Hunga Tonga-Hunga Ha’apai : le panache de tous les records // The highest plume ever

On apprend aujourd’hui que la puissante éruption sous-marine du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (Iles Tonga) le 15 janvier 2022 a généré un panache qui est monté plus haut dans l’atmosphère terrestre que tout autre panache observé lors de précédentes éruptions. Il a atteint environ 57 km d’altitude.
Le panache blanc-grisâtre (voir image ci-dessous) produit par l’éruption est devenu le premier à ce jour à avoir pénétré dans la mésosphère. C’est ce qu’expliquent les scientifiques qui ont utilisé une nouvelle technique réunissant plusieurs images satellites pour mesurer sa hauteur. Le panache était composé principalement d’eau avec de la cendre et du dioxyde de soufre.
Le panache a pénétré à l’intérieur des deux couches inférieures de l’atmosphère, la troposphère et la stratosphère, et sur environ 7 km à l’intérieur de la mésosphère qui est l’une des couches supérieures de notre atmosphère. L’air y est très sec et extrêmement ténu. C’est l’une des parties les moins connues de l’atmosphère car elle est très difficile à atteindre. En dessous, on peut utiliser des avions. Plus haut, il y a des engins spatiaux. De nombreux météores viennent finir leur course en se consumant dans la mésosphère qui abrite également des nuages noctulescents que l’on aperçoit parfois dans le ciel d’été vers les pôles.
Le panache du Hunga Tonga était toutefois loin d’atteindre la couche atmosphérique suivante, la thermosphère, qui commence à environ 85 km au-dessus de la surface de la Terre. La ligne Karman, à une centaine de kilomètres au-dessus de la surface de la Terre, est généralement considérée comme la frontière avec l’espace.
Jusqu’à présent, les panaches volcaniques les plus élevés ont été émis par l’éruption de 1991 du Pinatubo aux Philippines avec 40 km, et l’éruption de 1982 d’El Chichón au Mexique avec 31 km. Les éruptions volcaniques du passé ont probablement produit des panaches plus importants, mais elles se sont produites avant que les scientifiques puissent effectuer de telles mesures. Le panache de l’éruption du Krakatau en 1883 en Indonésie a probablement, lui aussi, atteint la mésosphère.
Les scientifiques n’ont pas pu utiliser leur technique habituelle basée sur la température pour mesurer le panache volcanique car l’éruption de janvier a dépassé la hauteur maximale pour laquelle cette méthode peut être utilisée. Ils se sont tournés vers trois satellites météorologiques géostationnaires qui fournissent des images toutes les 10 minutes et ils se sont appuyés sur l’effet de parallaxe.
Source : Yahoo Actualités.

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We learn today that the powerful January 15th, 2022 underwater eruption of Tonga’s Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano in the South Pacific produced a plume that soared higher into Earth’s atmosphere than any other on record. It reached about 57 km.

The white-grayish plume unleashed by the eruption became the first one documented to have penetrated the mesosphere, according to scientists who employed a novel technique using multiple satellite images to measure its height. The plume was composed primarily of water with some ash and sulfur dioxide mixed in.

The plume extended through the bottom two layers of the atmosphere, the troposphere and stratosphere, and about 7 km into the mesosphere which is one of the upper layers of our atmosphere. The air is very dry and extremely thin, It is one of the least-understood parts of the atmosphere as it is very hard to reach. Lower down, we can use planes. Higher up, we have spacecraft. Many meteors burn up in the mesosphere, and it is also home to noctilucent clouds, which are sometimes visible in the summer sky towards the poles.

The plume was far from reaching the next atmospheric layer, the thermosphere, which starts at about 85 km above Earth’s surface. A delineation called the Karman line, about 100 km above Earth’s surface, is generally considered the boundary with space.

Until now, the highest recorded volcanic plumes were from the 1991 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines, at 40 km, and the 1982 eruption of El Chichón in Mexico, at 31 km. Volcanic eruptions in the past likely produced higher plumes but occurred before scientists were able to make such measurements. The 1883 Krakatau eruption in Indonesia probably also reached the mesosphere.

Scientists were unable to use their standard temperature-based technique of measuring a volcanic plume because January’s eruption passed the maximum height for which this method could be used. They instead turned to three geostationary weather satellites that obtained images every 10 minutes and relied upon the parallax effect.

Source: Yahoo News.

Image satellite de l’énorme panache généré par l’éruption du 15 janvier 2022 (Source: NASA)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

Le nouveau cône de la dernière éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) va s’appeler Piton Tikal. C’est ce que viennent d’indiquer la Cité du Volcan, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise et le Parc National de La Réunion. La dernière éruption du volcan a eu lieu du 19 septembre au 5 octobre 2022.

L’appellation de Piton Tikal renvoie aux contes et légendes de La Réunion associés à Gran Mèr Kal. Dans ces différentes « zistwar » il est parfois fait référence à son fils, sous le nom de Ti Kala ou Tikal ». Le nouveau cône volcanique s’étant construit à proximité du Piton Kala Pélé, avec une forme relativement identique, c’est tout naturellement que ce nom est apparu.

Source: Réunion la 1ère.

A lire sur mon blog : Gran Mèr Kal, l’âme damnée de la Fournaise.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/12/25/gran-mer-kal-lame-damnee-de-la-fournaise/

 Crédit photo: OVPF

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Un vol d’observation de White Island (Nouvelle-Zélande) confirme que les bouches actives à l’arrière du lac de cratère continuent d’émettre un panache de vapeur et de gaz modéré (voir photo ci-dessous). On observe rarement des périodes d’émission de cendres. La température du panache de gaz et de vapeur a été mesurée à 145 ºC, en légère baisse par rapport aux 165 ºC du 5 octobre. Un vol d’observation le 7 octobre avait mesuré un niveau faible d’émissions de SO2 à environ 217 tonnes/jour.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Source : GéoNet.

 Crédit photo: GeoNet

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Une activité soutenue se poursuit sur le Bezymianny (Kamtchatka) après le puissant événement explosif des 23 et 24 octobre 2022. On observe une activité fumerolienne intense, ainsi qu’une incandescence au niveau du dôme de lave. Les effondrements du dôme produisent des avalanches incandescentes. Le 26 octobre, un énorme nuage de cendres a incité le KVERT à élever la couleur de l’alerte aérienne à Orange le lendemain.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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Une activité éruptive a encore été observée sur le Cotopaxi (Equateur) au cours des derniers jours. Il est bon de rappeler que l’éruption a commencé par un séisme haute fréquence le 21 octobre 2022, suivi d’un épisode de tremor volcanique jusqu’au 22 octobre. Un nuage de gaz et de cendres s’est élevé à environ 2 km au-dessus du sommet. Le Parque Nacional Cotopaxi a été fermé aux visiteurs en raison des émissions de gaz et de cendres. Rien n’annonçait cette éruption, que ce soit au niveau de l’activité sismique ou des données de déformation fournies par les satellites ou le GPS.
Le 22 octobre, les émissions de SO2 atteignaient 1 580 tonnes par jour à proximité du volcan. L’analyse des échantillons de cendres collectés par les scientifiques de l’IG a révélé qu’environ 22% étaient des matériaux juvéniles, indiquant une composante magmatique de l’éruption.
Le Parque Nacional Cotopaxi a rouvert le 26 octobre. La sismicité montrait des niveaux modérés ce même jour. Les émissions de gaz et de vapeur s’élevaient à 500 m au-dessus du cratère.
Source : Instituto Geofisico.

Episode éruptif sur le Cotopaxi en août 2015 (Source: IG)

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L’activité éruptive se poursuit sur le Taal (Philippines). Les émissions de SO2 étaient en moyenne de 544 tonnes par jour le 27 octobre 2022. On a observé entre 2 à 16 petits événements phréatomagmatiques entre le 25 et le 29 octobre. Les panaches de cendres s’élèvent parfois jusqu’à 600 m d’altitude. Des séismes d’origine volcanique et des périodes de tremor sont encore enregistrés. Des remontées de gaz et de fluides chauds sont toujours observées dans le lac. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5), et il est rappelé au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ).
Source : PHIVOLCS.

Exemple d’éruption phréatomagmatique sur le Taal (Source: PHIVOLCS)

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L’activité éruptive se poursuit dans le cratère Minamidake du Sakurajima (Japon) où l’on observe une incandescence nocturne. Deux événements éruptifs et une explosion ont été enregistrés entre le 24 et le 28 octobre 2022. Des panaches de cendres s’élevaient jusqu’à 1,2 km au-dessus du cratère et de gros blocs étaient éjectés jusqu’à 1,3 km de la bouche éruptive. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux), et il est demandé à la population de rester à au moins 2 km du cratère.
Source : JMA.

Sakurajima et Kagoshima (Crédit photo: Wikipedia)

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Le Mauna Loa (Hawaï) montre toujours des signes d’activité. Le réseau sismique détecte chaque jour des séismes de faible magnitude (inférieure à M 3) à 3-5 km sous la caldeira sommitale et à 1-8 km sous la partie supérieure du flanc nord-ouest du volcan. Les données GPS au sommet et sur les flancs montrent une inflation continue, mais les inclinomètres au sommet ne montrent pas de déformation de surface significative. Le niveau d’alerte volcanique reste à Advisory (surveillance conseillée – niveau 2) et la couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune (niveau 2).
Source : HVO.
Les articles de presse ont tendance à faire croire qu’une éruption du Mauna Loa se produira à très court terme, mais le HVO affirme qu’un tel événement ne semble pas imminent.

Sommet du Mauna Loa (Crédit photo: HVO)

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Dernière minute :

L’Instituto Geofisico (IG) de l’Équateur indique qu’une puissante éruption a commencé sur le Sangay vers 11h40 (UTC) le 4 novembre 2022. Un panache de cendres et de gaz s’est élevé jusqu’à 11,6 km au-dessus du niveau de la mer. Des coulées pyroclastiques ont été observées sur le flanc sud-est du volcan. Des retombées de cendres sont attendues principalement dans la province de Chimborazo.
Un niveau d’activité élevé avait été signalé sur le Sangay du 18 au 25 octobre 2022. Des anomalies thermiques quasi quotidiennes étaient identifiées sur les images satellites.

Source: IG.

L’éruption du 4 novembre vue depuis l’espace (Source: NOAA)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

The new cone built by the last eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) will be called Piton Tikal. This is what the Cité du Volcan, the Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise and the Réunion National Park have just indicated. The last eruption of the volcano took place from September 19th to October 5th, 2022.
The name of Piton Tikal refers to the tales and legends of Reunion Island associated with Gran Mèr Kal. In these different « zistwar », reference is sometimes made to her son, under the name of Ti Kala or Tikal ». The new volcanic cone was built close to Piton Kala Pélé, with a relatively identical shape; this is why the name was chosen.
Source: Réunion la 1ère.

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An observation flight of White Island (New Zealand) confirms that active vents behind the crater lake are continuing to emit a moderate steam and gas plume (see photo below). Periods of ash emission are rarely observed. The temperature of the gas and steam plume was measured at 145 ºC, down slightly from 165 ºC on October 5th. A gas observation flight on October 7th had measured a low discharge rate of SO2 at about 217 tonnes/day.

The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Colour Code is kept at Yellow,.

Source: GeoNet.

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Sustained activity continues at Bezymianny (Kamchatka) after the strong explosive event of October 23rd – 24th, 2022. Intense fumarolic activity can be seen, as well as incandescence at the lava dome. Collapses from the dome produce avalanches of hot material. On October 26th, a huge ash cloud prompted KVERT to raise the Aviation Color Code to Orange the next day.

Source: KVERT.

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Eruptive activity was still observed at Cotopaxi (Ecuador) during the past days. The eruption began with a high-frequency earthquake recorded on October 21st, 2022 and was followed by an episode of volcanic tremor until October 22nd. A gas-and-ash cloud rose about 2 km above the summit. Parque Nacional Cotopaxi was closed to visitors due to the emissions. There had been no notable precursory activity including anomalous seismic activity and deformation detected in satellite or GPS data to annouce the eruption.
On October 22nd, SO2 emissions reached 1,580 tons per day close to the volcano. Analysis of ash samples collected by IG scientists revealed that about 22 percent was juvenile material, indicating a magmatic component to the eruption.
Parque Nacional Cotopaxi reopened on October 26th. Seismicity was at moderate levels that same day. Gas-and-steam emissions were rising 500 m above the crater.
Source: Instituto Geofisico.

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Eruptive activity continues at Taal (Philippines). SO2 emissions averaged 544 tonnes per day on October 27th, 2022. There were 2-16 daily small phreatomagmatic bursts between October 25th and 29th. Ash plumes sometimes rise as high as 600 m a.s.l. Volcanic earthquakes and periods of volcanic tremor are still recorded. Upwelling gasses and hot fluids ca still be seen in the lake. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5), and the public is reminded that the entire Taal Volcano Island was a Permanent Danger Zone (PDZ).

Source: PHIVOLCS

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Eruptive activity continues at Sakurajima‘s Minamidake Crater (Japan), with nighttime crater incandescence. Two eruptive events and one explosion were recorded between October 24th and 28th, 2022. Volcanic plumes rose as high as 1.2 km above the crater rim and large blocks were ejected as far as 1.3 km from the vent. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale), and residents are asked to stay 2 km away from the crater.

Source: JMA.

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Mauna Loa (Hawaii) is still showing signs of unrest. The seismic network detects daily small-magnitude (below M 3) earthquakes 3-5 km beneath the summit caldera and 1-8 km beneath the upper NW flank of the volcano. Data from GPS instruments at the summit and flanks show continuing inflation, though data from tiltmeters at the summit do not show significant surface deformation. The Volcano Alert Level remains at Advisory (Level 2) and the Aviation Color Code remains at Yellow (Level 2).

Source: HVO.

Press reports tend to warn people that an eruption of Mauna Loa will occur in the very short term, but HVO says that an eruption does not seem to be imminent.

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Ecuador’s Instituto Geofisico (IG)indicates that a powerful eruption started at Sangay at around 11:40 UTC on November 4th, 2022. An ash and gas plume rose up to 11.6 km above sea level. Pyroclastic flows were observed on the volcano’s southeast flank. Ashfall is expected mainly in the province of Chimborazo.

A high level of activity had been reported at Sangay from October 18th to 25th, 2022. Almost daily thermal anomalies were identified in satellite images.

Source: IG.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Un volcanisme actif sur la planète Mars? // Active volcanism on Mars?

Jusqu’à présent, les scientifiques étaient persuadés que Mars était une planète morte, au sens géologique du terme. Cependant, les séismes détectés par la sonde Insight de la NASA tendent à montrer que la Planète Rouge pourrait cacher de la lave en fusion.
Les photos de Mars montrent que la planète est parsemée de volcans et qu’il y a aussi d’anciennes coulées de lave à certains endroits. Il semblait que ce volcanisme appartenait au passé et ne se réactiverait jamais. Mais aujourd’hui, en utilisant le sismomètre sur la sonde InSight, les scientifiques ont découvert la première preuve de lave en fusion en profondeur sous la surface martienne.
La présence de lave active pourrait changer notre compréhension de l’histoire de Mars, depuis sa formation jusqu’à la roche froide qu’elle est aujourd’hui, en passant par la période où elle a pu héberger la vie microbienne ou encore la perte de son atmosphère.
Une série de séismes sur Mars a permis aux scientifiques d’identifier le point chaud potentiel où se trouverait la lave. InSight a détecté plus de 1 300 secousses sur Mars depuis son arrivée sur la planète en 2018. À la surprise des scientifiques, les événements les plus significatifs provenaient tous d’une région pleine de failles, appelée Cerberus Fossae.
Dans un article publié dans Nature Astronomy le 27 octobre 2022, des chercheurs ont analysé 20 de ces séismes. Ils ont découvert que certaines ondes sismiques se déplaçaient beaucoup plus lentement que prévu. Cela indiquait la présence de magma en profondeur sous la surface de Cerberus Fossae. En se déplaçant ou se refroidissant, ce magma est probablement la cause de ces séismes qui prennent naissance entre 14 et 50 kilomètres sous la surface martienne. C’est là que les scientifiques pensent que se trouve la chambre magmatique. Selon le responsable de l’étude, « il est possible que nous observions les derniers vestiges d’une région volcanique autrefois active, ou bien que le magma soit en train de se déplacer vers l’est, vers le prochain lieu d’éruption ». Ce mouvement provoque probablement des séismes mineurs au niveau de la surface, en se déplaçant sous la croûte de la planète dans cette région.
La sonde InSight possède à son bord le seul sismomètre jamais envoyé sur Mars. Il ne s’agit que d’une seule station à un endroit et elle ne peut donc pas détecter les petits séismes qui se produisent au loin ou de l’autre côté de la planète. Les scientifiques disposent donc d’informations limitées sur l’activité sismique de Mars et sur tout autre point chaud potentiel. Pour obtenir une image globale de l’activité sismique et volcanique sur Mars, il faudrait que la NASA envoie d’autres sismomètres sur la Planète Rouge.
Les engins spatiaux en orbite autour de Mars ont transmis les images de nombreuses lignes de faille le long de sa surface, de sorte que les scientifiques s’attendaient à ce qu’InSight détecte des séismes en différents endroits. La quasi intégralité de la sismicité à ce jour provient de Cerberus Fossae, de sorte que les chercheurs aimeraient savoir ce qui se passe dans cette région de la planète.
InSight est maintenant à court d’énergie, car la poussière martienne recouvre ses panneaux solaires. Sa mission sur Mars se terminera probablement avant janvier 2023. Ensuite, il n’y aura plus de sismomètre sur Mars pour recueillir de nouvelles informations sur les structures profondes de la planète.

Source: Business Insider via Yahoo News.

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Up to now, scientists believed Mars was dead, in the geological sense. However, quakes detected by NASA’s Insight lander tends to show that the Red Planet may have molten lava.

Photos of Mars show that the planet is peppered with volcanoes and there are also ancient lava flows in some places. But it seemed that this volcanism was a thing of the past, unable to become alive again. But now, using a seismometer on NASA’s InSight lander, scientists have discovered the first evidence of molten lava deep below the Martian surface.

The presence of active lava could change scientists’ understanding of Mars’s history, from its formation, to the period when it may have hosted microbial life, to the loss of its atmosphere and finally to the cold rock it is today.

A series of Mars quakes clued the scientists in to the potential lava hotspot. InSight has detected more than 1,300 Mars quakes since landing on the Red Planet in 2018. To scientists’ surprise, the most powerful events all came from one region full of rifts, called Cerberus Fossae.

In a paper published in Nature Astronomy on October 27th, 2022, researchers analyzed 20 of those big quakes. They discovered that certain seismic waves were moving much more slowly than they expected. This indicated the presence of magma deep below the Cerberus Fossae surface. That magma moving or cooling is probably what creates those quakes which originate 14 to 50 kilometers below the Martian surface. This where where the scientists suspect the chamber of magma is. According to the study’s leader, « it is possible that what we are seeing are the last remnants of this once active volcanic region or that the magma is right now moving eastward to the next location of eruption. » The movement is also probably causing smaller, surface-level quakes, by breaking up and moving around the planet’s crust in that region.

InSight carries the only seismometer ever placed on Mars. It is just one station in one location, and it cannot detect smaller quakes that happen far away or on the other side of the planet. So scientists have limited information about Mars’s seismic activity and any other potential hotspots. To get the global picture of Mars quakes and volcanic activity, NASA would need to send more seismometers to the Red Planet.

Spacecraft orbiting Mars have imaged plenty of fault lines along its surface, so scientists expected InSight to detect quakes from many different places. Almost all the quakes so far have come from Cerberus Fossae, so that researchers would like to know what is so special about Cerberus Fossae.

InSight is running out of power, as dust builds up on its solar panels. Its mission on Mars will likely end before January 2023. Then there will be no seismometer on Mars to gather new information about the planet’s deep structures.

Source: Business Insider via Yahoo News.

La planète Mars vue par le télescope Hubble le 12 mai 2016 (Source: NASA)

Du magma sous le Mont Edgecumbe (Alaska) // Magma beneath Mt Edgecumbe (Alaska)

Le 6 avril 2021, j’ai écrit une note intitulée « La fausse éruption du Mont Edgecumbe (Alaska) ». L’histoire qui s’est déroulée à Sitka (Alaska) le 1er avril 1974 s’inscrit dans la longue tradition des tours que les gens ont l’habitude de jouer le 1er avril.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/04/06/la-fausse-eruption-du-mont-edgecumbe-alaska-mt-edgecumbes-fake-eruption-alaska/

La note que j’écris aujourd’hui est très sérieuse. En lisant une étude publiée le 10 octobre 2022 dans la revue Geophysical Research Letters. nous apprenons qu’en utilisant une nouvelle méthode, les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de l’Alaska (AVO) ont observé une ascension du magma sous le Mont Edgecumbe, un volcan endormi depuis longtemps. Une modélisation informatique basée sur l’imagerie satellite montre que le magma est remonté jusqu’à environ 10 km sous la surface depuis sa source à une profondeur d’une vingtaine de kilomètres. Cette ascension a provoqué des séismes et d’importantes déformations en surface. Les scientifiques disent que c’est « la déformation volcanique la plus rapide qu'[ils] ont actuellement observé en Alaska. Et bien qu’il ne soit pas rare que les volcans se déforment, l’activité de l’Edgecumbe est intéressante car la réactivation des systèmes volcaniques en sommeil est rarement observée ».
L’AVO a collaboré avec l’Alaska Satellite Facility, une autre unité de l’Institut de Géophysique, pour traiter les données dans le cloud. Le cloud computing utilise des serveurs à distance pour stocker des données et fournir des services informatiques afin qu’un chercheur n’ait pas à télécharger et à trier des données pour les traiter, ce qui peut prendre des semaines ou des mois.
L’équipe scientifique a commencé ses travaux dès qu’un essaim sismique a été détecté sur le Mont Edgecumbe le 11 avril 2022. Les chercheurs ont analysé la déformation du sol pendant les 7,5 années précédentes à l’aide des données radar des satellites. Le 15 avril, ils avaient déjà un résultat préliminaire : c’était une intrusion de nouveau magma qui provoquait les séismes. Un petit nombre de secousses ont commencé sous l’Edgecumbe en 2020, mais la cause est restée floue jusqu’à ce que les résultats des déformation soient connus. L’AVO a informé le public le 22 avril, moins de deux semaines après la détection du dernier essaim sismique sur l’Edgecumbe.
Le Mont Edgecumbe culmine à 976 m sur l’île Kruzof, dans la partie ouest du Détroit de Sitka. Il fait partie du Champ volcanique du Mont Edgecumbe. Ce qui a le plus étonné les chercheurs, c’est une zone de soulèvement du sol au sud de l’île Kruzof; elle avait 17 km de diamètre et était centrée à 2,5 km à l’est du volcan. Le soulèvement a commencé brusquement en août 2018 et s’est poursuivi à un rythme de 8,5 cm par an, pour atteindre 27 cm au début de l’année 2022. Une modélisation informatique ultérieure a indiqué que la cause du soulèvement était l’intrusion d’un nouveau magma.
La dernière analyse basée sur la déformation du sol permettra une détection plus précoce de l’activité volcanique. En effet, la déformation du sol est l’un de ses premiers indicateurs de cette activité. Elle peut se produire sans s’accompagner d’activité sismique. L’AVO applique désormais la nouvelle approche à d’autres volcans de l’Alaska, comme le volcan Trident, à environ 50 km au nord de Katmai Bay. Le volcan a récemment montré des signes d’activité (voir ma note du 30 septembre 2022).
Le Mont Edgecumbe ne montre actuellement aucun signe d’éruption imminente. L’intrusion magmatique dure depuis plus de trois ans maintenant. Avant une éruption, on observera une plus forte sismicité, plus de déformations, ainsi que des fluctuations dans les schémas de sismicité et de déformation.
Les chercheurs pensent que le magma a atteint probablement une chambre supérieure en empruntant un conduit presque vertical. Ils pensent également que le magma est empêché de se déplacer plus haut par un magma épais déjà présent dans la chambre supérieure.

Source: Alaska Volcano Observatory information Statement, USGS – 22 Avril 2022.

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On April 6th, 2021, I wrote a post entitled « Mt Edgecumbe’s fake eruption (Alaska). » The story that happened in Sitka (Alaska) on April 1st, 1974 belongs to the long tradition of playing tricks on April 1st, also called April Fools’ Day by the Anglo-Saxons.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/04/06/la-fausse-eruption-du-mont-edgecumbe-alaska-mt-edgecumbes-fake-eruption-alaska/

Today, my post is quite serious. According to research published on October 10th, 2022 in the journal Geophysical Research Letters. we learn that, using a new method, Alaska Volcano Observatory (AVO) scientists revealed that magma beneath long-dormant Mount Edgecumbe volcano has been moving upward through Earth’s crust. Computer modeling based on satellite imagery shows magma is rising up to about 10 km from a depth of about 20 km. This ascent caused earthquakes and significant surface deformation. Scientists say it is « the fastest rate of volcanic deformation that [they] currently have in Alaska. And while it is not uncommon for volcanoes to deform, the activity at Edgecumbe is unusual because reactivation of dormant volcanic systems is rarely observed. »

The Alaska Volcano Observatory collaborated with the Alaska Satellite Facility, another Geophysical Institute unit, to process data in the cloud. Cloud computing uses remote servers to store data and provide computing services so a researcher does not have to download and sort data to process it, something that can take weeks or months.

The research team began its work as soon as a swarm of earthquakes was noticed at Mount Edgecumbe on April 11th, 2022. Researchers analyzed the previous 7.5 years of ground deformation detected in satellite radar data. On April 15th, they had a preliminary result : An intrusion of new magma was causing the earthquakes. A small number of earthquakes began under Edgecumbe in 2020, but the cause was ambiguous until the deformation results were produced. The Alaska Volcano Observatory informed the public on April 22nd, less than two weeks after the latest series of Edgecumbe earthquakes was reported.

Mount Edgecumbe, at 976 m, is on Kruzof Island on the west side of Sitka Sound. It is part of the Mount Edgecumbe Volcanic Field. Most striking for the researchers was an area of ground uplift on southern Kruzof Island 17 km in diameter and centered 2.5 km east of the volcano. The upward deformation began abruptly in August 2018 and continued at a rate of 8.5 cm annually, for a total of 27 cm through early 2022. Subsequent computer modeling indicated the cause was the intrusion of new magma.

The new deformation-based analysis will allow for earlier detection of volcanic unrest, because ground deformation is one of its earliest indicators. Deformation can occur without accompanying seismic activity, making ground uplift a key symptom to watch. AVO is applying the new approach to other volcanoes in Alaska, including Trident Volcano, about 50 km north of Katmai Bay. The volcano is showing signs of elevated unrest (see my post of September 30th, 2022).

Mount Edgecumbe is not showing signs of an imminent eruption. The current magma intrusion has been going on for more than three years now. Prior to an eruption, more seismicity, more deformation, together with changes in the patterns of seismicity and deformation are observed.

The researchers think magma is likely reaching an upper chamber through a near-vertical conduit. But they also believe the magma is precluded from moving further upward by thick magma already in the upper chamber.

Source: Alaska Volcano Observatory information Statement, USGS – 22 Avril 2022.

Vue du Mt Edgecumbe (Crédit photo: Wikipedia)