Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

Un séisme de M4.8 a été détecté sur le Bárðarbunga (Islande) à 8 h 41 le 21 février 2023, suivi de plusieurs répliques. Le Bárðarbunga est un volcan situé sous le glacier Vatnajökull.
Le dernier séisme d’une intensité similaire a été enregistré en juillet 2022, avec une magnitude de M 4,9. Il y a eu un autre séisme en février 2022. Au cours des dernières années, plusieurs événements semblables ont été enregistrés chaque année sur le Bárðarbunga.
Selon le Met Office, le dernier séisme a été causé par une intrusion magmatique, mais rien n’indique que le magma est en train de remonter vers la surface et qu’une éruption est imminent..
Un épisode d’inflation est observé sur le Bárðarbunga depuis la fin de l’éruption dans l’Holuhraun en 2015.
Rien n’indique, non plus, que l’activité actuelle est liée à l’inflation du sol et à la fonte de la glace da,s la région de l’Askja.
Source: médias d’information islandais.

Vue de la dernière éruption en février 2015 (Source: Met Office)

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Sur la Grande Île d’Hawaï, l’éruption sommitale du Kilauea, dans le cratère de l’Halema’uma’u, a considérablement diminué au cours des derniers jours.
Le HVO indique que les bouches qui alimentaient le lac ouest, ont cessé de fonctionner. Le lac reste actif mais avec de faibles émissions de lave. La majeure partie de sa surface est recouverte d’une croûte. La réduction de l’activité va de pair avec une phase de déflation du sommet du Kilauea qui a commencé le matin du 17 février 2023. L’activité de surface du lac de lave devrait reprendre lorsque le sommet entrera de nouveau en inflation.

L’activité éruptive se limite au cratère. Aucun changement significatif n’a été observé le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest.
Source : HVO.

Les tiltmètres du HVO confirment la baisse d’activité des derniers jours

Vue du lac de lave à la mi-janvier 2023 (image webcam)

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L’activité sismique sous le volcan Trident (Katmai / Péninsule de l’Alaska) a récemment augmenté. Il n’y a aucun signe d’activité dans les autres paramètres de surveillance. En raison de cette hausse, l’Observatoire des volcans de l’Alaska a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ‘Advisory’ ‘surveillance conseillée)..
La période actuelle d’activité sismique a commencé le 24 août 2022. La profondeur des événements au début de l’essaim était assez grande pour la plupart, à environ 25 km sous le niveau de la mer, et les secousses sont devenues progressivement moins profondes à environ 5 km au cours des quatre jours suivants. Depuis la fin août 2022, la plupart des séismes ont été localisés dans la croûte peu profonde, à moins de 6 km sous le niveau de la mer. Depuis le 1er janvier 2023, les séismes sous le Trident se produisent à raison d’une dizaine par jour. L’événement le plus significatif mesurait M4,6 le 20 novembre.
Il est très probable, bien que pas certain, que l’activité sismique observée dans la région soit due à des mouvements de magma ou de fluides magmatiques en profondeur. Cependant, rien n’indique qu’une éruption du Trident soit imminente, ou même qu’elle se produise.

Crédit photo: AVO

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La sismicité sous l’Aniakchak (péninsule de l’Alaska) a récemment augmenté et s’est déplacée vers la surface. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique a été élevé à ADVISORY (surveillance conseillée). Il n’y a aucun autre signe d’activité dans les paramètres de surveillance. Rien n’indique qu’une éruption de l’Aniakchak soit imminente ou même qu’elle se produise.
Source : AVO.

Crédit photo: AVO

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Toujours en Alaska, la couleur de l’alerte aérienne pour le mont Young du Semisopochnoi (Aléoutiennes) a été abaissée au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ‘ADVISORY’ (surveillance conseillée). Bien que le cône nord actif du mont Young continue d’émettre un volumineux panache de vapeur, aucune émission de cendres ou activité explosive n’a été détectée depuis fin janvier.
Source : AVO.

A noter que le Mt Cerberus est devenu le Mt Young (Source: AVO)

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En Indonésie, l’éruption au niveau du cratère principal (cratère sud) du Karangetang se poursuit. Les images de la webcam montrent trois coulées de lave le long des flancs S, SO et O. Des matériaux incandescents jonchent la zone sommitale, probablement éjectés lors des explosions, ou suite à des effondrements du cratère.

77 personnes ont été déplacées par l’éruption et vivent dans le musée d’East Siau qui a été transformé en centre d’évacuation temporaire. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 2,5 km du cratère principal, avec une extension à 3,5 km sur les flancs S et SE.
Source : PVMBG.

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L’INGV indique que la lave émise lors de l’éruption qui s’est terminée le 6 février 2023, à la base NE du cratère SE de l’Etna (Sicile), dans la Vallée del Leone à environ 2 800 m d’altitude, a couvert une superficie estimée à 0,96 kilomètres carrés, avec un volume compris entre 4 800 000 et 6 100 000 mètres cubes.
Avec la fin de l’éruption, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune, puis au Vert.

La webcam a fourni de belles images de l’éruption

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

An M4.8 earthquake was detected at Bárðarbunga (Iceland) at 8:41am on February 21st, 2023, followed by several aftershocks. Bárðarbunga is located under Vatnajökull glacier.

The last time there was a quake of similar magnitude was in July 2022, measuring M 4.9. There was another quake in February 2022. In the past few years, several quakes of this magnitude have always been recorded in Bárðarbunga every year

According to the Met Office, the earthquake was caused by a magma intrusion, but there are no indications the magma is on its way up to the surface and that an eruption is imminent. .

Land rise has been occurring at Bárðarbunga since the end of the Holuhraun eruption in 2015.

There are no indications the current activity is related to the land rise and melting ice currently occurring at Askja volcano.

Source : Icelandic news media.

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On Hawaii Big Island, the summit eruption of Kilauea Volcano, within Halemaʻumaʻu crater, has greatly diminished over the past days.

HVO indicates that the vents that feed the western lake are nolonger erupting. The lake remains active but with weak lava flows. Most of the surface is crusted over. The reduction in activity is related to a deflationary tilt drop that began in the early morning of February 17th, 2023. Surface eruptive activity is expected to resume when the summit re-inflates.

All recent eruptive activity has been confined to the crater. No significant changes have been observed along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone.

Source : HVO.

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Seismic activity beneath Trident Volcano (Katmai / Alaska Peninsula) has recently increased although there have been no signs of unrest in other monitoring data. Due to this increase, the Alaska Volcano Observatory is raising the Aviation Color Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.

The current period of seismic unrest began on August 24th, 2022. Earthquake depths at the beginning of the swarm were mostly deep, around 25 km below sea level, and became progressively shallower to around 5 km over the following four days. Since late August 2022, most earthquakes have been located in the shallow crust, with depths less than 6 km below sea level. Since January 1st, 2023, earthquakes under Trident are occurring at an average rate of about ten per day. The largest event measured M4.6 on November 20th.

It is most likely, though not certain, that the unrest observed in the area is due to movement of magma or magmatic fluids at depth there. However, there is no indication that an eruption of Trident is imminent, or that one will occur.

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Seismicity beneath Aniakchak (Alaska Peninsula) has recently increased and shifted to shallower depths. As a consequence, the Aviation Color Code has been raised to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.  There are no signs of unrest in other monitoring data.  There is no indication that an eruption of Aniakchak is imminent, or that one will occur.

Source : AVO.

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Still in Alaska, the Aviation Color Code for Semisopochnoi‘s Mount Young (Aleutians) has been lowered to YELLOW and Volcano Alert Level to ADVISORY. Although the active north cone of Mount Young continues to produce a robust steam plume, no ash emissions or explosive activity have been detected since late January.

Source : AVO.

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In Indonesia, the eruption at Karangetang’s Main Crater (S crater) continues. Webcam images show three lava flows descending the S, SW, and W flanks. Incandescent rocks dot the upper flanks, possibly from ejected or collapsed material from the crater.

77 people have been displaced by the eruption and are living in the East Siau Museum which was designated as a temporary evacuation shelter. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 2.5 km away from Main Crater with an extension to 3.5 km on the S and SE flanks.

Source : PVMBG.

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INGV indicates that the lava effusion which ended on February 6th, 2023 at the NE base of Etna’s SE Crater (Sicily), in the Valle del Leone at about 2,800 m elevation covered an area estimated at 0.96 square kilometers, with a volume ranging between 4,800,000 and 6,100,000 cubic meters.

With the end of the eruption, the aviation color code was lfirst owered to Yellow, then to Green.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Pas de survivants sur le Mayon (Philippines) // No survivors on Mayon Volcano (Philippines)

Les secouristes qui ont gravi les pentes du Mayon à la recherche de l’épave de l’ avion qui s’est écrasé sur le volcan il y a quelques jours ont confirmé que les deux consultants australiens en énergie et les deux membres d’équipage philippins n’avaient pas survécu.
Une douzaine de militaires et de pompiers ont été déposés sur le volcan depuis un hélicoptère de l’armée de l’air le 22 février et ont atteint le site de l’accident dans une ravine sur le flanc du Mayon. Il n’y a pas eu de survivants. Les corps des victimes de l’accident ont été acheminés le 23 février.
Le contact avec l’avion avait été perdu quelques minutes après son décollage de l’aéroport international d’Albay. L’épave avait été repérée lors d’une mission aérienne sur le Mayon (2 462 m). Seule la partie arrière de l’avion était intacte tandis que le reste de l’épave était dispersé sur les pentes supérieures du volcan.
Les autorités locales rappellent au public qu’il est interdit d’entrer dans la zone de danger permanent de 6 kilomètres autour du volcan dont la dernière éruption remonte à 2018, avec l’évacuation de dizaines de milliers de personnes.
Le Mayon est l’un des volcans les plus dangereux de la Ceinture de feu du Pacifique. Une éruption a tué 77 personnes en 1993. L’événement le plus meurtrier s’est produit en 1814. 1 200 habitants de la bourgade de Caswaga sont morts lors d’une crise éruptive le 1er février et quelque 15 000 personnes ont perdu la vie autour du volcan.
« Mayon, un tueur redoutable » est le titre d’un chapitre consacré à ce volcan dans Histoires de Volcans (Editions Omniscience) que j’ai écrit avec Dominique Decobecq. C’est aussi l’un des chapitres de mon livre Killer Volcanoes qui est actuellement épuisé.
Source  : médias d’information philippins.

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Searchers who hiked the slopes of Mt Mayon to find the wreckage of a plane that crashed on the volcano confirmed the two Australian energy consultants and two Filipino crew members on board did not survive.

More than a dozen army troops and firefighters were dropped off from an air force helicopter on February 22nd and hiked to the crash site on a gully on Mayon volcano’s slope. There were no survivors. The remains of the crash victims were brought down the volcano on February 23rd.

Local authorities remind the public that people prohibited from entering a permanent danger zone 6 kilometers around the volcano, which last erupted in 2018, displacing tens of thousands of people.

Mt Mayon is one of the most dangerous volcanoes of the Pacific ring of Fire. An eruption killed 77 persons in 1993. The most deadly event occurred in 1814. 1,200 residents of Caswaga died during the eruptive crisis of February 1st. An estimated 15,000 people lost their lives around the volcano.

« Mayon, un tueur redoutable » is the title of a chapter dedicated to the volcano in Histoires de Volcans (Editions Omniscience) that I wrote with Dominique Decobecq. It is also one of the chapters of my book Killer Volcanoes which is sold out.

Source : Philippine news media.

Crédit photo: Wikipedia

Vers une disparition du Grand Lac Salé (Utah) // Great Salt Lake prone to disappear in Utah

Il y a quelques années, j’atterrissais à Salt Lake City pour me rendre dans le Parc National de Yellowstone en traversant auparavant le Parc National du Grand Teton. Dans les minutes précédant l’arrivée dans la capitale de l’Utah, j’apercevais par le hublot la vaste étendue du Grand Lac Salé. Avec le réchauffement climatique, la taille du lac se réduit comme peau de chagrin. Selon un rapport rédigé par des chercheurs de l’Université Brigham Young et publié en janvier 2023, le Grand Lac Salé risque de disparaître d’ici cinq ans, ce qui mettrait en péril les écosystèmes et exposerait des millions de personnes à la poussière toxique du lac devenu sec.
Le rapport a révélé que l’utilisation abusive de l’eau dans la région a réduit le lac à seulement 37% de son ancien volume. La méga-sécheresse qui affecte l’ouest des États-Unis et qui est aggravée par le réchauffement climatique, a accéléré la disparition de l’eau à une vitesse beaucoup plus rapide que ne l’avaient prévu les scientifiques. Les mesures de conservation actuelles sont très insuffisantes pour remplacer l’énorme volume d’eau que le lac a perdu chaque année depuis 2020.
Le rapport appelle l’Utah et les États voisins à réduire leur consommation d’eau d’un tiers, voire de moitié, afin que cette dernière, apportée par les ruisseaux et les rivières, puisse s’écouler directement dans le lac au cours des deux prochaines années. Sinon, le Grand Lac Salé se dirige vers une disparition inévitable.

L’agriculture représente plus de 70 % de l’utilisation de l’eau dans l’Utah. Une grande partie va à la culture du foin et de la luzerne pour nourrir le bétail. 9% sont absorbés par l’extraction minière. Les villes utilisent également 9 % de cette eau pour faire fonctionner les centrales électriques et irriguer les pelouses. Il y a tellement de demande en eau sur le parcours des rivières de l’État qu’au moment où elles atteignent le Grand Lac Salé, elles sont quasiment à sec. Au cours des trois dernières années, le lac a reçu moins d’un tiers de son apport normal en eau car une grande quantité a été détournée à d’autres fins. En 2022, sa surface a chuté à un niveau record et elle se trouvait à 3 mètres en dessous du niveau minimum.
Avec un apport moindre d’eau douce, le lac est devenu si salé qu’il est aujourd’hui toxique, même pour les crevettes indigènes et les mouches qui réussissent à y vivre. Cela met en danger les 10 millions d’oiseaux qui font escale chaque année sur le lac au cours de leur migration à travers le continent américain.
Avec la baisse catastrophique de son niveau, le lac peut perturber le système météorologique qui assure l’alimentation des montagnes en pluie et en neige ; aujourd’hui, le manque d’eau prive de neige les pistes de ski de l’Utah. Il menace aussi une activité industrielle d’un milliard de dollars qui extrait du magnésium, du lithium et d’autres minéraux de la saumure du lac.
En perdant son eau, le Grand Lac Salé expose à l’air libre plus de 2 000 kilomètres carrés de sédiments contenant de l’arsenic, du mercure et d’autres substances dangereuses qui peuvent être balayées par le vent et terminer leur course dans les poumons de quelque 2,5 millions de personnes vivant près des rives du lac. Environ 90 % du lit du lac sont protégés par une fine croûte de sel qui empêche la poussière de s’échapper. Mais plus le lac s’assèche, plus cette croûte s’érode, exposant des sédiments plus dangereux à l’air libre.
Les chercheurs ont été surpris par la rapidité d’assèchement du Grand Lac Salé. La plupart des modèles scientifiques prévoyaient que le phénomène ralentirait au fur et à mesure que le lac se réduirait en taille et deviendrait plus salé, car l’eau salée s’évapore moins facilement que l’eau douce. Le changement climatique d’origine anthropique a entraîné une hausse des températures moyennes de plus de 2 degrés Celsius dans le nord de l’Utah depuis le début des années 1900 et a rendu la région plus sujette à la sécheresse. Des études montrent que ce réchauffement représente environ 9% de la baisse des débits des cours d’eau qui arrivent dans le lac. Les relevés satellitaires montrent également une baisse importante des eaux souterraines sous le lac car la sécheresse permanente épuise les aquifères de la région.
Si les humains n’utilisaient pas autant d’eau, le lac pourrait peut-être résister au changement climatique, mais la pression combinée de la sécheresse et de la surconsommation rend cela impossible.
Le nouveau rapport, rédigé par plus de 30 scientifiques de 11 universités et autres instituts de recherche, recommande que les rejets d’urgence des réservoirs d’eau de l’Utah soient autorisés pour faire remonter le niveau du lac au cours des deux prochaines années.
Les conditions météorologiques du début de l’année 2023 ont peut-être donné au Grand Lac Salé une chance de survivre. Après une série de tempêtes en décembre, le manteau neigeux de l’État est déjà à 170 % du niveau normal de janvier. Si cette neige persiste et que les précipitations se poursuivent pendant le reste de l’hiver, cela permettra à l’Utah d’éviter de réduire drastiquement sa consommation d’eau. Les autorités locales espèrent que le lac n’a pas dépassé le point de non-retour.
Source : Yahoo Actualités, The Washington Post.

Le dernier rapport confirme une alerte que j’avais diffusée sur ce blog le 7 décembre 2021 :

Le Grand Lac Salé (Utah) menacé par le réchauffement climatique // The Great Salt Lake (Utah) under the threat of climate change

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A few years ago, I landed in Salt Lake City on my way to Yellowstone National Park, previously crossing Grand Teton National Park. In the minutes before arriving in the capital of Utah, I could see the vast expanse of the Great Salt Lake through the window. With global warming, the size of the lake is shrinking. According to a report, led by researchers at Brigham Young University and published in January 2023, the Great Salt Lake is on track to disappear within five years, imperiling ecosystems and exposing millions of people to toxic dust from the drying lake bed.

The report found that unsustainable water use has shrunk the lake to just 37 percent of its former volume. The ongoing mega-drought that is affecting U.S. West and that is made worse by climate change, has accelerated its decline to rates far faster than scientists had predicted. Current conservation measures are absolutely insufficient to replace the huge volume of water the lake has lost annually since 2020.

The report calls on Utah and nearby states to curb water consumption by a third to a half, so as water can flow from streams and rivers directly into the lake for the next couple of years. Otherwise, the Great Salt Lake is headed for irreversible collapse.

Agriculture accounts for more than 70 percent of the state’s water use, much of it going to grow hay and alfalfa to feed livestock. Another 9 percent is taken up by mineral extraction. Cities use another 9 percent to run power plants and irrigate lawns. There are so many claims on the state’s rivers that, by the time they reach the Great Salt Lake, there’s very little water left. Over the last three years, the lake has received less than a third of its normal stream flow because so much water has been diverted for other purposes. In 2022, its surface sank to a record low, 3 meters below the minimum healthy level.

With less freshwater flowing in, the lake has grown so salty that it’s becoming toxic even to the native brine shrimp and flies that manage to live there. This in turn endangers the 10 million birds that rely on the lake for a rest stop as they migrate across the continent each year.

The vanishing lake may short-circuit the weather system that cycles rain and snow from the lake to the mountains and back again, depriving Utah’s ski slopes. It threatens a billion-dollar industry extracting magnesium, lithium and other critical minerals from the brine.

The Great Salt Lake has also exposed more than 2,000 square kilometers of sediments laced with arsenic, mercury and other dangerous substances, which can be picked up by wind and blown into the lungs of some 2.5 million people living near the lakeshore. About 90 percent of the lake bed is protected by a thin crust of salt that keeps dust from escaping. But the longer the lake remains dry, the more that crust will erode, exposing more dangerous sediments to the air.

Researchers have been taken aback by the rapid pace of the Great Salt Lake’s decline. Most scientific models projected that the shrinking would slow as the lake became smaller and saltier, since saltwater evaporates less readily than freshwater. But human-caused climate change has increased average temperatures in northern Utah by more than 2 degrees Celsius since the early 1900s and made the region more prone to drought. Studies suggest this warming accounts for about 9 percent of the decline in stream flows into the lake. Satellite surveys also show significant declines in groundwater beneath the lake, as ongoing drought depletes the region’s aquifers.

If humans were not using so much water, the lake might be able to withstand these shifts in climate, but the combined pressure of drought and overconsumption makes it impossible.

The new report, drafted by more than 30 scientists from 11 universities and other research institutions, recommends that emergency releases from Utah’s reservoirs should be authorized to get the lake up to a safe level over the next two years.

The weather in 2023 may have given the Great Salt Lake a chance to survive. After a series of December storms, the state’s snowpack is already at 170 percent of normal January levels. If that snow persists and precipitation continues through the rest of the winter, it would enable Utah to avoid making drastic cuts to water consumption. Local authorities hope tthat the lake has not past a point of no return – yet.

Source : Yahoo News, The Washington Post.

The report confirms an alert I had released on this blog on December 7th, 2021 (see above).

Le Grand Lac Salé en juin 1985 (Source : NASA)

 

Le Grand Lac Salé en juillet 2022 (Source : NASA)

Pyrénées : un bien triste constat

Un visiteur régulier de mon blog qui habite dans le sud-ouest de la France, m’informe régulièrement sur la situation glaciaire dans les Pyrénées et se désole en constatant le recul rapide des quelques glaciers qui ont réussi à survivre sur la chaîne. Voici dans son intégralité le texte d’un message qu’il vient de me faire parvenir :

« Hier mardi (21 février 2023), nous avons fait une journée de détente en montant à Cauterets et au pont d’Espagne.
Premier constat : température douce, et surtout le gave de Cauterets fait grise mine. Pas beaucoup d’eau malgré la fonte due à la douceur. Promenade à pied dans 20 cm de neige dans le Marcadau.
Deuxième constat fait avec un accompagnateur local en haute montagne : l’été dernier 2022 a été catastrophique avec sécheresse et température trop élevée ; l’isotherme 0° a pratiquement toujours été supérieur à 4000…… Les glacier des Oulettes et d’Ossoue ont reculé sans précédent dans la mémoire de ce monsieur. Et ce ne sont pas les chutes de neige de cet hiver qui vont les recharger.
Pour lui, avant 2030 il n’y aura plus de glacier. Il vit là haut et voit la dégradation année après année.

Consolation (si je puis dire), nous (vous et moi) aurons vu des merveilles. Hélas, nos générations futures n’auront pas cette joie. »

Pendant que cette personne randonnait dans les Pyrénées, je tenais le même discours à Périgieux (Dordogne) devant plus de 300 personnes au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique ». A mon modeste niveau, j’essaye de porter un message d’alerte….

 

Crédit photo : Mathieu LFG (15 août 2021)

 

La chaîne pyrénéenne vue depuis le Pic du Midi de Bigorre: les glaciers manquent cruellement à l’appel (Photo: C. Grandpey)