Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’actualité reste dominée par l’éruption du Cumbre Vieja qui continue sur l’île de La Palma. Le volcan reste très actif et continue à déverser sa lave. Les dégâts sont de grande ampleur, tant aux habitations qu’aux bananeraies qui sont la principale ressource économique de l’île.

Vous trouverez une description de l’éruption dans les différentes notes publiées quotidiennement sur ce blog.

Capture écran webcam

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Le Kilauea (Hawaï) est en éruption à partir d’une bouche unique dans la paroi ouest du cratère de l’Halema’uma’u.
Les émissions de gaz restent élevés avec environ 250 tonnes par jour.le 8 novembre 2021.
Les inclinomètres au sommet montrent une phase de déflation depuis le 7 novembre 2021.
L’activité sismique reste faible et le trémor volcanique se maintient à un niveau élevé depuis le début de l’éruption.
La partie ouest du lac de lave présente une altitude maximale d’environ 799 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui représente une hausse d’environ 56 mètres depuis le début de l’éruption le 29 septembre 2021.
Le volume de lave émis depuis le début de l’éruption a été estimé à environ 28,2 millions de mètres cubes le 3 novembre 2021.
Aucune activité particulière n’a été observée dans l’East Rift.Zone du Kilauea.
Source : HVO.

Crédit photo: HVO

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Des observations récentes à White Island (Nouvelle-Zélande) montrent une augmentation des émissions de gaz et du niveau du lac à l’intérieur du cratère.
Par rapport aux dernières mesures effectuées le 14 octobre 2021, le SO2 est passé à 681 tonnes par jour contre 267 tonnes par jour à la mi-octobre.
Les émissions de CO2 sont passées de 757 à 2 712 tonnes par jour.
Le H2S montre également une augmentation, de 10 à 38 tonnes par jour.
Les températures mesurées dans la zone active variaient de 252 à 202 °C en septembre et octobre, alors qu’elles dépassaient les 500 à 600 °C en juillet et en août.
Le niveau d’eau dans le lac de cratère est légèrement plus élevé que ce celui observé fin octobre; la quasi-totalité de cette augmentation est due à de fortes précipitations.
Une très faible émission de cendre a été observée lors de la dernière visite au volcan.
L’activité sismique reste inchangée. .
Le niveau d’activité actuel est considéré comme « modérés à élevé. » En conséquence, le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne à Jaune.
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

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Un séisme a été enregistré sous la caldeira du Bárðarbunga (Islande) à 7h20 le 6 novembre 2021. La magnitude du séisme était de M 4.0. Un tel événement n’est pas exceptionnel dans la région, mais il mérite l’attention car le Bárðarbunga est un stratovolcan situé sous le plus grand glacier d’Islande, le Vatnajökull.
L’épicentre du séisme était situé à 4,6 km au nord-est du volcan, à une profondeur de 1,3 km. Par la suite, le Met Office islandais n’a détecté que quelques répliques de faible intensité. (NDLR : en Islande une sismicité aussi peu profonde est rarement le signe d’une éruption à venir. Elle est plutôt due à une activité hydrothermale ou à des réajustements à l’intérieur de la calotte glaciaire).
La dernière activité du Bárðarbunga a eu lieu en 2014 lorsque le magma s’est déplacé sur près de 40 km jusqu’au champ de lave de Holuhraun où une éruption s’est déclenchée et a duré près de six mois.
Les scientifiques contrôlent étroitement le Bárðarbunga. En juillet 2021, ils sont observé une inflation du volcan. Elle était peut-être due à l’accumulation de magma ou à des réajustements suite à la dernière éruption. Cependant, une éruption ne semblait pas imminente.

Vue de l’éruption dans l’Holuhraun en 2014 (Crédit photo: Wikipedia)

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Dans la conclusion de son bulletin mensuel couvrant la mois d’octobre 2021, l’OVPF indique que « l’inflation du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) et les teneurs en CO2 dans le sol qui sont restées élevées au cours des derniers mois (depuis la fin de l’éruption du 9 avril – 24 mai 2021) ont été les témoins de transferts magmatiques depuis des zones profondes vers le réservoir magmatique superficiel, à l’origine de la crise sismique du 18 octobre 2021. Cette crise a été liée à une intrusion de magma sous le flanc nord nord-est du volcan qui s’est arrêtée en profondeur. » Rappelons que l’éruption prévue « dans quelques minutes ou quelques heures » n’a pas eu lieu.
Dans son bulletin, l’OVPF ajoute que « suite à l’intrusion magmatique du 18 octobre, une inflation de l’édifice est de nouveau observée, témoignant de la poursuite de transferts magmatiques depuis des zones profondes vers le réservoir magmatique superficiel. »

Photo: C. Grandpey

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Selon le dernier bulletin de l’OVSM, entre le 29 octobre et le 5 novembre 2021, on a enregistré au moins 25 séismes de type volcano-tectonique de magnitude inférieure ou égale à M 1.1 sous la Montagne Pelée (Martinique). « Ces séismes de faible énergie ont été localisés à l’intérieur de l’édifice volcanique, entre 0.9 km et 2.1 km de profondeur sous la surface. Cette sismicité superficielle est associée à la formation de micro-fractures dans l’édifice volcanique. » Aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population.

La zone de dégazage en mer à faible profondeur entre Saint-Pierre et Prêcheur est toujours observée. Des prélèvements de fluides ont été effectués afin de connaître l’origine de ce dégazage et d’évaluer sa relation éventuelle avec le système hydrothermal de la Montagne Pelée.

Source: OVSM.

Photo: C. Grandpey

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Suite à l’intensification de l’activité observée ces dernières semaines sur l’île éolienne de Vulcano et en particulier dans le cratère de la Fossa, l’accès à ce dernier a été interdit. En effet, les fumerolles et leurs concentrations gazeuses peuvent présenter un danger pour la santé en cas d’inhalation.

Dix touristes ont bravé l’interdiction et se sont fait surprendre par les carabiniers au sommet du volcan. Ils ont été verbalisés et ont dû débourser 5.000 euros pour avoir enfreint l’ordonnance diffusée par le maire de Lipari.

Source: La Sicilia.

Photo: C. Grandpey

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Suite aux fortes intempéries qui ont balayé la Sicile ces derniers jours, la webcam L.A.V.E. sur l’Etna ne fonctionne pas et est en réparation. Vous serez tenus au courant dès qu’elle sera de nouveau opérationnelle.

Exemple d’image fournie par la webcam L.A.V.E. et son archive des dernières 24 heures

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

The eruption of Cumbre Vieja continues on the island of La Palma. The volcano remains very active and continues to pour out its lava. The damage is extensive, both to homes and banana plantations which are the main economic resource of the island.

You will find a description of the eruption in the weekly updates posted on this blog.

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Kilauea (Hawaii) is erupting from a single vent in the western wall of Halemaʻumaʻu crater.

Volcanic gas emission rates remain elevated with an emission rate for November 8th, 2021, of approximately 250 tonnes per day.
Summit tilt has shown deflation since November 7th, 2021.

Earthquake activity remains below background and the volcanic tremor has remained elevated since the beginning of the eruption.
The western end of the lake shows a maximum elevation of approximately 799 meters above sea level, which means a total increase of about 56 meters since the start of the eruption on September 29th, 2021.

The total erupted volume since the beginning of the eruption was estimated to be about 28.2 million cubic meters on November 3rd, 2021..
No unusual activity has been noted in the Kīlauea East Rift Zone.

Source: HVO.

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Recent observations at White Island (New Zealand) show increases in gas emissions and lake level.

Compared with the last measurements performed on October 14th, 2021, SO2 has increased to 681 tonnes per day from 267 tonnes per day in mid-October.

CO2 emissions have increased from 757 to 2 712 tonnes per day.

H2S also shows an increase, from 10 to 38 tonnes per day.

Temperatures measured in the active vent area ranged from 252 to 202 °C in September and October. In July and August, the temperatures were in excess of 500 to 600 °C.

The level of water in the crater lake is slightly higher than in late October, with nearly all of this rise due to heavy rainfall.

Very weak ash emission was occurring during the last observations.

Seismic activity remains unchanged. .

The current level of activity is consistent with moderate to heightened levels of unrest. As such the Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Color Code remains at Yellow.

Source: GeoNet.

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An earthquake was recorded under the Bárðarbunga caldera (Iceland) at 7:20 am on November 6th, 2021. The quake’s magnitude was M 4.0. Such an event is not exceptional in the area, but it deserves attention as Bárðarbunga is a stratovolcano located underneath Iceland’s largest glacier, Vatnajökull.

The epicenter of the earthquake was located 4.6 km northeast of the volcano, at a depth of 1.3 km. Afterwards, the Met office only detected a very little aftershock activity. (Editor’s note: In Iceland such a shallow seismicity is rarely the sign of an upcoming eruption. Is is rather due to hydrothermal activity or readjustments inside the ice cap).

The last time major unrest occurred at Bárðarbunga was in 2014, when magma flowed almost 40 km to the Holuhraun lava field, where there was an eruption which lasted almost six months.

Geoscientists are closely monitoring Bárðarbunga. In July 2021, it was reported that the volcano had been expanding, probably because of magma accumulation or recovery from its last eruption. However, an eruption did not appear to be imminent.

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In the conclusion of its monthly report covering October 2021, OVPF indicates that « the inflation of Piton de la Fournaise (Reunion Island) and the CO2 levels in the soil which have remained high over recent months (from the end of the eruption of April 9 to May 24, 2021) revealed magma transfers from deep areas to the shallow magma reservoir, at the origin of the seismic crisis of October 18th, 2021. This crisis was linked to a magma intrusion beneath the north-northeast flank of the volcano that stopped at depth. » The eruption that was predicted « in a few minutes or a few hours » did not occur.
In its bulletin, OVPF adds that « following the magma intrusion of October 18th, an inflation of the edifice is again observed, testifying to the continuation of magma transfers from deep zones to the shallow magma reservoir. »

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According to the latest OVSM bulletin, between October 29th and November 5th, 2021, at least 25 volcano-tectonic earthquakes with magnitudes less than or equal to M 1.1 were recorded under Mount Pelée (Martinique). « These low-energy earthquakes were located inside the volcanic edifice, between 0.9 km and 2.1 km below the surface. This shallow seismicity is associated with the formation of micro-fractures in the volcanic edifice. » None of these earthquakes were felt by the population.
The shallow sea degassing zone between Saint-Pierre and Prêcheur is still observed. Fluid samples were collected in order to know the origin of this degassing and to assess its possible relationship with Mount Pelée’s hydrothermal system.
Source: OVSM.

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Following the intensification of activity observed in recent weeks on the Aeolian island of Vulcano and in particular in La Fossa crater, access to the volcano has been prohibited. Indeed, fumaroles and their gas concentrations can present a health hazard if inhaled.
Ten tourists defied the ban and were surprised by the carabinieri in the summit area of the volcano. They were fined and had to pay 5,000 euros for violating the ordinance issued by the mayor of Lipari.
Source: La Sicilia.

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Due to the very poor weather conditions which affected Sicily in recent days, the L.A.V.E. webcam on Mt Etna does not work and is under repair. You will be kept informed as soon as it is operational again.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Dernières nouvelles de l’éruption du Cumbre Vieja (La Palma) // Latest news of the Cumbre Vieja eruption (La Palma)

7 heures : Dans ma dernière mise à jour du 8 novembre 2021 à propos de l’éruption du Cumbre Vieja, j’indiquais que la sismicité et le tremor étaient en baisse. A cela, les scientifiques de Pevolca ajoutent que l’on observe « des signes d’épuisement des apports de magma à grande profondeur. » La lave émise en ce moment par le volcan a une origine plus superficielle. Toutes les données observables (composition chimique du panache, sismicité et déformation du sol) indiquent que la partie la plus profonde du système magmatique qui alimente le volcan « est moins active et a moins de capacité à alimenter l’éruption plus longtemps. » Cette tendance à la baisse est confirmée par celle des émissions de dioxyde de soufre. Malgré ces indications encourageantes, les scientifiques de Pevolca indiquent qu’il faut attendre un peu que ces paramètres se stabilisent pour confirmer leur tendance à la baisse et affirmer que la fin de l’éruption se rapproche.

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18 heures : Alors que l’éruption du Cumbre Vieja continue, l’événement le plus significatif du 9 novembre 2021 a été la chute de la lave sur la plage de Guirres, en bordure de la coulée principale qui avait atteint la mer il y a quelques semaines. L’événement n’a pas été très spectaculaire comme on peut le voir sur cette petite vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

A part les coulées n°1 et n°2 qui continuent à montrer une certaine progression, les autres coulées n’avancent plus. Globalement, les scientifiques de Pevolca confirment que l’éruption est entrée dans une phase plus stable, mais cela ne signifie pas qu’elle est terminée. « La stabilité actuelle doit être maintenue sous tous ses aspects : dans la déformation du terrain, la sismicité et les émissions de gaz. Ces valeurs doivent rester stables et continuer à décroître pendant un certain temps jusqu’à ce qu’elles atteignent des niveaux inférieurs à ceux actuels. »
Le panache de cendre atteignait aujourd’hui une hauteur de 2700 m.
La sismicité reste à des niveaux similaires à ceux de la veille, et inférieurs aux semaines précédentes. La magnitude la plus élevée a été de M 2,8.
Les émissions de SO2 atteignent des valeurs comprises entre 9 000 et 13 000 tonnes par jour. Ces niveaux sont encore élevés, mais l’évolution temporelle reflète une tendance à la baisse.
Selon l’IGN, le cône du volcan s’élève à 1 131 mètres au-dessus du niveau de la mer.

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23 heures : Comme je l’ai indiqué précédemment, la lave glisse le long de la falaise au-dessus de la plage de Los Guirres, ce qui donne des images impressionnantes de jour (voir les petites vidéos ci-dessous) et de nuit (voir la capture d’écran). Bonnes images des webcams en ce moment !

Heureusement, cette lave recouvre des coulées existantes et les autres coulées potentiellement actives  sont restées stables aujourd’hui, évitant d’autres destructions.

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7:00 am : In my last update of November 8th, 2021 about the Cumbre Vieja eruption, I reported that both seismicity and the eruptive tremor were on the decline. The Pevolca scientists add that one observes « signs of exhaustion of the contributions of magma at great depth. » The lava currently emitted by the volcano has a shallower origin. All observable data (chemical composition of the plume, seismicity and soil deformation) indicate that the deepest part of the magma system that feeds the volcano « is less active and has less capacity to feed the eruption much more time. » This downward trend is confirmed by that of sulfur dioxide emissions. Despite these encouraging indications, scientists at Pevolca indicate that one needs to wait a little for these parameters to stabilize to confirm their downward trend and to say that the end of the eruption is approaching.

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6:00 p.m : As the eruption of Cumbre Vieja continues, the most significant event of November 9th 2021 was the fall of lava on the beach of Guirres, on the edge of the main flow which reached the sea there. a few weeks ago. The event was not very spectacular as can be seen in a short video posted on social networks (see above)..
Apart from the flows n ° 1 and n ° 2 which continue to show some progression, the other flows no longer advance. Overall, Pevolca scientists confirm that the eruption has entered a more stable phase, but that doesn’t mean it’s over. « The current stability must be maintained in all its aspects: in ground deformation, seismicity and gas emissions. These values must remain stable and continue to decrease for some time until they reach lower levels. than the current ones.  »
The ash plume today reached a height of 2700 m.
Seismicity remains at levels similar to those of the previous day, and lower than in previous weeks. The highest magnitude was M 2.8.
SO2 emissions reach values between 9,000 and 13,000 tonnes per day. These levels are still high, but the temporal evolution reflects a downward trend.
According to IGN, the cone of the volcano rises to 1,131 meters above sea level.

Coulées de lave le 8 novembre au soir (capture écran webcam)

La lave glisse le long de la falaise. C’est toujours un spectacle impressionnant. (capture d’écran vers 23 heures le 9 novembre)

Gare à la surexposition de la lave avec les smartphones et leurs petits capteurs!

COP 26 : Les causes de la prolifération des sargasses // COP 26 : The causes of sargassum proliferation

J’ai évoqué plusieurs fois sur ce blog les bancs de sargasses, ces algues brunes qui ont envahi les Caraïbes et pourri la vie à la Martinique ou à la Guadeloupe. Lors de mes voyages en Martinique, j’ai pu me rendre compte de leur impact sur l’environnement et sur la santé des personnes.
Un groupe de chercheurs américains a identifié l’une des principales causes de ce phénomène : les eaux usées d’origine humaine et les eaux de ruissellement agricoles transportées par les rivières vers l’océan. En réalité, les scientifiques pensent que l’on a affaire à un phénomène complexe associant changement climatique, destruction de la forêt amazonienne et poussière en provenance de l’ouest du désert du Sahara. Cet ensemble de facteurs favorise très probablement les méga-proliférations de sargasses.
En juin 2018, les scientifiques ont enregistré la présence de 20 millions de tonnes d’algues, soit une augmentation de 1000% par rapport à 2011 pour ce même mois.
Une étude publiée en mai 2021 dans la revue Nature Communications a examiné la chimie des sargasses des années 1980 à 2019. Elle offre la preuve que l’eau de ruissellement des villes et des terres agricoles est un contributeur majeur à l’expansion de La Grande Ceinture des Sargasses de l’Atlantique qui s’étire aujourd’hui sur près de 9 000 kilomètres.
Cette étude a révélé que les sargasses prélevées récemment dans les eaux côtières entre le Brésil et le sud des États-Unis, y compris dans plusieurs pays des Caraïbes, contiennent des niveaux d’azote en moyenne 35 % plus élevés que dans les échantillons prélevés il y a plus de trente ans. L’azote se trouve dans les déchets humains et animaliers et dans les engrais. Les résultats de l’étude montrent que les eaux usées et le ruissellement agricole qui se déversent dans les rivières des Amériques puis dans l’océan favorisent la croissance des sargasses au large. Les courants océaniques transportent ensuite une grande partie de ces algues vers la mer des Caraïbes, où elles perturbent les économies côtières qui dépendent du tourisme.
Les échantillons d’algues prélevés montrent également une augmentation de 111% du rapport de l’azote au phosphore au cours de la même période. Ce ratio a été presque constant dans tous les océans du monde depuis des décennies. Ce changement prouve que la chimie de l’eau a été radicalement modifiée.
Une autre partie de l’étude insiste sur le rôle joué par le changement climatique. Avec la hausse des températures dans le monde, les scientifiques pensent que les pluies torrentielles s’intensifient dans certaines régions du globe, notamment en Amazonie. Ces précipitations très abondantes augmentent la fréquence des inondations, ce qui entraîne probablement plus de ruissellement riche en azote vers la mer. Les scientifiques notent que les inondations les plus importantes de l’Amazone en mars et avril véhiculent des bancs de nutriments à des centaines de kilomètres vers la mer, ce qui coïncide avec les principales proliférations de sargasses. A partir de là, les courants font remonter les algues le long de de la côte du Venezuela, puis dans la mer des Caraïbes et parfois même plus au nord dans le golfe du Mexique. Le changement climatique provoque également des ouragans plus puissants qui extraient plus de nutriments des fonds marins est sont susceptibles de fertiliser les sargasses.
Comme mentionné ci-dessus, la poussière du désert du Sahara contribue elle aussi à la prolifération des sargasses. En effet, au fur et à mesure que les particules sont emportées vers l’ouest et traversent l’océan Atlantique, elles rencontrent des nuages et se retrouvent au sol avec la pluie, sous forme de dépôts fertilisants de fer et de phosphore dans l’eau.
Il faudra des années de financement et de recherche pour prouver exactement dans quelle mesure chacun des facteurs que l’on vient de mentionner contribue à la prolifération des sargasses.
Selon les auteurs de l’étude, ce phénomène se poursuivra jusqu’à ce qu’il y ait un changement de politique de la part des états concernés. Le Brésil, par exemple, pourrait décider des ralentir la déforestation qui a conduit à une intensification de l’élevage. Un tel élevage permet inévitablement à la terre meuble, au fumier et aux engrais de se déverser dans les rivières.
Source : Yahoo News.

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La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a décidé de prendre les choses en main pour lutter contre l’envahissement des sargasses. La conseillère exécutive en charge des fonds européens a présenté deux demandes de financement pour des barrages dédiés à la ville du Robert, particulièrement touchée par les vagues successives d’algues brunes. Le coût de l’opération est estimé à environ 1,200 000 million d’euros dont 700 000 euros de fonds communautaires.

Lors des débats, majorité et opposition ont souligné « l’absence de l’Etat » qui a été accusé d’être « totalement défaillant ».

Une autre demande de financement concerne les effets des algues indésirables sur la santé des populations exposées, problème que j’ai exposé dans des notes précédentes. L’étude permettra de caractériser les conséquences sur la santé, ainsi que la mise en œuvre de mesures préventives et la prise en charge médicale. Le résultat de cette étude devrait aboutir à « l’élaboration d’un plan régional de santé publique ».

Source: Martinique la 1ère.

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I have mentioned several times on this blog the shoals of Sargassum, the brown seaweed that invaded the Carribean. During my trips to Martinique, I could realize their impact on the environment and on people’s health.

A group of U.S. researchers has fingered a prime suspect: human sewage and agricultural runoff carried by rivers to the ocean. This nutrient-charged outflow is just one of several likely culprits fueling an explosion off sargassum in warm waters of the Americas. Scientists suspect a complex mix of climate change, Amazon rainforest destruction and dust blowing west from the Sahara Desert may be fueling mega-blooms of the sargassum.

In June 2018, scientists recorded 20 million metric tons of seaweed, a 1,000% increase compared with the 2011 bloom for that month.

A recent study published in May 2021 in the journal Nature Communications examined the chemistry of sargassum from the 1980s up to 2019. It offers the strongest evidence that water coming from city and farm runoff has been a major contributor to the expansion of the so-called Great Atlantic Sargassum Belt, which now stretches for nearly 9,000 kilometers.

That study found that sargassum collected recently in coastal waters from Brazil to the southern United States, and including several Caribbean nations, contained levels of nitrogen that were 35% higher on average than in samples taken more than three decades earlier.

Nitrogen is found in human and animal waste and in fertilizers. The results suggest that sewage and farm runoff that is flowing into rivers throughout the Americas and then on to the ocean is feeding offshore sargassum growth. Currents carry much of this seaweed to the Caribbean Sea, where it is disrupting the region’s tourism-dependent coastal economies.

The samples also showed, for example, a 111% rise in the ratio of nitrogen to phosphorus during the same time frame. That ratio has been nearly constant across the world’s oceans going back decades. The change suggests the water chemistry has been radically altered..

Another part of the study insists on the part played by climate change. As global temperatures rise, scientists believe that rainstorms are intensifying in certain areas of the globe, including over the Amazon. Those storms are increasing the frequency of extreme flooding, which likely is pushing more nitrogen-rich runoff out to sea. Experts note that peak Amazon River flooding pushes a plume of nutrients hundreds of kilometers out to sea in March and April, coinciding with major sargassum blooms. From there, currents push the seaweed around the coast of Venezuela into the Caribbean Sea and sometimes even farther north into the Gulf of Mexico. Climate change is also fueling stronger hurricanes, which at sea are pulling more nutrients up from the seabed to potentially fertilize sargassum.

As mentioned above, dust from the Sahara Desert could be contributing to the sargassum boom. Indeed, as the particles are blown westward over the Atlantic Ocean, they run into clouds and get rained down as fertilizing iron and phosphorus deposits in the water.

Proving exactly how much each of these factors might be contributing to sargassum’s growth will take years of funding and research.

According to the authors of the study, this phenomenon will continue until there is a change in public policy. Brazil, for example, could slow deforestation, which has led to a boom in cattle ranching that allows loose soil, manure and fertilizer to wash into rivers.

Source: Yahoo News.

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The Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) has decided to take matters into its own hands to fight against the invasion of Sargassum. The executive advisor in charge of European funds has presented two funding requests for dams dedicated to the town of Robert, particularly affected by the successive waves of brown algae. The cost of the operation is estimated at around 1,200,000 million euros, including 700,000 euros from Community funds.
During the debates, the majority and the opposition stressed « the absence of the State » which was accused of being « totally failing ».
Another request for funding concerns the effects of the algae on the health of exposed populations, an issue I have outlined in previous posts. The study will characterize the consequences on health, as well as the implementation of preventive measures and medical care. The result of this study should lead to « the development of a regional public health plan ».
Source: Martinique la 1ère.

Sargasses à la Martinique (Photos: C. Grandpey)

Voilà pourquoi je ne suis pas allé à La Palma….

Dans les instants qui ont précédé mon intervention sur France 3 Limousin le 30 octobre 2021, Jérôme Piperaud, préposé à la présentation du 12/13, m’a demandé pourquoi je ne me rendais pas à La Palma pour assister à l’éruption. Je lui ai expliqué que ma décision était motivée par plusieurs raisons.

Dès le début de l’événement, j’ai vite compris que la lave vomie par le Cumbre Vieja allait causer de gros dégâts aux zones habitées. En constatant l’ampleur de l’évacuation de la population (plus de 6000 personnes ont dû quitter leur domicile), j’ai également vite compris qu’un périmètre de sécurité serait mis en place, avec interdiction d’accès, afin de protéger les biens des personnes évacuées, et éviter vandalisme et autre pillage. Il faudrait donc que je me contente d’observer l’éruption depuis un belvédère situé à 2 ou 3 km du volcan. Très peu pour moi qui suis habitué à aller sur le terrain volcanique.

Suite à cette évacuation en masse, de nombreux établissements (hôtels et appartements) étaient réquisitionnés pour héberger les victimes de l’éruption et ne ne voulais pas occuper une chambre d’hôtel dans ces circonstances. J’ai considéré que je ne faisais pas partie des priorités d’hébergement.

Il n’était pas question pour moi, non plus, d’essayer de tromper la vigilance de la police espagnole pour essayer de m’approcher ‘en douce’ des coulées de lave. En présentant les travaux que j’ai déjà effectués sur les volcans (voir les résumés sur ce blog), j’aurais peut-être obtenu l’autorisation de pénétrer dans la zone d’exclusion, en sachant que l’approche du cône éruptif était beaucoup trop dangereuse. J’ai effectué une telle démarche avec succès à Hawaii et à Stromboli, mais ma flamme volcanique a perdu de sa vigueur depuis cette époque et je n’ai pas eu le courage de me lancer dans une telle démarche.

Une fois auprès des coulées, je n’aurais pas eu grand-chose à faire, si ce n’est les voir progresser et poursuivre leur travail de destruction. Quant à la prise de vue des maisons en train de se faire détruire par la lave, je laisse ces clichés aux magazines en mal de sensations. Ce genre de voyeurisme morbide ne fait pas partie de mon approche d’une éruption volcanique.

Les scientifiques espagnols ont procédé aux analyses nécessaires et celle des échantillons de lave récoltés à plusieurs kilomètres de la source n’apporte rien en matière de prévision, et donc de prévention.

Tout comme en Islande ces derniers mois, les webcams dirigées vers le Cumbre Vieja ont permis de faire de bonnes observations sans avoir besoin d’être à La Palma. Leurs puissants zooms ont fourni une meilleure vue des fontaines de lave que celle que pouvaient avoir les touristes depuis les différentes terrasses d’observation. De plus, les organismes scientifiques espagnols (IGN, INVOLCAN, Pevolca) n’ont pas été avares d’informations, bien relayées par la presse ibérique.

C’est pour cela que j’ai suivi attentivement le déroulement de cette éruption depuis mon fauteuil…

Quelques captures d’écran des webcams