-color Landsat 8 image of the mountain and a digital elevation model offering a more realistic view of Mauna Loa’s topography. The USGS aerial photograph above shows part of the main lava flow on December 7th, 2022.

By comparing to pre-eruption maps of this area’s topography, including GLISTIN-A data collected in 2017, the USGS researchers were able to calculate the size and volume of the lava flow. Over the roughly 14-day eruption, Mauna Loa erupted more than 230 million cubic meters of lava along a flow that extended up to 19.5 kilometers from the vent. [Personal note: One realizes that the volume of lava emitted in 2022 was quite close to that emitted during the previous eruption in 1984 which was 220 million cubic meters].

* The above-mentioned UAVSAR system operates from a pod mounted beneath a crewed Gulfstream III jet from NASA’s Armstrong Flight Research Center in California. Repeated topographic maps generated with each flight reveal the progression and thickening of lava with time. This is information for scientific understanding of volcano processes and for emergency response.

I do thank HVO for sending me this information about the eruption.